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09/05/2015

Gaston passe un oral, épisode 6 (fin !)

travailLe jury me soumet des questions de mise en situation. Je vous dévoile les réponses idéales…
Jury : - Un collègue arrive au travail dans un état alcoolisé. Que faites-vous ?
Moi : - Je trinque ? Je lui demande si c'est de la bonne et lui propose qu’on partage ? Après on déambule bras-dessus bras-dessous dans les couloirs, en chantant comme Gabin et Belmondo dans Un singe en hiver « Nuit de Chine, nuit câline, nuit d’amour, nuit d’ivresse, nuit de tendresse… » (voir scène en lien)

- Etes-vous pour le travail le soir et le dimanche ?
- Justement travailler en soirée c’est compliqué, parce que vous comprenez je sors beaucoup. Les avant-premières commencent souvent dès 19h, si j’arrive trop tard, je n’ai plus rien à boire. Si je veux une bonne place à un concert, faut pas que je débarque au dernier moment non plus. Pour Calexico j’ai cru qu’on ne trouverait plus de places assises, mémé avait mal au dos d’avance. Puis travailler le dimanche ? Ça va pas non, c’est le jour du Seigneur, faut que j’aille à la messe !

- Si vous êtes sélectionnée, vous ne serez pas dans le même service, peut-être même dans une autre ville. Où voudriez-vous aller ?
- Hé ho (on rentre du boulot) j’ai postulé parce que j’habite à 5 minutes à pied de mon taf, vous croyez quand même pas que je vais me remettre à prendre le métro qui pue aux heures de pointe, avec les gens qui vous collent et font la gueule et les types qui massacrent « aux champs élysées » à l’accordéon et la boîte à rythmes ? Plus jamais ! Je peux rester dans le même bâtiment ? Alors pas au service des renseignements avec Langue de pute! Mettez-moi plutôt avec Germaine de la compta, elle est fan de Claude François et je pourrai lui faire ma choré de Bélinda.

travail- Votre supérieur hiérarchique vous parle mal. Que faites-vous ?
- Je lui pète les dents ?

- Votre supérieur vous demande de faire quelque chose que vous n’avez pas envie de faire, que faites-vous ?
- Ça dépend de ce que c’est, légal ou pas ? Faire un feu de joie avec les dossiers, ce serait rigolo… Voler du matériel informatique, je m’en fous, je suis mémé nulle en nouvelles technologies !
- Non, il vous demande de faire une chose inscrite dans le règlement, un travail tout à fait normal, mais vous n’en voyez pas l’utilité, ou vous pensez que ce n’est pas votre rôle
- C’est un grand classique ! Souvent plus les mecs montent en grade plus ils glandent et sont incompétents, parce qu’ils délèguent ! On bosse à leur place, et du coup ils ne connaissent pas la réalité du travail et demandent des choses illogiques. Nan, je lui dis de me laisser faire mon boulot correctement, à ma manière.

Quand j’étais secrétaire, c’est à peu près ce que j’ai fait comprendre au directeur « qui avait peur de moi et n’osait plus rien me demander » selon mes collègues…
Lors de mon premier stage en journalisme, j’étais présente depuis le matin seulement et on m'a permis d’assister à la réunion de rédaction, qui décide des articles à traiter de la semaine. J’ai proposé des sujets et suggéré d’en modifier un autre qui n’était pas conforme à l’actualité ni aux attentes des lecteurs selon moi. N’empêche, la rédac chef était étonnée, mais elle a accepté que je développe une de mes idées. (Je n’ai compris qu’ensuite en voyant la tête des journalistes qu’on m’avait simplement « fait l’honneur » d’assister à la réunion, mais que normalement j’aurais dû me taire, ou éventuellement prendre l’initiative de… faire le café).

Le fonctionnaire est soumis à « l’obligation d’obéissance hiérarchique ». On fait ce qu’on nous dit sans poser de questions épicétout. Un peu comme Eichmann. Le jury a dû s’apercevoir avec mes réponses qu’au contraire, j’ai un esprit critique très développé, je pense par moi-même, je n’aime pas qu’on me donne des ordres et je suis assez indépendante…

- Si vous n’êtes pas retenue pour le poste, que faites-vous ?
- Comme José Garcia dans Le couperet de Costa-Gavras, j’élimine la concurrence, je dégomme les autres candidats. On est 2500 ? Que voulez-vous, ça vaut le coup(eret) !
Je menace de me petit-suissider à la cantine quand tous les employés sont présents ?
Je chante chaque matin tout mon répertoire de chansons d’amours déçues devant le bureau du dirlo jusqu’à ce qu’il cède ? D’ailleurs je commence aujourd’hui :

« Je voudrais que tu te ramènes devant, que tu sois là de temps en temps, et je voudrais que tu te rappelles notre amour est éternel et pas artificiel »

« This happened once before, When I came to your door, no reply… »

« I wanna know what it’s like, on the inside of job
I’m standing at the gates, I see the beauty above
I can’t find my way in, I try again and again »

Je sais, c’est étonnant, mais malgré mes réponses et ma personnalité adéquates, je n’ai pas été retenue pour être fonctionnaire dans ce job idéal. Mais je l’aurai un jour, je l’aurai !

Petit quiz On connaît la chanson en fin de texte...

 

08/05/2015

Gaston passe un oral, épisode 5

cercle des poètes disparus.jpgJe dois faire une énième formation, gestion des conflits : je la proposerai au formateur qui ne veut plus me parler…
Hier Chéri 25 diffusait Le cercle des poètes disparus : « Tout ça avait pour but d'illustrer le péril du conformisme, et la difficulté de préserver vos convictions, quoi qu'en pense les autres. Nous avons tous besoin d'être accepté, mais soyez persuadé que vos convictions sont uniques, même si on les trouve anormales ou impopulaires, même si le troupeau dit « C'est maaal ». Robert Frost a dit : « Deux routes s'offraient à moi, j'ai suivi celle où on n'allait pas, et j'ai compris toute la différence. »

Arrive enfin le grand jour de l’oral.
Je rentre dans la salle, découvre les 5 membres du jury. Sélectionnés dans toute la France, parmi des dizaines de milliers d’employés. Et je vois que j’en connais un. La femme qui m’a surprise en train de danser Stayin‘alive : Super revêche, souvenez-vous
Ça commence bien.

Super revêche : « comme on se connaît (tu veux dire, comme on a le plaisir de se connaître ?) je ne vous poserai pas de questions. »
Elle ne prononcera pas un mot pendant trente minutes, mais elle fronce ou hausse les sourcils à chacune de mes phrases, ce qui me décontenance car j’essaie d’interpréter ses pensées. J’apprends ensuite qu’on appelle ça «l’élément perturbateur». Un peu comme dans les films policiers quand ils interrogent un suspect : l’un joue le rôle du méchant flic et l’autre du gentil pour faire parler et piéger le coupable. (voir l'extrait de Very bad cops).

cercle poètes.jpgJe me présente (je m’appelle Henri…) Je n’ai pas de souvenir de ma prestation, j’ai oublié ce moment désagréable (comme toujours, je ne pourrai pas retenir une leçon de mes erreurs).
Je finis enfin, ouf, je n’attends plus que les questions. Ces dernières doivent porter sur l’organigramme de la société, les différents services, les sigles employés à toutes les sauces, les détails du métier etc. Facile, j’ai tout appris par cœur. Effort surhumain pour moi. J’ai arrêté de retenir bêtement au collège en 6ème, âge de la rébellion, avec ma première antisèche qui portait sur la morphologie du lapin. (Je deviendrais ensuite experte en pompes, que j’oublierai le jour du bac d’enlever de ma trousse. le surveillant en sortira une dizaine que je jetterai précipitamment « c’est rien ! » Ça aurait été ballot d’être interdite d’examen pendant 5 ans pour des vieilles pompes d’espagnol et d’italien alors que je passais l’épreuve de philo).

Mais le jour de l’oral, toutes ces heures où je me suis transformée malgré moi en chien savant, toute la préparation au concours stressante avec le formateur, tout ça n’aura servi à rien. Je n’ai pas eu une seule question sur ces sujets. Pas une. Tous mes collègues en ont eu, pas moi. A croire que Super revêche m’a vu réviser et s’est dit que ce ne serait pas là-dessus qu’on pourrait me coincer.

robin williams hahaha.jpgJe m’attendais aussi à des réflexions sur mon parcours, car il est atypique : 20 emplois différents à cause de l’intérim -j’en ai cité 5- alors que mes collègues n’en ont exercé qu’un ou deux pour la plupart, et dans le même domaine de travail. Je n’ai aucune expérience dans le genre, à part mon stage d’une semaine en 3ème
J’ai bien insisté sur le fait que tous ces emplois divers montraient que je suis polyvalente et apprends vite. Pourtant le jury me pose comme toute première question :
- Mais qu’est-ce que vous faites ici ?
- Hein ? Euh, c’est-à-dire ?
- Pourquoi vous ne postulez pas directement pour être chef avec tous vos diplômes ! Bac+5, major de promo en plus ! Vous postulez pour le plus petit grade !
- C’est parce que c’est celui que j’exerce actuellement et je trouve qu’il est important de découvrir chaque facette du métier. Mais ensuite quand l’occasion s’en présentera bien sûr, je me présenterai pour un poste plus élevé. »

Moi aussi je peux sortir des phrases bateau à la con ! Pourquoi je ne postule pas pour être chef ? Parce que je n’ai aucune envie de l’être pardi ! Je suis très bien à mon poste où je peux mener ma petite vie tranquille. Le souci, c’est que je découvre ensuite qu’il existait justement des concours catégorie A qui se déroulaient en même temps que le mien : le jury a dû penser que je les avais passés…
J’apprends encore de la bouche du formateur (quand il daigne enfin me parler) : « ils avaient pour consigne d’éliminer d’office les bac+5, car au dernier concours, les diplômés ont trouvé mieux et démissionné au bout de 6 mois, il a fallu les remplacer et on était bien embêté ».
Il n’aurait pas pu me le dire lors de ma préparation et avant que j’envoie mon C.V !

Justement, la deuxième remarque du jury sera :
- «Mais vous allez vous ennuyer ici au bout de six mois !
- Je suis là depuis six mois et je ne m’ennuie pas !»
Je leur parle du travail varié etc. Je ne pouvais pas donner la meilleure raison : je ne m’ennuie pas car je n’ai pas grand-chose à faire, donc du temps pour vaquer à mes occupations : lire, surfer sur le net et même écouter Radio nostalgie…

Le formateur ne m'avait pas préparé à la suite : des questions de « mise en situation ».

Suite et fin (enfin !) demain

 

07/05/2015

Gaston fait une formation, épisode 4

travail,entretien d'embauche,gaston lagaffe est mon modèle de vieA la télé ce soir, après Le tombeau des lucioles hier, fort potentiel chouinerie pour le début de Là-haut, toute une vie de couple en photos, sur M6.
Suite au billet d'hier, certains m'ont demandé quelle chanson j'ai fait écouter à mon collègue ce matin. Alors, pas de Demis Roussos ni de Polnareff, mais un air qui me trotte dans la tête depuis que j'ai vu dans le métro l'affiche du groupe en concert. Je ne me souvenais plus de ce qu'il avait joué, j'ai cherché dans Google, et je n'ai pas pu m'empêcher de fredonner l'air dans le wagon "I say la, la la, la la..." J'ai fait part de ma redécouverte le lendemain à mon collègue:

"Dont' you forget about me..."
- Ne t'inquiète pas, ça ne risque pas d'arriver !"

La présentation de mon parcours est suivie de questions sur le métier et la hiérarchie de l’entreprise. Je vous rappelle que je n’ai toujours pas compris qui est qui, qui fait quoi, qui est chef. J’ai reçu en janvier un mail de bonne année :
Moi : « Ya un type qui m’écrit pour me souhaiter ses meilleurs vœux. Mais je le connais pas, De Mesmaeker !
Collègue : - Han ! Malheureuse, ne dis jamais ça ! C’est notre président !
- Ah bon ? Ça n’empêche pas que je l’ai jamais vu et que je m’en fous comme de l’an 40. »

Dans ma grande perspicacité, je me doutais qu’il fallait que j’évite ce genre de réflexion le jour de l’entretien. Mais lors de la préparation… Je modifie les questions et surtout mes réponses, mais j’en ai sorti certaines, devinez lesquelles :

Formateur : - On va commencer facile (vu mon niveau) qui est la sous-directrice du service des renseignements ?
Moi : - Hein, ça existe ici, on est le MI-5 ?
- Vous savez combien il existe de services au moins ?
- Ben, le service à la cantine n’est pas trop mal, l’autre jour on m’a donné une part de tarte banane-chocolat en rab… Il existe sûrement des services secrets entre Josette et Paulo, à mon avis ya anguille sous roche, hihihi. Le service des renseignements, ce ne serait pas Langue de pute au bureau 404 ? Elle est sous-directrice cette neuneu ?
- Qu’est-ce que le HVKHWXPKMVX ?
- Vous m’avez dit de pas dire Hardy ! qu’il ne fallait pas parler par acronyme ! J’ai signalé que j’avais travaillé à la RATP, tout le monde connaît et personne ne développe le sigle
- Il signifie quoi d’ailleurs, RATP ?
- Euh, Rentre Avec Tes Pieds ? »
Etc.

Ensuite, le formateur et mes collègues remplissent la feuille aux 40 critères et parlent de ma performance (je répète : « on n’est pas là pour vous juger »)
Formateur : - Vous avez tergiversé en répondant à mes questions par d’autres questions !
Moi : - Vous avez dit que je pouvais en poser, ça montre mon intérêt !
Collègue : - Elle a fait rouler sa chaise de gauche à droite et elle se balançait !
Ça montre mon dynamisme !
- Elle tapotait sur la table avec ses doigts !
travail,entretien d'embauche,gaston lagaffe est mon modèle de vie- C’est parce que j’avais en tête la chanson « antisocial tu perds ton sang-froid, repense à toutes ces années de service » et je tapais le rythme.
- Elle faisait plein de mimiques, on aurait dit un dessin animé !
- Et toi t’as vu ta gueule ? On dirait que t’as pris le train ! T’as pris le train dans la gueule !
- Elle employait un langage familier ! Elle a dit « boulot » et même « taf » et « job » !
- Travail, du latin « tripalium » qui désigne un instrument de torture. En ancien français le terme "travailler" s’applique jusqu’au 13e siècle aux suppliciés et aux femmes en proie aux douleurs de l’enfantement. L’idée de transformation d’une matière première ne prend le pas sur l’idée de souffrance qu’à partir du 16e siècle, moment où…
- Elle a dit…
- Je crois que je ne t’aime plus, elle m’a dit ça hier, ça a claqué dans l’air, comme un coup de revolver
- Elle a dit aussi que…
- Et toi on t’a jamais dit que c’était pas beau de rapporter ? Ouh le fayot ! Jacques a dit : « arrêtez de m’emmerder ! »

A la fin de ma magnifique prestation, les collègues viennent me voir :
- On s’ennuyait, puis alors là, t’es arrivée, et miracle…
- Merci. La meilleure présentation que j’ai jamais entendue de ma vie. »

Depuis, bizarrement, le formateur ne me cause plus. Parce que j’ai oublié de vous préciser : le chat noir ne le savait pas, mais il est l’un de mes chefs. Je ne l’avais jamais vu auparavant, mais depuis, il est toujours à rôder à côté de mon bureau, et quand je lui lance un bonjour jovial, il ne répond pas…
Je crois que j’ai toutes mes chances pour obtenir le job.
Évidemment j’ai exagéré, je n’ai pas été (trop) impertinente, mais j’ai osé l’humour (on ne se refait pas) et quelques remises en questions (j’ai l’esprit critique !)

Demain, suite et fin avec l’entretien final. Et oui, j’ai fait des blagues, je ne voulais pas pourtant je vous jure, mais c’est plus fort que moi. Le jury a ri, mais l’humour n’était apparemment pas un critère d’embauche… Mais un jour, je l’aurai ce job !

Vaille que vaille le travail
Me fait très très envie oui
Pour une grimace, j’ai perdu ma place
De cireur de patins à glace !
Je veux le job job job

 

06/05/2015

Gaston fait une formation, épisode 3

pierre richard distrait boulot.jpgDifficile pour moi de me présenter de façon codifiée, millimétrée, sans âme, sans originalité. Parce que je suis plutôt créative et passionnée.
Le formateur nous conseille d’expliquer ce que chaque expérience de travail nous a apporté, et en quoi elle peut nous servir pour le poste espéré. Je ne sais pas me vendre ni me mettre en valeur. Je ne vois vraiment pas ce que mes boulots pourris m’ont appris :

« Depuis que j’ai mis sous enveloppe 2000 lettres par jour à la chaîne, je suis devenue experte en pliage de feuille en trois et envoi de courrier, notamment pour Pôle emploi. Cette expérience me servira très certainement dans mon prochain poste quand euh… on me virera ? Vous ne le ferez pas hein ? »

« Mes longues années de baby-sitting m’ont enseigné l'art de changer des couches, et sachez que je saurai quoi faire lorsqu’un client incontinent se présentera »

«  Ah si ! J’ai exercé des emplois intéressants ! C’était super d’être journaliste ! J’écrivais des articles, je rencontrais des célébrités, j’étais invitée aux cocktails… Tout ce que je ne ferai pas dans ce futur boulot quoi. Mais ça peut toujours me servir pour le poste, je pourrai ramener de l’alcool et organiser une fête dans la salle de réunion de l’exécutif, c’est la salle la plus grande ? Je peux écrire sur mon collègue Gérard, la star du bureau 308 et l’expert en taillage de crayon à papier ? »

gaston neuneu.jpgMa présentation qui doit durer 15 minutes n’en fait que trois, car je survole ou passe à la trappe la moitié de mes emplois.
Je ne peux quand même pas dire que, si on compte certains boulots très courts en intérim, j’en ai exercé pile 20. 20 emplois  à mon âge ! Ça ne fait pas sérieux.
Et moi, je suis quelqu’un de très sérieux. (hum)

Le seul point positif que j’ai réussi à sortir, c’est qu’en ayant exercé autant de métiers différents, je suis polyvalente et m’adapte facilement. Dès que je suis arrivée à mon nouveau poste, alors que je classais des dossiers d’une main, je mangeais une papillote de l’autre, et j’ai tout de suite trouvé où était le bouton de la radio. J’ai su m’adapter aux goûts de mon collègue, fan de radio nostalgie comme moi. C’est-à-dire que chaque jour je le persuade d’apprécier la grande chanson française, car j’ai un grand pouvoir de persuasion. (re-hum) Depuis qu’il me connait, il est fan d’Hervé Vilard et de Demis Roussos et m’en réclame chaque matin. Alors vous voyez que j’ai plein de qualités et que je suis indispensable pour ce job !

Suite demain, avec les questions que l'on m’a posées

A la télé ce soir sur Arte, ne manquez pas un film magnifique, le film d'animation le plus triste au monde. Je ne connais pas une seule personne qui n'ait pas chialé devant. Si vous ne le faites pas, vous êtes psychopathe : Le tombeau des lucioles de Takahata.

 

05/05/2015

Gaston fait une formation, épisode 2

gaston lebrac bleu.jpgJ'ai fait un rêve très significatif cette nuit : je devais prendre le train, j'étais encore sous la douche et en retard. Je partais précipitamment, trempée, juste avec une serviette de bain enroulée sur moi (logique). Dans le métro bondé, au moment où les portes s'ouvraient, la serviette tombait et je me retrouvais à poil devant tout le monde.
C'était donc plus un cauchemar qu'un rêve, je ne souhaite pas vraiment qu'une telle mésaventure se produise. Il révèle bien mon état d'esprit lors de l'entretien, à parler de moi devant mes collègues...

Formateur : - Vous avez 20 minutes ! On vous écoute.
Moi : - Je me présente… je m’appelle Henri…
Rires des collègues.
- Ce n’est pas possible, soyez sérieuse un peu !
- J’étais obligée désolée, c’est sorti tout seul… (il ne connaît pas ma maladie incurable, la chansonnite aiguë)
- Continuez !
(Je continue dans le même style ? D’accord !)
- Je me présente (je m’appelle plus Henri alors ? J’aimerais plus réussir ma vie, être aimé ?)

- Commencez déjà par donner votre nom et votre âge comme tout le monde ! »
Ah, mais une vraie demoiselle ne donne jamais son âge voyons !
Je m’exécute (pan) et comme je m’en doutais, mes collègues me feront des réflexions ensuite : je fais plus jeune que la plupart d’entre eux (déjà chauves et bedonnants) Un collègue me dira même :
« Je te donnais entre 20 et 25 ans !
- Faut pas charrier ! T’as besoin de lunettes mon vieux ! Enfin, vieux, hum… (il a mon âge et je lui en donnais 10 de plus)
- Mais si ! T’as encore des bonnes joues rondes et roses d’enfant !
- ça c’est l’alcool. »
(J’ai sorti cette réplique pour le couper net, hein, je ne carbure pas à la Villageoise)

5 ans en arrière, on me demandait encore parfois ma carte d’identité dans certains lieux, mais j’ai pris un coup de vieux d’un coup. C’est-à-dire que maintenant, au lieu d'avoir l'air mineure, les collègues pensent tous sans exception que je suis étudiante, et j’ai encore eu le droit ce matin à la question :
« tu bosses pour payer tes études ? T’es en quelle année ?
- Ouh là, environ bac + 15 je pense ! »
Mon collègue des chansons fait jeune (je lui donnais 27 ans et j’ai appris lors de la formation qu’il en avait 36 !) Lui seul pensait que j’avais 31 ans ! On ne m’avait jamais donné autant ! Ça m’a carrément déprimée et j’ai immédiatement acheté en sortant du boulot la première crème antirides de ma vie. (Je ne l’ai utilisé que deux fois, je n’ai pas le réflexe d’en mettre. Puis surtout, j'ai pas de rides)
Mais revenons à nos moutons…

gaston lebrac chat.jpgMoi : - Je suis obligée de faire la présentation classique que vous nous avez conseillée ?  (Avec les phrases d’accroche bateau que tout le monde a sorties) parce que dans la vraie vie personne ne s’exprime comme dans un livre, ça ne fait pas naturel…
Formateur : - Personne ne vous demande d’être naturelle !
Ça fait pourtant partie de mes rares qualités !

Moi : - Puis vous avez déconseillé d’employer les termes « j’aime, j’apprécie ». Pourtant j’en ai mis à toutes les phrases dans ma lettre de motivation et j’ai été sélectionnée.
Formateur : - Vous n’êtes pas là pour aimer votre travail !
- Je suis là pour quoi alors ? Si je n’aimais pas mon boulot, je ne postulerais pas pour le garder.
- Comme tout le monde, vous êtes là pour être fonctionnaire, pour la stabilité de l’emploi !
Ils ont effectivement tous suivi la consigne et sorti la phrase « je postule pour la stabilité de l’emploi » alors que beaucoup n’aiment pas ce taf.

travail,gaston lagaffe est mon modèle de vieMon ancien travail m’avait proposé un CDI, le Saint Graal pour beaucoup, mais j’ai refusé. Je ne voulais pas finir aigrie, bête et méchante comme mes collègues, à force de faire un boulot sans intérêt, entourée d’incultes et de timbrés (une fille a essayé de me taper !) J’ai préféré tenter ma chance ailleurs, et ça a payé, j’ai enfin trouvé mon job idéal ! Enfin, je ne suis pas encore titularisée…  Mais tout vient à point à qui sait attendre !
J’attends toujours…

Vous attendrez aussi, la suite demain

 

04/05/2015

Gaston fait une formation

gaston dort debout.gifAvant de passer le vrai entretien pour le travail, j’ai déjà assisté à une préparation.
Je pensais que la formation serait similaire aux 12 000 autres inutiles que j’ai dû faire : 16 heures de powerpoint et de blabla. Lors de deux séances, je me suis carrément endormie, oui, pour de vrai. J’ai été réveillée la première fois par le coup du lapin, la tête qui tombe et moi qui crie « aïe ! ça fait un mal de chien ! » Et tout le monde qui se retourne vers moi.
La deuxième fois, j’étais assise pile devant le formateur qui me voyait donc roupiller (arrivée avec 20 minutes de retard grâce à ma grande motivation, j’avais obtenu la plus mauvaise place). Mon collègue m’a secoué discrètement le bras qui tenait ma tête : « Psst ! Tu dors !
J’ai rouspété : - Justement j’étais bien,  je passais le temps ! » (le formateur a failli pleurer)
Il ne faut jamais réveiller un chat qui dort.

Le droit à la formation est inscrit dans les droits du fonctionnaire. Du coup ils nous en donnent toutes les semaines : formation à la messagerie informatique (je suis mémé nulle en nouvelles technologies, mais je sais quand même envoyer un mail !) formation sécurité anti-incendie (le pompier a refusé que je prenne un extincteur pour faire une soirée mousse) formation à l’utilisation de la machine à café...

Mais à la préparation au concours, pas de powerpoint, pas d’endormissement :
Formateur : «  - Nous allons faire une mise en situation. Vous allez donc vous présenter devant tout le monde, on va vous filmer puis analyser ce que vous avez fait. »
Je m’étais cachée sous une pile de livres pour dormir tranquillement et passer inaperçue, mais je me redresse d’un bond en faisant tomber mon édifice :
Moi : - Hein ?! Nan mais ça va pas !!
Formateur : - Je m’en doutais, devant vos réticences, on ne vous filmera pas. Qui passe en premier ?

Un courageux, un fou plutôt, se lève docilement et s’installe à un bureau qui fait face aux 20 personnes en cercle devant lui.
Je proteste toujours : - Ah nan nan nan !! Moi je fais pas ça hein !!!
- Et vous vous attendiez à quoi ?
- Ben comme d’habitude, à rien ! (le formateur s’étouffe) Vous papotez et on vous écoute quoi ! (il va m’étrangler)
- C’est une mise en situation, comme le jour du concours.
- Pas du tout ! Le jour du concours, ils ne seront « que » 5 et pas 20. Je ne les connais pas, et là je suis avec mes collègues ! Je n’ai pas envie de raconter ma vie devant eux ! Je suis super pudique, ils ne connaissent rien de moi ! (je préfère raconter ma vie à mes 12 millions de lecteurs)
- Vous ne racontez pas votre vie mais votre parcours professionnel.
- Pour moi c’est pareil ! (ah ah, « le travail, c’est ma vie », j’en ris encore)
- De toute façon, vous passerez comme tout le monde. Observez le premier et vous verrez. Je vous conseille de parler juste après, comme ça ce sera fait. »

continuez sans moi.jpgJe suis donc passée à l’échafaud en dernier. Après 9 longues heures interminables, avec mon cœur qui battait à 200, les mains moites qui collaient à la table, le visage cramoisi, le souffle court. J’ai cru crever. J’espérais la délivrance pour me sortir de ce traquenard (le plafond qui s’écroule sur le formateur ? Superman qui vient me sauver ? Ryan Gosling ?)

Formateur : - Il ne reste plus que vous. La martyre…
La martyre ? Qu’est-ce qu’il va me faire ? Me jeter aux lions ? 
Moi : - Nan merci, ça ira…
- Vous êtes venue pour quoi alors ?! Vous êtes obligée, tout le monde y est passé ! Allez !
- J’y vais mais j’ai peur ! (des collègues comprennent la référence et s'esclaffent -regardez le lien-) Puis j’ai rien préparé. 
- Vous avez fait quoi pendant tout ce temps ? Vous avez écouté vos collègues au moins ?!
- Ben non, par respect. J’ai préféré ne pas les regarder bégayer pour ne pas les gêner. D’ailleurs si vous pouviez tous partir pendant que je parle…

Le formateur n’a pas l’air de comprendre mon point de vue :
- On n’est pas là pour vous juger !
- Une double feuille avec 40 questions « la personne remuait-elle sur sa chaise ? Se tripotait-elle les cheveux ? Avait-elle des tics de langage, disait-elle « euh »? » Puis un tour de table de 10 minutes sur sa prestation, j’appelle ça être jugée.

gaston rogntudjuu.jpgLe formateur semble de plus en plus énervé, en parfaite condition pour m’accueillir :
- Allez-y au lieu de débattre, sinon on sera encore là à minuit ! Vous avez 20 minutes ! On vous écoute.
Je m’installe sur la chaise électrique.
Quand je suis gênée, je dis des conneries et je fais de l’humour. Lourd. Et là, j’étais très gênée…

Suite demain

02/05/2015

Gaston Lagaffe a trouvé son job idéal

travail,chanson française,michel polnareff,gaston lagaffe,gaston lagaffe est mon modèle de vieVaille que vaille, le travail
Ne me fait pas très très envie non
Pour une grimace, j'ai perdu ma place
De cireur de patins à glace
Je cherche un job job job

Titre msn d’aujourd’hui : « royal baby, assistez en direct à l’accouchement »
Euh, comme le cours de bio en 3ème, où on voit tout au premier plan et où j’ai failli vomir mes pépitos à la récré ensuite ? Non merci sans façon.
Une du journal « le déclin de l’Ain » (j’ai changé le nom) titre principal en lettres capitales, placardé à la devanture de tous les kiosques à journaux : « Fait diver tragique » Les correcteurs sont visiblement partis en weekend pour la fête du non travail.

En parlant de non-travail, j’ai passé un concours pour être fonctionnaire, être titularisée après mon CDD actuel. Pour le plus bas grade et le plus petit échelon (ambition, j’écris ton nom). Oui, moi qui n’aime pas recevoir des ordres, ayant un problème avec la hiérarchie (souvenez-vous qu’un chef m’appelait « le trublion qui fait du mauvais esprit »-des blagues quoi-), moi qui déteste le travail en groupe, routinier, m’ennuie vite (je ne reste jamais plus d’un an au même poste), qui possède plutôt un esprit créatif et indépendant. Fonctionnaire, tout à fait moi. C’est ton destin ! Prends-toi z’en main.

Pourtant j’ai trouvé le boulot presque idéal pour Gaston Lagaffe : j’ai du temps pour glander. (Un boulot de fonctionnaire me direz-vous, mais vous savez qu’on a supprimé beaucoup de postes, et désormais les fonctionnaires travaillent vraiment ! Enfin certains). Quoique, aujourd’hui, en 6 heures de boulot, je n’ai eu le temps de lire que deux pages de Télérama, je n’ai même pas pu finir l’article sur James Ellroy. C’est un scandale, que fait la police.

Surtout, enfin, je ne travaille plus en open space m’a tuer. Personne pour m’épier, me critiquer.
Je peux parfois mettre de la musique sur mon ordi, pour le plus grand bonheur de mes collègues, qui apprécient mon goût pour la grande musique. Ce matin, Pierre Bachelet, dont je beuglais le refrain :
« Et moi je suis tombée en esclavage, de son sourire, de son visage, et je lui dis "emmène-moi" (au bout de la Terre)
Collègue : - Pour moi c’est sûr, elle est d’ailleurs ! Mais tu vas la fermer !!»

travail,chanson française,michel polnareff,gaston lagaffe,gaston lagaffe est mon modèle de vieLe pauvre petit, depuis qu’il a osé critiquer mon hommage lors de la mort de Demis Roussos, par esprit de contradiction et provocation, je lui choisis chaque matin une nouvelle chanson ringarde rien que pour l’embêter : « il est l’or ! L’or de se réveiller ! Il est l’or de radio Nostalgie ! » Il m’adore. (Il en rigole hein ! Il attend sa musique et prépare sa réplique, je ne suis pas sadique !)

Dans ce nouveau boulot, autre énorme avantage, je ne reçois aucun ordre d’un chef, hautain et méprisant comme j’ai pu en avoir. Mon travail à faire s’affiche sur mon écran, et je n’ai aucun compte à rendre. Je n’ai toujours pas compris qui faisait quoi et qui était mon supérieur (c’est simple, puisque j’occupe le plus petit grade : quasiment tous les autres sont mes chefs).

Je n’ai aucune responsabilité, parce que les responsabilités, c’est pour les grands. La vie est déjà bien assez compliquée pour se stresser au travail. J’ai d'autres choses bien plus importantes à me préoccuper, mes amis, mes sorties, mes séries, mon blog… Je ne risque pas le burn-out. Quand un boulot me déplaît, en attendant la fin du CDD je ronge mon frein puis je chante « au revoir, au revoir président ! » « Libérée, délivrée, je ne reviendrai plus jamais ! » « I’m free, and I’m waiting for you to follow me ! » etc (je pourrais faire une compil’ : « les meilleures chansons contre le travail, par DJ Papillote »)

Bref, pour la première fois de ma vie, j’ai enfin envie de rester à un poste.
Je vous donne l’issue tout de suite avant de lire vos encouragements : je n’ai pas été retenue. Pire, Grognasse et Langue de pute, (il y en a toujours) dont on espérait tous se débarrasser, restent avec nous. Le seul qui a réussi, c’est le meilleur collègue du chat noir, celui des chansons. A qui je vais faire découvrir mon répertoire maintenant ?
Je ne comprends pas pourquoi je n’ai pas été sélectionnée. J’ai pourtant tellement l’esprit d’un fonctionnaire, j’ai pourtant cartonné à l’oral, j’ai répondu tout ce qu’il fallait, et mes collègues m’ont dit « merci, on a jamais autant ri lors de la présentation d’un parcours professionnel »…

Suite demain

Quiz On connaît la chanson, 5 musiques à retrouver dans le texte

 

12/03/2015

Baby-sitting, 6 ans après (fin ?)

baby sittingMoi, avec une timide voix d’enfant : - Mais… sortir avec un garçon… vous vous faites des bisous ?
Réponse de la fillette, classée dans mon top 10 des répliques 2015 :
- Ça va pas non ! On n’est pas des dégueulasses dans mon école !

Mais tu as totalement raison ! Si on lit « Tu mourras moins bête, tome 2, quoi de neuf docteur Moustache ? », à la question « pourquoi est-ce qu’on s’embrasse avec la bouche ? » on apprend qu’avec un baiser on échange 278 souches de bactéries ! C’est trop dégueu ! N’embrasse jamais un garçon si tu veux sauver ta peau ! Jamais tu entends, fuis ces créatures ! La B.D nous enseigne aussi qu’on choisit des gens dont le système immunitaire est éloigné du nôtre, que ça préserve des maladies etc… Mais c’est quand même dégueulasse ! Ne sors jamais un garçon !

Moi, soulagée : - Aaaaahhh… mais qu’est-ce que tu appelles sortir alors ?
Lola, comme si c’était évident - Ben, on sort ensemble dans la cour ! Puis on va ensemble à la cantine !
- Ah d’accord. Donc moi je sors avec la moitié de mes collègues.
- Mais c’est quoi sortir en fait ?
- Euh… eh bien on a regardé La boum l’autre jour (je la trouvais un peu jeune, mais la mère a voulu lui montrer son film préféré). Tu te souviens lorsque Sophie Marceau explique à son arrière-grand-mère Poupette « sortir avec un garçon, ça veut dire l’embrasser sur la bouche ! »
- oui, j’étais pas sûre… et c’est tout ?
- Hum… Mélinda attend notre avis sur cette question cruciale : doit-elle sortir avec Killian ?

baby sittingLola lui répond : - Non non non ! (répété en capitales sur trois lignes) il est tro tro moche ! (écrit 28 fois) 
Moi : - Mais arrête ! Elle le trouve peut-être très bien elle !
Mélinda : - Moi je le trouve tro bo
Lola : -  Alors oui oui oui (répété 42 fois sur 5 lignes)
Moi : - C’est pas le critère principal. Il est gentil, intelligent, ils ont des goûts en commun ?
- On s’en fiche, tant qu’il est beau !
Je m’empiffre de chips pour passer ma déception et ne pas répliquer. Le chat vient me sentir le museau.
Lola : - Le chat sort avec toi !
- Avec ton chat, c’est le grand amour. Il ronronne, met sa truffe contre mon nez, il frotte sa tête contre la mienne, me lèche les cheveux... et comme il est vraiment en confiance, il me montre son ventre. Mais si tu veux prouver ton affection, je te déconseille de faire pareil avec un mec…

Mélinda : - Je sais pas si je suis amoureuse !
Lola : - comment on le sait ?
Moi : - ouh là ! Eh bien par exemple, est-ce qu’elle pense à lui souvent ?

Deuxième réplique culte de l’année, réponse de Mélinda :
- Je sais pas, tous les trois ou quatre jours… (c’était les vacances scolaires)
Je pouffe en recrachant une bouchée de chips, et le chat s’empresse de tout nettoyer.
Lola : - alors oui oui oui (etc)
Moi : - Mais… 3 ou 4 jours, tu appelles ça souvent ?
- Ben oui ?
- Donc je suis amoureuse du facteur quand j’attends mon courrier, de la caissière de Franprix…  et de mon patron et de tous mes collègues évidemment.
Sinon, est-ce qu’elle se sent bizarre quand elle le voit ? Plus timide, émue, elle ne sait pas quoi lui dire ou au contraire elle parle beaucoup et dit des bêtises ?
Lola : - Mais de quoi tu parles ?
- Ouf, on n’en est pas à ce stade. Ça t’a fait quoi quand Damien t’a demandé de sortir avec lui ?
Lola : - J’étais gênée parce que toutes mes copines ont rigolé, mais après j’étais contente, parce qu’il est trop bo.
- Je pense que c’est l’homme de ta vie. Autant d’amour, de passion… »

Au final, Mélinda a conclu qu’elle était amoureuse de Killian. On a mangé le poulet, avec le chat sur mes épaules, qui m’a encore piqué ma viande pendant que j’allais chercher de l’eau. Le garçon a regardé le hobbit jusqu’à la fin, 22h20, et les enfants se sont couchés sans se laver les dents, parce qu’un tube de dentifrice, c’est dangereux.

 

11/03/2015

Baby-sitting, 6 ans après (épisode 3)

baby sitter.jpgJ’entends le « ponk » d’une conversation Internet. Je lis sur l’ordi :
« Mélinda2004 : - Ya Killian qui veut sortir avec moi… Mais je sais pas si je suis amoureuse… »
Curieuse comme un chat, je colle mon nez à l’écran : -OoOoOoOOhh ? C’est qui, c’est quoi ?
Je lis toute une conversation, à propos d’un papier anonyme qui a circulé en classe : « Mélinda je t’aime, est-ce que tu m’aimes aussi ? » Puis Maélys a révélé à Mélinda pendant la récré que c’était une déclaration de Killian, mais Mélinda ne savait pas si c’était vrai, mais après Killian a envoyé Léo pour lui demander si elle voulait bien sortir avec lui, etc…
NDLR : Votre aimable serviteur traduit le dialogue qui suit, car il était écrit en langage sms avec des fôttes d’auretaugrafe à tous les maux. Mes yeux saignaient.

Moi : - Mais dis-donc, c’est les feux de l’amour ! Attends je vais chercher le paquet de chips et m’installer comme au cinéma !
Je pars dans la cuisine, le chat aux trousses (si jamais je lui lâchais un bout de poulet). La viande n’est toujours pas cuite : on a le temps de peaufiner notre feuilleton à l’eau de rose. Je jette un coup d’œil dans le salon, le garçon est toujours scotché devant Le hobbit. Je retourne dans la chambre, la petite, Lola, a fermé la porte. Lola ! Je suis qu’un fantôme, quand tu vas où je suis pas ! Tu sais ma môme, que je suis Morgane de toi.

Moi : -Hé ! Je te signale que je suis ta baby-sitter et que je suis censée te surveiller hein…
Lola : - Oui mais c’est secret, si Mélinda savait que tu lis...
- T’inquiète pas, je dirai rien à personne (juste au monde entier sur Internet).
Bon, analysons sérieusement la situation. Déjà, c’est qui cette fille ? » Je pose le chat que je tenais dans mes bras pour pouvoir danser la chorégraphie de Clo-Clo, qu’on peut voir en lien : « elle a les yeux bleus, Bélinda ! Elle a le front blond Bélinda ! » (j'adore cette chanson)
Regard consterné de la fillette signifiant « ma baby-sitter a 5 ans et demi ». Regard étonné du chat : mais que fait-elle ? Elle veut jouer avec moi ?
Moi : - j’ai du mal à coordonner le lancer de jambe avec le bras à la fin du refrain, on ne dirait pas mais cette danse est difficile, ça fait des années que je la travaille… aaah mais qu’il est con ce chat, il me mord le pied! »
La petite corrige mentalement : « non, en fait ma baby-sitter est timbrée. »

Lola : - c’est Mélinda, elle est dans ma classe. Je sais pas quoi lui dire.
Le chat saute sur le clavier.
- kkljifjk ;xnlkqcnjknui           
Moi : - Le chat a envoyé la bonne réponse.
Mélinda2004 : -  J’ai pas compris. Je fais quoi ? Je sors avec lui ?

Moi : - mais… elle sort déjà avec un garçon ? A dix ans ?!
Lola : Ben oui, je sors bien avec Damien moi.
Hein ! Déjà ! Et dire que lorsque je l’ai connue, elle n’avait que 4 ans, elle jouait innocemment à peigner son petit poney ! et là, voilà, 10 ans, et c’est une fille perdue ! Mais ça, c’est la faute de Violetta ! A son âge, je jouais encore au loup, au fromage est battu, à la balle au prisonnier (j’étais super forte pour esquiver), enfin des trucs bien plus intéressants que les garçons! Lola, « attends un peu avant de te faire emmerder par ces petits machos qui pensent qu’à une chose, jouer au docteur non conventionné »…

Moi, avec une timide voix d’enfant : - Mais… sortir… vous vous faites des bisous ?
Réponse de la fillette, classée dans mon top 10 des répliques 2015 :
- Ça va pas non ! On n’est pas des dégueulasses dans mon école !

Suite et fin demain

 

10/03/2015

Baby-sitting, 6 ans après (épisode 2)

baby sitting.jpegPlus de six ans après, je garde toujours régulièrement ces enfants. Leur mère m’a dit « on ne veut que toi : les enfants t’adorent, je t’adore, même le chat t’adore… 
- Ah ben moi je vous déteste.
- ?
- Non je rigole ! (je cultive toujours un humour très fin et approprié aux situations n’est-ce pas).

A l’époque, en relisant ma note, je m’aperçois que j’étais une baby sitter modèle. Je jouais avec les enfants, je vérifiais si ils mangeaient convenablement, s’ils se lavaient bien les dents avant d’aller se coucher. Je culpabilisais parce qu’ils étaient au lit à 21h36 au lieu de 21h30, je leur lisais des histoires (j’ai mimé beaucoup de scènes de Harry Potter).

Aujourd’hui, Les petits adorables et obéissants sont devenus des pré-ados de 10 et 13 ans… ils ont un tantinet changé…
Ils rechignent à tout : faire leurs devoirs, se laver, se coucher, et partent au lit en emportant leur ipad en douce pour jouer jusqu’à minuit passé. Avant ils me montraient consciencieusement leurs dents pour prouver qu’elles étaient bien brossées. Désormais ils restent environ deux minutes 30 dans la salle de bain et évidemment je ne peux pas rentrer pour vérifier : « mais tu t’es bien douché ? Et les dents ? » Enfin, vu qu’un tube de dentifrice peut empaler ses utilisateurs, je comprends leur réticence.

baby sitting casquette.jpgJ’ai du mal à les décrocher de la télé :
- Encore devant l’écran ? Vous n’avez pas enlevé vos chaussures ! Et les pieds sur la table, c’est sale, et arrêtez de vous goinfrer de nutella, on va bientôt dîner, rah la tache sur le canapé !
- scronch.
- vous voulez pas jouer aux cartes plutôt ? Aux dames chinoises ? J’ai amené mon jeu…
- scronch.
- Vous regardez quoi ?
- Le Hobbit, on vient de commencer. Papa veut bien que j’aille voir le 3 en Imax, mais il faut que quelqu’un m’accompagne, tu viendras ?
- être payée pour aller au ciné ? Je me tâte ! Faut que je révise alors : ok, je veux bien qu’on regarde le film ce soir… il dure pas trop longtemps ?
- 3 heures.
- 3 heures ?! mais ça vous fait dormir trop tard, ah non…
- mais allez, on est samedi…
- que la moitié alors, vous verrez la suite demain (et moi pendant que vous serez couchés)
Première scène, première mort.
- Euh… c’est pas un peu violent pour ta petite sœur ? (je m’adresse à elle) tu veux pas qu’on joue à quelque chose ?

violetta.jpg- je vais regarder Violetta sur l’ordi !
- Qu’est-ce que tu lui trouves à cette pét… cette pou… enfin cette fille qui n’est pas du tout superficielle, obsédée par la gloire, les fringues, ment et manigance des coups foireux avec ses copines ? Puis elle est fille de millionnaire, a des domestiques… la vie simple du commun des mortels donc.
- Mais justement, elle fait rêver ! Puis elle est trop belle ! Trop bien habillée !
- Tu te vois sapée comme ça pour aller à l’école ? Tu serais ridicule. Et son sourire ultra bright avec ses dents parfaitement blanches et alignées… Elle fait fausse, pas naturelle.
(J’ai vérifié auprès de ma nièce de 9 ans, elle ne regarde pas cette série : « je ne comprends pas l’intérêt.» Ouf, l’honneur est sauf.)
La petite écoute Violetta et se met à beugler le générique : « ahora sabes que yo no entiendo lo que pasa… » Au moins elle apprend l’espagnol…

Je bats en retraite : « je vais préparer le dîner. Tu ne regardes qu’un épisode hein ? »
30 minutes après, je me débats toujours avec mon poulet, comme OSS 117 avec son croco : « ça cuit pas cette connerie là ? Mais pourquoi ça cuit pas ? » Le chat m’offre une aide précieuse, montant sur la gazinière et donnant des coups de patte dans la viande.
Le garçon vient dans la cuisine :
- On mange bientôt ? On mange quoi ?
- Du poulet avec des patates, mais c’est pas prêt ! « Moi je suis dans le poulet, et rien qu’au niveau du poulet, c’est un bordel… »
- ?
- Si t’as faim t’as qu’à essuyer tout le nutella que t’as étalé sur ton visage, comment t’as fait pour t’en mettre partout… « Simon, tu as un bout de pomme de terre sur la joue. »
- ?
- On peut manger la salade en attendant, tiens va mettre la table pendant que je prépare la sauce.
- oh non, j’aime pas la salade !
- je réchauffe les haricots alors ?
- j’aime pas !
- Mais il faut bien manger des légumes…
- J’aime pas les légumes !
Et il repart voir son film, en piochant dans un sachet de chips qui traînait, et sans prendre les assiettes au passage.

Je retourne voir où en est la petite, avec le chat dans les bras pour l’empêcher de bouffer le poulet (un jour alors que je me levais de table pour chercher de l’eau dans la cuisine, le chat en a profité pour me piquer mon steak entier dans mon assiette et l’a boulotté sous le fauteuil, comme les chats que l'on voit sur ces images.)
- Tout va bien, je pense qu’on peut manger dans 3 ou 4 heures. Tu fais quoi ?
La fille regarde un jeu internet, qui consiste à acheter des fringues virtuelles. Elle sélectionne des vêtements, habille un personnage, puis met les habits dans un panier, avec un prix exorbitant qui s’affiche. Comment devenir une parfaite pouf consommatrice décérébrée.
Moi : - M'enfin ?! Qu’est-ce que c’est que cette horreur ?!
- C’est trop bien ! Han ! Cette robe est trop belle !
- Ah, c’est une robe ce truc ras la tou… enfin c’est un peu court non ?
- Laquelle tu préfères ? J’adore le haut violet à paillettes, avec le pantalon léopard.
- Oui, des imprimés très coordonnés, puis discrets, simples, qu’on peut mettre en toutes circonstances… très distingués…

J’entends le « ponk » d’une conversation sur Internet. Je lis sur l’écran :

« Mélinda2004 : - Ya Killian qui veut sortir avec moi… Mais je sais pas si je suis amoureuse… »

Suite demain