13.05.2012

Le retour de Gaston Lagaffe

gaston-bureau-gaffes-gros.jpgCoucou ya quelqu’un ?
J’étais à la cambrousse dans mon trou perdu sans Internet. D’ailleurs je reviens ici et la connexion foire par intermittence, ou ne fonctionne pas des jours entiers. Sans doute parce que j’ai frit, j’ai rien compris.

Mon boulot pourri était enfin achevé (je faisais des petites croix sur le calendrier, comme un prisonnier sur les murs de sa geôle). Mes quatre collègues embauchés en même temps que moi se réjouissaient :
« J’ai JAMAIS fait un travail aussi nul et mal rémunéré !
-    Oui mais c’est pas sûr que l’intérim nous trouve autre chose !
-    Ca ne peut pas être pire ! On ne peut pas être moins payés ailleurs, vu qu’on est au smic, sans aucun avantage à côté, même pas d’indemnités repas… »

Pourtant, une semaine avant la fin de mon contrat, le DRH me dit :
« Comme on a encore du travail, on va garder une seule personne. On a sélectionné celle qui avait le plus fourni d’effort, et c’est vous. Vous êtes contente hein ?
Moi qui bosse le plus ? ! Mes collègues ne foutaient vraiment rien ! (Bientôt sur vos écrans : la saga « la folie des glandeurs », j’ai déjà écrit 5 chapitres).
J’ai envie de lui répondre: « Attendez, je téléphone à l’agence d’intérim girlpower pour savoir s’ils n’ont rien de mieux à me proposer », mais je n’ose pas.
- Bon le travail n’est pas terrible (c’est le chef lui-même qui le dit hein !) mais c’est toujours ça…
- Et ce serait pour combien de temps ?
- Pour deux mois, mais vous pouvez prendre une pause, le travail n’est pas urgent,  je sais qu’il est difficile, faut souffler un peu... (Pourquoi tant de sympathie ? J’étais à deux doigts de lui demander des congés payés et de me payer le train. Il ne trouve personne d’autre à embaucher ou quoi ?)
-Je peux prendre combien de temps ?
-Autant que vous voulez ! Une semaine, 15 jours… Vous revenez quand ça vous chante ! »

gaston mange.gifEn mai, fait ce qu’il te plaît. Je suis donc partie longtemps… Puis j’ai calculé que dans ma cambrousse, ma mère me nourrissait très bien et gratos (j’ai enfin pu remanger de la viande régulièrement) (et des gâteaux maison) (j’ai pris deux kilos) (un estomac sur pattes ne peut résister aux tiramisu, tarte au citron meringuée, brioche à la praline.) Je ne dépensais quasiment rien (pour vous dire, j’ai oublié le code de ma carte de retrait !)
Bien évidemment, il a plu tous les jours, mais je me suis obstinée à me balader quand même dans la cambrousse (« mais si regarde, un rayon de soleil ! ») Je finissais 500 mètres plus loin par m’abriter sous les cabanes pendant les averses de grêle (« nan mais ça va pas durer… »). Effectivement l’anticyclone est enfin arrivé, 15 jours après, deux heures avant mon départ, avec 30 degrés et grand ciel bleu.
J’ai décidé d’aller me promener, même si je risquais de rater mon train, le dernier de la journée (j’avais tellement hâte de retourner bosser le lendemain). Je n’étais pas la seule visiblement à vouloir profiter de la chaleur.

gaston_lagaffe_campagne.jpgAprès 10 mètres dans l’herbe haute, une couleuvre est sortie pour me siffler dessus. Je suis repartie en hurlant dans le sens inverse « haaaaa un serpeeeent !!!! » prête a courir jusqu'à mon train 15 km plus loin (idée pour vous remettre au sport : mettez un monstre derrière vous). Mais mon frère a rigolé : « c’est rien, il suffit de taper des pieds pour les faire fuir ! » Indiana Jones s’est taillé un chemin dans la jungle hostile à l’aide de son fouet bâton. Je n’ai pas voulu faire la chochotte et je l’ai suivi. On a encore croisé une couleuvre et j’ai entendu plusieurs fois des glissements derrière mes pieds. Brr.
J’ai pensé trouver refuge dans les bois, sans compter sur nos autres amis les tiques, qui se laissent tomber des branches pour s’accrocher au cou des passants, leur sucer le sang et éventuellement leur refiler la terrifiante maladie de Lyme.
Après avoir scruté et tapé le sol pendant deux kilomètres à l’aller, j’ai donc guetté le ciel, les bras repliés sur la tête pendant les deux kilomètres du retour. Pour faciliter la tâche, beaucoup de branches étaient arrachées et nous frôlaient les cheveux, à cause de la grande tempête que la région a subie (le vent a détaché la gouttière du toit et ma chambre est située juste en dessous. J’ai déménagé à deux heures du matin en réveillant toute la famille : « le ciel me tombe sur la tête ! »)

gaston tortue.jpgHostile la nature. Enfin, je préfère toujours affronter les serpents et les tiques que la vie parisienne. Je n’avais même pas posé les pieds à Paris, que la voyageuse devant moi, s’apprêtant à passer la porte du train, me regarde d’un air méchant et me crie : « roh ça va hein !
-Meuh ?
-Oui ben vous voyez bien que je descends !
- M'enfin, je n’ai rien dit !
Elle s’énerve :-mais c’est pas possible ces gens, j’en ai marre !
Je jette un coup d’œil interrogateur pour voir si quelqu’un a compris la scène, mais les autres me répondent d’un regard blasé. Ils voient ça tous les jours. Un homme peste « bon on peut descendre ?! » et la femme se met à hurler de plus belle en gesticulant, bouchant la seule issue. Un type la pousse violemment et se faufile par la sortie, renversant les bagages de la femme, qui reste interdite. Les autres voyageurs le suivent. Comme je ne veux pas sortir lâchement, je relève brièvement une des valises de la femme, mais au lieu de me remercier elle m’arrache l'objet des mains. Elle a dû penser que j’allais le voler.

Le lendemain matin, je retrouve la joie du métro bondé aux heures de pointe, où chacun se rue sur les places libres comme si des billets de 200 euros étaient posés dessus. Une station avant mon arrêt, j’entends la voix automatique : « en raison d’un incident technique… » J’arrive donc avec 20 bonnes minutes de retard pour mon premier jour de boulot.

En poussant la porte de l’open space, les collègues me lancent :
-T’es enfin de retour, c’est pas trop tôt !
- Je vous ai manqué ? C’est vrai sans moi ya plus d’ambiance !
Le chef me lance un sale œil. Il n’apprécie pas vraiment mon humour ni mes chansons. (Ce qui fait que j’en rajoute toujours trois couches.)
 - Tu nous as pas ramenés le soleil !
- T’as apporté quelque chose à manger?
-Non pourquoi ?
- Ah ben sympa ! Moi j’étais en Bretagne la semaine dernière et j’ai ramené des galettes !
- Et moi j’ai aussi fait le pont et j’ai ramené du far breton !
- Je repars si vous voulez ! Pour ramener un saucisson de Lyon?
- c’est nul… »

gaston gaffophone.jpgJe m’installe devant mon écran. Quand j’écris mes deux mots de passe, l’ordinateur énonce un gros BIP de mécontentement.
Au bout du sixième bip, le chef soupire. Je peux lire très clairement ses pensées : « on a eu 15 jours de tranquillité, mais ça y est Gaston Lagaffe est revenu et me soule dès la première minute… »
Je tente un timide : -Euh… je crois que j’ai oublié mes codes d’accès…
Prunelle se lève comme s’il portait toute la misère du monde (il m’a déjà sur le dos) et s’approche de mon écran. Il a vite compris que j’étais une mémé face aux nouvelles technologies : le premier jour de boulot, je n’ai pas su allumer l’ordinateur. Je ne connaissais pas ces unités centrales qui se collent sous l’écran ! Mémé possède un ordi vieux de 8 ans qui fait le bruit d’une locomotive du Far west et met deux plombes à démarrer.

- Vous avez peut-être appuyé sur la touche des majuscules?
Très fière de ma gaffe : - Ah non non, j’ai tout simplement oublié mon mot de passe, hihi !
Quelle idée aussi de nous imposer des codes secrets impossibles à retenir, à base de suite de lettres et chiffres incompréhensibles comme XbKj-3_487gv.
-Vous ne l’avez pas noté sur le carnet qu’on vous a donné ?
-euh… je l’ai oublié aussi.. (bonjour ! je viens au boulot les mains dans les poches ! mais je n’ai pas oublié le plus important : mon casse-croûte.)
J’entends nettement Fantasio grincer des dents : -bon, je vais téléphoner à l’informaticien …
gaston prunelle.jpgComme d’habitude, toujours les pieds dans le plat, je fais de l’humour: - haha, je crois que j’ai encore besoin de vacances ! » (En fait je suis aussi rouge de honte et des gouttes perlent sur mon front)
Pendant la récupération du mot de passe, comme je n’ai rien d’autre à faire que d’attendre, j’ose poser la question qui me taraude :
-et sinon, rassurez-moi, ici, le lundi de Pentecôte est bien férié? »
J'imagine Prunelle grommeler "rogntjdjû". Un jour je le dériderai, si si.

Le soir, comme j’ai perdu une heure de travail entre le métro bloqué et le mot de passe d’ordinateur oublié, je dois logiquement bosser plus longtemps. Il ne reste plus que moi et le chef. Ce dernier met sa veste: « Vous fermerez la porte à clé quand vous partirez !
-    Ah… c’est que… j’ai aussi oublié les clés du bureau… »


Je pense que le chef va m’offrir un billet pour Lyon sans le retour.

 

Et vous, vous avez fait le pont ? Bientôt les vacances ?


26.03.2012

Smile away !

coyote et bip bip.jpgLa chansonnite ne me quitte pas au travail, mais j'ai résisté aujourd'hui à l'envie de danser sur l'air que je fredonne tous les débuts de semaine. Le lundi au soleil, c'est quelque chose qu'on n'aura jamais, mais j'ai pourtant eu une heure de ciel bleu pendant ma balade quotidienne:

Il faisait beau, le soleil brillait, les oiseaux chantaient, je marchais le nez au vent en sifflotant.
Je vois des jeunes qui me dévisagent et semblent vouloir m’accoster. Je m’apprête à répliquer d’un ton condescendant : « écoute mon petit, j’ai le double de ton âge… » Il m’est déjà arrivé, enfin il y a quelques années, de me faire draguer par des adolescents. Au travail, la femme d’accueil a inscrit sur mon badge « stagiaire » (je ne vois pas comment on peut accepter de ne pas être payé pour un job aussi pourri, déjà que je reçois des clopinettes). Mon collègue neuneu me parlait sur un ton paternaliste comme s’il m’apprenait la vie de sa longue expérience, et il est tombé des nues quand j’ai démonté tous ses arguments un par un, en lui révélant que j’avais en fait 5 ans de plus que lui. Depuis il ne me parle plus, trop honteux de s’être fait remettre à sa place par une femme, cet être inférieur. Je me suis également retrouvée coincée entre deux classes de lycéens, et le prof m’a engueulée parce que je m’écartais du groupe « hé toi, où tu vas ? » -euh, j’ai quitté le lycée depuis longtemps … » (on voit l’enseignant proche de ses élèves et qui les connaît bien). Les exemples sont nombreux.

Je marchais donc le nez au vent. Ca ne loupe pas, le jeunot m’accoste.
- « Hé madame…
Je me prépare : -Ecoute mon petit… Euh…MADAME ?!
-Si vous auriez une fille, je l’épouserais bien ! »

carrie-bus-.jpgLà, vous visualisez comme dans les films, le miroir qui se brise, le personnage qui se prend une porte/un râteau/un seau d’eau, Nicky Larson frappé par un coup de massue, Carrie Bradshaw crânant en voyant sa trombine sur un bus et qui se fait éclabousser par celui-ci, Coyote qui court après Bip-Bip et se rend compte trop tard qu’il est au-dessus d’un ravin et s’écrase comme une merde.

Je suis donc passée en l’espace de quelques secondes de l’âge de 16 ans à environ 45.
Comble de l’ironie, je fredonnais comme très souvent Smile away de Paul McCartney, une des préférées du Chat masqué également (on ne peut qu’aimer si on apprécie le rock'n' roll, cliquez sur le lien !) :
musique, Beatles, Paul McCartney, Ram« I was walking down the street the other day
Oh, who did I meet ?
I met a friend of mine and he did say :
« man I can smell your feet a mile away ! »
Smile away, smile away, smile away… »

A ce propos, l’excellent album dont est tiré cette chanson, Ram, va être réédité dans les semaines à venir. Je vous le conseille vivement si vous ne connaissez pas encore ce bijou.

Et vous, des coups de vieux récemment ?

21.03.2012

Le retour du printemps et de la chansonnite

Versailles.jpgBonjour, bonjour monsieur printemps,
Par la grande route des nuages
Avez-vous fait un beau voyage
Et qu’apportez-vous si content ?
Je vous apporte le printemps, mes enfants
A répondu monsieur printemps !

Je la sors chaque année, mais si quelqu’un peut retrouver la version de Bob et Bobette des années 60…

C’est le printemps ! J’annonce officiellement la fin de mon hibernation.
J’exagère : en fait depuis six mois je vais me promener tous les soirs sans exception en sortant du boulot. Même cet hiver lorsqu’il faisait « -10 degrés, mais -25 en températures ressenties ». Dans les parcs, je ne rencontrais absolument personne, à part les canards sur les étangs gelés. Mais depuis que la boule jaune est revenue dans le ciel (comment la nomme t-on déjà ? si longtemps que je ne l’avais pas vue, je ne m’en souviens plus) les jardins sont de nouveaux envahis par les mômes braillards (pléonasme)  et les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics en se foutant pas mal de mes regards obliques. J’étais pourtant bien tranquille cet hiver avec le canard Saturnin et le héron Petit patapon.
Toutefois le calme est revenu samedi, car je ne sais pas si vous avez vécu la même chose dans votre région, mais ici il a fait un grand ciel bleu toute la semaine (enfin, le ciel n’est jamais vraiment bleu à Paris, mais pâle) et il a plu le week-end. Chaque fois c’est pareil, c’est quand on est derrière les carreaux, quand on travaille que le ciel est beau.

Comme je suis très sensible à la lumière, le retour de la boule jaune dans le ciel me rend guillerette. Je n’ai même plus envie d’étrangler mon collègue avec le fil du téléphone, lorsqu’il appelle successivement sa copine/ sa mère/ son frère/ son colocataire/ son banquier (il est constamment à découvert) puis sa copine/ sa mère/ son frère/ son colocataire pour leur raconter ce que vient de lui dire le banquier (son record à la suite sur le téléphone du bureau : 3h35). Quand il raccroche enfin, il envoie des sms (personnellement je n’en n’ai envoyé aucun depuis 15 jours car mon téléphone portable pourri ne fonctionne plus pour la 38ème fois, et j’en ai reçu un seul : Pôle emploi qui me signalait que j’avais oublié de déclarer mes heures de travail mensuelles et que je risquais d’être radiée).

Le retour du soleil  provoque aussi des effets indésirables. Ma maladie incurable, la chansonnite aigue, atteint des sommets. Je sifflote sans cesse Le printemps de Vivaldi. Je vous rappelle que je soupçonne mon chef de m’avoir sortie de l’open space pour m’isoler 3 étages au-dessus avec ce collègue haï, afin de ne plus m’entendre fredonner toute la journée. Je crois qu’aujourd’hui, je peux partir définitivement en exil :
Je faisais réchauffer de l’eau dans le réfectoire. Plutôt que d’attendre bêtement que les minutes s’écoulent, je profite habituellement de ce temps pour faire des étirements. Parfois, alors que la salle est supposée vide à cette heure-ci, je me fais surprendre les bras en l’air, soufflant et rouge d’effort, ou la paume des mains touchant le sol. Les gens me regardent bizarrement, mais ils essaient de comprendre : « ah, vous avez mal au dos ? ».
Mais cet après-midi, j’ai atteint un stade que personne ne pouvait imaginer. Une employée m’a surprise, un bras en l’air, un bras en bas, en pleine chorégraphie, en train de chanter « elle a les, yeux, bleus, Belinda ». Vu le regard que la femme m’a lancé, je songe à quitter le boulot en renonçant à mes indemnités de fin de contrat. Ce n’est pourtant pas ma faute, j’ai pris une insolation.
Vous avez essayé cette danse de Cloclo ? Elle a l’air simple mais il est très difficile de coordonner les mouvements. (voir la vidéo). Il faut décidément que je les réussisse et que je trouve un nouvel endroit pour répéter.

Et vous, quel effet le retour du printemps et du soleil a-t-il sur vous ?


08.03.2012

Merci patron, quel plaisir de travailler pour vous

Merci patron.PNGOn est heureux comme des fous!

Dans mon boulot inintéressant, je dois enregistrer à la chaîne des données, et le nom des gens auxquels elles sont rattachées.
Dans l’open space (m’a tuer), le bruit des ordinateurs est parfois interrompu par quelques soupirs de collègues désespérés, comptant les minutes passer.

Très vite, ma maladie incurable se manifeste.
Atteinte au plus haut degré, je ne m’en rends pas compte immédiatement. Je ne comprends pas d’où proviennent les symptômes, pourquoi ils persistent au fil des heures.
Les signes empirent les jours suivants, toujours sans m’en apercevoir. Cette fois, ils sont visibles pour mes collègues. Ou plutôt audibles.

Mes compagnons de misère commencent à me jeter des regards fugaces et étonnés. Une fille pouffe.
Et je saisis enfin. Me savoir victime de la maladie ne me donne pas envie de la combattre. Je le répète : je suis trop atteinte pour lutter.
Il vaut mieux parler ouvertement de ses problèmes. Alors, comme aux alcooliques anonymes, je fais mon mea culpa. Ma collègue m’explique que ce n’est pas une tare, au contraire.
Me voyant encouragée, je ne cherche plus à cacher ma maladie, je la laisse se développer, au plus grand plaisir de ma collègue compréhensive et bon public.

Tout a commencé par une pensée persistante, obsédante : « oh, fini, fini pour moi ».
Ce boulot me déprime t-il tant ? Ou alors j’espère simplement la fin de la journée ?
Les symptômes se poursuivent par : « Moi j’attendais la récré pour aller au café boire un chocolat »
Oui ça doit être ça, j’ai besoin d’une pause dans ce travail répétitif.
« Je voudrais partir avec vous tout au bout du ciel, sur vos ailes »
La récré est vraiment nécessaire, je ne vais pas bien.
« De vague à l’âme en terrain vague, tu divagues ! »
Oui, je divague complètement. Mais que m’arrive-t-il ?

Je laisse s’échapper des sons bizarres, incompréhensibles. Des marmonnements, des plaintes, des murmures de souffrance ? Le volume est de plus en plus audible, mon voisin me regarde bizarrement. Je comprends, j’en parle, ma collègue m’encourage.
Ma chansonnite aigue atteint son apogée. Tous ces prénoms inscrits sur ces dossiers me rappellent des mélodies, qui me restent en tête et que je sifflote pendant des heures. Une maladie incurable, mais pas bien grave. « Ca vaut mieux que d’attraper la scarlatine, ça vaut mieux que d’avaler de la mort aux rats. » Ma collègue se prend au jeu et tente de deviner les airs que je fredonne :

 « Dis-moi, Céline, les années ont passé, pourquoi n’as-tu jamais songé à te marier ? »
« La place rouge était vide, devant moi marchait Nathalie ! Elle avait des cheveux blonds mon guide, Nathalie !! »
 « Céciiiiiiiileuh, ma filleuuuuh »
 « C’était bien, chez Laurette, quand on faisait la fête, elle venait vers nous, Laurette ! »
« Oui, Jérôme, c’est moi, non je n’ai pas changé, je suis, toujours, celui qui t’a aimé ! »
« Mais Nicolas, il veut pas qu’on l’embête, tout ce qu’il a dans la tête, c’est qu’il veut rentrer chez lui… J’veux pas rester ici » (en cette période électorale, une chanson que j’ai chaque jour en mémoire en lisant les magazines ou en regardant le Petit journal… Je l’apprécie beaucoup, parce que je la chante à mon neveu quand il séjourne chez sa grand-mère pendant les vacances scolaires)

Ma collègue tente de me poser des colles :
« Je te donne des noms et tu dois chercher des chansons !
- « Chercher le garçon ? Trouver son nom ? »
-Mais j’ai pas encore commencé !
- « Je cherchais des prénoms : « Matthieu, Cécile ? » en regardant courir vers 10 heures, dans l’école des filles et des garçons »
-Tu me fais trop rire !
-« Rire et… chan-sons !!! »
- T’es vraiment dingue !
- Je suis MA LA DEUHHHHH, complètement MA LA DEUHHHHHHH ! »

-« Tiens Papillote, tu as une chanson avec le prénom Eric ?
-Tes états d’âme, sont pour moi Eric, comme les Etats d’Amérique ! Je les visite un par un Eric, dans leur ordre alphabétique ! »
- Lucile ?
« Partout, au soleil, sous la pluie, quand ils voient s’avancer les grands yeux de Lucile, partout les garçons se bousculent et la rue un instant prend un air de folie ! »
- Sarah ?
-Princesse ! Princesse ! Tu es bien jolie !!!
-Ah là tu vas pas trouver ! Gilbert ! Pas un prénom pour une chanson ça !
- Gigi ! O Gigi, personne ne sait d’où tu viens, tu nous crées un monde angélique, où tout devient féerique…
-Oh ! Tu triches ! Puis tu ne vas pas nous sortir que des chansons de dessins animés !
-A-rri-va… Gigi l’amoroso !
Un collègue nous interrompt :
-Oh c’est fini Dalida !
-Laissez-moi chanter ! Laissez-moi… Laissez-moi danser, chanter en liberté… »

Je ne sais pas si ça a un lien, mais quelques jours plus tard le chef m’a changé de bureau. A la place de mon fan club, je me retrouve avec un vieux type aussi sympa qu’une porte de prison. Ce n’est pas avec lui que je vais développer mon répertoire radio nostalgie. Mais aujourd’hui, mes vieux démons ont repris le dessus et je n’ai pas pu m’empêcher de fredonner…

Je conclurai par :
« Ris-en si tu veux, il faudra bien y croire !
C’est comme dans un vieux rock n’roll
J’ai dans la tête un transistor qui fredonne
Comme dans un très vieux rock n’roll
Serre la main d’un fou, que rien ne raisonne ! »

Quiz On connaît la chanson : quelles sont toutes les chansons citées et leurs interprètes ? N’oubliez pas de trouver les prénoms cachés dans  le 4ème paragraphe, débutant avec « oh, fini, fini pour moi ». Il y a 20 chansons en tout (+ celle du titre)…


A vous de jouer ! Réponses bientôt

24.01.2012

Les nominations aux Oscars 2012

nominations oscars 2012, cinéma, télé, the artist, jean dujardinCe soir, dans la série "documentaires qui donnent envie de se réfugier dans une grotte", Arte diffuse Prêt à jeter, sur l’obsolescence programmée, j’en ai déjà parlé ici.

En deuxième partie de soirée, France 2 diffuse Albums d’Auschwitz de William Karel, (auteur du Monde selon Bush et de nombreux documentaires de la regrettée émission « les brûlures de l’Histoire » j’A-DO-RAIS la musique du générique, très triste -cliquez sur le lien-).

A minuit, la chaîne présente Après les camps, la vie que j’ai déjà vu. Le document s’attarde sur un aspect méconnu des camps de concentration : les nombreux films consacrés au sujet se limitent à la description des camps et s’arrêtent à la Libération, mais que sont devenus ensuite les survivants, comment ont-ils été perçus à leur retour, comment se sont-ils réadaptés à « la vie normale de tous les jours ? »

Si vous l’avez raté la semaine dernière, M6 rediffuse à 23 h en version multilingue Lord of war.
Une soirée joyeuse en perspective.

On connaît depuis aujourd’hui la liste des Oscars. Encore cocorico, The artist est nommé dix fois ! Comme pour les Golden Globe, il se trouve dans les catégories les plus prestigieuses : Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice dans un second rôle et meilleur scénario original. La cérémonie des oscars se déroulera le 26 février, mémé insomniaque la suivra peut-être en direct comme l’année dernière (voir lien).

Meilleur film :
The Artist de  Michel Hazanavicius
The Descendants d' Alexander Payne
La Couleur des sentiments de Tate Taylor
Le stratège de Bennett Miller
Cheval de guerre de Steven Spielberg
The Tree of life de Terrence Malick
Minuit à Paris de Woody Allen
Extrêmement fort et incroyablement près de Stephen Daldry
Hugo Cabret de Martin Scorsese

Meilleur réalisateur :
Michel Hazanavicius pour The Artist
 Martin Scorsese pour Hugo Cabret
Alexander Payne pour The descendants
Woody Allen pour Minuit à Paris
Terrence Malick pour The tree of life

Meilleur acteur :
Brad Pitt pour Le stratège
Gary Oldman pour La Taupe
George Clooney pour The Descendants
Jean Dujardin pour The Artist
 Demian Bechir pour A better life

Et Michael Fassbender♥♥♥ ?! George Clooney a déjà remporté le Golden Globe, et souvent les gagnants sont les mêmes. Soyons faussement chauvins comme Le petit journal ce soir : Jean Dujardin au moins, il joue avec un chien devenu superstar, alors que Clooney était copain comme cochon avec un cochon justement, Max, son animal de compagnie. Jean Of the garden, what else ?

Meilleure actrice :
Meryl Streep pour La Dame de Fer
Michelle Williams pour My Week With Marilyn
Viola Davis pour La Couleur des sentiments
Glenn Close pour Albert Nobbs
Rooney Mara pour Millenium

Je penche pour la dernière. Les Oscar adorent récompenser les acteurs qui se transforment physiquement pour un rôle (Nicole Kidman, Hilary Swank, Charlize Theron…)

Meilleur second rôle féminin :
Bérénice Bejo pour The Artist
Jessica Chastain pour La Couleur des sentiments
Melissa Mccarthy pour Mes Meilleures amies
Octavia Spencer pour La Couleur des sentiments
Janet McTeer pour Albert Nobbs

Euh… L’actrice Française n’a pas le premier rôle féminin en fait ?!

Meilleur second rôle masculin :
Christopher Plummer pour Beginners
Jonah Hill pour Le Stratège
Kenneth Branagh pour My Week With Marilyn
Nick Nolte pour Warrior
Max Von Sidow pour Extrêmement fort et incroyablement près

Meilleur film d'animation :
Rango de Gore Verbinski
Une vie de chat d'Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli
Chico et Rita de Fernando Trueba et Javier Mariscal
Kung Fu Panda 2 de Jennifer Yuh
Le chat potté de Chris Miller

Deux chats qui se battent ! Je soutiens le film français, bonne surprise, pas nunuche, avec même des aspects tristes. J’ai apprécié sa vision idéalisée et poétique des toits de Paris.

Meilleur Scénario original :
The Artist de Michel Hazanavicius
Mes Meilleures amis de Annie Mumolo, Kristen Wiig
Minuit à Paris de Woody Allen
Margin Call de JC Chandor
Une séparation de Asghar Farhadi

Meilleur Scénario adapté :
The Descendants d'Alexander Payne, Nat Faxon, Jim Rash
La Taupe de Bridget O'Connor, Peter Straughan
Hugo Cabret de John Logan
Le stratège de Steve Zaillant et Aaron Sorkin
Les marches du pouvoir de George Clooney et Grant Heslov

A noter que Clooney concourt à la fois pour The descendants, où il est acteur, et Les marches du pouvoir, où il est réalisateur scénariste.

Meilleur film en langue étrangère :
Bullhead de Michael R. Roskam (Belgique)
Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau (Canada)
Une Séparation d'Asghar Farhadi (Iran)
Footnote de Joseph Cedar (Israël)

Meilleure musique originale :
Ludovic Bource pour The Artist
John Williams pour Tintin et les secret de la Licorne
Howard Shore pour Hugo cabret
Alberto Iglesias pour La taupe
John Williams pour Cheval de Guerre

John Williams s’affronte lui-même. Pas mal.

Meilleure chanson originale :
Man or Muppet  (Les Muppets)
Real in Rio (Rio)

Deux seulement ?!

Meilleur son :
Drive
Millenium
Hugo Cabret
Transformers 3
Cheval de Guerre
The artist

Non, je déconne pour le dernier…

Meilleurs effets spéciaux :
Harry Potter 7 - partie 2
Hugo Cabret
Real Steel
La planète des singes origines
Transformers 3

Meilleurs costumes :
Anonymous
The Artist
Hugo Cabret
Jane Eyre
W.E

Meilleur documentaire :
Hell and back again
If a tree falls
Paradise Lost 3 : purgatory
Pina
Undefeated

Meilleur montage :
The Artist
The descendants
Millenium
Hugo Cabret
Le stratège

Meilleur maquillage :
Albert Nobbs
Harry Potter et les Reliques de la Mort 2
La dame de fer

Meilleure technique cinématographique :
Guillaume Schiffman pour The Artist
Jeff Cronenweth pour Millenium
Robert Richardson pour Hugo Cabret
Emmanuel Lubezki pour The Tree of Life
Janusz Kaminski pour Cheval de Guerre

Meilleure direction artistique :
The Artist
Harry Potter et les Reliques de la Mort - Partie 2
Hugo Cabret
Cheval de Guerre

Meilleur mixage :
Millenium
Hugo Cabret
Le stratège
Transformers 3
Cheval de Guerre

Et vous, vos pronostics ?


Vous remarquez, plus j’écris que je n’ai pas le temps ou le courage d’écrire, plus je publie. Je devrais travailler plus souvent. (En fait j’ai tellement l’impression de perdre mon temps et mon cerveau la journée au boulot que je tente de les récupérer le soir, en faisant le plus d’activités plaisantes possibles).

20.01.2011

Le fast food, l'empire du mal

super-size-me.jpgLa première fois que j’ai mis les pieds dans un fast food, c’était à 10 ans, lors d’un voyage scolaire au château de Versailles. Ma famille a ri Potter jaune: mes profs critiquaient souvent cette nourriture, qui fait grossir les gamins et les « pervertit avec une culture de masse », mais ça ne les a pas empêché d’y emmener leurs élèves…

Le fast food reste un mauvais souvenir. Comme toujours dans ces endroits, il y avait un monde fou, il fallait prendre sa commande très rapidement. Or je n’avais jamais mangé de hamburger et ne connaissait pas le principe des menus (frites ou pas ? quelles tailles ? quelle sauce ? quelle boisson ?) J’étais complètement larguée, la serveuse s’impatientait, mes camarades, tous habitués des lieux, se moquaient de moi, j’avais l’impression d’être une extra-terrestre. J’ai finalement pris le même menu qu’une copine.
Comme je n’étais pas habituée à manger des oignons crus (horreur absolue pour l’haleine), du ketchup (abomination culinaire) et des trucs lourds et gras, j’ai été malade toute la nuit…

Presque 20 ans après, mémé Papillote n’a toujours pas évolué.
Avec le gosse que je garde, on arrive dans le restau. Il est bondé, occupé principalement par des enfants et leurs parents (on est mercredi)
Je n’ai même pas le temps de regarder les différents menus qu’une serveuse me saute dessus, directement dans la file :
Serveuse : -Qu’est ce que vous voulez ?
Moi : - Euh… (m’adressant au gamin) : tu veux quoi ?
Gamin : -Des nuggets
Moi : - Hein ? Des neuguettes ? Qu’est ce que c’est que ce truc ?
La serveuse soupire.
Moi : - Bon, alors mettez moi des neuguettes et puis euh… et là, comme depuis 20 ans, je choisis au hasard le premier menu.
 Serveuse : -Maxi ?
Moi : - Hein ?
Serveuse : - Menu maxi ?
Tu te crois dans Super size me ? Tu veux me faire prendre 12 kilos et du cholestérol comme le réalisateur qui a bouffé du macdo pendant un mois ?
Moi : -Non non… normal, ça suffira. »

On se fait servir, puis on cherche une table. Elles sont toutes prises, on doit attendre qu’un groupe d’ados en libère une, en laissant de grosses traces de ketchup.
Moi : - Bah… c’est sale… On a même pas de serviettes pour essuyer en plus !
Gamin : - Non, fallait se servir à l’étage
Je regarde nos voisins de table, qui ont tous pris des tonnes de serviettes, l’équivalent d’un paquet de 40 au moins. Vive l’écologie.
Je vais demander une serviette aux voisins.
J’essaie de boire, je me rends compte qu’il n’y a pas de paille non plus (et là, je ne vais pas utiliser celle du voisin quand même)

Je veux me laver les mains avant de manger. Les toilettes sont fermées, il faut un code pour pouvoir y entrer !
Non seulement c’est dégueulasse de manger sans se laver les mains au préalable, mais en plus le principe du fast food, c’est qu’on mange avec les doigts ! On s’en met de partout, dès qu’on mord dans le hamburger, la sauce dégouline, les minuscules bouts de salade se font la malle (et je ne veux pas louper le peu de légumes qui se trouve dans ces sandwiches !)

Objectivement, le hamburger est plutôt bon. C’est mou, c’est rond, il paraît qu’il est réconfortant parce qu’il rappelle le sein de la mère (moi je m’en fous, j’ai été nourri au biberon)
Le problème, c’est que le hamburger est excessivement gras et lourd à digérer (500 calories en moyenne, l’équivalent d’un repas). Si l’on prend le menu complet avec un dessert, on dépasse les valeurs énergétiques recommandées pour la journée (1800 calories).
Surtout, paradoxalement, cette nourriture grasse ne nourrit pas. Deux heures après, j’ai systématiquement faim. De plus, j’essaie en grignotant du chocolat de couvrir l’odeur ignoble et persistante de l’oignon et de la sauce ciboulette, qui fait mourir d’asphyxie toutes les personnes croisées pendant les six heures suivantes.

Il règne un brouhaha phénoménal dans le restau bondé, les gens mangent vite, s’agitent, l’ambiance est vraiment stressante.
L’angoisse monte d’un cran quand le gosse observe le gamin voisin :
Gosse : - Pourquoi j’ai pas la boule avec le bonhomme dedans ?
Moi : - Qu’est ce que tu me chantes ?
Je me tourne vers les tables voisines, et je vois tous les gamins jouer avec des boules en plastoc. J’avais oublié, ils ont le droit à un menu spécial avec un jouet dedans !
Pendant que le morveux chouine (Ouin ! Pourquoi j’ai pas la boule avec le bonhomme dedans !!), j’essaie de faire diversion :
Moi : - Ah mais regarde, on a des étiquettes pour le monopoly ! Tu peux gagner des jeux bien mieux que ta boule de plastoc avec ton bonhomme dedans !
Ma technique marche à merveille (sont trop faciles à manipuler ces gosses) et le gamin arrête de couiner. Le silence ne dure que quelques secondes.
Gamin : - Je veux les étiquettes de monopoly ! j’en veux plein !!!! Je veux gagner la console trucmuche !!!!
Au même moment, les voisins partent en laissant leur plateau sur place.
Moi : - Tiens! Ils ont laissé leur gobelet avec les étiquettes dessus ! Ça t’en fais plein, t’es content ?
Gamin : - Je veux toutes les étiquettes ! Je veux que tu les récupères toutes !
Moi : - Ca va pas non ! Je vais pas faire les poubelles non plus ! »

Voilà comment votre serviteur s’est retrouvé à manipuler les clients du restau pour récupérer les étiquettes, comme dans la pub qui passait à la télé.
En même temps, les ados attardés et solitaires sont très faciles à convaincre. Je devais être la première fille à leur parler depuis des lustres, et en me donnant leurs étiquettes, ils ont dû espérer avoir un ticket to ride avec moi. Avouer à l’un d’eux que malgré les apparences j’avais dix ans de plus que lui et faire croire que le gosse était le mien a calmé ses ardeurs. Puis j’avais l’excuse du « je peux pas, j’ai piscine », puisque je devais emmener le gosse à son cours de natation. (J’ai failli m’endormir dans le bus, mais le gamin survolté me secouait à tous les arrêts pour me crier dans les oreilles : « On est arrivé ? C’est là ? !)

Je vous dis, le babysitting, c’est plus fait pour les mémés comme moi. Vivement la retraite (faudrait déjà travailler avant d’être à la retraite)

Et vous, que pensez-vous du fast food ?

18.01.2011

Il a le droit, il a bien travaillé

jeux vidéo.jpgJe fais de temps en temps du babysitting.
J’ai plus vraiment l’habitude de me lever dès potron-minet (j’adore cette expression).

J’espère pouvoir somnoler sur le canapé en attendant que le gosse se lève. Manque de pot il est déjà debout, avant 7 heures du mat', et me met d’entrée de jeu la manette de la console dans les mains. Je jette un regard à la mère, espérant qu’elle me sortira un discours souvent entendu : « ah non, pas de jeux vidéos !
Mais elle me répond : -oui, il a le droit, il a bien travaillé ».

gta vice-city.jpgCa me rappelle le fameux jour, quand je bossais dans une école, où un gosse m’a décrit son jeu favori, avec sa petite voix aigue et innocente :
Gosse : « Et après, j’ai volé une voiture, puis j’ai écrasé quelqu’un, puis les policiers sont arrivés, alors je suis sorti avec ma batte de base-ball, et ensuite j’ai tapé le policier…
Moi : - Mais… tu me décris GTA vice city là ?!
Gosse : - Ben oui… (Le gosse parlait sur le ton que ma nièce de 5 ans aurait employé : « et après, j’ai peigné mon petit poney, puis j’ai joué à la maîtresse, puis ma môman m’a appelé pour le goûter, alors j’ai dit à mes poupées que c’était la récré, et ensuite j’ai mangé un gros gâteau… »)
Moi : - C’est un jeu interdit au moins de 18 ans ! Tes parents te laissent jouer à ton âge ? c’est hyper violent !
Gosse : - Je sais, j’ai 8 ans, mais mes parents me l’ont acheté quand même parce que j’ai bien travaillé »

Heureusement le gamin que je garde maintenant ne joue pas à GTA mais à la wii, ce jeu où l’on doit mimer des mouvements de sport devant un écran.
Je ne jouais pas aux jeux vidéos quand j’étais petite, et là j’ai encore plus l’impression d’être une mémé hors du coup. Le gosse me lamine au base ball (je n’arrive même pas à taper dans la balle, enfin, virtuellement). L’appart est au rez-de-chaussée, n’a pas de rideau et donne sur la rue : tous les clients qui attendent au distributeur d’à côté nous regardent gesticuler bêtement…
Mine de rien, on a beau faire le guignol devant un écran, la wii sport porte bien son nom. A force de boxer, même dans le vide, mémé Papillote a aujourd’hui des courbatures entre les omoplates… (Je n’imagine même pas mon état si j’avais dû taper dans un vrai punching ball. A part ça, si si, je vous assure, je fais 3 heures de sport par semaine. A mon rythme quoi. C'est-à-dire qu’il me faut 30 minutes pour faire 100 abdos quand il suffit de 4 fois moins de temps pour un individu normalement constitué).

 Vers midi, voyant qu’aucune indication n’a été laissée par la mère pour le repas (ce moment sacré !) je lui téléphone :
-    Je cuisine un truc en particulier ou pas ?
-Non pas la peine, j’ai laissé de l’argent pour aller au fast food.

Le fast food, l’empire du mal.

Suite demain

Et vous, que pensez-vous des jeux vidéos ?

28.09.2010

Mes démêlés avec le pôle emploi (le téléphone pleure)

pole emploi appel surtaxé.pngOn en était là : un brave employé au téléphone me révéle qu’après deux mois, le pôle emploi n’a toujours pas traité mon dossier, à cause d’un bug informatique que personne ne veut régler. L’employé me propose comme solution « d’aller gueuler directement dans mon agence et de les harceler pour qu’ils bougent enfin. »
Je ne m’imagine pas jouer la harpie hystérique ou le Rambo qui casse tout sur son passage. Puis je pense que me déplacer serait une perte de temps, qu’on me répondra sans doute la même chose. Je préfère téléphoner une énième fois…

Je précise que contrairement à la loi, les numéros sociaux comme celui du pôle emploi sont payants et qu’ils coûtent bonbon selon votre abonnement de téléphone. Cette petite histoire m’a déjà prélevé une quinzaine d’euros, pour RIEN.

Je rappelle donc et je résume le problème informatique dû à Pôle emploi.
La conseillère me sort : ah oui, je vois, effectivement…
Ouf ! Pour une fois, ils ne se contredisent pas.
La conseillère : « Votre dossier est bloqué car on attend toujours votre justificatif d’arrêt maladie de décembre 2008. »
HEIN ? Tout serait de ma faute en fait ? J’ai bien été en arrêt quand je me suis coupée un doigt, à noël il y a deux ans. Mais en tant que vacataire à temps partiel, sans contrat, ne travaillant pas pendant les vacances, j’avais calculé que je n’avais droit qu’à 10 euros d’indemnités… J’avais quand même envoyé mon papier mais le pôle emploi me l’avait retourné comme « incomplet » (mon employeur m’avait alors expliqué qu’avec mon statut particulier « c’était toujours le bordel parce que la sécu sociale et l’anpe n’y comprenaient rien »)
Là, deux ans après, on me ressort ce vieux dossier, alors que je n’ai même pas reçu d’argent à l’époque ? Qu’est ce que c’est que cette histoire ?

Comme mon ancien employeur m’avait prévenu, la conseillère me répond :
« Euh… en fait je ne connais pas trop le statut des vacataires… je sais pas quoi vous répondre... attendez je vous passe ma supérieure… »
Et je me retrouve soudainement avec le message d’accueil : « tapez 1 si vous voulez consulter les offres d’emploi. Ou dites "emploi" »…

J’ai espéré bêtement que la « supérieure » allait me répondre, donc j’ai laissé passer la trèèèès longue l’énumération du sommaire (tapez 238 si vous voulez un ukulélé. Ou dites « ukulélé ») Bien entendu, pour que l’appel soit plus cher, les intitulés sont ambigus, et on se retrouve à jongler une dizaine de minutes entre les différents menus avant de trouver le bon. Le bon étant bien évidemment toujours le dernier sur la liste. (Si vous souhaitez poser une question, dites directement « infos », ça vous évitera d’attendre. (je sais je sais, je suis d’humeur généreuse aujourd’hui)

Après 10 minutes, je comprends que la femme m’a bernée : ne sachant pas répondre, elle m’a raccroché au nez. Je retourne donc dans la rubrique infos pour parler à un 456ème conseiller.
Je ré explique le problème, mais à force de téléphoner et d’avoir des explications contradictoires, l’énumération est un peu longue et le conseiller n’a pas l’air de tout saisir. («alors d’abord on m’a dit ça.. puis une semaine après on m’a dit ça… Alors du coup j’ai fait ça, mais ensuite le problème se corse parce que… »)
Conseiller : - euh… ben déjà je ne vois pas de traces de votre demande d’allocation…
Moi (complètement désespérée) - QUOI ? Mais justement la semaine dernière j’ai bien demandé à votre collègue si vous aviez reçu tous mes papiers ! Il m’a dit que oui, « il les avait sous les yeux ! »
Conseiller : - ah ben ça, ça m’étonnerait ! C’est pas possible, on a aucun papier ici, on est juste au téléphone…

Comme il constate que je panique, il me caresse dans le sens du poil :
- C’est clair, c’est pas du tout normal… normalement on est obligé de traiter votre dossier en une semaine/15 jours maximum… là ça fait deux mois… je comprends bien votre inquiétude madame… bien sûr, sans argent pendant tout ce temps, c’est très dur… ne vous inquiétez pas, je re-signale le problème en disant qu’il est ABSOLUMENT URGENT de le traiter, j’espère que d’ici une semaine tout sera réglé, voilà madame, au revoir… »

Si vous avez bien décodé le message, ce conseiller m’a bien embobiné. Il n’a répondu à AUCUNE de mes questions. Je ne connais toujours pas le problème qui retarde mon inscription. Le pôle emploi n’a peut-être reçu aucun de mes papiers et ne sait même pas que j’existe. Et ce dernier coup de téléphone inutile a duré 29 MINUTES…

L’après-midi même, je reçois un courrier dans ma boîte mail.
ENFIN ! Une réponse ! Je suis sauvée !
Et là, oui, c’est encore possible, on monte encore d’un cran dans le n’importe quoi…

Suite demain...

dessin de Rodho

30.08.2010

Le grand quiz on connaît la chanson de rentrée

gaston chomeur.jpgComme beaucoup d’entre vous (à part Antiblues le joyeux retraité), mes vacances sont finies… On était nostalgiques le dernier soir en observant le coucher de soleil sur la mer. Choupinounet pensait à la reprise du boulot lundi, moi au chômage. Ne pas savoir ce qu’on fera le lendemain est angoissant, car j’ai l’habitude d’organiser mes journées à l’avance. Au moins les employés savent qu’ils subiront le « boulot métro dodo », qu’à 9 heures ils auront une réunion, à midi la pause déjeuner (le plus important) et qu’à 17 heures ils seront rentrés. Moi, je vais prolonger au maximum le lever, mon petit déjeuner afin de retarder le moment où je devrai me mettre sur l’ordi pour trouver du travail. Mon gros problème, c’est que je ne sais pas quoi chercher ni où. Alors je prends toujours le premier boulot venu, qui ne me correspond pas…Enfin, on verra bien demain…
En attendant, j’ai pu organiser sans problème ce que je sais faire : mon blog ! J’ai préparé plusieurs articles, et je vous ai même concocté plusieurs quizz. J’en livre un dès aujourd’hui pour vous mettre dans l’ambiance :

Après le quizz de cet été, "On connaît la chanson de vacances", je vous en propose un d’actualité : "on connaît la chanson de rentrée (et de chômage)"»
Quels sont les titres et les interprètes de ces dix chansons ? Je n’ose pas promettre encore des cartes postales pour tous, vu que je viens juste d’envoyer celles du premier quizz, mais on peut dire que celui ou celle qui trouvera le plus de réponses (sans tricher évidemment) en recevra une bientôt ? J’ai plus de temps pour écrire maintenant…

gaston dort chomeur.gifChanson n°1 :
"Les journaux sont imprimés
Les ouvriers sont déprimés
Les gens se lèvent, ils sont brimés
C'est l'heure où je vais me coucher
Il est cinq heures, Paris se lève
Il est cinq heures, je n'ai pas sommeil"

Chanson n°2 :
"Ces gens qui courent au grand galop
En auto, métro ou vélo
Vont-ils voir un film rigolo
Mais non, ils vont à leur boulot
Le travail c'est la santé
Rien faire c'est la conserver
Les prisonniers du boulot
N' font pas de vieux os."

Chanson n°3 :
"Regarde ta montre, il est déjà 8 heures,
Embrassons-nous tendrement.
Un taxi t'emporte, tu t'en vas mon coeur,
Parmi ces milliers de gens. C'est une journée idéale,
Pour marcher dans la forêt.
On trouverait plus normal
D'aller se coucher seuls dans les genêts.
Le Lundi au soleil, c'est une chose qu'on n'aura jamais.
Chaque fois, c'est pareil. C'est quand on est derrière les carreaux,
Quand on travaille, que le ciel est beau…"

gaston dort.jpgChanson n°4 :
"Moins tu en fais, plus tu laisses faire,
Plus ta santé déjà précaire
Te libère de ses tourments.
Gagner ta vie ne vaut pas le coup,
Attendu que tu l'as déjà
Le boulot y'en a pas beaucoup,
Faut le laisser à ceux qui aiment ça !
Sois feignant ! Sois feignant !
Tu vivras content !
Sois feignant ! Sois feignant !
Tu vivras longtemps !"

Chanson n°5 :
"Pour tuer l'ennui, j'ai dans ma veste
Les extraits du Reader's Digest
Et dans ce bouquin y a écrit
Que des gars se la coulent douce à Miami
Pendant ce temps que j'fais le zouave
Au fond de la cave
Parait qu'il y a pas de sots métiers
Moi je fais des trous dans les billets"

Chanson n°6 :
"35 élèves, cette année,
Je leur ai demandé ce qu'ils voulaient faire comme métier
J'ai 10 Zidane, 15 Amel Bent et 9 Bouba,
Un original qui veut faire vigile et avocat
Il a dû voir chez Courbet
Que c'était pas mal d'être avocat si jamais t'allais en prison
Ils croient tous qu'ils auront leur brevet en regardant l'Île de la Tentation
Merci pour tout ce que fait pour eux la télévision.

Et mon voisin, le même qu'hier, me dira :
"Bande de fonctionnaires, alors vous êtes déjà rentré, vous savez pas ce que c'est de bosser, avec vos semaines de 20 heures, vous bossez moins qu'un contrôleur, et dire que je paie pour mon gamin, il a redoublé son CE1"
Vite les bulletins à remplir, 2/3 Prozac, et 8 kirs,
Mais je l'entends quand même dire d'en bas
"Et je compte même pas la sécurité de l'emploi".

Chanson n°7 :
"Ma chambre a la forme d'une cage
Le soleil passe son bras par la fenêtre
Les chasseurs à ma porte
Comme des petits soldats
Qui veulent me prendre
Je ne veux pas travailler, je ne veux pas déjeuner
Je veux seulement oublier, et puis je fume"

Chanson n°8 :
"Le grand chef du personnel l'a convoqué à midi :
"J'ai une mauvaise nouvelle : vous finissez vendredi.
Une multinationale s'est offert notre société.
Vous êtes dépassé Et, du fait, vous êtes remercié."
Il n'y a plus d'espoir, plus d'espoir.
Il ne rentre pas ce soir."

gaston handicapé.jpgChanson n°9 :
"Travailler c'est trop dur
Et voler c'est pas beau
Demander la charité
C'est quelqu'chose que j'peux pas faire
Chaque jour que moi je vis
On me demande de quoi je vis
Je dis que je vis sur l'amour
Et j'espère vivre vieux"

Chanson n°10 :
"Quand on arrive à l'usine
La gaîté nous illumine
L'idée de faire nos huit heures
Nous remplit tous de bonheur
D'humeur égale et joyeuse
Nous courons vers la pointeuse
Le temps d'enfiler nos bleus
Et nous voilà tous heureux
La ï ti la la la ï ti la la ï hé

Merci patron merci patron
Quel plaisir de travailler pour vous
On est heureux comme des fous
Merci patron merci patron
Ce que vous faites ici-bas
Un jour Dieu vous le rendra !"

A vous de jouer ! Réponse en chanson bientôt...

21.06.2010

La boute-en-train de service

wonderwoman.jpgLors de mon entretien d’embauche, le dirlo m’a annoncé:
« Je préfère vous prévenir... On a une mauvaise ambiance au bureau… »
Sympa. En effet, je l’ai vite constaté, mais j’en reparlerai plus tard.
Il ajoute : « l’autre principal problème, c’est qu’on fait souvent face à des clients mécontents. Par exemple aujourd’hui quelqu’un a dit qu’il allait venir me casser la gueule, la collègue était complètement affolée… La principale qualité dans ces cas-là, c’est de garder son calme. Je compte sur votre humour et votre bonne humeur pour ne pas envenimer l’ambiance au travail et apaiser les clients. »

Bon, Ok pour l’humour. J’ai fait des blagues pendant l’entretien d’embauche et le boss a bien ri. (Ne suivez pas mon exemple, amis chômeurs, je doute qu’on préconise l’humour dans les conseils en entretien...)
Par contre, garder son calme… je suis franchement soupe au lait. Un truc m’énerve, la colère monte, je bous, le lait déborde, puis on retire la casserole du feu, la colère redescend aussi vite qu’elle est arrivée. Bref, si quelqu’un hurle qu’il va me casser la gueule, je ne m’imagine sûrement pas pleurer comme ma collègue, ni rester calme «oui, monsieur, j’ai compris votre message ». J’ai plutôt peur de lui répondre : « C’EST CA ! VIENS ! JE T’ATTENDS ! ZY VA ! »

Je craignais donc mon impulsivité pour ce nouveau poste. (J’avais aussi peur de mourir de faim, je l’ai déjà expliqué ici).
Les premières fois où j’ai dû faire face à des personnes mécontentes, j’ai essayé de garder mon calme. Mais au fil de la conversation, à force de me faire crier dessus pour rien, je finissais par répliquer d’une voix très sèche et catégorique, en haussant légèrement le ton: « Comme je viens de vous l’expliquer, mon collègue est en train de traiter les dossiers … »
Ca coupait la chique aux mécontents, étonnés que je ne me laisse pas piétiner. Ils se calmaient direct :
« Ah ? Euh oui d’accord… excusez moi, je me suis un peu emporté… c’est vrai que ce n’est pas de votre faute… »

J’ai estimé que ma stratégie ne serait pas toujours adéquate. Parfois, rester ferme et glaciale peut  encore plus énerver les gens.
Alors j’ai testé ma méthode habituelle : l’humour et l’empathie.
Ca marche du feu de Dieu. Les gens sont décontenancés ou apaisés et passent de la colère au rire.
Bon, bien sûr, pour tenter l’humour, faut d’abord sentir si la personne est réceptive ou pas. S’agirait pas de faire un flop et de passer pour une dingue…

Aujourd’hui, les blagues ont encore bien fonctionné :
Client : « Non mais vous vous rendez compte depuis combien de temps j’attends? Il faut que je fasse quoi, pour qu’on me réponde ? Que je vienne carrément ? Mais si je viens, je vais lui casser la gueule ! On m’avait dit qu’il me rappelait sans faute vendredi ! Toute la journée j’ai attendu cet appel ! C’est extrêmement important !
Moi : - c’est normal, c’était l’appel du 18 juin…
Client : - Hein ? Quoi ? (Une pause, il réfléchit, puis se calme) ah ! Le 18 juin, l’appel du général de Gaulle…haha… vous êtes marrante… enfin… qu’est ce que je disais…
Moi : vous disiez que vous alliez venir pour lui casser la gueule…
Interlocuteur : (un peu effrayé) Euh… oui… ha ha… enfin je disais ça comme ça… j’me suis emporté… je le pensais pas…
Moi : j’avais bien compris…
Client : (soulagé) ah merci… ça fait plaisir des gens compréhensifs pour une fois… parce que la dernière fois, votre collègue … »

Après, j’explique en détail comment je vais me démener pour résoudre le problème. A tous les coups, les gens, de prime abord énervés, se confondent en excuses et me répètent à quel point je suis « bien aimable… c’est rare aujourd’hui les personnes qui prennent la peine de vous répondre, etc, etc… »

Alors que mes collègues filtrent les appels, les écourtent en prétextant du travail, voire s’énerve ou raccroche au nez, j'écoute chaque personne. Mes collègues se plaignent : «j’ai raccroché, il me racontait sa vie ! » Moi je trouve ça intéressant, je laisse parler les gens et je leur pose même des questions. Mis en confiance, sentant qu’ils sont écoutés, ils s’apaisent tout de suite.

Je n’aurai jamais cru être capable de patience et de tant de bienveillance.
Après être passée pour la trublion de service, ça change de devenir la boute en train wonderwoman du bureau.

Et vous, au travail, quels sont vos rapports avec les interlocuteurs ? (Je sais que pour Marie et Titi, qui travaillent dans le commerce, ça doit pas être facile tous les jours...)

Toutes les notes