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15/04/2020

Fun home

fun home.jpgNon ce n'est pas un article sur mon confinement dans un trou de 20 mètres carrés, mais presque : une histoire vraie se déroulant dans un funérarium.
J'ai évoqué Alison Bechdel dans mon article sur Tout peut changer, le documentaire sur la place des femmes dans le cinéma. L'autrice a élaboré un test pour mesurer le sexisme dans les films
- Il doit y avoir au moins deux femmes nommées (nom/prénom) dans l’œuvre
- qui discutent ensemble
- et qui parlent de quelque chose qui est sans rapport avec un homme.
Le verdict est sans appel : environ 60 % des films échouent au test.

Mais ce n'est pas à travers son attachement à la cause féministe que j'ai connu Alison Bechdel, mais tout simplement parce qu'elle écrit des bd biographiques, et comme je suis férue du genre, j'en ai lu deux pour le moment.
J'ai beaucoup apprécié sa plus connue, Fun home. Titre ironique, car l'auteure a passé son enfance dans un funérarium, où son père, un être peu aimant et psychorigide, exerçait. Forcément le lieu et le thème, mêlant humour macabre et mélancolie, m'évoquent Six feet under, la géniale série d'Alan Ball (American beauty).
Alison suppose que son père s'est suicidé car il n'assumait pas sa bisexualité. Très fun donc. 

alison bechdel.jpgAprès son père, l'autrice décortique cette fois-ci ses relations avec sa mère, dans le roman graphique C'est toi ma maman ?
Non ce n'est pas pour les enfants de 3 ans. Élu à l'unanimité de moi-même grand vainqueur dans la catégorie "titre le plus niais". J'ai moins apprécié ce livre. L'auteure emploie un jargon psy intello parfois plombant. Elle relate sans tendresse ses rapports avec sa mère, mais aussi avec ses différentes petites amies, son homosexualité, et sa psy. Elle prend bien soin de répéter trois fois que son analyste lui confie qu'elle la trouve "adorable" : "je vous aime beaucoup". Un contre-transfert fréquent mais qui pourrait flinguer la carrière de la psy et que la patiente aurait pu taire, par respect pour cette personne qu'elle admire tellement, et dont elle tombe amoureuse. Comme tous les 4 matins à priori : elle change de partenaires comme de chemises, en ayant plusieurs à la fois, ne sachant pas ce qu'elle veut, ni ce qu'elle ressent.
Une fille très compliquée que j'ai du mal à apprécier pleinement. Ses confidences très poussées me mettent parfois mal à l'aise. Elle se plaint beaucoup de ses parents, mais je trouve sa mère plutôt cool de ne pas s'offusquer de voir le linge sale familial étalé en place publique. Faites des gosses, ils vous le rendront au centuple.
Moralité : mieux vaut adopter un chat, il n'ira pas raconter dans une bd que vous ne lui avez pas donné assez de croquettes. Et il héritera de votre fortune, comme Poupette avec Lagerfeld.

Fun home

fun home.jpgNon ce n'est pas un article sur mon confinement dans un trou de 20 mètres carrés, mais presque : une histoire vraie se déroulant dans un funérarium.
J'ai évoqué Alison Bechdel dans mon article sur Tout peut changer, le documentaire sur la place des femmes dans le cinéma. L'autrice a élaboré un test pour mesurer le sexisme dans les films
- Il doit y avoir au moins deux femmes nommées (nom/prénom) dans l’œuvre
- qui discutent ensemble
- et qui parlent de quelque chose qui est sans rapport avec un homme.
Le verdict est sans appel : environ 60 % des films échouent au test.

Mais ce n'est pas à travers son attachement à la cause féministe que j'ai connu Alison Bechdel, mais tout simplement parce qu'elle écrit des bd biographiques, et comme je suis férue du genre, j'en ai lu deux pour le moment.
J'ai beaucoup apprécié sa plus connue, Fun home. Titre ironique, car l'auteure a passé son enfance dans un funérarium, où son père, un être peu aimant et psychorigide, exerçait. Forcément le lieu et le thème, mêlant humour macabre et mélancolie, m'évoquent Six feet under, la géniale série d'Alan Ball (American beauty).
Alison suppose que son père s'est suicidé car il n'assumait pas sa bisexualité. Très fun donc. 

alison bechdel.jpgAprès son père, l'autrice décortique cette fois-ci ses relations avec sa mère, dans le roman graphique C'est toi ma maman ?
Non ce n'est pas pour les enfants de 3 ans. Élu à l'unanimité de moi-même grand vainqueur dans la catégorie "titre le plus niais". J'ai moins apprécié ce livre. L'auteure emploie un jargon psy intello parfois plombant. Elle relate sans tendresse ses rapports avec sa mère, mais aussi avec ses différentes petites amies, son homosexualité, et sa psy. Elle prend bien soin de répéter trois fois que son analyste lui confie qu'elle la trouve "adorable" : "je vous aime beaucoup". Un contre-transfert fréquent mais qui pourrait flinguer la carrière de la psy et que la patiente aurait pu taire, par respect pour cette personne qu'elle admire tellement, et dont elle tombe amoureuse. Comme tous les 4 matins à priori : elle change de partenaires comme de chemises, en ayant plusieurs à la fois, ne sachant pas ce qu'elle veut, ni ce qu'elle ressent.
Une fille très compliquée que j'ai du mal à apprécier pleinement. Ses confidences très poussées me mettent parfois mal à l'aise. Elle se plaint beaucoup de ses parents, mais je trouve sa mère plutôt cool de ne pas s'offusquer de voir le linge sale familial étalé en place publique. Faites des gosses, ils vous le rendront au centuple.
Moralité : mieux vaut adopter un chat, il n'ira pas raconter dans une bd que vous ne lui avez pas donné assez de croquettes. Et il héritera de votre fortune, comme Poupette avec Lagerfeld.

04/04/2020

Maus, une biographie fascinante

Maus 2.jpgL’auteur, Art Spiegelman, raconte la vie de son père, rescapé des camps de concentration. C'est absolument fascinant. Il en ressort que ceux qui s'en sont sortis parmi l'entourage du père sont souvent les plus débrouillards, mais aussi les plus riches, qui pouvaient monnayer des vivres et passe-droit; ainsi que les moins scrupuleux, qui n'ont pas hésité à dénoncer ou voler les autres pour survivre (les kapos). Le manque de solidarité parmi les persécutés qu'il a croisés est frappant et illustre la phrase "la fin justifie les moyens". J'ai été particulièrement choquée par le cousin qui accepte les diamants des grands-parents en échange de leur liberté, mais les trahit et les envoie quand même, des membres de sa famille en plus, vers une mort certaine. 

Le roman graphique est surtout connu pour son témoignage sidérant sur les camps de concentration, mais autant que la vie de juifs traqués pendant la guerre, dont j'ai vu énormément de témoignages dans les innombrables documentaires consacrés au sujet, j'ai aussi retenu de cette biographie la personnalité ambiguë et manipulatrice du père. Ce dernier a épuisé toutes les femmes de sa vie (qui ne sont pas en moi réunies) (ma culture est phénoménale). Sa première petite amie était folle de lui, prête à tout pour lui, mais il s'en fichait royalement. Il l'a jetée du jour au lendemain, après 4 ans de bons et loyaux services, pour la remplacer par une femme qu'il venait de rencontrer, encore plus utile pour lui : issue d'une famille de commerçants très riches, elle a pu lancer sa carrière. Cette deuxième femme, la mère de l'écrivain, a fini par se suicider. Elle avait également écrit ses souvenirs de guerre, mais le père a osé jeter ce témoignage inestimable ! Sa dernière épouse, qu'il considére comme une bonne à tout faire et son souffre-douleur, finit par se barrer avant de finir elle aussi suicidaire, complètement timbrée et essorée par ce vampire.

Avec ses troubles psychiques, le père témoigne des ravages des traumatismes de guerre, de la faim et de la persécution. Toute sa vie, il reste dur, obsessionnel, paranoïaque, atrocement radin (si jamais une autre famine devait survenir). Il domine, contrôle et manipule son entourage (dans l'illusion de contrôler sa propre vie). Il a souffert, les autres doivent souffrir aussi. Comme Marthe Villalonga qui tyrannise Guy Bedos dans Nous irons tous au paradis, le père fait croire qu'il est au seuil de la mort pour que son fils, terriblement inquiet, lui rende visite ! Le père aime rabaisser sa famille, en jetant par exemple le manteau de son rejeton sans le prévenir, pour le remplacer par une blouse d'ado ridicule, alors que le fils est déjà adulte, etc. Le livre fourmille d'exemples de la personnalité perverse du père.
Un livre essentiel sur la guerre et les traumas qu'elle engendre. A lire absolument.

22/03/2020

Le doutage : journal de confinement des gueux

confinement, littérature, on va tous creverLe « Journal du confinement » de Leïla Slimani, jour 1 : « J’ai dit à mes enfants que c’était un peu comme dans la Belle au bois dormant » Leïla Slimani, Ecri - vaine.
Dans le premier article du journal qu’elle tiendra dans Le Monde, la romancière raconte sa sidération.

confinement, littérature, on va tous creverLe « Journal du confinement » de Papillote, jour 1 : « J’ai dit à mon ordi que c’était un peu comme dans Zombie » Papillote, blo - gueuse.
Dans le premier article du journal qu’elle tiendra dans Le cinéma de Papillote, la gueuse raconte sa dépression.

confinement, littérature, on va tous creverJour 1. Cette nuit, je n’ai pas trouvé le sommeil. Par la fenêtre de ma chambre, j’ai regardé l’aube se lever sur les collines. L’herbe verglacée, les tilleuls sur les branches desquels apparaissent les premiers bourgeons. Depuis vendredi 13 mars, je suis à la campagne, dans la maison où je passe tous mes week-ends depuis des années.
Pour éviter que mes enfants côtoient ma mère, il a fallu trouver une solution. Nous nous sommes séparés, sans savoir dans combien de temps nous nous reverrions. Ma mère est restée à Paris et nous sommes partis. D’habitude, nous remballons le dimanche soir. Les enfants pleurent, ils ne veulent pas que le week-end se finisse. Nous les portons, endormis, dans la cage d’escalier de notre immeuble. Mais ce dimanche, nous ne sommes pas rentrés. La France est confinée et nous restons ici.

confinement, littérature, on va tous creverJour 1. Cette nuit, je n'ai pas trouvé le sommeil. Par la fenêtre de mon studio, j'ai regardé midi continuer sur la rue. Le trottoir dégueulasse, les échafaudages sur les branches desquels apparaissent les premières fientes de pigeons. Depuis vendredi 13 mars, je suis encore à Paris, dans le 20 mètres carrés où je passe toutes mes journées depuis des années.
Pour éviter que je côtoie ma mère, il a fallu trouver une solution. Nous avons continué à ne pas nous voir, sans savoir dans combien de temps nous nous reverrons. Ma mère est restée dans sa cambrousse et je suis restée à Paris. D'habitude, je suis chez moi le dimanche soir. Je pleure, je ne veux pas que le week-end se finisse. Je me porte, déprimée, de la chaise de bureau au lit 40 cm à côté. Mais ce dimanche, je ne suis encore pas sortie. La France est confinée et je suis restée ici.

confinement, littérature, on va tous creverTout s’est arrêté. Comme dans un jeu de chaises musicales. Le refrain s’est tu, il faut s’asseoir, ne plus bouger. Un, deux, trois, soleil. Tu as perdu, il faut recommencer. D’un coup, le manège a cessé de tourner.
Il y a une semaine, je faisais encore la promotion de mon dernier roman. Je me réjouissais de rencontrer des lecteurs dans les librairies de France. Certains disaient,
« Je vous fais la bise, ça n’a jamais tué personne », et d’autres se moquaient de moi quand je refusais les selfies ou les poignées de main. « On ne va quand même pas croire à ces conneries », ai-je entendu. Il faut bien y croire puisque c’est là, puisque nous voilà cloîtrés, calfeutrés. Puisque jamais l’avenir n’a paru aussi incertain.

confinement, littérature, on va tous creverNon non rien a changé, tout a continué. Le manège enchanté, tournicoti Tournicoton, moi je suis Pollux et je tournicote en rond.
Il y a une semaine, je faisais encore des examens pour ma dernière maladie. Je me réjouissais de rencontrer des docteurs dans mon hôpital parisien. Certains disaient "
je ne vous serre pas la main, ça pourrait vous tuer" et d'autres se moquaient de moi quand je refusais les poignées de main: "c'est sûr qu'avec ce que vous avez et votre boulot, vous allez choper cette connerie !" ai-je entendu. Il faut bien y croire puisque c’est là, puisque nous voilà cloîtrés, calfeutrés. Puisque jamais l’avenir n’a paru aussi incertain.

confinement, littérature, on va tous creverNous sommes confinés. J’écris cette phrase mais elle ne veut rien dire. Il est 6 heures du matin, le jour pointe à peine, le printemps est déjà là. Sur le mur qui me fait face, le camélia a fleuri. Je me demande si je n’ai pas rêvé. Ça ne peut pas être. Cela ressemble aux histoires qu’on invente à Hollywood, à ces films que l’on regarde en se serrant contre son amoureux, en cachant son visage dans son cou quand on a trop peur. C’est le réel qui est de la fiction.

confinement, littérature, on va tous creverNous sommes cons-finis. J’écris cette phrase mais elle ne veut rien dire. C'est une barbarité, je trouve ça tout à fait bouleversif. Je ne sais pas, je ne sais plus. Il est midi, le jour est bien entamé, il paraît que le printemps est déjà là. Sur le mur qui me fait face, l'échafaudage est désert. Je me demande si je n’ai pas rêvé. Ça ne peut pas être, enfin plus de travaux en permanence, plus de bruits insupportables. Cela ressemble aux histoires qu’on invente à Hollywood, à ces films que l’on regarde en se serrant contre sa bouillotte, en cachant son visage sous la couette quand on a trop peur. C’est le réel qui est de la fiction.

confinement, littérature, on va tous creverJ’aime la solitude et je suis casanière. Il m’arrive de passer des jours sans sortir de chez moi et quand je suis en pleine écriture d’un roman, je m’enferme pendant des heures d’affilée dans mon bureau. Je n’ai pas peur du silence ni de l’absence des autres. Je sais rester en repos dans ma chambre. Je ne peux écrire qu’une fois mon isolement protégé. Le confinement ? Pour un écrivain, quelle aubaine ! 

confinement, littérature, on va tous creverJ’aime la solitude et je suis casanière. Il m’arrive de passer des jours sans sortir de chez moi parce que personne ne m'invite, et quand je suis en pleine écriture d’un roman que personne ne lira jamais, je m’enferme pendant des heures d’affilée dans mon studio. Je n’ai pas peur du silence ni de l’absence des autres. Mais je ne sais pas rester en repos dans ma chambre plus de 3 heures. Je ne peux écrire qu’une fois mon isolement contraint. Le confinement ? Pour un écrivain dans une grande maison en famille à la campagne, quelle aubaine ! Pour un nerveux hyperactif coincé seul dans un petit studio à Paris, quelle plaie !

Le doutage, un journal de confinement bouleversif, à suivre.

 

02/02/2020

Bilan "je suis culturée" de décembre et janvier

le jeu.jpg2 films au ciné :
- Star wars épisode 238 (voir mon article en lien)
- Vivarium de Lorcan Finnegan (sortie le 11 mars)

11 Comédies françaises :
- Le grand bain de Gilles Lellouche, 2018
- Le jeu de Fred Cavayé, 2017
- Un air de famille de Cédric Klapisch, 1996
A l'époque de sa sortie, on me répétait que j’étais le sosie d'Agnès Jaoui. Je confirme 25 ans après que je suis toujours l'insolente anti conformiste de la famille :
" Je tiens tête à cet enculé qui emmerde tout le monde au boulot et voilà comment il me remercie !
- Mais comment peux-tu être aussi vulgaire?
- 0n peut être extrêmement vulgaire sans dire un seul gros mot. Là tu vois, comme tu viens de traiter le serveur, et comme tu traites ton fils... J'appelle ça être vulgaire."

- Un petit boulot de Pascal Chaumeil, scénario Michel Blanc, 2016
petit boulot.jpg- De vrais mensonges de Pierre Salvadori, 2010
- Hors de prix de Pierre salvadori, 2006

- 2 days in Paris de Julie Delpy, 2007
- 2 days in N-Y de Julie Delpy, 2012
Dans le premier, l’héroïne (incarnée par l'actrice réalisatrice) photographe Française qui s'est installée aux États-Unis, revient pour les vacances à Paris et présente son compagnon Américain à ses parents. tout le sel du film tient dans le choc des cultures, la personnalité cocasse de la famille (le père étant réellement celui de Julie Delpy) et l'aspect autobiographique. La scène du chat Jean-Luc trop nourri (au foie gras !) par la mère me rappelle tellement la mienne qu'à l'époque, j'avais conservé l'extrait sur mon dvd enregistreur !Dans le second film, cette fois-ci ce sont les parents qui rendent visite à leur fille. 2 days in Ny me paraît moins drôle et original que le premier opus. On peut également reprocher aux films leur côté ultra bobos branchés.

- Le cerveau de Gérard Oury, 1969
Who's got a computer for a mind ? The brain ! Who's got a IQ like a Einstein ? The brain ! Ecoutez en lien la géniale musique de Georges delerue, interprétée par American breed.

- Les tontons flingueurs de Georges Lautner, 1963
Il connaît pas Raoul ! Bien sûr que si ! Un classique aux répliques cultes qu'on ne présente plus.

- La femme de mon pote de Bertrand Blier, 1983
 
10 Comédies américaines :
after hours.jpg- After hours de Martin Scorsese, 1985
- Annie Hall de Woody Allen, 1977
- Man on the moon de Milos Forman 1989
- Indiscrétions de George Cukor, 1947
- Love and friendships adaptation de Lady Susan de Jane Austen, de Whit Stillman, 2016
- Crazy, stupid, love de John Requa, 2011 (voir ma critique en lien)
- Comment tuer son boss de Sean Anders, 2011
- Yes man de Peyton Reed, 2009
- Sans Sarah, rien ne va de Nicholas Stoller, 2008
- The holiday de Nancy Meyers, 2006

4 Drames :
lobster.jpg- The lobster de Yórgos Lánthimos, 2015
Faites ici le test pour savoir comme dans le film en quel animal vous pourriez être transformé si vous finissez célibataire. Le test a conclu chouette (curieux et sage) corbeau (très intelligent) ou colombe (gentil). J'ai choisi chouette♥.
- Mise à mort du cerf sacré de Yórgos Lánthimos, 2017
- Vox lux de Brady Corbet, 2018
- A star is born de Bradley Cooper, 2018

3 Horreur :
chernobyl.jpg- Get out de Jordan Peele, 2017
- Us de Jordan Peele, 2019
- Insidious, la dernière clé de Adam Robitel, 2018

20 Documentaires :
Détails à suivre

6 Séries :
Coups de cœur :
- Chernobyl
irresponsable.jpg- Irresponsable
- Platane

- The office saison 5
- Nu
- Home for christmas

3 Livres :
- Femmes de dictateur de Diane Ducret
- Agir et penser comme un chat de Stéphane Garnier
- Ma vie avec Virginia de Leonard Woolf

1 expo :
- Vampires, de Dracula à Buffy, la cinémathèque

20/01/2020

Jean-Claude Romand, le roman d'un menteur

romand.jpgJean-Claude Romand, le narcissisme criminel, de Denis Toutenu et Daniel Settelen.
Pour fêter la grande nouvelle de ce début d'année, le retour de Faites entrer l'accusé♥, la meilleure émission juridique de la télé française, quoi de mieux qu'évoquer l'affaire Romand. De toutes les histoires criminelles, celle-ci reste ma préférée, elle
m'a toujours fascinée. Je me souviens des reportages télé de l'époque, puis d'avoir lu le formidable L'adversaire d'Emmanuel Carrère, d'avoir vu le faites entrer l'accusé sur le sujet (à voir en lien), le documentaire Le roman d'un menteur (en lien) et les films sur l'histoire (L'emploi du temps etc)... Il ne me restait plus que le témoignage des psys qui ont interrogé le criminel dans cet ouvrage.

romand famille.jpgRomand porte bien son nom : sa vie est un roman. Comment peut-on mentir à tous pendant 20 ans ? Ce personnage hors du commun voulait être médecin pour séduire la femme qu'il aime, mais il rate sa première année. Plutôt que d'assumer sa défaite, il fait croire qu'il a réussi. Qu'il poursuit ses études, devient docteur, et puis carrément membre de l'OMS... Quitte à mentir pour se la péter, autant revendiquer directement le poste le plus prestigieux.

Pour obtenir le train de vie digne de son prétendu rang, il escroque ses proches, parents, beaux-parents, leur faisant croire à des placements miraculeux en Suisse. Il va même jusqu'à profiter de la détresse de malades en fin de vie, en leur vendant à prix d'or un prétendu nouveau médicament anti-cancer pas encore sur le marché.  Sa famille pense qu'il voyage partout dans le monde ou fait des conférences avec Kouchner (soi-disant un intime), mais il passe en réalité sa vie sur des parkings et des bibliothèques. A combler ses journées en se plongeant dans les livres, il obtient ainsi un vrai savoir médical qui impressionne ses amis devenus de vrais médecins eux, dont un cardiologue qui déclare "à côté de gens comme ça, on se sent tout petit".

Quand ses proches ont enfin des soupçons (après 20 ans, il était temps !) ou réclame leur argent, comment avouer qu'il leur a menti, qu'il n'est pas le grand chercheur de l'OMS qui épate la galerie, mais un chômeur au RSA criblé de dettes ? Impossible, alors il les zigouille (ou tente de le faire). Femme, enfants, parents, beaux-parents, maîtresse, et même le chien (oh non, pas lui !)

Une étude de première main puisqu'elle est écrite par les psys chargés de conclure si Romand était apte à être jugé. On sent que les auteurs ont été affectés et surpris par ce criminel hors-norme. Romand raconte les faits sordides avec une froide précision, avec un regard extérieur, comme s'il ne parlait pas de lui. Il est arrogant, établit lui-même son diagnostic, se veut plus compétent que les professionnels. Il se pose en victime, il n'est pas quelqu'un qui a commis des crimes atroces, mais quelqu'un à qui il est arrivé des choses effroyables.
Après cette étude de personnalité, les psy ont considéré que Romand pouvait comparaître devant une cour d'assises. Il n'est pas fou, "juste" ultra narcissique, son image comptait plus que tout pour lui. Sans réelle personnalité, il ne vivait que pour le paraître, l'idéal qu'il renvoyait. Il pensait qu'être riche, avoir un haut statut social, fréquenter des gens hauts placés (Kouchner) prouvaient sa réussite et sa grandeur.
Il entretenait un sentiment de toute puissance, dû en partie à une enfance choyée par des parents qui ont eu tard cet enfant unique, et l’ont vu comme un miracle. Romand se devait d'être le meilleur, avoir la + belle femme, les + beaux enfants, une grande maison, une carrière prestigieuse. Même pour ce bilan psychologique, sa première question sera de demander aux experts et auteurs de ce livre s'ils viennent de Paris, et il sera déçu d'apprendre qu'ils ne sont "que" Lyonnais. La capitale concentre forcément les meilleurs (reste de la France = province = ploucs). Le caractère exceptionnel de son crime et sa médiatisation continuent d'entretenir son égo : grâce à son crime, il est au centre des projecteurs, il brille.

Ultra narcissique, les autres n'avaient pas pour lui d'existence propre : ils n'étaient là que pour lui être utile (donner de l'argent) et entretenir son image (ses beaux enfants), pour faire pâlir d'envie les voisins et prouver qu'il était admirable. Il voyait ses proches comme une extension de lui-même : en les tuant, puis en brûlant sa belle maison, il s'est tué lui-même. Il ne pouvait pas s'imaginer que sa famille pourrait vivre sans lui et subir la honte de n'être rien. Car sans argent, sans prestige, on est rien pour lui. Mais paradoxalement, Romand admet que c'est en tuant ses proches et l'image qu'il leur renvoyait qu'il a pu devenir lui-même, ne plus vivre dans le mensonge.
Il n'avait pas vraiment de personnalité, il a fait ce qu'on attendait de lui. Ses parents et sa copine le voyaient brillant médecin, il a fait croire qu'il l'était devenu. Surprotégé, peu armé pour le monde (un bizutage au réputé lycée du Parc l'a traumatisé et fait abandonner ses premières études) il s'est crée un monde imaginaire plutôt que d’affronter la réalité. Avec sa tête de nounours inoffensif, on le trouvait insoupçonnable, gentil et serviable, mais il a tué ou tenté de le faire, froidement, 6 personnes. Pendant que sa femme qu'il a assommé avec un rouleau à pâtisserie gisait sur leur lit, il a regardé un dessin animé avec ses enfants (avant de les tuer à leur tour).

Romand est un grand mythomane et manipulateur. Alors qu'il est étudiant, sa petite amie, future épouse, future victime, le largue. Pour la récupérer, il prétend qu'il a réussi médécine et lui fait miroiter un avenir rempli de richesses à ses côtés. Surtout, il l'apitoie en lui faisant croire qu'il a un cancer. Elle ne peut tout de même pas larguer un homme dans un tel état, c'est inhumain ! Il refuse de parler de sa maladie, se rend seul à l'hopital : il paraît ainsi digne et fort, endurant seul cette épreuve. La petite amie admire ce courage et accepte de devenir sa femme. 
Quand les gens posent des questions, il détourne leurs pensées en réactivant son prétendu cancer quand ça l'arrange :
" Au fait chéri, c'est quand que tu m'invites à voir ton bureau de l'OMS ?
- Aïe j'ai mal, je vais plutôt rester ici, j'ai mon cancer qui revient !
- Je ne vais pas te fatiguer avec mes questions, repose-toi !"

En prison, Romand s'est tourné vers la religion, pour vivre encore dans l'illusion d'un homme bon et simplement victime et martyr. Il dispensait ses généreux conseils de médecin. Après 25 ans derrière les barreaux, il a été libéré en avril 2019, et depuis il vit dans un... monastère. 

12/01/2020

Bilan lecture de 2019 : 75 livres

littérature,biographies,bdToujours une majorité d'histoires vraies, avec environ 75 ouvrages cette année, et certainement davantage (si mémé Alzheimer ne note pas le jour même, j'oublie). En reprenant ma liste de 2019, je m'interroge : "j'ai lu ça ? mais c'est quoi ?" Par exemple, j'ai simplement écrit  "les pervers narcissiques" sans prendre la peine de donner l'auteur ni le titre complet, pensant sans doute que j'allais m'en souvenir. Eh bien non.
Désormais j'essaie de recopier des extraits des livres pour en laisser une trace. Avant, j'avais la flemme, ou l'essai me semblait si pertinent que je n'allais pas le retranscrire en entier, alors je prenais des photos des meilleures pages. Mais j'ai dû changer de téléphone, et je ne savais pas que les images n'étaient pas automatiquement transférées sur le nouveau portable. J'ai donc perdu la majeure partie des citations. Je mérite donc bien mes trois surnoms : mémé Alzheimer, mémé nulle en nouvelles technologies, et Gaston.

20 Psy :
littérature, biographies, BDCoups de cœur :
- Psychologie de la connerie de Jean-François Marmion
- Jean-Claude Romand, le narcissisme criminel

Boris Cyrulnik :
- Les vilains petits canards
- Autobiographie d'un épouvantail
- La nuit, j'écrirai des soleils
- Sauve toi, la vie t’appelle

Humour :
- La santé psychique de ceux qui ont fait le monde de Patrick Lemoine (pas très pointu mais marrant, notes conservées)
- Le Lacan dira-t-on, guide français-lacanien de Corinne Maier
- Le divan, c’est amusant de Corinne Maier

Les gens, c'est des méchants :
- Le drame de l'enfant doué d'Alice Miller (juste le souvenir que c'est bien, mais pas vraiment du contenu. Surtout que je l'ai déjà lu car c'est un classique. Notes perdues)
- Le vrai drame de l'enfant doué (le fils qui raconte la vie de sa mère et qui prouve encore que les cordonniers sont les + mal chaussés : Alice Miller a passé sa vie à défendre les enfants contre des mères odieuses, mais elle en était une elle-même... Notes perdues)
- Les pervers narcissiques (aucun souvenir, notes perdues)
- Les paroles perverses, les reconnaître, s’en défaire de Robert Neuburger (NOTES CONSERVÉES ! ça mérite d'être clamé en capitale)
- Psychologie du bien et du mal de Laurent bègue (aucun souvenir, notes perdues)
- 16 cas cliniques en psychopathologie de l’adulte de N.Dumet, J Ménéchal (aucun souvenir, notes perdues)

Les filles, c'est trop compliqué :
littérature, biographies, BD- Beauté fatale de Mona Chollet
- King-kong théorie de Virginie Despentes
- La femme seule et le prince charmant de Jean-Claude Kaufmann (pas la peine de l'écrire en entier : ASNP)
- Pourquoi les hommes adorent les chieuses de Sherry Argov (ASNP)

Déception :
- L'âme et la vie de Jung

6 Société :
Coup de coeur :
littérature, biographies, BD- Vu en amérique, bientôt en France de Géraldine Smith

- Juste après dresseuse d'ours de Jaddo (quotidien d'une médecin)
- Les éditocrates ou comment parler de (presque) tout en racontant (vraiment) n’importe quoi
- Les éditocrates 2 (Zemmour, Fog, Polony, Plantu...)
- Ceci n’est pas une lettre de candidature de Corinne Maier 
- L'amour sous algorithme de Judith Duportail (enquête sur Tinder)

5 Affaires criminelles :
-Le crime des sœurs Papin, les dessous de l’affaire d'Isabelle Bedouet
littérature, biographies, BD- La séquestrée de Poitiers d'André Gide
- Femmes fatales, les criminelles approchées par un expert de Michèle Agrapart-delmas
- L’assassinat du docteur Godard de Eric Lemasson
- Jean-Claude Romand, le narcissisme criminel de Denis Toutenu et Daniel Settelen

33 BD et romans graphiques :
Biographies :
Coups de coeur :
littérature, biographies, BD- Maus de Art Spiegelman
- L'arabe du futur de Riad Satouff
- Tant pis pour l'amour ou comment j'ai survécu à un manipulateur

Corinne Maier :
- Marx
- Einstein
- Freud 

Alison Bechdel :
littérature, biographies, BD- Fun home 
- C'est toi ma maman ?

- Révolution de Younn Locard et Florent Grouazel 

Riad Sattouf :
- L'arabe du futur, tome à 4
- Les cahiers d’esther, tome 1 à 3
littérature, biographies, BD- La vie secrète des jeunes 
- Les pauvres aventures de Jérémie

Marc Dubuisson :
- Ad absurdo, tome 1 à 3
- Les grands moments de solitude de Michael Guérin
- Amour djihad et rtt
- La nostalgie de Dieu, l’intégrââl  (livre 2 : le complexe de dieu, 3 : le retour de dieu)
- Sexe fort en péril

Allan Barte :
littérature, biographies, BD- Petit illustré des gros clichés d’Hollywood
-
Le journal du lutin, tome 1 et 2

Jirô Taniguchi :
- Quartier lointain
- Le journal de mon père
- Le gourmet solitaire
- Un ciel radieux

littérature, biographies, BD- Moi ce que j'aime, c'est les monstres de Emil Ferris
- Blueberry (13 premiers tomes)
- Modeste et pompon de Franquin, tome 1 à 4
- Le retour à la terre de Manu Larssinet, 5 tomes

Bd sciences :
Coup de coeur :
- Dans la combi de Thomas Pesquet de Marion Montaigne

- Tu mourras moins bête, tome 4
- Darwin, 2 tomes
- Le syndrome de l'imposteur de Claire Le Men (parcours d'une interne en psychiatrie)
- L'incroyable histoire des objets de tous les jours 
- Mars horizon de Florence Porcel et Erwann Surcouf

3 Biographie cinéma :
littérature, biographies, BD- Belmondo, mille vies valent mieux qu'une
- Louis de Funès, Le berger des roses
- Jean Rochefort, Ce genre de choses

7 Romans :
Coups de coeur :
- La femme rompue de Simone de Beauvoir
- L'invention de la solitude de Paul Auster

- Léviathan de Paul Auster
- Soumission de Michel Houellebecq
- La maison hantée de Shirley Jackson
- Les furies de Lauren Groff
- Les coups de Jean Meckert

 Et vous, quelle lecture vous tenterait ? Quels livres vous ont marqué en 2019 ?



04/12/2019

Bilan je suis culturée de novembre

joker.jpg2 films au cinéma :
- Joker de Todd Phillips 
- Tout peut changer : et si les femmes comptaient à Hollywood ? Documentaire, sortie le 8 janvier

10 films Canal+/OCS/ Netflix :

4 Comédies :
Coup de cœur : En liberté ! de Pierre Salvadori, avec Pio Marmaï

- L'emmerdeur d'Édouard Molinaro, 1973
- 4 mariages et un enterrement de Mike Newell, 1994
- Tout ce qui me reste de la révolution de Judith Davis, 2019

2 S.F / drame :
Coup de cœur :  Her de Spike Jonze (voir mon article en lien)
- Pandora d'Albert Lewin, avec Ava Gardner, 1951

2 Aventures :
Coup de cœur : The lost city of Z de James Gray, 2016
- Jungle de Greg McLean avec Daniel Radcliffe, 2017

2 Horreur :
- Evil Dead de Sam Raimi, 1981
- Lake placid  de Steve Miner, 1999

7 Documentaires :
Coups de cœur : 
- Mary Shelley, le funeste destin du docteur Frankenstein disponible sur Arte jusqu'au 18/02 (en lien)
- Lino Ventura, la part intime
- Les enfants maudits, dispo sur France 2 replay jusqu'au 20/12 (en lien)
Au début du 20è siècle en France, l'assistance publique n'existe pas. Les enfants orphelins, ou tout simplement qui déçoivent leur famille (le père voulait que le fils reprenne son étude de comptable, l'enfant voulait être écrivain) sont envoyés en... prison, dès l'âge de 7 ans ! Avec interdiction de faire de parler et même de croiser le regard d'un autre enfant lors des rares sorties de cellule (pour la messe hebdomadaire, les gosses portent des sacs sur la tête car "la violence se transmet par le regard pernicieux"). Seule activité autorisée : l'écriture, seul dans sa cellule. Des lettres de ces prisonniers malgré eux ont été retrouvées. Elles sont magnifiques et bouleversantes. Documentaire à voir absolument. 

- Elles ont brisé les codes, femmes en quête de liberté (3e volet : les femmes bien nées et le déterminisme social) dispo sur France tv replay jusqu'au 5/12 (en lien)
- L'affaire Néron, autopsie d'un mythe
- Saint Louis, le roi dispersé
- Raspoutine, meurtre à Saint-Pétersbourg, dispo sur arte replay jusqu'au 15/12

4 Séries :
tantPisPourLamour.jpg- La guerre des mondes
- Maniac
- Plan cœur
- Projet Blue book

2 expos :
Coup de cœur : De l'amour, Palais de la découverte, jusqu'au 30 août 2020
- Toulouse-Lautrec, Grand palais, jusqu'au 27/01

1 concert :
J'ai raté celui de Beirut (annulé) et Calexico (complet)
Musique classique au piano, Rachmaninov et Tchaïkovski.

7 livres :
Coup de cœur :
- Tant pis pour l'amour ou comment j'ai survécu à un manipulateur de Sophie Lambda
Psy :
- Le drame de l'enfant doué, Alice Miller
- La santé psychique de ceux qui ont fait le monde de Patrick Lemoine

Société
- Juste après dresseuse d'ours
, Jaddo (le quotidien d'un médecin)
- L'amour sous algorithme de Judith Duportail (sur Tinder)
1 Biographie :
- Darwin, 2 tomes : A bord du Beagle et L'origine des espèces
1 roman :
- Soumission de Michel Houellebecq


 

25/11/2019

Kidding : Jim Carrey, le clown triste

kidding clown.jpgAtteint par une profonde dépression, Jim Carrey souhaitait interrompre sa carrière. Michel Gondry, qui l'a auparavant dirigé dans le magnifique Eternal sunshine of a spotless mind, l'a convaincu de revenir devant les écrans, en sublimant son mal-être. En effet, dans Kidding, l'acteur incarne un créateur d’émission pour enfants qui ne parvient plus à animer joyeusement ses marionnettes depuis la mort accidentelle de son fils et la séparation avec sa femme que cette épreuve a engendrée.
Kidding permet à Jim Carrey de dépasser son état dépressif et d'exprimer l'étendue de son talent et de sa sensibilité : il chante, joue de la guitare, fait rire les autres pour oublier sa peine, comme il l'a toujours fait, par exemple dans Yes man. C'est un grand acteur, un performer que j'estime beaucoup. Le revoir si dévasté dans Kidding, les rides marqués, les yeux embués, m'a beaucoup émue.
La créativité  et la sensibilité de Jim Carrey s'accordent à merveille avec celles de Gondry, qui nous épate toujours autant avec ses univers enfantins. Les décors de l'émission sont empreints d'une poésie revigorante et rappellent ceux de La science des rêves où Gael Garcia Bernal♥ fuyait la réalité en créant lui aussi une émission.
Jim Carrey est entouré d'acteurs à sa démesure : Catherine Keener, déjà frappadingue dans le délirant Dans la peau de John Malkovich de Spike Jonze. Frank Langella, aussi paternaliste que dans The americans, Judy Greer, qui rejette aussi son mari dans Jeff who lives at home... A voir.
Jim Carrey, ce clown triste, exprime parfaitement les propos de Boris Cyrulnik♥ sur la résilience et la création, ici dans son livre Les vilains petits canards :

kidding.jpg"Le talent suprême consiste à exposer son malheur avec humour.  Il y a dans l’humour une intention thérapeutique qui ressemble un peu à la fonction du déni : faire croire, pour se faire croire que ce n’est pas si grave. Ce leurre est une falsification créatrice qui met la douleur à distance. Si je parviens à mettre en scène la tragédie qui me torture, si je vous arrache un sourire, je cesserai de jouer le rôle navrant du pauvre petit et de donner l’image de la victime. En vous invitant à participer à un sourire, nous nous lierons comme nous lient les émotions partagées.
Le sujet sait bien que le traumatisme est grave mais en le disant sur un ton léger, au moins il peut le dire et renouer avec ses proches : « je ne les embête pas avec mon tracas, au contraire, je les amuse et les intéresse, ce qui me revalorise puisque je deviens celui qui égaye et intrigue. En vous faisant sourire, j’agis sur ma souffrance et je transforme mon destin en histoire. Voilà, ça m’est arrivé, j’ai été blessé, mais je ne veux pas faire ma vie avec ça, me soumettre au passé. En en faisant une représentation belle, intéressante et gaie, c’est moi qui maintenant gouverne l’effet que je vous fais. En modifiant l’image que vous avez de moi, je modifie le sentiment que j’éprouve en moi. »

Créer signifie « faire naître du néant ». Face au néant, quels sont nos choix ? Ou bien on se laisse fasciner, happer par le vertige du vide jusqu’à en éprouver l’angoisse de la mort, ou bien on se débat et on travaille à remplir ce vide. (…) C’est l’énergie de l’espoir qui nous stimule et nous contraint à la création. (...)
Freud, Joyce, Pascal, Proust, Hugo n’ont osé devenir créatifs qu’après la mort de leur père, le douanier Rousseau après celle de sa femme ; et Montaigne après celle de son ami la Boétie. L’orphelinage et les séparations précoces ont fourni une énorme population de créateurs : Balzac, de Nerval, Rimbaud, Zola, Baudelaire, Dumas, Stendhal, Maupassant, Loti, Sand, Dante, Tolstoï, Voltaire, Dostoïevski, Kipling… Et même la maladie physique contraint à la créativité quand le sentiment d’être diminué provoque la rage de vaincre. Alfred Adler avait bien compris ça au cours de sa propre enfance quand faible et rachitique, il avait décidé de devenir médecin pour lutter contre la mort. Adulte, il en a fait une théorie générale : toute faiblesse peut être compensée et un enfant difficile, mal socialisé, peut transformer cette négativité quand son milieu lui propose un but social."
Et faire rire les autres en devenant comédien comme Jim Carrey !

 

19/11/2019

Le quiz de novembre

quiz, quiz culture générale1 ) Pourquoi la tour de Pise est-elle penchée ?
a) Le sol qui la soutient est instable
b) Son architecte l'a conçue ainsi
c) Elle a été endommagée par un séisme au 16è siècle
d) Papillote, Gaston Lagaffe et Pierre Richard sont passés par là

2) Associez ces premières phrases de romans à leurs auteurs :
a) "Un jour, j’étais âgée déjà, dans le hall d’un lieu public, un homme est venu vers moi. Il m’a dit : « Je vous connais depuis toujours. Tout le monde dit que vous étiez belle lorsque vous étiez jeune, je suis venu pour vous dire que je vous trouve plus belle maintenant, j’aimais moins votre visage de jeune femme que celui que vous avez maintenant, dévasté." ("visage dévasté" ? C'est censé être un compliment ?)
b) "Longtemps, je me suis couché de bonne heure." Pas comme Papillote.
c) "Doukipudonktan, se demanda Gabriel excédé."
d) "Toutes les familles heureuses le sont de la même manière, les familles malheureuses le sont chacune à leur façon."

A) A la recherche du temps perdu tome 1, Du côté de chez Swann de Marcel Proust
quiz, quiz culture généraleB) L'amant de Marguerite Duras
C) Anna Karénine de Léon Tolstoï
D) Zazie dans le métro de Raymond Queneau
 
3) Qui est Robert Zimmerman ?
a) Robert Smith
b) Robbie Williams
c) Bob Dylan
d) Boby Lapointe
e) Papillote (je suis un homme, je suis un homme, quoi de plus naturel en somme)
 
4) Associer ces tableaux à leurs auteurs :
a) Femme à l'ombrelle
b) La persistance de la mémoire
c) La nuit étoilée
 
A) Van gogh
B) Claude Monet
C) Salvador Dali
 
5) Comment s'appelle le barde qui chante faux dans Astérix ?
a) Abraracourcix
b) Assurancetourix
c) Papillotix
 
A vous de jouer ! Réponses bientôt