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05/04/2021

Bilan je suis culturée de mars

dark waters.jpg21 FILMS :

D'après une histoire vraie :
A voir absolument :
- Dark waters de Todd Haynes, Mycanal, 2019
Très bien :
- BlacKKKlansman : j'ai infiltré le Ku Klux Klan de Spike Lee, Mycanal, 2018
- Official secrets de Gavin Hood, 2019, Mycanal
Pas mal :
- L'ombre de Staline d'Agnieszka Holland, Mycanal, 2020
- The spy de Jens Jonsson, Mycanal, 2019
- Le coupable idéal de Mikael Hafstrom, Mycanal, 2020

Fantastique
Coup de coeur :
llorona.jpg- La llorona
de Jayro Bustamante, Mycanal, 2020

Science-fiction
Bien :
- Freaks de Zach Lipovsky et Adam B. Stein, 2019
- Oblivion 
de Joseph Kosinski, 2013

Comédies
Coup de coeur :
- En liberté ! de Pierre Salvadori, France2 2017
Bien :
- Rebelles d'Allan Mauduit, 2019, Mycanal
- Les simpson, le film, de David Silverman, Disney+, 2007
Pas mal :
- La bonne épouse de Martin Provost, Mycanal, 2020
- Un jour peut-être d'Adam Brooks, Mycanal, 2008

Thriller :
Bien :
rebelles film.jpg- La fille au bracelet de Stéphane Demoustier,  Mycanal, 2020
Pas mal :
- Lucky strike
de Yong-Hoon Kim (corée du sud) OCS, 2020
- L'amant double de François Ozon, France 2, 2017
- Brooklyn affairs d'Edward Norton, Mycanal, 2019

Drame/romance :
Bien :
- Angel de François Ozon, 2017
Pas mal :
La fin d'une liaison de Neil Jordan, 1999
The nest de Sean Durkin, 2020

4 SERIES :

Coups de coeur :
- Strike saison 1 et 2 adapté de J.K Rowling
- Calls saison 1 à 3
Pas mal :
- The misfits
Abandonnée en cours :
- Wanda vision 

4 LIVRES :

cinéma,série,littératureCoups de coeur :
- Unorthodox de Deborah Feldman
Bien :
- La civilisation du poisson rouge de Bruno Patino
Pas mal :
- Apparitions de Guy de Maupassant
- Yvette de Guy de Maupassant

17 DOCUMENTAIRES :
relire ici

Coups de cœur, à voir absolument :
- Les damnés de la commune , arte.tv, jusqu'au 20 mai
- Allen vs Farrow, sur OCS
- Tout peut changer : et si les femmes comptaient à Hollywood, Mycanal

 

13/03/2021

La nuit, j'écrirai des soleils

nuit soleil.jpgBoris Cyrulnik a popularisé le concept de résilience. J'apprécie sa douceur et son optimisme. J'ai lu quasiment tous ses livres, mon préféré reste "autobiographie d'un épouvantail".
Ce dernier ouvrage promettait de me plaire : le neuropsychologue constate que la majorité des écrivains, surtout du 19e, étaient orphelins. Il en conclut que l'art a transcendé leur manque. L'écriture leur a aussi permis de sortir de l'isolement, en créant une communion d'émotions partagée par les lecteurs.
C'est justement un constat que j'ai fait jeune, en lisant les biographies en postface de mes livres scolaires. Je me disais qu'un jour, si j'ôtais mon poil dans la main (à ce niveau on peut carrément parler d'un cheveu de Raiponce) je ferais des recherches pour le démontrer. Cyrulnik a bossé à ma place, ouf. 

L'avantage et l'inconvénient à la fois, c'est qu'il se répète, à travers toute son œuvre mais aussi dans le même bouquin. Par exemple, dans un précédent livre (je ne sais plus lequel), il citait un enfant qui réussit à se cacher lors d'une rafle allemande. Dans son autobiographie, il raconte encore cet épisode, mais en avouant que cet enfant, c'était lui, sans dire qu'il l'avait déjà révélé anonymement.
Cyrulnik ne manque ni de cohérence ni d'organisation, mais il a tellement peur de ne pas être compris du grand public en expliquant des concepts psy (attachement secure/insecure, résilience, etc...) qu'il reformule ses phrases (j'ai le même souci). Comme j'ai la mémoire qui flanche, je me souviens plus très bien, ce procédé m'arrange, mais Boris devrait peut-être consulter un confrère pour ce problème de radotage.

J'ai pris 6 pages de notes sur le bouquin. Je vous en livre 2, en 2 parties. J'ai regroupé les extraits qui traitent de l'écriture, en enlevant ceux qui détaillent les concepts psys. Je n'ai pas suivi l'ordre du livre, car parfois, l’auteur parle d'un sujet, puis d'un autre, pour revenir plus loin sur le premier thème. 

Besoin du manque pour créer :

p 85 : " Le manque aiguillonne le plaisir de vivre, c'est dans le noir qu'on espère la lumière. Sous la pluie on attend le soleil, en prison on rêve de liberté. "Ecrire pour sortir de prison ou pour oublier qu'on n'a pas de famille" dit l'écrivain T. Ben Jelloun. Que voulez-vous écrire quand on est aimé par de braves gens, qu'on se routinise à l'école, quand on gagne sa vie avec un petit boulot ? Rien. Rien à dire, rien à écrire. Normal quoi. rien.
Sans manque, nous n'aurions rien à créer. Sans rêves, nous serions inertes. Notre existence ne serait qu'un vide, un non sens pire que la douleur.

p 133 : "Quand il n'y a pas d'autre à aimer, on se replie sur soi. Mais quand on aime un autre et qu'il vient à manquer, il faut des mots pour combler le vide. Cela explique pourquoi "la fréquence de l'orphelinage ou des séparations précoces dans les populations créatives est un fait frappant". (André Haynal, dépression et créativité)
Vite, un récit pour évoquer ce qui a disparu. Sur 35 écrivains français les plus célèbres du 19e, 17 ont subi une perte, mort ou séparation d'un ou des deux parents. Balzac, Hugo, Rimbaud, Dumas, Maupassant mais aussi Baudelaire, Rousseau, Poe, Voltaire, Dostoïevski... Plus tard, Mallarmé, Sartre, Cocteau, Genet...
Les récits qu'on construit pour remplir ce vide créent un sentiment d'existence, malgré tout."

p 111 : "Un deuil est une perte douloureuse qui contraint à la créativité. "
Une création naît de l’absence, c'est ainsi qu'elle parvient à tisser des liens invisibles.
p 296, conclusion : "Je ne suis plus seul au monde, les autres savent, je leur ai fait savoir. En écrivant j'ai raccommodé mon moi déchiré ; dans la nuit, j'ai écrit des soleils."

01/03/2021

Bilan "je suis culturée" semaine 8

cinéma, littérature, séries6 FILMS :
Coup de coeur :
- The thing de John Carpenter, 1982
Bien :
- I see you d'Adam Randall, 2019 
- Le temps de l'innocence de Martin Scorsese, 1993
- Raccrochez, c'est une erreur de  Anatole Litvak, 1948, Arte
Biopic :
- Radioactive de Marjane Satrapi, 2019 
Animation :
- Ferdinand de Carlos Saldanha, 2017 

2 SERIES :
Coup de coeur :
- Unorthodox, netflix
Bof :
- The undoing, My canal

1 DOCUMENTAIRE :
Coup de coeur :
- La fabrique de l'ignorance, Arte

 1 LIVRE :
Coup de coeur :
- Ecriture, mémoires d'un métier de Stephen King, 2000

23/02/2021

Bilan "je suis culturée" semaine 7

batman dark.jpg7 FILMS :
- Batman begins de Christopher Nolan, 2005
- Batman 2, the dark knight de Christopher Nolan, 2008
- Batman 3, the dark knight rises Christopher Nolan, 2012
- Pirates des caraïbes 5, la revanche de Salazar, 2017
- Moi, moche et méchant 3 de Pierre Coffin, 2017
- 500 jours ensemble de Marc Webb, 2009 
- Dites-lui que je l'aime de Claude Miller, 1977

1 DOCUMENTAIRE :
- Murdoch, le grand manipulateur des médias, Arte, disponible jusqu'au 17 mars

1 SERIE :
- Paris police 1900, Mycanal

1 LIVRE :
- La main gauche, Guy de Maupassant

08/02/2021

Bilan "je suis culturée" semaine 5

cinéma,littérature,séries6 FILMS :

Plouf dans l'eau :
Bien :
- Pirates des caraïbes 1, la malédiction du Black Pearl,  de Gore Verbinski, 2003, sur Disney
- Pirates  des caraïbes 2, le secret du coffre maudit, de Gore Verbinski, 2006
Pas mal :
- Open water, en eaux profondes, de Chris Kentis, 2004, Mycanal
- Underwater de William Eubank, 2020, MyCanal

Cinéma français :
Bien :
 
- Seules les bêtes de Dominik Moll , 2020, MyCanal
Bof :
- Je suis là d'Eric Lartigau, 2020, MyCanal

cinéma,littérature,séries2 SERIES :

Coup de coeur :
- Ovni(s), sur My canal
Pas mal :
- En thérapie, Arte

8 DOCUMENTAIRES :
Coups de coeur : 
- Ce que ressentent les animaux
, Arte ou you tube
- Brain games,
testez votre cerveau, 4 épisodes, Disney
- La perception
- la concentration
- La mémoire
- Focus pocus
Bien : 
- La science des émotions : les manipuler, épisode 2, Planète
- Pauline Dubuisson, l'impossible oubli, Infrarouge, france2, dispo jusqu'au 02/04
- Le bureau des Ovnis , la réalité derrière la fiction : 40 ans du GEIPAN, MyCanal

1 LIVRE :
Pas mal :
- Un cas de divorce, Maupassant

 

18/01/2021

Bilan "je suis culturée" semaine 2

littérature,titanic,cinéma,cinéma françaisVu le succès phénoménal du premier bilan (un seul commentaire, aucun like) je continue mon journal intime. Vous pouvez lire le premier bilan ici :

7 FILMS :

D'après une histoire vraie :
Coup de coeur :
- Les éblouis de Sarah Suco, 2019
Les souvenirs d'enfance de la réalisatrice, enrôlée dans une secte avec sa famille.
Bien :

- Undercover de Yann Demange, 2018
Sur un enfant de 15 ans informateur pour le FBI, infiltré dans un trafic de drogue.

Fantastique
Bien :
- The room
de Christian Volckman, 2019
quelques minutes.jpg- Quelques minutes après minuit de Juan Antonio Bayona, 2016
Pas mal : 
- La dernière vie de Simon de Léo Karmann, 2019 

Bons souvenirs déjà vus :
- Au milieu coule une rivière de Robert Redford, 1992
- Master and commander de Peter Weir, 2003

7 DOCUMENTAIRES :

Titanic :
Après Titanic, la dernière preuve la semaine dernière, j'ai eu envie de revoir ces bons documentaires que je connaissais déjà, disponibles sur youtube:
- Titanic, la véritable histoire de Philippe Torreton
- Les fantômes du Titanic de James Cameron

Les sectes :
 Titanic_la_veritable_histoire.jpgLes éblouis m'a replongé dans les documentaires sur les sectes. Comme le sujet m'intéresse, je connais déjà les mécanismes d'enrôlement et d'emprise, mais je ne peux pas m'empêcher de penser en écoutant les témoignages hallucinants : "comment ils ont pu aller si loin ?!" :
- Waco, une secte assiégée, Planète
- Sous emprise, Planète
Florence et le mandarom
Amoreena et les enfants de dieu

Les ovnis :
- Roswell, le denier témoin x2 épisodes, Planète
Après le doc sur les dossiers déclassifiés peu convaincant, j'ai persisté, mais celui-ci comporte les mêmes défauts.

2 LIVRES :
Pas mal :
- Vies écrites de Javier Marias
Biographies d'écrivains célèbres, sous des angles originaux et méconnus. 
- Chaque jour est une fête Le Voutch

1 SERIE :
Pas mal :
- Designated survivor, saison 1, Netflix

 

11/01/2021

Bilan "je suis culturée" semaine 1

danse avec les loups.jpgComme promis, je tiens pour l'instant la bonne résolution de publier le bilan culturel chaque semaine plutôt que mensuellement comme auparavant. J'ai commencé à rédiger des critiques, mais comme d'habitude, je m'emballe, je trouve plein de choses à dire, et j'ai déjà écrit 5 pages rien que sur les films... 

7 FILMS :

Aventures
Coup de coeur : 
- Danse avec les loups de Kevin Costner, 1990
Un classique, un chef-d'oeuvre intemporel, une ode à la nature, à la tolérance, à la liberté... Le tout sublimé par la musique de John Barry (Out of Africa). La mort de Chaussette reste parmi mon top ten des traumatismes d'enfance. Chaussette♥ a jamais dans nos coeurs (voir en lien la scène de danse avec Chaussette).
- Marche avec les loups de Jean-Michel Bertrand, 2019

cinéma,séries,netflix,littératurePas mal :
- L'appel de la foret de Chris Sanders, 2020
- Gold de Stephen Gaghan, 2016

Comédies 
Bien :
- Selfie, de l'influence du numérique sur les honnêtes gens, 2019
Pas mal :
- La belle époque de Nicolas Bedos, 2019
- Héroïc losers de Sebastián Borensztein, 2020

DOCUMENTAIRES :
Coups de coeur :
- La vie secrète du zoo de Chester, saison 4, France 5 (une quinzaine d'épisodes de 25 minutes).
- La reine Victoria et ses 9 enfants, Histoire (3 épisodes de 50 minutes) 
- Titanic, la dernière preuve, Planète
Bof :
- Ovnis, les dossiers déclassifiés américains, Planète

cinéma,séries,netflix,littérature2 SERIES :
Pas mal :
- La chronique des Bridgertown, Netflix
- Designated survivor (en cours)

3 LIVRES :
Coup de coeur :
- L'arabe du futur, tome 5
Bien :
- Le département des théories fumeuses, de Tom Gauld
- Gaston, au-delà de Lagaffe

 

09/01/2021

J'avais fait pourtant, des promesses au nouvel an

gaston bonne santé.jpgCette année va se terminer, je n'ai pas changé mes défauts, je les ai gardés
J'avais fait pourtant, des promesses au nouvel an
J'étais décidé, tout est à recommencer
Car mes résolutions ont trouvé le temps long... (cliquez sur la chanson en lien)

Relire le début ici.
Je dresse une liste non exhaustive des bonnes résolutions 2021, juste pour pouvoir vérifier en 2022 que je ne les ai pas tenues :

Résolutions blog :
- Alimenter plus régulièrement le blog. Pour dans l'idéal publier deux à trois fois par semaine, il faudrait que j'écrive quotidiennement. En ce moment comme je ne travaille pas, je pensais avoir le temps,  mais la fatigue et la maladie m'empêchent parfois d'écrire des jours entiers (à ma grande rage, car ce n'est pas l'envie qui me manque).
J'aimerais au moins proposer un bilan culturel hebdomadaire plutôt que mensuel comme auparavant, ce qui me permettrait de ne pas oublier les films que j'ai vus, et un quiz, toujours mensuel.

- Finir aussi les articles rédigés. J'ai tellement d'idées que j'entame des séries de billets sans parvenir au bout et en oubliant de publier les suites pourtant déjà écrites (comme les quiz Beatles et certaines critiques de films).

- Finir enfin de rédiger le livre sur mes expériences de chômage et boulot que les lecteurs m'ont réclamé en 2012, et que j'ai débuté en 2017 ...

Résolutions culture :
- Lire un livre par semaine (incluant des bd). Avant, je m'en demandais même deux  (75 lus en 2019), mais l'année dernière, avec les bibliothèques fermées, j'étais loin du score. En 2021, pour l'instant, je tiens promesse, j'ai lu le dernier tome  de L'arabe du futur et le livre sur Gaston, "au-delà de La gaffe".

- Regarder un film, un documentaire et un épisode de série par jour, résolution que je parviens souvent à tenir.

à suivre...

Ne me maudissez pas, car la prochaine fois, je tiendrai !
Sans être devin, je peux dire que je suis certain
D
'avoir toujours menti à moi-même et à mes copains
J'avais fait pourtant, des promesses au nouvel an...

 

 

 

12/11/2020

Je fais de toi mon essentiel

gaston livre pas dispo.jpg"Comment s'en sortir sans sortir ? Lire des livres délivre." Pourtant le gouvernement a ordonné la fermeture des librairies. Un confinement suppose des restrictions, on ne pouvait pas laisser tous les commerces ouverts. Le problème est de s'accorder sur ceux qui obtiennent le sésame (les supermarchés ou au contraire, les petites boutiques comme en Espagne ?) Qu'allait-on supprimer ? L'accès aux coiffeurs, aux fleurs, au chocolat ? Quels produits sont considérés essentiels ?
Je fais de toi mon essentiel
Celle que j'aimerai plus que personne
Ma tartiflette
Les produits de beauté ont d'abord été jugés superflus. J'avais une pensée narquoise émue pour les mecs découvrant le vrai visage de leur copine sans artifice. Je n'utilise pas de maquillage, je suis naturellement belle. Non en réalité, c'est que je n'aime pas me maquiller, le fond de teint me colle comme du plâtre, quand je l'enlève, ma peau sensible brûle. J'ai l'impression de ressembler à un clown peint (et plutôt celui de Ca que Zavatta) et comme mes yeux pleurent à cause du vent/du froid/de la bêtise humaine/de la fin du Tombeau des lucioles-de Six feet under, le mascara coule et je me transforme en panda.

fahrenheit.jpgLe maquillage a finalement été rétabli, et l'accès aux livres, supprimé, jugé non essentiel.
"Nous vivons dans une société où beaucoup croient que les bibliothèques et autres activités culturelles sont d'une importance mineure. Comme si apprendre à penser était une chose qui se fait naturellement, comme apprendre à marcher. Apprendre à penser est la suite d'un travail acharné et d'un effort constant. Chaque jour, la lecture diminue et la pensée analytique aussi (...) La capacité à penser clairement et logiquement conduit à de bonnes décisions et je crois que la capacité de penser clairement augmente avec la capacité de lire." Stephen King, Le mal nécessaire. (dispo jusqu'au 21/12)

Beaucoup ont profité du premier confinement pour lire, loisir qu'ils ne prenaient pas le temps de faire auparavant. La fermeture des librairies a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux. Un pas de plus et on brûle les ouvrages comme dans Fahrenheit 451 !

La polémique était telle que le gouvernement a fait machine arrière. il a réautorisé les librairies, comme pour le maquillage ? Non, il a demandé aux grandes surfaces qui vendaient des livres de ne plus le faire.
Un peu comme un parent qui arbitre maladroitement un conflit entre ses mioches :
Avec l'un qui chouine "Pourquoi Gaston il a le droit de jouer à Mortal combat et pas moi !"
Et qu'au lieu d'expliquer "C'est parce qu'il est plus grand que toi !"
Le parent s'énerve "Eh bien puisque c'est comme ça, plus personne ne joue ! Je confisque la play station !"

On arrive donc à des situations ubuesques, où les grandes surfaces sont ouvertes, mais l'accès aux rayons des livres est interdit. Si l'on veut un livre, il faut faire la queue à l'accueil, le commander, pour le recevoir quelques jours plus tard dans ce même magasin.

vente de livres interdite.jpegSi le supermarché est déjà ouvert, je ne vois pas en quoi fermer des allées empêchera la propagation du virus. Au contraire, plus on cloisonne les gens dans un espace restreint, plus l'épidémie circule facilement. Lorsqu'on me colle trop dans les magasins, je me réfugie dans les allées où les gens ne viennent pas (à côté des choux de bruxelles).
Comme si le problème venait des livres et non de la propagation du virus.

Je ne suis pas la seule à m'étonner. A en croire les nombreuses réactions indignées contre la fermeture des petits commerces, les Français passeraient leur temps dans les librairies de quartiers et consommeraient les livres comme des pâtes ou du PQ. Ca me fait un peu penser aux nombreux téléspectateurs affirmant qu'Arte est leur chaîne préférée, alors que l'audimat les contredit.
Dans ma cambrousse, l'unique librairie du village a fini par fermer faute de clients. Les seuls accès aux livres restaient le supermarché, et désormais, internet seulement. Beaucoup estiment que les lecteurs se retourneront fatalement vers Amazon, mais moi je n'ai jamais rien acheté sur internet, je n'ai donc jamais utilisé ce site, je n'engraisse pas Jeff Bezos. 

Ceux qui déplorent la fermeture des petites librairies sont souvent de grands consommateurs de livres. Sur internet, j'ai remarqué qu'ils aiment bien afficher leur  PAL ( "Prêt à lire")  et c'est un peu à celui qui en aura une plus grosse que celle du voisin. Ca me donne l'impression que le livre est plus un objet de consommation et de symbole d'érudition qu'un véritable outil de connaissance, car ces mêmes personnes se plaignent aussi de ne pas arriver au bout de leurs livres et d'en acheter de nouveaux alors qu'ils en ont encore non lus qui s'accumulent. 
Je lis beaucoup de livres, mais j'en achète guère et ma bibliothèque est peu fournie. Les DVD, c'est encore pire : je n'en possède que 5, tous offerts, et pourtant je regarde un film par jour. 

Evidemment je me désole pour les libraires, mais moi ce qui me perturbe surtout dans mon quotidien, c'est la fermeture des bibliothèques. Les livres, je ne les achète pas, je les emprunte. Ils coûtent chers, et quand on en lit un par semaine, ça représente une somme. De plus, je ne saurais pas où les placer dans mon 20 mètres carrés. Pour tenir jusqu'à la fin du confinement, il ne me reste que 2 livres, (Les nouvelles solitudes et les Narcisse de Marie-France Hirigoyen). Ils devraient me suffire pour la fin du confinement dans 2 semaines, mais quelque chose me dit que l'on ne sortira pas début décembre comme initialement prévu... Pas grave, je relirai les rares ouvrages que je possède, comme Idées noires de Franquin ou Le misanthrope de Molière !

 

15/04/2020

Fun home

fun home.jpgNon ce n'est pas un article sur mon confinement dans un trou de 20 mètres carrés, mais presque : une histoire vraie se déroulant dans un funérarium.
J'ai évoqué Alison Bechdel dans mon article sur Tout peut changer, le documentaire sur la place des femmes dans le cinéma. L'autrice a élaboré un test pour mesurer le sexisme dans les films
- Il doit y avoir au moins deux femmes nommées (nom/prénom) dans l’œuvre
- qui discutent ensemble
- et qui parlent de quelque chose qui est sans rapport avec un homme.
Le verdict est sans appel : environ 60 % des films échouent au test.

Mais ce n'est pas à travers son attachement à la cause féministe que j'ai connu Alison Bechdel, mais tout simplement parce qu'elle écrit des bd biographiques, et comme je suis férue du genre, j'en ai lu deux pour le moment.
J'ai beaucoup apprécié sa plus connue, Fun home. Titre ironique, car l'auteure a passé son enfance dans un funérarium, où son père, un être peu aimant et psychorigide, exerçait. Forcément le lieu et le thème, mêlant humour macabre et mélancolie, m'évoquent Six feet under, la géniale série d'Alan Ball (American beauty).
Alison suppose que son père s'est suicidé car il n'assumait pas sa bisexualité. Très fun donc. 

alison bechdel.jpgAprès son père, l'autrice décortique cette fois-ci ses relations avec sa mère, dans le roman graphique C'est toi ma maman ?
Non ce n'est pas pour les enfants de 3 ans. Élu à l'unanimité de moi-même grand vainqueur dans la catégorie "titre le plus niais". J'ai moins apprécié ce livre. L'auteure emploie un jargon psy intello parfois plombant. Elle relate sans tendresse ses rapports avec sa mère, mais aussi avec ses différentes petites amies, son homosexualité, et sa psy. Elle prend bien soin de répéter trois fois que son analyste lui confie qu'elle la trouve "adorable" : "je vous aime beaucoup". Un contre-transfert fréquent mais qui pourrait flinguer la carrière de la psy et que la patiente aurait pu taire, par respect pour cette personne qu'elle admire tellement, et dont elle tombe amoureuse. Comme tous les 4 matins à priori : elle change de partenaires comme de chemises, en ayant plusieurs à la fois, ne sachant pas ce qu'elle veut, ni ce qu'elle ressent.
Une fille très compliquée que j'ai du mal à apprécier pleinement. Ses confidences très poussées me mettent parfois mal à l'aise. Elle se plaint beaucoup de ses parents, mais je trouve sa mère plutôt cool de ne pas s'offusquer de voir le linge sale familial étalé en place publique. Faites des gosses, ils vous le rendront au centuple.
Moralité : mieux vaut adopter un chat, il n'ira pas raconter dans une bd que vous ne lui avez pas donné assez de croquettes. Et il héritera de votre fortune, comme Poupette avec Lagerfeld.