Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/01/2021

Bilan "je suis culturée" semaine 2

littérature,titanic,cinéma,cinéma françaisVu le succès phénoménal du premier bilan (un seul commentaire, aucun like) je continue mon journal intime. Vous pouvez lire le premier bilan ici :

7 FILMS :

D'après une histoire vraie :
- Undercover de Yann Demange, 2018
Sur un enfant de 15 ans informateur pour le FBI, infiltré dans un trafic de drogue.
- Les éblouis de Sarah Suco, 2019
Les souvenirs d'enfance de la réalisatrice, enrôlée dans une secte avec sa famille.

Fantastique
quelques minutes.jpg- Quelques minutes après minuit de Juan Antonio Bayona, 2016
- La dernière vie de Simon de Léo Karmann, 2019 
- The room de Christian Volckman, 2019

Souvenirs déjà vus :
- Au milieu coule une rivière de Robert Redford, 1992
- Master and commander de Peter Weir, 2003

7 DOCUMENTAIRES :

Titanic :
Après Titanic, la dernière preuve la semaine dernière, j'ai eu envie de revoir ces documentaires que je connaissais déjà, disponibles sur youtube:
- Titanic, la véritable histoire de Philippe Torreton
- Les fantômes du Titanic de James Cameron

Les sectes :
 Titanic_la_veritable_histoire.jpgLes éblouis m'a replongé dans les documentaires sur les sectes. Comme le sujet m'intéresse, je connais déjà les mécanismes d'enrôlement et d'emprise, mais je ne peux pas m'empêcher de penser en écoutant les témoignages hallucinants : "comment ils ont pu aller si loin ?!" :
- Waco, une secte assiégée, Planète
- Sous emprise, Planète
Florence et le mandarom
Amoreena et les enfants de dieu

Les ovnis :
- Roswell, le denier témoin x2 épisodes, Planète
Après le doc sur les dossiers déclassifiés peu convaincant, j'ai persisté, mais celui-ci comporte les mêmes défauts.

2 LIVRES :
- Vies écrites de Javier Marias
Biographies d'écrivains célèbres, sous des angles originaux et méconnus. 
- Chaque jour est une fête Le Voutch

1 SERIE :
- Designated survivor, saison 1, Netflix

 

11/01/2021

Bilan "je suis culturée" semaine 1

danse avec les loups.jpgComme promis, je tiens pour l'instant la bonne résolution de publier le bilan culturel chaque semaine plutôt que mensuellement comme auparavant. J'ai commencé à rédiger des critiques, mais comme d'habitude, je m'emballe, je trouve plein de choses à dire, et j'ai déjà écrit 5 pages rien que sur les films... 

7 FILMS :

Aventures
Coup de coeur : 
- Danse avec les loups de Kevin Costner, 1990
Un classique, un chef-d'oeuvre intemporel, une ode à la nature, à la tolérance, à la liberté... Le tout sublimé par la musique de John Barry (Out of Africa). La mort de Chaussette reste parmi mon top ten des traumatismes d'enfance. Chaussette♥ a jamais dans nos coeurs (voir en lien la scène de danse avec Chaussette).

selfie.jpg- Marche avec les loups de Jean-Michel Bertrand, 2019
- L'appel de la foret de Chris Sanders, 2020
- Gold de Stephen Gaghan, 2016

Comédies 
- Selfie, de l'influence du numérique sur les honnêtes gens, 2019
- La belle époque de Nicolas Bedos, 2019
- Héroïc losers de Sebastián Borensztein, 2020

DOCUMENTAIRES :

- La vie secrète du zoo de Chester, saison 4, France 5 (une quinzaine d'épisodes de 25 minutes).
- La reine Victoria et ses 9 enfants, Histoire (3 épisodes de 50 minutes) 
- Titanic, la dernière preuve, Planète
- Ovnis, les dossiers déclassifiés américains, Planète

cinéma,séries,netflix,littérature2 SERIES :

- La chronique des Bridgertown, Netflix
- Designated survivor (en cours)

3 LIVRES :

- L'arabe du futur, tome 5
- Le département des théories fumeuses, de Tom Gauld
- Gaston, au-delà de Lagaffe

 

09/01/2021

J'avais fait pourtant, des promesses au nouvel an

gaston bonne santé.jpgCette année va se terminer, je n'ai pas changé mes défauts, je les ai gardés
J'avais fait pourtant, des promesses au nouvel an
J'étais décidé, tout est à recommencer
Car mes résolutions ont trouvé le temps long... (cliquez sur la chanson en lien)

Relire le début ici.
Je dresse une liste non exhaustive des bonnes résolutions 2021, juste pour pouvoir vérifier en 2022 que je ne les ai pas tenues :

Résolutions blog :
- Alimenter plus régulièrement le blog. Pour dans l'idéal publier deux à trois fois par semaine, il faudrait que j'écrive quotidiennement. En ce moment comme je ne travaille pas, je pensais avoir le temps,  mais la fatigue et la maladie m'empêchent parfois d'écrire des jours entiers (à ma grande rage, car ce n'est pas l'envie qui me manque).
J'aimerais au moins proposer un bilan culturel hebdomadaire plutôt que mensuel comme auparavant, ce qui me permettrait de ne pas oublier les films que j'ai vus, et un quiz, toujours mensuel.

- Finir aussi les articles rédigés. J'ai tellement d'idées que j'entame des séries de billets sans parvenir au bout et en oubliant de publier les suites pourtant déjà écrites (comme les quiz Beatles et certaines critiques de films).

- Finir enfin de rédiger le livre sur mes expériences de chômage et boulot que les lecteurs m'ont réclamé en 2012, et que j'ai débuté en 2017 ...

Résolutions culture :
- Lire un livre par semaine (incluant des bd). Avant, je m'en demandais même deux  (75 lus en 2019), mais l'année dernière, avec les bibliothèques fermées, j'étais loin du score. En 2021, pour l'instant, je tiens promesse, j'ai lu le dernier tome  de L'arabe du futur et le livre sur Gaston, "au-delà de La gaffe".

- Regarder un film, un documentaire et un épisode de série par jour, résolution que je parviens souvent à tenir.

à suivre...

Ne me maudissez pas, car la prochaine fois, je tiendrai !
Sans être devin, je peux dire que je suis certain
D
'avoir toujours menti à moi-même et à mes copains
J'avais fait pourtant, des promesses au nouvel an...

 

 

 

12/11/2020

Je fais de toi mon essentiel

gaston livre pas dispo.jpg"Comment s'en sortir sans sortir ? Lire des livres délivre." Pourtant le gouvernement a ordonné la fermeture des librairies. Un confinement suppose des restrictions, on ne pouvait pas laisser tous les commerces ouverts. Le problème est de s'accorder sur ceux qui obtiennent le sésame (les supermarchés ou au contraire, les petites boutiques comme en Espagne ?) Qu'allait-on supprimer ? L'accès aux coiffeurs, aux fleurs, au chocolat ? Quels produits sont considérés essentiels ?
Je fais de toi mon essentiel
Celle que j'aimerai plus que personne
Ma tartiflette
Les produits de beauté ont d'abord été jugés superflus. J'avais une pensée narquoise émue pour les mecs découvrant le vrai visage de leur copine sans artifice. Je n'utilise pas de maquillage, je suis naturellement belle. Non en réalité, c'est que je n'aime pas me maquiller, le fond de teint me colle comme du plâtre, quand je l'enlève, ma peau sensible brûle. J'ai l'impression de ressembler à un clown peint (et plutôt celui de Ca que Zavatta) et comme mes yeux pleurent à cause du vent/du froid/de la bêtise humaine/de la fin du Tombeau des lucioles-de Six feet under, le mascara coule et je me transforme en panda.

fahrenheit.jpgLe maquillage a finalement été rétabli, et l'accès aux livres, supprimé, jugé non essentiel.
"Nous vivons dans une société où beaucoup croient que les bibliothèques et autres activités culturelles sont d'une importance mineure. Comme si apprendre à penser était une chose qui se fait naturellement, comme apprendre à marcher. Apprendre à penser est la suite d'un travail acharné et d'un effort constant. Chaque jour, la lecture diminue et la pensée analytique aussi (...) La capacité à penser clairement et logiquement conduit à de bonnes décisions et je crois que la capacité de penser clairement augmente avec la capacité de lire." Stephen King, Le mal nécessaire. (dispo jusqu'au 21/12)

Beaucoup ont profité du premier confinement pour lire, loisir qu'ils ne prenaient pas le temps de faire auparavant. La fermeture des librairies a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux. Un pas de plus et on brûle les ouvrages comme dans Fahrenheit 451 !

La polémique était telle que le gouvernement a fait machine arrière. il a réautorisé les librairies, comme pour le maquillage ? Non, il a demandé aux grandes surfaces qui vendaient des livres de ne plus le faire.
Un peu comme un parent qui arbitre maladroitement un conflit entre ses mioches :
Avec l'un qui chouine "Pourquoi Gaston il a le droit de jouer à Mortal combat et pas moi !"
Et qu'au lieu d'expliquer "C'est parce qu'il est plus grand que toi !"
Le parent s'énerve "Eh bien puisque c'est comme ça, plus personne ne joue ! Je confisque la play station !"

On arrive donc à des situations ubuesques, où les grandes surfaces sont ouvertes, mais l'accès aux rayons des livres est interdit. Si l'on veut un livre, il faut faire la queue à l'accueil, le commander, pour le recevoir quelques jours plus tard dans ce même magasin.

vente de livres interdite.jpegSi le supermarché est déjà ouvert, je ne vois pas en quoi fermer des allées empêchera la propagation du virus. Au contraire, plus on cloisonne les gens dans un espace restreint, plus l'épidémie circule facilement. Lorsqu'on me colle trop dans les magasins, je me réfugie dans les allées où les gens ne viennent pas (à côté des choux de bruxelles).
Comme si le problème venait des livres et non de la propagation du virus.

Je ne suis pas la seule à m'étonner. A en croire les nombreuses réactions indignées contre la fermeture des petits commerces, les Français passeraient leur temps dans les librairies de quartiers et consommeraient les livres comme des pâtes ou du PQ. Ca me fait un peu penser aux nombreux téléspectateurs affirmant qu'Arte est leur chaîne préférée, alors que l'audimat les contredit.
Dans ma cambrousse, l'unique librairie du village a fini par fermer faute de clients. Les seuls accès aux livres restaient le supermarché, et désormais, internet seulement. Beaucoup estiment que les lecteurs se retourneront fatalement vers Amazon, mais moi je n'ai jamais rien acheté sur internet, je n'ai donc jamais utilisé ce site, je n'engraisse pas Jeff Bezos. 

Ceux qui déplorent la fermeture des petites librairies sont souvent de grands consommateurs de livres. Sur internet, j'ai remarqué qu'ils aiment bien afficher leur  PAL ( "Prêt à lire")  et c'est un peu à celui qui en aura une plus grosse que celle du voisin. Ca me donne l'impression que le livre est plus un objet de consommation et de symbole d'érudition qu'un véritable outil de connaissance, car ces mêmes personnes se plaignent aussi de ne pas arriver au bout de leurs livres et d'en acheter de nouveaux alors qu'ils en ont encore non lus qui s'accumulent. 
Je lis beaucoup de livres, mais j'en achète guère et ma bibliothèque est peu fournie. Les DVD, c'est encore pire : je n'en possède que 5, tous offerts, et pourtant je regarde un film par jour. 

Evidemment je me désole pour les libraires, mais moi ce qui me perturbe surtout dans mon quotidien, c'est la fermeture des bibliothèques. Les livres, je ne les achète pas, je les emprunte. Ils coûtent chers, et quand on en lit un par semaine, ça représente une somme. De plus, je ne saurais pas où les placer dans mon 20 mètres carrés. Pour tenir jusqu'à la fin du confinement, il ne me reste que 2 livres, (Les nouvelles solitudes et les Narcisse de Marie-France Hirigoyen). Ils devraient me suffire pour la fin du confinement dans 2 semaines, mais quelque chose me dit que l'on ne sortira pas début décembre comme initialement prévu... Pas grave, je relirai les rares ouvrages que je possède, comme Idées noires de Franquin ou Le misanthrope de Molière !

 

15/04/2020

Fun home

fun home.jpgNon ce n'est pas un article sur mon confinement dans un trou de 20 mètres carrés, mais presque : une histoire vraie se déroulant dans un funérarium.
J'ai évoqué Alison Bechdel dans mon article sur Tout peut changer, le documentaire sur la place des femmes dans le cinéma. L'autrice a élaboré un test pour mesurer le sexisme dans les films
- Il doit y avoir au moins deux femmes nommées (nom/prénom) dans l’œuvre
- qui discutent ensemble
- et qui parlent de quelque chose qui est sans rapport avec un homme.
Le verdict est sans appel : environ 60 % des films échouent au test.

Mais ce n'est pas à travers son attachement à la cause féministe que j'ai connu Alison Bechdel, mais tout simplement parce qu'elle écrit des bd biographiques, et comme je suis férue du genre, j'en ai lu deux pour le moment.
J'ai beaucoup apprécié sa plus connue, Fun home. Titre ironique, car l'auteure a passé son enfance dans un funérarium, où son père, un être peu aimant et psychorigide, exerçait. Forcément le lieu et le thème, mêlant humour macabre et mélancolie, m'évoquent Six feet under, la géniale série d'Alan Ball (American beauty).
Alison suppose que son père s'est suicidé car il n'assumait pas sa bisexualité. Très fun donc. 

alison bechdel.jpgAprès son père, l'autrice décortique cette fois-ci ses relations avec sa mère, dans le roman graphique C'est toi ma maman ?
Non ce n'est pas pour les enfants de 3 ans. Élu à l'unanimité de moi-même grand vainqueur dans la catégorie "titre le plus niais". J'ai moins apprécié ce livre. L'auteure emploie un jargon psy intello parfois plombant. Elle relate sans tendresse ses rapports avec sa mère, mais aussi avec ses différentes petites amies, son homosexualité, et sa psy. Elle prend bien soin de répéter trois fois que son analyste lui confie qu'elle la trouve "adorable" : "je vous aime beaucoup". Un contre-transfert fréquent mais qui pourrait flinguer la carrière de la psy et que la patiente aurait pu taire, par respect pour cette personne qu'elle admire tellement, et dont elle tombe amoureuse. Comme tous les 4 matins à priori : elle change de partenaires comme de chemises, en ayant plusieurs à la fois, ne sachant pas ce qu'elle veut, ni ce qu'elle ressent.
Une fille très compliquée que j'ai du mal à apprécier pleinement. Ses confidences très poussées me mettent parfois mal à l'aise. Elle se plaint beaucoup de ses parents, mais je trouve sa mère plutôt cool de ne pas s'offusquer de voir le linge sale familial étalé en place publique. Faites des gosses, ils vous le rendront au centuple.
Moralité : mieux vaut adopter un chat, il n'ira pas raconter dans une bd que vous ne lui avez pas donné assez de croquettes. Et il héritera de votre fortune, comme Poupette avec Lagerfeld.

Fun home

fun home.jpgNon ce n'est pas un article sur mon confinement dans un trou de 20 mètres carrés, mais presque : une histoire vraie se déroulant dans un funérarium.
J'ai évoqué Alison Bechdel dans mon article sur Tout peut changer, le documentaire sur la place des femmes dans le cinéma. L'autrice a élaboré un test pour mesurer le sexisme dans les films
- Il doit y avoir au moins deux femmes nommées (nom/prénom) dans l’œuvre
- qui discutent ensemble
- et qui parlent de quelque chose qui est sans rapport avec un homme.
Le verdict est sans appel : environ 60 % des films échouent au test.

Mais ce n'est pas à travers son attachement à la cause féministe que j'ai connu Alison Bechdel, mais tout simplement parce qu'elle écrit des bd biographiques, et comme je suis férue du genre, j'en ai lu deux pour le moment.
J'ai beaucoup apprécié sa plus connue, Fun home. Titre ironique, car l'auteure a passé son enfance dans un funérarium, où son père, un être peu aimant et psychorigide, exerçait. Forcément le lieu et le thème, mêlant humour macabre et mélancolie, m'évoquent Six feet under, la géniale série d'Alan Ball (American beauty).
Alison suppose que son père s'est suicidé car il n'assumait pas sa bisexualité. Très fun donc. 

alison bechdel.jpgAprès son père, l'autrice décortique cette fois-ci ses relations avec sa mère, dans le roman graphique C'est toi ma maman ?
Non ce n'est pas pour les enfants de 3 ans. Élu à l'unanimité de moi-même grand vainqueur dans la catégorie "titre le plus niais". J'ai moins apprécié ce livre. L'auteure emploie un jargon psy intello parfois plombant. Elle relate sans tendresse ses rapports avec sa mère, mais aussi avec ses différentes petites amies, son homosexualité, et sa psy. Elle prend bien soin de répéter trois fois que son analyste lui confie qu'elle la trouve "adorable" : "je vous aime beaucoup". Un contre-transfert fréquent mais qui pourrait flinguer la carrière de la psy et que la patiente aurait pu taire, par respect pour cette personne qu'elle admire tellement, et dont elle tombe amoureuse. Comme tous les 4 matins à priori : elle change de partenaires comme de chemises, en ayant plusieurs à la fois, ne sachant pas ce qu'elle veut, ni ce qu'elle ressent.
Une fille très compliquée que j'ai du mal à apprécier pleinement. Ses confidences très poussées me mettent parfois mal à l'aise. Elle se plaint beaucoup de ses parents, mais je trouve sa mère plutôt cool de ne pas s'offusquer de voir le linge sale familial étalé en place publique. Faites des gosses, ils vous le rendront au centuple.
Moralité : mieux vaut adopter un chat, il n'ira pas raconter dans une bd que vous ne lui avez pas donné assez de croquettes. Et il héritera de votre fortune, comme Poupette avec Lagerfeld.

04/04/2020

Maus, une biographie fascinante

Maus 2.jpgL’auteur, Art Spiegelman, raconte la vie de son père, rescapé des camps de concentration. C'est absolument fascinant. Il en ressort que ceux qui s'en sont sortis parmi l'entourage du père sont souvent les plus débrouillards, mais aussi les plus riches, qui pouvaient monnayer des vivres et passe-droit; ainsi que les moins scrupuleux, qui n'ont pas hésité à dénoncer ou voler les autres pour survivre (les kapos). Le manque de solidarité parmi les persécutés qu'il a croisés est frappant et illustre la phrase "la fin justifie les moyens". J'ai été particulièrement choquée par le cousin qui accepte les diamants des grands-parents en échange de leur liberté, mais les trahit et les envoie quand même, des membres de sa famille en plus, vers une mort certaine. 

Le roman graphique est surtout connu pour son témoignage sidérant sur les camps de concentration, mais autant que la vie de juifs traqués pendant la guerre, dont j'ai vu énormément de témoignages dans les innombrables documentaires consacrés au sujet, j'ai aussi retenu de cette biographie la personnalité ambiguë et manipulatrice du père. Ce dernier a épuisé toutes les femmes de sa vie (qui ne sont pas en moi réunies) (ma culture est phénoménale). Sa première petite amie était folle de lui, prête à tout pour lui, mais il s'en fichait royalement. Il l'a jetée du jour au lendemain, après 4 ans de bons et loyaux services, pour la remplacer par une femme qu'il venait de rencontrer, encore plus utile pour lui : issue d'une famille de commerçants très riches, elle a pu lancer sa carrière. Cette deuxième femme, la mère de l'écrivain, a fini par se suicider. Elle avait également écrit ses souvenirs de guerre, mais le père a osé jeter ce témoignage inestimable ! Sa dernière épouse, qu'il considére comme une bonne à tout faire et son souffre-douleur, finit par se barrer avant de finir elle aussi suicidaire, complètement timbrée et essorée par ce vampire.

Avec ses troubles psychiques, le père témoigne des ravages des traumatismes de guerre, de la faim et de la persécution. Toute sa vie, il reste dur, obsessionnel, paranoïaque, atrocement radin (si jamais une autre famine devait survenir). Il domine, contrôle et manipule son entourage (dans l'illusion de contrôler sa propre vie). Il a souffert, les autres doivent souffrir aussi. Comme Marthe Villalonga qui tyrannise Guy Bedos dans Nous irons tous au paradis, le père fait croire qu'il est au seuil de la mort pour que son fils, terriblement inquiet, lui rende visite ! Le père aime rabaisser sa famille, en jetant par exemple le manteau de son rejeton sans le prévenir, pour le remplacer par une blouse d'ado ridicule, alors que le fils est déjà adulte, etc. Le livre fourmille d'exemples de la personnalité perverse du père.
Un livre essentiel sur la guerre et les traumas qu'elle engendre. A lire absolument.

22/03/2020

Le doutage : journal de confinement des gueux

confinement, littérature, on va tous creverLe « Journal du confinement » de Leïla Slimani, jour 1 : « J’ai dit à mes enfants que c’était un peu comme dans la Belle au bois dormant » Leïla Slimani, Ecri - vaine.
Dans le premier article du journal qu’elle tiendra dans Le Monde, la romancière raconte sa sidération.

confinement, littérature, on va tous creverLe « Journal du confinement » de Papillote, jour 1 : « J’ai dit à mon ordi que c’était un peu comme dans Zombie » Papillote, blo - gueuse.
Dans le premier article du journal qu’elle tiendra dans Le cinéma de Papillote, la gueuse raconte sa dépression.

confinement, littérature, on va tous creverJour 1. Cette nuit, je n’ai pas trouvé le sommeil. Par la fenêtre de ma chambre, j’ai regardé l’aube se lever sur les collines. L’herbe verglacée, les tilleuls sur les branches desquels apparaissent les premiers bourgeons. Depuis vendredi 13 mars, je suis à la campagne, dans la maison où je passe tous mes week-ends depuis des années.
Pour éviter que mes enfants côtoient ma mère, il a fallu trouver une solution. Nous nous sommes séparés, sans savoir dans combien de temps nous nous reverrions. Ma mère est restée à Paris et nous sommes partis. D’habitude, nous remballons le dimanche soir. Les enfants pleurent, ils ne veulent pas que le week-end se finisse. Nous les portons, endormis, dans la cage d’escalier de notre immeuble. Mais ce dimanche, nous ne sommes pas rentrés. La France est confinée et nous restons ici.

confinement, littérature, on va tous creverJour 1. Cette nuit, je n'ai pas trouvé le sommeil. Par la fenêtre de mon studio, j'ai regardé midi continuer sur la rue. Le trottoir dégueulasse, les échafaudages sur les branches desquels apparaissent les premières fientes de pigeons. Depuis vendredi 13 mars, je suis encore à Paris, dans le 20 mètres carrés où je passe toutes mes journées depuis des années.
Pour éviter que je côtoie ma mère, il a fallu trouver une solution. Nous avons continué à ne pas nous voir, sans savoir dans combien de temps nous nous reverrons. Ma mère est restée dans sa cambrousse et je suis restée à Paris. D'habitude, je suis chez moi le dimanche soir. Je pleure, je ne veux pas que le week-end se finisse. Je me porte, déprimée, de la chaise de bureau au lit 40 cm à côté. Mais ce dimanche, je ne suis encore pas sortie. La France est confinée et je suis restée ici.

confinement, littérature, on va tous creverTout s’est arrêté. Comme dans un jeu de chaises musicales. Le refrain s’est tu, il faut s’asseoir, ne plus bouger. Un, deux, trois, soleil. Tu as perdu, il faut recommencer. D’un coup, le manège a cessé de tourner.
Il y a une semaine, je faisais encore la promotion de mon dernier roman. Je me réjouissais de rencontrer des lecteurs dans les librairies de France. Certains disaient,
« Je vous fais la bise, ça n’a jamais tué personne », et d’autres se moquaient de moi quand je refusais les selfies ou les poignées de main. « On ne va quand même pas croire à ces conneries », ai-je entendu. Il faut bien y croire puisque c’est là, puisque nous voilà cloîtrés, calfeutrés. Puisque jamais l’avenir n’a paru aussi incertain.

confinement, littérature, on va tous creverNon non rien a changé, tout a continué. Le manège enchanté, tournicoti Tournicoton, moi je suis Pollux et je tournicote en rond.
Il y a une semaine, je faisais encore des examens pour ma dernière maladie. Je me réjouissais de rencontrer des docteurs dans mon hôpital parisien. Certains disaient "
je ne vous serre pas la main, ça pourrait vous tuer" et d'autres se moquaient de moi quand je refusais les poignées de main: "c'est sûr qu'avec ce que vous avez et votre boulot, vous allez choper cette connerie !" ai-je entendu. Il faut bien y croire puisque c’est là, puisque nous voilà cloîtrés, calfeutrés. Puisque jamais l’avenir n’a paru aussi incertain.

confinement, littérature, on va tous creverNous sommes confinés. J’écris cette phrase mais elle ne veut rien dire. Il est 6 heures du matin, le jour pointe à peine, le printemps est déjà là. Sur le mur qui me fait face, le camélia a fleuri. Je me demande si je n’ai pas rêvé. Ça ne peut pas être. Cela ressemble aux histoires qu’on invente à Hollywood, à ces films que l’on regarde en se serrant contre son amoureux, en cachant son visage dans son cou quand on a trop peur. C’est le réel qui est de la fiction.

confinement, littérature, on va tous creverNous sommes cons-finis. J’écris cette phrase mais elle ne veut rien dire. C'est une barbarité, je trouve ça tout à fait bouleversif. Je ne sais pas, je ne sais plus. Il est midi, le jour est bien entamé, il paraît que le printemps est déjà là. Sur le mur qui me fait face, l'échafaudage est désert. Je me demande si je n’ai pas rêvé. Ça ne peut pas être, enfin plus de travaux en permanence, plus de bruits insupportables. Cela ressemble aux histoires qu’on invente à Hollywood, à ces films que l’on regarde en se serrant contre sa bouillotte, en cachant son visage sous la couette quand on a trop peur. C’est le réel qui est de la fiction.

confinement, littérature, on va tous creverJ’aime la solitude et je suis casanière. Il m’arrive de passer des jours sans sortir de chez moi et quand je suis en pleine écriture d’un roman, je m’enferme pendant des heures d’affilée dans mon bureau. Je n’ai pas peur du silence ni de l’absence des autres. Je sais rester en repos dans ma chambre. Je ne peux écrire qu’une fois mon isolement protégé. Le confinement ? Pour un écrivain, quelle aubaine ! 

confinement, littérature, on va tous creverJ’aime la solitude et je suis casanière. Il m’arrive de passer des jours sans sortir de chez moi parce que personne ne m'invite, et quand je suis en pleine écriture d’un roman que personne ne lira jamais, je m’enferme pendant des heures d’affilée dans mon studio. Je n’ai pas peur du silence ni de l’absence des autres. Mais je ne sais pas rester en repos dans ma chambre plus de 3 heures. Je ne peux écrire qu’une fois mon isolement contraint. Le confinement ? Pour un écrivain dans une grande maison en famille à la campagne, quelle aubaine ! Pour un nerveux hyperactif coincé seul dans un petit studio à Paris, quelle plaie !

Le doutage, un journal de confinement bouleversif, à suivre.

 

02/02/2020

Bilan "je suis culturée" de décembre et janvier

le jeu.jpg2 films au ciné :
- Star wars épisode 238 (voir mon article en lien)
- Vivarium de Lorcan Finnegan (sortie le 11 mars)

11 Comédies françaises :
- Le grand bain de Gilles Lellouche, 2018
- Le jeu de Fred Cavayé, 2017
- Un air de famille de Cédric Klapisch, 1996
A l'époque de sa sortie, on me répétait que j’étais le sosie d'Agnès Jaoui. Je confirme 25 ans après que je suis toujours l'insolente anti conformiste de la famille :
" Je tiens tête à cet enculé qui emmerde tout le monde au boulot et voilà comment il me remercie !
- Mais comment peux-tu être aussi vulgaire?
- 0n peut être extrêmement vulgaire sans dire un seul gros mot. Là tu vois, comme tu viens de traiter le serveur, et comme tu traites ton fils... J'appelle ça être vulgaire."

- Un petit boulot de Pascal Chaumeil, scénario Michel Blanc, 2016
petit boulot.jpg- De vrais mensonges de Pierre Salvadori, 2010
- Hors de prix de Pierre salvadori, 2006

- 2 days in Paris de Julie Delpy, 2007
- 2 days in N-Y de Julie Delpy, 2012
Dans le premier, l’héroïne (incarnée par l'actrice réalisatrice) photographe Française qui s'est installée aux États-Unis, revient pour les vacances à Paris et présente son compagnon Américain à ses parents. tout le sel du film tient dans le choc des cultures, la personnalité cocasse de la famille (le père étant réellement celui de Julie Delpy) et l'aspect autobiographique. La scène du chat Jean-Luc trop nourri (au foie gras !) par la mère me rappelle tellement la mienne qu'à l'époque, j'avais conservé l'extrait sur mon dvd enregistreur !Dans le second film, cette fois-ci ce sont les parents qui rendent visite à leur fille. 2 days in Ny me paraît moins drôle et original que le premier opus. On peut également reprocher aux films leur côté ultra bobos branchés.

- Le cerveau de Gérard Oury, 1969
Who's got a computer for a mind ? The brain ! Who's got a IQ like a Einstein ? The brain ! Ecoutez en lien la géniale musique de Georges delerue, interprétée par American breed.

- Les tontons flingueurs de Georges Lautner, 1963
Il connaît pas Raoul ! Bien sûr que si ! Un classique aux répliques cultes qu'on ne présente plus.

- La femme de mon pote de Bertrand Blier, 1983
 
10 Comédies américaines :
after hours.jpg- After hours de Martin Scorsese, 1985
- Annie Hall de Woody Allen, 1977
- Man on the moon de Milos Forman 1989
- Indiscrétions de George Cukor, 1947
- Love and friendships adaptation de Lady Susan de Jane Austen, de Whit Stillman, 2016
- Crazy, stupid, love de John Requa, 2011 (voir ma critique en lien)
- Comment tuer son boss de Sean Anders, 2011
- Yes man de Peyton Reed, 2009
- Sans Sarah, rien ne va de Nicholas Stoller, 2008
- The holiday de Nancy Meyers, 2006

4 Drames :
lobster.jpg- The lobster de Yórgos Lánthimos, 2015
Faites ici le test pour savoir comme dans le film en quel animal vous pourriez être transformé si vous finissez célibataire. Le test a conclu chouette (curieux et sage) corbeau (très intelligent) ou colombe (gentil). J'ai choisi chouette♥.
- Mise à mort du cerf sacré de Yórgos Lánthimos, 2017
- Vox lux de Brady Corbet, 2018
- A star is born de Bradley Cooper, 2018

3 Horreur :
chernobyl.jpg- Get out de Jordan Peele, 2017
- Us de Jordan Peele, 2019
- Insidious, la dernière clé de Adam Robitel, 2018

20 Documentaires :
Détails à suivre

6 Séries :
Coups de cœur :
- Chernobyl
irresponsable.jpg- Irresponsable
- Platane

- The office saison 5
- Nu
- Home for christmas

3 Livres :
- Femmes de dictateur de Diane Ducret
- Agir et penser comme un chat de Stéphane Garnier
- Ma vie avec Virginia de Leonard Woolf

1 expo :
- Vampires, de Dracula à Buffy, la cinémathèque

20/01/2020

Jean-Claude Romand, le roman d'un menteur

romand.jpgJean-Claude Romand, le narcissisme criminel, de Denis Toutenu et Daniel Settelen.
Pour fêter la grande nouvelle de ce début d'année, le retour de Faites entrer l'accusé♥, la meilleure émission juridique de la télé française, quoi de mieux qu'évoquer l'affaire Romand. De toutes les histoires criminelles, celle-ci reste ma préférée, elle
m'a toujours fascinée. Je me souviens des reportages télé de l'époque, puis d'avoir lu le formidable L'adversaire d'Emmanuel Carrère, d'avoir vu le faites entrer l'accusé sur le sujet (à voir en lien), le documentaire Le roman d'un menteur (en lien) et les films sur l'histoire (L'emploi du temps etc)... Il ne me restait plus que le témoignage des psys qui ont interrogé le criminel dans cet ouvrage.

romand famille.jpgRomand porte bien son nom : sa vie est un roman. Comment peut-on mentir à tous pendant 20 ans ? Ce personnage hors du commun voulait être médecin pour séduire la femme qu'il aime, mais il rate sa première année. Plutôt que d'assumer sa défaite, il fait croire qu'il a réussi. Qu'il poursuit ses études, devient docteur, et puis carrément membre de l'OMS... Quitte à mentir pour se la péter, autant revendiquer directement le poste le plus prestigieux.

Pour obtenir le train de vie digne de son prétendu rang, il escroque ses proches, parents, beaux-parents, leur faisant croire à des placements miraculeux en Suisse. Il va même jusqu'à profiter de la détresse de malades en fin de vie, en leur vendant à prix d'or un prétendu nouveau médicament anti-cancer pas encore sur le marché.  Sa famille pense qu'il voyage partout dans le monde ou fait des conférences avec Kouchner (soi-disant un intime), mais il passe en réalité sa vie sur des parkings et des bibliothèques. A combler ses journées en se plongeant dans les livres, il obtient ainsi un vrai savoir médical qui impressionne ses amis devenus de vrais médecins eux, dont un cardiologue qui déclare "à côté de gens comme ça, on se sent tout petit".

Quand ses proches ont enfin des soupçons (après 20 ans, il était temps !) ou réclame leur argent, comment avouer qu'il leur a menti, qu'il n'est pas le grand chercheur de l'OMS qui épate la galerie, mais un chômeur au RSA criblé de dettes ? Impossible, alors il les zigouille (ou tente de le faire). Femme, enfants, parents, beaux-parents, maîtresse, et même le chien (oh non, pas lui !)

Une étude de première main puisqu'elle est écrite par les psys chargés de conclure si Romand était apte à être jugé. On sent que les auteurs ont été affectés et surpris par ce criminel hors-norme. Romand raconte les faits sordides avec une froide précision, avec un regard extérieur, comme s'il ne parlait pas de lui. Il est arrogant, établit lui-même son diagnostic, se veut plus compétent que les professionnels. Il se pose en victime, il n'est pas quelqu'un qui a commis des crimes atroces, mais quelqu'un à qui il est arrivé des choses effroyables.
Après cette étude de personnalité, les psy ont considéré que Romand pouvait comparaître devant une cour d'assises. Il n'est pas fou, "juste" ultra narcissique, son image comptait plus que tout pour lui. Sans réelle personnalité, il ne vivait que pour le paraître, l'idéal qu'il renvoyait. Il pensait qu'être riche, avoir un haut statut social, fréquenter des gens hauts placés (Kouchner) prouvaient sa réussite et sa grandeur.
Il entretenait un sentiment de toute puissance, dû en partie à une enfance choyée par des parents qui ont eu tard cet enfant unique, et l’ont vu comme un miracle. Romand se devait d'être le meilleur, avoir la + belle femme, les + beaux enfants, une grande maison, une carrière prestigieuse. Même pour ce bilan psychologique, sa première question sera de demander aux experts et auteurs de ce livre s'ils viennent de Paris, et il sera déçu d'apprendre qu'ils ne sont "que" Lyonnais. La capitale concentre forcément les meilleurs (reste de la France = province = ploucs). Le caractère exceptionnel de son crime et sa médiatisation continuent d'entretenir son égo : grâce à son crime, il est au centre des projecteurs, il brille.

Ultra narcissique, les autres n'avaient pas pour lui d'existence propre : ils n'étaient là que pour lui être utile (donner de l'argent) et entretenir son image (ses beaux enfants), pour faire pâlir d'envie les voisins et prouver qu'il était admirable. Il voyait ses proches comme une extension de lui-même : en les tuant, puis en brûlant sa belle maison, il s'est tué lui-même. Il ne pouvait pas s'imaginer que sa famille pourrait vivre sans lui et subir la honte de n'être rien. Car sans argent, sans prestige, on est rien pour lui. Mais paradoxalement, Romand admet que c'est en tuant ses proches et l'image qu'il leur renvoyait qu'il a pu devenir lui-même, ne plus vivre dans le mensonge.
Il n'avait pas vraiment de personnalité, il a fait ce qu'on attendait de lui. Ses parents et sa copine le voyaient brillant médecin, il a fait croire qu'il l'était devenu. Surprotégé, peu armé pour le monde (un bizutage au réputé lycée du Parc l'a traumatisé et fait abandonner ses premières études) il s'est crée un monde imaginaire plutôt que d’affronter la réalité. Avec sa tête de nounours inoffensif, on le trouvait insoupçonnable, gentil et serviable, mais il a tué ou tenté de le faire, froidement, 6 personnes. Pendant que sa femme qu'il a assommé avec un rouleau à pâtisserie gisait sur leur lit, il a regardé un dessin animé avec ses enfants (avant de les tuer à leur tour).

Romand est un grand mythomane et manipulateur. Alors qu'il est étudiant, sa petite amie, future épouse, future victime, le largue. Pour la récupérer, il prétend qu'il a réussi médécine et lui fait miroiter un avenir rempli de richesses à ses côtés. Surtout, il l'apitoie en lui faisant croire qu'il a un cancer. Elle ne peut tout de même pas larguer un homme dans un tel état, c'est inhumain ! Il refuse de parler de sa maladie, se rend seul à l'hopital : il paraît ainsi digne et fort, endurant seul cette épreuve. La petite amie admire ce courage et accepte de devenir sa femme. 
Quand les gens posent des questions, il détourne leurs pensées en réactivant son prétendu cancer quand ça l'arrange :
" Au fait chéri, c'est quand que tu m'invites à voir ton bureau de l'OMS ?
- Aïe j'ai mal, je vais plutôt rester ici, j'ai mon cancer qui revient !
- Je ne vais pas te fatiguer avec mes questions, repose-toi !"

En prison, Romand s'est tourné vers la religion, pour vivre encore dans l'illusion d'un homme bon et simplement victime et martyr. Il dispensait ses généreux conseils de médecin. Après 25 ans derrière les barreaux, il a été libéré en avril 2019, et depuis il vit dans un... monastère.