06/01/2013
2013, année de la chansonnite
J’étais (« Encore ! » comme dit Electra) en vacances dans mon trou perdu sans Internet. Mais ce n’est pas de ma faute, mon entreprise fermait pour les fêtes. Sinon vous pensez bien que j’aurais préféré travailler.
Ouah ah ah.
Je suis tellement mieux dans mon open space avec mes grincheux qui n’aiment pas ma chansonnite, plutôt que me promener dans la campagne, me goinfrer de papillotes, et jouer en famille tout le répertoire des Beatles.
Avec ma belle sœur, on maîtrise parfaitement le « wouhouhwhouh ! » sur Oh! darling. Je prends ma voix de crooner pour chanter Baby, it’s you sur le micro rose Hello K*tty de ma nièce, en pointant du doigt la petite qui fait les chœurs « sha lala lala lala ! ». J’attends 1 bonne minute pour me décaler avec le tambourin sur You’ve got to hide your love away, et je sais jouer au piano 3 notes et demi de Oh my love de Lennon. On est prêt pour une tournée.
Pour la nouvelle année, toujours les mêmes résolutions que je ne tiendrai pas…
- Je n’écrirai toujours pas plus régulièrement sur le blog.
- Je n’en lirai pas plus d’autres (ce qui fait que j’ai perdu la grande majorité des commentateurs, mais les meilleurs restent : les fidèles.)
- Je n’atteindrai pas l’objectif « un livre lu par semaine » (je n’ai pas mis à jour ma bibliographie depuis 2010, et j’ai déjà du mal à lire le programme télé en entier, c’est pour ça que je ne tiens plus ma chronique hebdomadaire).
- Je ne mangerai pas moins de chocolat. En plus, on m’en a offert une excellente boîte de Neuvillage (et je suis très difficile, mes collègues ont apporté pour noël des grandes marques de supermarché et se pâment devant, mais ça n’a pas de goût pour moi.) J’me suis tellement goinfrée de papillotes Révé*illon que je n’ai pas pu boire mon cacao Van Houte* au goûter. Mais comme je viens de le lire dans une des citations : « De toutes les passions, la seule vraiment respectable me parait être la gourmandise » Guy De Maupassant.
- Je ne pratiquerai pas plus de sport. J’en faisais souvent car je croyais préserver ma santé, mais j’ai arrêté en me rendant compte que les machines de la salle sonnaient parce que mon cœur dépassait les 210 pulsations… en marchant simplement sur le tapis de course.
Alors qu’au bureau je montais un dossier au 1er étage en passant par l’escalier (mon seul sport de la journée avec les couloirs du métro), un collègue m’a interpellée avant même de me voir. « Comment
tu sais que c’était moi ? » «- J’ai reconnu ton pas lourd de mémé asthmatique ». Devant ma mine déconfite (m’enfin ! j’ai pourtant la grâce du gazelle gambadant dans la savane !) il a rajouté « surtout parce que tu fredonnes tout le temps en tapant le rythme sur le classeur ». Chansonnite aigue, mon bobo-là le plus grave. Si je monte lentement les escaliers, c’est tout simplement parce que je pense à des chansons trop lentes, voilà tout. Impossible de résister à l’envie de reproduire les percussions de And I love her.
- Je n’irai pas plus au cinéma. Je n’ose même pas vous révéler le nombre ridicule de films que j’ai vus en salles en 2012. En revanche j’en vois toujours autant à la télé. J’ai fait mon calcul annuel, si vous voulez deviner…
Par contre, en 2013, je verrai plus de spectacles, de pièces de théâtre et de concerts, résolution déjà bien amorcée l’année dernière. J'ai déjà pu noter 6 dates sur mon bel agenda. J’ai pris par exemple des places pour les concerts d’Alain Souchon et de William Sheller, mes deux chouchous de la chanson française. Quand j’étais petite j’écoutais en boucle les cassettes de Soussou comme je l’appelais, et je connaissais par cœur les paroles de Rame, Jamais content, Le bagad de Lann Bihoué … A 8 ans je la voyais pas comme ça la vie, pas d’attaché case quand j’étais petit. Et je n’en ai toujours pas aujourd’hui !
Voilà une résolution que je ne prendrai jamais : me guérir de ma chansonnite. Au fait, personne n'a cherché l'air que j'ai chanté le 21 décembre au boulot, avec une collègue transformée en choriste... C'était : "Pour la fin du monde, prends ta valise et va là-haut sur la montagne (de Bugarach) on t'attend !". (On a fait sensation). Autre air de circonstance que je chanterai demain, pour inciter les collègues à fêter la galette des rois (tous les prétextes sont bons pour manger et glander au boulot) : "Comme les rois mages, en Galilée, suivaient des yeux l'étoile du Berger..."
Et vous, quels sont vos bonnes résolutions pour cette année ? A votre avis, combien ai-je vu de films en 2012 ?
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| Tags : musique, chanson française, souchon, sheller, bonnes résolutions, travail, siffler en travaillant |
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29/08/2012
Ce soir, je pars
Oh ya pam ma yam
Ouuuuh ouh ouh ouh ouh !
Oh whooooooooh !!
Ah in ah in…
Ce soir, je pars.
Ce soir, c’est le grand départ.
J’aurais pu te dire au revoir
Mais rien, j’ai tout gardé en moi.
Et ce soir dans la gare, je pars.
Prendre l’avion, prendre le train,
Prendre ta main ou bien un bain,
Mais partir !
Ce soir j’ai décidé de partir,
De quitter ma maison, mes souvenirs,
Pour ailleurs !
Hasta luego,
A bientôt si Dieu le veut,
Hasta luego
On se reverra sous peu.
Mais était-ce utile de rester davantage
Fallait-il se dire à tantôt
Je vais reprendre un très long voyage
Dont je ne pense pas revenir bientôt.
Si d’aventure j’ai laissé quelques traces
Elles s’en iront comme tout là-haut
Les longs traits blancs derrière les avions qui passent
Oh, je ne pense pas revenir bientôt.
Non je plaisante, en fait, je reviens. C’était plusieurs billets que j’avais programmés il y a un mois, quand je suis partie justement. Mémé nulle en nouvelle technologie a encore dû faire une erreur.
20 000 lectrices (quatre) m’ayant fait comprendre « promettez-moi d’être bien sage, de penser à moi tous les jours, et revenez dans notre cage, je guette votre retour » « Reviens, on va vivre la main dans la main, l’aventure avec toi c’est si bien » « Il faut revenir, il faut recommencer, reviens je t’en supplie, loin de toi je m’ennuie », me voici.
Pour info, la dernière chanson citée est tellement vieille (et kitsch) que je ne la trouve même pas sur le net pour vous la faire partager. Quel cruel manque à votre culture. La dernière fois que je l’ai écoutée, c’était sur 45 tours (forcément). Le tourne-disque, certainement désespéré de passer la musique pour la trentième fois et surtout de m’entendre chanter dessus, a rendu l’âme. Le disque s’est rayé pile sur « il faut reven’… il faut reven’… il faut reven’… »
Bientôt, le récit palpitant de mes incroyables aventures loin de chez moi. J’ai déjà écrit 8 pages manuscrites et je n’en suis qu’à l’introduction. (En fait j’ai rédigé trois lignes sur mes vacances, qui m’ont rappelé un autre souvenir, puis un autre, et encore un autre, totalement hors sujet).
Partir, partir,
On a toujours un bateau dans le cœur
Un avion qui s’envole pour ailleurs
Mais on n’est pas à l’heure
Et en s’envolant
Les gens, l’argent
Seraient du vent.
Quand je dis loin de chez moi… je plaisante hein. Je vous rappelle que mémé n’a jamais pris l’avion et en a peur. Parce que « n’oublie pas toi si belle, les avions se cassent, et la terre est basse. »
Dans mon deux pièces à Paris, elle répétait toutes les nuits
« on reste pas dans l’hexagone »
je lui disais « laisse-moi faire, je règle quelques affaires, après c’est sûr on taille la zone »
moi, le bureau, l’ordinateur et mon aspirateur, les catalogues de mobile home
je savais que c’était minable, je me suis abonné au câble (canaaaal + !) on taillait pas vraiment la zone
elle me disait « déconne pas, on va pas rester comme ça, je veux les prairies les fleurs jaunes
on va pas faire comme les gens, vivre à cause de l’argent, on laisse tout on taille la zone
Emmenez-moi au bout de la terre, emmenez-moi au pays des merveilles !»
Oui, elle a dû en faire du chemin, cette limace de mon enfance, elle a dû partir bien plus loin que moi sûrement je pense.
Quiz on connaît la chanson : quels sont les dix titres cités et leurs interprètes ?
23:56 Publié dans On connaît la chanson | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : musique, chanson française |
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18/06/2012
Happy birthday McCartney !
Fêter les anniversaires est la spécialité du Chat masqué (je préfère les décès) (on rigole trop avec moi) mais impossible de passer à côté de cette nouvelle : Paul McCartney fête ses 30 ans aujourd’hui !
Oui, j’arrondis, il faut rajouter quelques années, 40 plus précisément (pour ceux qui ont arrêté l’école en CE1, 30+40= 70.) Macca se fait vieux. Heureusement qu’il est immortel et ne viendra jamais remplir ma rubrique nécrologique.
Avant qu’il ne puisse chanter que son rhumatisme devient gênant, « ma pauvre Cécile j’ai 73 ans, je traînais moins la jambe quand j’étais chanteur. J’ai appris que Mick Jagger est mort dernièrement, j’ai fêté les adieux de Sylvie Vartan, mais pour moi ya longtemps que c’est fini », je propose à Macca de faire une série de concerts, gratuits tant qu’à faire, pour son anniversaire. (Je fais des rimes) (Je vais écrire des chansons moi aussi).
Paulo est tout le temps en tournée, il ne se ménage pas. Il participait d’ailleurs au jubilé pour les 60 ans de règne d’Elizabeth II, comme d’autres stars (Elton John, Kylie Minogue, Robbie Williams etc…)Comme je l’ai écrit ici (puis là, et encore ici, et là) pour son dernier concert à Bercy en novembre dernier, on voyait Macca rajeunir au fil des chansons (presque trois heures de spectacle!) Ses traits se détendaient, sa voix semblait plus forte et assurée, il parcourait la scène comme un cabri. Bref il était plus vert que moi. Je vous rappelle que la cardiologue a dû me faire arrêter le test du vélo au bout de 8 minutes en raison de « fatigue du patient » (à jamais gravé dans mon dossier).
Pour fêter l’évènement, je vous ferais bien un traditionnel quiz On connaît la chanson avec en lot une carte postale signée McCartney, mais vous vous doutez que si j’en possédais une, je la garderais pour moi. Alors on va se contenter de quelques chansons méconnues.
On commence par son meilleur album solo, RAM, actuellement en réédition.
Enregistré en 71 peu de temps après la fin des Beatles, Macca y lance quelques piques à Lennon : l'excellente Too many people qui ouvre l’album, où le chanteur s’irrite de voir son ancien acolyte en donneur de leçons (comme le Bed-in for peace sans doute): « Je trouvais que John et Yoko disaient à tout le monde ce que l'on devait faire, d'où la phrase « Too many people preaching practices. » Dans Three legs, Macca déplore : « I tought that I could call you my friend, but you let me down ». Lennon répliquera violemment dans son album Imagine avec la chanson How do you sleep ? et en parodiant la pochette de Ram, le bélier, en le remplaçant par un cochon…
McCartney commente la guéguerre avec la triste et désabusée « Dear friend », dans son album suivant, Wild Life, sorti la même année : « Is this really the borderline ? Does it really mean so much to you ? Are you afraid, or is it true ? »
Après la mort de John, McCartney écrira comme je vous l’ai déjà répété Here today, qu’il joue à chaque concert, des sanglots dans la voix : « and if I say, I really loved you and I was glad you came along, ’cause you were here today, for you were in my song »
Tiens, je ne devais pas fêter un anniversaire en fait, mettre plutôt des chansons joyeuses ? Je me crois encore dans ma rubrique nécrologique.
Donc dans l’album Ram, la chanson la plus appropriée serait le rock endiablé Smile away. Mais j'évoquerais une autre dont je n’ai jamais parlé, que je fredonne très souvent car elle est facile à chanter comme dirait Pascal Brunner. Il s’agit de Heart of the country. D’ailleurs la semaine dernière, me croyant seule dans l’open space (le chef était encore absent, donc les rats avaient quitté le navire) j’étais en pleine roucoulade sur « I’m gonna move, I’m gonna go, I’m gonna tell everyone I know ouhouhouh… » lorsqu’un collègue est rentré : « Han mais c’est toi qui chante comme ça ?! J’ai cru que c’était un mec ! »
Je vais proposer des chansons jamais citées ici, des ballades, la spécialité de McCartney, des mélodies simples comme Electra les préfère (je privilégie les changements de rythme comme dans You never give me your money ou Band on the run) :
Par exemple sur l’album McCartney (il est allé chercher loin le titre) la belle Every night. Mon frère la joue à la guitare et je l’accompagne avec ma voix de crooner, believe me mama.
Dans Red Rose Speedway (1973), la sublime Single pigeon, qui paraît simple mais est difficile à jouer au piano (puis comme j’ai perdu beaucoup de mobilité depuis mon doigt coupé, je ne pourrais jamais la maîtriser. A l’hôpital, en regardant mon doigt ouvert le chirurgien m’a demandé : « vous n’êtes pas pianiste j’espère ? » Déjà que j’avais les deux mains gauches de Gaston Lagaffe.)
Sur l'album Tug of war, sorti en 1982 juste après la mort de Lennon (Here Today en est extraite) j’oublierais Ebony and Ivory enregistrée avec Steevie Wonder, partageant plutôt Somebody who cares :
When your body is coming apart at the seams
And the whole thing's feeling low
you're convincing yourself
That there's nobody there,
I know, I know how you feel
There's always someone, somewhere,
you should know by now
Always somebody who cares !
it's happening day in, day out
Well you know by now
Always somebody who cares
But if you don't know it, how will it find you?
How will we know your whereabouts?
But I know how you feel !
Dans l’album Flowers in the dirt (1989), je citerais Put it there, une des préférées de Macca également. Le titre est une expression que son père utilisait quand Paul angoissait :
Put it there if it weighs a ton,
That's what a father said to his younger son,
I don't care if it weighs a ton,
As long as you and I are here, put it there
Le dernier disque sorti en février, Kisses on the bottom, offre des morceaux jazzy, dont le plus célèbre reste My valentine. Dans le clip, solennel, en noir et blanc, on voit Johnny Depp et Natalie Portman, l’air grave, s’exprimer en langage des signes. Sauf qu’au lieu de faire le geste « Valentine », l’amoureuse, Depp fait celui de l’ « ennemi », ce qui ne manque pas de piquant. L’actrice se plante lamentablement en remplaçant « apparaître » par le signe du … tampon hygiénique. Le clip paraît tout de suite moins classe.
Pour un anniversaire, j’aurais dû choisir des chansons entraînantes, mais au moins vous avez échappé à la traditionnelle rubrique nécrologique : Ray Bradbury, dont on ne brûlera jamais les livres! Kathryn Joosten, l’interprète de Kareen dans Desperate housewives, morte d’un cancer comme son personnage ! Thierry Rolland et la fin de ses phrases lourdes ! Il n’a même pas vu le résultat de l’Euro, il a pu « mourir tranquille » comme il le disait après la victoire de 98, sans voir la France se planter.
Et vous, quelle chanson préférez-vous dans la liste, laquelle auriez-vous citée ?
Petit quiz on connaît la chanson à trouver en début de texte.
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27/05/2012
La rubrique nécrologique de la semaine : Lagaffe danse Stayin' alive
Lundi matin, 8 heures, le réveil se met en route comme chaque jour sur Radio Nostalgie :
« On apprend le décès de Robin Gibb, l’inoubliable Bee Gees, des suites d’un cancer du côlon, à l’âge de 62 ans… »
Je vous laisse deviner quelle chanson m’a occupé l’esprit toute la journée. Quand on invente « staying alive », on n’a pas le droit de mourir.
Déjà, en m’habillant, j’abandonne enfin mon manteau d’hiver pour mettre mon blouson en skaï . Je choisis inconsciemment un jean au fond évasé, un peu patte d’eph, et des bottines en cuir. Bref, le sosie de John Travolta marchant dans Saturday night fever.
Je sors pour rejoindre le métro, toujours la chanson en tête. Je me rends compte que j’avance en rythme, comme l’acteur. (Malgré moi, dès que j’entends de la musique dans la rue, je ralentis et me cale sur le tempo, même si je n’aime pas l’air que j’entends.) Je fredonne. Sur le quai, une femme me fait un large sourire et hoche la tête d’un air entendu. Elle m‘aperçoit chuchoter le « ha, ha, ha, ha, stayin’ alive, stayin’ alive » tout en dodelinant la tête d’un côté et de l’autre. Voyant qu’elle a compris la référence (elle a dû apprendre la nouvelle) je balance furtivement un bras en bas et l’autre en haut avec le doigt levé, comme Travolta. La femme éclate de rire. Un type l’entend et se retourne vers moi, mais replonge immédiatement dans ses pensées. Dans le métro, les gens ne sont guère attentifs et restent dans leur bulle déprimée.
J’arrive au bureau. Le lundi matin, le chef est en réunion jusqu’à 9h30. Alors quand le chat n’est pas là, les collègues partent en longue pause café et la Papillote danse. Seules deux (sur dix) collègues sympas sont présentes. Je rentre par la porte du fond et traverse l’allée centrale de l’open space en chantant :
« Well you can tell
by the way I use my walk
I'm a woman's man
no time to talk
Music loud and women warm
I've been kicked around
since I was born ! »
J’atteins le bout de l’allée et me retourne en faisant le classique déhanché de Travolta. Mes collègues sifflent et tapent des mains :
« Whouhouh ! C’est tout à fait ça !
- Tu danses trop bien ! »
A cet instant, la porte du bureau s’ouvre brusquement :
- C’est quoi ce bordel ?! »
Ouf, ce n’est pas le chef, simplement le collègue qui m’avait demandé de faire son boulot à sa place. Pour une fois, je ne suis pas prise en flagrant délire.
20 minutes plus tard, Prunelle revient de sa réunion. Comme toujours, les conversations cessent en plein milieu d’une phrase. Je trouve cette réaction stupide et hypocrite. Prunelle doit forcément nous entendre jacasser et rire depuis le fond du couloir, et quand il ouvre la porte, plus un bruit ! C’est un chef mais pas un kapo tout de même, même si la traduction signifie la même chose. Il déteste quand on parle, pourtant je rappelle que l’on fait un travail répétitif qui ne nécessite aucune concentration. Alors je papote tout de même de temps en temps pour briser le silence pesant, pour que le temps passe plus vite, et Prunelle pousse de lourds soupirs pour signifier son mécontentement. Parfois quand mes collègues rigolent de mes réflexions, il les gronde comme des enfants : « oh, un peu de sérieux ! » et les employés baissent la tête sans dire un mot jusqu’au restant de la journée, interminable.
Rompant le silence de mort, le collègue qui m’avait surprise dit au chef :
« Vous avez raté quelque chose tout à l’heure !
-Ah ? Quoi ?
-Papillote qui chantait et dansait ! C’était quelque chose !
Le chef me lance un regard furibond. Je suis cramoisie. Mais comme d’habitude, j’en rajoute une couche :
-Nan mais le chanteur des Bee Gees est mort ce matin, fallait bien lui rendre hommage ! »
Et pis d’abord, je n’ai pas chanté Stayin’g alive en entier, seulement le premier refrain, et je n’ai pas fait ma chorégraphie complète, savamment élaborée au fil des soirées arrosées.
Je pense que mon collègue a tenu là sa vengeance, puisque je n’ai pas fait son travail à sa place et qu’il s’est donc fait engueuler par Prunelle.
Je vous rassure, le jour du décès de Donna Summer, je n’ai pas fait la chorégraphie des Full Monty sur Hot Stuff.
19:57 Publié dans On connaît la chanson, Parfois, je travaille | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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01/04/2012
Poisson d'avril, à la télé cette semaine : Ulysse, Conversation secrète, Slumdog millionnaire
C’est le jour des poissons d’avril… Je n’ai pas eu le courage de regarder le JT de TF1 pour deviner la traditionnelle fausse info (en fait il n’y a pas d’info tout court sur TF1). J’admets avoir cru un moment à celle-ci : « Le ministre de l’intérieur Claude Guéant a déclaré que le vote aux élections et référendums sera désormais soumis à une "contribution citoyenne" d'un euro. » Bah, il fallait bien donner cette somme pour participer aux primaires socialistes, puis l’Etat n’a plus d’argent et essaie d’en trouver où il peut…
J'ai vécu un poisson d'avril étrange ce matin en faisant des courses d'urgence (je n'avais plus de cacao, le drame!) La caissière m'a annoncé le prix de mes achats avec un sourire sadique : 6,66 euros. J'ai vu hier l'exposition sur les sorcières et mon avatar est un chat noir, mais je ne prends cependant pas ça comme un signe. En effet, j'ai passé le test de la pesée : si je faisais moins que mon poids, j'étais bonne pour le bûcher. Mes prédécesseurs pesaient 40, voire deux kilos. Je m'attendais à en faire autant (enfin, si peu) mais la balance a affiché 95 kilos, le double de mon poids. Je ne me doutais pas avoir autant forcé sur le chocolat.
Mémé est encore toute chamboulée dans ses habitudes, puisque pour la énième fois Télérama a changé sa présentation et la gueule de son Ulysse, et ce n’est même pas une blague. Il est cette fois-ci dessiné par Riad Sattouf, l’auteur des Beaux gosses, qui ne s’est vraiment pas foulé. Plus de personnage en colère, mon préféré. Ulysse revient !
A la télé cette semaine, un autre Ulysse ce soir sur Arte, avec Kirk Douglas et Anthony Quinn. La mythologie grecque remaniée par Hollywood, mais agréable malgré tout. Ulysse revient, et c’est un bien long chemin.
Demain sur la même chaîne en deuxième partie de soirée, Conversation secrète de Francis Ford Coppola, palme d’or 1974. Thriller paranoïaque où Gene Hackman incarne un espion suspectant un meurtre. Attention, on nous surveille ! Sur un thème similaire, un film français sort mercredi, Aux yeux de tous, rappelant que 673 000 caméras de surveillance filment nos faits et gestes.
Jeudi, M6 programme Slumdog millionaire, grand succès populaire multi récompensé (8 oscars dont celui du meilleur film, meilleur réalisateur et scénario). Pourtant je ne l’ai pas apprécié. Une fois n’est pas coutume, je suis d’accord avec Télérama : « Quelque chose dérange dans ces images exotiques, qui donnent de jolies couleurs même au trafic d’enfant ou à la mort. Entre saris criards, bande-son étourdissante et love story dégoulinante, le message clignote : il y a du bonheur et de la beauté dans la misère, en en plus, sur un coup de bol, on peut s’en sortir. Ce récit invraisemblable souligne au contraire la cruauté d’une réalité très peu glamour. »
Dans une scène, comme si c’était banal, on voit tout de même un enfant mendiant se faire crever les yeux, pour que le pauvre petit apitoie les passants et reçoive plus d’argent. Puis on ne croit pas une seconde à l’histoire d’amour entre la fille sublime et le benêt aux oreilles décollées.
Ado, j’avais beaucoup aimé, par le même réalisateur, l’originalité et la modernité de Petits meurtres entre amis et de Trainspotting (j’avais même acheté la B.O). On sentait déjà dans le deuxième film la misère sublimée. Les personnages y sont des losers drogués, mais quand même fun et cool, puis le héros s’en sort. Je préfère largement les chansons pop de Trainspotting (Lou Reed et Perfect day, Iggy Pop, Elastica et 2:1) que la chanson indienne remixée de Slumdog millionnaire.
Côté documentaire, rediffusion mardi sur Arte de Mein Kampf, c’était écrit (tout est dans le titre) et pour les fans des Monty Python, la réjouissante biographie en six épisodes, Toute la vérité ou presque rediffusée les vendredi soirs.
Pour les abonnés Canal+, je vous conseille Démineurs de Kathryn Bigelow l'ex femme de James Cameron, suspense autour de soldats chargés de neutraliser des bombes à Bagdad, et où chaque passant, chaque immeuble peut cacher un tueur potentiel…
Dans la rubrique nécrologique de la semaine, est décédé Philippe Bruneau, qui faisait des sketches pour le Cocoricoboy de Collaro. J’en ai déjà parlé ici, je n’aimais pas cette émission (j’étais enfant quand elle était diffusée et sa vulgarité me gênait). L’acteur a également joué des seconds rôles dans des comédies populaires comme Un indien dans la ville ou Le coup du parapluie.
Le doyen des acteurs français, et même mondiaux, est mort également, à l’âge respectable de 105 ans. Pierre Gérald jouait entre autres le grand père de Romain Duris dans Les poupées russes, Claude Berri lui a donné son dernier rôle de long métrage dans Ensemble, c’est tout.
Et vous, victime de poisson d’avril aujourd’hui ? Qu’avez-vous vu cette semaine ?
20:27 Publié dans On connaît la chanson, On connaît le film | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : télé, cinéma, ulysse, musique, danny boyle, démineurs, philippe bruneau |
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26/03/2012
Smile away !
La chansonnite ne me quitte pas au travail, mais j'ai résisté aujourd'hui à l'envie de danser sur l'air que je fredonne tous les débuts de semaine. Le lundi au soleil, c'est quelque chose qu'on n'aura jamais, mais j'ai pourtant eu une heure de ciel bleu pendant ma balade quotidienne:
Il faisait beau, le soleil brillait, les oiseaux chantaient, je marchais le nez au vent en sifflotant.
Je vois des jeunes qui me dévisagent et semblent vouloir m’accoster. Je m’apprête à répliquer d’un ton condescendant : « écoute mon petit, j’ai le double de ton âge… » Il m’est déjà arrivé, enfin il y a quelques années, de me faire draguer par des adolescents. Au travail, la femme d’accueil a inscrit sur mon badge « stagiaire » (je ne vois pas comment on peut accepter de ne pas être payé pour un job aussi pourri, déjà que je reçois des clopinettes). Mon collègue neuneu me parlait sur un ton paternaliste comme s’il m’apprenait la vie de sa longue expérience, et il est tombé des nues quand j’ai démonté tous ses arguments un par un, en lui révélant que j’avais en fait 5 ans de plus que lui. Depuis il ne me parle plus, trop honteux de s’être fait remettre à sa place par une femme, cet être inférieur. Je me suis également retrouvée coincée entre deux classes de lycéens, et le prof m’a engueulée parce que je m’écartais du groupe « hé toi, où tu vas ? » -euh, j’ai quitté le lycée depuis longtemps … » (on voit l’enseignant proche de ses élèves et qui les connaît bien). Les exemples sont nombreux.
Je marchais donc le nez au vent. Ca ne loupe pas, le jeunot m’accoste.
- « Hé madame…
Je me prépare : -Ecoute mon petit… Euh…MADAME ?!
-Si vous auriez une fille, je l’épouserais bien ! »
Là, vous visualisez comme dans les films, le miroir qui se brise, le personnage qui se prend une porte/un râteau/un seau d’eau, Nicky Larson frappé par un coup de massue, Carrie Bradshaw crânant en voyant sa trombine sur un bus et qui se fait éclabousser par celui-ci, Coyote qui court après Bip-Bip et se rend compte trop tard qu’il est au-dessus d’un ravin et s’écrase comme une merde.
Je suis donc passée en l’espace de quelques secondes de l’âge de 16 ans à environ 45.
Comble de l’ironie, je fredonnais comme très souvent Smile away de Paul McCartney, une des préférées du Chat masqué également (on ne peut qu’aimer si on apprécie le rock'n' roll, cliquez sur le lien !) :
« I was walking down the street the other day
Oh, who did I meet ?
I met a friend of mine and he did say :
« man I can smell your feet a mile away ! »
Smile away, smile away, smile away… »
A ce propos, l’excellent album dont est tiré cette chanson, Ram, va être réédité dans les semaines à venir. Je vous le conseille vivement si vous ne connaissez pas encore ce bijou.
Et vous, des coups de vieux récemment ?
19:28 Publié dans On connaît la chanson, Parfois, je travaille | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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14/03/2012
Les résultats du quiz on connaît la chanson : merci patron
Quel plaisir de travailler pour vous, on est heureux comme des fous ! Vous m’avez épatée ! Quels lecteurs culturés, reconnaissant du premier coup d’œil que c’est Jérôme, Dalida, Jauni… Une seule citation sur les 20 n’a pas été trouvée, mais elle était particulièrement difficile : « Je cherchais des prénoms : « Matthieu, Cécile ? » en regardant courir vers 10 heures, dans l’école des filles et des garçons » Il s’agit de la chanson « Dites-moi » de Michel Jonasz. (Dites-moi, dites-moi, même, qu'elle est partie pour un autre que moi, mais pas à cause de moi ! Dites-moi ça, dites-moi ça)
Avec le film Cloclo qui sort aujourd’hui et le matraquage dans les médias, j’ai Claude François dans la tête en permanence. Je vous laisse deviner la chanson que je sifflote depuis lundi sur mon lieu de travail, en observant avec envie le magnifique ciel bleu à travers les barreaux carreaux de ma prison mon bureau… (une agence m’a invitée à voir le film, mais à une heure indue pour mémé, 20 heures à l’autre bout de la ville. Mémé ressortir de son nid douillet, la nuit, impossible voyons… mais je ne suis pas contre une diffusion l’après-midi en sortant du taf – ça ne fait que six invitations que je décline hein…)
Pour vous inciter à regarder les vidéos que je place sans cesse en lien, j’ai recopié le texte original, où les citations sont cachées, et j’ai mis les chansons en rose. Il suffit de cliquer dessus pour avoir les réponses et entendre de douces mélodies. Le procédé peut paraître rapide, mais au contraire, il faut trouver des clips potables parmi les centaines proposés... Si vous lisez depuis votre lieu de travail (je rappelle que je n’ai pas Internet dans mon boulot pourri) vos collègues seront ravis d’écouter des génériques de dessins animés, je vous propose même de chanter en chœur pour mettre une bonne ambiance au bureau.
Tout a commencé par une pensée persistante, obsédante : « oh, fini, fini pour moi ».
Ce boulot me déprime t-il tant ? Ou alors j’espère simplement la fin de la journée ?
Les symptômes se poursuivent par : « Moi j’attendais la récré pour aller au café boire un chocolat »
Oui ça doit être ça, j’ai besoin d’une pause dans ce travail répétitif.
« Je voudrais partir avec vous tout au bout du ciel, sur vos ailes » (Je hais cette chanson gnangnan.)
La récré est vraiment nécessaire, je ne vais pas bien.
« De vague à l’âme en terrain vague, tu divagues ! »
Oui, je divague complètement. Mais que m’arrive-t-il ?
Je laisse s’échapper des sons bizarres, incompréhensibles. Des marmonnements, des plaintes, des murmures de souffrance ? Le volume est de plus en plus audible, mon voisin me regarde bizarrement. Je comprends, j’en parle, ma collègue m’encourage.
Ma chansonnite aigue atteint son apogée. Tous ces prénoms inscrits sur ces dossiers me rappellent des mélodies, qui me restent en tête et que je sifflote pendant des heures. Une maladie incurable, mais pas bien grave. « Ca vaut mieux que d’attraper la scarlatine, ça vaut mieux que d’avaler de la mort aux rats. » (ma mère chante tout le temps cet air). Ma collègue se prend au jeu et tente de deviner les airs que je fredonne :
« Dis-moi, Céline, les années ont passé, pourquoi n’as-tu jamais songé à te marier ? »
« La place rouge était vide, devant moi marchait Nathalie ! Elle avait des cheveux blonds mon guide, Nathalie !! »
« Cécile, ma fille »
« C’était bien, chez Laurette, quand on faisait la fête, elle venait vers nous, Laurette ! »
« Oui, Jérôme, c’est moi, non je n’ai pas changé, je suis, toujours, celui qui t’a aimé ! »
« Mais Nicolas, il veut pas qu’on l’embête, tout ce qu’il a dans la tête, c’est qu’il veut rentrer chez lui… J’veux pas rester ici. » (en cette période électorale, une chanson que j’ai chaque jour en mémoire… Je l’apprécie beaucoup, parce que je la chante à mon neveu quand il séjourne chez sa grand-mère pendant les vacances scolaires)
Ma collègue tente de me poser des colles :
« Je te donne des noms et tu dois chercher des chansons !
- « Chercher le garçon ? Trouver son nom ? »
-Mais j’ai pas encore commencé !
- « Je cherchais des prénoms : « Matthieu, Cécile ? » en regardant courir vers 10 heures, dans l’école des filles et des garçons »
-Tu me fais trop rire !
-« Rire et… chan-sons !!! »
- T’es vraiment dingue !
- Je suis MA LA DEUHHHHH, complètement MA LA DEUHHHHHHH ! » (je n'aime ni la chanson ni son interprète)
-« Tiens Papillote, tu as une chanson avec le prénom Eric ?
-Tes états d’âme, sont pour moi Eric, comme les Etats d’Amérique ! Je les visite un par un Eric, dans leur ordre alphabétique ! »
- Lucile ?
« Partout, au soleil, sous la pluie, quand ils voient s’avancer les grands yeux de Lucile, partout les garçons se bousculent et la rue un instant prend un air de folie ! » J'adorais ce dessin animé si romantique, mais je trouvais le gamin et son chat très moches et insupportables.
- Sarah ?
- Princesse ! Princesse ! Tu es bien jolie !!!
-Ah là tu vas pas trouver ! Gilbert ! Pas un prénom pour une chanson ça !
- Gigi ! O Gigi, personne ne sait d’où tu viens, tu nous crées un monde angélique, où tout devient féerique… c'est grâce à toi Gigi !
-Oh ! Tu triches ! Puis tu ne vas pas nous sortir que des chansons de dessins animés !
-A-rri-va… Gigi l’amoroso !
Un collègue nous interrompt :
-Oh c’est fini Dalida !
-Laissez-moi chanter ! Laissez-moi… Laissez-moi danser, chanter en liberté… »
Je ne sais pas si ça a un lien, mais quelques jours plus tard le chef m’a changé de bureau. A la place de mon fan club, je me retrouve avec un vieux type aussi sympa qu’une porte de prison. Ce n’est pas avec lui que je vais développer mon répertoire radio nostalgie. Mais aujourd’hui, mes vieux démons ont repris le dessus et je n’ai pas pu m’empêcher de fredonner…
Je conclurai par :
« Ris-en si tu veux, il faudra bien y croire !
C’est comme dans un vieux rock n’roll
J’ai dans la tête un transistor qui fredonne
Comme dans un très vieux rock n’roll
Serre la main d’un fou, que rien ne raisonne ! » J'adore William Sheller, peut-être mon chanteur français préféré.
Bravo à tous les participants ! Comme toujours, meilleur score pour Catherine, puis pour Aurélie. Dernier petit quiz : quelle est la chanson de Cloclo qui me trotte dans la tête au travail ?
22:18 Publié dans On connaît la chanson | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : chanson française, musique, william sheller, cloclo le film |
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08/03/2012
Merci patron, quel plaisir de travailler pour vous
On est heureux comme des fous!
Dans mon boulot inintéressant, je dois enregistrer à la chaîne des données, et le nom des gens auxquels elles sont rattachées.
Dans l’open space (m’a tuer), le bruit des ordinateurs est parfois interrompu par quelques soupirs de collègues désespérés, comptant les minutes passer.
Très vite, ma maladie incurable se manifeste.
Atteinte au plus haut degré, je ne m’en rends pas compte immédiatement. Je ne comprends pas d’où proviennent les symptômes, pourquoi ils persistent au fil des heures.
Les signes empirent les jours suivants, toujours sans m’en apercevoir. Cette fois, ils sont visibles pour mes collègues. Ou plutôt audibles.
Mes compagnons de misère commencent à me jeter des regards fugaces et étonnés. Une fille pouffe.
Et je saisis enfin. Me savoir victime de la maladie ne me donne pas envie de la combattre. Je le répète : je suis trop atteinte pour lutter.
Il vaut mieux parler ouvertement de ses problèmes. Alors, comme aux alcooliques anonymes, je fais mon mea culpa. Ma collègue m’explique que ce n’est pas une tare, au contraire.
Me voyant encouragée, je ne cherche plus à cacher ma maladie, je la laisse se développer, au plus grand plaisir de ma collègue compréhensive et bon public.
Tout a commencé par une pensée persistante, obsédante : « oh, fini, fini pour moi ».
Ce boulot me déprime t-il tant ? Ou alors j’espère simplement la fin de la journée ?
Les symptômes se poursuivent par : « Moi j’attendais la récré pour aller au café boire un chocolat »
Oui ça doit être ça, j’ai besoin d’une pause dans ce travail répétitif.
« Je voudrais partir avec vous tout au bout du ciel, sur vos ailes »
La récré est vraiment nécessaire, je ne vais pas bien.
« De vague à l’âme en terrain vague, tu divagues ! »
Oui, je divague complètement. Mais que m’arrive-t-il ?
Je laisse s’échapper des sons bizarres, incompréhensibles. Des marmonnements, des plaintes, des murmures de souffrance ? Le volume est de plus en plus audible, mon voisin me regarde bizarrement. Je comprends, j’en parle, ma collègue m’encourage.
Ma chansonnite aigue atteint son apogée. Tous ces prénoms inscrits sur ces dossiers me rappellent des mélodies, qui me restent en tête et que je sifflote pendant des heures. Une maladie incurable, mais pas bien grave. « Ca vaut mieux que d’attraper la scarlatine, ça vaut mieux que d’avaler de la mort aux rats. » Ma collègue se prend au jeu et tente de deviner les airs que je fredonne :
« Dis-moi, Céline, les années ont passé, pourquoi n’as-tu jamais songé à te marier ? »
« La place rouge était vide, devant moi marchait Nathalie ! Elle avait des cheveux blonds mon guide, Nathalie !! »
« Céciiiiiiiileuh, ma filleuuuuh »
« C’était bien, chez Laurette, quand on faisait la fête, elle venait vers nous, Laurette ! »
« Oui, Jérôme, c’est moi, non je n’ai pas changé, je suis, toujours, celui qui t’a aimé ! »
« Mais Nicolas, il veut pas qu’on l’embête, tout ce qu’il a dans la tête, c’est qu’il veut rentrer chez lui… J’veux pas rester ici » (en cette période électorale, une chanson que j’ai chaque jour en mémoire en lisant les magazines ou en regardant le Petit journal… Je l’apprécie beaucoup, parce que je la chante à mon neveu quand il séjourne chez sa grand-mère pendant les vacances scolaires)
Ma collègue tente de me poser des colles :
« Je te donne des noms et tu dois chercher des chansons !
- « Chercher le garçon ? Trouver son nom ? »
-Mais j’ai pas encore commencé !
- « Je cherchais des prénoms : « Matthieu, Cécile ? » en regardant courir vers 10 heures, dans l’école des filles et des garçons »
-Tu me fais trop rire !
-« Rire et… chan-sons !!! »
- T’es vraiment dingue !
- Je suis MA LA DEUHHHHH, complètement MA LA DEUHHHHHHH ! »
-« Tiens Papillote, tu as une chanson avec le prénom Eric ?
-Tes états d’âme, sont pour moi Eric, comme les Etats d’Amérique ! Je les visite un par un Eric, dans leur ordre alphabétique ! »
- Lucile ?
« Partout, au soleil, sous la pluie, quand ils voient s’avancer les grands yeux de Lucile, partout les garçons se bousculent et la rue un instant prend un air de folie ! »
- Sarah ?
-Princesse ! Princesse ! Tu es bien jolie !!!
-Ah là tu vas pas trouver ! Gilbert ! Pas un prénom pour une chanson ça !
- Gigi ! O Gigi, personne ne sait d’où tu viens, tu nous crées un monde angélique, où tout devient féerique…
-Oh ! Tu triches ! Puis tu ne vas pas nous sortir que des chansons de dessins animés !
-A-rri-va… Gigi l’amoroso !
Un collègue nous interrompt :
-Oh c’est fini Dalida !
-Laissez-moi chanter ! Laissez-moi… Laissez-moi danser, chanter en liberté… »
Je ne sais pas si ça a un lien, mais quelques jours plus tard le chef m’a changé de bureau. A la place de mon fan club, je me retrouve avec un vieux type aussi sympa qu’une porte de prison. Ce n’est pas avec lui que je vais développer mon répertoire radio nostalgie. Mais aujourd’hui, mes vieux démons ont repris le dessus et je n’ai pas pu m’empêcher de fredonner…
Je conclurai par :
« Ris-en si tu veux, il faudra bien y croire !
C’est comme dans un vieux rock n’roll
J’ai dans la tête un transistor qui fredonne
Comme dans un très vieux rock n’roll
Serre la main d’un fou, que rien ne raisonne ! »
Quiz On connaît la chanson : quelles sont toutes les chansons citées et leurs interprètes ? N’oubliez pas de trouver les prénoms cachés dans le 4ème paragraphe, débutant avec « oh, fini, fini pour moi ». Il y a 20 chansons en tout (+ celle du titre)…
A vous de jouer ! Réponses bientôt
21:01 Publié dans On connaît la chanson, Parfois, je travaille | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : travail, merci patron, les charlots, chanson française, musique, petit journal de yann barthès |
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04/03/2012
La rubrique nécrologique et les films de la semaine : Davy Jones des Monkees, Rinaldi des Charlots, Nobody knows
Dans la rubrique nécrologique de la semaine, deux comiques sont décédés. Si les acteurs / chanteurs de mon enfance pouvaient arrêter de crever maintenant, merci hein, j’ai l’impression d’avoir 105 ans en plus. Non mais, 69 ans pour le charlot Gérard Rinaldi, 66 ans pour Davy Jones le chanteur principal des Monkees, pouvaient pas attendre un peu non ? J’interdis formellement à McCartney (70 ans en juin) et à Jean Rochefort (81 ans !) de mourir avant une bonne centaine d’années, après moi donc (j’ai décidé de battre le record de Jeanne Calment).
J’ai découvert les Monkees adolescente, lorsque la 5ème chaîne a eu la bonne idée de rediffuser cette série culte des années 60. (cliquez sur le lien) J’ai tout de suite été emballée par l’esprit très « 68 » et baba cool du feuilleton, où 4 jeunes gens insouciants et drôles défendent les plus faibles dans des aventures loufoques et psychédéliques. Chaque épisode était ponctué par des chansons qui ont connu un succès planétaire. Vous connaissez certainement l’une d’elles, I’m a believer, reprise dans le film Shrek.
Les mélodies des Monkees singeaient (c’est le cas de le dire) celles des scarabées les Beatles, mais ces derniers appréciaient l’hommage et ont même invité le groupe aux séances de répétitions de Sergent Pepper à Abbey Road. Dès que j’ai un petit coup de mou (comme aujourd’hui où il pleut sans cesse) je danse sur les Monkees, leurs chansons pop et psychédéliques me mettent immédiatement la pêche. Mes préférées sont (cliquez sur les liens !) Valleri, The girl I knew somewhere, Stepping stone, For Pete’s sake, Mary Mary, Listen to the band… J'espère que ces chansons vous feront le même effet ! " In this generation, in this loving time, in this generation, we will make the world shine !"
A la fac, quand j’avais expliqué que j’adorais les Monkees, un camarade s’était offusqué : « quoi, ce boys band qui parodie les Beatles ? Tu rigoles ? » A noter que le type en question joue dans un groupe qui joue et chante (faux !) de la soupe, et imite pitoyablement les fab four…
Davy Jones, (à ne pas confondre avec David Jones, le vrai nom de Bowie, ni la créature de Pirate des caraïbes !) était mon Monkee favori, peut-être parce qu’il était le seul Anglais du groupe et apportait sa touche flegmatique. En plus il ne mesurait qu’un mètre 60, je trouvais ça chou !
A la même époque et dans le même esprit parodique et un peu contestataire, les Charlots ont également perdu leur leader cette semaine, Gérard Rinaldi. Ma chanson préférée et que je cite souvent ici reste Merci patron. Même si je ne regarde plus aujourd’hui les multiples rediffusions des films sur la TNT, j’appréciais l’esprit lourdingue des Charlot. J’ai toujours des 33 tours, avec des chansons qui prouvent la plus grande finesse d’esprit et qui font partie du plus haut patrimoine culturel français, mais que j’adore toujours chanter au 42ème degré : Paulette la reine des paupiettes, L’ANPE, Ah les fraises et les framboises, Pétronille, tu sens la menthe, Je suis trop beau (parodie de Dutronc)…"Il y a tant de gens qui se dépêchent, pour n'importe quoi, n'importe comment, moi je chante en attendant que ça sèche, et je m'en trouve bien content !"
A la télé cette semaine, lundi soirée spéciale enfance meurtrie sur Arte, avec Nobody knows et L'été de Kikujiro. Le premier est inspiré d’un faits-divers japonais : quatre enfants cachent la mort de leur mère et décident de se débrouiller seuls. Dans le deuxième film réalisé par Takeshi Kitano (Sonatine, Hana-bi...) un voyou ronchon accompagne à travers tout le Japon un jeune orphelin à la recherche de sa mère. Préparez les mouchoirs, mais vous avez échappé au magnifique Tombeau des lucioles, qui ferait pleurer une pierre.
Jeudi, soirée film fantastique, avec sur TMC Jurassic park, qu’on ne présente plus, et Hellboy2 de Guillermo del Toro sur W9, j’en ai déjà parlé.
Cette semaine on commémore la catastrophe de Fukushima avec des « documentaires qui donnent envie de se réfugier dans une grotte » toute la soirée de mardi sur Arte. Le lendemain on célèbre la journée de la femme avec le film La domination masculine, inspiré de Bourdieu, mais qui survole plusieurs sujets. Suit un documentaire sur les suffragettes qui se battaient pour le droit de vote en Angleterre. Elles l’ont obtenu en 1918, mais les Françaises ne l’ont eu que 26 ans plus tard, en 1944…
Pour les abonnés canal+, je vous conseille Virgin Suicides de Sofia Coppola, Le discours d’un roi, oscar du meilleur film l’année dernière, Même la pluie avec Gabriel Garcia Bernal♥♥ et Avant l’aube de Raphaël Jacoulot, très bonne surprise, thriller psychologique avec Jean-Pierre Bacri et le glaçant Vincent Rottiers, je lui prédis un grand avenir dans le cinéma français.
Et vous, appréciez-vous les Charlots et les Monkees ? Que pensez-vous de ces films ?
P.S : je me suis couchée à 3 heures du matin dimanche dernier pour regarder le tapis rouge des Oscar et prendre des notes pour écrire un billet. J'ai de quoi faire, mais je n'ai pas trouvé le temps ni le courage de rédiger à cause du boulot... "Merci patron, Quel plaisir de travailler pour vous, on est heureux comme des fous !"
20:12 Publié dans On connaît la chanson, On connaît le film | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : télé, cinéma, musique, chanson française, dvy jones, monkees, gérard rinaldi, les charlots, the beatles |
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10/01/2012
Portrait chinois
Thé citron m’a taguée ! Bien longtemps que je n’ai pas rempli de questionnaire, pourtant on m’en a proposé une dizaine…
1. Si j'étais un personnage de dessin animé :
En BD, j’aurais dit Gaston Lagaffe (mon surnom est Gastonne). Je dis toujours M'enfin, j'ai deux mains gauches, je suis l'amie des bêtes, etc. J’ai joué récemment avec des gosses au « je te mets un nom sur le front et tu dois deviner qui tu es ». Ils étaient très fiers de leur trouvaille : « c’est tout à fait toi ! » J’étais le capitaine Haddock. Certainement parce que je peste facilement (je m’étais déjà comparée à Donald).
2. Si j'étais un film :
Beaucoup trop difficile comme question, il y en a tellement. Coup de tête peut-être ? Je rêve de faire un jour comme l’anti-héros : réunir à un banquet solennel tous les gens qui l’ont emmerdé dans sa vie et leur dire : « Je lève mon verre à la plus formidable bande de salopards que j’ai jamais rencontrée. Je lève mon verre au tas d’ordures qui m’entoure… et ya de quoi remplir une sacrée poubelle ! »
3. Si j'étais une époque :
Mémé radio Nostalgie fana de Beatles choisirait les années 60 bien sûr. J’aurais tenté de rencontrer McCartney quand il était encore le Beatle mignon (aaah, cette vidéo où il joue Hey Jude, les premières images en gros plan, qu'est ce qu'il est chou, hiii avec ses grands yeux verts innocents... non ?) Mon oncle est allé au premier concert des Beatles en France à l’Olympia en 1964. A cette époque j’aurais aussi sûrement trouvé du travail plus facilement dans la branche qui m’intéressait, au lieu d’obtenir de temps en temps des boulots merdiques.
4. Si j'étais un vêtement :
Mémé déteste le shopping. Le dernier vêtement acheté remonte à plus d’un an. Des chaussures, des années… Je dirai le maillot de corps blanc, sur lequel était inscrit mon nom avec une étiquette derrière le col (pour que l'habit ne se perde pas dans les voyages scolaires, parmi les pires souvenirs de ma vie).
Puis la présentatrice de Sam dynamite en portait souvent, alors je pouvais faire comme elle devant ma télé (et ma poignée de corde à sauter en guise de micro). Sam dynamite ! Qui s’en souvient ? Denver, le dernier dinosaure ! C’est mon ami et bien plus encore ! Bon, la fille n’a pas de tricot de corps blanc dans le générique, mais je vous assure qu’elle en mettait. J’en possède encore une douzaine, pratiques et chauds à mettre sous les pulls. (Mais mon nom n’est plus inscrit dessus quand même)
5. Si j'étais une chanson :
Sans trop réfléchir, je dirais I’m only sleeping, qui est pourtant une chanson de Lennon. Eh oui. (Macca n’a jamais été très doué pour les paroles mais plutôt pour les mélodies).
Keeping an eye on the world going by my window
Taking my time
Lying there and staring at the ceiling
Waiting for a sleepy feeling...
Please, don't spoil my day, I'm miles away
And after all, I'm only sleeping…
Sinon, peut-être Sous quelle étoile suis-je né de Michel Polnareff ? (D’autres chansons correspondent certainement mieux)
Sous quelle étoile suis-je né,
J’en suis encore à me le demander
Je chercherai, peut-être encore
Lorsque sonnera l’heure de ma mort
Ai-je choisi le bon sentier ?
J’en suis encore à me le demander
Je voudrais ne pas regretter
Lorsque sonnera l’heure de ma mort
Sur l’amour, sur l’amitié
Mon avis n’aura t’il pas changé ?
Seront-ils à mon chevet
Lorsque sonnera l’heure de ma mort
6. Si j'étais un moyen de transport :
Enfant j’étais fascinée par un dessin animé, diffusé peu de temps et dont je ne parviens pas à retrouver le nom. L’héroïne pouvait se rendre instantanément où elle voulait en criant « Télétransportation ! » Si quelqu’un se souvient de ce manga qu’il me fasse signe.
Sinon, comme Filou, je dirais le train, surtout le TGV. J’adore me poser pour lire, alors qu’en voiture le mal de tête survient en 1 km. Puis je suis écolo, je déteste les bagnoles, j’ai peur depuis l’enfance d’avoir un accident, surtout que des personnes sont mortes ainsi autour de moi (enfin, pas très proches non plus). Je refuse catégoriquement de passer mon permis. Puis comme chante Joe, à Paris en vélo, on dépasse les autos.
7. Si j'étais une émission télé :
Le Petit Journal de Papillote, euh, Yann Barthès ? J’ai déjà réussi à lui piquer son fauteuil, je lui prendrais bien sa place comme dirait Nagui. (Nan, Yannounet est irremplaçable, mais pour faire quelques sketches avec Eric et Quentin… je les trouve de plus en plus en dessous de la ceinture, je tenterai de relever le niveau.)
Suite demain
Et vous, qu'auriez-vous répondu ?
08:32 Publié dans Je suis culturée, Oh ? y a des gens autour ! | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : capitaine haddock, gaston lagaffe, musique, beatles, polnareff denver, dessins animés, cinéma français |
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