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11/12/2017

Le quiz On connaît la chanson de Johnny

quiz johnny hallyday, musique, quiz chanson, chanson française1) Retrouvez les paroliers de ces chansons :
A - Le pénitencier     a) Michel Berger
B - Retiens la nuit    b) Jean-Jacques Goldman
C - Allumez le feu    c) Gérald De Palmas
D - Laura                d) Zazie
E - Oh Marie           e) Hugues Aufray
F - Quelque chose de Tennessee f) Charles Aznavour

2) Quelle chanson n'est pas une reprise :
- Noir c'est noir  
- Le pénitencier 
- L'idole des jeunes  
- Souvenirs souvenirs 
- Je veux te graver dans ma vie
- Un jour viendra

3) Pour qui Gilles Thibaut avait-il initialement écrit, à sa demande, la chanson Ma gueule ?
- Jacques Dutronc
- Eddy Mitchell
- Alice Sapritch

4) A qui s'adressait la chanson cheveux longs idées courtes ?
- John Lennon
- Antoine
- Christophe
- Daniel Balavoine

5) De quelle chanson sont extraites ces paroles ?
Quand mon corps sur ton corps
Lourd comme un cheval mort
Ne sait pas, ne sait plus
S'il existe encore

6) Complétez le titre de la chanson :
Les gens m'appellent .?.?.?, il en est même qui m'envient
Mais ils ne savent pas, dans la vie, que parfois je m'ennuie
Je cherche celle qui serait mienne, mais comment faire pour la trouver?
Le temps s'en va, le temps m'entraîne, je ne fais que passer.

7) Retrouvez les titres de ces chansons :
Et même si c'est pas vrai, si on te l'a trop fait 
Si les mots sont usés, comme écrits à la craie 
On fait bien des grands feux en frottant des cailloux 
Peut-être avec le temps, à force d'y croire 
On peut juste essayer pour voir 

8) Cette volonté de prolonger la nuit
Ce désir fou de vivre une autre vie
Ce rêve en nous avec ses mots à lui

9) J'ai jamais su trouver les gestes
Qui pouvaient soigner tes blessures
Guider tes pas vers le futur
A tous les signaux de détresse
Dis, comment j'aurais pu faire face
Pris entre le feu et la glace ?

10) J'y mets mes joies, j'y mets mes peines
Et tout ça ça devient le blues 
Je le chante autant que je l'aime 
Et je le chanterai toujours 

A vous de jouer ! Résultats bientôt


26/11/2017

Lennon/McCartney, l’œuvre impie

lennon.JPGJe me rends chez mon ami qui s'est enfin décidé à mettre des tableaux pour égayer ses murs blancs (d’hôpital). Je lui ai offert deux chefs d’œuvres toiles, il en a exposé une seule pour l'instant (trop de beauté d'un coup l'éblouirait). Il en a installé d'autres. Dont cette image blasphématoire. On y voit Lennon, tout seul.
Déjà, toute personne sensée possède plutôt un poster des Beatles et un de McCartney. Comme moi donc. Passons, chacun à des moments d'égarement. La vue dans son salon de Paul le Dieu vivant pourrait le perturber, en le plongeant dans un sentiment d'extase permanente, il a donc choisi un simple disciple.

Mais sur le tableau, pour prouver qu'il était un grand artiste, des titres de chansons sont inscrits sur le visage de Lennon. A commencer par Hey Jude, Yesterday et Eleanor Rigby. C'est-à-dire, comme vous le savez maintenant grâce à mes derniers articles de blog, grâce à votre grande prêtresse préférée qui propage la bonne parole, trois chansons de McCartney. (LE MEILLEUR LE SEUL ET UNIQUE) (le père le fils et le saint esprit). Dans la quinzaine de titres sur la toile, on peut même en lire un de George, Here comes the sun.

Pourtant, sur cette hérésie, c'est le visage de Lennon seul qui apparaît (A BAS LES FAUSSES IDOLES). Je demande une explication à cette infamie :
"- Oui mais les chansons des Beatles sont co-signées Lennon/McCartney. Et pour moi, Lennon est le vrai leader."

SACRILEGE, MECREANT ! Il faut rendre à César ce qui est à César, et les vaches seront bien gardées ! COMMENT OSE-T-IL !

A ce moment là, autant mettre sur la gueule de Lennon "Pain't it black" et "Alexandrie Alexandra".
Ou afficher un poster de Zola avec marqué "Harry Potter et la chambre des secrets" "Natacha a perdu son chat" (ne riez pas, j'adorais ce livre de la bibliothèque verte).

Oui je sais, ce blasphème peut heurter les âmes sensibles. Je songe à brûler cette œuvre impie. Il motiverait un divorce pour faute après "avoir violé gravement les devoirs découlant du mariage" (je me suis renseignée au cas-où).

21/10/2017

I'm a loser

for sale.jpgPas moi, John Lennon. Il écrit cette chanson en pleine Beatlemania, en 1964. Le groupe enchaîne les tournées, les émissions télé, et le studio les somme d'enregistrer deux albums par an pour exploiter le filon. Les jeunes gens sont épuisés, se sentent floués : leur manager, les producteurs se sucrent largement au passage et peu d'argent revient dans la poche des artistes.
Mais la meilleure entourloupe restera celle de Michael Jackson : il rachète tout le répertoire des Beatles en 1989, et lorsque McCartney veut jouer ses propres chansons, il doit en payer les droits... Paul explique : « Je me considérais comme le grand frère de Michael. J'ai accepté de chanter avec lui à ses débuts (avec say say say). Après le succès de Thriller, il m'a dit en blaguant qu'il se paierait un jour mes chansons. Évidemment, cela m'a fait éclater de rire. » Cette déconvenue n'empêche pas Mccartney d'être aussi riche aujourd'hui que la reine d'Angleterre, et Yoko Ono la veuve de Lennon, milliardaire.

L'exploitation des Beatles se ressent bien dans le titre de l'album où paraît I'm a loser : "Beatles for sale". Obligés par contrat de sortir un disque mais n'ayant pas le temps de composer, le duo légendaire propose de simples reprises, mais imagine aussi ses premières chansons sombres et désabusées, dont I'm a loser. Pour celle-ci, Lennon s'inspire de Bob Dylan, dont il est fan : « c'est de moi dans ma période Dylan. Une partie de moi considère que je suis un perdant, une autre que je suis Dieu tout puissant. »

Avec I'm a loser, Lennon s'éloigne des chansons d'amour standards et livre pour la première fois une chanson personnelle :

musique,quiz chanson,beatlesI'm a loser
Je suis un perdant
I'm a loser
And I'm not what I appear to be
Et je ne suis pas ce que l'on croit

Of all the loves I have won or have lost
De toutes les amours que j'ai gagnées ou perdues
There is one love I should never have crossed
Il est un amour que j'aurais mieux fait de ne jamais croiser
She was a girl in a million, my friend
C'était une fille unique, mon ami
I should have known she would win in the end
J'aurais dû savoir qu'elle finirait par gagner

I'm a loser
Je suis un perdant
And I lost someone who's near to me
Et j'ai perdu quelqu'un qui est proche de moi
I'm a loser
Je suis un perdant
And I'm not what I appear to be
Et je ne suis pas ce que l'on croit

Although I laugh and I act like a clown
Bien que je rie et agisse comme un clown
Beneath this mask I am wearing a frown
Derrière le masque je fronce les sourcils
My tears are falling like rain from the sky
Mes larmes coulent comme la pluie du ciel
Is it for her or myself that I cry
Est-ce sur elle ou sur moi que je pleure

Refrain

What have I done to deserve such a fate
Qu'ai-je fait pour mériter un tel sort
I realize I have left it too late
Je me rends compte que j'ai arrêté ça trop tard
And so it's true, pride comes before a fall
Et c'est bien vrai que l'orgueil précède la chute
I'm telling you so that you won't lose all
Je vous le dis afin que vous ne perdiez pas tout vous aussi

I'm a loser

 

18/10/2017

While my guitar gently weeps

george gently weeps.jpgLa 4ème chanson du quiz n'est pas de Paul enfin ! Pas de John non plus, mais de George ! Elle est même une de mes préférées (oui, petite trahison à mon chouchou) : while my guitar gently weeps

Elle est écrite en 1968, pendant le voyage des Beatles en Inde, que j’évoquais dans le précédent billet. Sur l'initiative de George, le groupe est parti suivre l'enseignement d'un gourou pour apprendre la méditation transcendantale, qui « permettrait à l'esprit de se diriger vers un « état de silence infini » et de « pure félicité ». Préceptes que les Beatles n'ont pas vraiment intégrés, puisque comme des collégiens rebelles qui fument dans la cour en cachette du prof, ils se retrouvaient secrètement dans leurs chambres pour écrire des chansons (ben il est où le silence infini ?) A leur retour, le groupe a enchaîné les disputes : « et que Yoko elle me soûle, si c'est comme ça je vais aller bouder et enregistrer tout seul dans mon coin » « moi aussi d'abord «  « et ben moi je fais encore mieux, je me casse ! »
Ringo révèle : « Je suis allé voir John. Je lui ai avoué : « Je quitte le groupe parce que j'ai l'impression de ne pas être aimé, d'être exclu. Alors que vous êtes tellement proches tous les trois ». John m'a répondu : « Je croyais que c'était vous trois qui étiez très liés ! » Je suis ensuite allé voir Paul et je lui ai dit la même chose. Paul m'a répondu « Je croyais que c'était vous trois ! » Je n'ai pas pris la peine d'aller voir George, j'ai dit : « Je pars en vacances ».
Bienvenue à la cour de récré : Personne ne m'aime ! Je boude, t'es plus mon copain !
Le principe du gourou « restons zen, paix et amour sur tous, aimons-nous les uns les autres » n'est donc pas vraiment compris par les Beatles (Paul révèle qu'il s'endormait pendant les séances et il écourte le séjour). Pourtant ce n'est pas faute du maharashi, qui donne de sa personne. L'actrice Mia Farrow est présente pendant l'enseignement et le maître lui fait des avances poussées (« mais viens quoi, faut mettre en pratique mes conseils, aimons-nous les les autres je te dis ! ») En apprenant la nouvelle John considère dès lors que le gourou est un imposteur (non ?!! pas possible?!!) et compose la chanson accusatrice Sexy sadie :
Sexy Sadie, what have you done ?
You made a fool of everyone

Le calme revient dans le groupe lorsque George fait appel à Eric Clapton pour enregistrer While my guitar gently weeps. La présence d'un tiers impose une discipline. Un adulte est là, les jeunes se tiennent à carreau.
Pour cette chanson, la philosophie indienne ne suffisait pas à George, il a fallu qu'il rajoute la philosophie chinoise. (Haa, 1968, flower power, le lsd… "c'est pas 68, année de la jeunesse ! C'est le vrai monde dehors et déjà le vrai monde il va chez le coiffeur. Alors gnagnagna les guitares, les troubadours, tout ça c'est fini !") Harrison s'inspire du Yi king. Philip K Dick le fait aussi pour son livre Le maître du haut château.
Le philosophe Edgar Morin explique : « Le Yi-King apporte l'image la plus exemplaire de l'identité du Génésique et du Génétique. La boucle circulaire est un cercle cosmogonique symboliquement tourbillonnaire par le S intérieur qui à la fois sépare et unit le Yin et le Yang. La figure se forme non à partir du centre mais de la périphérie et naît de la rencontre de mouvements de directions opposés. Le Yin et le Yang sont intimement épousés l'un dans l'autre, mais distincts, ils sont à la fois complémentaires, concurrents, antagonistes. La figure primordiale du Yi-King est donc une figure d'ordre, d'harmonie, mais portant en elle l'idée tourbillonnaire et le principe d'antagonisme. C'est une figure de complexité. »
Complexité ? Ah bon ? 

George dira que cette pensée lui « semblait basée sur le concept oriental selon lequel toutes les choses sont relatives entre elles, opposé au point de vue occidental, selon lequel les choses sont simplement fortuites ». Il veut appliquer cette idée : il décide d'écrire une chanson en partant des premiers mots qu'il lirait en ouvrant un livre au hasard, de telle sorte que le texte qu'il écrirait serait relié à cet instant précis. Il ouvre donc un livre où la première chose qu'il lit est "gently weeps" (« pleure doucement »).
Tiens je vais faire pareil, j'ouvre le bouquin à côté de moi, ça de Stephen King, et je lis : « peut-être encore dans les parages ».
J'invente ainsi la suite :
« est ce que tu resteras sage
ou surgiras-tu caniveau
comme le clown pas beau... »
Mouais, je possède pas le talent de George sur While my guitar gently weeps :

george gently livre.jpgI look at you all see the love there that's sleeping
Je vous regarde tous et je vois l'amour qui est là endormi
While my guitar gently weeps
Pendant que ma guitare pleure doucement
I look at the floor and I see it needs sweeping
Je regarde le sol et je remarque qu'il a besoin d'être balayé
Still my guitar gently weeps
Alors que ma guitare pleure toujours doucement
I don't know why nobody told you
Je ne sais pas pourquoi personne ne t'a appris
How to unfold your love
Comment avouer ton amour
I don't know how someone controlled you
Je ne sais pas comment quelqu'un a pris ton contrôle 
They bought and sold you
Ils t'ont acheté et revendu

I look at the world and I notice it's turning
Je regarde le monde et je remarque qu'il tourne
While my guitar gently weeps
Pendant que ma guitare pleure doucement
With every mistake we must surely be learning
A chaque faute commise nous devons en tirer des leçons
Still my guitar gently weeps
Alors que ma guitare pleure doucement

I don't know how you were diverted
Je ne sais pas comment on t'a détourné
You were perverted too
On t'a aussi perverti
I don't know how you were inverted
Je ne sais pas comment on t'a renversé
No one alerted you
Personne ne t'a mis en garde

I look at you all see the love there that's sleeping
Je vous regarde tous et je vois l'amour qui est là endormi
While my guitar gently weeps
Pendant que ma guitare pleure doucement
Look at you all...

 

30/05/2017

Concert de Roger Hodgson, Supertramp

musique, supertrampSuite du billet sur les concerts
Les versions live sont presque toujours supérieures aux disques. Une exception, mon frère qui a fait tous les concerts possibles imaginables m'avait pourtant prévenue : Roger Hodgson, leader de Supertramp, joue comme sur les albums : mêmes instruments, mêmes rythmes, on a l'impression d'écouter le vinyle. Je ne voyais donc pas l'intérêt de mettre 70 euros dans ma place de concert, mais j'accompagne tout de même devant l'Olympia mon frangin qui n'a pas hésité à raquer. Car ce dernier me raconte sa technique : quand un concert qui l'intéresse est complet ou trop cher, ou qu'il l'a déjà vu mais souhaite y retourner sans trop payer, il se rend devant la salle juste avant le spectacle, avec 20 ou 30 euros dans la poche, selon le prix initial du concert. Il trouve toujours quelqu'un avec une place en trop : la vendre à moitié prix, c'est toujours ça de pris. Mon frère a pu revoir Polnareff et d'autres artistes ainsi.

Effectivement devant l'Olympia, j'aperçois un homme au milieu de la file d'attente, même pas devant pour se mettre en évidence, avec une simple feuille de papier « vend places ». Rien à voir avec les arnaqueurs qui refourguent les billets à des prix exorbitants en alpaguant les passants qui n'ont rien demandé, je vois bien que la personne a improvisé une annonce à la hâte. J'hésite, je n'ose pas l'aborder parce que je n'ai pas le prix exact des billets sur moi, je trouve ça un peu malhonnête (pourtant le gars n'a même pas mentionné le tarif : il est ouvert à la négociation). Mais mon frère et ses voisins de file qui m'ont entendue tergiverser et ont participé à la conversation, m'encouragent : "mais vas- y ! " "mais oui, vous ne risquez rien !" Soutenue et emportée par la foule (qui nous traîne et nous entraîne) qui s'identifie à moi (« oh oui, payer moitié prix, c'est vraiment bien ! » « J'espère que vous pourrez ! J'aurais bien voulu !») j'attends le dernier moment, juste avant que le type rentre en salle, pour négocier :
musique, supertramp« Vous vendez vos places combien ?
- J'en ai 3 ! à 90 euros chacune…
- Ah oui mais moi j'en veux qu'une, et j'ai que 35 …»

Il tire la tête, mais de toute façon, il perdra son argent… Donc il finit par accepter, en râlant. Déjà, j'étais pas spécialement motivée par le concert, je l'aide en lui offrant 35 euros, mais il n'est pas content... Il refuse tout de même de donner ses sésames aux arnaqueurs qui les revendraient deux fois le prix (les mecs crieront quand il rentrera dans la salle avec son trésor perdu). A sa place, j'aurais fait le bonheur des passants en leur proposant gratuitement les billets, mais il préfère les jeter plutôt que les donner... Il les avait achetés 9 mois à l'avance pour ses trois enfants, sans penser qu'ils seraient à cette période-là en vacances à l'île Maurice avec leur mère, dont il est divorcé. Ce n'est que le jour même qu'il se préoccupe de revendre les places en bricolant une affiche. Je n'ai donc pas beaucoup de scrupules : l'homme a l'air assez riche pour se payer des séjours sur une île paradisiaque où je ne pourrais jamais mettre les pieds, et ne pas prévoir des mois à l'avance la revente de ses billets. Moi avec ma paie misérable, si je sais que je vais perdre 270 euros, je lance une alerte enlèvement chez Interpol.
Je me retrouve donc, grâce à l'oubli de cet homme, placée en plein milieu du premier balcon, la meilleure place, la plus chère, pendant que mon frère qui a payé son billet le double du mien se retrouve chez les gueux au fond de la salle.

Je suis installée à côté de mon bienfaiteur, qui continue de grogner sur son argent perdu. Je suis assez gênée en attendant que le concert commence, dans 30 interminables minutes. Je le remercie encore, mais il râle encore plus, l'air de penser « je fais le bonheur d'une pouilleuse, si elle me remercie encore, je la remets à la rue » « quand je pense que je pourrais être avec mes gamins là et que je me retrouve avec une misérable inconnue » « j'aurais dû refourguer mes billets à trois mannequins pouffes, il y en a peut-être une qui aurait accepté de me payer en nature » « je pourrais même être avec ma femme à me dorer sur la plage, si elle m'avait pas plaqué la garce. Elle est en vacances avec l'argent de la pension alimentaire, j'enlèverai le prix des places sur le versement du mois prochain, na, elle va pas me foutre un procès quand même ou m'empêcher de revoir les gamins pour ça, c'est mes fils ma bataille, fallait pas qu'elle s'en aille.»

Je ne parviens pas à ignorer mon voisin râleur « c'était bien sympa de me permettre d'aller au concert pour trois fois moins cher, maintenant, tu m'oublies » J'essaie de le requinquer en parlant de Supertramp. Je sais, il y a des moments où il vaut mieux se taire pour ne pas énerver encore plus l'autre, mais je ne sais pas faire, le silence me met mal à l'aise, j'espère toujours améliorer la situation et je préfère mettre les pieds dans le plat, en bonne Gastonne Lagaffe. Je m'enfonce donc :
« A la base je ne voulais pas aller au concert parce que c'est trop cher pour moi (au cas où t'aurais pas encore compris que je suis une pauvresse et qu'on n'évolue pas dans le même monde, casse toi tu pues et marche à l'ombre) et je ne pensais pas connaître assez bien les chansons, j'ai que deux albums. Mais en fait j'ai écouté avant de venir et je me suis aperçue que je connaissais tous les tubes en fait, qui passent beaucoup à la radio.
Il se moque : - Mais oui ! Tout le monde connaît Supertramp! Par contre, impossible de nommer un seul groupe français dont on peut citer dix chansons comme eux !!
- Ben si quand même ? Polnareff, Claude François, Téléphone, Alain Souchon ? Demis Roussos On a aussi des chanteurs très populaires ? »

Il refuse de le reconnaître (peut-être qu'il ne connaît pas le répertoire de la chanson française comme mémé radio nostalgie aussi) Moi qui voulais lui redonner le sourire (on va s'amuser quand même ! L'argent ne fait pas le bonheur ! 240 euros de perdus, 2400 de retrouvés ! Oui c'est un dicton encore plus con que celui des amours déçues !) je m'aperçois qu'en fait je lance une polémique sur les meilleurs chanteurs et que je peux même sous-entendre qu'il est inculte puisqu'il ne peut pas citer 10 chansons de Michou ou Soussou. Oui parfois, Gastonne ferait mieux de se taire.

Heureusement, le concert commence enfin. Et je peux effectivement me rendre compte que je connais presque toutes les chansons, une quarantaine. Une avalanche de tubes qui me ramène à ma jeunesse, lorsque j'écoutais le best of de Supertramp en 33 tours. Vous aussi, vous en connaissez forcément dix, pour citer mon acolyte, et si les titres ne vous disent rien, cliquez sur les vidéos en lien, vous vous exclamerez « ah mais ouii ! Bien sûr ! »  ah moins de vivre dans une grotte sans radio nostalgie. Faites le test : Logical songGive a little bitDon't leave me nowTake the long way home, Breakfast in AmericaCrime of the centuryGoodbye stranger, It's raining again, Lady, Bloody well right...

Comme me l'a signalé mon frère, Roger Hodgson ne change rien à ses mélodies, à la note près comme sur les disques. Mais quel plaisir de chanter avec les 1500 spectateurs de l’Olympia… Une soirée magique. En écoutant chez moi sur internet et même en mettant le volume à fond et en ouvrant la fenêtre de mon salon qui donne sur la rue, je ne parviendrais pas à recréer cette ambiance : « allez, les passants, tous avec moi ! « dreamer ! You're nothing but a dreamer, can you put your hands in your head, oh no! » Ce qui mettra l'ambiance par contre, c'est lorsque les voisins appelleront les flics.

Samedi, Roger Hodgson refaisait son concert, cette fois-ci au Grand Rex... Devinez ce que j'ai fait ?
Sur la centaine de concerts que j'ai dû faire, même pour ceux dont je ne connaissais aucune chanson, j'ai rarement été déçue, je me suis rarement ennuyée. Sauf deux exceptions :

suite demain

16/05/2017

Bilan des concerts, suite

metric.jpgJ'ai été voir Metric en connaissant une seule chanson, Dead disco, que j'avais entendu dans le film d'Olivier Assayas Clean en 2004. Je ne me souviens absolument pas du long métrage, mais parfaitement de la scène où Metric joue la mélodie. Ils ne l'ont pourtant pas proposé au concert (un type qui a bon goût a hurlé à la fin du rappel : « dead disco!!! » ) Mais j'ai pu découvrir leur chanson Help me I'm alive. Avec la batterie qui résonne dans la cage thoracique, les projecteurs qui clignotent, se lèvent et nous éblouissent, la tension qui monte, la chanson m'a donné des frissons : exactement ce qu'on recherche en concert ! La mise en scène faisait parfaitement ressentir les paroles de la chanson : « can you ear my heart beating like an hammer ? » En version album, comme souvent, Help me I'm alive est moins prenante (à écouter en lien). Mes amis qui me rétorquent « pourquoi aller à un concert quand on peut écouter les chansons gratuitement sur you tube ? » n'ont justement jamais (oui, j'en connais!) ou trop peu été à des concerts pour pouvoir juger : tout l'intérêt du show est l'ambiance créée par le public, les artistes, l'éclairage et la mise en scène. Puis avec Metric, j'ai pu admirer le  costume de la chanteuse avec des plumes de paon accrochées à son dos...

musique, chanson françaiseUn bon exemple est le concert d'Axelle Red que j'ai vu l'été dernier à Mâcon, pour le festival l'été frappé. Je ne suis pas fan de l'artiste, c'est sûr que ce n'est pas avec elle qu'on allait secouer ses cheveux en faisant des pogos, mais le concert était gratuit et je suis curieuse comme un chat. Je me rappelais surtout que mon frère me bassinait avec le premier grand tube de la chanteuse, Sensualité, en 1993. Il enclenchait une cassette pour l'enregistrer dès qu'elle passait à la radio (toutes les 20 minutes) et comme il ratait à chaque fois le début de la chanson ou la fin coupée par les jingles, il réitérait sans cesse. Il abandonnait soudain ses révisions, son stabilo, ses feuilles de cours, se levait précipitamment comme si il y avait eu une alerte à la bombe (oui, Axelle Red la bonnasse) et se précipitait pour enclencher le bouton rouge de l'enregistrement sur le poste de radio. Il était subjugué par la voix et les intonations sexy de la bombe rouge, mais moi à mon jeune âge, et en plus étant une fille, je ne voyais pas ce qu'il pouvait bien lui trouver. Je ne comprenais déjà pas vraiment les paroles de la chanson : qu'est-ce que que ça pouvait bien vouloir dire, « sensualité ? » J'aime tes yeux, d'accord, mais ton odeur ? Quand il mange et sens le chocolat et qu'elle veut lui en piquer ? Et pourquoi elle aime ses gestes en douceur, lentement dirigés, vers où ? Moi si je suis trop lente en ping-pong, je perds, c'est trop débile des gestes lents. Non vraiment, je ne comprenais rien à cette chanson.

C'est donc assez sceptique que je me rend au concert, prévoyant de m’ennuyer, mais je m'aperçois que je connais une dizaine de chansons, et encore mieux (ou pire): que je peux réciter les paroles par cœur, sans les apprécier vraiment, et pour beaucoup, pas du tout. Ah, le matraquage radio… Faites le test, vous connaissez sans doute certains refrains : Sensualité, Ma prière, Je t'attends, Rester femme, parce que c'est toi… Axelle Red joue cependant une chanson qui m'est inconnue, Rouge ardent. Je la trouve belle, prenante, avec le volume et les lumières qui augmentent, la batterie qui s'accélère… Rentrée chez moi, je tape le titre sur internet, et stupeur : je ne retrouve pas la solennité et le dynamisme de la version concert, la chanson me parait bien mollassonne. D’où l’intérêt de se rendre à des concerts : les versions live sont presque toujours supérieures aux disques.
Une exception, mon frère qui a fait tous les concerts possibles imaginables m'avait pourtant prévenue : Roger Hodgson, leader de Supertramp...

Suite demain, avec le concert de Supertramp

 

09/05/2017

Bilan des concerts : Louise Attaque, Arctic Monkeys...

louise attaque.jpgComme pour Idan Raichel, souvent de très bonnes surprises se révèlent en concert. Je vous parlerai bientôt (en 2018) de mon meilleur concert de l'année justement. Pour l'instant, mémé et son éternel train de retard fait le bilan des concerts de 2016 :
Le meilleur de l'année dernière, c'était Of monsters and men, où je ne connaissais que leur tube Little talk. L'ambiance au Trianon était survoltée, la chanteuse déchaînée a sauté dans la fosse pour danser avec nous. Et pour la première fois de ma vie, je connaissais aussi la première partie, Highasakite, car j'avais vu la diffusion de leur concert sur Arte. J'adore leurs chansons Iran et Leaving no traces, j'en ai parlé ici.

Parfois, je préfère même la première partie au chanteur que je vais voir. J'ai découvert Christine and the queens, inconnue à l'époque, en première partie de Gaëtan Roussel, le leader de Louise attaque, l'auteur de Help myself. J'ai trouvé que Christine avait beaucoup plus de punch et de talent scénographique que la vedette principale. Je ne me suis pas trompée vu les multiples récompenses qu'elle a enchaîné les années suivantes. (je l'aimais bien avant qu'elle massacre selon moi Les paradis perdus de Christophe et qu'elle envahisse les ondes.)
Malgré les demandes du public, Gaëtan Roussel n'a joué aucune chanson de son groupe originel. J'ai donc dû me rendre au concert de Louise Attaque ensuite pour pouvoir entendre Je t'emmène au vent. Chanson que j'attendais en rappel, comme le font les artistes avec leurs tubes : le meilleur en dernier, la cerise sur le gâteau. Mais au bout de 45 minutes, le groupe enchaîne ses chansons les plus célèbres : Je t'emmène au vent, Léa, Ton invitation, Tu dis rien... Quoi, déjà, le concert est fini ? Comment faire mieux ensuite que cette avalanche de tubes ? Un apéro gratuit, une distribution de billets ? Non : rien justement : des chansons méconnues que les musiciens auraient dû jouer en premier. Le concert aurait pu se terminer 45 minutes plus tôt, sauf si Louise Attaque avait choisi l'idée logique de mettre les meilleures chansons en dernier…
Les musiciens les jouent de mauvais cœur « on est obligé, c'est pour vous faire plaisir » Ils expédient leurs tubes à toute vitesse, au lieu de les faire traîner et faire chanter le public, qui hurle pourtant toutes les paroles. Un moment solennel qui est gâché par l'attitude du groupe. Je ne trouve pas ça respectueux. Le public est venu en majorité pour entendre et chanter tous en chœur les chansons les plus célèbres, il a payé pour ça, pourquoi ne pas lui faire plaisir ? McCartney, lui, propose ses tubes incontournables à chaque fois, pour les rappels, longuement, en faisant chanter le public : « les femmes, puis juste les hommes, et les deux ensemble ! Na na na nana Hey Jude ! » alors que ça doit le soûler de jouer Yesterday, Let it be et Live and let die depuis 40 ans.

arctic monkeys.jpgLa plupart du temps, me rendre à un concert me permet de mieux découvrir un groupe, comme Arctic Monkeys, dont je connaissais uniquement Do I wanna know ? qu'ils ont joué en tout premier. J'avais peur de m'ennuyer ensuite, mais j'ai pu entendre Are u mine ? Puis le leader savait mettre l'ambiance, en tortillant ses hanches sensuellement.
J'étais aussi amusée par le look de certains spectateurs : un type s'est tenu debout accoudé au balcon tout le long du concert, devant les deux rangées assises, donc on ne pouvait pas le louper. Comme si il voulait qu'on le regarde, être une star lui aussi « je vais me mettre pile en face du chanteur, je vais boucher la vue des spectateurs, comme ça ils me regarderont moi et pas lui : avec un peu de chance, ils vont nous confondre. » En effet, l'indélicat était habillé comme le leader du groupe : jean slim noir et surtout, les cheveux coiffés en banane. Il tenait une posture nonchalante, le visage impassible, comme Alex Turner. Il se pensait certainement sexy, désinvolte, stylé et classe, je l'ai surtout trouvé risible : il se voulait décontracté mais il avait plutôt l'air mal à l'aise, guindé, dans un rôle et un costume qui n'était pas le sien : « c'est bon, tout le monde m'a vu ? Ils m'ont pris en photo ? Je peux retourner m'asseoir ? J'ai mal au dos à force de tenir la pose déhanché ». Quel manque de personnalité de copier ainsi son idole !

Suite des concerts demain

 

 

 

04/05/2017

Un invité surprise très étonnant au concert d'Idan Raichel...

Idan_Raichel.jpg(suite du précédent billet). Idan Raichel entame sa première chanson, qui m'est inconnue, surtout avec le bruit de la mer qui vient s'engouffrer dans mes oreilles… Puis je ne comprends rien à ce qu'il chante, car il ne parle pas français comme tout le monde, ni ne chante en anglais, mais en hébreu. Ce qui ne m'empêche pas d'apprécier les mélodies, même si je ne comprends pas un traître mot de ce qu'il dit. J'aime bien Ramstein par exemple, mais dans leurs chansons, je ne saisis que les paroles en anglais : « we're all living in america, coca cola wonderbra » Comme tous les glandeurs de mon collège, j'ai choisi espagnol en LV2 : l'allemand était pour les intellos lèche-bottes et coincés qui voulaient vraiment travailler, avec une prof digne d'une kapo qui leur donnait des devoirs, tandis que je dormais (pour de vrai, certains peuvent témoigner) tranquillement au fond de la salle d'espagnol. 

Nos voisins de concert, eux, ont l'air de comprendre ce qu'Idan Raichel raconte, car ils chantent avec lui. Pendant l'entracte, j'entends ma voisine demander : « Salomon, je te prends un verre ? » et je ne peux m’empêcher de blaguer : « comment ? Salomon est Juif ?! » Je pense qu'on était les seuls à ne pas l'être dans la salle. Pourtant je me rends bien au concert de Ramstein sans être Allemande ou de Tri Yann sans être Bretonne.
Si j'apprécie les chansons d'Idan Raichel sans en saisir les paroles, comme Mimaamakim, ma préférée reste la seule que je comprends, chantée en français : Mon amour. Sauf que l'artiste ne parlant pas ma langue, elle est interprétée par un Malien, et qu'à ce concert, Raichel est seul sur scène, avec un piano. Un spectacle sobre alors que je m'attendais à un orchestre, des violons, des guitares… Non seulement j'avais mal lu son nom, mais je n'avais pas non plus vérifié l'intitulé du show : « piano songs, solo concert ».

Pourtant, le solo ne demeure pas. Entre deux chansons, le musicien nous raconte sa vie avec son anglais de collégien, et j'ai parfois du mal à le suivre puisque je parle anglais comme une vache espagnole. Il s'embourbe dans une longue explication que je traduis comme je peux :
« il y a quelques mois, quelqu'un m'a contacté par mail et m'a dit qu'il aimait beaucoup ce que je faisais, qu'il était musicien aussi… Je ne le connaissais pas. Aujourd'hui en arrivant à Paris, je l'ai rencontré pour la première fois cet après-midi, et ce soir il vient jouer avec moi...
Je soupire : - Super… il nous a ramené le chanteur inconnu du métro…
Il poursuit : - Je ne sais pas si vous le connaissez...
- Si c'est le joueur d'accordéon de la ligne 1, oui mais non merci !
- Voici mesdames et messieurs, monsieur Pascal Obispo !
Euh ??!

raichel obispo.jpgÉpatée, je me retourne vers mon ami, qui reste imperturbable : « Boh, pour son dernier concert, il nous a fait le même coup avec Patrick Bruel... »
Hein ?! Il connaît pas un certain Paul McCartney aussi ? Moi je veux bien voir Paulo jouer dans une salle minuscule à 2 mètres de moi !

Obispo débarque donc sur la petite scène. Les spectateurs hurlent de joie. Idan Raichel est étonné et a l'air de penser : « Il ne m'a pas menti, il est vraiment célèbre en fait, il n'y a que moi qui ne le connaît pas ». Je suis sûre qu'Obispo va enfin chanter la chanson en français que j'attends. Mais non, il nous explique qu'il souhaite interpréter l'une des compositions de son hôte en hébreu, sauf qu'il ne connaît absolument pas la langue. Ça promet. Il sort une feuille avec le texte écrit en phonétique et chante, très appliqué, maladroitement, en butant sur quelques syllabes. Touchant. L'Israélien le regarde en souriant, avec bienveillance.
A la fin de la mélodie, Obispo s'apprête à partir, mais la foule l'encense tellement qu'Idan Raichel le retient. Ils s'entretiennent une minute et Obispo revient :
« Finalement mon nouvel ami me propose de chanter l'une de mes chansons. Vous préférez laquelle ? Lucie ou celle des Dix commandements, L'envie d'aimer ? »

Personnellement je préfère de loin la mélancolique Lucie qui me rappelle Polnareff. Les 10 commandements, j'avais été invitée à voir le spectacle et je l'avais trouvé un peu kitsch (pour être polie). Mais la foule choisit la seconde option. Enfin, c'est plutôt Obispo qui choisit pour nous. Il nous demande de chanter avec lui et tous les spectateurs hurlent comme des loups :
« Ce sera nooouuus dèèès demaiiiiiiiiiiin, ce sera nouuuus le chemiiiiiiiin »
Jusque-là, on s'était tous tenus très tranquilles, petit concert pépère autour d'un piano, et là on a l'impression d'être transformés en groupies midinettes de 12 ans et demi. Même moi je hulule « ce sera nouuuus dèèèèès ce soaaaaaar, à nooouuuuuus de le vouloiaaaaaar !!! » (je vous rappelle que je ne suis pas dans mon état normal, je sors du Vendée Globe).

Idan Raichel regarde Obispo avec des yeux exorbités, sa bouche béante d'étonnement manque de toucher le sol « mais qui c'est cet hurluberlu ?! »
Car Obispo lui vole complètement la vedette. Il fait son show. Il rajoute des notes, monte dans les aigus, comme pour signifier : « t'as entendu ? T'es pas cap de faire pareil hein ? Ça te la coupe ? » Idan ne connaît pas la chanson et tente de l'accompagner, mais Obispo change le rythme, rendant sa tâche ardue. Celle du public aussi, qui ne peut pas chanter en même temps que lui puisqu'il ralentit le tempo en plein milieu d'une phrase. Il nous demande de l'accompagner, mais il nous en empêche. C'est comme si il voulait chanter seul, d'ailleurs il est tellement à fond qu'il ferme les yeux : on n'est plus là.

On sent qu'Idan Raichel commence à regretter : « le gars je lui fais une fleur… Il veut me rencontrer, j'accepte, je passe l'après-midi avec lui alors que j'aurais pu me balader tranquillement voir la tour Eiffel ou me reposer dans ma chambre d'hôtel avant le concert, mais en plus il s’incruste à mon spectacle et me pique mes fans ! Ah le boulet ! Je vais te le virer vite fait moi ! »
Ce qu'il fait dès le dernier vagissement terminé (car Obispo prolonge son show pendant des plombes). Le concert se termine quelques chansons plus tard, comme si Idan Raichel pensait : « vous préférez l'autre, eh ben je me casse, na ! »

J'avoue que le meilleur moment de la soirée reste pour moi la visite surprise d'Obispo ! J'ai moins apprécié le malaise par contre, mais ça m'a fait rire (après). Vivement le prochain concert D'Idan Raichel, qu'il invite Polnareff !

 

01/05/2017

J'ai testé pour vous : faire un malaise à un concert

gaston jeanne musique.gifDésormais, j'ai donc l'habitude de me rendre à des concerts en connaissant à peine l'artiste. Parce que j'apprécie quelques chansons, parce qu'on m'invite, pour accompagner ou faire plaisir à un ami. Je me rends à la billetterie pour acheter des places à offrir :
- Je voudrais des places pour Aidan Rachel
La caissière cherche longuement : - Je ne trouve pas. Vous pouvez me l'épeler ?
Aidan, comme le prénom du mec cool que Carrie Bradshaw aurait jamais dû larguer dans Sex and the city, c'était le seul normal ! A la place elle va avec un gros pif laid hyper prétentieux, juste parce qu'il est millionnaire, beurk ! Puis Rachel comme le nom de Jennifer Aniston dans Friends ?
- Non désolée, je ne trouve pas
La file d'attente s'allonge et s'impatiente derrière nous.
- Vous êtes sûre que ça s'écrit comme ça ?
- Je ne sais pas en fait…
Elle a l'air de penser : mais vous connaissez au moins la personne que vous allez voir en concert ?! Ben c'est pour offrir, et j'ai entendu au moins 5 chansons, ce qui est déjà bien pour moi dernièrement !

Après 3 heures de recherche et une file d'attente qui fait le tour du pâté de maison, on trouve enfin la bonne orthographe : Idan Raichel. Je m'étais juste trompée d'emplacement où mettre le i. C'est pas logique aussi.
Le concert se déroule dans la petite salle du New Morning, habituellement réservée au jazz. On arrive bons derniers (l'estomac sur pattes était bien obligé de se sustenter avant) toutes les places assises sont prises. Mince, mémé va devoir rester debout. On achète des bières pour patienter (j'ai hésité, mais pour une fois je n'ai pas ramené ma propre canette) et on trouve un poteau libre contre lequel s'accouder, au milieu de la salle bondée. Il fait très chaud, je n'ai pas la place pour me contorsionner et enlever mon manteau, que je ne saurai pas où poser, je bois vite pour me désaltérer et me remplir le ventre car je n'ai pas assez mangé à mon goût (j'avais sauté l'indispensable goûter).

princesse evanouie.jpgL'artiste entame quelques notes et tout d'un coup, je vois quelques petits points noirs devant mes yeux, puis plusieurs… Mes oreilles bourdonnent, le son part, s'éloigne de plus en plus, j'entends un brouhaha incohérent dans mes oreilles, comme le ressac de la mer. La houle se produit aussi sur mon estomac, j'ai l'impression d'être sur un bateau qui tangue… Puis je n'entends plus rien, je vois tout noir et je m'écroule sur le poteau. J'aurais pu m'évanouir comme une princesse dans les bras de mon prince charmant « ooh je me sens défaillir ! » et me faire réveiller par un baiser, mais non, j'ai préféré m'écrouler sur un poteau toute seule comme une clocharde poivrote. Sacrée moi, je l'avais pas encore fait celle-là. Le petit voyage dure deux ou trois chansons, puis mon ouïe et ma vue reviennent à la normale, et je peux regagner la terre ferme. J'attends l'entracte, d'être sûre que la mer soient redevenue limpide et que le capitaine du bateau tienne bien la barre pour signaler :
- Je crois que j'ai fait un petit malaise…
- Hein ? Tu veux qu'on rentre, j'appelle un taxi ?
Oh ben non, maintenant que j'ai bravé la tempête, tout va bien ! Puis le spectacle n'est pas terminé et j'ai pas fini ma bière !

Au concert de Mylène Farmer (quand je vous dis qu'on me traîne à tous les concerts possibles) on a attendu plus d'une heure debout au fond de Bercy. Quand la diva a enfin fait son apparition, toujours avec une mise en scène élaborée et grandiose, la femme devant moi s'est effondrée. J'ai pensé qu’elle était tellement fan que voir enfin son idole l'avait submergée d'émotions. Et puisqu'elle a été évacuée par les pompiers avant le début, elle a raté tout le concert qu'elle attendait comme le messie…
Là, je m'évanouis aussi lorsque l'artiste apparaît, mais pas d’idolâtrie, puisque je ne sais même pas épeler le nom du chanteur.

concert, musique, Idan RaichelSur les images vues sur internet, il portait un calamar sur la tête, des dreadlocks. C'est avec surprise que je vois débarquer un type complètement chauve : « tain c'est pas vrai, je me suis encore trompé de nom, c'est pas lui ?! » Mais le mec nous annonce dans un anglais approximatif que sa copine l'a forcé à raser sa coiffure hideuse. Il faut toujours écouter les femmes, les voix de la raison.
Il entame sa première chanson, qui m'est inconnue, surtout avec le bruit de la mer qui vient s'engouffrer dans mes oreilles…  

Suite demain

 

29/04/2017

J'ai testé pour vous tous les styles de concert, suite

gastonmusique3.jpgJe me rends donc à un concert d'une artiste qui m'est inconnue, Laura Gibson. On se retrouve dans une cave, avec un bar au fond de la salle et le serveur qui se prend pour Tom Cruise dans Cocktail et fait s'entrechoquer les gobelets en les secouant « c'est parti ! Un mojito pour la petite dame ! » Il couvre la voix de la pauvre chanteuse à 10 mètres de lui. Plus la soirée avance, plus les gens accoudés au bar sont alcoolisés et rient fort. On n'entend parfois même plus la malheureuse artiste, déjà que j'ai du mal à comprendre ce qu'elle baragouine puisqu'elle est pas fichu de chanter français comme tout le monde, mais dans cette langue étrange qu'on nomme l'anglais.

"You belong to the cause, come on believe"
Aaaaaaaaaah ! Mais je connais !!! c'est pas une musique de pub ?!
Si, de Zadig et Voltaire : ce qui explique le nombre de hipster bobos barbus à slims/chemises à carreaux/grosses lunettes au mètre carré.
- Ya un nombre incroyable de beaux gosses t'as vu ?
- ben non, j'écoute et je regarde la chanteuse. Pourquoi elle a boutonné sa chemise jusqu'au col ? C'est laid comme tout, ça lui fait un tout petit cou, ça lui donne un air strict, mais surtout, elle veut s'étouffer en pleine chanson ? Hein des beaux mecs, où ? Tu veux dire le père noël, le bûcheron ou celui qui a emprunté le pantalon de sa sœur ? (les slims, c'est déjà rarement joli sur une femme, à moins d'avoir des cuisses fines, ou de vouloir ressembler à un jambonneau saucissonné, mais sur les hommes, par pitié, non, stop au ridicule).

musique, musique de filmsLe lendemain, mon collègue des chansons se moque : « alors t'étais avec les hipsters snobs hier ? »
Il est certainement jaloux de ne pas avoir été invité. Et parce que j'ai refusé de l'accompagner à un concert de rap et de hip-hop. Il m'en avait fait écouter, j'avais pas aimé, et pour me venger, il a subi du Demis Roussos pendant une semaine.

J'ai aussi vu des concerts de musique classique : très beaux quand on connaît les mélodies, comme celui des 4 saisons de Vivaldi dans la Sainte chapelle, ou le concert du nouvel an à l'opéra de Lyon. Mais lorsque l'orchestre joue pendant 1h30 de la musique dodécaphoniste… je me suis endormie à un concert chiant comme la pluie et j'ai été réveillée en sursaut au son des roulements de tambour. J'ai aussi vu ou plutôt subi des opéras, dont Roméo et Juliette, j'en ai parlé ici.

J'ai également testé le ciné-concert : le film du Seigneur des Anneaux était projeté avec les sous-titres, sans le son, et la musique était jouée par un orchestre et un chœur de 150 personnes. Grandiose, mais je n'arrivais pas à me concentrer en même temps sur le film et sur les musiciens : j'oubliais ces derniers et au final, c'est comme si j'étais juste au ciné. C'était très bien, mais j'étais contente d'avoir été invitée, je n'aurais pas payé ma place 90 euros pour voir un film !

Quitte à mêler cinéma et musique, Je préfère les concerts de musique de films, comme celui de Ennio Morricone. Mais ce dernier restait mutique et n'a pas proposé la chanson de Il était une fois dans l'Ouest, l'homme à l'harmonica. J'ai préféré le concert de Vladimir Cosma, beaucoup plus jovial et volubile. L'orchestre a interprété ses chansons les plus célèbres, comme Rabbi Jacob ou La boum, et ses plus belles mélodies selon moi : La valse d'Augustine (le château de ma mère) ou la b.o de La septième cible. Un concert magique et très émouvant.

Désormais, j'ai donc l'habitude de me rendre à des concerts en connaissant à peine l'artiste. Parce que j'apprécie quelques chansons, parce qu'on m'invite, pour accompagner ou faire plaisir à un ami. Je me rends à la billetterie pour acheter des places à offrir...

Suite demain