21/04/2014

A la télé cette semaine : Le peuple migrateur

peuple migrateur.jpgEn cette semaine de vacances, beaucoup de films pour enfants à la télévision. Ce soir, ne ratez pas sur Gulli Le peuple migrateur de Jacques Perrin. J’adore ce film, une pure merveille. Voler avec les oiseaux, un rêve accessible grâce aux caméras fixées à des ULM. Associée aux images splendides, la musique enchanteresse de Bruno Coulais et Nick Cave.  Je chougne rarement au cinéma, sauf lorsque des drames touchent des enfants (Le tombeau des lucioles, un traumatisme) ou les animaux (Chaussette dans Danse avec les loups). Dans Le peuple migrateur, je me réjouis de voir des petits oisillons tout mignons percer leur coquille, mais j'ai les larmes aux yeux lorsque les animaux sont pris au piège (l’oiseau en cage qui regarde ses compères s’envoler et pas lui, celui englué dans le pétrole…) Ce film sublime a nécessité trois ans de tournage et une équipe de 450 personnes réparties à travers le monde. A voir absolument.

Autre film qui plaira aux petits,  Madame Doubtfire sur France 4. Divorcé, Robin Williams se déguise en gouvernante pour se rapprocher de ses enfants. Aussi Pirates des Caraïbes, le secret du coffret maudit sur TMC.

Sur W9,  SOS fantômes, mais en le revoyant 15 ans après j’admets une légère déception. Pas seulement à cause des effets spéciaux et de la mode des années 80, mais parce que le film comporte certaines longueurs. Au moins, il reste Bill Murray et la musique.

Au-bon-beurre.jpgUn film que j’ai vu enfant mais pas spécialement destiné aux plus jeunes, sur France 5, Au bon beurre d’Edouard Molinaro (La cage aux folles, L’emmerdeur). Pendant l’occupation, Roger Hanin et Andréa Férréol interprètent un couple pétainiste se livrant au marché noir. Comme les autres films traitant de la guerre et de la déportation des Juifs (Au revoir les enfants par exemple) Au bon beurre était sans doute responsable de mon cauchemar récurrent : j’imaginais que j’étais une enfant Juive et que les nazis venaient chercher toute ma famille. Je restais dans ma cachette favorite (derrière le poêle, comme le chat) et les soldats ne me trouvaient pas (mais ceux ne jouaient pas à cache-cache avec moi, si…)

Mardi sur M6, Wall-E, le petit robot seul sur Terre, au sens propre : trop polluée, la planète a été abandonnée. Mais Wall-E continue le travail pour lequel il est programmé : éliminer les déchets… Un film écolo, qui devrait donc me plaire à priori, mais qui ne m’avait pas trop emballée dans du papier à sa sortie.

Mercredi sur Arte, suite du cycle Claude Sautet avec Vincent, François, Paul et les autres. Des amis, l’un riche médecin délaissé par sa femme, l’autre écrivain raté, l’autre encore boxeur désargenté, se retrouvent chaque semaine autour du rôti dominical. Ils relativisent leurs déboires lorsque Vincent (Yves Montand) fait une crise cardiaque… 

Jeudi sur Chérie 25, La piscine de Jacques Deray. 9 ans après Plein soleil, qui se déroulait en pleine mer, nouveau duel torse poil entre Alain Delon et Maurice Ronet, cette fois-ci pour les beaux yeux de Romy Schneider (on les comprend).  

A la même heure sur France 3, Open Range, un western de Kevin Costner.

Et vous, aimez-vous ces films ? Qu’allez-vous regarder ?

 

 

 

20/04/2014

A la télé ce soir : Les choses de la vie, 100 000 dollars au soleil, The Green Hornet...

choses de la vie.jpgSur Arte, début d'un cycle Claude Sautet avec Les choses de la vie. Un homme (Michel Piccoli) est victime d'un accident de voiture. Alors qu'il sombre dans le coma, à l'approche de la mort, il revoit sa vie défiler sous ses yeux, et les doutes qui l'assaillent : qui choisir entre son épouse (Léa Massari) et sa maîtresse Romy Schneider ? (euh ? Je ne me pose pas autant de questions, je choisis directement Romy !)

On peut y entendre l'une des plus tristes musique de film, signée Philippe Sarde, la chanson d'Hélène : « Ce soir, nous sommes septembre Et j'ai fermé ma chambre Le soleil n'y entrera plus Tu ne m'aimes plus. »

A déconseiller aux dépressifs ou sentimentaux qui viennent de se faire larguer : chouinerie assurée. Cette musique tournait en boucle lors de l'exposition consacrée à Romy Schneider. C'était un crève-cœur de l'entendre tout en regardant les photos du fils de l'actrice, décédé tragiquement à 14 ans (en s'empalant sur les piques d'un portail). On pouvait aussi revoir l'interview de Romy évoquant l'acharnement des paparazzis, le gros plan sur son visage digne : « des journalistes déguisés en infirmiers pour photographier un enfant mort : Où est la morale ? Où est le tact ? »

On retrouve les deux acteurs, les amours déçues et les désillusions nostalgiques dans le film programmé à 22h : Mado.

chipmunk.jpgSi vous voulez plutôt rire avec vos enfants, après avoir cherché les œufs de pâques, vous pouvez chercher le Marsupilami sur TF1, mais ce film m'a beaucoup déçue.  Seul Lambert Wilson imitant Céline Dion vaut le coup d'oeil. Pourtant j'adore Alain Chabat, l'ex Nul qui a imaginé le génial La cité de la peur, et Franquin est mon auteur de BD préféré (Gaston Lagaffe est mon mentor, on comprend pourquoi j'ai fait une grande carrière).

Regardez plutôt sur France 2 un documentaire (que je n'ai pas vu) mais qui promet d'être très mignon : Le peuple miniature, sur des n'animaux jolis comme tout, comme le chipmunk (en photo).  Cécile de France est la narratrice.

Pour les enfants toujours, soirée Cars sur M6.

100 000 dollars au soleil.jpgPour les plus grands, une comédie sur D8, 100 000 dollars au soleil d’Henri Verneuil, avec Jean-Paul Belmondo, Lino Ventura et Bernard Blier. Je le connais par cœur, mais je le regarde toujours sans déplaisir, pour la bonne humeur qu’il déclenche et les dialogues d’Audiard :

« - Quand les types de cent trente kilos disent certaines choses, ceux de soixante kilos les écoutent ... » « Dans la vie, on partage toujours les emmerdes, jamais le pognon » « Ici, c’est une grande famille. Quand un chauffeur veut un congé ou une augmentation, il vient me voir, je l’écoute et je le vire ».

Dans le Sahara des années 60, des camionneurs se poursuivent pour récupérer un magot volé par l’un d’eux. La veille, ils se cuitaient ensemble. La scène de beuverie reste un grand classique des films d’Audiard : Les tontons flingueurs, Un singe en hiver… Pour votre santé, consommez de l’alcool avec modération, mais regardez à volonté les films avec les dialogues d’Audiard.

Si vous préférez les films noirs, misez sur L.A confidential sur HD1, avec Kevin Spacey et Kim Basinger dans le rôle de la femme fatale. Le film est inspiré de James Ellroy. Comme dans Le dahlia noir, l’histoire évoque le Los Angeles corrompu des années 50, le crime organisé et l’envers du décor de Hollywood… C’est un thème cher à l’écrivain, car sa mère a été assassinée pendant cette époque trouble, et ce meurtre ressemble à celui du dahlia. Je vous conseille vivement son livre et les enquêtes sur le sujet.

En deuxième partie de soirée (demain, c'est férié !) Eyes wide Shut sur la même chaîne.

Coté comédie, France 4 propose à 22h50 The Green Hornet de Michel Gondry. L'immature et loser Seth Rogen devient un super héros malgré lui, sans pouvoir, mais très drôle. On remarque la patte du réalisateur (auteur de Soyez sympas rembobinez), qui apporte sa poésie loufoque au genre du blockbuster.

Et vous, appréciez-vous ces films ? Qu'allez-vous regarder ?

17/04/2014

Bilan "je suis culturée" de mars : films, séries et documentaires

balade sauvage.jpgSuite du bilan, après les films vus au cinéma.

31 films à la télé :

Coup de cœur canal+ : 

- Perfect mothers de Anne Fontaine, avec Naomi Watts et Robin Wright

Deux femmes d'une quarantaine d'années, amies depuis toujours, tombent amoureuses de leurs enfants respectifs qui ont à peine 20 ans... Ce pitch ne me disait rien qui vaille, comment pourrais-je comprendre une histoire quasi incestueuse... et pourtant, ça fonctionne ! Grâce à la subtilité des situations, des sentiments... et au décor paradisiaque, les plages d'Australie.

 Coup de cœur Arte :

- La balade sauvage de Terrence Malick, avec Martin Sheen et Sissy Spacek, 1973.

J'avoue, je ne l'avais jamais vu... Comme toujours chez ce réalisateur, on retrouve la nature magnifiée, une bande originale soignée (Gassenhauer de Carl Orff, à écouter en lien) et un certain lyrisme malgré l'horreur : J'ai été fascinée par cette histoire incroyable inspirée des célèbres « tueurs nés » qui ont donné également un film du même nom. A la fin des années 50, Charles Starkweather, fan de James Dean, n'a que 19 ans et sa copine 14. Les parents de cette dernière voient d'un mauvais œil cette union. Alors le jeune homme les tue... Les deux amoureux partent en cavale où ils assassinent froidement ceux qu'ils rencontrent. Starwheaker passe à la chaise électrique a seulement 20 ans, tandis que son amie, jugée victime, s'en sort avec la prison à vie. Elle est libérée sur parole en 1976. Elle travaille comme femme de ménage, change de nom (tu m'étonnes!) refuse toujours de parler des meurtres (tu m'étonnes bis!) et ne s'est jamais mariée. elle a aujourd'hui 70 ans. 

Prochain film prévu : Lincoln de Steven Spielberg

 

6 documentaires : 

2 coups de cœur :

- Amelia Earhart

Un documentaire fascinant sur la première femme à avoir traversé l'Atlantique en avion, en 1928. Elle disparaît à bord de son engin en 1937 alors qu'elle effectue un tour du monde. On ne retrouvera jamais sa trace, ce qui entraîne des hypothèses plus ou moins farfelues, mais fascinantes (elle était en fait une espionne pour Roosevelt, emprisonnée par les Japonais, elle aurait survécu et serait rentrée en Amérique sous un faux nom et y couler des jours paisibles dans l'anonymat, etc...)

- Violette Leduc, la chasse à l’amour, d’Esther Hoffenberg

Je ne connais cette auteure qu'à travers les livres de Simone de Beauvoir, et ce documentaire m'a redonné l'envie de lire les œuvres autobiographiques de cette femme singulière, amoureuse sans réciprocité (de Simone de Beauvoir, ou de Maurice Sachs, écrivain homosexuel).

- Katharine Hepburn

- Lindbergh, l’aigle solitaire de Daniel Costelle et Isabelle Clarke

- Heath Ledger, trop jeune pour mourir

- Sharon Tate, trop jeune pour mourir

Prochain documentaire prévu : David Bowie en 5 actes

 

3 séries :

- Broadchurch saison 1

- House of cards saison 2

- Mad Men saison 6 (fin)

Prochaine série : Weeds saison 8

 Demain, suite du bilan culturé avec les pièces de théâtre, concerts et livres

 

15/04/2014

Tom (et Papillote) à la ferme

tom a la ferme.jpgTom, un jeune publicitaire branché, se rend dans un coin de campagne isolé pour assister aux funérailles de son amant. Il rencontre la mère du défunt, une veuve esseulée de longue date. Mais il découvre aussi avec étonnement l'existence du frère de son ami, Francis. Ce dernier est un homme brutal, qui s'est sacrifié pour s'occuper de sa mère et de la ferme, pendant que son frère menait la vie de ses rêves en ville. Francis a caché l'homosexualité de son frère à sa mère, lui faisant croire qu'il sortait avec une collègue. Il demande à Tom de « jouer le jeu » pour faire plaisir à la mère, mais aussi de l'aider dans son travail, en remplaçant ce frère défunt qui a fait défection. C'est ainsi que Tom se retrouve à la ferme, en quelque sorte enfermé au grand air dans une relation malsaine... (voir bande annonce en lien)

Tom à la ferme, ce n'est pas vraiment Martine en vacances, gambadant joyeusement dans les prés au milieu des vaches. Le film est un thriller psychologique, où la tension, les révélations vont  grandissant. On se laisse happer par le suspense « Que va t-il se passer encore ? Non, il ne va pas aller jusque là ?! Tom va bien se défendre ? Cours, Forrest, cours !! » On est fasciné par la relation qui s'installe entre les personnages, la finesse et la complexité des situations et sentiments. Comment peut-on se laisser faire comme ça ? Le réalisateur Xavier Dolan qui incarne le personnage principal l'explique ainsi : (ne lisez pas le paragraphe suivant si vous souhaitez découvrir par vous-même en regardant le film)

« Il m'a fallu du temps pour comprendre Tom. (…) Il voit en Francis son amant décédé et puise dans la brutalité de ce frère jusqu'alors inconnu la seule violence supérieure à celle de la peine qui l'accable. Il trouve dans le travail de la terre la virilité qu'il se reproche de ne pas avoir eue (…) Il cherche la rédemption d'une mort pour laquelle il s'accuse ; son amitié indéfectible envers Francis, sa présence pour Agathe (la mère) sont autant de façons tordues de vivre son deuil et d'acheter son ciel. Tom part à la campagne remplacer l'irremplaçable. De quoi devenir fou... »

Le film pose cette question : toute vérité est-elle bonne à dire ? Tom doit-il avouer la véritable relation qui le liait au défunt, au risque de fortement perturber le souvenir et l'idée que s'en faisait sa mère, de heurter sa sensibilité et ses convictions ? Vaut-il mieux la laisser dans ses illusions, son aveuglement, ses préjugés, au risque de ne rien changer ?

Évidemment Papillote répond par la négative, spécialiste des pieds dans le plat et du questionnement infini, comme les enfants « Mais pourquoi tu dis ça ? Ça veut dire quoi en fait ? Au fond tu penses plutôt ça ? - Tu m'emmerdes avec toutes tes questions ! - Mais pourquoi ? Qu'est ce que ça cache au fond ? - T'es lourde ! - J'essaie simplement de comprendre, pour rendre la relation plus légère ! - Tu vas prendre mon poing dans la gueule tu vas voir si il est léger ! » (bien sûr je précise que ce dialogue est inventé et exagéré !)

Avec Papillote dans le rôle principal, le film aurait pris une toute autre tournure. Lorsque la mère découvre cet inconnu chez elle : « Vous êtes qui ? - Tom, le mec de votre fils. Vous saviez pas ? Et il a un frère ? Il me l'avait pas dit ! Pas étonnant vu le taré qu'il est ! Attends, tu crois tout de même pas que je vais bosser dans ta ferme ? Ouais on dirait que ça me gêne de marcher dans la boue, on dirait que ça me gêne de dîner avec vous. D'ailleurs je vais retourner dans ma ville parce que ça manque d'attractions par ici, ya même pas de cinéma, qu'est ce qu'on s'ennuie ! »

Je caricature encore évidemment, vous savez que je suis à moitié originaire de la cambrousse. Le film ne fait pas l'erreur de la caricature pleine d'arrogance, d'opposer la ville civilisée et les bouseux incultes, même si j'en connais d'aussi obtus ou isolés que les personnages du film. Mes grands parents maternels ne quittaient pas leur village, leur plus grand voyage a été de se rendre dans ma ville à une heure de route de là pour assister justement à des funérailles... le chemin inverse de celui du film.

J'ai été surprise d'apprendre que Tom à la ferme était tiré d'une pièce, car il ne fait pas du tout théâtre filmé. Malgré l'enfermement mental des personnages, l'histoire se déroule au grand air, dans l'immensité des champs. On sent la liberté possible, proche, mais l'horizon lointain. Le héros à la possibilité de s'enfuir, il rencontre des gens compréhensifs et qui l'alarment des dangers, dans un bar, chez le médecin, mais il reste.

En évitant l'écueil du huis-clos, on constate encore la virtuosité du jeune réalisateur, sa mise en scène stylisée, sophistiquée, originale, qu'on peut voir dès la bande annonce.

Xavier Dolan a réalisé son premier film a seulement 20 ans, Comment j'ai tué ma mère. On y trouvait déjà son désir de montrer les relations conflictuelles, de les pousser à bout pour en faire sortir leur vérité. Cette quête se retrouve dans le plus léger Les amours imaginaires, et dans son troisième film, Laurence Anyways, où le personnage incarné par Melvil Poupaud décide de changer de sexe, tout en conservant sa relation avec sa femme. Si certains critiquent parfois le style trop sophistiqué de Xavier Dolan, on ne peut pas nier son talent, son originalité et sa maîtrise de la réalisation. Je vous conseille l'étonnant Tom à la ferme, en salles demain. 

Petit Quiz On connaît la chanson...

 

07/04/2014

A la télé cette semaine : Le mépris, Barbara, Requiem for a dream...

mepris.jpgCe soir, suite de l’hommage pour le centième anniversaire de la naissance de Marguerite Duras, avec Un barrage contre le pacifique sur France Ô. Comme dans L’amant diffusé hier sur Arte, on retrouve le riche Chinois tombant amoureux d’une fille désargentée, et la famille qui tente d’en tirer profit. Mais ici, Marguerite Duras ne se concentre plus sur la relation passionnelle, mais sur son histoire familiale, ses rapports avec sa mère et ses frères. Isabelle Huppert incarne la mère de l’auteure. Elle se bat en vain contre les flots et les personnes qui l’ont ruinée en lui vendant des terres inondables.

Sur Arte, soirée crise conjugale. Tout d’abord avec Le mépris de Jean-Luc Godard, où l’on entend la sublime musique de Georges Delerue. On y retrouve la réplique célèbre : «  Et mes fesses ? Tu les aimes mes fesses ? » qui confirma le mythe Brigitte Bardot. Le film parle de cinéma (il se déroule sur un tournage, sous le soleil de Capri) mais surtout des malentendus et quiproquos au sein d’un couple. Michel Piccoli, méprisé par B.B. Capri, c’est fini.
La soirée se poursuit sur Arte avec un autre classique : Voyage en Italie de Roberto Rossellini. Cette fois-ci, ce sont Ingrid Bergman et George Sanders qui ne se comprennent plus. Le mari ne pense qu’à son travail, la femme à ses rêves perdus…

Quand-harry-rencontre-sally-152216_L.jpgLe couple va mieux mardi sur Numéro 23, avec la comédie romantique Quand Harry rencontre Sally. Ils se connaissent depuis la fac, se croisent régulièrement pendant 10 ans, mais passent toujours à côté l’un de l’autre. Pourtant ils sont faits pour s’entendre… Avec Billy Crystal et Meg Ryan dans la fameuse scène du restaurant.

Barbara-.jpgMercredi, couple possible sur Arte, avec Barbara de Christian Petzold. Je l’avais regardé par hasard sur Canal+, en m’attendant à un petit film, mais j’ai été envoûtée par l’héroïne mystérieuse, l’atmosphère oppressante, la profondeur et la mélancolie du propos et des personnages. En 1980, en Allemagne de l’est, une femme médecin de Berlin, soupçonnée de vouloir passer à l’ouest, est mutée dans un petit bled perdu. Elle se renferme dans un silence triste et mystérieux, mais un médecin jovial tente de percer sa carapace… Magnifique.
Barbara est suivi d’un autre film du même réalisateur, Contrôle d’identité, mais je ne l’ai pas encore vu pour pouvoir le conseiller.

black swan.jpgSur France4, soirée Darren Aronofsky, avec Black Swan et Requiem for a dream. Dans le premier, Natalie Portman interprète une danseuse étoile obtenant le rôle de sa vie dans le lac des cygnes. Elle travaille dur, la compétition est rude, surtout avec sa rivale (Mila Kunis) qui incarne son opposé : sensualité et rébellion. Un rôle intense pour Natalie Portman. Elle en sera récompensée par l’oscar de la meilleure actrice en 2011, et en épousant son entraîneur de danse, Benjamin Millepied (le bien nommé).

La soirée se poursuit avec un film encore plus sombre et dérangeant : Requiem for a dream. On connaît tous la célèbre musique (voir en lien). Je ne sais pas si j’aurais le courage de le revoir. Quel personnage subit le pire destin ? La petite vieille ? Je vote pour celui de Jennifer Connelly... Ce film est la meilleure pub de prévention anti drogues. Cauchemardesque.

Jeudi sur D8, The american d’Anton Corbjin. George Clooney incarne un tueur à gages vieillissant, désabusé, parti pour une ultime mission en Italie. Dans un paysage de carte postale, il retrouve goût à la vie et à l’amour. Un film plaisant, mais je préfère nettement le précédent du même réalisateur : Control, sur Ian Curtis, le chanteur de Joy Division qui s’est suicidé à 23 ans.

Et vous, aimez-vous ces films ? Qu’allez vous regarder cette semaine ?


06/04/2014

A la télé ce soir : L'amant, Walk the line, La couleur des sentiments...

amant annaud.jpgA la télé ce soir sur Arte, hommage à Marguerite Duras pour le centième anniversaire de sa naissance. La chaîne programme L’amant, puis Hiroshima mon amour, et deux documentaires de Benoît Jacquot (Les adieux à la reine).
Télérama donne la plus mauvaise note au film de Jean-Jacques Annaud : « sage quand on l’aurait voulu passionnée, décorative quand on l’aurait voulue étouffante. Oubliable et oubliée ». Je pense tout le contraire… A ma décharge, j’ai vu L’amant à 14 ans sans avoir lu le livre auparavant, et pas revu depuis. J’étais jeune et je n’avais encore jamais vu de film aussi érotique et troublant (à part La leçon de piano ; mais il est plus pervers que troublant). Je m’en souviens parfaitement : c’était l’été, il faisait chaud, je le regardais sur la minuscule télé de la maison de campagne installée dans la cuisine, avec ma mère à côté qui repassait tranquillement le linge. J’avais les yeux écarquillés devant la scène de la première fois, très gênée que ma mère soit derrière moi (« M’enfin ?! elle a vu ce film, elle me laisse regarder ça ?! et si elle se retourne, qu’est ce que je fais ? »). Jane March était sublime avec son air de Blanche neige, teint de porcelaine, yeux noirs et lèvres cerise. Je trouvais qu’elle avait carrément la classe accoudée au bastingage du bateau, je voulais le même chapeau qu’elle. Je regarderai ce film ce soir et je vérifierai s’il me fait toujours le même effet…

A la même heure sur D8, autre film qu’on m’a laissé regarder beaucoup trop jeune : Les valseuses de Bertrand Blier, avec mon acteur préféré Patrick Dewaere, Depardieu et Miou-Miou. Mes frères ne me répondaient pas quand je leur demandais ce que pouvait bien désigner le titre…

Autre film troublant sur HD1, le dernier de Stanley Kubrick, Eyes Wide shut. Un homme qui remet en question son couple (Tom Cruise et Nicole Kidman, alors mariés). Il erre dans New York la nuit à la recherche de nouvelles sensations. La scène où les masques tombent fait froid dans le dos…

walk the line.jpgSur Numéro 23, une très bonne biographie du chanteur country Johnny Cash : Walk the line. Ce n’est pourtant pas ma chanson favorite, je lui préfère Ring of fire, co-écrite par sa femme June Carter. Leur magnifique histoire d’amour et leur parcours sont passionnants. La pétillante Reese Witherspoon a reçu l’oscar amplement mérité de la meilleure actrice. Son partenaire Joaquin Phoenix (qu’on peut voir actuellement en salles dans le sensible Her) est parfait lui aussi. J’admets avoir préféré ce film au livre autobiographique du chanteur, Cash/Cash.

couleur des sentiments robe.jpgFrance 2 diffuse un film qui se déroule à la même époque, La couleur des sentiments. Dans le Mississippi des années 60, une jeune fille de bonne famille, voulant devenir journaliste, décide d’écrire un livre donnant enfin la parole aux domestiques Noires. La ségrégation étant d’actualité, elle doit le faire clandestinement. Ce livre chamboulera le quotidien de cette petite ville tranquille, où les apparences sont reines.
 
La couleur des sentiments offre un formidable témoignage sur cette époque et sur la ségrégation, rarement évoquée au cinéma (La couleur pourpre, Le secret de Lily Owens, Loin du paradis…) L’émotion est de mise avec le récit tragique de ces domestiques. Pourtant le film évite avec finesse l’écueil du mélo ou de la dénonciation rageuse, en privilégiant l’humour et le recul : l’astuce pour  se venger de la loi sur les wc séparés que tente d’imposer une pétasse « bien sous tout rapport » ne manque pas de piquant. La pimbêche manipulatrice est incarnée avec délectation par Bryce Dallas Howard.
Le film mise beaucoup sur l’aspect visuel. L'atmosphère et la mode des années 60 sont parfaitement restituées. Par ce souci du détail, ses robes colorées à frous-frous et ses choucroutes, le film rappelle la série audacieuse Mad Men.
La jeune héroïne interprétée par Emma Stone refuse une vie classique de mère au foyer, passant ses journées à jouer au bridge et à colporter les cancans. Elle ne pense pas au mariage, veut travailler, réfléchir par elle-même et se rebeller contre l’ordre établi, ce qui déplait fortement à son prétendant…
Par son goût de l’esthétique, son côté féministe et sa description parfaite d’un univers féminin rempli de langues de vipères, le film plaira beaucoup aux fans de Desperate Housewives. J'ai un faible pour Célia, interprétée par Jessica Chastain, jeune femme issue d'un milieu modeste, naïve et spontanée, inadaptée à ce monde d'apparence et qui en est rejetée.

Autre évocation de la séparation entre Noirs et Blancs, l’allégorie sur l’apartheid en Afrique du sud à travers un film de SF : le très bon District 9 sur France 4. Cette fois-ci, ce sont des extra terrestres qui sont écartés de la société…

Sur NRJ 12, Hellboy. Une créature étrange, sorte de diablotin gentil, collabore avec le FBI pour empêcher Raspoutine ressuscité et de vilains nazis de libérer un démon guerrier. Malgré ce pitch qui laissait présager le pire, ce film fantastique est vraiment bien ficelé. Le réalisateur, Guillermo del Toro, aurait dû me mettre la puce à l’oreille : il est l’auteur de l’excellent Labyrinthe de Pan, qui fait partie de mon top 50.

Et vous, qu'allez-vous regarder ce soir, appréciez-vous ces films ?

30/03/2014

A la télé cette semaine : Dracula, Frozen river, La boum...

dracula.pngCette semaine, pas grand-chose à la télé. Je vous conseille plutôt d’aller au cinéma, voir Diplomatie (mon article sur le film en lien rose) Her ou encore Les gazelles.

Lundi sur Arte, Dracula de Francis Ford Coppola. Inutile de présenter l’histoire. La mise en scène est sombre, baroque, sensuelle… Gary Oldman est effrayant en prince des ténèbres, Winona Ryder fragile en amoureuse perdue.

télé,cinéma,à la télé cette semaineMercredi à 22h30, France4 programme Frozen river de Courtney Hunt, grand prix au festival de Sundance de 2008. Le mari de Ray est parti avec les économies du ménage. L’épouse délaissée rencontre une Mohawk vivant dans une réserve indienne, à la limite entre le Canada et les Etats-Unis. Pour gagner de l’argent, les deux femmes font passer des immigrés clandestins dans la voiture de Ray, sur la rivière gelée qui marque la frontière… La glace risque de se briser à tout instant, et les policiers rôdent. Une histoire très originale, qui laisse une impression durable : on se souvient longtemps de ses paysages enneigées, de l’atmosphère tendue et mélancolique. Un film qui tient autant du thriller que du drame social.

boum.jpgJeudi sur TMC, l’inévitable La Boum. Comme tout le monde, enfin surtout les filles, je l’ai souvent regardé. J’aimais bien les rebondissements comico romantiques (ah, lorsque Matthieu met le casque sur les oreilles de Vic et qu’ils dansent le slow «  dreams are my reality… »)
Pourtant je ne voyais pas du tout La Boum comme une représentation de ma propre jeunesse. Déjà, j’ai découvert le film enfant, je n’étais pas assez grande pour sortir, et quand j’ai atteint l’âge, on ne m'invitait pas à ces soirées (« je ne dois pas sentir comme il faudrait l’argent et le succès, et ça me vexe »). Je trouvais les livres et les films plus intéressants que les garçons de ma classe. Ou bien les garçons de ma classe moins intéressants que les garçons des films et des livres. Je ne faisais pas partie d’une bande (mais j’avais des amies hein). Je n’appartenais pas au même milieu social bourgeois et aisé (la mère de Vic est dessinatrice et son père dentiste). Je n’avais pas des parents cool et une grand-mère dans le coup (la mienne, enfin celle qui me restait à l’époque, n’avait jamais quitté son village et n’était allée au cinéma qu’une seule fois dans sa vie, pour voir La vache et le prisonnier en 1956). Je n’avais pas de parents ayant peur de se séparer. Ca va vous paraître étrange mais je ne connaissais aucun enfant de divorcés (c’était avant d’arriver à Paris et de voir qu’un couple sur deux s’y séparent !) Bref, je regardais La boum comme une curiosité, un miroir sur un monde inconnu, et non le reflet de mon adolescence.

coco-avant-chanel-.jpgA la même heure sur  France3, Coco avant Chanel, avec Audrey Tautou dans le rôle titre et mon chouchou Benoît Poelvoorde en amoureux rejeté. J’adore les biographies, donc j’ai apprécié ce film sobre et élégant, quoiqu’un peu froid, tout à l’image de la créatrice de mode.

Côté documentaire, la guerre toujours, avec Le massacre de tulle, 9 juin 1944, ce soir à 22h30 sur  france5.
Mardi sur France 2, suite de Apocalypse, la première guerre mondiale, puis Apocalypse, Hitler.
Le même jour à 22h30 sur Arte, La drôle d’histoire des banques françaises, de l’utilisation des premiers billets en 1716 au krach de 2008 et la dérégulation grandissante.
Vendredi à 22h20 sur Arte, Quand les océans deviennent acides. Les poissons et crustacés disparaissent aussi à cause du dioxyde de carbone…

Et vous, appréciez-vous ces films ? Que pensiez vous de la boum ?

24/03/2014

A la télé cette semaine : Raging Bull, Un secret...

aigle neuvième légion.jpgLundi, D8 diffuse L’aigle de la neuvième légion de Kevin MacDonald (How I live now, actuellement au cinéma, Le dernier roi d’Ecosse). Le film part d’un fait réel : En 120 après JC, en Angleterre, partie conquérir les tribus insoumises au-delà des terres colonisées, la neuvième légion romaine disparaît sans laisser de traces. Dans le film, un centurion (Channing Tatum) recherche son père dans cette contrée peuplée de « barbares » aux mœurs étranges, avec l’aide de son esclave (Jamie Bell-Billy Eliot, qui a raccroché les chaussons de danse pour un rôle plus musclé). Le film n’est pas seulement un péplum, un banal film d’action, mais surtout une réflexion sur l’autre, l’inconnu : l’esclave, le barbare, sont-ils si différents ? Une très bonne surprise.

raging-bull.jpgArte programme à 23 heures (pourquoi si tard ?) le passionnant film de Scorsese, Raging Bull, biographie de Jake LaMotta. Pour le rôle, De Niro s’entraînera pendant un an avec le boxeur mythique, et prendra 30 kilos !

thelma et louise.jpgMardi sur Numéro23, Thelma et Louise de Ridley Scott (Alien, Gladiator, Blade runner…) Deux copines s’ennuyant dans leur couple décident de partir ensemble en week-end. Leur soif de liberté sera vite contrariée par l’agression d’un homme… Ce film « féministe » offre la reconnaissance à Brad Pitt, dans un rôle d’auto-stoppeur sexy.

Slumdog-Millionaire-.jpgSur M6, Slumdog millionaire, grand succès populaire multi récompensé (8 oscars dont celui du meilleur film, meilleur réalisateur et scénario). Pourtant je ne l’ai pas vraiment apprécié. Le mélange des genres me dérange : comédie et drame dans les bidonvilles. L’humour et le côté Bollywood minimisent l’atroce réalité. Dans une scène, comme si c’était banal, on voit tout de même un enfant mendiant se faire crever les yeux, pour que le pauvre petit apitoie les passants et reçoive plus d’argent. Puis on ne croit pas une seconde à l’histoire d’amour entre la fille sublime et le benêt aux oreilles décollées.
Ado, j’avais beaucoup aimé, par le même réalisateur Danny Boyle, l’originalité et la modernité de Petits meurtres entre amis et de Trainspotting (j’avais même acheté la B.O). On sentait déjà dans le deuxième film la misère sublimée. Les personnages y sont des losers drogués, mais quand même fun et cool, puis le héros s’en sort. De plus je préfère largement les chansons pop de Trainspotting (Lou Reed et Perfect day, Iggy Pop, Elastica et 2:1) que la chanson indienne remixée de Slumdog millionnaire.

Mercredi, Arte propose Little Odessa de James Gray. Pour exécuter un contrat, Un tueur à gages revient dans le quartier de son enfance, dont sa famille l’a banni. J’avoue que c’est le film de James Gray que j’apprécie le moins, il m’ennuie un peu. Je préfère largement La nuit nous appartient et The yards. On y retrouve les même thèmes : la mafia, le retour dans la famille, l’impossible rédemption…

un secret.jpgJeudi sur France 3, un film bouleversant de Claude Miller, Un secret. Il est tiré du livre autobiographique de Philippe Grimbert. Ce dernier est devenu psychanalyste, on comprend pourquoi il a eu besoin d’explorer l’âme humaine, après le terrible secret de famille qu’il a découvert. Si vous ne connaissez pas l’histoire, je ne veux rien vous en révéler pour ne pas gâcher l’émotion qui ne manquera pas de vous submerger. A ne pas rater. Cécile de France et Patrick Bruel sont formidables.

Et vous, appréciez-vous ces films ? Qu’allez vous regarder cette semaine ?

23/03/2014

A la télé ce soir

Neverland.jpgArte programme Neverland de Marc Foster. A Londres, au début du 20ème siècle, l’écrivain James Barrie (Johnny Depp) remet en question son talent et son mariage désolant. Il  rencontre une veuve (Kate Winslet) et ses 4 bambins. Ils lui redonnent le goût d’écrire et le replonge dans l’enfance : Barrie écrira Peter Pan… Un petit film poétique, romanesque et sentimental, pour ceux qui ont gardé leur âme d’enfant.

vie est un long fleuve tranquille.jpgSur D8, une comédie française qui a marqué sa génération : La vie est un long fleuve tranquille. Un enfant prolo et un bourgeois ont été échangés à la naissance et ne l’apprennent qu’à l’adolescence. Ils retrouvent leurs familles respectives : le choc des cultures… J’habitais dans un HLM oh putain ce qu’il est blème, alors j’ai malheureusement observé quelques familles Groseille. Plus tard, j’ai connu aussi des Lequesnoy, grands bourgeois cathos pratiquants coincés. Le film ne semblait plus une caricature… et eux-mêmes avouaient que la chanson Jésus reviens aurait parfaitement pu être chantée dans leur chorale ! Le film regorge de scènes et dialogues célèbres que l’on connaît tous, et que je ne manque pas de recaser à toute occasion : « Mais madame je vous jure ! » « T’énerve pas comme ça, tu vas faire virer ta couleur ! » Avec Benoît Magimel dans son premier rôle, à 13 ans (je le trouvais trô bô).

papy_fait_de_la_resistance_14_adjudant_chef_gustav.jpgAutre comédie française populaire sur France 2 : Papy fait de la résistance, "le film qui a coûté plus cher que le débarquement". Il regroupe de grands noms du comique français : Jaqueline Maillan, Carmet, la troupe du Splendid avec Clavier, Balasko et Lamotte "super résistant"... Le Papy du titre devait être incarné par De Funès, qui mourut avant le tournage en 1983. C’est son acolyte des Gendarmes, Galabru, qui reprend le rôle. Mais mon acteur préféré est bien entendu l’adjudant chef Gustav, le chat « qui a la grosse tête depuis que le führer l’a décoré ».
 Ce film enchaîne lui aussi les répliques cultes et les chansons débiles, comme Jacques Villeret interprétant Julio Iglésias : « Je n’ai pas changé »…

i_robot,3.jpgScience fiction sur France 4, avec I, robot d’Alex Proyas (Dark City, The crow). Dans le futur, les robots se révoltent contre les humains, mais Will Smith est toujours là pour nous sauver. Le film s’inspire de l’œuvre d’Asimov. Je vous rappelle les principes du maître de la science fiction :
Première Loi : « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. »
Deuxième Loi : « Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi. » ;
Troisième Loi : « Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi. »

Demain, suite des films de la semaine.

Et vous, qu’allez vous regarder ?


16/03/2014

La rubrique nécrologique et les films de la semaine : Alain Resnais, Le nouveau monde, la balade sauvage, Le secret de Brokeback Mountain...

alain resnais.jpgJe suis encore partie dans mon trou perdu sans Internet, mais en programmant des billets pendant mon absence : « Haha, grâce aux articles toujours réguliers, mon départ va passer inaperçu ! »
J’avais juste oublié ces légers détails : les César et Oscar. Des milliers de lecteurs (quatre) m’ont demandé « Bah alors, tu tiens plus les paris sur les films primés ? » « T’es plus la seule sur Twitter à 4 heures du matin pour commenter en direct la cérémonie des oscars diffusée sur Canal + ? »
Sans compter Alain Resnais qui profite de mon absence pour clamser : « Et ta rubrique nécrologique hebdomadaire ? »

Je n’ai pas appris sa mort en quasi direct sur Twitter comme d’habitude, mais au journal télévisé de 13 heures. Je ne regarde jamais ce JT, mais il est la seule source d’information disponible dans le trou perdu (jusqu’aux années 2000, on ne captait que les trois premières chaînes : après on se demande pourquoi les paysans sont toujours rivés sur TF1, la chaîne de la culture.)
Je faisais une salutation au soleil devant la télé (non, je ne suis pas devenue branchée, on a conseillé le yoga à mémé pour son dos et ses articulations) (maintenant, je peux toucher mes pieds en pliant les genoux). J’apprends la triste nouvelle. Étant en famille, pas la peine d’envoyer un sms pour poser la question habituelle. Je me dirige vers la cuisine où ils prennent l’apéro :
Moi, chagrinée : « Devinez qui est mort ?
Ma mère, d’un ton anodin, tout en buvant une gorgée de Pineau des Charentes : - Rochefort, Marielle ?
- QUOI ?! Mais pourquoi pas McCartney tant que tu y es !
- Ben je sais pas, vu ta tête !
- Mais si c’était eux, j’aurais sorti mon masque de tragédienne et je me serais roulée par terre de douleur ! (Évidemment McCartney est hors compétition, chacun sait qu’il est immortel, enfin voyons). Oui c’est pas bien, mais j’ai forcément des préférences. Le jour où il arrive malheur à Marielle la-plus-belle-voix-du-monde, je porte le deuil. D’ailleurs le vieux a bientôt 82 ans, et je m’empresse d’aller le voir au théâtre vendredi dans Love letters (je roucoule d’avance à l’idée de l’avoir en face de moi).

- Non, c’est un réalisateur  français... vieux… 91 ans.
- Encore un ?! Mais il va plus en rester ! Déjà Lautner et Molinaro
- Il a réalisé des films intellos : Hiroshima mon amour, L’année dernière à Marienbad… Avec plein d’acteurs, des destinées qui se croisent. Des films comiques et plus populaires aussi : Smoking/ No smoking, Cœurs… Avec des chansons : Pas sur la bouche, et bien sûr, mon préféré, mon hymne : On connaît la chanson. Il faisait toujours tourner sa femme, Sabine Azéma, et les mêmes acteurs, Pierre Arditi, André Dussollier, Lambert Wilson… Jaoui et Bacri aussi.
- Alain Resnais ?! Je préfère Nuit et brouillard, quel choc ce documentaire sur les camps de concentration !!"
Coincés dans le trou perdu sans Internet, on n’a même pas su quels films la télé diffusait en hommage. En voulant regarder The housemaid, on a juste vu qu’il était déprogrammé au profit de Mon oncle d’Amérique.

nouveau monde.jpgSi aucun cinéaste ne meurt encore ce soir, demain sur Arte, soirée Terrence Malick (tiens, il a déjà 70 ans, je dis ça, je dis rien…) La chaîne propose deux films emblématiques du lyrisme du réalisateur, qui célèbre la beauté de la nature : Le nouveau monde, avec Colin Farrell et Christian Bale, inspiré de l’histoire vraie de Pocahontas. Une plongée dans l’époque des colons et des Indiens du 17ème siècle. Le film est suivi d’une autre épopée magnifique et romantique, qui rappelle cette fois-ci Bonnie and Clyde : La balade sauvage, avec Martin Sheen et Sissy Spacek.

Mercredi sur France 4, Je vais bien, ne t’en fais pas, film que je n’ai toujours pas eu l’occasion de voir. Quand j’ai voulu le faire, on m’a spoilé au bout de 10 minutes : "je ne me doutais pas de la fin". Du coup je l’ai devinée et ça ne m’a plus donné envie. Je vérifierai si j’avais raison.

télé,cinéma,filmographie d'alain resnais,jean-pierre marielle la plus belle voix du monde,documentaires à la télé,le printemps du cinémaJeudi soir sur chérie 25, Le secret de Brokeback Mountain d’Ang Lee. On retrouve la délicatesse, le romantisme et la poésie de Raisons et sentiments, Tigre et dragon ou de Lust, Caution, du même réalisateur.  Ne ratez pas cette histoire sensible d’un amour impossible entre deux cow-boys. Avec Jake Gyllenhaal et le regretté Heath Ledger, mort à 28 ans, oscar du meilleur second rôle pour son interprétation d’un Joker halluciné dans Batman.

Pas beaucoup d’autres films cette semaine à la télé, mais des documentaires :
Ce soir sur France 5, spécial consommation : Grande distribution, promos, prix cassés, qui paie l’addition ? » Puis : « Cartes de fidélité, fidèle un jour, fidèle toujours » (j’en ai marre que le même caissier me demande inlassablement chaque semaine si j’ai une carte de fidélité et si j’en veux une. Nan je n’ai pas changé d’avis tu sais où tu peux te la mettre ta carte de f..)

Documentaires sur la guerre, toujours : mardi sur France 2, Apocalypse, la première guerre mondiale, avec des images colorisées. Je conseille toujours vivement aux Parisiens l’exposition gratuite sur les fusillés pour l’exemple.
Vendredi sur France 3 à 23h10, la seconde guerre mondiale avec Mussolini-Hitler, l’opéra des assassins.
Documentaire sur la guerre au cinéma, ce soir à 22h25 sur france5, suite de La guerre d’Hollywood.
Cinéma encore, jeudi à 21h40 sur France 5, un  Duel  Delon-Belmondo.

Documentaire sur la santé, avec sur Arte vendredi à 22h35 : Contrôler le génome (pour trouver le gêne de l’intelligence). On se croirait dans Le meilleur des mondes ou Bienvenue à Gattaca…
Mardi Sur France 5, des films sur les bipolaires puis les schizophrènes.

Enfin des documentaires plus gais, avec lundi sur France 3 : Tous bénévoles ! Au bonheur des autres, et surtout mercredi sur Canal+ : Made in France, l’année où j’ai vécu 100 % français.

N’oubliez pas le printemps du cinéma jusqu’à mardi soir, avec les places à 3,50 euros.

Et vous, avez-vous vu ces films ? Quel est votre film d’Alain Resnais préféré ?