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02/04/2019

Captive state, la nouvelle armée des ombres

captive state.jpgLes extra-terrestres ont envahi la Terre. Le gouvernement collabore avec l'envahisseur, pour maintenir l'humanité en vie, mais aussi être maintenu au pouvoir. Il exerce un contrôle constant sur la population. Chaque individu porte un implant qui le surveille, les voyages sont interdits, et internet a été coupé pour empêcher les communications. Le peuple est sommé de travailler pour les aliens, en extrayant pour lui les ressources naturelles de la planète. Mais clandestinement, à Chicago, des rebelles tentent de combattre l'ennemi et de rétablir la liberté… voir la bande annonce ici en lien.

J'ai adoré ce film. Pour moi il traite d'un sujet essentiel : l'importance de la résistance pour obtenir de bonnes conditions de vie. Qu'est-on capable de faire pour la liberté ? Vaut-il mieux rester en vie mais en étant esclave, ou se battre, quitte à mourir dans l'ombre et à se sacrifier pour les autres ? La majorité accepte d'être privée de ses droits, car on s'habitue à tout, en justifiant ses reculs par les éternels : "oui mais ya pire ailleurs" "oui mais au moins on garde ça".  
Captive state est-il un simple film d'action à la Independence day, où un héros dégomme à tout-va les méchants aliens avec sa bande de potes ? Absolument pas. Le film est beaucoup plus subtil. On ne voit quasiment pas les envahisseurs, qui vivent en sous-sol. Comment atteindre un ennemi invisible, qu'on ne connaît pas ?

captive state, metropolitan films, cinéma, science fictionL'ennemi bien plus présent est le gouvernement. Il collabore avec les extra-terrestres afin de garder sa place au pouvoir. Il justifie cette position par des discours de propagande : depuis que les aliens sont sur Terre, la criminalité a fortement diminué, le chômage est inexistant. Evidemment, l'armée est omniprésente et supprime les fauteurs de troubles. Le chômage n'existe plus puisque les humains travaillent de force pour les envahisseurs. Mais la liberté d'expression n'existe plus non plus, les gens sont tous fichés, filmés et écoutés au moindre signe suspect, jusque dans leur chambre à coucher. Les médias sont contrôlés, la communication, la liberté d'expression et de circulation ne sont plus possibles. Le gouvernement fait croire que la surveillance de la population est pour son bien, pour maintenir la sécurité.

Le parallèle avec l'actualité est évident. En Chine, la population accepte d'être surveillée et notée en permanence, en France, on remet en cause le droit de manifester, aux Etats-Unis, Trump sévit...
Captive state est exactement ce que j'attends d'un film : du divertissement, avec une vraie histoire, de la tension constante (vont-ils réussir ?) un découpage et une mise en scène parfaits, avec une musique qui colle parfaitement aux images. De l'émotion, du suspense, mais aussi de la réflexion sur des sujets primordiaux. Tout le long du film, je pensais "que ferais-je à leur place ? que feraient les autres ?" Sous couvert de science-fiction futuriste, Captive state livre en réalité une réflexion essentielle sur la société actuelle, sur les dérives d’un État de surveillance et la menace qui pèse sur les droits civiques et les libertés individuelles

Le film est réalisé par Rupert Wyatt. Le basculement de société était déjà à l'oeuvre dans son plus grand succès : la planète des singes, les origines. Les résistants de Chicago en 2025 rappellent ceux de la France occupée pendant la seconde guerre mondiale. Le réalisateur confirme ses références, Jean-Pierre Melville et son magistral L'armée des ombres fait partie de ses films préférés. 
Comme L’armée des ombres, Captive state est un film sur la résistance, qui décrit parfaitement les rouages d'un réseau clandestin. L'incroyable capacité des rebelles à se débrouiller avec les moyens du bord, leur habileté à contourner la censure est captivante et admirablement décrite. Le film ne glorifie pas un héros seul qui sauve le monde, mais montre des individus lambda, qui ne se connaissent pas, aux profils très différents, qui se réunissent pour un but commun : combattre l'ennemi et libérer le peuple. Ils savent qu'ils doivent opérer en secret, sans montrer leur bravoure, sans se faire remarquer. 

Les rapports complexes et ambigus entre les personnages évitent tout manichéisme. Pas de gentils super héros d'un côté, pas de méchants abjects de l'autre. Chacun à ses raisons justifiées. Le policier maintient une forme de paix et veut éviter au fils de son ami une mort certaine s'il rentre dans la résistance. Le jeune particulièrement tête à claques je trouve, pense d'abord à se sauver lui et sa copine. Il ne veut pas combattre car il a peur de mourir, qu'on s'en prenne à ses proches. Un autre au contraire, qui a pourtant l'aspect veule et falot, devient en fait résistant "pour l'avenir de son fils"... 

Je ne peux que vous encourager à voir Captive state, demain dans les salles. 

03/03/2019

Bilan "je suis culturée" de février

livres, littérature, BD, expositions paris, riad sattouf, cinéma, canal+, sériesCe mois-ci, un seul film au cinéma, mais je me suis replongée dans mes classiques : Les Faites entrer l'accusé, surtout les premiers avec le passionné Christophe Hondelatte et son blouson de cuir. Entre les Féla et les podcasts Hondelatte raconte (non énumérés ici car trop nombreux) Les crimes presque parfaits de Planète et les livres de criminologie que je lis, j'ai constaté que je connais quasiment tous les faits-divers relatés ! (environ 300 !)

1 film au cinéma :
- Glass de M. Night Shyamalan

25 Films Canal +/OCS/Netflix :

livres, littérature, BD, expositions paris, riad sattouf, cinéma, canal+, sériesCycle Clint Eastwood :
- Gran Torino
- Million dollar baby
- La mule
- Mémoires de nos pères
- Lettres d'Iwo Jima
- Un frisson dans la nuit
- Breezy
- L'épreuve de force

Cycle Biopic :
livres, littérature, BD, expositions paris, riad sattouf, cinéma, canal+, séries- American Splendor de Shari Springer Berman et Robert Pulcini 
 - Moi, Tonya de Craig Gillespie
- L'échange de princesses de Marc Dugain
- Le grand jeu d'Aaron Sorkin
- Tout l'argent du monde de Ridley Scott 

Drames psychologiques :
- Jusqu'à la garde de Xavier Legrand
- My cousin Rachel de Roger Michell d'après Daphné du Maurier

Thriller /action :
livres, littérature, BD, expositions paris, riad sattouf, cinéma, canal+, séries- Scarface de Brian De Palma, 1983
- Pulp fiction de Quentin Tarantino
- Incassable de M. Night Shyamalan
- Mindscape de Jorge Dorado 
- Wind river de Taylor Sheridan

Horreur :
Insidious de James Wan 
- The visit de M. Night Shyamalan
- Répulsion de Roman Polanski

Comédies :
- Les beaux gosses de Riad Sattouf
- La personne aux deux personnes de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine

2 séries :
livres, littérature, BD, expositions paris, riad sattouf, cinéma, canal+, séries- Engrenages saison 7
- Illuminée saison 1

21 Documentaires :
- L'album secret de Clint Eastwood
- Edouard Molinaro 
- La Terre à plat (conspiration dela Terre plate) Netflix
- Heal, les médecines alternatives, Netflix
- Trump et le coup d'état des multinationales, Arte

Faites entrer l'accusé :
livres, littérature, BD, expositions paris, riad sattouf, cinéma, canal+, séries- Jean-Claude Romand, le menteur
- Sylvie Reviriego, Meurtre sur ordonnance
- David Hotyat, la tuerie du grand Bornand
- Véronique Courjault, L'affaire des bébés congelés
- Magali Guillemot, la mort du petit Lubin
- Marc Dutroux, le démon belge

- Nadine et Jérôme, Meurtre en famille
- Geneviève Montillet, la diabolique d'Antibes
- Joël Deprez, L'homme de trop
- Peter et Aurore, Les amants diaboliques
livres, littérature, BD, expositions paris, riad sattouf, cinéma, canal+, séries- Rodica Negroiu, L'empoisonneuse de Maxéville 
- La disparition de Suzanne Viguier
- L'affaire Giraud/Lherbier
- Didier Tallineau L'homme aux deux visages
- Bérenger Brouns Le charcutier du marché St Martin
- Richard Roman, le procès d'un innocent (affaire Gentil)

6 Livres :
Psy :
- Les vilains petits canards de Boris Cyrulnik
- 16 cas cliniques en psychopathologie de l'adulte de Nathalie Dumet et Jean Ménéchal
B.D :
livres, littérature, BD, expositions paris, riad sattouf, cinéma, canal+, séries- La vie secrète des jeunes de Riad Sattouf 
- Les pauvres aventures de Jérémie de Riad Sattouf (3 tomes)
- La quête de l'oiseau du temps de Loisel/ Le tendre (4 tomes)
- Blueberry, 3 premiers tomes

3 expos :
- Vasarely, inventeur de l'art optique, jusqu'au 6 mai, Centre Pompidou
- Le cubisme, centre Pompidou
- Riad Sattouf, l'écriture dessinée, jusqu'au 11 mars, centre Pompidou

 

13/02/2019

Les films de genre de janvier

cinéma- Veronica de Paco Plaza, 2017
       Je voulais voir ce film car son auteur a aussi réalisé Rec, qui m'avait terrifiée, et parce qu'il est tiré d'une histoire vraie : le seul témoignage surnaturel relaté dans un rapport de police en Espagne, le dossier Vallecas. Grosse déception : moi qui avais longtemps cherché sur le net le procès verbal et les documentaires, et les avait traduit laborieusement, le film s'en éloigne beaucoup. Comme dans la vraie histoire, il débute avec un groupe de lycéennes qui s'essaie au spiritisme, casse par inadvertance la planche et le verre de oui-ja, dont une fumée noire s'échappe et est inhalée par Véronica (Estefania de son vrai prénom). Mais le film bifurque ensuite de l'histoire telle qu'elle a été rapportée par les témoins.
Dans le film, c'est Veronica qui subit les phénomène étranges dans le logement familial. Dans la réelle histoire, ce sont les parents qui vivent l'expérience surnaturelle après le décès inexpliqué de leur fille : Estefania a entendu des bruits effrayants et vu des ombres inquiétantes qui la poursuivaient, mais prise de convulsions très fortes, elle a été internée pendant plus d'un an, jusqu'à sa mort d'origine inconnue. C'est seulement après sa mort que les phénomènes surnaturels sont apparus dans l'appartement, et ce sont les parents qui ont appelé la police en pleine nuit, permettant les photos de l'habitation saccagée et le procès verbal.
Concentré sur un seul personnage et un lieu quasi unique, sans grand enjeu, le film met du temps à démarrer et n'effraie pas autant qu'il pourrait le faire.

- 300 de Zack Snyder, 2006
       Pas fana des purs films d'action, j'étais passée à côté de ce film devenu culte (je connaissais néanmoins le meme "this is Sparta !") J'ai été agréablement surprise par l'esthétisme ultra soigné, les couleurs sombres et saturées qui montrent bien que le film est tiré d'une BD (de Franck Miller, auteur de l'aussi sombre Sin city). J'ai été aussi amusée par tous ses hommes en slip et sandales (spartiates quoi) ultra musclés, la peau huilée et parfois maquillés, qui adorent le corps à corps, se parler à 3 cm du visage comme s'ils allaient se rouler des pelles. Une seule femme dans ce film : l'horrible Lena Headey, la terrible Cersei de Game of thrones, déjà reine impitoyable avec sa tête de méchante (son regard inquisiteur, ses yeux enfoncés, ses gros sourcils et son rictus insupportable.)

- La compagnie des loups de Neil jordan, 1985
       En plusieurs scénettes, une grand-mère raconte à sa petite fille des histoires de loups hantant un village médiéval. Un bon film mais que j'aurais dû voir à l'âge de l'héroïne, car il m'aurait subjuguée, comme les films d'heroïc fantasy de l'époque, avec les mêmes effets spéciaux et univers : Labyrinthe, L'histoire sans fin, Dark Crystal...

11/02/2019

Les thrillers de janvier

gran torino.jpg

La mule de Clint Eastwood
Voir ma critique ici.

- Gran Torino de Clint Eastwood, 2008

Gros choc à la sortie ciné, au point que je n'osais plus le revoir : traumatisée par l'histoire et aussi par peur de ne plus l'apprécier autant, comme il m'arrive souvent à la deuxième vision. Ce n'est pas le cas ici, Gran Torino est toujours un chef d’œuvre, et sa musique mélancolique si prenante accompagne mes pensées quasi quotidiennement depuis une décennie.

- La fille du train de Tate Taylor, 2016

J'avais hâte de découvrir ce thriller car j'en avais lu beaucoup de bien sur les réseaux sociaux. J'en attendais peut-être trop, car même si le film est agréable à regarder, si on réfléchit un peu, on devine vite qui est le coupable vu le peu de personnages (une chance sur 5...). Le livre dont il est tiré est certainement plus complexe. En revanche, totale compassion pour l'héroïne interprétée par Emily blunt, qui s'est fait plaquer et virer de chez elle car incapable de tomber enceinte, et remplacée par une jeunette qui occupe maintenant sa maison. De quoi devenir alcoolo effectivement.

- Prête à tout de Gus Van Sant, 1995
Film déjà vu plusieurs fois, mais comme mémé a Alzheimer, je ne m'en souvenais pas. Nicole Kidman obtient son premier grand rôle avec ce personnage de femme machiavélique prête à tout pour être célèbre. Le tout jeune Joaquin Phoenix est également épatant dans son rôle d'ado demeuré manipulé. Une bonne satire de la société du paraître et des médias.

A suivre : les films SF

08/02/2019

Les comédies vues en janvier

cinéma, cinéma français, alexandre astier,kaamelott, palmashow, comédies françaises- Astérix et le secret de la potion magique d'Alexandre Astier et Louis Clichy (en salles)
Après Le domaine des dieux, nouvelle réalisation de l'auteur de Kaamelott. Le premier film, déjà fort sympathique, était une adaptation d'une BD existante, tandis que le deuxième est une création d'Astier, ce qui lui donne une plus grande liberté et meilleure cohérence je trouve. A travers cette histoire de casting du parfait druide, Astier peut développer à loisirs son art de la répartie et du portrait de gars à la ramasse qu'il affectionne tant. Et au final, le seul personnage "normal", donc le moins drôle et moins intéressant, apparaît secondaire : le héros de la série, Astérix!  On le voit très peu et on ne s'en plaint pas ! J'ai adoré le générique du début où les personnages travaillent au rythme de la chanson You spin me round. Depuis je danse régulièrement dessus et j'ai la patate direct, testez et vous approuverez !
- Papa ou maman 2 de Martin Bourboulon (Canal+)
Aussi sympathique que le premier volet (voir ma critique ici). Mention spéciale pour le repas de présentation du nouveau petit copain. Ce dernier semble un génie, riche, altruiste, qui a tout fait dans sa vie. La scène est d'autant plus drôle que le mec est joué par Serge le mytho (Jonathan Cohen). On compatit à fond avec le père, qui paraît insignifiant à côté de son rival.
- Santa & cie d’Alain Chabat (Canal+)
Un film de noël bien sympathique qui évite l'écueil cucuterie des films de ce genre, grâce à l'humour de Chabat. Il s’est entouré d'une brochette d'acteurs comiques qu'on a plaisir à voir : une apparition de Bacri en père noël (qu'il a déjà fait jouer dans son film Didier). Les auteurs du Palmashow, Bruno Sanchès de Catherine et Liliane, Thomas VDB et Patrick Timsit complètent le casting. Dans le rôle de l'avocat au grand cœur, Pio Marmaï (je n'ai toujours pas reçu sa demande en mariage d'ailleurs, étonnant).
- La folle histoire de Max et Léon du Palmashow (Canal+)
Comme pour le film précédent, une flopée d'acteurs comiques défilent : Florence Foresti, Kyan Kojhandi, Baptiste Lecaplain, Kad Merad, Simon Astier... Une comédie agréable qui lorgne du côté de La grande vadrouille, sans égaler le film culte (ni par le nombre d'entrées en salles, 17 contre 1,2 millions).

cinéma, cinéma français, alexandre astier,kaamelott, palmashow, comédies françaises- Maggie a un plan de Rebecca Miller 
Une petite comédie romantique avec un charme indéniable, prioritairement grâce à Ethan Hawke (déjà parfait dans Les "before"). Selon l'humeur du moment, on s'irrite ou s'extasie devant la vie de rêve où tout semble facile. L'héroïne veut un gosse mais n'est pas en couple ? Pas de problème, elle demande à un vague pote de servir de donneur (le roi Ragnar de la série Vikings), avec un échantillon qu'elle va s'enfourner elle-même dans sa baignoire, hop c'est réglé en 3 minutes. Elle a fait des études d'art, un domaine qui ne mène à rien ? Pas de problème, elle gagne bien sa vie (vu son appart en plein New York, l'une des villes les plus chères au monde). Elle a un job improbable : aider des étudiants à rencontrer des entreprises qui commercialiseraient leurs inventions. Ses potes écrivent des livres ? Bien sûr, plusieurs éditeurs se battent pour avoir l'exclusivité du futur best-seller ! Le film fait penser à Woody Allen mais surtout à Noah BaumbachL'héroïne est incarnée par la copine de ce dernier, Greta Gerwig. Elle est aussi paumée et délurée que dans son rôle de Frances Ha.
- Comment l'esprit vient aux femmes de George Cukor, 1951
Les 4 filles du docteur March, Autant en emporte le vent, Le magicien d'oz, Une étoile est née, Madame porte la culotte... Le réalisateur aime donner les premiers rôles aux femmes fortes. Comme dans My fair lady (j'admets ne pas l'apprécier) l'héroïne de Comment l'esprit vient aux femmes est une cruche superficielle. Elle rencontre un homme mentor qui va lui apprendre à se servir de son cerveau. Cette comédie culte est présentée comme un appel à l'émancipation des femmes, mais le fait que cette libération ne semble pouvoir advenir que grâce à l'aide d'un homme me chiffonne un peu.
- La petite sirène de Ron Clements et Jon Musker, 1990
Je n'avais jamais vu ce Disney mais je connaissais la chanson Sous l'océan. On est loin du conte cruel d'Andersen (on se doutait que tout finirait bien dans un Disney) mais le film est très plaisant à voir.
à suivre : les thriller

 

06/02/2019

Bilan "je suis culturée" de janvier

littérature,bd,cinéma,documentaires netflix,affaires criminelles4 films au cinéma :
- La mule
de Clint Eastwood
- Les animaux fantastiques 2
de David Yates
- Astérix, le secret de la potion magique
, d'Alexandre Astier et Louis Clichy
- Border
de Ali Abbasi

3 séries :
- En analyse
saison 3
- Rick et Morty saison 1 à 3
- Engrenages saison 6

1 expo :
littérature,bd,cinéma,documentaires netflix,affaires criminelles- Sergio Leone, La cinémathèque

1 concert :
- Flogging Molly au Trabendo

1 pièce de théâtre :
- Le gros diamant du prince Ludwig, molière de la meilleure comédie 2018

15 Livres :
Jirô Taniguchi
 :
littérature,bd,cinéma,documentaires netflix,affaires criminelles- Quartier lointain
- Le journal de mon père
- Un avenir radieux
- Le gourmet solitaire
Corinne Maier :
- Ceci n’est pas une lettre de candidature
- Einstein
- Marx
- Freud
L’arabe du futur de Riad Satouf, tome 1 à 4
Modeste et Pompon de Franquin, tome 3 et 4
Great Teacher Onizuka, tome 21 à 25
- In treatment, lost in therapy de Clotilde Leguil (analyse de la série TV)

littérature,bd,cinéma,documentaires netflix,affaires criminelles12 Films Canal + /OCS :
Comédies :
- Papa ou maman 2

- Santa & cie
d’Alain Chabat
- La folle histoire de Max et Léon du Palmashow
- Maggie a un plan de Rebecca Miller
-Comment l'esprit vient aux femmes de George Cukor, 1951
- La petite sirène, 1990

Thriller :
littérature,bd,cinéma,documentaires netflix,affaires criminelles- Gran torino
de Clint Eastwood, 2008
- La fille du train de Tate Taylor
- Prête à tout de Gus Van Sant, 1995

Horreur/ Fantastique / action :
- La compagnie des loups
de Neil Jordan, 1985
- Veronica de Paco Plaza, 2017
- 300 de Zack Snyder, 2006

26 Documentaires :
Société :
Coups de cœur :
littérature,bd,cinéma,documentaires netflix,affaires criminelles- Fyre festival
- Being clear scientology 
Bien :
- L'assassinat des Romanov, nouvelle thèse
- Carré 35 de Eric Caravaca

Affaires criminelles :
Coups de cœur :
littérature,bd,cinéma,documentaires netflix,affaires criminelles- Making a murderer
- Soupçons
Bien
- Casting Jon Benet
- L'enfance volée de Jan Broberg
- Jack l'éventreur, la fin du mystère ?
-The investigator, a british crime story
Pas mal :
- L'ombre disparue de Marie-Hélène audoye
- Joseph Fritzl, story of a monster
Décevant :
littérature,bd,cinéma,documentaires netflix,affaires criminelles- Deadly women
- Dans la tête des criminels
- Les génies du mal

Des crimes presque parfaits :
Coups de cœur :
- La séquestrée de Poitiers
- Henriette Caillaux, un meurtre au Figaro
- L'affaire Steinheil, la veuve rouge
- Affaire Landru
- Le docteur Petiot

littérature,bd,cinéma,documentaires netflix,affaires criminelles- Violette Nozières
- Casque d'or et les apaches
- L'affaire Dominici
- Guillaume Seznec, une énigme judiciaire
- Raoul Villain, il a tué Jaurès
- Affaire Hélène Jégado, l'empoisonneuse

 

29/01/2019

La mule de Clint Eastwood

cinéma,clint eastwoodEarl Stone ne vit que pour son travail d'horticulteur, au détriment de sa famille. Il a préféré participer à un concours de fleurs plutôt que d'assister au mariage de sa propre enfant, qui refuse de lui adresser la parole depuis. 15 ans plus tard, c'est sa petite fille qui se fait passer la bague au doigt. Earl a l'occasion de se rattraper en payant une partie des frais de la noce. Mais il n'a plus d'argent, son entreprise fait faillite. Comme il a l'habitude de voyager pour son métier, on lui propose alors un moyen facile de se remplumer : transporter dans sa voiture des sacs de drogue, faire la mule. Il est d'autant plus insoupçonnable qu'il n'a jamais commis d'infractions routières, est d'un tempérament chaleureux et insouciant, et surtout, il a plus de 80 ans...
Le film est tiré d'une histoire vraie, ce qui en fait toute sa force, car comme je dis toujours, la réalité dépasse la fiction. La vraie mule se nommait Leo Sharp et a agi jusqu'à ses 87 ans.

cinéma,clint eastwoodLe film garde des zones d'ombre : les trafiquants précisent bien que Earl ne doit pas regarder le contenu des sacs qu'il fait traverser la frontière. Mais les types sont des caricatures de gangsters, avec leurs grosses chaînes en or, leurs tatouages et leurs flingues : pépé est-il assez sénile et naïf pour ne pas comprendre qu'il transporte de la drogue pour un cartel mexicain, ou c'est le réalisateur qui essaie de nous le rendre sympathique en éludant la question ?
De même, Earl a délaissé sa famille, préférant s'amuser avec ses copains et des filles de passage lors de ses concours de fleurs. Mais Eastwood le présente plutôt comme un joyeux hurluberlu profitant de la vie et de sa liberté. Il est aussi montré comme ayant le sens du partage et du sacrifice. S'il travaille autant, c'est pour nourrir sa famille, s'il devient passeur de drogues, c'est pour aider ses proches et sa communauté (empêcher la fermeture de son bar favori, rénover la patinoire). Au contraire il a l'air de penser que les femmes de sa famille sont des grincheuses hystériques jamais contentes.

On retrouve dans La mule les thèmes chers à Eastwood : la valeur du travail, le courage, le sens du sacrifice, les regrets, la famille, le goût de la liberté et de l'indépendance (illustrées par les grands espaces traversés et l'esprit libre penseur de ses héros). Le cinéaste considère qu'un homme, un vrai, travaille comme un bœuf, en étant son propre patron (pas une feignasse de fonctionnaire !) Il ne remet pas en question qu'à presque 90 balais, le dos plié en deux, Earl bosse toujours : la retraite, c'est pour les chochottes ! Le vieux avait l'occasion d'arrêter de trimer puisqu'il a fait faillite, mais non. Expulsé de chez lui comme d'autres habitants (la raison économique n'est pas évoquée, crise des subprimes ?) le personnage veut s'en sortir par ses propres moyens, même illégaux. Je me souviens d'avoir lu qu'Eastwood dénonçait les aides sociales, juste bonnes selon lui pour les feignants. Easwood ne cache pas ses valeurs politiques républicaines. Il a soutenu Trump, Reagan -un acteur héros de western comme lui- et a même été maire de sa ville. Earl s'en sort seul et doit se comporter en héros sacrificiel, car la famille, c'est sacré.
Il n'est pas anodin que le rôle de l'enfant qui reproche au père ses absences soit joué par la véritable fille d'Eastwood : en 88, il a renoncé à sa carrière de maire pour être plus proche de ses gamins...

En dépit de son rôle crapuleux, Earl stone nous est éminemment sympathique, aussi par son côté vieux dépassé par la modernité. Comme mémé nulle en nouvelles technologies, il ne sait pas se servir d'un portable (scène très drôle où il découvre le texto). Il se moque des jeunes qui ne peuvent plus rien faire sans téléphone ni google. Il est aussi touchant par sa façon de parler à tous, avec une naïveté et sincérité désarmante, sans calcul : "je crois que je n'ai jamais eu de filtre".
Par exemple lorsqu'il change la roue d'un couple de Noirs en panne :
"Ça me fait plaisir d'aider un copain négro
- Mais monsieur, c'est un terme offensant !
- Ah bon ?
- Oui il faut dire "black" (le mot nègre est utilisé jusque dans les années 60 sans être considéré péjoratif, comme "black" sera certainement jugé offensant dans 50 ans et remplacé par un autre terme.)

cinéma,clint eastwoodPar son attitude et son langage décalés, et l'humour que cela produit, Earl fait penser à un autre vieux dépassé par le monde moderne, celui de Gran Torino. Les deux films sont écrits par le même scénariste, Nick Schenk, on retrouve clairement sa patte. Les deux personnages sont des vétérans de guerre marqués par ce qu'ils ont vécu, et ils en sont revenus endurcis (Earl transporte 300 kg de drogue en chantant et n'a pas peur des plus grands barrons: "fiston, j'ai fait la guerre moi, c'est pas un gamin qui va m'impressionner"). Earl a dépassé le traumatisme d'avoir menacé (tué?) des gens en devenant altruiste (j'ai fait du mal, maintenant je le répare) et optimiste (je ne pourrais jamais rien vivre de pire, autant profiter de la vie, à quoi bon se tracasser). Le vieux de Gran Torino est à l'inverse ressorti de la guerre misanthrope (les hommes sont des ordures meurtrières et méritent de crever). Si le héros de Gran Torino est un vieux ronchon raciste qui s'ouvre peu à peu à autrui, celui de La mule est présenté comme un brave gars sociable aimé de tous. Comme il est vieux et fragile, il est touchant, on lui pardonne tout.
Entre les deux films, j'ai néanmoins préféré Gran torino, qui comporte plus d’enjeux, plus de rebondissements. car finalement, que voit-on le plus souvent dans La mule ? Surtout un vieux qui fait des aller-retour en voiture. Eastwood réussit néanmoins à nous passionner pour cet homme si étonnant et ambigu.

Le réalisateur paraît très affaibli dans ce dernier rôle, et je me suis inquiétée de devoir écrire bientôt sa rubrique nécrologique. Pépé a tout de même 88 ans ! Mais Bradley Cooper, son partenaire à l'écran, précise : "Ce qui est génial chez Clint, c’est qu’il a dû jouer le fait d’être vieux tellement il est en forme, il saute de sa chaise comme un kangourou."

Eastwood a le chic pour dénicher des histoires incroyables : L'échange et cet enfant disparu que la police remplace par un autre, Sully qui évite de justesse l'écrasement d'un avion, American sniper, Million dollar baby... Et désormais, ce passeur de drogues improbable. Si vous avez apprécié Gran Torino, vous aimerez La mule.

08/01/2019

Border, aux frontières de l'étrange

border.jpgTina est une douanière au physique aussi particulier que son talent. Les passagers défilent devant son poste, et elle sent ceux qu'elle doit arrêter, qui transportent de la contrebande ou de l'alcool. Elle sent, justement, littéralement. Avec son curieux nez qui ressemble plus à un groin, elle flaire les individus et sent leur culpabilité et leur honte. Un jour, elle voit arriver un homme au physique aussi étrange que le sien, qui va perturber son univers et ses certitudes...Voir la bande annonce en lien. 

Border a fait sensation au dernier festival de Cannes, où il a remporté le prix Un certain regard et a été encensé par la critique. J'ai vu le film il y a plus d'un mois, et je m'en souviens encore, moi mémé Alzheimer qui oublie ce qu'elle a vu la veille ("c'était sympa. Ça parlait de quoi déjà ?") Surtout, j'y repense encore souvent, tant Border est un ovni qui ne ressemble à aucun autre film et laisse une impression bizarre.

border persos.jpgIl est tiré d'un roman de John Ajvide Lindqvist, qui a déjà été adapté au cinéma à travers le film Morse, que j'avais adoré. Vous pouvez relire ma critique ici, je l'avais à l'époque classé deuxième meilleur film de l'année 2009.
On retrouve dans Border la même atmosphère étrange. Comme dans Morse, le réalisme bascule peu à peu dans le fantastique. Comme dans Morse, deux exclus vont s'assembler. Dans Morse, un collégien souffre-douleur se lie d'amitié avec une nouvelle élève, qui se révèle être un vampire. Dans Border, Tina est rejetée en raison de son physique, elle ne bronche pas pour se faire accepter. Elle vit en couple avec un homme qui profite simplement de sa gentillesse pour être nourri et logé gratuitement. Mais l'arrivée de Vore, cet être qui lui ressemble, va la faire changer. Lui n'hésite pas à affirmer ses différences et à s'opposer aux hommes qui le rejettent. Il va inciter Tina à vivre comme elle le souhaite et à ne plus refréner ses instincts.

border bois.jpgBorder, c'est la frontière entre normalité et étrangeté, réalisme et fantastique, entre animalité et humanité. Qu'est-ce qui définit être humain ? Agir avec bonté ? Alors pourquoi certains hommes sont "des animaux sans cœur", ne respectant rien, ni les humains, ni la nature ?
J'ai beaucoup aimé ce dernier point sur l'écologie. La grande sensibilité de Tina lui permet d'être proche de la nature et des animaux. Elle se ressource à leur contact, en marchant pieds nus dans la mousse, les renards et les cerfs viennent la voir spontanément... Lorsqu'elle emmène aux urgences sa voisine sur le point d'accoucher, elle s'arrête car elle a senti qu'une famille de chevreuils allait traverser la route. Comme j'aimerais être comme elle ! Enfin, avoir ce don, mais avec le physique de Blanche-neige qui gambade avec les animaux de la forêt en chantant "un jour mon prince viendra", pas avec la tête de Tina qui attire un monstre comme Vore !

Pour son rôle, l'actrice Eva Melander (vue dans les séries The bridge et Real humans) n'a pas hésité à subir 4 heures de maquillage par jour et à prendre 20 kilos (moi qui crise dès que j'en prends deux...) Elle est excellente, comme son acolyte.
Border est un film qui ne laisse pas indifférent, si l'on ne reste pas sur le port et se laisse embarquer dans cette histoire bizarre, qui prend des virages imprévus. Le film est parfois à la frontière du grand guignol, comme lorsque les deux héros aux physiques grotesques courent nus dans les bois et se laissent aller à leurs élans les plus bestiaux. On est sans cesse étonné, choqué, amusé, et parfois si désorienté qu'on peut décrocher. J'ai trouvé que le film aurait mérité d'être plus court et j'ai préféré Morse, plus délicat. Mais les amateurs de film de genre comme moi ou ceux qui veulent de l'originalité seront comblés !

Border, un film de Ali Abbasi, en salles demain.

 

07/01/2019

Les animaux fantastiques 2

cinéma, harry potter, les animaux fantastiquesEmprisonné à la fin de l'épisode 1, Grindelwald s'évade dans ce second volet. Il veut combattre les moldus, les non sorciers, et pour cela veut utiliser Croyance et ses pouvoirs particuliers. Les héros partent à leur recherche...
Mémé Alzheimer ayant subi un sortilège d'oubliette, j'ai pris soin de revoir l'épisode 1 avant de découvrir la suite. Bien m'en a pris, j'aurais été complètement larguée sans ça. Je n'ai pas trouvé l'histoire si complexe, mais les difficultés viennent du fait que l'on suivent beaucoup de personnages et leurs parcours dans des lieux différents, et que l'on alterne les scènes de l'un à l'autre : on est au ministère de la magie qui cherche Grindelwald, puis on se retrouve à Paris avec Grindelwald qui cherche Croyance, puis dans un cirque avec Croyance qui cherche sa mère, puis à Londres avec Dumbledore qui demande à Norbert de chercher Grindelwald et Croyance, puis Norbert va à Paris pour chercher Grindelwald, Croyance mais aussi sa copine Tina (qui cherche Croyance), puis Queenie cherche sa soeur Tina, puis Jacob cherche sa fiancée Tina, qui s'est perdue. Un peu comme le spectateur : mais où on est ? Qui suis-je où vais-je dans état gère ? qui c'est celui-là déjà ? Mais ils sont tous frères ?
On se perd car les personnages sont nombreux et tous liés : Leta Lestrange était la fiancée de Norbert mais va se marier avec le frère de celui-ci, Thésée (mais pourquoi changer de fiancé ?! rien n'est expliqué). Croyance est peut-être le frère de Truc, et Truc la demi-sœur de Bidule, mais peut-être plutôt de Machin en fait...

Cet imbroglio est le reflet des luttes fratricides entre sorciers, et on arrive à l'aspect le plus intéressant du film : le parallèle sombre entre la politique de 1930 et notre époque. Ce second volet montre comment l'on peut arriver à la guerre en se laissant berner par une propagande démagogue. Grindelwald séduit ses troupes en leur expliquant que le ministère de la magie est trop liberticide, que ses lois sont trop contraignantes : pourquoi les sorciers ne peuvent pas épouser qui ils veulent, pourquoi doivent-ils se cacher, et surtout pourquoi protéger les moldus, alors que ces hommes pratiquaient la chasse aux sorciers et vont provoquer la seconde guerre mondiale ? 

cinéma,harry potter,les animaux fantastiquesLes personnages sont déchirés et doivent prendre parti, pour ou contre Grindelwald, pour ou contre la guerre contre les moldus et le ministère. Le grand méchant est incarné par un Johnny Depp albinos plutôt convaincant. Son alter ego, Dumbledore, est représenté par Jude Law, assez étonnant dans ce rôle (j'imaginais le grand sorcier vieux depuis toujours, avec son immense barbe blanche et son peignoir débraillé, et pas en hipster  à veston).
Les plus intéressants selon moi sont le couple formé par la belle et naïve Queenie et le pataud sympatoche Jacob, seul moldu de la série et qui symbolise le spectateur découvrant l'univers des sorciers. Le héros, Norbert Dragonneau, refuse au début de s'engager comme Auror au service du ministère (son épouvantard -ce qui lui fait le plus peur- est de travailler dans un bureau, comme je comprends ce Gaston Lagaffe).
Il est à l'opposé de la fille dont il s'amourache, Tina, aussi rigide et stricte que les lois qu'elle fait respecter. Mais vraiment, que lui trouve t-il a cette porte de prison austère qui ne sourit jamais et qui se tient droite comme un i avec son balai dans le cul? Leur histoire d'amour ne fait pas rêver. L'ex de Norbert est beaucoup plus intéressante, la très belle Leta Lestrange (Zoé Kravitz, fille de), rejetée pour sa singularité, comme Norbert l'était. Dans ce volet celui-ci apparaît d'ailleurs franchement autiste, avec son refus de s'engager (une guerre ? je m'en fiche, laissez-moi avec mes animaux) ses regards de biais et son obsession pour les animaux ("tu es trop belle, tu as les yeux d'une salamandre")

Les animaux justement. Où sont-ils ? Ils devraient former le principal sujet, puisque la saga porte leur nom. Dans le premier film, les bestioles avaient leur importance, avec une intrigue qui tournait autour d'eux. Le héros cherchait (déjà) des animaux évadés et des scènes entières leur étaient consacrées (la magnifique séquence où Norbert présente à Jacob son zoo havre de paix pour les espèces menacées. Dans ce deuxième film, les animaux sont très secondaires : Norbert ne les cherche plus, il cherche Grindelwald et Croyance. Les bébêtes n'ont même plus d'utilité, à part crocheter une serrure qui pourrait s'ouvrir facilement avec un sortilège allohomora. Pourquoi Norbert ne se sert-il pas par exemple de la puissance du dragon qu'il a libéré pour neutraliser Grindelwald ?

En résumé un film plus sombre et complexe que le premier, qui m'a plu, avec de magnifiques décors et un Paris des années 30 très bien rendu. Mais un film à voir uniquement si l'on a vu récemment le premier volet et si l'on est familier de l'univers de Harry Potter. Moldus, passez votre chemin, apprentis sorciers, courez en salle !

 

18/10/2018

A la télé ce soir : Deadpool et Lone ranger

lone ranger.jpgSoirée super héros sur M6, avec tout d'abord le réjouissant Deadpool, qui est plutôt un anti-héros, affreux sale et méchant, mais terriblement drôle. Les répliques délirantes fusent, avec de la parodie et des références pour geeks « de grands pouvoirs impliquent de grandes irresponsabilités ! » 

Après Deadpool, la chaîne diffuse Lone ranger. Au 19ème siècle, à l’époque du Far West et du début du chemin de fer, le terrible Buth Cavendish s’évade. Le shérif et ses Texas rangers partent à ses trousses, sont pris en embuscade et massacrés. Le frère du shérif, l'avocat idéaliste John Reid, décide de se faire passer pour mort pour mieux venger anonymement son frangin. Avec l’aide de l’indien loufoque Tonto (Johnny Depp) et son fidèle destrier Silver, il devient le Lone ranger
On retrouve l’équipe de Pirates des Caraïbes, avec les mêmes scénaristes, le même réalisateur (Gore Verbinski) et le même acteur grimé de manière similaire, Johnny Depp. Celui-ci incarne encore un personnage décalé, et les deux films associent de la même manière aventure et humour.

cinéma, sorties cinéma, lone ranger, johnny deppPourtant ce film a fait un bide monumental aux États-Unis. Je trouve ce sort injuste.
Pourquoi un tel flop ? Peut-être que les Américains ces lourdauds n’ont pas saisi la parodie, ni les références. Comme pour Mars Attacks de Tim Burton, un film que j’adore, auquel ils ces neuneus ont préféré le très premier degré Independence day de ce tâcheron Roland Emmerich (2012, Godzilla) sorti à la même période.
Lone ranger lance des clins d’œil à plusieurs westerns, comme La prisonnière du désert ou Little big man. La scène d’arrivée en gare avec les bandits qui attendent fait référence à Il était une fois dans l’ouest, comme la musique de Hans Zimmer qui en reprend même certaines notes.

Peut-être que le public américain a été déconcerté par le mélange des genres, humour décalé ou enfantin (production Disney) associé à des passages violents, très sombres. Dans Lone Ranger, l’attaque contre les Indiens est un prétexte pour la spoliation de leurs terres, sur lesquelles se trouvent des mines d’argent. Les Américains n’ont peut-être pas accepté cette réflexion critique (récemment encore, 2000 Indiens du Dakota du Nord étaient expulsés à cause de la construction d'un oléoduc, qui menace en plus de polluer le Missouri.) J'apprécie que Lone Ranger ne soit pas un pur film d'action décérébré, comme j'apprécie l'humour déjanté de Deadpool. Bonne soirée télé en perspective.