17/04/2014

Bilan "je suis culturée" de mars : films, séries et documentaires

balade sauvage.jpgSuite du bilan, après les films vus au cinéma.

31 films à la télé :

Coup de cœur canal+ : 

- Perfect mothers de Anne Fontaine, avec Naomi Watts et Robin Wright

Deux femmes d'une quarantaine d'années, amies depuis toujours, tombent amoureuses de leurs enfants respectifs qui ont à peine 20 ans... Ce pitch ne me disait rien qui vaille, comment pourrais-je comprendre une histoire quasi incestueuse... et pourtant, ça fonctionne ! Grâce à la subtilité des situations, des sentiments... et au décor paradisiaque, les plages d'Australie.

 Coup de cœur Arte :

- La balade sauvage de Terrence Malick, avec Martin Sheen et Sissy Spacek, 1973.

J'avoue, je ne l'avais jamais vu... Comme toujours chez ce réalisateur, on retrouve la nature magnifiée, une bande originale soignée (Gassenhauer de Carl Orff, à écouter en lien) et un certain lyrisme malgré l'horreur : J'ai été fascinée par cette histoire incroyable inspirée des célèbres « tueurs nés » qui ont donné également un film du même nom. A la fin des années 50, Charles Starkweather, fan de James Dean, n'a que 19 ans et sa copine 14. Les parents de cette dernière voient d'un mauvais œil cette union. Alors le jeune homme les tue... Les deux amoureux partent en cavale où ils assassinent froidement ceux qu'ils rencontrent. Starwheaker passe à la chaise électrique a seulement 20 ans, tandis que son amie, jugée victime, s'en sort avec la prison à vie. Elle est libérée sur parole en 1976. Elle travaille comme femme de ménage, change de nom (tu m'étonnes!) refuse toujours de parler des meurtres (tu m'étonnes bis!) et ne s'est jamais mariée. elle a aujourd'hui 70 ans. 

Prochain film prévu : Lincoln de Steven Spielberg

 

6 documentaires : 

2 coups de cœur :

- Amelia Earhart

Un documentaire fascinant sur la première femme à avoir traversé l'Atlantique en avion, en 1928. Elle disparaît à bord de son engin en 1937 alors qu'elle effectue un tour du monde. On ne retrouvera jamais sa trace, ce qui entraîne des hypothèses plus ou moins farfelues, mais fascinantes (elle était en fait une espionne pour Roosevelt, emprisonnée par les Japonais, elle aurait survécu et serait rentrée en Amérique sous un faux nom et y couler des jours paisibles dans l'anonymat, etc...)

- Violette Leduc, la chasse à l’amour, d’Esther Hoffenberg

Je ne connais cette auteure qu'à travers les livres de Simone de Beauvoir, et ce documentaire m'a redonné l'envie de lire les œuvres autobiographiques de cette femme singulière, amoureuse sans réciprocité (de Simone de Beauvoir, ou de Maurice Sachs, écrivain homosexuel).

- Katharine Hepburn

- Lindbergh, l’aigle solitaire de Daniel Costelle et Isabelle Clarke

- Heath Ledger, trop jeune pour mourir

- Sharon Tate, trop jeune pour mourir

Prochain documentaire prévu : David Bowie en 5 actes

 

3 séries :

- Broadchurch saison 1

- House of cards saison 2

- Mad Men saison 6 (fin)

Prochaine série : Weeds saison 8

 Demain, suite du bilan culturé avec les pièces de théâtre, concerts et livres

 

16/04/2014

Bilan ciné mars : Her, Les gazelles, Monuments Men...


- Her de Spike Jonze
her.jpg

Dans un futur proche, les hommes sont reliés entre eux par leur ordinateur et internet omniprésents, pourtant ils ont du mal à communiquer vraiment, parler de sentiments. Un homme sensible et solitaire (Joaquin Phoenix) les aide en étant écrivain public : il imagine pour les autres des lettres, surtout d'amour. Il suit le parcours de ses clients au fil des années et vit à travers eux. Il se remet mal de l'échec de son mariage. Un soir, il télécharge un programme pour l'aider à remettre de l'ordre dans son ordinateur, qui remettra en fait aussi de l'ordre dans sa vie sentimentale et sociale. Cette intelligence artificielle s'adapte à la personnalité de son utilisateur et évolue rapidement, jusqu'à éprouver des sentiments...

Une histoire d'amour entre un homme et un système informatique, incarné par une voix ? (celle de la sensuelle Scarlett Johansson). Et pourtant on y croit. On imagine presque l'actrice enlacer le personnage en lui susurrant des mots doux. Le film n'est pas réservé aux geeks, mémé nulle en nouvelles technologies a pu s'identifier aux états d'âme des personnages. Joaquin Phoenix qui joue souvent des rôles de nerveux ou de petite frappe (The immigrant, The yards) est ici étonnamment doux et sensible, avec ses grands yeux verts larmoyants. Le Los Angeles du futur est très crédible. Mais les gens vont-ils vraiment s'habiller comme des clochards et des clowns ? (Mention spéciale à Amy Adams, particulièrement enlaidie) Il fallait bien l'imagination débordante de l'auteur du génial Dans la peau de John Malkovitch pour trouver une idée pareille (oscar mérité du meilleur scénario). Un très bon film.

- Diplomatie de Volker Schlöndorff  

voir ma critique en lien.

- Les gazelles de Mona Achache 

gazelles.jpgJe craignais de me retrouver devant un film pour pétasses décérébrées, mais l'affiche dessinée par l'irrésistible Marion Montaigne m'a rassurée (cliquez sur son animation "Quelle gazelle êtes-vous ?" en lien). En couple depuis 14 ans, une trentenaire est prise de doute lors de l'achat de son appartement, pour lequel le couple s'endette sur 30 ans. Marie regarde d'un nouvel œil ses amis, englués dans les soucis mornes du quotidien (les enfants, les grossesses, les problèmes d'argent). Elle se rend compte qu'elle s'ennuie et ne veut pas de cette vie toute tracée. Elle plaque tout pour retrouver sa liberté. Elle rencontre des copines déjantées qui font la fête tous les soirs. Avec elles, Marie revit des folies d'adolescente (qu'elle n'a pas vécues?). Que vaut-il mieux faire ? Subir son destin pour faire comme tout le monde, ou choisir ce qu'on veut vraiment, au risque d'être mal jugée (une femme célibataire est suspecte, mieux vaut être mal accompagnée que seule etc..) ? Le gros point positif du film est qu'il sent le vécu : les scénaristes se sont inspirées de leurs expériences. Il pose un regard juste et tendrement amer sur les trentenaires d'aujourd'hui. Sous ses airs légers, cette comédie est ancrée dans un certain malaise social (les personnages travaillent au Pôle emploi...)

- Nebraska d’Alexander Payne, sortie le 2 avril

J'ai écrit la moitié de la critique, puis mon ordinateur a rendu l'âme... J'essaie de la poursuivre bientôt.

- Monuments Men de George Clooney

monuments_men.jpgLe film promettait beaucoup. Un casting du tonnerre (Georges Clooney, Matt Damon, Bill Murray et le Français Jean Dujardin) Inspiré d'une histoire vraie passionnante : pendant la seconde guerre mondiale, des spécialistes de l'art ont parcouru l'Europe à la recherche des œuvres volées par les Nazis. Pourtant, ça ne fonctionne pas : on est en pleine guerre, mais on se sent dans une comédie légère, on voit à peine les batailles. On n'a pas peur pour les personnages, peu de suspense, on s'ennuie vite et se désintéresse de l'histoire. Et pourquoi faire jouer une Française par Cate Blanchett  ? On n'a pas assez d'actrices bankables en France ? Seule trouvaille hilarante : Matt Damon et son accent à couper au couteau. Même la bande originale signée par Alexandre Desplats est décevante : on se croirait dans la 7ème compagnie... Décidément, Clooney choisit toujours de bons sujets pour ses films, mais il est meilleur acteur que metteur en scène. (Confessions d'un homme dangereux ou Good night and good luck manquent de punch par exemple)

 

- Un voyage de Samuel Benchetrit sortie le 23 avril

voyage benchetrit.jpgLe synopsis évoquait des amoureux qui partent en week-end... Le cinéaste ayant réalisé des comédies décalées (Janis et John, J'ai toujours rêvé d'être un gangster) je m'attendais à une comédie romantique légère et loufoque. C'est tout le contraire. Le couple part en fait en Suisse pour que la femme, atteinte d'une maladie incurable, puisse bénéficier de l'aide au suicide... Un film terriblement éprouvant, dérangeant. Les personnages pleurent, crient, se battent, ont des réactions étranges voire malsaines (une scène où ils miment des singes en pleine montagne : logique). Ils rencontrent la formidable Céline Sallette (lueur d'espoir ?) mais son personnage est vite abandonné... On ne comprend pas trop où Benchetrit veut en venir et pourquoi il nous fait subir tout ça... Et pourquoi ces longs plans inutiles, comme filmer en temps réel et caméra à l'épaule (je vous déconseille de manger avant la séance) les personnages qui marchent jusqu'à un lac...

 

Prochain film prévu : Tom à la ferme de Xavier Dolan, sortie le 16 avril (voir ma critique en lien)

Demain, la suite du bilan "Je suis culturée" de mars, avec les films à la télé et les documentaires.

15/04/2014

Tom (et Papillote) à la ferme

tom a la ferme.jpgTom, un jeune publicitaire branché, se rend dans un coin de campagne isolé pour assister aux funérailles de son amant. Il rencontre la mère du défunt, une veuve esseulée de longue date. Mais il découvre aussi avec étonnement l'existence du frère de son ami, Francis. Ce dernier est un homme brutal, qui s'est sacrifié pour s'occuper de sa mère et de la ferme, pendant que son frère menait la vie de ses rêves en ville. Francis a caché l'homosexualité de son frère à sa mère, lui faisant croire qu'il sortait avec une collègue. Il demande à Tom de « jouer le jeu » pour faire plaisir à la mère, mais aussi de l'aider dans son travail, en remplaçant ce frère défunt qui a fait défection. C'est ainsi que Tom se retrouve à la ferme, en quelque sorte enfermé au grand air dans une relation malsaine... (voir bande annonce en lien)

Tom à la ferme, ce n'est pas vraiment Martine en vacances, gambadant joyeusement dans les prés au milieu des vaches. Le film est un thriller psychologique, où la tension, les révélations vont  grandissant. On se laisse happer par le suspense « Que va t-il se passer encore ? Non, il ne va pas aller jusque là ?! Tom va bien se défendre ? Cours, Forrest, cours !! » On est fasciné par la relation qui s'installe entre les personnages, la finesse et la complexité des situations et sentiments. Comment peut-on se laisser faire comme ça ? Le réalisateur Xavier Dolan qui incarne le personnage principal l'explique ainsi : (ne lisez pas le paragraphe suivant si vous souhaitez découvrir par vous-même en regardant le film)

« Il m'a fallu du temps pour comprendre Tom. (…) Il voit en Francis son amant décédé et puise dans la brutalité de ce frère jusqu'alors inconnu la seule violence supérieure à celle de la peine qui l'accable. Il trouve dans le travail de la terre la virilité qu'il se reproche de ne pas avoir eue (…) Il cherche la rédemption d'une mort pour laquelle il s'accuse ; son amitié indéfectible envers Francis, sa présence pour Agathe (la mère) sont autant de façons tordues de vivre son deuil et d'acheter son ciel. Tom part à la campagne remplacer l'irremplaçable. De quoi devenir fou... »

Le film pose cette question : toute vérité est-elle bonne à dire ? Tom doit-il avouer la véritable relation qui le liait au défunt, au risque de fortement perturber le souvenir et l'idée que s'en faisait sa mère, de heurter sa sensibilité et ses convictions ? Vaut-il mieux la laisser dans ses illusions, son aveuglement, ses préjugés, au risque de ne rien changer ?

Évidemment Papillote répond par la négative, spécialiste des pieds dans le plat et du questionnement infini, comme les enfants « Mais pourquoi tu dis ça ? Ça veut dire quoi en fait ? Au fond tu penses plutôt ça ? - Tu m'emmerdes avec toutes tes questions ! - Mais pourquoi ? Qu'est ce que ça cache au fond ? - T'es lourde ! - J'essaie simplement de comprendre, pour rendre la relation plus légère ! - Tu vas prendre mon poing dans la gueule tu vas voir si il est léger ! » (bien sûr je précise que ce dialogue est inventé et exagéré !)

Avec Papillote dans le rôle principal, le film aurait pris une toute autre tournure. Lorsque la mère découvre cet inconnu chez elle : « Vous êtes qui ? - Tom, le mec de votre fils. Vous saviez pas ? Et il a un frère ? Il me l'avait pas dit ! Pas étonnant vu le taré qu'il est ! Attends, tu crois tout de même pas que je vais bosser dans ta ferme ? Ouais on dirait que ça me gêne de marcher dans la boue, on dirait que ça me gêne de dîner avec vous. D'ailleurs je vais retourner dans ma ville parce que ça manque d'attractions par ici, ya même pas de cinéma, qu'est ce qu'on s'ennuie ! »

Je caricature encore évidemment, vous savez que je suis à moitié originaire de la cambrousse. Le film ne fait pas l'erreur de la caricature pleine d'arrogance, d'opposer la ville civilisée et les bouseux incultes, même si j'en connais d'aussi obtus ou isolés que les personnages du film. Mes grands parents maternels ne quittaient pas leur village, leur plus grand voyage a été de se rendre dans ma ville à une heure de route de là pour assister justement à des funérailles... le chemin inverse de celui du film.

J'ai été surprise d'apprendre que Tom à la ferme était tiré d'une pièce, car il ne fait pas du tout théâtre filmé. Malgré l'enfermement mental des personnages, l'histoire se déroule au grand air, dans l'immensité des champs. On sent la liberté possible, proche, mais l'horizon lointain. Le héros à la possibilité de s'enfuir, il rencontre des gens compréhensifs et qui l'alarment des dangers, dans un bar, chez le médecin, mais il reste.

En évitant l'écueil du huis-clos, on constate encore la virtuosité du jeune réalisateur, sa mise en scène stylisée, sophistiquée, originale, qu'on peut voir dès la bande annonce.

Xavier Dolan a réalisé son premier film a seulement 20 ans, Comment j'ai tué ma mère. On y trouvait déjà son désir de montrer les relations conflictuelles, de les pousser à bout pour en faire sortir leur vérité. Cette quête se retrouve dans le plus léger Les amours imaginaires, et dans son troisième film, Laurence Anyways, où le personnage incarné par Melvil Poupaud décide de changer de sexe, tout en conservant sa relation avec sa femme. Si certains critiquent parfois le style trop sophistiqué de Xavier Dolan, on ne peut pas nier son talent, son originalité et sa maîtrise de la réalisation. Je vous conseille l'étonnant Tom à la ferme, en salles demain. 

Petit Quiz On connaît la chanson...

 

07/04/2014

A la télé cette semaine : Le mépris, Barbara, Requiem for a dream...

mepris.jpgCe soir, suite de l’hommage pour le centième anniversaire de la naissance de Marguerite Duras, avec Un barrage contre le pacifique sur France Ô. Comme dans L’amant diffusé hier sur Arte, on retrouve le riche Chinois tombant amoureux d’une fille désargentée, et la famille qui tente d’en tirer profit. Mais ici, Marguerite Duras ne se concentre plus sur la relation passionnelle, mais sur son histoire familiale, ses rapports avec sa mère et ses frères. Isabelle Huppert incarne la mère de l’auteure. Elle se bat en vain contre les flots et les personnes qui l’ont ruinée en lui vendant des terres inondables.

Sur Arte, soirée crise conjugale. Tout d’abord avec Le mépris de Jean-Luc Godard, où l’on entend la sublime musique de Georges Delerue. On y retrouve la réplique célèbre : «  Et mes fesses ? Tu les aimes mes fesses ? » qui confirma le mythe Brigitte Bardot. Le film parle de cinéma (il se déroule sur un tournage, sous le soleil de Capri) mais surtout des malentendus et quiproquos au sein d’un couple. Michel Piccoli, méprisé par B.B. Capri, c’est fini.
La soirée se poursuit sur Arte avec un autre classique : Voyage en Italie de Roberto Rossellini. Cette fois-ci, ce sont Ingrid Bergman et George Sanders qui ne se comprennent plus. Le mari ne pense qu’à son travail, la femme à ses rêves perdus…

Quand-harry-rencontre-sally-152216_L.jpgLe couple va mieux mardi sur Numéro 23, avec la comédie romantique Quand Harry rencontre Sally. Ils se connaissent depuis la fac, se croisent régulièrement pendant 10 ans, mais passent toujours à côté l’un de l’autre. Pourtant ils sont faits pour s’entendre… Avec Billy Crystal et Meg Ryan dans la fameuse scène du restaurant.

Barbara-.jpgMercredi, couple possible sur Arte, avec Barbara de Christian Petzold. Je l’avais regardé par hasard sur Canal+, en m’attendant à un petit film, mais j’ai été envoûtée par l’héroïne mystérieuse, l’atmosphère oppressante, la profondeur et la mélancolie du propos et des personnages. En 1980, en Allemagne de l’est, une femme médecin de Berlin, soupçonnée de vouloir passer à l’ouest, est mutée dans un petit bled perdu. Elle se renferme dans un silence triste et mystérieux, mais un médecin jovial tente de percer sa carapace… Magnifique.
Barbara est suivi d’un autre film du même réalisateur, Contrôle d’identité, mais je ne l’ai pas encore vu pour pouvoir le conseiller.

black swan.jpgSur France4, soirée Darren Aronofsky, avec Black Swan et Requiem for a dream. Dans le premier, Natalie Portman interprète une danseuse étoile obtenant le rôle de sa vie dans le lac des cygnes. Elle travaille dur, la compétition est rude, surtout avec sa rivale (Mila Kunis) qui incarne son opposé : sensualité et rébellion. Un rôle intense pour Natalie Portman. Elle en sera récompensée par l’oscar de la meilleure actrice en 2011, et en épousant son entraîneur de danse, Benjamin Millepied (le bien nommé).

La soirée se poursuit avec un film encore plus sombre et dérangeant : Requiem for a dream. On connaît tous la célèbre musique (voir en lien). Je ne sais pas si j’aurais le courage de le revoir. Quel personnage subit le pire destin ? La petite vieille ? Je vote pour celui de Jennifer Connelly... Ce film est la meilleure pub de prévention anti drogues. Cauchemardesque.

Jeudi sur D8, The american d’Anton Corbjin. George Clooney incarne un tueur à gages vieillissant, désabusé, parti pour une ultime mission en Italie. Dans un paysage de carte postale, il retrouve goût à la vie et à l’amour. Un film plaisant, mais je préfère nettement le précédent du même réalisateur : Control, sur Ian Curtis, le chanteur de Joy Division qui s’est suicidé à 23 ans.

Et vous, aimez-vous ces films ? Qu’allez vous regarder cette semaine ?


06/04/2014

A la télé ce soir : L'amant, Walk the line, La couleur des sentiments...

amant annaud.jpgA la télé ce soir sur Arte, hommage à Marguerite Duras pour le centième anniversaire de sa naissance. La chaîne programme L’amant, puis Hiroshima mon amour, et deux documentaires de Benoît Jacquot (Les adieux à la reine).
Télérama donne la plus mauvaise note au film de Jean-Jacques Annaud : « sage quand on l’aurait voulu passionnée, décorative quand on l’aurait voulue étouffante. Oubliable et oubliée ». Je pense tout le contraire… A ma décharge, j’ai vu L’amant à 14 ans sans avoir lu le livre auparavant, et pas revu depuis. J’étais jeune et je n’avais encore jamais vu de film aussi érotique et troublant (à part La leçon de piano ; mais il est plus pervers que troublant). Je m’en souviens parfaitement : c’était l’été, il faisait chaud, je le regardais sur la minuscule télé de la maison de campagne installée dans la cuisine, avec ma mère à côté qui repassait tranquillement le linge. J’avais les yeux écarquillés devant la scène de la première fois, très gênée que ma mère soit derrière moi (« M’enfin ?! elle a vu ce film, elle me laisse regarder ça ?! et si elle se retourne, qu’est ce que je fais ? »). Jane March était sublime avec son air de Blanche neige, teint de porcelaine, yeux noirs et lèvres cerise. Je trouvais qu’elle avait carrément la classe accoudée au bastingage du bateau, je voulais le même chapeau qu’elle. Je regarderai ce film ce soir et je vérifierai s’il me fait toujours le même effet…

A la même heure sur D8, autre film qu’on m’a laissé regarder beaucoup trop jeune : Les valseuses de Bertrand Blier, avec mon acteur préféré Patrick Dewaere, Depardieu et Miou-Miou. Mes frères ne me répondaient pas quand je leur demandais ce que pouvait bien désigner le titre…

Autre film troublant sur HD1, le dernier de Stanley Kubrick, Eyes Wide shut. Un homme qui remet en question son couple (Tom Cruise et Nicole Kidman, alors mariés). Il erre dans New York la nuit à la recherche de nouvelles sensations. La scène où les masques tombent fait froid dans le dos…

walk the line.jpgSur Numéro 23, une très bonne biographie du chanteur country Johnny Cash : Walk the line. Ce n’est pourtant pas ma chanson favorite, je lui préfère Ring of fire, co-écrite par sa femme June Carter. Leur magnifique histoire d’amour et leur parcours sont passionnants. La pétillante Reese Witherspoon a reçu l’oscar amplement mérité de la meilleure actrice. Son partenaire Joaquin Phoenix (qu’on peut voir actuellement en salles dans le sensible Her) est parfait lui aussi. J’admets avoir préféré ce film au livre autobiographique du chanteur, Cash/Cash.

couleur des sentiments robe.jpgFrance 2 diffuse un film qui se déroule à la même époque, La couleur des sentiments. Dans le Mississippi des années 60, une jeune fille de bonne famille, voulant devenir journaliste, décide d’écrire un livre donnant enfin la parole aux domestiques Noires. La ségrégation étant d’actualité, elle doit le faire clandestinement. Ce livre chamboulera le quotidien de cette petite ville tranquille, où les apparences sont reines.
 
La couleur des sentiments offre un formidable témoignage sur cette époque et sur la ségrégation, rarement évoquée au cinéma (La couleur pourpre, Le secret de Lily Owens, Loin du paradis…) L’émotion est de mise avec le récit tragique de ces domestiques. Pourtant le film évite avec finesse l’écueil du mélo ou de la dénonciation rageuse, en privilégiant l’humour et le recul : l’astuce pour  se venger de la loi sur les wc séparés que tente d’imposer une pétasse « bien sous tout rapport » ne manque pas de piquant. La pimbêche manipulatrice est incarnée avec délectation par Bryce Dallas Howard.
Le film mise beaucoup sur l’aspect visuel. L'atmosphère et la mode des années 60 sont parfaitement restituées. Par ce souci du détail, ses robes colorées à frous-frous et ses choucroutes, le film rappelle la série audacieuse Mad Men.
La jeune héroïne interprétée par Emma Stone refuse une vie classique de mère au foyer, passant ses journées à jouer au bridge et à colporter les cancans. Elle ne pense pas au mariage, veut travailler, réfléchir par elle-même et se rebeller contre l’ordre établi, ce qui déplait fortement à son prétendant…
Par son goût de l’esthétique, son côté féministe et sa description parfaite d’un univers féminin rempli de langues de vipères, le film plaira beaucoup aux fans de Desperate Housewives. J'ai un faible pour Célia, interprétée par Jessica Chastain, jeune femme issue d'un milieu modeste, naïve et spontanée, inadaptée à ce monde d'apparence et qui en est rejetée.

Autre évocation de la séparation entre Noirs et Blancs, l’allégorie sur l’apartheid en Afrique du sud à travers un film de SF : le très bon District 9 sur France 4. Cette fois-ci, ce sont des extra terrestres qui sont écartés de la société…

Sur NRJ 12, Hellboy. Une créature étrange, sorte de diablotin gentil, collabore avec le FBI pour empêcher Raspoutine ressuscité et de vilains nazis de libérer un démon guerrier. Malgré ce pitch qui laissait présager le pire, ce film fantastique est vraiment bien ficelé. Le réalisateur, Guillermo del Toro, aurait dû me mettre la puce à l’oreille : il est l’auteur de l’excellent Labyrinthe de Pan, qui fait partie de mon top 50.

Et vous, qu'allez-vous regarder ce soir, appréciez-vous ces films ?

02/04/2014

Les Oscars 2014, le palmarès

gravity.jpgGravity gagne 7 oscars, surtout des récompenses techniques. En effet, le film brille par ses effets spéciaux époustouflants, son travail sur le son et l’image, et bien sûr sa réalisation, pour laquelle Alfonso Cuaron a remporté l’oscar. Le film pêche niveau scénario, et logiquement, il n’était pas nommé dans cette catégorie.  Jusque là tout va bien.
Mais… Une seule nomination pour Prisoners ?! Et seulement pour la photographie ! Pas pour le meilleur film, ni pour les meilleurs acteurs, pourtant  Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal sont excellents !  Pareil pour le très bon Inside Llewyn Davis. Des citations pour des catégories moindres, la meilleure photo et le meilleur mixage de son, et aucune statuette au final.
Autre fait incompréhensible : Rien pour Le loup de Wall street, qui est pour moi le meilleur film de l’année. Di Caprio repart pour la 5ème fois bredouille. Quand aura-t-il enfin la statuette du meilleur acteur ?
American bluff accumulait 10 nominations, mais ne remporte rien. J’ai trouvé le film plaisant, sans plus. Comme c’est la mode en ce moment, il joue sur l’humour décalé, une histoire d’arnaque avec rebondissements et embrouilles, une bonne reconstitution des années 70, et  des numéros d’acteurs épatants (surtout Jennifer Lawrence qui aurait largement mérité l’oscar). Pourtant j’ai eu de la peine à m’attacher à l’histoire. Je regrette plus que l’émouvant Philomena, qui me tient beaucoup plus à cœur, reparte bredouille.
Vous pouvez lire mes critiques des films en cliquant sur les liens en rose.

twelve years a slave.jpgMeilleur film :
 
American Bluff de David O. Russell
Capitaine Phillips de Paul Greengrass
Dallas Buyers Club de Jean Marc Vallée
Gravity d'Alfonso Cuaron
Her de Spike Jonze
Nebraska d'Alexander Payne
Philomena de Stephen Frears
12 Years a Slave de Steve McQueen
Le Loup de Wall Street de Martin Scorsese

12 years a slave ? C’est un bon film, mais pour moi il ne vaut pas Le loup de Wall street, ni Her ! Deux membres de l'Académie des Oscars ont avoué avoir voté pour le film de Steve McQueen sans l'avoir vu. Ceci explique peut-être pourquoi il a été récompensé.
En meilleur film, j’aurai aussi proposé Prisoners et Inside Llewyn Davis. J’ai vu Nebraska, je l’ai trouvé touchant et très bien fait, mais pas assez pour être classé en meilleur film. Je vous en parle bientôt. Philomena et Her méritent leur nomination.

Meilleure actrice :
 
Amy Adams - American Bluff
Cate Blanchett - Blue Jasmine
Sandra Bullock - Gravity
Judi Dench - Philomena
Meryl Streep – Un été à Osage County

Je m’en doutais. Cate Blanchett joue parfaitement la bourgeoise déchue. Puis elle est capable de pleurer et de crier, l’hystérie plaît toujours aux oscars. J’aime bien Amy Adams mais ce sont surtout ses tenues dénudées qui m’ont marquée dans American Bluff. La froide Judi Dench parvenait à être touchante dans Philomena. Quant à Sandra Bullock, j’ai du mal (elle a des petits yeux et des sourcils inquisiteurs, un sourire carnassier, je trouve qu’elle fait fausse et méchante). La grande Meryl Streep surjoue dans le film hystérique Un été à Osage County.

Dallas-buyers-club1.jpgMeilleur acteur :
 
Chiwetel Ejiofor - 12 Years A Slave
Matthew McConaughey - Dallas Buyers Club
Christian Bale - American Bluff
Leonardo DiCaprio - Le Loup de Wall Street
Bruce Dern – Nebraska

Enfin McConaughey est reconnu ! Il n’est pas qu’un bellâtre toujours torse poil (Magic Mike) qui joue dans des bluettes (Sahara, Comment se faire larguer en 10 leçons…) Il peut jouer des rôles plus complexes comme dans Mud et surtout l’éprouvant Killer Joe.
On attend toujours une récompense pour Leo… Bruce Dern est très touchant dans Nebraska, il a reçu le prix d'interprétation masculine à Cannes. Pour American Bluff, Christian Bale se métamorphose (gros et chauve) comme souvent (The machinist, 30 kg perdu pour le rôle). Je n’aurai pas nommé l’acteur de 12 years, sa prestation mollassonne ne m’a pas marquée.

Meilleure actrice dans un second rôle :
 
Sally Hawkins - Blue Jasmine
Jennifer Lawrence - American Bluff
Lupita Nyong'o - 12 Years a Slave
Julia Roberts - Un été à Osage County
June Squibb - Nebraska

Elle est très émouvante dans ce rôle très dur, mais j’aurais récompensé Jennifer Lawrence, la jeune actrice des Hunger Games, méconnaissable ici dans un rôle de mégère !

Meilleur acteur dans un second rôle :

Barkhad Abdi - Captain Phillips
Bradley Cooper - American Hustle
Michael Fassbender - 12 Years a Slave
Jonah Hill - The Wolf of Wall Street
Jared Leto - Dallas Buyers Club
 
Mérité. Je ne l’ai pas reconnu tout de suite sous sa maigreur, son maquillage et ses vêtements féminins… Michael Fassbender est comme toujours excellent. Bradley Cooper aussi (mais il est moche avec des cheveux crépus)

Meilleur réalisateur :
 
American Bluff - David O. Russell
Gravity - Alfonso Cuarón
Nebraska - Alexander Payne
12 Years a Slave - Steve McQueen
Le Loup de Wall Street - Martin Scorsese

Mérité. Pourtant du même réalisateur, je préfère largement le méconnu Les fils de l’homme. A l’époque, on était deux dans la salle pour voir cet excellent film…

her.jpgMeilleur scénario original :
 
American Bluff - Écrit pas Eric Warren Singer et David O. Russell
Blue Jasmine - Écrit par Woody Allen
Dallas Buyers Club - Écrit par Craig Borten et Melisa Wallack
Her - Écrit par Spike Jonze
Nebraska - Écrit par Bob Nelson

Amplement mérité aussi. J’ai trouvé ce film profondément original, comme tous ceux de Spike Jonze (Dans la peau de John Malkovitch, Adaptation). Her est émouvant, mélancolique, profond…

Meilleur scénario adapté :
 
Before Midnight - Écrit pas Richard Linklater, Julie Delpy et Ethan Hawke
Captain Phillips - Scénario de Billy Ray
Philomena - Scénario de Steve Coogan et Jeff Pope
12 Years a Slave - Scénario de John Ridley
Le Loup de Wall Street - Scénario de Terence Winter

J’ai offert les bouquins de Philomena et 12 years a slave, je ne les ai pas encore lus…

Meilleure chanson originale :
 
Happy - Moi moche et méchant 2. Musique et paroles de Pharrell Williams
Let it Go - La reine des neiges. De Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez
The Moon Song - Her. Musique de Karen O; Paroles de Karen O et Spike Jonze
Ordinary Love - Mandela, un long chemin vers la liberté de U2

Je trouve la chanson de La reine des neiges, comme la majorité de celles des films d’animation, très irritante. La voix de la chanteuse est horripilante, fait pétasse. J’aurais voté pour la chanson de U2. Vous pouvez voir ma critique du film Mandela, un long chemin vers la liberté en lien.

Meilleure musique de film :

La voleuse de livres - John Williams
Gravity - Steven Price
Her - William Butler and Owen Pallett
Philomena - Alexandre Desplat
Dans l’ombre de Mary - Thomas Newman

Rien pour le grand John Williams, mais il a eu sa part (Les dents de la mer, Star Wars, E.T Indiana Jones…) Rien pour Her et sa b.o signée par Arcade Fire. Le français Alexandre Desplat n’est pas récompensé pour Philomena. La b.o est classique, mais belle (voir en lien)


Meilleur film d’animation :
 
Les Croods de Chris Sanders et Kirk DeMicco
Moi, Moche et Méchant 2 de Chris Renaud
Ernest & Celestine de Stéphane Aubier, Vincent Patar et Benjamin Renner
La Reine des neiges
Le vent se lève
Déception pour les Français…

Meilleur film en langue étrangère :
 
Alabama Monroe - Belgique
La grande belezza - Italie
La chasse - Danemark
L’image manquante - Cambodge
Omar - Palestine
 
Meilleur film documentaire :
 
The Act of Killing (sur le génocide indonésien de 1965)
Cutie and the Boxer (un couple d’artistes Japonais installé à New-York)
Dirty Wars (diffusé sur Canal+, sur les Etats-Unis et la guerre contre le terrorisme)
The Square - Jehane Noujaim et Karim Amer
20 Feet from Stardom de Morgan Neville (sur les choristes inconnues des chansons célèbres)

Meilleur court métrage documentaire :
The Lady in Number 6 : Music Saved My Life - Malcolm Clarke et Nicholas Reed

Meilleur court métrage de fiction :
Helium - Anders Walter et Kim Magnusson
Rien pour le film français Avant Que De Tout Perdre, de Xavier Legrand et Alexandre Gavras.

Meilleur court métrage d’animation :
Mr. Hublot, de Laurent Witz et Alexandre Espigares
Des Français, youpi ! (Non non, je suis pas chauvin)

gatsby leo.jpgMeilleure création de costumes :
American Bluff
The Grandmaster
Gatsby le magnifique
The Invisible Woman
12 Years a Slave

Meilleur décor :
American Bluff
Gravity
Gatsby le magnifique
Her
12 Years a Slave

Meilleur montage :
American Bluff
Captain Phillips
Dallas Buyers Club
Gravity
12 Years a Slave
 
Meilleure photographie :
The Grandmaster
Gravity
Inside Llewyn Davis
Nebraska
Prisoners
 
Meilleur montage son :
All Is Lost
Captain Phillips
Gravity
The Hobbit
Du sang et des larmes
 
Meilleur mixage son :
Captain Phillips
Gravity
The Hobbit: La désolation de Smaug
Inside Llewyn Davis
Du sang et des larmes
 
Meilleurs effets visuels :
Gravity  (pour changer)
Le Hobbit: La désolation de Smaug
Iron Man 3
The Lone Ranger
Star Trek Into Darkness 
 
Meilleurs maquillages et coiffures :
Dallas Buyers Club
Bad Grandpa
The Lone Ranger
 
Et vous, que pensez-vous de ces résultats ?

30/03/2014

A la télé cette semaine : Dracula, Frozen river, La boum...

dracula.pngCette semaine, pas grand-chose à la télé. Je vous conseille plutôt d’aller au cinéma, voir Diplomatie (mon article sur le film en lien rose) Her ou encore Les gazelles.

Lundi sur Arte, Dracula de Francis Ford Coppola. Inutile de présenter l’histoire. La mise en scène est sombre, baroque, sensuelle… Gary Oldman est effrayant en prince des ténèbres, Winona Ryder fragile en amoureuse perdue.

télé,cinéma,à la télé cette semaineMercredi à 22h30, France4 programme Frozen river de Courtney Hunt, grand prix au festival de Sundance de 2008. Le mari de Ray est parti avec les économies du ménage. L’épouse délaissée rencontre une Mohawk vivant dans une réserve indienne, à la limite entre le Canada et les Etats-Unis. Pour gagner de l’argent, les deux femmes font passer des immigrés clandestins dans la voiture de Ray, sur la rivière gelée qui marque la frontière… La glace risque de se briser à tout instant, et les policiers rôdent. Une histoire très originale, qui laisse une impression durable : on se souvient longtemps de ses paysages enneigées, de l’atmosphère tendue et mélancolique. Un film qui tient autant du thriller que du drame social.

boum.jpgJeudi sur TMC, l’inévitable La Boum. Comme tout le monde, enfin surtout les filles, je l’ai souvent regardé. J’aimais bien les rebondissements comico romantiques (ah, lorsque Matthieu met le casque sur les oreilles de Vic et qu’ils dansent le slow «  dreams are my reality… »)
Pourtant je ne voyais pas du tout La Boum comme une représentation de ma propre jeunesse. Déjà, j’ai découvert le film enfant, je n’étais pas assez grande pour sortir, et quand j’ai atteint l’âge, on ne m'invitait pas à ces soirées (« je ne dois pas sentir comme il faudrait l’argent et le succès, et ça me vexe »). Je trouvais les livres et les films plus intéressants que les garçons de ma classe. Ou bien les garçons de ma classe moins intéressants que les garçons des films et des livres. Je ne faisais pas partie d’une bande (mais j’avais des amies hein). Je n’appartenais pas au même milieu social bourgeois et aisé (la mère de Vic est dessinatrice et son père dentiste). Je n’avais pas des parents cool et une grand-mère dans le coup (la mienne, enfin celle qui me restait à l’époque, n’avait jamais quitté son village et n’était allée au cinéma qu’une seule fois dans sa vie, pour voir La vache et le prisonnier en 1956). Je n’avais pas de parents ayant peur de se séparer. Ca va vous paraître étrange mais je ne connaissais aucun enfant de divorcés (c’était avant d’arriver à Paris et de voir qu’un couple sur deux s’y séparent !) Bref, je regardais La boum comme une curiosité, un miroir sur un monde inconnu, et non le reflet de mon adolescence.

coco-avant-chanel-.jpgA la même heure sur  France3, Coco avant Chanel, avec Audrey Tautou dans le rôle titre et mon chouchou Benoît Poelvoorde en amoureux rejeté. J’adore les biographies, donc j’ai apprécié ce film sobre et élégant, quoiqu’un peu froid, tout à l’image de la créatrice de mode.

Côté documentaire, la guerre toujours, avec Le massacre de tulle, 9 juin 1944, ce soir à 22h30 sur  france5.
Mardi sur France 2, suite de Apocalypse, la première guerre mondiale, puis Apocalypse, Hitler.
Le même jour à 22h30 sur Arte, La drôle d’histoire des banques françaises, de l’utilisation des premiers billets en 1716 au krach de 2008 et la dérégulation grandissante.
Vendredi à 22h20 sur Arte, Quand les océans deviennent acides. Les poissons et crustacés disparaissent aussi à cause du dioxyde de carbone…

Et vous, appréciez-vous ces films ? Que pensiez vous de la boum ?

29/03/2014

Diplomatie

diplomatie.jpgLe 24 août 1944, hôtel Meurice. Le gouverneur de Paris, le général Von Choltitz, reçoit de la part d’Hitler l’ordre de détruire la capitale. Le consul Suédois Nordling assiste en secret aux derniers préparatifs : les ponts et les monuments emblématiques de la ville sont minés et une seule confirmation les fera exploser. Le consul passera la nuit à convaincre le général de ne pas commettre une telle folie irréparable… Vous pouvez voir la bande annonce de Diplomatie ici.

Paris brûle-t-il ? Ou plutôt Paris se noie-t-il, car l’explosion des ponts devait plonger sous l’eau le cœur de la ville. « Devait » évidemment, car Paris n’a pas été détruit, la Tour Eiffel, l’opéra Garnier sont toujours là…Contrairement à Titanic, Paris n’est pas immergée, et comme Titanic, on connaît la fin de l’histoire. Pourtant on se laisse happer par cette histoire passionnante.
En tant que littéraire fan de discours, je me suis évidemment régalée à écouter cette joute verbale, cette démonstration implacable et irrésistible de l’art de la rhétorique. J’étais accompagnée d’une scientifique, pas très cinéphile, et surtout pas très bavarde, qui a autant aimé que moi.

Les personnages ont réellement existé et se sont rencontrés pour parlementer, mais on ne sait pas ce qu’ils se sont dit réellement, l’auteur l’a imaginé. Ce film de Volker Schlöndorff (Le tambour, palme d’or et oscar du meilleur film étranger en 1980) est adapté d’une pièce de théâtre. Les deux acteurs principaux incarnaient déjà les personnages.
On sent qu’ils sont rodés, se connaissent, et peuvent peaufiner leur ton, leur gestuelle, leurs regards. Ils déclament leur texte avec une grande aisance. C’est un plaisir d’observer et d’écouter ces deux grands que sont Niels Arestrup (césar du meilleur acteur dans un second rôle pour Un prophète, et plus récemment Quai d’Orsay) et surtout André Dussollier, sa voix grave et douce reconnaissable entre toutes.
Le film étant adapté d’une pièce, on pourrait reprocher un côté « théâtre filmé », manquant de scènes d’extérieur et avec une mise en scène peu imaginative. Mais il fait appel à des images d’archives percutantes, et le texte est si puissant qu’il occulte ce souci.

Comme le consul incarné par Dussolier, j’aimerais maîtriser l’art du discours et de la diplomatie… Faire passer les idées en douceur, savoir convaincre, s’adapter au profil de l’interlocuteur, à ses retournements de position, et avoir de la répartie. Je peux prévoir un texte pour persuader quelqu’un (me faire des scénarios avec dialogue complet est ma spécialité), mais la personne réagit rarement comme prévu, et j’en suis décontenancée. Souvent, je trouve la bonne répartie… mais après deux heures de rumination : « J’aurais dû dire ça ! » Si l’interlocuteur est hostile, même si j’ai une réponse adéquate, je n’ose pas la sortir car j’ai peur d'envenimer les choses. Je reste muette d’étonnement, ou je rougis de colère, et je pars avant de dire des choses blessantes. Ou alors, si le sujet est important, j’explose sans mesurer mes propos.

Ainsi, avec Papillote dans le rôle du consul, le dialogue aurait tourné cours très vite. Offusquée, je n’aurais pas pris de pincettes ni abusé de la flatterie comme Dussollier :
« Qu’est ce que j’apprends ?! C’est quoi ce bordel ?! Hitler veut faire sauter Paris, tout ça parce qu’il voit qu’il va perdre la guerre et veut se venger ? Et faire disparaître en priorité les monuments comme l’opéra Garnier, justement son préféré, parce qu’il a été refusé dans une école d’art ? Nan mais vous vous rendez compte que c’est complètement crétin, vous êtes pas aussi con pour faire une débilité pareille, hein, M’sieur Von Truc, Saucisse là ?! »
Non, c’est sûr, avec moi, Paris aurait sauté, et le film aurait duré deux minutes.

Et vous, que pensez-vous du film ?

24/03/2014

A la télé cette semaine : Raging Bull, Un secret...

aigle neuvième légion.jpgLundi, D8 diffuse L’aigle de la neuvième légion de Kevin MacDonald (How I live now, actuellement au cinéma, Le dernier roi d’Ecosse). Le film part d’un fait réel : En 120 après JC, en Angleterre, partie conquérir les tribus insoumises au-delà des terres colonisées, la neuvième légion romaine disparaît sans laisser de traces. Dans le film, un centurion (Channing Tatum) recherche son père dans cette contrée peuplée de « barbares » aux mœurs étranges, avec l’aide de son esclave (Jamie Bell-Billy Eliot, qui a raccroché les chaussons de danse pour un rôle plus musclé). Le film n’est pas seulement un péplum, un banal film d’action, mais surtout une réflexion sur l’autre, l’inconnu : l’esclave, le barbare, sont-ils si différents ? Une très bonne surprise.

raging-bull.jpgArte programme à 23 heures (pourquoi si tard ?) le passionnant film de Scorsese, Raging Bull, biographie de Jake LaMotta. Pour le rôle, De Niro s’entraînera pendant un an avec le boxeur mythique, et prendra 30 kilos !

thelma et louise.jpgMardi sur Numéro23, Thelma et Louise de Ridley Scott (Alien, Gladiator, Blade runner…) Deux copines s’ennuyant dans leur couple décident de partir ensemble en week-end. Leur soif de liberté sera vite contrariée par l’agression d’un homme… Ce film « féministe » offre la reconnaissance à Brad Pitt, dans un rôle d’auto-stoppeur sexy.

Slumdog-Millionaire-.jpgSur M6, Slumdog millionaire, grand succès populaire multi récompensé (8 oscars dont celui du meilleur film, meilleur réalisateur et scénario). Pourtant je ne l’ai pas vraiment apprécié. Le mélange des genres me dérange : comédie et drame dans les bidonvilles. L’humour et le côté Bollywood minimisent l’atroce réalité. Dans une scène, comme si c’était banal, on voit tout de même un enfant mendiant se faire crever les yeux, pour que le pauvre petit apitoie les passants et reçoive plus d’argent. Puis on ne croit pas une seconde à l’histoire d’amour entre la fille sublime et le benêt aux oreilles décollées.
Ado, j’avais beaucoup aimé, par le même réalisateur Danny Boyle, l’originalité et la modernité de Petits meurtres entre amis et de Trainspotting (j’avais même acheté la B.O). On sentait déjà dans le deuxième film la misère sublimée. Les personnages y sont des losers drogués, mais quand même fun et cool, puis le héros s’en sort. De plus je préfère largement les chansons pop de Trainspotting (Lou Reed et Perfect day, Iggy Pop, Elastica et 2:1) que la chanson indienne remixée de Slumdog millionnaire.

Mercredi, Arte propose Little Odessa de James Gray. Pour exécuter un contrat, Un tueur à gages revient dans le quartier de son enfance, dont sa famille l’a banni. J’avoue que c’est le film de James Gray que j’apprécie le moins, il m’ennuie un peu. Je préfère largement La nuit nous appartient et The yards. On y retrouve les même thèmes : la mafia, le retour dans la famille, l’impossible rédemption…

un secret.jpgJeudi sur France 3, un film bouleversant de Claude Miller, Un secret. Il est tiré du livre autobiographique de Philippe Grimbert. Ce dernier est devenu psychanalyste, on comprend pourquoi il a eu besoin d’explorer l’âme humaine, après le terrible secret de famille qu’il a découvert. Si vous ne connaissez pas l’histoire, je ne veux rien vous en révéler pour ne pas gâcher l’émotion qui ne manquera pas de vous submerger. A ne pas rater. Cécile de France et Patrick Bruel sont formidables.

Et vous, appréciez-vous ces films ? Qu’allez vous regarder cette semaine ?

23/03/2014

A la télé ce soir

Neverland.jpgArte programme Neverland de Marc Foster. A Londres, au début du 20ème siècle, l’écrivain James Barrie (Johnny Depp) remet en question son talent et son mariage désolant. Il  rencontre une veuve (Kate Winslet) et ses 4 bambins. Ils lui redonnent le goût d’écrire et le replonge dans l’enfance : Barrie écrira Peter Pan… Un petit film poétique, romanesque et sentimental, pour ceux qui ont gardé leur âme d’enfant.

vie est un long fleuve tranquille.jpgSur D8, une comédie française qui a marqué sa génération : La vie est un long fleuve tranquille. Un enfant prolo et un bourgeois ont été échangés à la naissance et ne l’apprennent qu’à l’adolescence. Ils retrouvent leurs familles respectives : le choc des cultures… J’habitais dans un HLM oh putain ce qu’il est blème, alors j’ai malheureusement observé quelques familles Groseille. Plus tard, j’ai connu aussi des Lequesnoy, grands bourgeois cathos pratiquants coincés. Le film ne semblait plus une caricature… et eux-mêmes avouaient que la chanson Jésus reviens aurait parfaitement pu être chantée dans leur chorale ! Le film regorge de scènes et dialogues célèbres que l’on connaît tous, et que je ne manque pas de recaser à toute occasion : « Mais madame je vous jure ! » « T’énerve pas comme ça, tu vas faire virer ta couleur ! » Avec Benoît Magimel dans son premier rôle, à 13 ans (je le trouvais trô bô).

papy_fait_de_la_resistance_14_adjudant_chef_gustav.jpgAutre comédie française populaire sur France 2 : Papy fait de la résistance, "le film qui a coûté plus cher que le débarquement". Il regroupe de grands noms du comique français : Jaqueline Maillan, Carmet, la troupe du Splendid avec Clavier, Balasko et Lamotte "super résistant"... Le Papy du titre devait être incarné par De Funès, qui mourut avant le tournage en 1983. C’est son acolyte des Gendarmes, Galabru, qui reprend le rôle. Mais mon acteur préféré est bien entendu l’adjudant chef Gustav, le chat « qui a la grosse tête depuis que le führer l’a décoré ».
 Ce film enchaîne lui aussi les répliques cultes et les chansons débiles, comme Jacques Villeret interprétant Julio Iglésias : « Je n’ai pas changé »…

i_robot,3.jpgScience fiction sur France 4, avec I, robot d’Alex Proyas (Dark City, The crow). Dans le futur, les robots se révoltent contre les humains, mais Will Smith est toujours là pour nous sauver. Le film s’inspire de l’œuvre d’Asimov. Je vous rappelle les principes du maître de la science fiction :
Première Loi : « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. »
Deuxième Loi : « Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi. » ;
Troisième Loi : « Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi. »

Demain, suite des films de la semaine.

Et vous, qu’allez vous regarder ?