25/07/2014

Bilan ciné : Jersey Boys, The edge of tomorrow, Black Coal

- Jersey Boys de Clint Eastwood

jersey boys.jpgL’histoire vraie d’un groupe de musique des années 60, The four seasons. De leur rencontre adolescents à leur vieillesse. Leurs doutes et plans galères du début (jouer dans des petits bars miteux, se faire claquer la porte au nez ou arnaquer par les producteurs de musique). La découverte de l’amour évidemment, du quotidien de la vie conjugale difficilement compatible avec la vie en tournée et les rencontres avec les filles groupies. Les choix et directions à prendre (traîner avec des mafieux ou pas) etc. Voir la bande annonce en lien.

J’adore les biopics, j’adore la musique des années 60, j’adore Eastwood (surtout L’échange et Gran Torino). Problème : pourquoi Clintounet a-t-il choisi un groupe un peu banal (et méconnu chez nous) ? Leur musique est un peu ringarde et la voix de castrat du chanteur Frankie Valli assez horripilante. Puis j'aime pas les cheveux pleins de gomina et les gros sourcils, bref ils ne font pas rêver. On attend une heure avant d’entendre le premier tube qui nous fera enfin dire « aaah d’accord ! C’est eux ! » Mais flop, je ne connais pas la chanson, les autres spectateurs aussi visiblement... Quand j’en connais enfin deux, des tubes effectivement planétaires, malheureusement, je ne les aime pas du tout… Ce sont mes goûts, car je sais que ces chansons sont très appréciées : Can’t take my eyes of you, et surtout cet air, December 1963, Oh what a night. Il a été repris par Claude François, et massacré par Yannick en 2000 (j’éteignais la radio dès que je l’entendais. C’est peut-être à cause de cette horreur que j’ai cessé d’écouter mon poste). 
Malgré tout, j’ai apprécié le film. Il lui fallait vraiment le talent de Clint Eastwood.

- The edge of tomorrow avec Tom Cruise, de Doug Liman

edge of tomorrow.jpgUn jour sans fin version SF. Tom Cruise succède à Bill Murray. La ville ennuyeuse qui fête la marmotte est remplacée par un paysage en ruine, une guerre dans le futur contre des extra-terrestres paraissant invincibles. Le film rappelle aussi le terrifiant et apocalyptique La guerre des mondes, dans lequel Cruise a aussi joué. Soldat pleutre, il est envoyé à la bataille, il y meurt. Il se réveille pourtant le lendemain et revit la même journée. Comme il est au courant de ce qui va se passer, il peut s’adapter aux situations et même les changer. Avec l’aide d’une femme soldat (Emily Blunt) ayant vécu le même phénomène, il cherche la faille des ennemis…
Très bonne surprise. Un bon scénario, très original, avec plein de rebondissements et de l’humour. Les scènes de bataille qui débutent et closent le film sont un peu longues, mais Edge of tomorrow vaut vraiment le déplacement. 

- Black Coal de Yi’nan Diao 

black coal.jpgLa critique a encensée ce film, je suis donc allée le voir avec enthousiasme, et j’ai été déçue. Le scénario de ce thriller/ film noir est prévisible, la femme fatale n’a rien d’une femme fatale, banale et peu charismatique, le flic loser n’est pas sympathique. Oui, les plans dans la neige, sur une patinoire, en haut d’une grande roue sont beaux… mais longs, mais lents… Je m’attendais à une sorte de Memories of Murder, film que j’adore, Black Coal n’égale pas le talent de Bong Joon-ho. 

 

23/07/2014

A la télé cette semaine : Chacun cherche son chat, OSS 117, Rio ne répond plus...

chacun cherche-son-chat-.jpgCe soir sur Arte, Chacun cherche son chat de Cédric Klapisch. En cherchant Gris-Gris, son matou noir qui s’est fait la malle, une jeune femme timide et solitaire rencontre enfin ses voisins du 11ème arrondissement de Paris. Les habitants les plus emblématiques du quartier (la gouailleuse Mme Renée) jouent leurs propres rôles. Une rafraîchissante comédie sentimentale et sociale, qui m’avait ravie quand j’étais ado. 

viens chez moi copine.jpgAutre comédie sur France 4, après Marche à l’ombre la semaine dernière, on retrouve Michel Blanc dans son rôle de loser geignard avec Viens chez moi, j’habite chez une copine. Cette fois-ci, il met le bazar dans l’appartement et la vie rangée d’un couple (Thérèse Liotard et Bernard Giraudeau, très beau). On retrouve également la musique de Renaud : Sur les bords, au milieu, c’est vrai qu’il craint un peu. Irrésistible.

oss 117 rio.jpgJeudi sur M6, OSS, Rio ne répond plus de Michel Hazanavicius. Film que j'adore évidemment, car il parodie Le magnifique et d'autres films cultes. Après Le Caire nid d’espions, le réalisateur va encore plus loin dans l’humour irrévérencieux. On sent qu’il était l’un des auteurs des Nuls, et le réalisateur du film pour cinéphiles,  La classe américaine. En 1967, Hubert Bonisseur de La Bath, agent secret calamiteux, est envoyé à Rio pour traquer les nazis. Il se pointe à l’accueil d’un grand hôtel : « Vous avez bien une amicale d’anciens nazis ? Un club ? Une association peut-être ? » Quelques citations :

Hubert (à un groupe de hippies) : "Changer le monde, vous êtes bien sympathiques mais faudrait déjà vous lever le matin. Parce que je ne sais pas si vous êtes au courant, mais le monde, il ne vous attend pas. Il bouge et il bouge vite. Vous n’allez pas tarder à rester sur le carreau, j'vous le dis, hein. Parce que là vous êtes en vacances, très bien. Mais à la rentrée... 
Un hippie : On n'est pas en vacances.
Hubert : OK, admettons. Vous avez pris une année sabbatique, très bien. Mais l'année prochaine, vous y avez pensé à ça ? C'est pas le monde qui va se plier à vos désirs, les enfants. C'est pas « 68 année de la jeunesse ». C'est pas comme ça que ça se passe. C'est le vrai monde dehors. Et le vrai monde, il va chez le coiffeur, déjà. Alors gna gna gna la guitare, les troubadours, tout ça c'est fini. (Un hippie lui tend un joint) Non merci j'ai les miennes." (Il sort son paquet de cigarettes)

- "Finalement, cette bande de hippies est plutôt sympathique, une fois passée la barrière de l'hygiène s'entend. Enfin, que voulez-vous, c'est la jeunesse. Tôt ou tard, la vie se chargera de leur couper les cheveux."

Carlotta (réveillant volontairement Hubert avec de l'eau au bord de la piscine) : "Oh pardon, je suis affreusement maladroite. Apparemment je vous ai éclaboussé.
Hubert : - Mais je vous en prie. D'ailleurs ne dit-on pas qu'une femme qui éclabousse un homme, c'est un peu comme la rosée d'une matinée de printemps ? C'est la promesse d'une belle journée et la perspective d'une soirée enflammée.
Carlotta : Quel réveil !
Hubert : Ah, je n'y suis pour rien. C'est l'inexpugnable arrogance de votre beauté qui m'asperge.

Si vous voulez en découvrir plus, regardez le film…

 

21/07/2014

Le conte de la princesse Kaguya

conte kaguya.jpgÉnorme coup de cœur pour ce film de Takahata. Il est l’adaptation d’un conte japonais du Xe siècle. Un modeste paysan trouve une enfant et un trésor dans un bambou. Il se persuade que le bébé est une princesse qu’il faut élever comme telle. La famille quitte alors la montagne, les amis avec lesquels la petite a grandi, pour rejoindre la ville et les codes très rigides de l’éducation d’une princesse. Mais Kaguya reste nostalgique de son enfance, de la nature, la simplicité et l’amour perdu… (voir la bande annonce en lien)

conte kaguya lune.jpgA priori l’histoire ne me disait rien et la longueur (plus de 2 heures) me rebutait. Mais je n’ai pas vu le temps passer, et le sujet touche à l’universel : est-ce la peine de sacrifier ses rêves et désirs profonds pour se conformer à ce que les autres et la société attendent de nous ? Peut-on passer à côté de sa vie ?

Le dessin est d’une beauté époustouflante. Il varie d’une scène à l’autre, rappelle les estampes japonaises, l’aquarelle, le pastel… L’histoire qui frôle avec le fantastique est magique, belle et terriblement émouvante. J’ai vu le film pendant la fête du cinéma et durant un match de la France au mondial. On était qu’une vingtaine dans la salle, majoritairement des femmes (et quelques rares compagnons qui les accompagnaient). On est TOUS restés jusqu’à la fin du générique, sonnés. J’entendais renifler et j’ai vu plusieurs personnes les larmes aux yeux.

conte kaguya 3.jpgSacré Takahata. Il peut se vanter d’être le premier à m’avoir fait chouiner devant un film, qui reste toujours pour moi le plus traumatisant de tous : Le tombeau des lucioles. J’ai pourtant écrit mon mémoire de fin d’études sur Miyazaki, mais je retourne ma veste aujourd’hui. Je crois que je préfère Takahata, son style si changeant, de dessins et d’histoires, passant du pur mélo à la comédie loufoque, du quotidien d'une famille à la vie d'animaux imaginaires luttant contre l'accroissement urbain : Mes voisins les Yamada, Pompoko… Contrairement à Takahata, je trouve que Miyazaki ne se renouvelle pas. Le vent se lève m’a ennuyée : faire une scène entière sur des boulons d’avions ou un truc dans le genre, il était temps que pépé arrête le cinéma.

A plus de 70 ans, les deux géants de l’animation japonaise ont annoncé leur retraite. Quel dommage, mais Takahata finit sur un chef d’œuvre. Ne le ratez surtout pas.

 

20/07/2014

A la télé cette semaine : Basic Instinct, Les rois du désert, Les promesses de l'ombre...

gamin au vélo.jpgA la télé ce soir sur France 2, Le gamin au vélo. Les frères Dardenne filment toujours la misère sociale (Rosetta et L’enfant, deux palmes d’or).  Mais ici, avec plus de tendresse et d’espoir. Un enfant difficile, abandonné par son père, traîne avec des petits voyous. Il est recueilli par une coiffeuse au grand cœur (Cécile de France, toujours charismatique, fraîche et naturelle).Va-t-il suivre le bon chemin? 

basic instinct.jpgSur Arte, Basic Instinct de mon chouchou Paul Verhoeven. On connaît tous la fameuse scène de l’interrogatoire de Sharon Stone… et sa parodie par Les nuls « Vous allez me coffrer pour mangeage de choucroute prohibée ? » Un thriller sulfureux, troublant, une relation perverse et machiavélique entre Sharon Stone et Michael Douglas. Avec l'envoûtante musique de Jerry Goldsmith. A revoir.

ripoux.jpgSur France 4, Les ripoux, une bonne comédie populaire à la française, fonctionnant sur un duo décalé. Noiret♥ incarne un vieux flic désabusé, dont le travail principal est de ramasser des pots de vin, assister aux courses hippiques et manger à l’œil au restaurant. Bref, glander. Le petit bonhomme de vie du ripou se retrouve perturbé par l’arrivée d’un jeune inspecteur, Thierry Lhermitte♥, pétri de principes et  ravi de passer à l’action… 

En deuxième partie de soirée, rediffusion de Marche à l’ombre de Michel Blanc.

traversee paris.jpgLundi sur TMC, La traversée de Paris, de Claude Autant-Lara, d’après une nouvelle de Marcel Aymé. Durant l’occupation, un chômeur (Bourvil) transporte des denrées au marché noir, de nuit, à l’autre bout de Paris. Il est aidé par un homme incontrôlable (Jean Gabin). Avec Louis de Funès dans le rôle qui le fera connaître, celui de « Jaaaaambiiier !!!! Je veux deux milles francs ! » (voir extrait). « Salauds de pauvres ! »

On retrouve Bourvil sur Arte, dans un film du satirique Jean-Pierre Mocky, Un drôle de paroissien.

rois du desert.jpgA 23h, ne ratez pas une autre comédie sarcastique sur France 3, Les rois du désert de David O Russell (American Bluff, Happiness Therapy) avec George Clooney et Mark Wahlberg. Après la guerre du golfe, 4 soldats recherchent le trésor de Saddam Hussein. Une comédie noire et jubilatoire.

viggo promesses de lombre.jpgMardi, à 22h35 sur France 2, ne loupez pas non plus Les promesses de l’ombre, de mon autre chouchou David Cronenberg (Dead zone, La mouche). Une jeune fille meurt pendant son accouchement. La  sage-femme (excellente Naomi Watts) tente de retrouver son identité à travers le journal intime de la défunte, écrit en russe. Son enquête l’amène dans un restaurant, qui est en fait tenu par un redoutable mafieux. Un homme de main (Viggo Mortensen, le roi du Seigneur des anneaux) tente de protéger la courageuse sage-femme. Une histoire d’amour impossible, un thriller au scénario redoutable, au suspense et à la violence intenses (la scène du hammam). Le personnage de Viggo est éminemment complexe : peut-on changer, échapper à son destin ? A la sortie du film, j’ai pu rencontrer David Cronenberg et lui serrer la main. Je ne l’ai pas lavée depuis 2007.

Côté documentaire, à 20h50 sur Arte, l’excellent Evasion fiscale, le hold-up du siècle  de Xavier Harel. 30 000 milliards de dollars seraient cachés dans des paradis fiscaux, ce qui représente les 2/3 de la dette mondiale ! 

La semaine prochaine, suite des films de la semaine

 

18/07/2014

Dragons 2, laissez-vous transporter

dragons 2.jpgDans le premier film, Harold est un jeune viking qui peine à trouver sa place : son peuple chasse ardemment les dragons, vus comme des animaux sanguinaires. Mais l’adolescent réussi à apprivoiser le plus mystérieux de l’espèce : un furie nocturne. Dans ce film qui peut être vu indépendamment du premier, les vikings ont compris que les dragons ne sont pas leurs ennemis.
Dans Dragons 2, Harold atteint maintenant l’âge adulte. Il doit reprendre la place de chef de clan tenue jusque-là par son père. Mais le jeune homme doute de ses capacités. Il préfère l’insouciance et la liberté de la jeunesse, voler avec son ami dragon pour explorer des terres inconnues. Jusqu’à sa découverte d’une île cachée peuplée de dragons protégés par un curieux personnage. Car les animaux sont convoités par un homme dangereux, qui s’en sert comme arme de guerre… Harold doit alors prendre des responsabilités : sauver son peuple et les dragons. (voir bande annonce en lien)

dragons.jpgOn retrouve dans ce deuxième film les mêmes thèmes : le passage à l’âge adulte, l’importance de l’amitié, l’union qui fait la force, privilégier la parole à la violence, se mettre à la place de l’autre pour le comprendre, ne pas juger sur l’apparence : « oui, les dragons ont l’air méchant avec leur sale gueule de cracheur de feu ! Mais en fait ils sont cool, ne les tuez pas ! Et pourquoi la guerre ? But all we are saying, is give peace a chance ! »

Bon Harold ne chante pas du Lennon, mais vous avez compris son message. Qu’apporte le deuxième film au premier ? Une histoire familiale émouvante, des choix difficiles à prendre, l’importance de la transmission. Et surtout, un point indiscutable : une mise en scène 3 D époustouflante ! L’équipe a inventé un nouveau logiciel qui permet des mouvements plus naturels. Dragons 2 a été conçu pour être vu en 3d et non converti après réalisation comme le premier film. J’ai préféré ce deuxième opus, sans doute parce que j’ai vu le premier sur une simple télé. Ici, j’étais bouche bée : on assiste à un véritable spectacle qui rend euphorique. On a l’impression de voler nous aussi à dos de dragon. I believe I can fly, I believe I can touch de sky.

dragons persos.jpgEt que dire de la beauté et de l’originalité des couleurs de ces bestioles, tous différents et saugrenus ? Même si mon préféré reste celui qui est en apparence le plus simple, uniquement noir : le furie nocturne. Il me rappelle mon chat adoré de ma photo de profil… moi aussi j’en veux un ! Krokmou a en fait comme modèle un véritable chat, celui du superviseur de l’animation. Habitué à être dans le studio avec les animateurs afin qu’ils étudient son comportement, le chat s’est mis à préférer les plateaux de cinéma à la maison de son maître…
La modélisation des dragons s’inspirent du comportement des chats, mais aussi des chiens, car l’équipe était divisée entre les amoureux des félins et ceux qui préfèrent les chiens, dont le réalisateur fait partie (comment ?!) C’est pourquoi, pour faire plaisir à Dean Dubois, Krokmou possède des caractéristiques canines (c’est donc pour ça qu’il se met à lécher le visage de son maître et lui baver dessus, ce truc dégueulasse que font les clébards?)

Le film s’adresse autant aux enfants qu’à leurs parents, grâce à son humour et ses messages. Il n’est pas gnangnan ni bêtement positif (à la fin du premier film, le héros perd quand même une jambe !) Dragons 2 est aussi drôle qu’émouvant. Les personnages sont attachants. Je regrette juste un détail : comme Harold ne voulait pas être chef, je voyais à sa place sa fiancée à fort caractère. Je n'aime pas trop l'idée de la "destinée".
Si vous n’avez pas vu le premier film, ne vous retenez pas pour celui-ci : on s’adapte immédiatement à cet univers, le film débutant sur un ahurissant match aérien qui rappelle le quidditch d’Harry Potter. Sauf qu’ici, les magiciens sont remplacés par des vikings, les balles par des moutons, et les balais par des dragons. On comprend et accepte tout ça sans broncher, comme si c’était habituel ! Ben quoi, vous n’avez pas un dragon chez vous ?

 

17/07/2014

A la télé ce soir : Lord of War, Brothers

gazon maudit film.jpgCe soir sur TMC, Gazon maudit de et avec Josiane Balasko. Cette dernière incarne une routarde homosexuelle venant semer la zizanie dans un couple (Alain Chabat et Victoria Abril). Une comédie légère et originale.
A la même heure sur Numéro 23, encore un film avec Chabat, mais dans un rôle dramatique cette fois : Le cousin, un honnête polar psychologique autour d’un flic et de son indic (ou « cousin ») dans le milieu de la drogue, incarné par Patrick Timsit. Les deux comiques sont étonnants de justesse dans ces rôles sombres. Le film est signé Alain Corneau (Série noire). 

lord of war.jpgÀ 23h15 sur M6,  Lord of war d’Andrew Niccol (Bienvenue à Gattaca). Ce film est un pamphlet contre le trafic d’armes. Il est raconté par un de ses principaux représentants (interprété par Nicolas Cage) avec un humour noir et cynique dévastateur :
« On estime à environ 550.000.000 le nombre d'armes à feu actuellement en circulation. Autrement dit il y a un homme sur douze qui est armé sur cette planète. La seule question est... Comment armer les onze autres ? » « Jusqu'à présent j'avais toujours fui la violence alors que j'aurais dû m'y précipiter. C'est dans notre nature. Les plus anciens squelettes humains étaient criblés de pointes de flèches. » « On dit "Le mal triomphe partout où les hommes de bonne volonté ont échoué" Il suffirait de dire "Le mal triomphe partout". » Un exposé implacable, à voir.

brothers.jpgA la même heure sur France 3, Brothers de Jim Sheridan (Au mon du père). Un époux modèle (Tobey Maguire, Spiderman) part à la guerre en Afghanistan. Il est porté disparu. Son frère (Jack Gyllenhaal, Prisoners) sorti de prison, trouve un  moyen de se racheter en aidant la jolie veuve (Natalie Portman). Problème : le supposé mort revient, traumatisé et transformé par la guerre… Rivalité entre frères, rivalité amoureuse, réflexion sur la place que l’on occupe dans la famille et la société… Un très bon film.

 

15/07/2014

A la télé ce soir : Jeux interdits, Le talentueux Mr Ripley...

jeux interdits.jpgCe soir sur HD1, encore un classique que j’ai vu trop jeune, Jeux interdits. Tout le monde connaît la musique (en lien), souvent massacrée par des joueurs de guitare débutants, puisqu’elle est l’une des premières chansons qu’on leur apprend. On connaît peut-être moins l’histoire, celle de deux jeunes enfants pendant la guerre, dont Brigitte Fossey (la mère de Vic dans La boum) dans son premier rôle à 5 ans.
Comme les héros du film, au même âge, j’étais déjà obsédée par la mort et j’enterrais les cadavres d’animaux … Mais je ne trouvais pas ces bestioles décédées au préalable. Oui, je les découvrais bien vivantes et je les achevais malgré moi ! C’était souvent des oisillons tombés du nid, ou que j’avais sauvé des griffes du chat, mais qui s’étaient cassé l’aile et tordu le pied. D’ailleurs je détestais la chanson A la volette que je trouvais vraiment trop triste et effrayante : on prend son envol, et vlan on se pète la gueule ! Mieux vaut rester dans son nid ! J’ai bien retenu la leçon : mémé est très prudente, ne prend pas de risques inconsidérés et quitte rarement son antre.
Je déterrais des vers de terre du jardin et les donnais aux oiseaux avec une pince. Les petites bêtes ouvraient le bec comme dans la pub Esso. J’avais ma carte rouge de membre des CPN (Connaître et Protéger la Nature) de la Hulotte, le journal le plus lu dans les terriers, auquel je suis toujours abonnée. La carte me permettait de téléphoner à La Hulotte pour demander des conseils, mais malheureusement, beaucoup d’oiseaux mouraient quand même… J’ai quand même sauvé un bébé troglodyte par exemple, je l’ai raconté en lien.

talentueux mr ripley.jpgA la même heure sur NT1, Le talentueux monsieur Ripley, remake de Plein soleil et adaptation du livre de Patricia Highsmith. Un homme usurpe l’identité d’un riche qu’il jalouse. Le remake est bien, mais problème : si dans le film original, Delon ressemble à Ronet et qu’ils sont magnifiques tous les deux, vous trouvez que Matt Damon peut être confondu avec Jude Law, et qu’il l’égale en beauté ? (je pose toujours des questions hautement philosophiques et pointues sur la mise en scène cinématographique)

Et vous, appréciez-vous ces films ? Qu'avez-vous vu cette semaine ?

13/07/2014

A la télé cette semaine : Lone Ranger, Il était une fois dans l'Ouest...

lone-ranger train.jpgA la télé ce soir, à part la finale de la coupe du monde de football (oui, même moi j’ai regardé l’humiliation des Brésiliens : j’écrivais et j’étais sur Twitter en même temps, je voyais les commentaires, mes frères m’envoyaient  des messages sur le match : curieuse comme un chat, j’ai fini par allumer la télé pour vérifier le désastre. En fait, ils en étaient déjà à 7-0 et je n’ai vu que l’unique but brésilien !)

Pour ceux qui n’aiment pas le foot, pas grand-chose à se mettre sous la dent. Les chaînes ont dû penser « pas la peine de lutter contre la finale du mondial, on va mettre de la daube, de toute façon personne ne regardera ». Je ne vous conseillerai tout de même pas de voir Tellement vrai ni le concert de Céline «  une seule fois » (encore heureux), ni l’adaptation du livre de Marc Lévy ou le film d’Alexandre Arcady.
A la place, pour les abonnés Canal +, regardez plutôt sur canal cinéma le blockbuster qui a été injustement boudé par les Américains, alors qu’il est largement au-dessus de la plupart : Lone ranger, naissance d’un héros (on ne connaîtra pas la suite, elle ne sera pas tournée à cause du flop). Ce film de Gore Verbinski est une sorte de Pirates des Caraïbes façon western, avec un message pro-Indiens et écolo. Il critique certains Américains avides de profit qui massacrèrent les populations et la nature pour étendre le chemin de fer ou trouver de l’or. (Lire ma critique complète en lien.)

france sauvage.jpgSur Arte, pour les amis des animaux comme moi, La France sauvage, pour voir les renards et chouettes filmés de près dans des décors grandioses. Paysages sublimes également sur France 5, qui continue de nous faire baver avec des documentaires donnant envie de partir en voyage : ce soir, Splendeurs de la mer du nord.
A 22h15 sur Arte, rediffusion du film semi autobiographique de Pialat, Loulou, j’en ai parlé la semaine dernière.

il etait une fois dans louest le petit franck.jpgLundi sur HD1, Le magnifique François Merlin, mon double qu’on ne présente plus.
Sur TMC, autre film qu’il est inutile de détailler, Il était une fois dans l’Ouest. Enfant, je m’amusais à rejouer les scènes cultes en me prenant pour un dur cow-boy intraitable, avec mon pistolet à pétard : « Qu’est-ce qu’on fait avec le gosse Franck ? – Puisque tu m’as appelé par mon nom... »
J’ai pu voir Ennio Morricone en concert à Bercy en début d’année, il n’a même pas joué la fameuse chanson de l’homme à l’harmonica ! (j'écoutais le 45 tours qu'on voit dans la vidéo). Par contre, la chanteuse a interprété deux fois le thème principal, émouvant  (voir en lien).

Demain, suite des films de la semaine.
Et vous, appréciez-vous ces films ? Qu'avez vous vu cette semaine ?

 

11/07/2014

Bilan "je suis culturée" de juin

conte kaguya.jpg3 Concerts :

Coup de cœur :
- Shaka Ponk au Zénith de Paris

Little Barrie, La maroquinerie
- Archive, sur le parvis du MK2 BNF
Prochain concert prévu : Saint Motel, concert Dream Pop, La maroquinerie

5 Pièces de théâtre, One man show :

AlexVizorek.jpgCoup de cœur :
- Alex Vizorek est une œuvre d’art, Théâtre du Petit Hébertot, jusqu’au 30 août

- Un singe en hiver, théâtre de Paris, avec Eddy Mitchell et Fred Testot
- On n’arrête pas la connerie ! avec Eric Laugérias,Théâtre du petit Montparnasse, jusqu’au 2 août
- Bash, avec Sarah Biasini, théâtre des Mathurins
- Big Apple avec Christophe Malavoy et Marianne Basler, théâtre de Paris
Prochain spectacle prévu :  Les 39 marches, d’après Alfred Hitchcock

10 films au cinéma :

tristesse club.jpgCoup de cœur :
- Le conte de la princesse Kaguya d’Isao takahata

- The edge of tomorrow avec Tom Cruise, de Doug Liman
- Dragons 2 de Dean DeBlois
- Tristesse Club de Vincent Mariette, avec  Vincent Macaigne
- Under the skin de Jonathan Glazer, avec Scarlet Johansson
- Black coal de Yi’nan Diao 
- Xenia de Panos H. Koutras
- 3 cœurs de Benoît Jacquot, avec Benoît Poelvoorde et Charlotte Gainsbourg, sortie le 17 septembre
- New-York melody de John Carney, avec Keira Knightley et Mark Ruffalo, sortie le 30 juillet
- Palma real motel de Aarón Fernandez, sortie le 23 juillet
Prochain film prévu : Jersey Boys de Clint Eastwood

passé.jpg32 films à la télé :

Coups de cœur Canal + :
- Le passé d’Asghar Farhadi, avec Bérénice Béjo et Tahar Rahim 
- La religieuse de Guillaume Nicloux

Coup de cœur autres chaînes :
- drame : Eden à l’ouest de Costa-Gavras, France 4
- Comédie : Arman hors saison de Sébastien Betbeder, avec Vincent Macaigne. moyen métrage tiré du film 2 automnes 3 hivers, Arte
Prochain film prévu : Les revenants de Robin Campillo, Canal +

The-Americans.jpg3 séries :

Coup de cœur :
- The Americans de Joe Weisberg, saison 1

- Hostages (version israélienne)
- Girls de et avec Lena Dunham
Prochaine série prévue : Banshee, saison 1

4 documentaires :

Coup de cœur :
prohibition.jpg- Prohibition, une expérience américaine de Ken Burns et Lynn Novick (5 épisodes)

Hollywood, l’âge d’or de la comédie d’Andreas Baum
- Belle de nuit (les courtisanes de la belle époque) de Carole Wrona
- La double vie des chats d’Hélène Sage
Prochain documentaire prévu : Rock Hudson, beau ténébreux

2 Livres :

- La route  de Los Angeles de John Fante
- Je suis Parisien mais je me soigne de  Pierre Antilogus
Prochain livre prévu : Le grand n’importe quoi de Jean-Pierre Marielle

Et vous, qu'avez vous fait en juin ?

09/07/2014

A la télé cette semaine : Marche à l'ombre, L'armée des ombres...

télé, cinéma, cinéma français, la musique des dossiers de l'écranAprès un début de semaine placé sous le signe de la liberté et des vacances, les films suivants se déroulent dans l'ombre : pas dans celle de la prison, mais celle des SDF ou des résistants. Ce soir sur France 4, Marche à l’ombre, avec un personnage hypocondriaque et boulet, mais malgré tout sympa et drôle : Papillote Michel Blanc. L’acteur réalisateur et scénariste du film y incarne un loser SDF collant aux basques d’un dur à cuire, Gérard Lanvin. Comme Michel Blanc, je me plains beaucoup de mes bobos-là improbables, mais moi au moins, je n’ai jamais eu d’entorse qui s’infecte ou subitement les dents qui poussent après 15 ans. Quoique, il me reste encore une dent de sagesse qui sort, et un médecin pense qu’elle est peut-être responsable d’un de mes nombreux bobos incroyables…Toi tu me fous les glandes, arrache-toi de là t’es pas de ma bande, casse toi tu pues, et marche à l’ombre.

télé, cinéma, cinéma français, la musique des dossiers de l'écranJeudi sur France 3, un film, et surtout une musique qui a traumatisé toute une génération d’enfants. Je ne sais pas quel sadique a décidé de reprendre cet air pour le générique d’une émission télé… Au moins, c’était le seul soir de la semaine où j’acceptais d’aller me coucher sans broncher. Si vous ne l’avez pas encore reconnue, je veux parler de la musique du film L’armée des ombres, reprise pour l’émission Les dossiers de l’écran.  J’ai encore des frissons en l’entendant. (si vous êtes maso, cliquez sur le lien, en plus il y a un petit clin d’œil papillotien).
Le film de Jean-Pierre Melville est tout aussi terrifiant que sa musique, et  certainement responsable de mon cauchemar d’enfant récurrent : je devais me cacher pour échapper aux nazis. L’armée des ombres évoque en fait les résistants pendant la seconde guerre mondiale. Ils ne devaient absolument pas se faire repérer, pour ne pas mettre en danger leur vie et celle de leurs camarades. Le réalisateur est un ancien résistant, on sent le réalisme des situations et des personnages, jamais magnifiés ni glorifiés.  La tension est permanente, l’angoisse de la mort prochaine rôde, l’attente d’une fin cruelle sous la torture, ou la honte de trahir les siens… Je revois encore le regard triste de Simone Signoret, et ces hommes qui courent dans une galerie sombre… Un très grand film.

télé, cinéma, cinéma français, la musique des dossiers de l'écranAutre film déprimant sur D17, Une époque formidable de et avec Gérard Jugnot. Comme dans Marche à l’ombre réalisé par son compère du Splendid, encore une histoire de personnages qui cherchent un endroit où dormir, mais beaucoup moins optimiste. Un homme perd son emploi. Honteux, il n’ose pas le dire à sa femme, et couvert de dettes, se retrouve à la rue… Un film que je n’ai jamais osé revoir, peut-être parce que je le jugeais prophétique ? Selon différents sondages, près d’un Français sur 2 pense qu’il pourrait devenir SDF un jour… et le film date de 1991…

Sur cette note joyeuse, je vous laisse, j’ai un boulot à trouver avant de me retrouver au RSA.

Et vous, appréciez-vous ces films ? La musique des Dossiers de l'écran vous effrayait-elle aussi ?