21/11/2014

Bilan "je suis culturée" d'octobre

télé,cinéma,que faire à parisPeu de sorties ce mois-ci, car je bosse ! J’ai dû en annuler ou décliner une dizaine, qui ne cadraient plus avec mes horaires. J'ai vu les films en avant première, mais mémé écrit toujours avec un train de retard...

 4 films au cinéma :

 - Mommy de Xavier Dolan
- Samba de Oliver Nakache et Eric Tolédano
- 71 de Yann Demange
- Tiens-toi droite de Katia Lewkowicz, sortie le 26 novembre
Prochain film prévu : Interstellar

 33 films à la télé :

 Coup de cœur Canal + :
- Alabama Monroe
Prochain film prévu : Rebelle

 12 documentaires :

 télé, cinéma, que faire à Paris5 Coups de cœur :
- Faites le mur ! de Banksy
- Les garçons de Rollin, un lycée sous l’occupation de Claude Ventura
- Chante ton bac d’abord ! de David André
- L’urgence de ralentir de Philippe Borel
- Calamity Jane, légende de l’Ouest de Grégory Monro

 - Belfast mon amour de Frédéric Tonolli
- Rocky IV, le coup de poing américain de Dimitri Kourtchine
- Crossfire hurricane, les Rolling Stones
- I wish you were here, Pink Floyd
- Alexandre le Grand
- Etrangement vôtre de Frédéric Temps
- Renaud Van Ruymbeke, au nom de la loi
- Orphelins de la patrie de Sophie Bredier
Prochain documentaire prévu : Philippe Sarde, un voyage musical dans l’histoire du cinéma

4 séries :

télé, cinéma, que faire à Paris- Ainsi soient-ils saison 2, Arte
- Rectify, Arte
- Ray Donovan, Canal+
- Southcliffe, Canal+
Prochaine série prévue : The Americans saison 2

2 one man show :

Coup de cœur :
- Jarry atypique, théâtre Trévise
- Nicolas Meyrieux : dans quel monde vit-on ?Comédie des boulevards

 1 concert :

 - Génésis, The musical box, l'Olympia

2 expositions :    

télé,cinéma,que faire à parisCoup de cœur :
- De Louis XIV à Louis XVI, un art de vivre à la Française, Le Louvre

 - Le petit palais

Et vous, qu'avez vous vu en octobre ?

 

17/11/2014

A la télé cette semaine : Bridget Jones, Hot Fuzz, Le magnifique...

gladiator.jpgCe soir sur TMC, Gladiator de Ridley Scott (Alien, Blade Runner). Dans l’empire Romain, l’empereur Marc Aurèle souhaite céder sa place au Sénat au vaillant général Maximus (Russell Crowe), pour que Rome devienne à nouveau une République. Le fils de l’empereur, (Joaquin Phoenix) est jaloux et désire le pouvoir. Il tue son père et ordonne l’assassinat de son rival et de sa famille. Mais Maximus survit. Vendu comme esclave, il devient gladiateur et cherche la revanche…

Sur HD1, Volver de Pedro Almodovar, plus tendre et moins outrancier qu’à l’habitude, même si je déplore cette scène ridicule : Raimunda (Penelope Cruz) sent (au sens propre) que sa mère morte (la mère, pas la mer) est revenue, car elle reconnaît l’odeur de ses pets ! Non mais franchement !!

bridget jones.jpgMardi sur M6, une comédie sentimentale pour filles, que je n’ai pas revue depuis sa sortie en 2001 et que j’ai hâte de redécouvrir, pour savoir si mémé est toujours une midinette : Le journal de Bridget Jones.  Renée Zellwegger, vraie Gastonne Lagaffe, hésite entre Hugh Grant♥, son patron (pff) arrogant (beurk) et Colin Firth♥. Ce dernier se nomme comme le héros d’Orgueil et préjugés : Mark Darcy♥… (Je vous laisse deviner lequel je préfère).

hot fuzz supermarché.jpgMercredi sur France4, Hot Fuzz, avec ce formidable trio : Edgar Wright le réalisateur, Nick Frost et Simon Pegg les acteurs et scénaristes. Après « une comédie romantique avec des zombies » le génial Shaun of the dead, référence à Dawn of the dead de George Romero, dans Hot Fuzz, le trio rend hommage aux films d’actions. Un policier modèle Londonien fait passer ses collègues moins zélés pour des bras cassés. Pour le calmer, on l’envoie dans un petit village de campagne, où son nouveau coéquipier rêve d’imiter Mel Gibson. Dans la commune paisible, entre deux contraventions et recherche d’animaux disparus, le policier scrupuleux découvre une série de meurtres étranges… Hilarant (voir bande annonce en lien).

magnifique bob saint clar.jpgJeudi, autre comédie culte papillotienne,  Le magnifique  de Philippe de Broca sur 6ter. Belmondo joue un homme falot et discret, qui mène une vie solitaire et grise. Il est un petit écrivain de romans d’espionnage, tyrannisé par son éditeur et secrètement amoureux de sa voisine. Il se venge dans ses romans en transposant sa vie idéale : il s’y voit sous les traits d’un grand agent secret charismatique. Son éditeur est l’gnoble Karpov et sa belle voisine est folle de lui… La fiction peut-elle devenir réalité ? Gage de qualité, le scénario est  signé par de Broca (L’homme de Rio) Francis Veber (Le dîner de cons) et Jean-Paul Rappeneau (Le hussard sur le toit, Bon voyage). "Et Bob Saint Clar, pagayant comme un fauve, échappe aux griffes de Karpov." Cucurucucu, Palomaaaa...

Sur France 3, Million dollar Baby de Clint Eastwood. La rencontre entre deux mal aimés solitaires : un entraîneur à la retraite (Clintounet) et une jeune femme (Hilary Swank, oscar de la meilleure actrice) qui veut absolument faire de la boxe. Bien, mais trop tire-larmes à mon goût.

 

 

16/11/2014

A la télé ce soir : Melancholia, Les autres, Moonrise Kingdom...

melancholia.jpgA la télé ce soir, Melancholia de Lars Von trier. Film très étrange, comme souvent avec ce réalisateur. Les cinq premières minutes nous jettent dans le bain, avec des images et une musique sublimes (Tristan et Isolde de Wagner, voir en lien). On ne comprend pas ce qui se passe, mais si on se laisse porter avec 2 grammes 8 dans le sang on est envoûté par ces images hypnotiques. La fin du film également est très marquante, j’en ai fait des cauchemars. Une planète, Melancholia, se rapproche dangereusement de la Terre. Une jeune mariée dépressive (Kirsten Dunst) et sa sœur (Charlotte Gainsbourg) s’en inquiètent… « La fin du monde ! » comme dirait Vérino.

moonrise kingdom.jpgA la même heure sur France4, autre film onirique aux décors magnifiques, Moonrise Kingdom de Wes Anderson. J’ai parfois du mal avec ce réalisateur branchouille, dont je trouve l’humour parfois un peu faciles (voir ici ma critique de Grand Budapest hotel) mais j’ai apprécié la nostalgie et l’innocence qui se dégagent du film. Dans les années 60, deux enfants amoureux et incompris fuguent. Ils se cachent dans une île paradisiaque de la nouvelle Angleterre. Moi aussi je veux faire pareil ! Je veux partir, redevenir un homme préhisto. Il vit sa vie comme un Vendredi, Robinson est parti.

autres.jpgEncore des enfants isolés sur une île, mais ambiance beaucoup moins festive, avec Les autres d’Alejandro Amenabar (Ouvre les yeux, Agora) sur Numéro 23. En 1945, à Jersey, deux jeunes et leur mère (Nicole Kidman) vivent reclus et terrorisés dans un manoir hanté. Le film est devenu un classique du film d’épouvante, avec un retournement final célèbre.

Encore des enfants, ou plutôt des adolescents sur NT1, avec La boum, qu’on ne présente plus. Dreams are my reality…

Côté documentaire, les enfants toujours, avec le harcèlement à l’école sur LCP. Un million 400 000 élèves en seraient victimes… (j’en faisais partie).

Demain, suite des films de la semaine.

 

Quiz On connaît la chanson : deux titres sont à retrouver dans le texte.

 

12/11/2014

A la télé ce soir : Les garçons et Guillaume, à table !

garcons et guillaume affiche.jpgTout est dans le titre. Guillaume Gallienne raconte sa jeunesse, où il se sentait, plutôt on le percevait, différent. Sa mère l’estime plus fragile que ses frères. Pendant que ces derniers partent en voyage sportif et viril, Guillaume est envoyé en Espagne pour apprendre la danse parmi les femmes... Adolescent, sa tante fantasque l’encourage même à sortir avec des hommes pour « tester ». Mais en fait, le veut-il, qui est-il vraiment ? (voir bande annonce en lien)
Comme l’explique le réalisateur, ce film délirant est en fait « un véritable coming out inversé ». Il raconte sa quête d’identité, et comment elle lui a permis de devenir acteur. « Quand j’étais enfant, ma mère disait : « Les garçons et Guillaume ». Ce « et » m’a fait croire que pour rester unique aux yeux de cette maman sans tendresse mais extraordinaire, pour me distinguer de cette masse anonyme qu’étaient les garçons, il ne fallait surtout pas que j’en sois un. J’ai tout fait pour être une fille, donc, et quel meilleur modèle que ma mère ? C’est ainsi que j’ai commencé à jouer, dès que je me suis mis à l’imiter. Comment je suis devenu un acteur en devenant ma mère pour réussir à devenir moi. » Le jeune homme imite parfaitement sa mère, et dans le film, il interprète les deux rôles !

Cette comédie est un Ovni, objet visuel non identifié, grâce à la personnalité hors norme de Guillaume Gallienne. Le film oscille en permanence entre fou rire, absurdité, poésie et drame. Un univers décalé (quand il s’imagine tomber dans la piscine au son de Don’t leave me now de Supertramp), hilarant (quand il refait une scène de Sissi l’impératrice) tragi-comique (quand sa grand-mère confond des mots) et même angoissant (le pensionnat de garçons).
Avec un sujet aussi délicat (la quête d’identité sexuelle), on pourrait basculer dans le vulgaire, mais le film évite cet écueil (à part la scène lourdingue avec Diane Kruger). Malgré le sujet très personnel, Gallienne parvient à rester pudique. Le mélange des genres (au sens propre comme au figuré) est un exercice difficile, mais on passe avec facilité du rire aux larmes, de l’émotion à la réflexion, dans un parfait dosage. 
L’acteur devenu adulte a atteint le recul nécessaire pour faire rire de ses tracas, percevoir avec lucidité son histoire, ou au contraire la réinventer. 

garcons et guillaume, danse.jpgGallienne parvient à nous émouvoir, avec grâce. Même si évidemment on n’a pas vécu la même expérience improbable, Gallienne nous permet de nous identifier à ses doutes existentiels : on a tous eu un jour, à moins d’être sociopathe, l’impression d’être parfois différent, décalé, incompris, mais aussi timide, maladroit et naïf. De rester passif et d’angoisser, mais de s’en sortir grâce à l’humour. Le film est en somme une formidable histoire de résilience.

Pour un premier film, la mise en scène est maîtrisée. Pas de baisse de rythme, les réparties fusent. Gallienne joue un grand dadais qui se pose des questions existentielles, à la Woody Allen, avec un humour qui rappelle Certains l’aiment chaud… On trouve même des références à l’univers d’Almodovar, avec des personnages féminins hauts en couleur. 

Le film est aussi une belle rencontre : à l’issue de la séance, Guillaume Gallienne est venu nous parler. Tandis que les autres interlocuteurs restent en moyenne une demi-heure, l’acteur a bavardé trois fois plus longtemps, et si on ne l'avait pas arrêté, je suis sûre qu’il nous aurait raconté ses anecdotes passionnantes pendant encore des heures… 
En arrivant, certainement pour marquer la différence avec son « personnage » et montrer que le film est aussi une fiction, Gallienne parle d’une voix grave et mesurée, avec des gestes retenus. Il nous informe tout de suite, d’un air sérieux et blasé : « Je passe mes journées en promo à parler de ma mère, j’en ai un peu marre de la psychanalyse à la Mireille Dumas… »  mais immédiatement, l’acteur se met à imiter la présentatrice « parlez-moi de votre mère », les rires jaillissent et Gallienne joue son éternel rôle de comique. Très volubile, il répond de bonne grâce aux questions, et finit par se rendre compte « en fait, je fais ma Mireille Dumas ! » On voit bien que même s’il tente de s’en défendre au début, il adore parler de lui et de sa mère.
Au fil de l’entretien, il reprend d’ailleurs les mêmes mimiques, la voix plus aiguë et les gestes plus doux de sa génitrice… troublant. Mais rassurez-vous, Guillaume Gallienne ne sort pas son couteau comme Norman Bates se prenant pour sa mère dans Psychose… Non, l’arme de Gallienne, c’est le rire.

garcons et guillaume, mère.jpgJe ne suis pas la seule à être surprise par ce mimétisme : sa propre famille le confondait avec sa mère. Dans le film, Gallienne interprète les deux personnes. Comme des heures de maquillage étaient nécessaires, il jouait son personnage féminin le matin (avec 4 heures de préparation) et l’après midi le personnage masculin (3h de maquillage) et il restait dans ses rôles : « le matin, l’équipe avait l’impression d’être dirigée par une femme autoritaire de 45 ans, et le soir par un ado de 15 ans abruti et niais ». 

Je ne peux m’empêcher de me dire que, sans doute déçue d’avoir déjà deux garçons, sa mère espérait une fille, et qu’elle traite Guillaume (comme) Tell. Est-elle vraiment comme ça ? Tout est vrai ? Comment a-t-elle réagi ? L’acteur répond, d’un air détaché : 
« oh très simplement, elle a eu envie de se défenestrer… » La dame a de l’humour et a accueilli le film comme l’hommage qu’il est à sa personne. Le réalisateur précise : « Ce film ne dit évidemment pas « La » vérité mais la mienne. L’histoire subjective d’un acteur. A la recherche des émotions qui l’ont façonné. Peut-on être plus sincère qu’un acteur qui raconte intimement comment il l’est devenu ? »

Comme Guillaume Gallienne, j’étais entourée de frères, mais j’ai vite vu que pour être mieux considérée dans la société, il fallait leur ressembler (mais ça ne me disait rien, c’est tellement mieux d’être une fille). Pour me convoquer aux repas, ma mère ne criait pas mon prénom, mais m’appelait par celui de mes frères, neveux, et même des chats… Elle citait quatre ou cinq noms avant de trouver le bon (j’ai pris l’habitude du nom à rallonge, et quand on donne mon prénom du premier coup, je suis toujours étonnée « moi ? T’es sûre ? Mais tu veux pas parler au chat plutôt ? »)

Je connaissais Guillaume Gallienne grâce à ses  hilarants « bonus de Guillaume » où il imagine des scènes coupées et les castings de films célèbres. Il est aussi pour moi le personnage le plus intéressant du film Astérix au service de sa majesté.


Vous l'aurez compris, ne ratez pas le film ce soir sur Canal+...

11/11/2014

A la télé cette semaine : Le goût des autres, Les garçons et Guillaume...

télé, cinéma, agnès jaouiCe soir, après Les compères hier, autre comédie associant des personnalités contraires, Mon pire cauchemar sur W9. Une arrogante et froide bourgeoise (Isabelle Huppert), directrice d’une galerie d’art contemporain,  fait appel à un beauf inculte (Benoît Poelvoorde) pour retaper son salon. La rencontre fait des étincelles. Caricatural, mais plaisant.

Mercredi, encore une comédie sur Canal +, Les garçons et Guillaume, à table !  Grand succès de l’année 2013 et carton aux César, j’ai parlé de ma rencontre avec Guillaume Gallienne en lien.

silence lorna.jpgAutre ambiance à 22h30 sur France 4, avec Le Silence de Lorna des Frères Dardenne. Lorna est une immigrée Albanaise, marié à un drogué (Jérémie Renier). Pour qu’elle obtienne enfin la nationalité belge, on lui propose un mariage blanc avec un mafieux. Comment se débarrasser du premier mari, et le veut-elle vraiment ? Un thriller social implacable.

gout des autres.jpgJeudi, retour à la comédie, avec l’excellent Le goût des autres d’Agnès Jaoui sur Chéri 25. Toujours des acteurs formidables, des destinées qui se rejoignent, des portraits saisissants et des réparties cinglantes. Bacri est émouvant en riche patron d’entreprise un peu beauf. Il tombe amoureux de sa prof d’anglais. Pour attirer son regard, il essaie de s’éveiller à la culture en la fréquentant, elle et son milieu d’intellos prétentieux et « in ». Invitée à des cocktails et expos, je me sens souvent comme Bacri dans cette scène, pas à ma place…

jesus reviens.jpgAutre choc des cultures, après les intellos contre les incultes, les bourgeois cathos coincés contre les prolos beauf, avec La vie est un long fleuve tranquille sur D8. Et cette chanson culte : Jésus reviens.

Petite comédie pleine de tendresse de Patrice Leconte (Les bronzés) sur France3, Mon meilleur ami. Daniel Auteuilprend un pari : ce solitaire doit prouver qu’il a un meilleur ami, il a dix jours pour en trouver un. (Malheureusement, il choisit Danny Boon...)

 

10/11/2014

A la télé ce soir : Indochine, Amen, Shrek...

indochine.jpgA la télé ce soir, Indochine sur France ô, oscar du meilleur film étranger en 1992. Une fresque romanesque, sentimentale, passionnée, parfaite pour l’adolescente exaltée que j’étais à l’époque. Je trouvais Vincent Perez trôô bôôô, et je comprenais parfaitement pourquoi Catherine Deneuve, puis sa fille adoptive Vietnamienne, craquaient pour lui dans le film. Quand je me suis retrouvée assise à côté de lui plus de 20 ans après pour une table ronde, j’étais émerveillée d’avance, avant de voir qu’à 50 balais, le beau gosse a perdu pas mal de cheveux.

comperes.jpgA la même heure, sur France 4, prince beaucoup moins charmant, Shrek, inutile de le présenter. Le film est suivi d’une autre comédie très réjouissante, de Francis Veber : Les compères, avec l’inévitable François Pignon (Pierre Richard) et Gérard Depardieu. Les deux compères malgré eux, que tout oppose, pense chacun partir à la recherche de leur fils fugueur. Comme dans Shrek, les gags s’enchaînent à un rythme effréné, et je m’en rappelle de beaucoup « il m’a foutu un coup de boule ? » 

Sur TMC, un autre prince, Robin des bois, prince des voleurs, la version avec Kevinou Costner.

Côté drame, HD1 programme Amen de Costa Gavras. Pendant la seconde guerre mondiale, un jeune jésuite idéaliste, pur et innocent (Matthieu Kassovitz) tente d’avertir l’église du sort des Juifs…  Un film très instructif, dur, politique et polémique, comme souvent chez Costa-Gavras (Z, Missing, Eden à l’Ouest).

 

Demain, suite des films de la semaine

09/11/2014

A la télé ce soir : The Magdalene Sisters, Cheval de guerre, Le diable s'habille en Prada..

canal 30 ans.jpgCanal+ fête son trentième anniversaire, je suis abonnée depuis 18 ans. Pour l’occasion, mémé nulle en technologies qui a toujours un train de retard, bénéficie enfin des mêmes avantages que les autres clients : je possède enfin les six chaînes, avec la spéciale séries, et canal + à la demande. Je peux donc regarder quatre épisodes à la suite de The americans, au lieu d’attendre un an qu’ils soient rediffusés, un par semaine, à 3 heures du matin sur canal + normal, pendant que le décodeur se réinitialise : gros plan sur l’héroïne : « J’ai obtenu une info primordiale, je crois que les Russes ont arrêté B… écran bleu : « votre décodeur se réinitialise, cette opération peut prendre quelques minutes. Niark niark tant pis pour vous.» Je pourrais aussi faire comme tout le monde, regarder gratuitement en streaming sur internet, mais dois-je vous rappeler mon surnom déjà ? J’ai tout de même réussi à installer toute seule comme une grande le nouveau décodeur. Bon, l’image n’est pas au bon format et je rate la fin des sous-titres, mais comme mémé a toujours une vieille télé cathodique avec le son qui ne fonctionne que sur une enceinte, on ne va pas chipoter.
Pour deux semaines, j’ai également accès à toutes les chaînes documentaires et cinéma, avec des centaines de films à la demande. Le loup garou de Londres ! ça fait si longtemps ! Regarde les hommes tomber, le premier Jacques Audiard qui m’a fortement impressionnée à sa sortie, pas revu depuis ! Bref, je vous préviens, je ne sors plus de chez moi tant que je n’aurais pas rattrapé mon retard de films et de séries (The affair, c’est bien ? Les 5 saisons d’Engrenages, aurais-je le temps de les regarder ?)

Je fais donc court, Canal+ m’attend. Pour les films de ce soir, je vous conseille donc :

magdalene sisters.jpgSur D8, The magdalene Sisters de Peter Mullan (l’acteur de My name is Joe). Un film dur et bouleversant sur ces jeunes filles Irlandaises enfermées dans des institutions catholiques car elles ont « péchées » : filles-mères, violées, dont les enfants leur ont été retirés de force. Une terrible réalité racontée également dans le magnifique Philomena, je vous en parlais ici. Récemment, on a découvert les corps de 800 enfants dans la fosse septique d’un couvent irlandais…

On retrouve Peter Mullan comme acteur sur France 2, dans un film très émouvant lui aussi. La guerre de 14/18 à travers le destin… d’un cheval ! L’idée de Cheval de guerre pourrait sembler risible : comment peut-on s’intéresser au sort d’un animal alors que près de 20 millions de personnes sont mortes pendant la grande guerre ? Mais justement, en s’occupant d’un être plus faible et innocent, les hommes montrent leur humanité… Le film est signé Spielberg, maître des émotions, donc chouinerie garantie.…

Sur le sujet de la guerre, je vous conseille l’étonnant et passionnant documentaire Mourir pour la patrie, de l’école aux tranchées, à 22h25 sur France5. (voir en lien). Après la défaite de 1870 contre les Prusses et la perte de l’Alsace-Lorraine, les instituteurs, les livres, les musiques, inculquent dès la prime jeunesse la volonté de revanche contre l’Allemagne. La propagande exalte (et réécrit) les parcours héroïques, le sacrifice pour la Nation… ce qui expliquera l’enthousiasme des Français pour partir à la guerre en 1914. Je me souviens que mon grand-père, né en 1907, chantait avec ferveur Le chant du départ, utilisé pour encourager les soldats pendant la première guerre (pendant laquelle sont morts mes deux arrières grands-pères). A l’origine, c’est une chanson révolutionnaire de 1794 et un hymne à la liberté. Je connais encore les paroles : « La victoire en chantant, nous ouvre la barrière, la liberté guide nos pas (…) La République nous appelle ! Sachons vaincre ou périr, Un Français doit vivre pour elle, pour elle un Français doit mourir ! »

diable_prada.jpgTout autre genre sur TF1, une comédie, Le diable s'habille en Prada. Meryl Streep est parfaite en sosie d’Anna Wintour, la directrice tyrannique du Vogue américain. J’apprécie surtout comme toujours la description de l’univers professionnel, la pauvre innocente (Anne Hathaway) débarquant dans ce monde cruel de la mode, où la compétition et la superficialité sont reines. La partie histoire d’amour gnangnan à Paris est vraiment superflue.
Le livre autobiographique de Lauren Weisburger décrit encore mieux les rapports entre la jeune assistante et son employeur sadique. Si le sujet vous intéresse, je vous conseille le documentaire sur Vogue et sa rédac chef,  The september Issue. Le petit journal aime bien souligner la gentillesse extrême d’Anna Wintour, qui ne répond à aucune question et ne sourit jamais. Il faudra m’expliquer comment une femme sympa comme une porte de prison et à la coupe aussi ringarde que Mireille Matthieu peut influencer autant la mode.

HD1 programme Panic Room, avec Jodie Foster. gros point noir dans le parcours de David Fincher. On ne croit pas à l’histoire, et la mise en scène est vraiment trop poseuse (Dans un plan, la caméra passe à travers l’anse d’une cafetière. Waouh la prouesse technique, mais quel est l’intérêt ?) Je vous conseille plutôt d’aller voir le dernier film de Fincher au cinéma, Gone girl.

Demain, suite des films de la semaine

 PS (oui, j’ai dit que je faisais court…)

26/10/2014

A la télé ce soir : Le pianiste, Hero, Harry Potter...

pianiste polanski.jpgL’embarras du choix ce soir. Je conseillerai en premier sur D8 Le pianiste de Roman Polanski. Le film retrace une histoire vraie, le destin d’un homme pendant la seconde guerre mondiale. Emprisonné dans le ghetto de Varsovie, le pianiste parvient à s’enfuir et survivre dans la ville en ruine. Un film bouleversant, palme d’or amplement méritée. Polanski y a mis toute son âme, car à travers l’histoire du pianiste il raconte aussi la sienne, puisqu'il a également réussi à s’échapper d’un ghetto. Le cinéaste raconte d’ailleurs sa terrible expérience dans un documentaire à ne pas manquer : Le roman de Polanski, a film memoir, de Laurent Bouzereau. 

hero.jpgAmbiance plus légère sur Numéro 23, avec Hero de Zhang Yimou. Il ya 2000 ans, la Chine est divisée en 7 royaumes. Le roi des Qin veut les unifier, mais trois dangereux guerriers veulent l’en empêcher. Un homme prétend avoir réussi à tuer les trois indésirables. Il raconte comment au roi… Un récit foisonnant, plein d’imprévus. Un film d’arts martiaux avec Jet Li, mais que l’on peut comparer à Tigre et dragon pour ses combats éblouissants et ses images poétiques. 

oss 117 caire.jpgAutre combat pour la survie, le dernier volet de Harry Potter sur TF1. 
Sur France4, Will Smith n’affronte pas les méchants sorciers mais des robots rebelles dans I Robot d’Alex Proyas.
Oss 117, le minable agent secret, combat les espions dans le délirant premier épisode du Caire, sur w9.
Autre comédie parodique, Le chat Potté sur France2.

Demain, suite des films de la semaine.
Et vous, qu'allez vous regarder ?

 

17/10/2014

Samba, entrez dans la danse

samba rahim.jpgSamba (Omar Sy) est un Sénégalais installé depuis 10 ans en France. Il travaille dans un restaurant. Il est menacé d’expulsion car sans papiers. Alice (Charlotte Gainsbourg), cadre supérieure, a fait un burn out et quitté son travail. Elle devient bénévole dans une association et tente d’aider Samba. Selon les conseils de sa collègue (Izïa Higelin) elle devrait « garder ses distances, parce qu’après ça peut vraiment faire mal s’ils sont renvoyés ». Pourtant, Alice ne peut s’empêcher d’être attirée par Samba, cet homme qui lui ressemble si peu, fort, confiant et doux malgré son histoire… (voir bande annonce en lien).

Avec Samba, les réalisateurs d’Intouchables nous livrent comme à leur habitude un film touchant et positif, plein de bons sentiments. Ils traitent encore de l’alliance des contraires (dans Intouchables : l’homme riche cultivé et le pauvre de banlieue inculte ; Tellement proches ou Nos jours heureux : des titres ironiques pour une famille ou colonie de vacances aux membres très dissemblables, etc.)

Les metteurs en scène développent encore des thèmes sociaux et d’actualité. Ils utilisent les ressorts de la comédie pour traiter de sujets graves ou sensibles. Après les handicapés dans Intouchables, ici les sans-papiers et le stress au travail.

samba gainsbourg.jpgL’humour populaire, qui rassemble, est le meilleur moyen de faire passer un message (de tolérance) en douceur. Peut-être trop justement : les problèmes que le film dénoncent sont parfois survolés.
Par exemple, Alice tente de se remettre de son burn-out en devenant bénévole pour une association d’aide aux sans-papiers. Elle est censée se reposer et rester au calme, je ne vois pas trop comment écouter les récits dramatiques de réfugiés peut l’aider… Ou bien ils lui permettent de relativiser ses problèmes de Parisienne privilégiée. Mais alors pourquoi retourne-t-elle dans son boulot ? Pourquoi ne s’engage-t-elle pas totalement dans cette cause humanitaire, plus juste et plus utile que son ancien travail ? C’est comme si le problème venait d’elle, et pas de son emploi stressant. Les réalisateurs parlent d’un problème de société actuel, le burn-out, mais ne remettent pas en cause le monde du travail tel qu’il est actuellement.

Pourtant selon Eric Tolédano, le film traite « un seul et même thème : le rapport au travail, du plus bas au plus haut de l’échelle. D’un côté, Samba, un travailleur clandestin qui a quitté son pays et cherche à régulariser sa situation pour honorer la promesse d’emploi qu’il a décrochée ; de l’autre, Alice, cadre supérieure qui a tout pour être heureuse, mais souffre de surmenage qui a débouché sur un pétage de plomb. Ils considèrent tous les deux le travail comme la valeur suprême mais, en se rencontrant, ils vont découvrir de nouveaux horizons, et tenter de se frayer un autre chemin vers le bonheur que celui imposé par le monde du travail et la réussite sociale. Le travail est-il le sens ultime de l’existence ? L’idée de poser la question ouvertement nous emballait beaucoup. »

samba affiche.jpgLe film est avant tout une comédie, il ne veut pas être pesant. Il souhaite sans doute ne pas porter de jugement ni créer de polémique. C’est tout à son honneur. C’est au spectateur de se poser les questions et réfléchir à ce qu’il a vu.
Eric Tolédano l’explique : « nous avons mis des visages sur des statistiques. Aborder le côté politique du sujet, ce n’est pas notre rôle, pas plus que de faire passer un message. (ah ?) En revanche, le cinéma permet au spectateur de découvrir, par des personnages et leur quotidien, un monde que souvent il ne connaît pas autrement que par le débat public et les médias. Et à partir de là, cela peut lui donner matière à réfléchir différemment.»
Il ajoute : « Lorsqu’une scène est chargée dans sa dramaturgie, nous n’hésitons pas à tenter d’y glisser de l’humour derrière : C’est l’arme la plus efficace. Encore une fois, nous n’avons pas vocation à passer un message. (re-ah ?)

Malgré ses déboires, Samba reste digne, volontaire, optimiste, il ne se laisse pas abattre. Une magnifique leçon de vie. Le film est porté par son interprète principal, Omar Sy,classé parmi les personnalités préférées des Français. Sans cet acteur charismatique et solaire, Samba serait beaucoup plus bancal. Quant à Charlotte Gainsbourg, elle est toujours parfaite, dans son éternel rôle de petite fleur délicate et sensible. Tahar Rahim est étonnant dans un rôle comique inhabituel, qui pourtant correspond mieux à sa nature.

Les personnages peuvent paraître assez lisses et candides. Pourtant le héros effectue un geste regrettable qui aura des conséquences désastreuses (mais pas pour lui ! au contraire, elles lui sont très favorables…) Seul le personnage d’Izia Higelin est cynique au début, pour mieux se jeter dans le sentimentalisme ensuite… On peut juger le film un peu niais, idéaliste.

Samba joue plus sur les émotions qu’Intouchables et les autres films des réalisateurs. Notamment en développant (un peu trop longuement) une histoire d’amour entre les deux personnages principaux. Par son sujet grave, traité avec plus de sérieux et de sensiblerie, Samba est moins drôle que les précédents films des cinéastes (et les gags tombent parfois à plat).

Chansonnite aigue oblige, j’ai Samba Mambo de France Gall dans la tête. Le film n’utilise pas cette chanson, mais d’autres qui promettent de plaire au plus grand nombre : du Bob Marley, du Steevie Wonder…  Puis des musiques qui fleurent bon le Brésil, comme Take it easy my brother Charlie, en hommage au titre et parce que le personnage de Tahar Rahim vient de ce pays. La b.o soignée choisit aussi les mélodies au piano émouvantes de Ludovico Einaudi ou la chanson romantique de Tom Odell, Another love.

 Je laisse le mot de la fin à Omar Sy :
« Je fais des films pour divertir. Mais si je donne l’occasion aux gens de découvrir deux ou trois réalités de la vie, j’en suis fier. Je crois en l’espoir, au côté positif de l’existence, j’essaie de faire partager cette foi le plus largement possible parce que je trouve que cela manque dans notre environnement. Tant pis si je parais neuneu ou un peu fleur bleue. »

 

13/10/2014

Le labyrinthe, courez dedans !

labyrinthe.jpgUn jeune homme se réveille dans une cage d’ascenseur. Il atterrit dans une vaste plaine, des adolescents le sortent de son piège. Qui sont-ils ? Que font-ils là ? Comme lui, chaque mois depuis trois ans, un nouveau arrive dans cet endroit étrange, ayant tout oublié de son passé. Le lieu est entouré de murs gigantesques, infranchissables. Une faille s’ouvre chaque jour au milieu, sur un labyrinthe, et se referme à la tombée de la nuit. Une sortie est donc possible, mais ceux qui s’y risquent se perdent ou ne courent pas assez vite pour ressortir…  Vaut-il mieux se résigner à son sort et rester sur place, ou prendre le risque de rentrer dans le monde inconnu du labyrinthe ? (voir bande annonce en lien)

J’ai vu le film sans rien connaître de l’histoire et j’ai été agréablement surprise par l’originalité du scénario. J’ai vraiment adoré ce principe : enfermer des ados malgré eux, le spectateur observe comment ils se débrouillent. Le principe peut s’apparenter à une étude sociologique sur la vie en communauté : des clans, une hiérarchie se créent automatiquement. Un chef dirige, un groupe forme l’élite : les battants admirés et courageux (les coureurs qui explorent le labyrinthe). Chacun travaille en fonction de ses capacités et est intégré à un groupe bien précis.  L’union fait la force, mais chacun reste à sa place… Cette épreuve d’enfermement permet aux adolescents de découvrir en eux un potentiel insoupçonné, ou au contraire les laisse s’effondrer : seuls les plus forts survivent...

labyrintheL’idée de cette brèche dans le mur qui s’ouvre sur un labyrinthe dangereux et mystérieux m’a également beaucoup plu. Elle m’a rappelé les contes pour enfants et leur symbolique, métaphore du monde réel : la plaine entourée de hauts murs où vivent les adolescents est comme le cocon rassurant de l’enfance : rien ne leur arrive tant qu’ils ne sortent pas de cette enceinte. Mais pour devenir adulte, il faut partir dans l’inconnu, affronter le monde réel et ses difficultés : oser rentrer dans le labyrinthe.

J’ai cogité tout le long pour essayer de comprendre ce que les ados faisaient là et ce qui allaient leur arriver. Mais rassurez-vous, on est d’abord dans un film de divertissement et d’action, pas un documentaire anthropologique… j’ai quand même deviné quelques rebondissements. J’ai trouvé que les dialogues n’étaient pas toujours à la hauteur, un peu plats, et se traînant en longueur (faut-il rentrer dans le labyrinthe ou pas ? suivre le rebelle aventurier ou le conformiste attaché à sa sécurité ?) C’est sans doute parce que j’attendais le dénouement avec impatience : «  il y a quoi là-derrière, on veut savoir ! » La  tension était palpable dans la salle pendant les scènes d’action, mais mémé ne comprenait pas toujours ce qui se passait, car les plans étaient trop nombreux et rapides, et souvent sombres, filmés de nuit.

labyrintheCertains reprocheront peut-être les caractères stéréotypés ou trop lisses, mais c’est un aspect volontaire qui ne m’a pas du tout dérangée.,Je trouve que l’héroïne interprétée par Kaya Rose Scoledario ressemble à Kristen Stewart, la star de Twilight. Cette dernière étant sans doute trop chère, ils ont dû penser « prenons son sosie à la place ! En plus, elle a un petit air d’Eva Green, deux pour le prix d’une, ça pourra pas faire de mal ! »

Les personnages sont tous adolescents, pourtant vous pouvez voir le film sans problème si vous avez dépassé la vingtaine. Bon, je ne suis certainement pas une référence en matière de maturité… Si vous avez aimé Hunger games ou encore mieux l’excellent Battle royale, où des jeunes luttent aussi pour leur survie, vous apprécierez certainement Labyrinthe de Wes Ball.