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24/03/2017

Les films vus en 2016, fin : les rencontres avec les acteurs

toutr controle.jpg- La tour 2 contrôle infernale de Eric Judor

J’admets que je me souviens mieux de la rencontre avec Eric et Ramzy que du film en lui-même. Les deux comiques ont fait leur show, en enchaînant les vannes, en se taquinant  : « va regarder le site « pas de répartie.com ! » qui est devenu une de mes répliques depuis. Toujours rebelles, ils bondissaient dans la salle, s’asseyaient à côté de nous et interpellaient les spectateurs qui voulaient rester discrets… Ils se sont pliés de bon cœur à une séance photo. J'ai de super clichés des acteurs qui m'entourent les épaules. Eric faisant des grimaces et me vannant : « alors t’es libre ce soir ? », Ramzy qui me caresse le dos de haut en bas « mmh mais oui » et moi toute rouge entre eux « mais qu’est-ce qu’ils font ? » Des deux compères, je regardais lorsque j'étais ado la série H, et plus récemment, j'ai adoré Platane de Eric, surtout la première saison.

- Un homme à la hauteur de Laurent Tirard

Une comédie avec de bons acteurs, mais un scénario pas à la hauteur justement, qui ne tient pas sur la longueur. A la fin de la séance, Jean Dujardin et Virginie Efira sont venus échanger sur le film. On pouvait faire des photos à la sortie, mais devant un décor de ciel vide, quel intérêt ? Ce n’est que le lendemain qu’on a appris qu’en fait les acteurs se laissaient photographier avec les spectateurs, on était juste partis trop tôt…

- Arrête ton cinéma ! livre de Sylvie Testud et film de Diane Kurys

arrete cinéma.jpgL’actrice voulait réaliser son premier film, mais s’est heurtée à deux productrices foldingues (ici représentées par les excellentes Balasko et Zabou). Le film livre une instructive et drolatique plongée dans l’envers du décor du cinéma. On regrette cependant la fin peu crédible et quelques scènes trop poussées. Décrire la réalité suffisait, car elle dépasse la fiction. Sylvie Testud et Diane Kurys (Diabolo menthe) nous ont parlé de leur expérience dans un lieu étonnant : une salle de projection dans le superbe palace Le royal monceau. La grande classe !

- Pattaya de Franck Gastambide

Deux amis un peu limités veulent partir en Thaïlande pour trouver des filles faciles. Pour payer le voyage, ils inscrivent à son insu un type de leur quartier au championnat de boxe des nains… Le premier quart d’heure qui résume la relation amoureuse puis la rupture du héros est excellent, très drôle et pertinent. Ensuite, l’humour est parfois trop absurde et surtout trop scato, dommage. Franck Gastambide est venu nous voir à la fin : le mec est bien plus subtil que son film !
 
- Dans les forêts de Sibérie de Safy Nebbou
Voir mes articles et mon mariage ma rencontre avec Raphaël Personnaz  en lien.

- Cigarettes et chocolat chaud de Sophie Reine

Pour une fois, je n'ai pas l'air d'une alcoolo sur ma photo avec Camille Cottin lors du cocktail de présentation du film. Mais du coup je n'étais pas assez soûle pour oser aborder Gustave Kervern et lui demander à lui aussi une photo souvenir... 


 

19/03/2017

Star Wars, épisode 172

stars wars reveil.jpg- Star wars, le réveil de la force de JJ Abrams

Ne me demandez pas le combientième c’est, quand l'histoire se déroule… Je mélange toutes les époques. J’ai cru qu’il était la suite du dernier sorti en salles (le 28 e ?) Quand ils partent à la poursuite de Luke Skywalker, j’ai cru qu’ils le cherchaient… bébé. C’est seulement après 45 minutes, quand Harrison Ford, 73 ans, apparaît tout ridé tout flapi, que j’ai pensé « mais qu’est-ce qu’il fout là ? Mais alors Luke est vieux aussi ! Mais ça se passe quand ? »

Han Solo reste mon chouchou : j’étais invitée à l’expo star wars, où on pouvait définir selon sa personnalité quel personnage nous ressemble : toutes les filles étaient princesse Leia, mais moi j’étais solitaire, battante et blagueuse comme le contrebandier. Harrison Ford a pris cher (la seule scène où il court : papi frôle la crise cardiaque). Le pire est quand même pour Carrie Fisher, devenue une baleine et... morte à noël. Quand leur fils enlève son casque et révèle sa gueule de mérou, la salle entière a éclaté de rire. Quant au scénario, il ressemble beaucoup, surtout le début trop long et prévisible, à celui de l’épisode … Euh, je ne sais plus lequel.

J’ai bossé sur une convention Star Wars et j’étais ravie de l’ambiance bon enfant, avec des pères de 45 ans qui étaient plus excités que leurs gamins et voulaient me racheter mon badge star wars comme si c’était un talisman. J’ai récupéré plein de goodies et je les ai donnés au gosse que je gardais à l’époque. Je suis sûre que j’aurais pu les revendre et m’acheter un duplex à Paris avec. Mais j’ai conservé un T shirt « convention star wars, j’y étais ! »

- Star Wars rogue one de Gareth Edwards

star wars les papis.jpgJ'étais déjà perdue avec le précédent... J'avais enfin compris où on en était, je vais voir celui-ci, mais ce n'était pas la suite de celui que je venais de voir ! M'enfin mais arrêtez de nous embrouiller ! La salle était pleine, mais on était que 3 filles, sans doute traînée de force par leurs petits copains "si tu viens pas, je te quitte". Ôtez-moi un doute : si ce film s'appelle "one" c'est parce qu'on va encore en avoir un autre après ? Mais ils s'arrêteront jamais ? C'est bien joli, les paysages incroyables, les bébêtes étranges, les grosses machines et les sabres lasers... La magie fonctionne toujours. Mais le scénario... Toujours les mêmes ficelles, le film met plus de temps à décoller que le faucon Millenium de Han Solo. On a l'impression qu'à l'avenir, pour le Star wars 219, Disney va se dire :

"Les gars, ça fonctionne toujours autant, ils achètent toujours des places et des figurines, on engrange un max de thunes, faut continuer !
- Mais là on a plus d'idées ! Qu’est ce qu'on pourrait faire ?
- Un préquel du sequel du reboot de la suite du remake !
- Attend je comprend pas, tu parles du stars wars 17 ou du 26 ?
- Non, on pourrait reprendre 2 minutes du 8ème film, tu sais à la scène 328, Harrison Ford revient à la base. Carrie Fisher lui demande si tout s'est bien passé mon canard à la praline, et il répond qu'il a dû buter 2/3 stormtroopers pendant le trajet. Eh ben j'ai une super idée : on pourrait faire un film sur ce trajet qu'on a pas vu !
- Tu crois que le public va marcher ?"

Eh oui...

 Suite des films demain

 

17/03/2017

Les films de 2016 : Carol, Ave César, Dr Strange

carol.jpg- Carol de Todd Haynes

Dans le New York des années 50, une jeune employée ingénue et modeste rencontre une femme mondaine plus âgée qu'elle et en instance de divorce. Elle est impressionnée par son charisme, l'autre apprécie sa fraîcheur et sa naïveté de fille qui n'a rien vécu. Contre toute attente, elles se lient d'amitié, et plus encore… Mais cela reste impensable à cette époque : quoi, une femme qui veut s'imposer, divorcer, et en plus en aimer une autre ?
Élégant est le mot qui caractérise ce film : les belles robes, les tenues guindées, les permanentes impeccables, pas un mot plus haut que l'autre… Mais c'est aussi son défaut : un peu académique, il manque de chaleur et de passion. Une histoire d'amour impossible et un mélo dans la lignée de Loin du paradis, du même réalisateur.

- Ave César ! des frères Coen

ave cesar.jpgPendant l'âge d'or de Hollywood, la journée chargée d'un employé de studio : il s'occupe d'une starlette dont il doit cacher la grossesse pour qu'elle continue à plaire à ses fans, d'un jeune premier du western qui veut s'imposer dans la comédie romantique, et de la star d'un péplum qui se fait enlever par des communistes en plein Maccarthysme !
Les frères Coen et l'envers du décor de Hollywood : tout pour me plaire. Pourtant, petite déception avec ce film trop fourre-tout, qui se contente d'être une succession de sketchs et de stars (Clooney, Scarlett Johansson...) Ave César n’atteint pas la profondeur de A serious man ou The barber, ni l’humour déjanté de Big Lebowski ou Burn after reading

- Docteur Strange de Scott Derickson

Un brillant chirurgien mégalo ne peut plus opérer suite à un accident. Pour retrouver ses capacités, il rejoint une obscure secte au fin fond du Népal. Mais celle-ci lui apprend que son rôle n'est pas de briller dans les revues médicales et les soirées mondaines, mais de sauver le monde, en toute simplicité.
Un film qui lorgne du côté d'Inception (les immeubles qui se tordent) pseudo mystique, beaucoup trop alambiqué et trop long. Je préfère Benedict Cumberbatch en Sherlock Holmes, avec une pipe et un chapeau plutôt qu'une cape rouge, car là il est beaucoup trop strange !

Suite des films demain avec les Star Wars

 

15/03/2017

Les films de 2016 : Money Monster, Les saisons, Midnight special...

saisons perrin.jpg- Les saisons de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud

J’aime beaucoup les films de Jacques Perrin, surtout Le peuple migrateur, gros choc. (voir chanson de Nick Cave♥  "To be by your side" en lien). Cette fois petite déception, on sent qu’il a du mal à trouver un nouveau thème : après les insectes dans Microcosmos, les oiseaux, puis les poissons dans Océans, ici, les animaux de la forêt au fil des saisons. Sauf que ces dernières ne se suivent pas : depuis quand l’hiver est juste après l’été pour revenir ensuite ? Le film explique l'impact de l'homme sur la nature au cours des derniers millénaires. Les animaux doivent se déplacer lorsqu'on modifie leur habitat (destruction des forêts pour créer des navires de guerre, ou à notre époque, les pesticides). Mais je trouve que l’apparition des humains, avec les reconstitutions, est assez malvenue et kitsch. On ne se sent plus dans un documentaire lorsqu’on voit un faux Neandertal attaquer un loup…
A l’issue de la projection presse, les réalisateurs sont venus nous parler du tournage, et c’était fascinant. Comme il est très difficile d’approcher des lynx par exemple, ils ont filmé des animaux dès leur naissance, pour les habituer à l’homme. Ils ont recrée des situations : ainsi, lorsque je détournais mon regard de l’écran quand le hibou grand duc attaque le hérisson (« oh non ! Pas kissifrott ! ») l’oiseau n’attrapait en fait qu’un leurre : « vous vous doutez bien qu’on n'allait pas sacrifier un animal que l’on connaît depuis sa naissance et qui nous prend pour ses parents ». Ceci est très rassurant : j’adore les documentaires animaliers, mais je ne supporte pas de voir les petites bêtes souffrir. Mais ça peut aussi poser un problème : tout est réaliste, mais pas vrai… A voir cependant, des images d’une grande beauté (voir bande annonce en lien). Avec toujours la musique ensorcelante de Bruno Coulais.

- Money monster de Jodie Foster

money monster.jpgLe présentateur d’une émission financière (George Clooney) est pris en otage en direct par un spectateur qui a suivi ses conseils et perdu ses économies. En cette époque de crise financière, des subprimes qui ont ruiné de modestes Américains pour en enrichir d’autres, un film parfaitement dans l’air du temps, qui dénonce les dérives de l’ultra capitalisme, de la spéculation boursière, l’impunité des grands patrons.
Money monster traite aussi de la puissance des médias (le direct à la télé donne toute l’importance à l’acte). Il montre l'invasion des nouvelles technologies et des réseaux sociaux (le présentateur lance un appel aux téléspectateurs : si chacun achète une action depuis son smartphone, le cours va rebondir et le preneur d’otages retrouvera son argent). Le film traite aussi de terrorisme, puisque le preneur d'otages porte une bombe… Une parfaite satire de notre époque désenchantée. Sur le thème de la crise des subprimes, je vous conseille aussi 99 homes, le documentaire Inside Job et le film un peu complexe Le casse du siècle.

- Midnight special de Jeff Nichols

midnight special.jpgDu même réalisateur, j'ai beaucoup aimé Mud et Take shelter. On retrouve ici l'atmosphère étrange et apocalyptique de ce dernier film, et le même acteur ambigu, Michael Shannon (déjà parfait dans Bug). Le film mêle S.f (un enfant aux pouvoirs extraordinaires, enlevé par une secte qui exploite son don) et drame intimiste (les parents récupèrent leur fils de force : doivent-ils le cloîtrer pour le protéger, ou le laisser partir loin d'eux et vivre son destin?) Le film est aussi un road movie plein de suspense (ils sont poursuivis par les fanatiques religieux et par la police). Midnight special m'évoque E.T et Rencontre du 3ème type de Spielberg, mais aussi Un monde parfait de Clint Eastwood (l'enfant élevé par une mère témoin de Jéhovah, puis enlevé par Kevin Costner et traqué par les flics). Midnight special est donc inclassable, à la fois profond et naïf. Un curieux film.

- Tony Erdmann de Maren Ade
Voir ma critique en lien

- Cigarettes et chocolat chaud de Sophie Reine
Voir ma critique en lien

Suite des films demain


 

12/03/2017

Les films de 2016 : Zootopie, The revenant, Deadpool...

zootopie.jpgZootopie par Byron Howard et Rich Moore
Dans la ville de Zootopie, les animaux cohabitent, mais dans des castes. Jusqu’à ce qu’une petite lapine frêle et naïve devienne, comme elle le souhaitait, policière malgré sa taille. Elle se heurte aux moqueries des espèces imposantes. Elle se lie à un malicieux renard pour résoudre une épineuse affaire…
Réalisons nos rêves, ne nous limitons pas aux apparences et à ce qu’on attend de nous : un renard est forcément fourbe, un mouton docile et faible… Un film plus complexe qu'il n'en a l'air, je ne m’attendais pas au rebondissement final.

- Le garçon et la bête de Mamoru Hosoda
Devenu orphelin de mère, un jeune garçon fugue et se perd dans le monde des animaux. Pour devenir le seigneur de ce royaume, il faut former un disciple. L'une des bêtes choisit le jeune humain, aussi têtu et impulsif que lui… Un film profond, sur la filiation, l'apprentissage, la maîtrise de soi, le passage à l’âge adulte. Par le réalisateur du magnifique Les enfants loups.

- The revenant de Alejandro Gonzalez Inarritu
revenant di caprio rrrahhh.jpgDi Caprio a enfin obtenu son Oscar ! Il le méritait bien car il a donné de sa personne : et que je me bats avec un ours, et que je rampe sur 300 km dans la neige par moins 40, et que je tombe dans l’eau glacée, et que j’évide un cerf pour me réchauffer à l’intérieur (je fais ça couramment) et que je bute les méchants à coups de machette… Par contre il ne méritait pas l’oscar des meilleurs dialogues, ou alors des meilleurs râles : « rraahhhh j’ai mal » « rrrrah non ! mon fils ! » « rrrah salaud j’aurai ta peau ! »

- Deadpool de Tim Miller
deadpool.jpgLes répliques délirantes fusent dans ce film de super héros, enfin plutôt de anti héros. De la parodie et des références pour geeks « de grands pouvoirs impliquent de grandes irresponsabilités ! » Des situations burlesques (j’adore quand il dessine comme un gamin de 5 ans). Un film parfois trash mais aussi fleur bleue, car le héros est amoureux !

- Les animaux fantastiques de David Yates
New York dans les années 20. Un jeune sorcier répertorie et protège les animaux fantastiques, dont certaines espèces sont menacées. Mais catastrophe : des spécimens s'échappent dans la ville et les non magiciens risquent de voir le monde des sorciers se mêler au leur…
Le film est teinté d'écologie et offre une parabole sur la tolérance (sauvons les z'animaux! Même les moches : c'est pas parce qu’ils ont de grandes dents et qu'ils bavent partout qu'ils sont méchants ! C'est juste parce qu'on les connaît pas qu'on les croit dangereux ! Comme pour les sorciers et les moldus !) Le film reprend avec bonheur l'univers de Harry Potter, tout en s'en affranchissant. Il est plein d'inventivité, d'action, d'humour. La scène du bestiaire est splendide : vraiment magique !

- Comme des bêtes de Chris Renaud
Que font nos animaux domestiques quand on a le dos tourné ? L'idée de départ est excellente et donne des scènes et gags hilarants (voir bande annonce en lien). Mais l'histoire reste convenue, longue, manque de souffle et d'émotion. Un film davantage destiné aux enfants qu'à leurs parents, même si on passe un bon moment.

Suite des films demain
 

09/03/2017

Bilan je suis culturée 2016 (je sais, on est en mars)

cinéma,séries,concerts,expo,sorties à paris,livres,littératureJ'ai une réputation à tenir : je suis toujours à la pointe de l'actualité. Vous pouvez vérifier ici ou : chaque année, je fais mes bilans culturels à cette période. L'année dernière, je n'ai même pas pris la peine de l'écrire... En un an entier, j'ai presque vu ce que je voyais en un mois seulement les années précédentes. En 2014, j'ai été voir 79 films au cinéma, et en 2016, 24... Ce n'était pas simplement une année d'hibernation, c'est aussi parce que j'ai arrêté de noter mes sorties depuis plus de 6 mois. Et comme mémé Alzheimer ne se rappelle plus de ce qu'elle a vu comme film la veille, j'ai dû oublier la moitié de mes sorties 2016... Voici ce dont je me souviens : 

24 Films au cinéma :

Coups de cœur :
- Merci patron ! de François Ruffin. César du meilleur film documentaire 2016
- Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent. César du meilleur film documentaire 2015

A voir :
cinéma,séries,concerts,expo,sorties à paris,livres,littérature- Zootopie par Byron Howard et Rich Moore
- Le garçon et la bête de Mamoru Hosoda
- Les animaux fantastiques de David Yates
- The revenant de Alejandro Gonzalez Inarritu
- Midnight special de Jeff Nichols
- Deadpool de Tim Miller
- Comme des bêtes de Chris Renaud et Yarrow Cheney

- Les saisons de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud
- Money Monster de Jodie Foster
- Tony Erdmann de Maren Ade
- Cigarettes et chocolat chaud de Sophie Reine
- Star Wars le réveil de la force de JJ Abrams 
- Star Wars, Rogue one de Gareth Edwards

Pourquoi pas :
- Carol de Todd Haynes
- Ave César ! des frères Coen
- Docteur Strange de Scott Derrickson
- Un homme à la hauteur de Laurent Tirard
- Arrête ton cinéma ! livre de Sylvie Testud et film de Diane Kurys

cinéma,séries,concerts,expo,sorties à paris,livres,littérature- La tour 2 contrôle infernale de Eric Judor
- Pattaya de Franck Gastambide
- Dans les forêts de Sibérie de Safy Nebbou
- Anomalisa de Charlie Kaufman et Duke Johnson
Prochain film prévu : Split de M. Night Shyamalan

11 concerts :

Coups de cœur :
- Michel Polnareff à Bercy (tournée interrompue... pour l'instant ?)
- Roger Hodgson (Supertramp) à l'Olympia. En tournée et le 27 mai au Grand Rex
- Alain Souchon et Laurent Voulzy au Zénith de Paris
- Louise Attaque au Zénith de Paris
- Renaud au Zénith de Paris, toujours en tournée
- Tri Yann à l'Alhambra, toujours en tournée

- Ciné concert Le seigneur des anneaux, Palais des congrès
- William Sheller aux Folies Bergères
- Little Barrie à La flèche d'or
- Massive attack au Zénith de Paris
- Axelle Red, L'été frappé de Mâcon
Prochain concert prévu : Idan Raichel

9 spectacles et one men show :

Coups de Cœur :
cinéma,séries,concerts,expo,sorties à paris,livres,littérature- Les Franglaises, en tournée, retour à Paris en septembre
- Les Coquettes Le grand point virgule 
- Kyan Khojandi (Bref), Pulsions, à L'européen

A voir
- La dame blanche, théâtre du Palais royal, jusqu'au 30 avril
- La peur d'après Stefan Zweig, théâtre Michel, jusqu'au 30 avril

Pourquoi pas
- Kheiron, 60 minutes avec Kheiron, Le République
- Vincent Dedienne, S'il se passe quelque chose..., L'atelier
- Ariane Brodier, Mytho, Les feux de la rampe
- Olivier Guedj, J'ai deux fois 20 ans, un chirurgien dentiste fait son show

Prochain spectacle prévu : Camille Chamoux, l'esprit de contradiction


20/12/2016

Cigarettes et chocolat chaud

CIGARETTES-ET-CHOCOLAT-320x454.jpgDenis Patar (Gustave Kervern) est un père atypique et débordé. Il se débat entre deux boulots, l'un dans une animalerie, l'autre dans un sex-shop la nuit. Depuis la mort de sa femme, il oublie son chagrin en travaillant énormément, mais il délaisse aussi ses deux filles, Janine, 13 ans, et Mercredi, 11 ans, qui s'élèvent seules. Comme il a encore oublié d'aller chercher la cadette à la sortie de l'école, un signalement est fait et une enquêtrice sociale (Camille Cottin, Connasse princesse des coeurs) passe à la loupe le quotidien de la famille. Pour garder ses filles et montrer qu'il est un bon père, Denis doit suivre un stage de parentalité et rentrer dans le rang... Voir bande annonce en lien.

 Vu le sujet, le film pourrait sombrer dans le mélo, mais il est en fait une comédie tendre et délurée dans le style de Little Miss Sunshine, avec une famille aussi farfelue. Les couleurs acidulées et l'univers fantasque et enfantin fait aussi penser à Wes Anderson, particulièrement Moonrise Kingdom où deux enfants tentent de se débrouiller seuls sur une île. Par la mélancolie des souvenirs égrenés, Cigarettes et chocolat chaud rappelle aussi Le premier jour du reste de ta vie. Et justement, la réalisatrice, Sophie Reine, dont c'est le premier film, est la monteuse du film de Rémi Bezançon.

cigarettes appart.jpgLe film est touchant car il est en partie autobiographique, comme la réalisatrice nous l'explique :
« Mon père s’est retrouvé seul à nous élever avec mon frère et ma sœur, j’ai eu envie de décrire cette vie là : un papa débordé qui cherche à protéger à tout prix ses enfants d’un monde « où les mamans et les cochons d’inde meurent sans prévenir ». J'ai un mal fou à situer la norme, peut-être parce que j’ai grandi dans un appartement à Paris avec un singe et une chèvre comme animaux de compagnie ! Chez les Patar, comme chez les Reine, on porte des chaussettes dépareillées, on va au boulot avec des fringues multicolores parce que les tutus fuchsia des unes ont déteint sur les pantalons crème des autres, on mange des chips au petit-déj... Bien loin des 5 fruits et légumes par jour et du régime sans gluten ! »

Pour sauvegarder l'innocence de ses filles et ne pas leur rappeler le décès de leur mère, le père s'évertue à cacher la mort de leur cochon d'inde, en n'hésitant pas à en teindre un nouveau pour qu'il est la même couleur que l'animal décédé. L'inverse de Jeux interdits en quelque sorte où des enfants donnent des sépultures aux animaux morts, comme pour remplacer le sort des humains tués par la guerre et qui n'ont pas de tombes.

Ces idées originales m'ont beaucoup fait rire. Comme la petite dont la tête est constamment couverte de poux, et qui les revend à ses camarades pour qu'ils puissent sécher l'école.
J'ai aussi adoré les idées poétiques, comme les fillettes qui élèvent des lucioles pour remplacer l'électricité. Mais les lucioles meurent très vite : encore une référence, cette fois à l'excellent film Le tombeau des lucioles où deux orphelins tentent de survivre pendant la guerre.

cigarettes acteurs.jpgJ'ai adoré Camille Cottin, toujours parfaite, aussi tête à claques que dans Connasse (voir mon article en lien). Son stage de récupération de points est délirant, et pourtant réel. On apprend à des parents très différents, débordés, trop laxistes ou autoritaires, à éduquer leurs enfants, en rejouant des scènes et appliquant à la lettre des principes qui ne peuvent pourtant pas être indiqués systématiquement. Ce qui donnent des scènes excellentes et très moqueuses, qui sonnent volontairement faux : l'enfant hurle, se roule par terre en cassant des objets. Je reste calme : « je me mets à la hauteur de l'enfant et je lui explique que je comprends son ressenti, qu'il a voulu exprimer sa colère, mais que mon sentiment est... »

Cependant les scènes moqueuses, les idées farfelues et poétiques font parfois place à des moments plus conventionnels et guimauves qui m'ont fait tiquer. Comme lorsque les deux filles jouent au bowling en éclatant de rire avec l’assistante sociale, ce qui fait penser à une pub pour bonbons ou jouets pour enfants « youpi, on est la famille idéale, on se marre trop ! » Ou bien lorsque le père et ses filles font une danse de la joie dans la rue. J'ai pensé : « M'enfin Gustave, toi l'auteur de Groland, de films trashs et subversifs comme Mammuth, Louise Michel ou Le grand soir (voir mon article), que viens-tu faire là-dedans ? » L'acteur nous l'explique lors d'une rencontre après la projection du film:
« Le genre de la comédie familiale est à l'opposé de mon style, et j'ai eu beaucoup de mal à faire la scène de la danse : je suis un punk rebelle moi ! »

C'est pourquoi j'ai trouvé que parfois Kervern n'était pas vraiment dans son rôle. Même si son allure de nounours planant sied parfaitement à son image de père à la ramasse, l'aspect plus gnangnan que le film prend parfois ne lui convient pas du tout. En revanche Camille Cottin est toujours excellente dans le rôle de l'emmerdeuse pète-sec. J'ai aussi trouvé que rajouter une maladie à l'une des filles était superflu et à la limite de verser dans le pathos.

Le titre du film m'a aussi chagrinée. Il est en fait tiré d'une chanson de Rufus Wainwright, Cigarettes and chocolate milk. Les personnages sont aussi fans de David Bowie, cité malicieusement par des clins d’œil (le cochon d'inde s'appelle Ziggy par exemple)
Cigarettes et chocolat chaud
Ce ne sont que quelques unes de mes dépendances
Tout ce que j'aime semble un peu plus fort
Un peu plus abondant, un peu plus nocif pour moi

Si vous avez aimé Little Miss sunshine comme beaucoup, que vous aimez l'univers extravagant de Wes Anderson, la nostalgie enfantine de Rémi Bezançon, courrez voir ce film, vous allez l'adorer !

 

 

02/10/2016

Toni Erdmann

cinémaL’affiche du film promettait « La comédie de l’été ! » Un collègue me l’a conseillé « il est génial, toute la salle était pliée. Je l’ai vu deux fois » (il dure 2h45 !) J’y vais donc dans l’intention de m’en payer une bonne tranche. Je n’ai pas fait l’école du rire, mais… en quoi ce film est-il une comédie ? Je le trouve au contraire très triste (attention spoiler):

Inès exerce le métier de « consultante » : elle aide les multinationales à virer des employés. Un job puant donc (et qu’on ne me dise pas « faut bien vivre ! Ya pas de sot métier ! » Non : elle a le choix). Comme d’énormes sommes d’argent sont en jeu, l'employée subit beaucoup de pression, fait de la lèche et est disponible 24h/24. C’est enfin le week-end, elle est avec son père qu’elle voit rarement à cause de son travail aux 4 coins du monde (dont elle n’a le temps de visiter que les buildings hideux). Elle essaie de se détendre au hammam, mais elle « doit » accompagner la femme de son patron faire les boutiques. Comme beaucoup de personnes qui subissent leurs vies, Inès se venge sur plus faible qu’elle : son masseur, ou sa stagiaire : elle tâche sa chemise de sang ? Elle pique sans vergogne celle de sa subordonnée et lui fait porter la sienne dégueulasse ! La jeune stagiaire, brave toutou, adhère à fond à ces mauvais traitements : « je voulais savoir, est-ce que vous me trouvez assez carpette compétente ? »
Inès humilie également son amant, qui est un collègue. L’homme révèle que leur boss est au courant de leur « relation » : « il m’a dit de ne pas trop te baiser pour que tu ne perdes pas ta gnaque » S’ensuit alors une scène de « non sexe » tue l’amour au possible. Mais où le scénariste est-il allé chercher une idée aussi tordue ?

cinémaLe père d’Inès semble son contraire : il privilégie les liens humains à l’argent, en divertissant les vieux dans une maison de retraite et en donnant des cours de piano à des enfants. A priori il me semble donc bien plus sympathique que sa fille. Sauf que… c’est un gros lourdaud, mais alors un de compète. Il utilise un coussin péteur et se râpe du fromage sur la tête… Dans la première scène, le facteur lui apporte un colis. Il le reçoit déguisé en lui faisant croire qu’il a commandé une poupée gonflable et en lui tenant la jambe trois plombes (je signale qu’en France en tout cas –le film est allemand mais ça doit être pareil chez eux- un facteur a exactement 14 secondes pour délivrer une lettre, le temps pris en plus n’est pas payé : je pense que le pauvre postier à autre chose à faire que de subir des blagues interminables).

A l’image de cette première scène longue et décalée, je ne sais pas trop quoi penser du film : être consternée ? Être amusée par le côté provoc et enfantin ? Mais beaucoup trop lourd, long (2h45 !) et gentillet ?

Le vieux hirsute et bedonnant ne se trouve pas assez laid visiblement, puisqu’il se rajoute de fausses dents pourries répugnantes (qui sont censées faire rire). Sa fille est aussi laide que lui, avec de tout petits yeux enfoncés et un regard inexpressif qui donne envie de lui foutre des claques pour la réveiller.
Le père est divorcé (qui pourrait supporter ses blagues débiles et son dentier dégueulasse pendant 40 ans ?) et le seul être qui le supporte (malgré lui sans doute) est son chien. Quand ce dernier meurt (sûrement une libération pour la brave bête) comme l'homme n’a plus personne à qui parler, il rend une visite surprise à sa fille, qui n’a pas de temps à lui consacrer puisqu’elle ne vit que pour son travail. Il lui pose alors la question : « es-tu heureuse ? »
Évidemment que non, t’as vu sa gueule ? La dernière fois qu’elle a souri, c'était pour ses 5 ans, quand le père noël s’est pété la gueule dans la cheminée : elle a pensé : un job de supprimé !
Pour lui faire prendre conscience que sa fille est gaie comme un croque-mort, le père et ses fausses dents s’incrustent aux soirées VIP et au taf d’Inès, en se faisant passer pour une espèce de coach, Toni Erdmann. Quelques pintades avides d’hommes influents pour booster leur carrière se laissent berner.

cinémaLe vieux décalé qui met le boxon dans les soirées mondaines rappelle Peter Sellers dans « The party » de Blake Edwards, mais en moins drôle et subversif. Car si Peter Sellers fout un bordel monstre, Tony se contente de mettre des fausses dents et d’essayer de se faire passer pour quelqu’un du même monde qu’eux.
Pourtant la scène d’anniversaire m’a fait rire. La fille invite tous ses collègues pour « ressouder l’équipe ». Elle ne sait pas quelle robe mettre, alors au dernier moment elle décide d’accueillir ses invités à poil : seuls ceux qui accepteront de faire pareil auront le droit de rentrer (bien sûr la stagiaire lobotomisée se désape sans rechigner). Cela pour dénoncer le règne de l’apparence qui règne dans ce milieu ultra compétitif. C’est tellement lourd et décalé que ça en est drôle (la fille fait donc mieux que le père).

Inès finit ainsi par comprendre la leçon de son paternel, elle se décoince et se rebelle. Elle se réconcilie avec lui et elle démissionne. Mais décide-t-elle enfin de respecter les autres ? De travailler moins, de prendre le temps de prendre son temps comme Alexandre le bienheureux ? Remet-elle en cause son job et cet univers où l’on apprend à écraser les gens ? Non, elle postule pour un travail identique. C’est vrai que si elle décidait subitement de quitter le tailleur revêche pour le pantalon pattes d’eph et les fleurs dans les cheveux, pour partir élever des chèvres, on aurait trouvé ça gros… mais ça aurait été plus jouissif.

J’ai néanmoins apprécié le film, grâce à sa description minutieuse du monde des consultants, puisque le travail est un sujet qui me passionne (un peu comme celui des serial killers : je suis fascinée par les choses qui me restent incompréhensibles : comment peut-on tuer des gens ? Se tuer au travail ?)
Malgré la lourdeur insupportable de Toni, le film est paradoxalement fin et subtil car il n’explicite pas tout. Les 2h45 me rebutaient, mais elles passent assez vite (je n’ai regardé ma montre que 2 ou 3 fois...)
Ainsi je vous encourage à voir ce film curieux qui provoque la réflexion. Mais qu’on ne me dise pas qu’il est la comédie de l’été !

 

 

20/06/2016

Raphaël Personnaz se marie

Raphaël_Personnaz.jpgAvec moi.
Eh oui, après Ryan Gosling et Pio Marmaï, jamais deux sans trois. Que voulez-vous, je suis un véritable bourreau des cœurs.

Après la projection du film Dans les forêts de Sibérie (voir mon billet en lien), le réalisateur Safy Nebbou, le scénariste David Oelhoffen, le compositeur Ibrahim Maalouf et l’acteur principal Raphaël Personnaz viennent échanger avec nous.
Évidemment comme d’habitude je n’ose pas intervenir, ce qui me posait un tantinet problème lorsque c’était mon métier :
« Tu vas interviewer Gérard Lanvin. - Oh non, il joue toujours les rôles de rustre pas sympa, et si il était pareil en vrai ? Et qu’il me dit « casse toi tu pues et Marche à l’ombre ! » (je confirme qu’il a tiré la tronche pendant toute la conférence de presse) «  Catherine Deneuve, c’est une chance, une star pareille ! - Justement, elle m’intimide trop ! » « Miou-Miou, elle fait plus cool, puis c’était la copine de Dewaere. - Par solidarité avec Patrickou, je ne veux pas lui parler ! Elle avait qu’à pas le quitter pour Julien Clerc ! » Parfois les artistes eux-mêmes m’encouragent, comme Marc Jolivet ou Forrest Whitaker « Et vous mademoiselle, vous n’avez pas posé de questions ? - Non mais ça va, les autres journalistes ont déjà tout dit ! - Vous êtes sûre ? Ne soyez pas timide ! » Ou pire comme Kyan Khojandi qui me parle comme si j’allais faire une syncope en me mettant la main sur l’épaule « ça va, tout va bien ? »
Je suis très à l’aise en société.

raphael foret.jpgDonc ce soir-là, je n’ose pas poser de questions sur le tournage (info principale : ils ont beaucoup picolé de vodka). Je n’ose pas dire au réalisateur Safy Nebbou que j’ai apprécié son film L’autre Dumas. Et je n’ose pas dire à Raphaël Personnaz que je trouve qu’il est l’un des meilleurs acteurs français actuels. Pourtant je sais que les artistes apprécient qu’on leur dise qu’on aime leur travail, surtout quand on le connaît vraiment : « Salut ! c’était sympa ton truc, j’avais jamais entendu parler de toi avant, c’est quoi ton nom ?  - C’est mon 218ème film et ça fait 35 ans que je fais ce métier. »

J’espère rattraper ma timidité lors du cocktail. Sans micro, sans spectateurs. Avec un coup dans le nez, désinhibée, j’arriverai bien à choper Raphaël Personnaz dans un coin.
Uniquement pour parler du film et par amour du cinéma évidemment. J’ai un bac+5 en ciné , tout ce qui m’intéresse, c’est le 7ème art :

Moi, collée au buffet : - Bah dis-donc je croyais que Canal+ était au bord de la faillite avec leur nouvelle dictature présidence et 200 000 abonnés en moins depuis le début de l’année, mais ils n’ont pas lésiné sur les petits fours ! Scronch scronch Puis ya de la vodka : on est obligé de faire comme dans le film : se saouler ! Hips
BestFêtardeForever : - T'es sûre qu'on peut se resservir ?
-
Je suis abonnée à Canal depuis 18 ans, la seule irréductible qui ne télécharge aucun film, c’est moi qui finance tout ça ! Puis on accède facilement au buffet pour une fois, où sont-ils tous passés ?

On se retourne et voit juste derrière toute l’équipe du film pour la séance photo officielle, et tout le monde qui la mitraille. Je suis tellement près des artistes qu’à mon avis on m’aperçoit sur la moitié des photos en train de me goinfrer « c’est qui l’ogresse dans le coin ? »

BFF : - Raphaellou est juste là !  Faut absolument que tu lui parles !
Qu’est-ce je peux bien lui dire ?
« Bonjour, j’ai adoré votre prestation. Surtout la scène où vous êtes à poil dans la neige. Non mais il fallait oser, on sait que le froid est peu flatteur pour les hommes. Alors justement, pour ne pas rester sur cette impression, je vous propose de rejouer la scène dans des conditions optimales, grandeur nature… Mais sans l’ours. Et sans moi aussi hein, je regarde, le paysage, c’est tout. »

raphael marius.jpgHum. C’est peut-être un peu trop direct comme approche. Lui dire que j’ai vu une grande partie de ses films et même ses pièces de théâtre ? Dans Au bonheur des ogres, il est touchant en frère protecteur mais gaffeur. Dans la pièce Les cartes du pouvoir, il était totalement habité par son rôle, on ne voyait que lui. Dans Marius et Fanny de Daniel Auteuil, (voir mon article en lien) il joue un Marius très convaincant et bien plus beau que Pierre Fresnay qui a réussi à me tirer des larmes quand il annonce à Fanny « je t’aime bien, mais plutôt que de vivre notre histoire, je vais d’abord aller faire le tour du monde voir si l’herbe est pas plus verte ailleurs, et si non, je reviendrai dans un an en donnant des nouvelles tous les 36 du mois, tu m’attendras bien sagement hein ? »  Eh bien non !
Il est aussi excellent dans Trois mondes, Le temps des aveux, Quai d'orsay… Pourtant si je lui cite toute sa filmographie, Il va me prendre pour une groupie, alors que je suis juste cinéphile, je n’avais même pas repéré qu’il jouait dans tous ces films puisque dans la plupart, il interprète des seconds rôles. Mais si je dis ça, il va penser qu’il n’est pas assez charismatique pour être remarqué.

Comment l’aborder ? En jouant la carte de la connivence !
« Salut Raphi ! Comment ça va depuis la dernière fois ? Mais si tu te souviens, La faute à Fidel de Julie Gavras, en 2006 ? Oui la conférence de presse, la seule journaliste qui n’a posé aucune question cachée dans un coin, c’était moi ! Comment ça tu ne te souviens pas ? Je suis pourtant inoubliable !»

Non vraiment, que lui dire ?
Comme ça fait 10 minutes que je suis plantée devant lui, il finit par me repérer :
« Oui ?
- Euh… parle, enfin : « le personnage de Teddy m’évoque celui de Marius, ce besoin irrépressible de fuir, de vouloir échapper à son quotidien, de se sentir libre… Pourtant le quotidien n’est pas forcément routine et morosité, il n’est que ce qu’on en fait, il faut le voir avec un regard différent. Car comme disait le grand philosophe…
Mais tout ce que j’arrive à faire, c’est de le fixer avec mes grands yeux ronds sans pouvoir prononcer un mot.
- C’est pour une photo ?
- euh… vmrmpfk…»

J’ai donc un magnifique cliché avec Raphaël Personnaz, impeccable et photogénique, et moi avec un air crispé et absent (« mais pourquoi j’ai rien dit ? ») qui pourrait illustrer une campagne sur les ravages de l’alcool « tu t’es vu quand t’as bu ? »
A 20 ans, on est fraîche comme la rosée du matin, à 35, comme une bouteille de rosé.
Le réalisateur nous voit prendre des photos et plaisante à la cantonade « si vous voulez le numéro de Raphaël Personnaz, c’est le 06… »
Je rentre dans le jeu en mimant une groupie « oh oui, oh oui ! » sauf que vu l’air gêné de l’assistance, ils l’ont pris au premier degré. Je m’éclipse tête basse et rentre cuver chez moi.

reem.jpegPourtant je relativise mon cliché raté, lorsque quelques jours plus tard, pour illustrer mon article, je cherche une photo de Raphaël Personnaz sur Internet. Et là, sur quoi je tombe ?
Une image de lui avec Reem Kherici, peut-être sa compagne. Avec ses petits yeux, son air que je trouve sévère et son sourire carnassier, elle est mon opposée et me rappelle Eva Mendès, la femme de mon autre chouchou Ryan Gosling ! M’enfin, mais qu’est-ce qu’ils ont tous ?!
(Pour la situer, c’est elle qui joue la SS Frieda et Carlotta, « l’inexpugnable arrogance de votre beauté qui m’asperge » dans Oss117, Rio ne répond plus. Elle a également réalisé Paris à tout prix, sur une it girl : tout à fait moi).

 

18/06/2016

Dans les forêts de Sibérie : libre et seul au monde

foret.jpgTeddy (Raphaël Personnaz) trouve sa vie vaine et futile, envahie de choses et de gens superficiels. Il décide alors de tout plaquer, travail, famille, amis, pour partir vivre dans une cabane de 9 m carrés au bord du lac Baïkal. Là-bas, seul et loin de tout, il se sent enfin libre, libre d’être lui-même… Mais perdu dans le blizzard, il est secouru par Aleksei, un Russe en cavale qui vit comme lui isolé dans la forêt. Les deux hommes que tout oppose vont allier leur solitude… Voir bande annonce en lien.

Le retour à la nature, à un mode de vie plus respectueux de l’environnement, loin de l’agitation des villes, des technologies modernes qui nous coupent parfois de notre essence, sont des thèmes dans l’air du temps qui plaisent à mémé écolo nulle en nouvelles technologies.
Moi aussi je rêve de pouvoir hurler en pleine nature sans déranger les voisins en beuglant du Polnareff « il était une foiaaah, toi et moah aaahh, n’oublie jamais çaaa, toi et moahh ah aahh !! » Moi aussi je rêve de pouvoir faire du patin à glaces sur un lac gelé immense juste pour moi toute seule, sans Philippe Candeloro pour me dépasser et bousculer, sans règle à respecter « faut tous aller dans le même sens sinon on se rentre dedans ! Et faut tourner en rond autour de la barrière ! »
Ça doit être super de se balader dans des paysages sublimes (magnifiés par la musique d’Ibrahim Maalouf) sans touristes tous les 2 mètres « Rah ! Mais y avait un pic épeiche, il s’est barré maintenant ! »

lac.jpgMais au bout d’un moment, tout seul, on s’ennuie un peu non ? Ce que fait le personnage  après avoir relu pour la 12ème fois sa collection de poches (à la lueur d’une bougie, l’électricité, c’est tellement superflu) avoir joué seul aux échecs (perso j’ai un solitaire mais je n’y arrive pas, je laisse toujours deux billes).

Quitte à être seul, ne pas subir les horaires et les contraintes de la vie moderne, il suffisait que le héros reste au chômage chez lui. Pas besoin de partir à 10 000 km. Être sans emploi est souvent perçu comme une maladie honteuse, et il se serait vite retrouvé isolé : « Tu fais quoi dans la vie ? » « Rien. Je suis chômeur » « oh quelle horreur ! Vite écartons nous de cet individu sinistre, des fois que le chômage soit contagieux ! »
Teddy ne voulait plus subir les sollicitations incessantes du monde actuel, surtout avec son métier lié à l’internet. Il suffisait qu’il se coupe des réseaux sociaux comme moi (« tiens, Jennifer-Apolline me demande en amie sur facebouc. Mais qui c’est ? »)

Laisser sa famille et ses amis, ne plus donner de nouvelles du jour au lendemain, je trouve ça égoïste. (alors que moi j'ai pas laissé le blog sans prévenir) Ses proches comptent si peu pour lui ? Il se fiche de les inquiéter, qu’ils aient peur qu’il tombe dans le lac (il a failli) se fasse attaquer par un ours (il a failli) meurt de faim et de froid (il a failli). Si on ne répond pas à mes sms, j’imagine que la personne est morte. Alors si elle part seule en Sibérie…

Être seul pour tester sa débrouillardise, c’est une bonne idée. Mais pas pour Gastonne Lagaffe avec deux mains gauches, car la seule fois où on m’a laissée seule en plein hiver à la cambrousse, j’ai jamais réussi à allumer un feu dans le poêle (en revanche j’ai bien enfumé toute la maison) et je me suis gelée les miches pendant deux jours en attendant le retour de mes sauveurs. Puis tuer le pauvre Bambi pour le bouffer, ah non, je préfère manger mes chaussures comme Charlot. Au pire, je finirai comme dans Into the wild, autre histoire vraie (attention spoiler) : je crèverai de faim parce qu’incapable de conserver la viande.

foret persos.jpgÊtre seul pour réfléchir sur soi-même, se retrouver, savoir ce que l’on veut vraiment, apprendre de ses erreurs, c’est très bien. Mais pour vraiment se connaître, il faut surtout se confronter aux autres, et à d’autres points de vue.
Et justement, une autre personne très différente arrive. Pas une femme qui veut extirper le héros de sa routine et de sa solitude (je rêvais pourtant de me projeter dans le rôle de la sauveuse de Raphaellou). C’est un  meurtrier qui a quitté femme et enfants pour se cacher volontairement dans ce trou pendant 12 ans et échapper à la prison (perso, je préfèrerais la taule). Un personnage fort et complexe. Il a tué un homme, mais en sauve un autre, Teddy. Il veut éviter le jugement et l’emprisonnement, mais se punit bien plus en vivant seul. La pire des geôles est mentale…

Le film est tiré de l’histoire vraie de l’aventurier Sylvain Tesson, mais le personnage d’Aleksei a été rajouté ici, car tout seul à se morfondre, le héros s’ennuyait, et donc le spectateur aussi… David Oelhoffen a collaboré judicieusement au scénario, en apportant son expérience tirée de son film Loin des hommes, où deux personnages opposés et isolés (Viggo Mortensen♥ et Reda Kateb) apprennent aussi à se connaître dans un endroit désertique. Du réalisateur Safy Nebbou, j’apprécie également son film L’autre Dumas tiré de la relation ambiguë entre l’écrivain (Depardieu) et son nègre (Poelvoorde).

Quant à l’acteur principal, Raphaël Personnaz, on peut dire qu’il donne de sa personne (pas naze, oui j’ai fait l’école du rire), comme il en plaisante lui-même lors d’une rencontre à l’issue de la projection du film…
Suite demain