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11/12/2014

Men, women & children... et les blogueurs !

men women.jpgPortraits croisés d’adolescents et de leurs parents. Ils passent leur temps sur leurs écrans, portables, facebook, sites de rencontre. Pourtant malgré ses réseaux sociaux, ils sont incapables de communiquer vraiment
Helen et Don (Adam Sandler) se lassent de leur vie de couple monotone. Ils expriment facilement sur Internet leur vie la plus privée et leurs frustrations à des inconnus, sans savoir en parler au premier concerné : le compagnon juste à côté. Quant à leur fils de 15 ans, il surfe sur des sites pornographiques, qui par leurs prouesses impossibles, le coupent de la réalité de la vie amoureuse. Il est alors incapable de suivre une relation normale avec une fille, Hannah. Adepte des émissions de télé-réalité, Hannah veut absolument connaître la célébrité. Pour cela, elle crée un site internet où elle expose des photos d’elle. Harcelé par sms, Tim se réfugie dans le monde imaginaire des jeux en ligne. Il rencontre une fille isolée comme lui, mais par sa mère (Jennifer Garner) qui la surprotège. Cette dernière a peur des dangers d’Internet et espionne les moindres faits et gestes de sa fille sur les réseaux sociaux.

cinéma,jason reitmanLes dangers d’Internet, le manque de communication et la société du paraître : voici les thèmes principaux abordés par le film. Adam Sandler déplore : « on trouve tout et n’importe quoi sur Internet. Il y a de quoi traumatiser un homme adulte, alors imaginez un ado de quinze ans ! (…) L’un des points forts du film est de montrer combien les gens deviennent insensibles et blasés ». Le réalisateur Jason Reitman ajoute : « Si on veut faire quelque chose de potentiellement nocif (comme un personnage qui devient anorexique) il y a toujours quelqu’un, derrière l’écran, prêt à vous dire que c’est bien. Et on se replie donc au sein de ces communautés au lieu d’être proches de nos amis et de notre famille. »
Le cinéaste explique : « Si vous abordez des thèmes difficiles avec humour, d’une certaine façon cela favorise le dialogue et permet d’aller plus en profondeur pour évoquer des sujets plus sombres qui, parfois, nous mettent mal à l’aise. C’est pour cette raison que j’ai choisi des acteurs comiques » (comme Adam Sandler, « Funny people »).

men women ordi.jpgJ’ai trouvé justement que le film se borne à un simple constat, quasi documentaire, sans développer de vraies histoires de cinéma, pleines d’émotion. Il n’est également pas assez drôle, ces sujets sont souvent tristes et glauques. Je n’ai pas senti l’ironie mordante et légère de son Thank you for smoking. On retrouve en revanche les sujets de prédilection de Reitman : l’incommunicabilité en amour (In the air, Last days in summer) et ses personnages favoris, les adolescents (Juno) et ceux qui se comportent comme tels (Charlize Theron dans le très bon Young adult).

Il est rare de voir un film traiter des réseaux sociaux (à part l’excellent The social network de David Fincher). Pourtant, on s’attend ici aux différents profils montrés, car on les connaît déjà. A moins de vivre dans un trou perdu sans Internet, comme la famille Papillote, qui ne possède ni téléphone portable ni ordinateur (ma mère se croit enfin branchée quand elle me dit « tu écris un maille ? »)

men women adam.jpgMon surnom étant pourtant mémé nulle en nouvelles technologies, je me suis tout de même un peu reconnue dans ce film. Moi aussi, je passe plus d’une heure par jour à envoyer des sms… mais uniquement à mes amis que je connais « IRL » comme on dit. Je ne dialogue pas souvent sur twitter ou facebook, et seulement avec des blogueuses que je lis depuis longtemps, que j’ai rencontré pour certaines. Elles m’ont d’ailleurs dit que je correspondais à l’image que je donne sur le blog. Certaines me croyaient même moins bien, car en général les gens se vantent sur Internet, alors que je fais plutôt preuve d’autodérision… Je me souviens du : « ah c’est toi ? Mais je croyais que t’étais grosse ? Ben oui, tu te surnommes l’estomac sur pattes ! » A l’inverse, j’ai vu des blogueuses qui se proclamaient reines de beauté et de la mode, enchaînant les conquêtes (rencontrées sur Internet !) Je pensais passer pour une plouc sortie de ma cambrousse comme d’habitude mais j’avais l’air d’une mannequin à côté… (j’ai surpris aussi la triste conversation de certains hommes sur une de ces femmes : « c’est elle ?! Mais on dirait une vache ! »)

C’est le paradoxe des nouvelles technologies, censées nous relier les uns aux autres, mais qui provoquent l’inverse : on reste fixé sur nos écrans, à dialoguer avec des inconnus sur les réseaux sociaux, ou pire à monologuer dans le vide, sans voir les gens autour de nous. Sur Internet, on peut se créer une nouvelle identité (comme une adolescente du film qui se crée un avatar) mentir pour se mettre en valeur : personne ne nous connaît pour vérifier qui l’on est vraiment.

Il est dommage que le film, malgré sa multitude d’exemples, n’aborde pas celui des blogueurs : c’est celui qui inonde Twitter de bons mots (en général moqueurs, les plus faciles, la tendance actuelle) qui sera le plus populaire. Il faut publier le plus possible, même si les propos sont ineptes, uniquement pour avoir une visibilité. « être connu » se confond avec « être reconnu »… J’ai d’ailleurs souri lorsque certains blogueurs influents, ayant totalement intégrés les nouveaux principes des réseaux sociaux, ont  critiqué le film… Il n’y a que la vérité qui fâche.

Jason Reitman espère qu’« Avec un peu de chance, (le film) poussera le spectateur à réfléchir sur son identité, sur sa place dans la société et ses rapports à son entourage ». Pari réussi pour moi.

 

 

 

07/12/2014

A la télé cette semaine : Drive, Intouchables, Les temps modernes...

drive ryan.jpgN’oubliez pas de jouer pour remporter la bande originale du film La French.

A la télé ce soir, un film avec une formidable musique aussi : Drive à 22h30 sur France 4, et le tube Nightcall de Kavinsky. Ryan Gosling♥ interprète un homme énigmatique, cascadeur le jour et chauffeur pour braqueurs la nuit. Il tombe amoureux de sa voisine (Carey Mulligan, qu’est-ce qu’elle a de plus que moi). Avec elle, il est doux et galant. Mais il ne peut révéler sa vraie identité et la belle est mariée à un taulard… Un film envoûtant, où romantisme et violence extrême se confondent (la scène de l’ascenseur).

intouchables.jpegA 20h50 sur TF1, l’inévitable Intouchables d’Olivier Nakache et Eric Tolédano, dont le film Samba est actuellement en salles. Tout le monde connaît l’histoire et les blagues « pas de bras, pas de chocolat ». Un paraplégique aisé et cultivé (François Cluzet) prend comme assistant un jeune de banlieue (Omar Sy). Les deux hommes que tout oppose vont devenir amis. Une comédie touchante.

temps modernes.jpgA la même heure sur LCP, autre comédie sociale, mais plus marquée : Les temps modernes de Chaplin. Charlot est le mouton noir de son entreprise, il fait dérailler les machines de l’usine… Presque 80 ans après, le film porte toujours bien son nom. On s’échine autant dans un travail déshumanisé où seule la performance compte.

aventures robin des bois.jpgLundi sur Arte, Les aventures de Robin des bois : la version de 1938 de Michael Curtiz avec Errol Flynn et sa petite moustache. Délicieusement désuet, un régal pour les enfants et un classique pour les grands.

A la même heure sur France 3, un documentaire sur La French Connection, dont traite justement le film avec Jean Dujardin au cinéma.

elephant man.jpgA minuit 30 ( !!!) France 2 diffuse le chef d’œuvre de David Lynch, Elephant man. Ce film émouvant retrace l’histoire vraie et incroyable de Joseph Merrick, qui vécut en Angleterre dans la seconde partie du 19ème siècle. Il était atteint d’une maladie rare qui déformait atrocement son corps. Ses parents l’abandonnèrent et il se retrouva exposé cruellement dans une fête foraine, où un médecin humaniste le vit et le recueillit. Le pauvre être rejeté, abandonné, fut alors accepté dans les grands salons londoniens par la reine elle-même. « Je ne suis pas un animal »

Mardi sur Canal+, un an après son décès, Mandela, un long chemin vers la liberté, vous pouvez lire mon article ici.

heureux evenement.jpgMercredi, france 4 diffuse Un heureux événement de Rémi Bezançon (Le premier jour du reste de ta vie). Adapté de l’histoire (assez intéressante) d’Eliette Abécassis, le film explique comment une vie de couple idyllique (entre Louise Bourgoin et Pio Marmaï♥) retombe dans la cruelle réalité « lorsque l’enfant paraît ».

Sur Arte, The tree of life de Terrence Malick, questionnement métaphysique et nébuleux sur la création du monde. Palme d’or 2011, pourtant selon moi le film le moins intéressant et le plus confus du réalisateur du Nouveau monde, de La balade sauvage ou des Moissons du ciel

Jeudi, comédie très originale sur TMC, Jean-Philippe. Fabrice (Luchini, excellent) se réveille dans un monde parallèle où son idole Johnny Halliday est inconnue. Impossible à accepter ! Le fan retrouve Johnny, resté modeste  Jean-Philippe Smet, pour le convaincre de devenir la star qu’il doit être. Allumez le feu !

06/12/2014

Quiz On connaît la chanson : La French, 5 bandes originales à gagner !

french affiche 2.jpgJ’évoquais hier le film La French, attardons nous aujourd’hui sur sa formidable bande originale. Atteinte de chansonnite aigue, je suis très sensible aux musiques dans les films. Vous pouvez le constater dans mes billets, lorsque je parle d’un film, je cite souvent sa b.o… Parfois, je découvre ou redécouvre des chansons car elles ont été utilisées dans des films : J’ai découvert le punk suédois grâce à We are the Best, redécouvert des vieux tubes cool grâce aux Gardiens de la galaxie

La musique est un élément primordial dans les films pour faire passer des émotions. Si elle est ratée ou inadéquate, la scène tombe à l’eau. Dans un film d’horreur, quand le psychopathe défonce la tête d’un personnage avec une hache, on imagine mal en fond sonore : « il tape sur des bambous et ça lui fait du bien… » Je ne citerai pas d’exemple mais j’ai vu des films (souvent à petit budget) où la musique n’était pas appropriée, trop envahissante, ou en décalage avec les images.

Rien de tout cela dans La French. Les morceaux composés par Guillaume Roussel collent parfaitement avec les situations et l’époque : musique entraînante à la guitare électrique pour les scènes d’action, accents mélancoliques pour les scènes dramatiques… Le film se déroulant entre 75 et le début des années 80, on a le plaisir de réécouter des tubes de cette période, comme Le velvet underground ou Cambodia de Kim Wilde. D’ailleurs lorsqu’on entend cette dernière dans la boîte de nuit de Zampa, le truand fait arrêter le DJ en disant « qu’est-ce que c’est que cette merde ! » (M’enfin ! elle est très bien cette chanson !) Dans une scène, le compositeur utilise même avec ironie « C’est comme ça que je t’aime » de Mike Brant… Les paroles des chansons utilisées dans La French expliquent les scènes : « Toi tu joues avec le feu et tu t’amuses, mais un jour viendra où tu vas te brûler… » « Je distribue les swings et les uppercuts, ça fait vlam ! ça fait splatch et ça fait chtuck ! »

cinéma, jeux concours, musique de film, chanson françaiseLa bande originale reprend des tubes de l’époque de la french connection, à l’exception d’une chanson actuelle superbe que je ne connaissais pas : Jérôme de Lykke li (I follow river). Donc vous pouvez me croire, la bande originale de La french est excellente, je l’écoute en ce moment.

J’ai le plaisir grâce à Gaumont de vous en faire gagner cinq exemplaires : 3 en versions MP3 et deux en version CD. Pour cela, répondez à l’inévitable quiz On connaît la chanson :

- Dans mon article d’hier, j’ai cité deux chansons qui apparaissent dans la bande originale de La French. Lesquelles ?
- Qui en sont les interprètes ? Plusieurs réponses sont possibles pour la seconde chanson, qui a été chantée en anglais, italien, et dans La French en français : retrouvez au moins deux interprètes.
- Dans l’article d’aujourd’hui, je cite les paroles de deux chansons utilisées dans La French. Quels sont leurs titres ?  Indice : pour la première, c’est encore une adaptation en français d’un célèbre titre de Nancy Sinatra…
- Question bonus pour départager : je cite dans le texte les paroles d’une autre chanson qui n’est pas dans la B.O…

Envoyez vos réponses en cliquant sur le lien « me contacter ». Précisez votre adresse mail, ou votre adresse postale si vous préférez recevoir un CD. Vous avez jusqu’au jeudi 11 décembre à minuit.

A vous de jouer !

 

 

05/12/2014

La French, franchement efficace

french affiche.jpg(je me lance dans les jeux de mots idiots). A Marseille, dans les années 70,  La French Connection exporte de l’héroïne dans le monde entier. Le juge Michel (Jean Dujardin) veut démanteler cette mafia et mettre sous les verrous son parrain intouchable, Gaëtan Zampa (Gilles Lellouche)… (voir bande annonce en lien)

Une histoire vraie, un idéaliste courageux et passionné, qui veut changer le monde, faire passer la justice et le bien-être de tous avant son propre intérêt : des ingrédients pour me plaire. Par son thème, La French peut rappeler le film de l’enragé Yves Boisset : Le Juge Fayard, dit le shériff (avec Patrick Dewaere♥♥♥) qui s’inspirait du juge Renaud. Je trouve toutefois la mise en scène de Cédric Jimenez plus élégante, moderne et rythmée.

Même si on connaît l’issue de cette quête, on est porté par un sentiment d’exaltation et on a envie de crier à l’écran « Vas-y Michou ! Rentre-leur dans le lard à ces méchants ! T’es le meilleur ! » La tension et le suspense fonctionnent grâce à un montage nerveux et une bande originale vive et excellente. La musique reprend les tubes des années 70, et vous savez qu’atteinte de chansonnite aigue et fan de radio nostalgie, les b.o sont très importantes pour moi. Ça tombe bien, je peux vous en faire gagner cinq exemplaires...

cinémaPourtant je ne vous cache pas que je partais sceptique. J’avais vu au show web de rentrée de longs extraits qui racontaient tout le film, et je pensais « ouais, c’est sûrement bien, bonne histoire, bien réalisée, mais c’est classique, avec les scènes et situations attendues : Le juge proche des mineurs qu’il défend mais qui néglige sa famille, les scènes dans les boîtes de nuit avec la musique qui ne pourra que plaire aux spectateurs (Call me, et l’inévitable reprise de Bang Bang - en italien chez Xavier Dolan, ici en français-). On retrouve également le duel au soleil entre le justicier et le méchant, et surtout les voyous clichés, bien sapés avec lunettes de soleil, coqs arrogants qui tordent la gueule comme De Niro « you’re talking to me ? » Mention spéciale à Benoît Magimel, dont le personnage s’appelle à juste titre « le fou » : son physique de beau gosse est ravagé, et pour le coup, on a bien envie de lui dire « mais arrête la drogue Ben ! Où est passé le mignon petit gars de La vie est un long fleuve tranquille ?»

cinémaJe trouve que les acteurs surjouent, avec dans les rôles titres et très flatteurs, comme par hasard les deux potes inséparables Dujardin et Lellouche, qui ont déjà fait Les infidèles ensemble (ils sont justement l’inverse puisqu’ils se refilent les bons tuyaux de films). J’adore Jean Dujardin dans les comédies cultes OSS 117, mais je suis plus dubitative dans le registre sérieux… Dans La French, il reprend les mêmes mimiques que l’agent secret crétin, et je me demandais « il le fait exprès, c’est un clin d’œil ? Ou alors, quand il fait la moue et hausse les sourcils, il est sérieux : il a juste une tête de con en fait ? » Malgré le sujet grave, Dujardin apporte sa touche d’humour en sortant plusieurs vannes. Rien à dire, il est un grand acteur… mais comique (vivement le 3ème OSS). Quant à l’actrice montante Céline Sallette, elle est toujours parfaite, intense et très juste dans le registre dramatique (ces énormes cernes bleus renforcent naturellement son air sombre).

Donc oui, on peut chipoter, certaines scènes et personnages font clichés, le réalisateur prend pour modèle Scorsese ou Michael Mann… Mais ça fonctionne ! Quels bons exemples de réalisateurs à suivre justement! Pourquoi les Français ne pourraient-ils pas rivaliser avec ces grandes fresques ? Pour seulement son deuxième film, le jeune Cédric Jimenez réussit à obtenir un film à grand budget, avec une star oscarisée. Il apporte sa fougue et sa passion. Elles transparaissent à l’écran dans une mise en scène très nerveuse et stylée, avec des mouvements de caméra à l’épaule et des gros plans qui collent au plus près des personnages, renforçant l’adhésion et l’émotion. La pellicule jaunie rappelle celle utilisée dans les années 70. La reconstitution de l’époque est parfaite, dans les décors, les vêtements, mais aussi la musique…

Vous avez l’occasion de gagner cinq exemplaires de la formidable B.O du film, tentez votre chance sur le blog demain… En attendant, allez voir La French, un polar, un film d’action et de divertissement terriblement efficace.

 

03/12/2014

Le grand soir, une comédie punk

grand soir.jpgA 20h50, Arte programme Le grand soir. Benoît Poelvoorde ♥♥ y incarne « un punk à chien », «Not», du nom gravé sur son front. Il vient traîner dans la zone commerciale où ses parents (la mère Brigitte Fontaine, toujours aussi chtarbée) tiennent une « pataterie » et son frère (Albert Dupontel ♥♥) est vendeur dans un magasin de literie. Ce dernier, qui veut mener une existence classique (il est marié et a un bébé) ne jure que par le confort matériel. Il ne voit pas d’un bon œil la venue du marginal. Pourtant, suite à son licenciement, Dupontel quitte le rang pour suivre la punk-attitude de son frère : rejeter la société de consommation et vivre sa vie comme il l’entend… (voir bande annonce en lien ci-dessous)

Le grand soir est signé par le duo de Groland, Gustave Kerven et Benoît Délépine. Ils ont réalisé ensemble cinq films, dont Near Death Experience, je vous en parlais en lien. Je trouve que Le grand soir est le meilleur. Pour Aaltra et Avida, je n’étais pas habituée à cet univers particulier, cet humour noir et absurde, ces personnages pitoyables. J’ai plus apprécié Louise Michel, avec Yolande Moreau (ex Deschiens) : son patron délocalisant l’usine, elle paie un tueur à gages ridicule (Bouli lanners) pour le faire assassiner. J’ai aussi aimé Mammuth, où Depardieu part à la recherche de ses points de retraite manquants.

grand soir feu.jpgDans Le grand soir, on retrouve l'humour décalé et noir emblématiques des réalisateurs. Dupontel,licencié, le compte en banque vidé par sa femme qui l’a foutu dehors, tente de s’immoler en plein supermarché, devant tous les clients poussant leur chariot, sans que personne ne réagisse. Le film illustre l’individualisme de la société et le repli sur soi en temps de crise. S’il crée un goût de révolte à travers les actes des personnages pour s’en sortir et réveiller les consciences, il ne donne pas vraiment d’espoir.


grand soir not dead.jpgLes réalisateurs utilisent souvent des plans larges afin de montrer l’absence de communication entre les personnages. J’ai éclaté de rire lorsque Poelvoorde tente lamentablement de vanter les mérites de son frère en tendant un C.V trempé à une hôtesse, tandis qu’à l’arrière plan on voit Dupontel crever des ballons un par un (voir l'extrait en lien). 

J’ai vraiment estimé que le film démarrait et devenait drôle lorsque Dupontel se met à péter les plombs. Certaines idées scénaristiques sont même poétiques : les personnages décident d’aller littéralement « droit devant eux » sans dévier de leur chemin pour prendre la route balisée. Ainsi ils traversent un lotissement en escaladant les barrières, rentrant chez les habitants, ressortant par la porte du jardin, tout simplement parce qu’ils vont « tout droit ». 

Comme pour Aaltra, la B.O est signée par Les wampas. On voit un concert du groupe lors du film. Poelvoorde slame au-dessus du public, pensant communier avec lui, mais les spectateurs le portent jusqu’à une poubelle… Comme beaucoup je pense, j’ai découvert les Wampas avec leur fameuse chanson polémique, qui comme toute œuvre censurée provoque inéluctablement l’effet inverse escompté : le public curieux se presse de découvrir l’objet de la discorde. Je parle de la chanson Chirac en prison (« j’attends 2007, c’est mon seul espoir de sortir du brouillard, c’est ma dernière chance, faut que j’aie confiance en la justice française ».) Les Wampas ont ensuite connu le succès avec leur hit Manu Chao. Dans Le grand soir, on entend leur chanson Comme un punk en hiver.
On peut écouter aussi des refrains de Noir Désir ou Brigitte Fontaine : je suis in- inadaptée.

grand soir chien.jpgLa chanteuse a d’abord refusé d'apparaître dans le film, expliquant qu’elle ne voulait jouer qu’une « sorcière dans la forêt ». Les réalisateurs ont alors réécrit le scénario en remplaçant le terme « la mère » par « la sorcière dans la forêt » et Brigitte Fontaine a accepté le rôle !
Autre star du film, le chien bien évidemment ! La même race que celui de The artist, mais pas du tout le même caractère : il a mordu toute l’équipe durant le tournage, envoyant même le premier assistant à l’hôpital. Un vrai punk quoi.

02/12/2014

A la télé ce soir : Lovelace

lovelace.jpgCe soir sur Canal+ cinéma, je vous invite à regarder Lovelace. Comme les fidèles le savent, j’adore les biographies. J’adore les films qui soulèvent des questions sur la nature et la psychologie humaine. Et à ce titre, la vie de Linda Lovelace est fascinante : comment peut-on se laisser manipuler comme ça ? Comment une jeune fille élevée au sein d’une famille stricte et puritaine, se retrouve l’héroïne du film porno le plus connu de tous les temps, Gorge profonde ? Ce dernier rapporta 600 millions, mais l’actrice sur laquelle reposait tout le film ne reçut que 1250 dollars, confisqués par son mari tyrannique et pseudo maquereau…
 
J’avais vu le documentaire Inside deep throat et la vie, la psychologie de Linda Lovelace m’avait très intriguée. J’ai donc beaucoup apprécié ce film de Rob Epstein et Jeffrey Friedman. L’histoire se déroule à la fin des années 60. L’époque baba cool, de libération des mœurs qui commence, est parfaitement retranscrite, dans les fêtes, les décors, les vêtements et jusqu’au grain grossier et la couleur de la pellicule, comme on les utilisait à cette période.
Le film est de façon originale découpé en deux parties : la première, qui montre la version officielle, et la deuxième, l’envers du décor… Je lis peu de critiques, et en tout cas jamais avant d’avoir vu les films ou de publier mon propre avis. Mais en tapant le titre pour trouver une photo, j’ai lu quelques avis en diagonale, qui expliquent que le film ne rend pas justice à la pauvre Linda Lovelace. Alors soit je suis restée focalisée sur l’histoire de manipulation (c’est possible, et je n’ai pas fait un mémoire de recherche sur Linda Lovelace, je n’ai vu qu’un seul documentaire à son sujet) soit ces journalistes ont quitté la salle avant la seconde moitié du film qui révèle le calvaire de l’héroïne ? (j’en ai vu un partir par exemple). 

lovelace acteurs.jpgBien sûr, le film ne peut pas tout raconter et être totalement objectif. Seul le mari est mis en cause, les participants au film porno aident même Linda à se défendre. L’actrice est présentée comme une victime qui n’a vraiment rien vu venir, et on a quand même dû mal à le croire qu'on peut être aussi cruche. C’est seulement 9 ans après la sortie du film qu’elle a annoncé qu’elle avait été forcée, et qu’elle s’est mise à militer contre la pornographie.
On comprend qu’elle a grandi dans une famille très puritaine, qui la rejette quand elle se retrouve enceinte, et la refile au premier gars qui veut bien d’elle. Qu’elle tombe sur un manipulateur pervers charmeur et redoutable qui lui promet protection et monts et merveilles…  Le lent et implacable piège se referme sur elle. Quand elle constate son erreur, la culpabilité et la honte l’empêchent de révéler ses tourments à ses proches et elle préfère s’en éloigner : elle se retrouve donc seule face à son bourreau et s’enfonce dans son martyr.

Je salue d’ailleurs l’impressionnante performance de l’acteur Peter Sarsgaard, charismatique et glacial. Linda Lovelace est interprétée par Amanda Seyfried, qui abuse un peu de ses grands yeux globuleux moches pour faire la niaise, et de sa grande bouche (forcément) pour minauder et se mordre les lèvres (cette suggestion est assez lourde). La mère prude et démissionnaire est jouée par Sharon Stone, que je n’avais pas reconnue tellement elle est vieillie et enlaidie… rien que pour ça, le film vaut le coup ! En résumé, je vous invite à voir ce film pour mieux comprendre la lente descente aux enfers de Linda Susan Boreman, alias Lovelace…

01/12/2014

Bilan "je suis culturée" de novembre

interstellar.jpgEnfin, je fais mon bilan à temps ! En revanche, à cause de mon hibernation peut-être, je m’aperçois que j’ai baissé le rendement niveau sorties ce mois-ci. J’ai aussi vu beaucoup moins de films et de documentaires, car je capte enfin Canalsat à la demande. J’ai accès à des centaines de programmes, l’embarras du choix, et le temps que j’en sélectionne un, la soirée est déjà bien avancée.

 9 Films au cinéma :

 Coup de cœur :
- Interstellar de Christopher Nolan

 - Respire de Mélanie Laurent
- La french de Cédric Jimenez, sortie le 3 décembre
- L’incomprise de Asia Argento
- Canada Morrison de Mathias Lucchesi
- L’homme du peuple de Andrezj Wajda
- Eden de Mia Hansen-Love
- Men women and children de Jason Reitman, sortie le 10 décembre
- Nature de Patrick Morris et Neil Nightingale, sortie le 24 décembre
Prochain film prévu : Hunger Games

 28 Films à la télé :

 sorties à paris, cinéma, télé, expositions parisCoup de cœur Canal+ :
- Rebelle de Mark Andrews
Prochain film prévu : Suzanne

 4 Documentaires :

 Coup de cœur :
- Twenty feet from stardom de Morgan Neville

 - Philippe Sarde, un voyage musical dans l’histoire du cinéma
Renaud, les raisons de la colère
- Churchill
Prochain documentaire prévu : Les artistes sous l’occupation

 2 Séries :

sorties à paris, cinéma, télé, expositions paris Coup de cœur :
- The Americans saison 2, canal +

 - The affair, canal +
Prochaine série prévue : Gomorra, Canal+

2 Concerts :

 Coup de cœur :
- Archimède, Le divan du monde

- soirée Eden, le Queen, Dj, Sven Love
Prochain concert prévu : Ez3echiel, Le Bataclan

3 Spectacles :

 Coup de cœur :
- Fuis moi je te suis, Comédie des boulevards

 - Born to be in live, Théâtre du petit gymnase
- Des gens intelligents, Théâtre de Paris
Prochain spectacle prévu : King Kong théorie

 sorties à paris, cinéma, télé, expositions paris1 exposition :

- Paul McCarthy, Chocolate factory, La monnaie de Paris, jusqu'au 4 janvier

Et vous, qu’avez-vous vu en novembre ?

 

 

30/11/2014

A la télé ce soir : Le prénom, Le patient anglais, Sixième sens...

prénom.jpgLe choix entre de très bons films, en commençant sur TF1 par Le prénom. Au cours d’un dîner en famille, un futur père (Patriiiick Bruel) dévoile le nom de son enfant à naître. Ceci va déclencher les passions et révéler les caractères et préjugés de chacun. Il ne faut jamais dire à l’avance le prénom de son futur bébé ! J’en ai fait l’expérience, comme je le raconte en lien…

Dans le film, on devine assez vite quel est le nom qui pose problème, mais l’intérêt n’est pas là.  Le prénom est une excellente comédie intelligente, pleine de retournement de situations et de joutes verbales. Un régal pour une littéraire comme moi.  Je danse souvent sur la bande originale et cette musique entraînante (voir en lien). Et dire que ce film intelligent est diffusé sur TF1... A croire que la chaîne devient vraiment celle « de la culture ».

patient anglais.jpgCôté drame romantique, l’inévitable Patient anglais sur Arte, 9 oscars dont celui du meilleur film. Passion impossible entre avec Ralph Fiennes et Kristin Scott-Thomas, dans les magnifiques paysages du Sahara…

sixieme-sens.jpgCôté film fantastique, France 4 diffuse Sixième sens de M.Night Shyamalan. Ce réalisateur décline inéluctablement : ses premiers films étaient très bons (Incassables, Signes) mais deviennent de plus en plus mauvais (Phénomènes et Le dernier maître de l'air). A l’époque, comme tout le monde, j’étais sortie de la salle de cinéma sous le choc de la révélation finale. Ceux qui ont dévoilé la fin de Sixième sens à leurs amis qui n’avaient pas encore vu le film devraient être bannis à jamais des réseaux sociaux et abandonnés dans une grotte en plein désert. Au moins.

Autre film fantastique, ou plutôt de science-fiction, Inception de Christopher Nolan sur HD1. Il m’avait déçu à sa sortie, ou plutôt mémé n’avait rien compris. Je tenterai donc de le revoir. En tout cas, du même réalisateur,  Interstellar en ce moment au cinéma m’a beaucoup plu.

Côté classique, Il était une fois en Amérique de Sergio Leone sur Numéro 23, avec la musique d’Ennio Morricone.

gazon maudit film.jpgSur NRJ 12, Gazon maudit  de et avec Josiane Balasko. Cette dernière incarne une routarde homosexuelle venant semer la zizanie dans un couple (Alain Chabat et Victoria Abril). Une comédie légère et originale. Je vous rappelle que dernièrement mémé s’est retrouvée sans le savoir au préalable dans un bar lesbien, entourée de clones de Balasko… Je n’en menais pas large comme vous pouvez le lire en lien…

Demain, suite des films de la semaine

 

21/11/2014

Bilan "je suis culturée" d'octobre

télé,cinéma,que faire à parisPeu de sorties ce mois-ci, car je bosse ! J’ai dû en annuler ou décliner une dizaine, qui ne cadraient plus avec mes horaires. J'ai vu les films en avant première, mais mémé écrit toujours avec un train de retard...

 4 films au cinéma :

 - Mommy de Xavier Dolan
- Samba de Oliver Nakache et Eric Tolédano
- 71 de Yann Demange
- Tiens-toi droite de Katia Lewkowicz, sortie le 26 novembre
Prochain film prévu : Interstellar

 33 films à la télé :

 Coup de cœur Canal + :
- Alabama Monroe
Prochain film prévu : Rebelle

 12 documentaires :

 télé, cinéma, que faire à Paris5 Coups de cœur :
- Faites le mur ! de Banksy
- Les garçons de Rollin, un lycée sous l’occupation de Claude Ventura
- Chante ton bac d’abord ! de David André
- L’urgence de ralentir de Philippe Borel
- Calamity Jane, légende de l’Ouest de Grégory Monro

 - Belfast mon amour de Frédéric Tonolli
- Rocky IV, le coup de poing américain de Dimitri Kourtchine
- Crossfire hurricane, les Rolling Stones
- I wish you were here, Pink Floyd
- Alexandre le Grand
- Etrangement vôtre de Frédéric Temps
- Renaud Van Ruymbeke, au nom de la loi
- Orphelins de la patrie de Sophie Bredier
Prochain documentaire prévu : Philippe Sarde, un voyage musical dans l’histoire du cinéma

4 séries :

télé, cinéma, que faire à Paris- Ainsi soient-ils saison 2, Arte
- Rectify, Arte
- Ray Donovan, Canal+
- Southcliffe, Canal+
Prochaine série prévue : The Americans saison 2

2 one man show :

Coup de cœur :
- Jarry atypique, théâtre Trévise
- Nicolas Meyrieux : dans quel monde vit-on ?Comédie des boulevards

 1 concert :

 - Génésis, The musical box, l'Olympia

2 expositions :    

télé,cinéma,que faire à parisCoup de cœur :
- De Louis XIV à Louis XVI, un art de vivre à la Française, Le Louvre

 - Le petit palais

Et vous, qu'avez vous vu en octobre ?

 

17/11/2014

A la télé cette semaine : Bridget Jones, Hot Fuzz, Le magnifique...

gladiator.jpgCe soir sur TMC, Gladiator de Ridley Scott (Alien, Blade Runner). Dans l’empire Romain, l’empereur Marc Aurèle souhaite céder sa place au Sénat au vaillant général Maximus (Russell Crowe), pour que Rome devienne à nouveau une République. Le fils de l’empereur, (Joaquin Phoenix) est jaloux et désire le pouvoir. Il tue son père et ordonne l’assassinat de son rival et de sa famille. Mais Maximus survit. Vendu comme esclave, il devient gladiateur et cherche la revanche…

Sur HD1, Volver de Pedro Almodovar, plus tendre et moins outrancier qu’à l’habitude, même si je déplore cette scène ridicule : Raimunda (Penelope Cruz) sent (au sens propre) que sa mère morte (la mère, pas la mer) est revenue, car elle reconnaît l’odeur de ses pets ! Non mais franchement !!

bridget jones.jpgMardi sur M6, une comédie sentimentale pour filles, que je n’ai pas revue depuis sa sortie en 2001 et que j’ai hâte de redécouvrir, pour savoir si mémé est toujours une midinette : Le journal de Bridget Jones.  Renée Zellwegger, vraie Gastonne Lagaffe, hésite entre Hugh Grant♥, son patron (pff) arrogant (beurk) et Colin Firth♥. Ce dernier se nomme comme le héros d’Orgueil et préjugés : Mark Darcy♥… (Je vous laisse deviner lequel je préfère).

hot fuzz supermarché.jpgMercredi sur France4, Hot Fuzz, avec ce formidable trio : Edgar Wright le réalisateur, Nick Frost et Simon Pegg les acteurs et scénaristes. Après « une comédie romantique avec des zombies » le génial Shaun of the dead, référence à Dawn of the dead de George Romero, dans Hot Fuzz, le trio rend hommage aux films d’actions. Un policier modèle Londonien fait passer ses collègues moins zélés pour des bras cassés. Pour le calmer, on l’envoie dans un petit village de campagne, où son nouveau coéquipier rêve d’imiter Mel Gibson. Dans la commune paisible, entre deux contraventions et recherche d’animaux disparus, le policier scrupuleux découvre une série de meurtres étranges… Hilarant (voir bande annonce en lien).

magnifique bob saint clar.jpgJeudi, autre comédie culte papillotienne,  Le magnifique  de Philippe de Broca sur 6ter. Belmondo joue un homme falot et discret, qui mène une vie solitaire et grise. Il est un petit écrivain de romans d’espionnage, tyrannisé par son éditeur et secrètement amoureux de sa voisine. Il se venge dans ses romans en transposant sa vie idéale : il s’y voit sous les traits d’un grand agent secret charismatique. Son éditeur est l’gnoble Karpov et sa belle voisine est folle de lui… La fiction peut-elle devenir réalité ? Gage de qualité, le scénario est  signé par de Broca (L’homme de Rio) Francis Veber (Le dîner de cons) et Jean-Paul Rappeneau (Le hussard sur le toit, Bon voyage). "Et Bob Saint Clar, pagayant comme un fauve, échappe aux griffes de Karpov." Cucurucucu, Palomaaaa...

Sur France 3, Million dollar Baby de Clint Eastwood. La rencontre entre deux mal aimés solitaires : un entraîneur à la retraite (Clintounet) et une jeune femme (Hilary Swank, oscar de la meilleure actrice) qui veut absolument faire de la boxe. Bien, mais trop tire-larmes à mon goût.