13.10.2009

Les 100 livres préférés des Français

jaime lire.gifJ’ai expliqué que je n’osais pas écrire une critique de cinéma. Je n’ai toujours pas fait de critiques de livres non plus. Je note juste des listes de best of, c’est plus facile... En voici une, qui a circulé sur beaucoup de blogs, je l’ai trouvé chez Madame Kévin.

C’est la liste des 100 livres préférés des Français.

je trouve instructif de connaître les goûts de nos concitoyens. J’ai constaté que la plupart des livres sont des classiques qu’on étudie à l’école.
Par exemple, mon exemplaire de Cyrano de Bergerac date des années 60 et a été étudié par toute la famille. Avec les caricatures et blagues de potache dans les marges, c’était facile de se concentrer sur la lecture…
Comme les livres sont connus et que je ne vais jamais chercher bien loin mes idées de livres, j’en ai lu 67 si je sais bien compter (soulignés en rose). Je les ai surtout bouquinés au collège et pas relus depuis, mes goûts ont certainement changés. Le meilleur des mondes que j’aimais à 12 ans m’a un peu déçu à 25, idem pour le K, etc....

1.    La Bible (je ne suis pas franchement sûre que les Français l’ait lue en entier…)
2.    Les misérables de Victor Hugo (j’ai vu le film avec Jean Gabin et Bourvil, ça compte ?)
3.    Le petit prince d'Antoine de Saint-Exupéry (je le trouvais gnangnan. Pas dû comprendre le texte caché à l’époque. (école primaire)
4.    Germinal d'Emile Zola (j’ai aussi adoré le film de Berri quand j’étais ado)
5.    Le seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien (3ème tome lu pendant un job d’été !)
6.    Le rouge et le noir de Stendhal (un peu trop jeune pour le lire. Je l’ai trouvé chiant)
7.    Le grand Meaulnes d'Alain-Fournier (j’ai adoré à 12 ans. Une révélation. Pas relu depuis, j’ai peur d’être déçue.)
8.    Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne (j’adorais le film aussi)
9.    Jamais sans ma fille de Betty Mahmoody (c’est pas moi c’est ma mère qui m’a forcée !)
10.    Les trois mousquetaires d'Alexandre Dumas (pas lu jusqu’au bout. C’est lui qui était publié d’abord dans des journaux et payé à la ligne,   du coup il mettait trois tonnes de phrases inutiles ?  Parce que les descriptions me gonflent…)
11.    La gloire de mon père de Marcel Pagnol (adoré à 11 ans. Le film aussi)
12.    Le journal d'Anne Frank d'Anne Frank (pas aimé à 12 ans mais mieux apprécié à 18)
13.    La bicyclette bleue de Régine Deforges
14.    La nuit des temps de René Barjavel
15.    Les oiseaux se cachent pour mourir de Colleen Mc Cullough (par contre le film romantique réjouissait mon cœur de jeune fille)
16.    Dix petits nègres d'Agatha Christie (j’ai lu tous les Agatha Christie entre 11 et 13 ans, pas relu un seul policier depuis !)
17.    Sans famille d'Hector Malot (j’aimais bien le dessin animé aussi, hi hi)
18.    Les albums de Tintin de Hergé (mais pas tous)
19.    Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell (le film aussi et je les adore toujours)
20.    L'assommoir d'Emile Zola (qui comme son nom l’indique, assomme. J’aime bien Zola. Ca se lit vite quand on passe les descriptions…)
21.    Jane Eyre de Charlotte Brontë (j’aime bien le film avec Charlotte Gainsbourg aussi)
22.    Dictionnaires Petit Robert, Larousse, etc. (c’est sûr, les Français lisent le dictionnaire pour se distraire, le soir en livre de chevet)
23.    Au nom de tous les miens de Martin Gray
24.    Le comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas (j’ai vu le film avec Depardieu, ça compte ?)
25.    La cité de la joie de Dominique Lapierre (idem)
26.    Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley (m’a déçue à la relecture. J’avais déjà trouvé la fin ridicule à 13 ans (retour à l’âge préhistorique) vraiment le final gâche tout.)
27.    La peste d'Albert Camus
28.    Dune de Frank Herbert (un peu longuet, et le film, pourtant de Lynch, est kitsch)
29.    L'herbe bleue, Anonyme (à lire quand on est ado)
30.    L'étranger d'Albert Camus
31.    L'écume des jours de Boris Vian (j’ai détesté les personnages qui se ressemblent tous et sont des branleurs)
32.    Paroles de Jacques Prévert (adoré à 17 ans)
33.    L'alchimiste de Paulo Coelho (beaucoup rigolé en le lisant, je l’ai trouvé pathétique)
34.    Les fables de Jean de La Fontaine (comme tout le monde quoi. Réciter  Le corbeau et le renard debout sur l'estrade devant toute la classe…que d'horribles souvenirs…)
35.    Le parfum de Patrick Süskind (adoré à 15 ans)
36.    Les fleurs du mal de Charles Baudelaire (adoré à 18 ans)
37.    Vipère au poing d'Hervé Bazin
38.    Belle du seigneur d'Albert Cohen (soit on adore soit on déteste. J’ai détesté, Choupinounet a adoré)
39.    Le lion de Joseph Kessel (beaucoup aimé à 11 ans. Je crois que j’ai même versé ma petite larme)
40.    Huis clos de Jean-Paul Sartre (beaucoup aimé à 16 ans)
41.    Candide de Voltaire (beaucoup aimé à 14 ans)

Vous avez vu comment je me souviens de l’âge ? C’est parce que je note tous les livres que je lis depuis mes 10 ans, eh oui c’est la classe. En fait c’est surtout parce que j’ai une mémoire de poisson rouge. Au moins c’est pratique, je peux voir un film une dizaine de fois sans me souvenir de la fin ! Sauf Titanic, mais tout le monde la connait à l'avance...
42.    Antigone de Jean Anouilh (beaucoup aimé à 17 ans)
43.    Les lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet (pas beaucoup aimé à 9 ans. Un peu chiant)
44.    Premier de cordée de Roger Frison-Roche (j’ai vu le film, ça compte ?)
45.    Si c'est un homme de Primo Levi (un peu trop froid à mon goût)
46.    Les malheurs de Sophie de la comtesse de Ségur (à 8 ans, j’ai surtout retenu que Sophie se goinfrait avec des supers goûters et avait vraiment une vie de luxe !)
47.    Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne
48.    Les fourmis de Bernard Werber (adoré à 16 ans)
49.    La condition humaine d'André Malraux
50.    Les Rougon-Macquart d'Emile Zola (Ceux qui sont déjà listés ici, lus en classe comme beaucoup de monde)
51.    Les rois maudits de Maurice Druon
52.    Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand (j’en ai appris des passages par cœur. J’ai aussi adoré le film avec Depardieu)
53.    Les hauts de Hurlevent d'Emily Brontë (beaucoup aimé le film des années 40 aussi)
54.    Madame Bovary de Gustave Flaubert (J’avoue, j’ai mieux apprécié le film de Chabrol avec Isabelle Huppert et le beau Malavoy…)
55.    Les raisins de la colère de John Steinbeck (beaucoup aimé le film de Ford aussi)
56.    Le château de ma mère de Marcel Pagnol (comme la gloire de mon père)
57.    Voyage au centre de la Terre de Jules Verne
58.    La mère de Pearl Buck
59.    Le pull-over rouge de Gilles Perrault (j’adore tous les récits de crimes et faits-divers)
60.    Mémoires de guerre de Charles de Gaulle
61.    Des grives aux loups de Claude Michelet
62.    Le fléau de Stephen King (j’ai adoré le premier tome, parfait pour une parano et hypocondriaque comme moi, mais j’ai trouvé que c’était un peu longuet. 1500 pages, quand même !)
63.    Nana d'Emile Zola
64.    Les petites filles modèles de la comtesse de Ségur (La comtesse de Ségur et sa morale m’ont vite gonflé)
65.    Pour qui sonne le glas d'Ernest Hemingway
66.    Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez (pas lu, pourtant c’est un classique, mais j’ai lu un recueil de ses nouvelles et je n’ai pas accroché)
67.    Oscar et la dame rose d'Eric-Emmanuel Schmitt
68.    Robinson Crusoé de Daniel Defoe (trouvé chiant)
69.    L'île mystérieuse de Jules Verne
70.    La chartreuse de Parme de Stendhal
71.    1984 de George Orwell (adoré à 15 ans)
72.    Croc-Blanc de Jack London (adoré à 12 ans. Le film aussi. J’ai versé ma petite larme)
73.    Regain de Jean Giono
74.    Notre-Dame de Paris de Victor Hugo (mais j’ai vu le film avec Anthony Quinn !)
75.    Et si c'était vrai de Marc Levy (Pas tenu jusqu’au bout)
76.    Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline (adoré à 17 ans)
77.    Racines d'Alex Haley
78.    Le père Goriot d'Honoré de Balzac (bien aimé à 15 ans)
79.    Au bonheur des dames d'Emile Zola
80.    La terre d'Emile Zola
81.    La nausée de Jean-Paul Sartre (j’aimais bien Sartre à 17 ans, pas sûre que ce soit toujours le cas maintenant)
82.    Fondation d'Isaac Asimov (Je compte lire ce grand classique, j’ai déjà lu quelques nouvelles)
83.    Le vieil homme et la mer d'Ernest Hemingway
84.    Louisiane de Maurice Denuzière
85.    Bonjour tristesse de Françoise Sagan
86.    Le club des cinq d'Enid Blyton (ben j’étais jeune quoi !)
87.    Vent d'est, vent d'ouest de Pearl Buck
88.    Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir (je compte le lire car c’est un classique)
89.    Les cavaliers de Joseph Kessel
90.    Jalna de Mazo de la Roche
91.    J'irai cracher sur vos tombes de Boris Vian (je compte le lire aussi)
92.    Bel-Ami de Guy de Maupassant (classé dans mon best of 2008)
93.    Un sac de billes de Joseph Joffo
94.    Le pavillon des cancéreux d'Alexandre Soljenitsyne (je compte le lire)
95.    Le désert des Tartares de Dino Buzzati (idem)
96.    Les enfants de la terre de Jean M. Auel
97.    La 25e heure de Virgil Gheorghiu
98.    La case de l'oncle Tom de H. Beecher-Stowe
99.    Les Thibault de Roger Martin du Gard
100. Le silence de la mer de Vercors (il m’a bouleversé à 14 ans. Le film aussi. Je l’ai relu le mois dernier, j’étais plus pondérée.)

A vous maintenant. Quels livres avez-vous lus parmi cette liste ?

07.09.2009

Dis-moi comment tu lis

jardin et rivière.jpgJeanne m’a taguée sur la lecture :

1 - Plutôt corné ou marque page ?
Corner une page, quel sacrilège ! Un livre est un objet précieux ! Un jour dans le métro une femme tenait son livre en le pliant en deux, j’ai failli faire une syncope. Quand je transporte mon roman, je le dispose dans une boîte pour qu’il ne se salisse pas dans mon sac. Je ne surligne pas. J’écris mes notes et citations sur un carnet spécial renouvelé toutes les années en septembre.

2 - As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?
Oui bien sûr, pour mon anniversaire et à Noël, c'est-à-dire le même jour. Cette année Choupinounet m’a offert le tome 3 des nouvelles de Richard Matheson et mes belles-sœurs Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estés.

3 – Lis-tu dans ton bain ?
Je prends un bain une fois par an, comme Hägar Dünor le vicking. Le personnage de B.D n’est pas mon modèle, c’est juste que je n’ai jamais eu de baignoire chez moi. Je prends un bain dans les maisons de vacances. Comme c’est rare, je savoure sans livre !

4 – As-tu déjà pensé à écrire un livre ?
Oui, quand j’avais 8 ans. J’ai déjà raconté comment mon frère m’a coupé dans mon élan.

5 – Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?
J’ai adoré Harry Potter dont j’ai lu les 7 tomes deux fois. Sinon je trouve que la formule est un peu longue : le premier tome du Fléau de Stephen King est génial, mais je trouve qu’ensuite l’histoire s’essouffle et mériterait d’être élaguée. J’ai eu aussi un peu de mal à rester concentrée sur Le seigneur des anneaux, mais il faut dire que j’ai lu le dernier tome en « bossant » au standard pendant un job d’été. Non mais quelle idée ont les gens de téléphoner pendant ma lecture ! On ne peut plus glander tranquillement…

6 – As-tu un livre culte ?
J’en ai eu plusieurs. D’abord L’île au trésor de Stevenson à 10 ans, Le grand Meaulnes d’Alain Fournier, les nouvelles de Maupassant et Les histoires extraordinaires de Poe,  Orange mécanique, Les thanatonautes de Werber à 15 ans, Premier amour de Tourgueniev, La conjuration des imbéciles à 19 ans. Ensuite peu de livres m’ont marqué, mais récemment, L'étrangleur de Boston, De sang froid de Truman Capote et Le dalhia noir de James Ellroy.

7 – Rencontrer ou non l’auteur du livre ?
Non, ça ne me viendrait pas à l’idée…je n’aime pas décortiquer les livres que je lis, ils perdent toute magie ensuite. Je me fiche de savoir ce que l’auteur a voulu dire, je me fais ma propre interprétation. C’est pour ça que j’ai toujours détesté les livres étudiés en classe. Quant à voir l’auteur pour l’auteur… ce qui est important, c’est le livre !

8 – Aimes-tu parler de tes lectures ?
J’en parle très peu, pour les raisons citées au-dessus. On pourrait croire que je suis inculte car je n’étale pas vraiment ma « confiture »

9 – Comment choisis-tu tes livres ?
Je ne suis jamais au courant des dernières sorties de bouquins. Presque tous les livres récents que j’ai lus m’ont déplu. Je choisis mes livres par citations. Par exemple, la préface du livre de Matheson le comparait à Ray Bradbury, ça m’a donné l’idée de relire cet auteur. Et dans le livre de Bradbury, la nouvelle « le partage » évoque les romans que se dispute un couple pendant un divorce : toute une nouvelle liste de livres que je vais emprunter!

10 – Aimes-tu relire ?
Non, j’ai peur d’être déçue. C’est ce qui m’est arrivé pour Le meilleur des mondes et Le K.

11 – Une lecture inavouable ?
J’ai lu le Da Vinci code. J’ai trouvé que le début était prenant et que j’apprenais des choses. Mais les systématiques coupures en fin de chapitre pour ménager le suspense, les personnages creux et les deux cents dernières pages m’ont gavés !

12 – Des endroits préférés pour lire ?
Le soir dans mon lit avant de m’endormir, l’été à la campagne sur une chaise longue dans le jardin.

13 – Un livre idéal serait pour toi ?
Sans descriptions. Zola et Hugo, j’aimais bien, mais les descriptions d’une boutique sur trois pages, pitié… En classe de seconde la prof de français nous a fait étudier un coucher de soleil. Si je détestais l’analyse d’un livre entier, j’adorais décortiquer des extraits de livres non lus, le français et l’explication de texte était ma matière préférée. Mais ce jour-là, avec cette description inintéressante qu’il fallait relire douze fois pour trouver le champ lexical…c’était l’horreur. Devant mes réticences, la prof a dit qu’un vrai lecteur appréciait les descriptions et qu’un bon écrivain devait savoir en faire. J’ai cru que j’étais une beauf, cette prof m’a traumatisé !

14- Lire et manger ?
Plus maintenant, mais jusqu'à 18 ans, je le faisais souvent. Je rattrapais le temps que j’avais perdu à l’école à apprendre des trucs inutiles. Je lisais aussi à la cantine et au CDI pendant les récrés. A part le français et l’histoire qui m’intéressaient, je me suis ennuyée à mourir pendant tout le collège et le lycée.

15 – Lecture en silence, en musique, peu importe ?
Je préfère dans le calme forcément, mais quand je lis dans le métro c’est difficile. Dans le jardin, le chant du merle et l’écoulement de la rivière me perturbent aussi, mais ces bruits sont quand même plus agréables !

16 – le Livre te tombe des mains, tu vas quand même jusqu’au bout ?
Je me force, mais j’ai quand même abandonné deux livres : le seul Marc Lévy que j’ai lu et un livre dont je ne préfère pas citer l’auteur car c’est « un copain d’un copain »

17 L’auteur que tu regrettes de ne pas avoir lu ?
Aucun, quand je trouve le nom d’un auteur intéressant que je n’ai pas encore lu, je le retiens pour le lire plus tard.

18 – Ton livre de chevet tout de suite ?
J’ai déjà cité mes livres préférés. En ce moment je lis avant de m’endormir des nouvelles de J.G Ballard.


Je tague en retour Trillian, car c’est elle qui m’a proposé mon premier tag. Je tague aussi Flashmarion et Gabrielle. N’hésitez pas à  faire ce tag vous aussi ou à m'en soumettre d’autres, j’adore ça !

Photo : la rivière du jardin. Car comme dit Voltaire, il faut cultiver son jardin !

12.08.2009

Enfin une vraie critique de cinéma

horus.jpgJ’ai expliqué ici que je n’osais pas écrire une critique de cinéma.
Ca y est, j’ai enfin compris comment faire. On m’a enseigné la critique parfaite : concise, simple, efficace. Le professeur a illustré sa leçon dans le feu de l’action, en pleine séance de cinéma.
Le film était Horus, prince du soleil de Isao Takahata. En fait, la leçon ne m’était pas dédiée, mais j’ai pu en profiter car le prof parlait très fort.

Aujourd’hui, solennellement, je vous transmets à mon tour ce savoir précieux. Veuillez méditer ces paroles philosophiques :
« Lui, on dirait qu’il est gentil, mais en fait il est un peu méchant. Et elle, on dirait qu’elle est zentille, mais en fait elle est un peu méssante. »

Voilà, le prof a déjà tout compris aux films. A quatre ans. Bravo.
Enfin, il a tout compris aux films…je parle de ceux avec des vrais personnages crédibles dedans, pas des types caricaturaux et manichéens tout blanc ou tout noir.

Finalement, peu de films s’appliquent au modèle. La leçon n’est peut-être pas si universelle…

01.08.2009

Des chefs-d'oeuvre perdus pour la nation

carrière gâchée.jpgUn pote de Choupinounet m’a encore demandé pourquoi je n’écrivais pas de scénarii comme eux tous. Je m’apprêtais à répondre, mais Choupinounet m’a interrompu : « raaah, on la connaît par cœur ton excuse bateau ! ».
Comme je suis bâillonnée, je profite de mon seul espace de liberté sans l’oppresseur Choupinounet pour radoter mon excuse bidon. Ca intéressera peut-être enfin quelqu’un, peuh.

Dès que j’ai su lire et écrire, j’ai inventé des scénarios. Enfin, des story-boards, mais comme je ne savais pas comment ça se nommait, j’appelais ça « mes B.D de films ». Je dessinais des affiches de ciné, avec des annotations : « Le film aux 7 césars, 8 oscars, palme d’or à Cannes 1989 » « Magnifique ! La meilleure comédie de  l’année (Télé 7 jours) » Oui, à cet âge là, la référence ciné est le magazine télé familial. J’ai pas bien évoluée, je ne lis toujours pas Les Cahiers du Cinéma.

Un jour, à 7-8 ans, alors que j’étais plongée dans l’écriture d’un de mes chefs-d’œuvre, j’entends mon frère rire. Il avait tout lu caché derrière moi et se moquait de mes écrits en citant des passages. La honte de ma vie. A partir de ce moment, j’ai continué à écrire, mais j’ai systématiquement déchiré ou brûlé mes textes après réalisation. Même mes rédactions pour le collège. Ma seule lectrice et fan, ma meilleure amie de l’époque, a même pleuré quand je lui ai avoué avoir tout jeté…Vers 17 ans, j’ai fini par arrêter. D’écrire, hein, pas de jeter.

Alors voilà, c’est ma grande excuse pour expliquer pourquoi je n’écris pas de fictions. Ca laisse planer le doute : Mais oui ! Si on m’avait laissé m’exprimer, j’aurai pu devenir le nouveau Maupassant ou le nouveau Verhoeven, on n’en doute pas…
Mon histoire est quand même plus intéressante que : « ben…j’ai peut-être des idées de scénar…mais elles tiennent environ 3 minutes 30 de film…ça ferait des courts-métrages très courts quoi…Quoique, mises bout à bout, ça ferait un film d’une durée normale ! Il serait sans queue ni tête, mais j’expliquerai que, si personne ne le comprend, c’est « parce qu’il est en avance sur son temps » comme disent les péteux.


Boris Cyrulnik analyse bien les gens comme moi : « leurs petits métiers traduisent leur peur de l’engagement, qui mène à l’évitement de la profession qui plaît, car ils pensent que souffrir d’un espoir déçu est plus douloureux qu’accepter une absence de rêve ».

Sinon, j’ai aussi l’excuse n°5 : « j’ai eu une super idée cette nuit pendant une insomnie/un rêve, je t’assure c’était génial, mais je m’en souvenais plus au réveil »,
l’excuse n°7 : « j’ai la main atrophiée à cause de mon doigt coupé, je peux plus écrire. Quoi, c’est la main gauche et je suis droitière, et alors ? »,
l’excuse n°11 : « le chat a fait ses griffes sur mon cahier, l’écriture est illisible »,
l’excuse n°15, dite « à la Baffie » : « je peux pas, j’ai piscine. »
Bon, vous saurez très bien compléter la liste des excuses foireuses tout seul.

03.07.2009

Zombies au centre commercial

centre commercial zombie.jpgCe matin, énervée, je me résigne à mettre les pieds au centre commercial. Mon vilain appareil photo a fricoté avec du sable, qui lui a refilé une maladie mortelle. Il faut que je le remplace pour immortaliser les chamois la semaine prochaine à la montagne. Les bestioles m’attendent sagement en prenant la pose.

J’ai expliqué que j’exècre le bruit, la foule, la musique pourrie, l’éclairage brutal des centres commerciaux. Or ce matin, le centre est ouvert, mais il est plongé dans le noir et tous les magasins sont fermés. Panne d’électricité. On erre dans les immenses couloirs en y voyant pas à deux mètres. Le silence est total. On aperçoit trois lueurs inquiétantes au bout d’une allée : les lampes de poche du personnel de sécurité. Puis je remarque que des gens sont avachis sur les bars, sans bouger ni parler, désespérés d’attendre. Glauque, l'ambiance ?

Moi au contraire, je suis toute contente : « T’as vu ? On se croirait dans Dawn of the dead de Roméro ! Même décor que le film ! Même atmosphère ! Les gens ressemblent à des zombies ! Enregistre avec ton téléphone, on va faire un remake! Trop cool!»

Le shopping devrait toujours être comme ça.

27.06.2009

Comment faire une critique de cinéma

George Clooney.jpgCertains lecteurs fans m’ont posé la question supplié : « Pourquoi tu ne parles pas de films ? » C’est vrai, je vous fais croire que je suis culturée, avec mes 39 films et 41 livres de 2008, mais je ne détaille aucune oeuvre. J’aurai très bien pu citer des titres au hasard sans les avoir vus.
Je ne m’épanche pas sur les films parce que Choupinounet et ses potes bossent tous dans le cinéma.
Déjà, j’ai vraiment des aventures extraordinaires à raconter en échange des anecdotes et potins sur les célébrités.
« Georges Clooney m’a dit que ma robe m’allait super bien… superstar Trucmuche s’est foutu à poil devant moi entre deux conférences de presse… et toi ta semaine ?
- Moi aussi j’ai eu une aventure palpitante, la petite avait perdu son doudou, je te raconte pas l’histoire !
- oui, justement, nous dit pas … »

Surtout, à côté d’eux j’ai l’air d’une fan de Julie Lescaut. Pas parce que j’ai des goûts de chiotte (en général on a les même), ni parce que je n’ai pas vu les films dont ils parlent (on a tous la carte ciné illimitée). Non, je suis incapable de débattre sur le travelling contre plongée salto arrière du plan 6 de la scène 4. J’ai vu Deux sœurs pour un roi pour son sujet, eux, ils ont vu « ce film de gonzesses » uniquement pour l’utilisation de la nouvelle caméra machinchose.
Mon avis sur un film se limite à « c’est bien, c’est bof, c’est flippant quand le robot arrache le toit, c’est dégueu quand la vieille enlève son dentier, c’est drôle quand ils se donnent des cours de baisers pendant la classe, c’est super quand elle lui tatoue le bide, c’est too much quand il lui met la tête dans le four »
Dans cette phrase, 5 films récents sont mélangés. Saurez-vous les retrouver ?

Je déconne, j’ai publié des critiques potables dans les journaux, j’ai quand même fait 5 ans d’étude pour ça. Mais mes articles n’étaient pas lus par ces pros de la mise en scène. J’ai pas envie de perdre tout crédit auprès de Choupinounet moi.

Un jour peut-être si vous êtes sages, ou moi complètement bourrée.

24.06.2009

Les beaux gosses

324536176-les-beaux-gosses-enfin-une-grande-teen-comedy-francaise.jpgAprès une journée remplie d’enfants qui « trichent au chat perché », « volent des Pets shops » et traitent leur copain de « fils de Sarkozy » (si si !), je décide d’oublier en allant au ciné.

Je regarde Les Beaux Gosses, chronique d’adolescents. Après l’école, je vais au collège, c’est logique. Après les enfants turbulents, place aux ados rebelles, ça va me détendre…

Je n’y vais pas le week-end ou le mercredi : voir des ados sur grand écran, ça me suffit, j’en veux pas en plus dans la salle. Ces bestioles, ça glousse tout le temps (la femelle) ou ça crie des commentaires foireux pour faire son intéressant (le mâle).
Je regarde donc le film un soir de semaine, à 22h. Normalement les ados n’ont pas la permission de sortie. Et puis c’est le brevet et le bac, faut bosser les p’tits gars (niark niark, comme c’est plaisant de se moquer des examens quand ce cauchemar est terminé depuis longtemps pour soi)
Un certain nombre ont dû faire le mur, ou bien les parents sont laxistes (Mais que fait la police ?!)

Heureusement, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais le jeune aime s’asseoir sur les sièges en coin ou se coller à l’écran au premier rang. Tandis que les vieilles mémés comme moi chérissent les places en haut au rang du milieu. Si la salle est vide hormis une seule personne à la place du milieu, je vais quand même m’asseoir juste à côté, PARCE QU’IL FAUT ABSOLUMENT ETRE AU MILIEU SINON ON VOIT PAS TOUT TRES BIEN. Non, je ne suis pas une psychopathe de la place de ciné.

Bien, je suis donc entourée de spectateurs qui ont la trentaine passée, des gens respectables qui vont pas faire de bruit, eux.
Dès la première image du film, la bonne femme de 50 balais devant moi s’attrape une mèche de cheveux et se l’entortille au-dessus de la tête. Comme une enfant, manque plus qu’elle suce son pouce. Elle est donc juste dans mon champ de vision, EN PLEIN MILIEU. J’ai dû déménager de ma place adorée. Aucun ado ne m’a jamais contraint à cette hérésie.
Ensuite les vieux autour de moi n’ont pas arrêté de se lever et de faire « scronch scronch » dans mes oreilles en mangeant du pop-corn.
Les ados,eux, rien.
"Les vieux et les jeunes, c’est plus que c’était. De mon temps.."(ça va, j’ai assez imité la mémé ronchon ?)

Vous attendiez une critique du film ? Ha ha, je vous ai eu.
Je vous explique pourquoi la prochaine fois, dans un autre post fascinant.

06.06.2009

Massage à la tronçonneuse

Après cinq mois de rééducation du petit doigt coupé, j’ai enfin fini mes séances de kiné. J’ai donc trouvé que c’était marrant de me bloquer le dos juste le lendemain.

quasimodo.jpgSamedi midi, plus rien à manger. Choupinounet somnole encore sous la couette. Il pense que ça peut attendre, mais hors de question que je mange des vulgaires pâtes. Je fais donc les courses seule.
Je vais à ED, et je saute de joie : ENFIN des légumes bio ! Je n’ai plus à me taper trois kilomètres à pied pour en avoir ! Youpi ! (Vous savez maintenant que j’adore parler de bouffe, alors en plus quand je peux l’associer aux bobos…on m’arrête plus).
Du coup, emportée par mon enthousiasme, j’ai tout pris. Mine de rien, les légumes ne sont pas lourds niveau calories, mais niveau poids, si.
Je soulève d’un grand élan mes deux énormes sacs et les six litres et demi d’eau, et, bizarre, j’entends un crac dans le dos. Exactement à l’endroit où je m’étais déjà bloquée quand j’avais voulu crâner à l’accro branche en prenant la piste noire. (La kiné s’était bien foutue de moi, décidément ces médecins).

Choupinounet, toujours gentil, me propose un massage pour me soulager. Sauf que, pour ne pas trop s’ennuyer, il écoute de la musique en même temps. Pas celle qu’on diffuse dans les salons de massage, ambiance zen avec ruisseau et petits oiseaux. Non, une musique beaucoup plus appropriée: du métal. Je vous détaille la scène le plus rigoureusement possible:

Ambiance sonore : Metallica, Enter Sandman, 110 décibels
Choupinounet, à fond dans son rôle de …chanteur, beugle de sa voix de casserole « Exit light ! Enter night ! » avec la main gauche en forme de micro devant la bouche. De la main droite, il marque le tempo sur mon dos.
Moi (au seuil de la mort): « non, pas là, à gauche !
Choupinounet : - qu’est c’tu dis ? (il chante « Take my hand ! Off to never never land ! »)
Moi (quasiment décédée du dos) - Tu me fais maaaaaaal !
Choupinounet : - Attend, c’est le solo !
Et il fait de l’air-guitar tout en secouant ses cheveux comme les rockers.

Je me suis tapée la moitié de l’album. Ou plutôt, la moitié de l’album m’a tapé. Au final, j’avais étrangement plus mal qu’au départ, mais ça partait d’un bon sentiment. Puis on va dire qu’il fallait bien que je me trouve un nouveau bobo pour faire mon intéressante. (C’est original, l’aspect Quasimodo, l’épaule plus basse que l’autre de 10 centimètres).

Une semaine est passée et le schéma se renouvelle : rien à manger et Choupinounet pas levé. Cette fois, je crois qu’on va manger des pâtes.

 

04.06.2009

Maman, j'ai raté l'avion

Ce soir, pour la première fois depuis longtemps, on décide avec Choupinounet de regarder un film en direct. A force d’enregistrer, on a quand même 70 films en attente. Heureusement qu’on n’aime pas le foot, on visionnerait les matchs avec un an de retard.
Deuxième première (ah ah) de la soirée : on regarde pour la première fois de l’année TF1. (oui je sais, ça fait l’intello qui se la pète ! ) On veut voir Fringe, la nouvelle série de JJ Abrams. Après son  Lost, l’histoire d’un avion et de ses passagers qui se crashent dans une île perdue, Abrams scénarise Fringe : un avion atterrit, mais ses passagers ne donnent plus signe de vie… Cherchez les sept différences.avion.jpg


On allume donc la télé, et pas de Fringe. On regarde alors Canal + et Juno. (Je reviendrai là-dessus, j’ai des choses à dire aussi).A la fin du film, je repense à la déprogrammation de la série, et j’ai une révélation : TF1 aurait-elle enlevé Fringe à cause du crash d’Air France qui monopolise l’attention des médias depuis lundi ? Je pensais que les passagers étaient peut-être perdus sur l’île de Lost…mais je  n'imaginais pas que TF1 déprogrammerait Fringe ! Je comprends que ça puisse choquer des gens, mais là ça devient absurde…D’autant plus que la série sera diffusée dans 10 jours en deuxième partie de soirée seulement. Elle perdra donc des spectateurs et n’aura pas le succès qu’elle mérite…

Déjà, lundi, jour férié, je peux enfin regarder l’Edition spéciale, émission de Canal que j’aime bien parce qu’un peu moins décérébrée que les autres programmes de midi. Cette fois-là, elle ne vaut pas mieux qu’« Attention à la marche ! » : flash spécial toutes les deux minutes sur l’avion, alors qu’on ne sait encore RIEN sur le drame. Très pertinent donc.
Bruce Toussaint : « Je vous rappelle l’information importante de la journée (au cas où on aurait la cervelle d’un poisson) on ne sait encore rien pour l’instant…bien sûr nous allons faire une page spéciale dans notre émission… » Il précise 10 fois : « Nicolas Sarkozy a dit qu’il fallait tout mettre en œuvre pour retrouver l’avion ». C’est sûr, il n’allait pas dire « on fait rien, on s’en tape ! »
A côté de ça, des infos comme par exemple la faillite de Général Motors passe inaperçue. Pourtant, quelle société les profs d’histoire nous citaient pour prouver la puissance américaine ? Hein ? Général Motors ! (vous voyez, j’étais une élève modèle, j’apprenais bien mes leçons…)

Je vérifie sur le net si mon intuition est bonne : « Fringe a « effrayé » TF1 suite à la disparition do (sic) vol d’Air France »
Heureusement qu’avec Choupinounet on est en plein milieu de la saison 3 de Weeds. Ca nous fera patienter jusqu’au début de Fringe. Ah oui, on a 70 films aussi, c’est vrai.

30.05.2009

C'estsuiquidiquiyest, ou comment trouver la bonne réplique

Mercredi, j’étais à la bibliothèque. J’ai rendu Shining de Stephen King. Ca m’a donné l’idée de lire Vol au-dessus d’un nid de coucou, car Nicholson joue dans les adaptations cinématographiques des deux livres.

coucou livre.jpg

Je cherche le bouquin  dans le catalogue de la bibliothèque, et je remarque un problème.
Dialogue idéal :
Moi, ton assuré : « Bonjour, je cherche Vol au-dessus d’un nid de coucou, il est visiblement mal répertorié. Sa côte indique des chiffres, ce qui correspond au classement des livres psy. Or, c’est un roman.
Documentaliste, reconnaissant : - Oui, vous avez parfaitement raison ! Qu’est ce que vous êtes culturée ! Merci infiniment de nous signaler le problème, car « un livre mal rangé est un livre perdu ». Grâce à votre dévouement, des millions de lecteurs ne seront pas privés de ce roman magnifique. Que serait-on sans vous… » Etc.
Je déconne, j’espérais juste : « ah, c’est vrai. Merci, je vais rectifier l’erreur. »

Dialogue réel :
Moi, timidement : « euh…bonjour…je cherche Vol au-dessus d’un nid de coucou, mais euh, je comprend pas, y’a des chiffres… »
Documentaliste, hautain et condescendant : -Vous êtes déjà rentré dans une bibliothèque ? »

J’aurais dû répliquer sur un ton froid et poli qui n’admet pas la polémique : « oui, je viens ici toutes les semaines. » Mais l’attitude sèche et méprisante du bibliothécaire m’a prise au dépourvu. J’ai donc répondu avec des yeux exorbités et une voix aigue « ben, oui ! ». Mon attitude traduisait mon étonnement, mais mon interlocuteur l’a interprété comme la preuve que j’étais effectivement neuneu.

Ensuite, je me suis reprise, j’ai exposé plus clairement le problème, mais le documentaliste s’était fait son opinion. Il ne s’est pas excusé, et a juste clos la discussion par un désinvolte « ah, ouais, c’est mal rangé ».  Puis il a vaqué à ses occupations sans régler le problème. Le livre restera donc perdu, et mon ego atteint.

Le lendemain je raconte l’anecdote à une collègue. Elle me donne sa solution :
« Moi, quand c’est comme ça, je demande carrément : « vous avez un responsable ? Je veux lui parler, votre attitude est inadmissible ! »
Faut pas pousser, on va pas sortir la kalachnikov non plus ! Ca fait le revanchard : « Tiens, prends ça ! Tu vas payer pour Gustave Machintruc qui s’est moqué de ma jupe à fleurs en 6 ème B ! »

On pourrait aussi toujours avoir sur soi un carnet de répliques cinglantes à sortir en chaque occasion délicate : boss critiquant notre travail, ami soi-disant bienveillant qui donne des conseils foireux et condescendants…
Exemple, attaque de dragueur : « eh, mademoiselle, vous êtes charmante ! Viens faire un tour !
Moi : - Attend, je sors mon carnet ! Alors voilà… « c’est celui qui dit qui y est » ah non, je me suis trompée, c’est la rubrique « réponse aux insultes ».

Je peaufine mon sens de la répartie, et dès que j’ai trouvé une bonne réplique, je vous le fais savoir. Je vous donne donc rendez-vous à la saint glinglin. Faut que je prenne des cours sur bash.fr. Vous pouvez m’aider aussi, ça ira plus vite.

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