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03/03/2019

Bilan "je suis culturée" de février

livres, littérature, BD, expositions paris, riad sattouf, cinéma, canal+, sériesCe mois-ci, un seul film au cinéma, mais je me suis replongée dans mes classiques : Les Faites entrer l'accusé, surtout les premiers avec le passionné Christophe Hondelatte et son blouson de cuir. Entre les Féla et les podcasts Hondelatte raconte (non énumérés ici car trop nombreux) Les crimes presque parfaits de Planète et les livres de criminologie que je lis, j'ai constaté que je connais quasiment tous les faits-divers relatés ! (environ 300 !)

1 film au cinéma :
- Glass de M. Night Shyamalan

25 Films Canal +/OCS/Netflix :

livres, littérature, BD, expositions paris, riad sattouf, cinéma, canal+, sériesCycle Clint Eastwood :
- Gran Torino
- Million dollar baby
- La mule
- Mémoires de nos pères
- Lettres d'Iwo Jima
- Un frisson dans la nuit
- Breezy
- L'épreuve de force

Cycle Biopic :
livres, littérature, BD, expositions paris, riad sattouf, cinéma, canal+, séries- American Splendor de Shari Springer Berman et Robert Pulcini 
 - Moi, Tonya de Craig Gillespie
- L'échange de princesses de Marc Dugain
- Le grand jeu d'Aaron Sorkin
- Tout l'argent du monde de Ridley Scott 

Drames psychologiques :
- Jusqu'à la garde de Xavier Legrand
- My cousin Rachel de Roger Michell d'après Daphné du Maurier

Thriller /action :
livres, littérature, BD, expositions paris, riad sattouf, cinéma, canal+, séries- Scarface de Brian De Palma, 1983
- Pulp fiction de Quentin Tarantino
- Incassable de M. Night Shyamalan
- Mindscape de Jorge Dorado 
- Wind river de Taylor Sheridan

Horreur :
Insidious de James Wan 
- The visit de M. Night Shyamalan
- Répulsion de Roman Polanski

Comédies :
- Les beaux gosses de Riad Sattouf
- La personne aux deux personnes de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine

2 séries :
livres, littérature, BD, expositions paris, riad sattouf, cinéma, canal+, séries- Engrenages saison 7
- Illuminée saison 1

21 Documentaires :
- L'album secret de Clint Eastwood
- Edouard Molinaro 
- La Terre à plat (conspiration dela Terre plate) Netflix
- Heal, les médecines alternatives, Netflix
- Trump et le coup d'état des multinationales, Arte

Faites entrer l'accusé :
livres, littérature, BD, expositions paris, riad sattouf, cinéma, canal+, séries- Jean-Claude Romand, le menteur
- Sylvie Reviriego, Meurtre sur ordonnance
- David Hotyat, la tuerie du grand Bornand
- Véronique Courjault, L'affaire des bébés congelés
- Magali Guillemot, la mort du petit Lubin
- Marc Dutroux, le démon belge

- Nadine et Jérôme, Meurtre en famille
- Geneviève Montillet, la diabolique d'Antibes
- Joël Deprez, L'homme de trop
- Peter et Aurore, Les amants diaboliques
livres, littérature, BD, expositions paris, riad sattouf, cinéma, canal+, séries- Rodica Negroiu, L'empoisonneuse de Maxéville 
- La disparition de Suzanne Viguier
- L'affaire Giraud/Lherbier
- Didier Tallineau L'homme aux deux visages
- Bérenger Brouns Le charcutier du marché St Martin
- Richard Roman, le procès d'un innocent (affaire Gentil)

6 Livres :
Psy :
- Les vilains petits canards de Boris Cyrulnik
- 16 cas cliniques en psychopathologie de l'adulte de Nathalie Dumet et Jean Ménéchal
B.D :
livres, littérature, BD, expositions paris, riad sattouf, cinéma, canal+, séries- La vie secrète des jeunes de Riad Sattouf 
- Les pauvres aventures de Jérémie de Riad Sattouf (3 tomes)
- La quête de l'oiseau du temps de Loisel/ Le tendre (4 tomes)
- Blueberry, 3 premiers tomes

3 expos :
- Vasarely, inventeur de l'art optique, jusqu'au 6 mai, Centre Pompidou
- Le cubisme, centre Pompidou
- Riad Sattouf, l'écriture dessinée, jusqu'au 11 mars, centre Pompidou

 

06/02/2019

Bilan "je suis culturée" de janvier

littérature,bd,cinéma,documentaires netflix,affaires criminelles4 films au cinéma :
- La mule
de Clint Eastwood
- Les animaux fantastiques 2
de David Yates
- Astérix, le secret de la potion magique
, d'Alexandre Astier et Louis Clichy
- Border
de Ali Abbasi

3 séries :
- En analyse
saison 3
- Rick et Morty saison 1 à 3
- Engrenages saison 6

1 expo :
littérature,bd,cinéma,documentaires netflix,affaires criminelles- Sergio Leone, La cinémathèque

1 concert :
- Flogging Molly au Trabendo

1 pièce de théâtre :
- Le gros diamant du prince Ludwig, molière de la meilleure comédie 2018

15 Livres :
Jirô Taniguchi
 :
littérature,bd,cinéma,documentaires netflix,affaires criminelles- Quartier lointain
- Le journal de mon père
- Un avenir radieux
- Le gourmet solitaire
Corinne Maier :
- Ceci n’est pas une lettre de candidature
- Einstein
- Marx
- Freud
L’arabe du futur de Riad Satouf, tome 1 à 4
Modeste et Pompon de Franquin, tome 3 et 4
Great Teacher Onizuka, tome 21 à 25
- In treatment, lost in therapy de Clotilde Leguil (analyse de la série TV)

littérature,bd,cinéma,documentaires netflix,affaires criminelles12 Films Canal + /OCS :
Comédies :
- Papa ou maman 2

- Santa & cie
d’Alain Chabat
- La folle histoire de Max et Léon du Palmashow
- Maggie a un plan de Rebecca Miller
-Comment l'esprit vient aux femmes de George Cukor, 1951
- La petite sirène, 1990

Thriller :
littérature,bd,cinéma,documentaires netflix,affaires criminelles- Gran torino
de Clint Eastwood, 2008
- La fille du train de Tate Taylor
- Prête à tout de Gus Van Sant, 1995

Horreur/ Fantastique / action :
- La compagnie des loups
de Neil Jordan, 1985
- Veronica de Paco Plaza, 2017
- 300 de Zack Snyder, 2006

26 Documentaires :
Société :
Coups de cœur :
littérature,bd,cinéma,documentaires netflix,affaires criminelles- Fyre festival
- Being clear scientology 
Bien :
- L'assassinat des Romanov, nouvelle thèse
- Carré 35 de Eric Caravaca

Affaires criminelles :
Coups de cœur :
littérature,bd,cinéma,documentaires netflix,affaires criminelles- Making a murderer
- Soupçons
Bien
- Casting Jon Benet
- L'enfance volée de Jan Broberg
- Jack l'éventreur, la fin du mystère ?
-The investigator, a british crime story
Pas mal :
- L'ombre disparue de Marie-Hélène audoye
- Joseph Fritzl, story of a monster
Décevant :
littérature,bd,cinéma,documentaires netflix,affaires criminelles- Deadly women
- Dans la tête des criminels
- Les génies du mal

Des crimes presque parfaits :
Coups de cœur :
- La séquestrée de Poitiers
- Henriette Caillaux, un meurtre au Figaro
- L'affaire Steinheil, la veuve rouge
- Affaire Landru
- Le docteur Petiot

littérature,bd,cinéma,documentaires netflix,affaires criminelles- Violette Nozières
- Casque d'or et les apaches
- L'affaire Dominici
- Guillaume Seznec, une énigme judiciaire
- Raoul Villain, il a tué Jaurès
- Affaire Hélène Jégado, l'empoisonneuse

 

02/02/2019

Bilan lecture : les romans

vies mienne.jpgEmmanuel Carrère :
- La classe de neige
- La moustache
biographies :
- L'adversaire
- Un roman russe
- D'autres vies que la mienne
- Limonov
- Je suis vivant et vous êtes morts (biographie de K Dick)

Delphine de Vigan :
- Rien ne s’oppose à la nuit
- No et moi
- Les heures souterraines
- D'après une histoire vraie

Philippe Jaenada :
histoire vraie.jpeg- Le chameau sauvage
- Le cosmonaute
- La femme et l’ours
- Nefertiti dans un champ de canne à sucre
- La petite femelle
- La serpe

Milan Kundera :
- L’identité
- La plaisanterie
- L'insoutenable légèreté de l'être

Romain Monnery :
- Libre seul et assoupi, Le saut du requin, Un jeune homme superflu
Carol Joyce Oates : Cher époux et Carthage
Virginie Despentes : Bye bye blondie et King-Kong théorie
Titiou Lecoq : Les morues et Chroniques de la débrouille
Laurie Colwin : Drôles d'oiseaux, Une vie merveilleuse et Rien que du bonheur

Adaptés au cinéma :
vieillir.jpg- Nous ne vieillirons pas ensemble de Maurice Pialat
- Un singe en hiver d'Antoine Blondin
- La chambre des officiers de Marc Dugain

Policiers (adaptés au ciné) :
- Monsieur Hire de Simenon
- Feux rouges de Simenon
- Sueurs froides de Boileau et Narcejac

Humour :
- Fuck les connards, manuel de survie quand quelqu'un vous pourrit la vie de Michael et Sarah Bennett
- Fabrice Luchini et moi
de Olivier Sauton
-
Je vais pas me taire parce que t’as mal aux yeux de Sarah Dahan
- La fin du monde n'aurait pas eu lieu de Patrick Ourednik
La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole
- La vie sexuelle des super héros de Marco Mancassola

Drame :
- Les coups de Jean Meckert
La chute d'Albert Camus
- Thérèse et Isabelle de Violette Leduc
- Et au pire on se mariera de Sophie Bienvenu

Fantastique /SF :
- Docteur Sleep de Stephen King
- Les Tommyknockers de Stephen King
- Docteur Bloodmoney Philip k Dick
- 1984 de George Orwell

Nouvelles :
24h de la vie d’une femme et Destruction d’un cœur de Stefan Zweig
- Des hommes sans femmes de Haruki Murakami 
- Des histoires pour rien de Lorrie Moore
- Vies cruelles de Lorrie Moore
- L'amour d'une honnête femme d'Alice Munro
- Les nuits difficiles de Dino buzzati
- Les filles de l'ombre de Mathieu Terence 
- La balade du café triste de Carson Mccullers
- L’état de l’Angleterre et Nouvelle carrière de Martin Amis
- Superman n’existe pas, nouvelles de Jaenada, Rozen, Urien, Villard
- Nouvelles de Mars, de Jaenada et Sophie Fontanel

 

31/01/2019

Bilan lecture : crimes, travail et biographies

littérature, lecture, livres, corinne maier, travailAffaires criminelles :
- La serpe de Philippe Jaenada
- La petite femelle de Philippe Jaenada
- L'adversaire d’Emmanuel carrère
- Lætitia de Ivan Jablonka

- La séquestrée de Poitiers et l'Affaire Redureau, de André Gide
- Femmes fatales, les criminelles approchées par un expert de Michele Agrapart Delmas
Crimes de femmes : 25 histoires vraies de Anne Sophie Martin
- L’empoisonneuse de Peer Meter (bd)
- Le crime des sœurs Papin, les dessous de l’affaire, d'Isabelle Bedouet

Essais :
- Beauté fatale
de Mona chollet
- Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estés 
- King-kong théorie de Virginie Despentes
- La garçonnière de la république de Émilie Lanez
- Toxic croquettes de Jutta Ziegler
Le charme discret de l'intestin de Giulia Enders

Travail :
littérature,lecture,livres,corinne maier,travail- Bonjour paresse de Corinne Maïer
- Ceci n'est pas une lettre de candidature de Corinne Maier
- Lettres de non motivation de Julien Prévieux
- Tribulations d’un précaire de Ian Levison
- Ta carrière est fi-nie ! et Absolument débordée ! de Zoé Shepard
- Les heures souterraines de Delphine de Vigan
- Libre seul et assoupi de Romain Monnery
Le petit malheureux de Guillaume Clémentine

Biographies :
- La promesse de l’ombre de Romain Gary
- Ça s’est passé comme ça de Gérard Depardieu
- Mille vies valent mieux qu'une, Jean-Paul Belmondo
- Berthe Morisot de Dominique Bona
- Quel effet bizarre faites-vous sur mon cœur de Christine Orban (lettres de Napoléon à Joséphine)
- Le dernier stade de la soif de Frédéric Exley
- Les ritals de François Cavanna
- Chroniques de la débrouille de Titiou Lecoq
- Thornytorinx de Camille de Peretti (anorexie)

 

26/01/2019

Bilan lecture : les B.D

arabe futur.pngBiographies :

- Jirô Taniguchi : Le gourmet solitaire
- Un avenir radieux
- Le journal de mon père
- Quartier lointain

- L’arabe du futur de Riad Satouf, tome 1 à 4
- Culottées ! de Pénélope Bagieu
- Les maîtres de l’orge de Jean Van Hamme (fausse biographie)

absurdo.jpg- Corinne Maier : Einstein
- Marx
- Freud

Humour :

Marc Dubuisson :
- Ab absurdo, la fin du monde est pour hier
- Les grands moments de solitude de Michael Guérin 
- Les grands moments de solitude, vers l’enfer et au-delà ! tome 2
- La nostalgie de Dieu, l’intégrââl (3 tomes)

Allan Barte :
cliché hollywood.jpg- Petit illustré des gros clichés d’Hollywood
- Le journal du lutin (2 tomes)

Voutch :
- Les joies du monde moderne 
- Ouragan sur le couple
- Le monde merveilleux de l’entreprise  
- L’amour triomphe toujours
- Le pire n’est même pas certain

- Modeste et pompon de Franquin (tome 1 à 4)
- Tu mourras moins bête de Marion Montaigne (tome 1 et 4)
- Putain de chat de Lapuss
- Calvin et Hobbes l'intégrale de Bill Watterson
- What a wonderful world de Zep

Science-fiction / fantastique :

BD, livres, littérature, BD humour- Les mondes d’Aldébaran de Léo (5 tomes)
- Bételgeuse de Léo (5 tomes)
- Universal War 1 et 2 de Denis Bajram
- Aama de Frederik Peeters (4 tomes)

- Locke and key de Joe Hill (fils de Stephen king) (6 tomes)
- Blast de Manu Larcenet (4 tomes)

Mangas :
- Monsters de Naoki Urasawa (tome 1 à 9)
- Great Teacher Onizuka de Tôru Fujisawa (tome 1 à 20)

22/01/2019

Le misanthrope au travail

Misanthrope.jpgComme Alceste, les hypocrites comme Philinte m'horripilent. Ce dernier pourrait représenter le juste milieu entre Célimène, la profiteuse populaire, et Alceste, l'excessif asocial, mais pour moi Philinte n'est qu'un faux-jeton complaisant. Il ne se mouille jamais, il ne fait donc pas bouger les choses et ne sert à rien. Il s'exclame par exemple :
"Et c'est une folie, à nulle autre seconde
De vouloir se mêler de corriger le monde.
J'observe, comme vous, cent choses, tous les jours
Qui pourraient mieux aller, prenant un autre cours
Mais quoi qu’à chaque pas, je puisse voir paraître
En courroux, comme vous, on ne me voit point être
Je prends, tout doucement, les hommes comme ils sont
J'accoutume mon âme à souffrir ce qu'ils font."

Dans un ancien boulot, j'avais dénoncé tout haut ce que tout le monde blâmait tout bas (de gros problèmes de consignes contradictoires et de harcèlement), et un collègue m'avait sorti : "il en faut des gens comme toi, car ils font bouger les choses. Le problème, c'est que c'est toi qui prends tout après, car personne ne te soutiendra par peur, alors que tu as raison."

Philinte prétend être ami avec un homme, mais s'en moque quand ce dernier a le dos tourné. Alceste est horrifié. Cette scène ressemble à celle que j'ai surprise avec une ancienne connaissance : elle croise un collègue, lui fait un large sourire en lui disant bonjour et d'autres amabilités. Tant d'insistance et de gentillesse ne pouvaient sembler que sincères, mais pourtant dès que l'homme passe la porte, la fille s'exclame :  "quel connard celui-là !" Cette situation s'est reproduite à l'identique devant d'autres témoins, aussi choqués que moi par une telle hypocrisie. La fille, imperturbable, nous répondait : "ça s'appelle de l'intelligence sociale". 
Ce que Philinte exprime ainsi en 1666 :
"Mais quand on est du monde, il faut bien que l'on rende
Quelques dehors civils, que l'usage demande"

Alceste se défend mieux que moi :

"Non, vous dis-je, on devrait châtier, sans pitié
Ce commerce honteux de semblants d'amitié :
Je veux que l'on soit homme, et qu'en toute rencontre
Le fond de notre cœur, dans nos discours, se montre
Que ce soit lui qui parle, et que nos sentiments
Ne se masquent jamais, sous de vains compliments."

Je veux qu'on soit sincère, et qu'en homme d'honneur
On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur.

J'ai vu une scène similaire au travail. Une femme un peu empotée arrive pour la première fois en robe. Les collègues s'extasient devant sa tenue :
"Han comme elle te va bien !"
La fille rosit, elle n'a pas l'habitude d'être au centre de l'attention : - "C'est vrai ?
- Oui, ces fleurs ! Et ces couleurs !"
La fille se confond en remerciements balbutiants. Dès qu'elle repart, les deux compères éclatent de rire : 
"Nan mais t'as vu comme ça la boudine !
- Et ce motif ! Elle a piqué la robe de sa grand-mère ?"

J'étais outrée. Je ne prétends pas qu'il faut dire à la Alceste : "écoute, tu ferais mieux d'éviter, tu ressembles à l'hippopotame en tutu dans Fantasia (bon, Alceste s'exprimerait mieux et en vers, mais on n'est plus en 1666  et vous avez saisi le sens), mais de là à mentir à ce point ! Surtout que la fille ne leur avait pas demandé leur avis ! 
Si elle l'avait fait, je n'aurais pas pu mentir ("ma chéwie ! tou é magnifique !"), mais j'aurais adouci mes propos. On me reproche parfois ma franchise, mais pourquoi me demander mon opinion si c'est pour ne pas l'accepter ?

Oronte : "Mais ne puis-je savoir ce que dans mon sonnet...
Alceste : - Franchement, il est bon à mettre au cabinet."

Suite demain

 

 

20/01/2019

Le misanthrope

misanthrope.jpgDéçue par mes dernières lectures, je décide de relire mes classiques. En premier, celui qui reste mon préféré depuis que je l'ai découvert l'été de mes 13 ans. Je m'en souviens comme si c'était hier, un choc, une révélation : il reflétait exactement mes pensées, mettait les mots sur ce que je ressentais. Je passais des journées entières à recopier des pages et des pages de ces monologues formidables, dans l'idée de les retenir pour les ressortir à mes détracteurs.

Les goûts changent en grandissant (Les Fantômette, Club des 5 et Super picsou géant ne trônent plus dans ma bibliothèque aujourd'hui, étonnant non ?) Ado, j'avais pris une claque avec le K de Dino Buzzati, La chute de Camus, Les mots de Sartre ou La conjuration des imbéciles, mais ils m'ont bien moins impressionnée à la relecture. Seul un livre traverse toutes les époques, un livre qui a 350 ans et reste d'actualité. Sauf pour le langage. Imaginez la tête des gens si je leur rétorquais, lorsque je constate une énième injustice et malveillance :
"J'entre en une humeur noire, en un chagrin profond
Quand je vois vivre entre eux, les hommes comme ils font
Je ne trouve, partout, que lâche flatterie
Qu'injustice, intérêt, trahison, fourberie"

Ces propos sont pourtant toujours opportuns. Au travail, je m'indigne quand des gens hautement toxiques, bêtes, méchants et glandeurs sabordent le travail et l'ambiance par leurs médisances, mais accusent les autres à leur place. Je m'insurge quand ces grandes gueules s'attribuent le travail des humbles et timides, mais on me répond, pas plus tard que ce vendredi : "on sait, mais tu comprends, on ne peut rien lui dire, elle est intouchable et elle attaquerait dix fois plus fort. Il vaut mieux se la mettre dans la poche et faire semblant de l'apprécier".

Nommez-le fourbe, infâme, et scélérat maudit
Tout le monde en convient, et nul n'y contredit.
Cependant, sa grimace est, partout, bienvenue
On l'accueille, on lui rit; partout, il s'insinue
Et s'il est, par la brigue, un rang à disputer
Sur le plus honnête homme, on le voit l'emporter.
Têtebleu, ce me sont de mortelles blessures
De voir qu'avec le vice on garde des mesures
Et, parfois, il me prend des mouvements soudains
De fuir, dans un désert, l'approche des humains.

Si tout le monde supporte des actes intolérables, si personne n'agit, comment peut-on améliorer les choses ? J'ai parfois envie de répondre comme Alceste :  
"Je hais tous les hommes : les uns, parce qu'ils sont méchants et malfaisants
Et les autres, pour être aux méchants, complaisants."

Vous l'avez compris, j'évoque Le misanthrope de Molière, pièce écrite en 1666 et toujours aussi d'actualité. Elle est d'ailleurs régulièrement jouée et actuellement à Paris avec Lambert Wilson. J'estime cependant le titre peu approprié : pour moi, Alceste n'est pas vraiment misanthrope. Il est simplement profondément honnête, sincère et passionné. Il se révolte contre le mensonge et l'injustice. Il ne déteste pas tous les humains, puisqu'il meurt d'amour pour Célimène. Elle est pourtant une pétasse superficielle, à l’opposé du caractère d'Alceste, entier et profond.

Célimène fait preuve de la popularité et de l'aisance en société qui font défaut à Alceste. Elle flatte et est entourée de flatteurs. Elle me faisait penser quand j'étais au collège aux pouffes populaires, moqueuses, manipulatrices et futiles : les filles qui pavanaient avec leur dernière tenue à la mode, qui flirtaient avec les garçons et les manipulaient pour obtenir des faveurs et être traitées en princesse. Elles prétendaient également être amies avec des camarades mal dans leur peau, qui leur servaient en fait d'aide aux devoirs et de faire-valoir ("regardez, à côté de ce boutonneux renfermé, je parais très belle et charismatique"). La majorité riait de leurs moqueries, pour ne pas devenir le prochain souffre-douleur de ces tyrans.  
J'ai lu un article expliquant que ces personnes populaires à l'école, peu habituées à l'effort et aux contraintes, puisque tout le monde va dans leur sens et devance leurs besoins, réussissent moins bien leur vie ensuite. Elles peinent à continuer leurs études, obtenir des diplômes et un bon travail. Alors qu'au contraire, certains anciens mis au rebut réussissent mieux, par souci de reconnaissance et de revanche. Justice, enfin !
Suite demain

 

14/01/2019

Bilan littérature

bonjour paresse.jpgSi vous regardez la colonne de gauche, vous pouvez conclure que je suis toujours en train de lire les mêmes livres : "je vais pas me taire parce que t'as mal aux yeux" (sur les paroles parfois saugrenues des chansons françaises) et "comment rater complètement sa vie en 11 leçons".
Je suis censée lire ces romans depuis... 2015. ce qui doit correspondre à 3 mots par jour, c'est rapide.
A croire que mémé train de retard prend au pied de la lettre les préceptes de ce dernier livre... De même, je n'ai pas actualisé ma colonne lecture depuis 2012, alors que depuis j'ai lu + de 300 bouquins !

Je vous épargne le récapitulatif des six dernières années : tout simplement parce que j'ai perdu le décompte des quatre premières. Pourquoi ? Car mémé nulle en nouvelles technologies note tout à la main sur des petits carnets : - "c'est tellement plus joli" 
- "c'est tellement plus vivant que le froid clavier et l'écriture standard de l'ordinateur". 
Je devrais plutôt dire : 
- " je note tout à la main sur un carnet que je vais perdre ensuite"
- "je note tout à la main sur un carnet que je ne vais pas pouvoir relire parce je n'arrive pas à déchiffrer mon écriture de sagouin" (ou de docteur comme on me l'a déjà dit) 
- "je note tout à la main sur un carnet que je ne vais pas pouvoir relire parce que l'estomac sur pattes aura renversé son cacao/sa choucroute dessus"

En 2016, révolution : mémé nulle en nouvelles technologies note ses récapitulatifs sur ordinateur !
Je peux ainsi vous proposer une liste de 150 livres.
J'en profite pour créer une nouvelle catégorie "on connaît le livre". J'ai reclassé à l'intérieur mes articles sur le sujet (sur 10 ans de blog, c'était looong), comme les quiz littérature, mes critiques de livres sur le cinéma hollywoodien, ou des biographies comme celles de Patrick Dewaere ou Simone de Beauvoir, et des livres de Dorothy Parker, la vie à deux

La réalité dépassant la fiction, je privilégie toujours autant les biographies. Fascinée par ce qui est étrange, disproportionné et incompréhensible, je suis donc toujours adepte des études sur les affaires criminelles (ah, les soeurs Papin qui arrachent les yeux de leur patronne parce qu'elle s'était plaint du linge mal repassé). Fascinée par ce qui est étrange, disproportionné et incompréhensible, je suis donc toujours adepte des livres sur... le travail. J'ai relu les Corinne Maier comme Bonjour paresse, en bonne Gastonne Lagaffe (mon idole, mon mentor, mon guide spirituel).
Déçue par certains écrits, j'ai relu ceux qui m'avaient enthousiasmé. Je me suis donc replongée dans tous les Philippe Jaenada, les Romain Monnery et les Emmanuel Carrère. J'ai également découvert Delphine de Vigan et ses romans semi-autobiographiques sur le harcèlement au travail, l'amitié perverse, le deuil... 
J'ai du mal à classer tous ces livres vu leur nombre, et encore plus à donner mon avis. Mémé Alzheimer en a oublié la plupart ! Mais j'ai pris des notes sur les plus intéressants. A découvrir ici bientôt...

 

05/11/2018

hyperconnectés, le cerveau en surcharge

hyperconnectés.jpgCe documentaire reste disponible en replay sur Arte jusqu'au 11 décembre. Il explique que l'on fait deux choses en même temps en pensant être plus efficace, or c'est tout l'inverse, on effectue mal nos deux tâches cumulées, et surtout, on s'épuise.
Justement j'ai regardé ce documentaire en... faisant du sport. Aveu qui ne manque jamais de provoquer des airs ahuris et qui contribue encore à établir ma légende d'extra terrestre. La salle de sport était pourtant ma deuxième maison (avec le réfectoire : je suis un estomac sur pattes parce que je fais beaucoup de sport et que ça m'ouvre l'appétit, et je fais du sport pour éliminer tout ce que j'ingurgite : c'est le cycle infini). Quand on me demande pourquoi je ne fréquente plus la salle, je réponds qu'il est plus intéressant de faire de la gym chez moi devant de la bonne musique ou un documentaire, qu'en écoutant les toutouyoutou technos insupportables du nouveau prof de cardio training qui me gueule dessus comme le sergent instructeur de Full metal jacket parce que je fais mal mes pompes, et en étant collée à 20 gonzesses qui suent et puent des baskets.
Les scientifiques montrent que se mouvoir en apprenant est bénéfique : on retient mieux. C'est donc grâce aux squats et jumping jack que j'ai pu me souvenir de ce documentaire et écrire cet article. 

Chaque jour, 150 milliards d'e mails sont échangés dans le monde. Pour que l'on puisse concevoir ce que cela représente, le réalisateur prend en exemple la Bibliothèque nationale de France, l'une des plus grandes au monde, regroupant 14 millions de documents. Eh bien chaque seconde, le double d'informations, soit 28 millions (j'ai fait math sup) est envoyé. Le documentaire prouve que l’hyper connexion affecte notre mémoire et notre capacité de concentration, et en plus provoque du stress, notamment au travail. Etre sans cesse interrompu par des messages ou des appels intempestifs, ou être dans la peur de manquer un message urgent si l'on est déconnecté conduit au burn out.

Le documentaire prouve que recevoir et écrire un mail provoque un stress dont on est souvent inconscient, et que cela empêche les interactions humaines. Les employés s'envoient des mails plutôt que de se parler, alors qu'ils se trouvent dans le même bureau.
J'ai pu le constater cette semaine. J'écris heureusement très peu de courriels au travail, peut-être un ou deux par mois, mais j'ai dû en rédiger un vendredi. Je suis allée voir plusieurs collègues pour leur demander s'ils pouvaient effectuer un échange de planning horaire avec moi. La plupart m'ont demandé d'envoyer un mail impersonnel groupé à la place. Mais pourquoi ? Un courrier qui sera noyé dans le flot d'information de la messagerie professionnelle ? Même si quelqu'un peut accéder à ma requête, va t-il prendre la peine d'y répondre ? De plus je demande un service : il est moins facile de refuser lorsqu'on a la personne en face de soi que par mail. J'ai trouvé cette suggestion d'écrire un mail saugrenue, et je ne l'ai pas suivie.

Lorsque j'ai pu enfin faire l'échange, de visu, je suis allée voir le responsable pour lui indiquer, mais il m'a demandé à la place de lui « envoyer un mail ». J'ai dû m’exécuter (pan). Je me sentais mal à l'aise car je ne parvenais pas à trouver les mots adéquats : « je débute mon mail comment ? Par un « bonjour » alors que je viens de le voir, c'est ridicule ! « Salut », c'est pas mon pote non plus, « monsieur », on ne se vouvoie pas... Je vais quand même pas lui écrire : « bon vu que t'aimes te compliquer la vie en me demandant d'écrire un mail alors que tu te plains d'en recevoir une centaine par jour et que ça te prend un temps fou de les lire, et que ça te demandait juste deux secondes de répondre « ok » à l'oral, je t'envoie comme convenu ce mail qui te rappelle ce que je viens de te dire en face il y a deux minutes, au cas où tu aurais oublié avec ta cervelle de moineau, bien cordialement... »

Le documentaire s'attarde sur les conséquences de l'hyper connexion au travail, mais le problème s'applique au quotidien dans les réseaux sociaux, et le burn out frise particulièrement les blogueurs en quête de re tweets ! C'est pourquoi parfois je suis bien contente d'être mémé train de retard nulle en nouvelles technologies : je ne peux pas commenter l'actualité ciné pour augmenter mon audience, le temps que mémé se connecte, le monde est déjà passé à la diffusion télé.



30/06/2018

The long and winding road

beatles, musique, paul mccartneyUne chanson triste à pleurer car elle a précipité la fin des Beatles. Je suis toujours émue lorsque McCartney la joue en concert. Il y évoque sa relation devenue difficile avec Lennon, déjà relatée ici dans Let it be. Il explique qu’il  tente désespérément de faire des efforts et de  renouer le dialogue, de suivre la longue et sinueuse route qui mène à la porte de son ami, mais Lennon ne le laisse plus rentrer :

Many times I've been alone, and many times I've cried
Souvent j'ai été seul et souvent j'ai pleuré
Anyway you'll never know the many ways I've tried
Tu ne sauras jamais tous les chemins que j'ai essayés

L’enregistrement du titre se déroule au début de l’année 1969, mais Lennon n’est plus investi. Il préfère se consacrer à sa carrière solo. Il a sorti un premier album de musique expérimentale assez spécial avec sa nouvelle compagne, Yoko Ono. L’artiste perchée a une forte emprise sur son mari, elle est omniprésente lors des sessions d’enregistrements et donne son avis sur tout, ce qui agace fortement McCartney.

Lennon a bien compris le message de la chanson, et fait comprendre qu’il n’y est pas favorable en la massacrant. Paul abandonne alors à son tour (il ne va pas défoncer la porte à coups de bélier ni camper devant) et the long and winding road est barrée.
Jusqu’à ce que le producteur Phil spector force le passage. Sans que McCartney soit au courant, Spector décide de modifier la chanson :

« The Long and Winding Road était un enregistrement terriblement mauvais quand je l’ai entendu pour la première fois. John jouait de la basse avec des fausses notes partout. (…) C’était vraiment horrible. (…) John n’aimait pas cette chanson. C’est pourquoi il jouait de la basse. (NDLR : l’instrument de McCartney). C’était une véritable farce et j’ai dû faire tout ce que je pouvais pour masquer toutes ces erreurs. »

John a quitté officieusement le groupe en septembre 69. En mars 70, le nouveau manager des Beatles veut conserver sa poule aux œufs d’or et confie les bandes de long and winding road et d’autres titres à Phil Spector, pour voir ce qu’il peut en sauver. Ce qui donnera l’album Let it be, le moins abouti du groupe selon moi. Lorsque McCartney découvre ce que le producteur a fait de sa chanson, en y rajoutant des violons sirupeux alors que le compositeur la souhaitait épurée (elle est assez larmoyante comme ça !) Paul rentre dans une colère noire. Il annonce alors officiellement la séparation des Beatles, et on l’accusera à tort d’en être responsable, alors qu’au contraire il a tout fait pour maintenir le groupe et que c’est Lennon qui a claqué la porte six mois auparavant.
Ainsi en avril 1970, les Beatles se séparent. La route qui mène à la réconciliation reste encombrée d’obstacles, et se retrouve définitivement interrompue par l’assassinat de John Lennon dix ans plus tard.

The long and winding road that leads to your door
La longue et sinueuse route qui mène à ta porte
Will never disappear, I've seen that road before
Ne disparaîtra jamais, je l’ai déjà vue
It always leads me here
Elle me conduit toujours ici
Leads me to your door
Elle me conduit à ta porte

The wild and windy night the rain washed away
La nuit tumultueuse que la pluie a emportée
Has left a pool of tears crying for the day
A laissé une flaque de larmes pleurant toute la journée
Why leave me standing here
Pourquoi me laisser ici
Let me know the way
Montre-moi le chemin

Many times I've been alone and many times I've cried
Souvent j'ai été seul et souvent j'ai pleuré
Anyway you'll never know the many ways I've tried
Tu ne sauras jamais tous les chemins que j'ai essayés

But still they lead me back to the long and winding road
Mais ils me ramènent encore à la longue et sinueuse route
You left me standing here a long, long time ago
Tu m'as laissé ici il y a très, très longtemps,
Don't leave me waiting here, lead me to you door
Ne me laisse pas attendre ici, conduis-moi à ta porte.