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18/01/2021

Bilan "je suis culturée" semaine 2

littérature,titanic,cinéma,cinéma françaisVu le succès phénoménal du premier bilan (un seul commentaire, aucun like) je continue mon journal intime. Vous pouvez lire le premier bilan ici :

7 FILMS :

D'après une histoire vraie :
- Undercover de Yann Demange, 2018
Sur un enfant de 15 ans informateur pour le FBI, infiltré dans un trafic de drogue.
- Les éblouis de Sarah Suco, 2019
Les souvenirs d'enfance de la réalisatrice, enrôlée dans une secte avec sa famille.

Fantastique
quelques minutes.jpg- Quelques minutes après minuit de Juan Antonio Bayona, 2016
- La dernière vie de Simon de Léo Karmann, 2019 
- The room de Christian Volckman, 2019

Souvenirs déjà vus :
- Au milieu coule une rivière de Robert Redford, 1992
- Master and commander de Peter Weir, 2003

7 DOCUMENTAIRES :

Titanic :
Après Titanic, la dernière preuve la semaine dernière, j'ai eu envie de revoir ces documentaires que je connaissais déjà, disponibles sur youtube:
- Titanic, la véritable histoire de Philippe Torreton
- Les fantômes du Titanic de James Cameron

Les sectes :
 Titanic_la_veritable_histoire.jpgLes éblouis m'a replongé dans les documentaires sur les sectes. Comme le sujet m'intéresse, je connais déjà les mécanismes d'enrôlement et d'emprise, mais je ne peux pas m'empêcher de penser en écoutant les témoignages hallucinants : "comment ils ont pu aller si loin ?!" :
- Waco, une secte assiégée, Planète
- Sous emprise, Planète
Florence et le mandarom
Amoreena et les enfants de dieu

Les ovnis :
- Roswell, le denier témoin x2 épisodes, Planète
Après le doc sur les dossiers déclassifiés peu convaincant, j'ai persisté, mais celui-ci comporte les mêmes défauts.

2 LIVRES :
- Vies écrites de Javier Marias
Biographies d'écrivains célèbres, sous des angles originaux et méconnus. 
- Chaque jour est une fête Le Voutch

1 SERIE :
- Designated survivor, saison 1, Netflix

 

13/01/2021

Selfie, de l'influence du numérique sur les honnêtes gens

selfie.jpgLe sujet me rappelle l'essai brillant, limpide, à lire absolument, de Marie-France Hirigoyen (la spécialiste du harcèlement, j'adore ses livres) : les Narcisse, ils ont pris le pouvoir. J'ai choisi ce film pour son sujet qui me parle énormément, et parce que c'est une comédie avec des acteurs que j'apprécie : Sébastien Chassagne, anti-héros de l'excellent Irresponsable, et Fanny Sidney, Camille dans 10 %.  Heureusement que je ne me suis pas fiée à l'avis des critiques, plutôt péjoratif. Le film est pourtant drôle, visionnaire, corrosif. Selfie est pour moi une sorte de Black mirror comique. Je ne vois qu'une explication aux mauvaises notes : il y a que la vérité qui fâche ? Certains critiques trop narcissiques n'ont aucune dérision ? Voir les teasers des sketchs en lien : 

Le premier sketch est à l'image de son actrice principale : grinçant. Blanche Gardin et celui qui incarne son mari mettent en scène sur leur chaîne Youtube "le combat" de leur enfant contre une maladie orpheline. Grâce aux succès de leurs vidéos, ils reçoivent de nombreux cadeaux prestigieux. Une dénonciation acerbe de l'hypocrisie et de la course aux like sur les réseaux de ceux qui exposent leur vie sans aucune décence. Les expressions à la mode agaçantes sont reprises : "c'est une belle personne" "il est dans nos coeurs" "eco friendly" etc... 

Le deuxième sketch, mon préféré, est réalisé par Marc Fitoussi, dont j'ai beaucoup apprécié Pauline détective et Copacabana. On retrouve son humour foldingue et son goût pour les personnages féminins extravagants, à travers Elsa Zylberstein, qui incarne ici avec brio une prof de lettres romanesque et démodée. Celle-ci ne sait même pas se servir d'internet, ses élèves se moquent d'elles sur les réseaux. Lorsque le gouvernement impose un passage au numérique aux enseignants, la prof découvre Twitter. Quand la star youtubeuse (Max Boublil) adorée par ses lycéens passe à la télé, l'enseignante commente sur Twitter sa syntaxe déplorable. Commence alors une relation épistolaire sur le réseau social, entre cette enseignante romancière frustrée et ce jeune inculte....

Autre problème dû au numérique, Manu Payet commande sur internet tout ce que l'algorithme d'un site d'achat lui propose, persuadé qu'il connaît ses désirs mieux que lui. Ce serait probable, à en croire par exemple Comment Trump a manipulé l'Amérique. Ce documentaire révèle que "sur Facebook, avec 10 likes, l'algorithme vous connaît mieux que vos collègues. Avec 100, mieux que votre famille, et 230, mieux que votre conjoint".... 

Les algorithmes sont aussi le sujet d'un sketch sur les sites de rencontre : on ne peut matcher qu'avec les gens qui possèdent la même note que nous, chaque rencontre est orientée. Comme le dénonce Judith Duportail dans son livre l'amour sous algorithme. Elle révèle que les sites de rencontre ne proposent pas à un homme une compagne plus diplômée que lui, ou plus âgée. Pour obtenir une note équivalente à un homme, une femme doit avoir 10 ans de moins que lui, et gagner moins d'argent. A l'inverse, un homme qui a 10 ans de moins que la femme, et gagne moins d'argent qu'elle, sera moins bien notée qu'elle. Comme le commente l'écrivaine : "un homme riche avec une jeunette, mais pas de réciprocité : c'est le modèle patriarcal des relations hétérosexuelles".

Dans le dernier sketch, Smileaks, le plus black mirroresque, le plus effrayant, le piratage d'un réseau social révèle au grand jour tous les messages échangés par les utilisateurs.... Les masques tombent et chacun découvre ce que ses amis et collègues disent de lui derrière son dos, ou les véritables activités de son conjoint...

En résumé, je vous conseille Selfie, en ce moment sur Canal+. Une comédie qui a parfaitement capté l'air du temps !

12/01/2021

La belle époque

belle epoque.jpgVictor (Daniel Auteuil) ne comprend plus le monde actuel. Lorsque sa femme (Fanny Ardant) le quitte, il fait appel à une entreprise qui permet à ses clients de revivre l'époque qu'ils souhaitent, à travers des comédiens et décors spécialement recrées pour eux. Victor choisit de retourner un soir des années 70, où il a rencontré le grand amour....
Un film original, nostalgique, émouvant et drôle, mais à l'image de son réalisateur Nicolas Bedos : ultra narcissique, englué dans son microcosme bourgeois, souvent vulgaire. Quel outrage de voir la si distinguée Fanny Ardant prononcer des insultes très crues par exemple...

Le prix élevé des reconstitutions est souvent évoqué, sans jamais être détaillé. On sait juste que Victor emprunte à son fils : "ça remboursera toutes les vacances que je t'ai payées" (mais le gosse partait où ? Aux Maldives ? Parce que ma mère m'envoyait chez ma grand-mère à la cambrousse à 1 h de Lyon, ça coûtait juste 30 francs de billets de train...) Le pire, pour financer sa nouvelle lubie, le héros doit revendre un de ses apparts sur la côte d'azur !  Juste le décor d'une seule soirée coûte 35 000 euros ! Mais combien coûte toute la prestation alors ? ça fait cher la soirée de souvenirs ! qui aurait les moyens de se payer ça ? Bedos vit clairement dans un autre monde... 

bedos-tillier.jpgLe plus embarrassant dans le film est l'histoire "d'amour" entre le réalisateur (Guillaume Canet) et sa comédienne, incarnée par Doria Tillier, qui n'est autre que la compagne de Nicolas Bedos. Il semble évident que Bedos met en scène leur propre histoire, et cet exhibitionnisme malsain est très gênant. Tillier roule de grosses pelles à Canet, se retrouve à poil sur lui dans un lit à de nombreuses reprises, et c'est son mec qui filme ça ! Bedos fantasme sur le proxénétisme, sur le ménage à 3, sur Guillaume Canet ? Il pense sans doute qu'il présente une folle histoire de passion, comme il étale leur relation dans les médias (on se rappelle de l'époque où Doria Tillier lavait son linge sale en direct sur Canal, faisant référence au livre de Bedos qui parlait d'elle comme d'une simple amie : "je ne savais pas qu'on suçait les potes !")

Non, La belle époque ne retrace pas un amour passionnel, mais juste une sombre histoire de jalousie et de tromperies. Le couple passe son temps à se disputer violemment, à se séparer, pour se réconcilier sous la couette (et encore sous la couette... ils s'engueulent et s'embrassent fougueusement en public, que voulez-vous, c'est la passion incontrôlable qui veut ça ! Non : l'exhibitionnisme.) Canet/Bedos trompe sans vergogne sa compagne, mais c'est lui qui se permet de faire des crises de jalousie, persuadé que sa copine couche avec Auteuil, qui pourrait être son père. Canet a le droit de se taper ses employées, mais l'inverse n'est pas autorisé ! (Normal, c'est un artiste tourmenté, et toutes les filles sont folles de lui, il fait preuve d'acte de bonté en couchant avec !)  Il se fait pardonner par de grandes déclarations d'amour. Je vérifie sur le net, aux dernières nouvelles, Bedos et Tillier se seraient enfin séparés. 

Le film est censé se concentrer sur le personnage d'Auteuil, sur la nostalgie d'une époque et d'un amour perdu, et ces thèmes sont bien traités. Malheureusement, ils passent au second plan, car le narcissisme de Bedos et son couple sordide prennent le dessus. Je n'ai toujours pas trouvé le courage de regarder son autre film, monsieur et madame Adelman, car la mise en scène impudique de leur relation glauque m'exaspère.
Heureusement que Daniel Auteuil, toujours mesuré et sympathique, apporte un peu de douceur et de romantisme à La belle époque. La reconstitution et l'aspect mélancolique m'ont plu, même si les rebondissements et le dénouement sont un peu trop alambiqués.

13/02/2020

La femme de mon pote

cinéma, cinéma français, comédies françaisesDans une station de ski, Pascal (Thierry Lhermitte) s'éprend de Viviane (Isabelle Huppert). Avec sa mini jupe en cuir, ses talons aiguilles et son rouge à lèvres hyper vif et vulgaire, on repère vite la gourgandine qui cherche à se mettre au chaud pour l'hiver. Pascal, non, il ne voit rien, et laisse son meilleur ami (Coluche) s'occuper de sa bien-aimée pendant que lui part bosser... Évidemment, le pote tombe amoureux lui aussi et se retrouve en plein cas de conscience. Choisir l'amour ou l'amitié, trahir son meilleur ami ou pas ? On se laisse emporter dans le tourbillon de la vie et faire un remake de Jules et Jim ?
Elle avait des bagues à chaque doigt
Des tas de bracelets autour des poignets
Et puis elle chantait avec une voix
Qui, sitôt, m'enjôla

A l'origine le rôle du cocu devait être tenu par Patrick Dewaere♥, grand habitué de Bertrand Blier dans les personnages de naïf. Après son suicide, c'est Thierry Lhermitte qui reprend le rôle, qu'il connaît déjà puisqu'il jouait sensiblement le même dans Les bronzés font du ski : même vendeur dans un magasin de sport, même cœur d'artichaut. Quant à Coluche, avant Tchao Pantin qui lui a valu un césar, il prouve avec La femme de mon pote qu'il maîtrise autant la comédie que le drame.

Blier se tient souvent à la lisière entre provoc vulgaire (Les valseuses) et sensibilité. Son coup de maître dans ce registre reste Beau père, un drame délicat qui aurait pu virer au sordide graveleux  : une ado de 13 ans qui à la mort de sa mère, est gardée par son beau-père et tombe amoureuse de celui-ci ! (Faut dire que c'est Patrickou, comment résister). Dans La femme de mon pote, le cinéaste reprend son thème favori du triangle amoureux, mais dans le genre, je préfère l'excellent Préparez vos mouchoirs (avec Patrick Dewaere) et Tenue de soirée (Patrickou, décédé, remplacé par Michel Blanc).
J'apprécie l'humour grinçant de Blier, qui réussit tout de même à me faire accepter des scénarii souvent misogynes (les femmes sont toujours des garces écervelées, les mecs des braves types qui se font avoir, mais très cons aussi). De ce réalisateur, j'apprécie aussi Buffet froid :"Des gammes, toujours des gammes ! Pas moyen de se reposer 5 minutes ! Alors un jour, j'en ai eu marre, j'ai branché son violon sur le 220 !" (si je pouvais faire pareil avec le voisin qui beugle et me réveille chaque matin !)

11/02/2020

Un petit boulot

un petit boulot.jpgJe cherche un job job job
Pour aller lui acheter sa robe !
Chômeur, Jacques (Romain Duris) accepte pour combler ses dettes de tuer la femme d'un truand (Michel Blanc). D'abord maladroit, l'apprenti assassin prend de l'assurance et plaisir à ce métier de tueur à gages, puisqu'il lui permet d'aider également financièrement ses amis ! Et accessoirement, de séduire la femme qu'il convoite (Alice Belaïdi, craquante quand elle ne joue pas la standardiste agressive de Working girls).

Je plaçais la barre haut puisque le film est réalisé par le regretté Pascal Chaumeil (L'arnacoeur) et le scénario est signé par Michel Blanc, déjà scénariste de mes comédies cultes Les Bronzés, Marche à l’ombre et Viens chez moi j'habite chez une copine. Le film ne m'a pas déçue, avec un humour noir désopilant comme je les aime, qui rappelle les losers des frères Coen ou les truands sympathiques aux répliques acerbes d'Audiard. Ah quel plaisir de voir le héros dégommer son patron infâme (Alex Lutz, toujours parfait) qui humilie et vire ses employés pour rien... Je ne supporte pas Romain Duris et son sourire d'attardé mental (voir en lien), mais ce rôle réussit à me le rendre sympathique ! (puis son visage disgracieux est masqué par sa barbe et sa tignasse.)

Avec son côté solidaire (les pauvres qui s'entraident) le film m'évoque aussi  Louise Michel (on retrouve d'ailleurs dans les deux l'attendrissant Gustave Kervern).
En revanche, pourquoi une conclusion aussi réac ? "Je suis enfin heureux, je bosse 60h par semaine, mais quand c'est pour soi, c'est bien, je rentre épuisé du travail mais je me console en me blottissant contre ma femme". Et pourquoi pas "travail famille patrie" tant qu'il y est ? Depuis quand s'abrutir au boulot est synonyme de bonheur ? (surtout dans une station service, il sauverait le monde, je dis pas). Malgré cette conclusion, Un petit boulot reste une très bonne comédie.

 

09/02/2020

Les comédies de Pierre Salvadori

en liberté.jpgJ'ai vu tous ses films, que je trouve toujours drôles, touchants, parfois clowns tristes (Les apprentis, Dans la cour) souvent romantiques (Après vous) parfois noirs et acerbes (Cible émouvante). Son dernier est un excellent cru :

- En liberté !
A la mort de son mari présenté comme flic exemplaire, Yvonne (Adèle Haenel) découvre qu'en réalité celui-ci était un ripou, et qu'il a fait incarcérer à sa place un brave gars (Pio Marmaï). Dans l'espoir de réparer les erreurs du défunt, Yvonne se rapproche du condamné à tort récemment libéré. Mais ce dernier à quelque peu perdu la tête en détention... Voir en lien la bande annonce, pour une fois très bien faite.
Un film jubilatoire, d'un punch et d'une inventivité rares. Par exemple, Pio marche le long d'une route la nuit en délirant, et Adèle le suit de loin pour le surveiller. Le réalisateur les filme en champ contre champ, chacun parlant tout seul, mais le découpage très dynamique laisse croire qu'ils se répondent. J'ai pleuré de rire face à des situations et répliques dingues (le type qui vient dénoncer des meurtres atroces mais se fait rembarrer à chaque fois "on n'a pas le temps, revenez lundi !" Audrey Tautou qui houspille son mec avec sa gouaille habituelle : ("c'est quoi ce truc de massacrer calmement les gens comme ça ? On avait pas l'impression que tu te battais mais que tu rangeais ton bureau !")
Pio Marmaï joue toujours à merveille le mec naïf (voir ici mes différentes critiques de films) et Adèle Haenel s'est adoucie depuis l'excellent Les combattants et prouve qu'elle compte désormais comme l'une des actrices les plus prometteuses (et les plus courageuses depuis ses dernières déclarations.) Audrey Tautou, grande habituée de Salvadori, joue ici un petit rôle, mais elle obtient le premier dans les films suivants, en femme superficielle au cœur sec. Deux comédies romantiques et acides sur les faux semblants :

hors-de-prix.jpg- De vrais mensonges de Pierre Salvadori, 2010
Emilie (Audrey Tautou) patronne autoritaire d'un salon de coiffure, reçoit une belle lettre d'amour d'un admirateur secret. Cette inculte sans cœur la jette, sans savoir que la déclaration provient de son homme à tout faire, cultivé, doux et talentueux (Sami Bouajila, très touchant). Pour changer les idées de sa mère (étonnante Nathalie Baye) qui ne s'est jamais remise du départ de son mari, Émilie a l'idée de lui transmettre la missive qu'elle a reçue...
Des quiproquos hilarants, même si je ne comprends pas ce qu'un homme aussi intelligent et sensible peut trouver à cette greluche dure et inculte (à part son physique...) Comme quoi, le cœur à ses raisons que la raison ne connait point. J'ai été un peu déçue par la fin que j'aurais préféré plus audacieuse et moins convenue (vas-y Nathalie, cougar power !)

- Hors de prix de Pierre Salvadori, 2006
Jean (Gad Elmaleh) timide serveur d'un palace, tombe sous le charme d'Irène, qui couche avec les hommes pour leur argent. Pour séduire sa belle, le modeste employé se fait passer pour millionnaire...
Quiproquos, rebondissements, tout y est, même si j'ai du mal à éprouver de la sympathie pour des gens avec aussi peu de valeurs morales, aussi superficiels, qui ne pensent qu'à l'argent, cyniques, menteurs et manipulateurs.


05/02/2020

Le jeu

le jeu.jpgLors d'un dîner, des couples d’amis décident de faire une expérience : chacun doit poser son téléphone portable au milieu de la table et tous les échanges, SMS, appels, mails etc., devront être partagés avec les autres.

Une excellente idée de scénario, qui tourne au jeu de massacre jubilatoire. Le réalisateur Fred Cavayé développe le thème de son précédent film Les infidèles, mais de manière plus originale. Par moments Le jeu fait penser au Prénom et rappelle les meilleurs moments de la comédie noire italienne. L'histoire est enlevée, pleine de rebondissements et de suspense. Avec les classiques et attendus quiproquos adultérins, le film pourrait se limiter à un simple vaudeville à la Feydeau (que je n'apprécie pas trop). Pourtant le jeu se révèle plus profond, et au-delà des piques savoureuses, il est même parfois touchant, par exemple le dialogue tout en délicatesse entre la fille et le père. Ce dernier, incarné par Stéphane de Groodt, me semble le personnage le plus sympathique avec l'émouvant Ben (Grégory Gadebois).

Un film réaliste, donc pessimiste, sur la nature humaine, qui pourrait illustrer des sujets de bac philo : "toute vérité est-elle bonne à dire ?"  "Pour vivre heureux, vivons cachés ?"  et même : "l’enfer, c'est les autres ?" Vous avez 4 heures pour rendre vos disserts.

27/01/2020

Le grand bain, jetez-vous à l'eau

grand bain persos.jpgDes hommes mal dans leur peau trouvent un sens à leur vie en pratiquant un sport jusqu'alors dévolu aux femmes : de la natation synchronisée, sous l'égide d'anciennes gloires déchues (Virginie Efira et Leïla Bekhti). Voir bande annonce ici.

J'attendais la diffusion Canal + pour vérifier si ce film mérite vraiment ses louanges, car à l'époque de la sortie, voir sur grand écran des gars bedonnant en slip ne me disait rien (afin de préserver les âmes sensibles, j'ai choisi une photo d'illustration coupée aux torses). Puis je craignais qu'il ne soit qu'un film de et pour mecs. Au contraire, agréablement surprise, je trouve que les meilleurs rôles sont pour les femmes ! (par contre les gars, va falloir arrêter la bière pour retrouver la ligne de flottaison).
Le grand bain avait tout pour faire un carton, car il se veut feel good movie, en lorgnant du côté des comédies sociales comme Full Monty et parce qu'il rassemble de grands noms de la comédie française (c'est utile de s’appeler Gilles Lellouche et d'avoir plein de copains dans le milieu). 
grand bain.jpgMalgré 8 nominations aux césars, le film n'a reçu que le prix du meilleur acteur dans un second rôle pour Philippe Katherine. Il est en effet le meilleur atout de cette comédie, car avec son côté complètement décalé, il apporte son originalité et la personnalité qui aurait manqué sinon. Le rôle principal me semble en effet  banal (une simple histoire de dépression suite à un chômage) et échoue à Almaric que je ne peux pas encadrer (avec ses horribles yeux perçants, sa voix et son rictus constant). Le talent du génial Poelvoorde me paraît sous exploité. On salue malgré tout la performance de Guillaume Canet dans un rôle à contre-emploi, ambigu et complexe de mec qui veut tout maîtriser, reproduit les maltraitances qu'il subit en alternant chaleur et violence. Anglade est également très touchant, persuadé qu'il est un grand musicien incompris et que son heure de gloire viendra, et qui en attendant se contente de boulots et concerts minables dans des fêtes de village et est méprisée par sa fille ado (Odieuse. "Non mais oh, comment tu parles de ton père ? Moi mon père il était charron et je peux te dire que ça filait doux !" ) Félix Moati prouve également qu'il est un des acteurs les plus prometteurs de la nouvelle génération (ici dans Libre et assoupi).

Un film qui vaut surtout pour ses personnages, même si je ne souhaiterais pas être amie avec l'un d'eux dans la vraie vie, et qu'on s'aperçoit qu'ils ne le sont pas entre eux : ils ne se voient que pour le sport et entretiennent des relations assez superficielles, sans rien connaître les uns des autres. Une comédie douce amère qui montre donc notre solitude moderne, le culte de la performance, et la mise au rebut des gens qui ne rentrent pas dans le moule. Seules les femmes me paraissent fréquentables : Marina Foïs qui soutient son mari en dépression, est fière de lui et le défend face aux moqueries des autres (être chômeur et pratiquer un sport de gonzesse, c'est pas viril). Leïla Bekhti en fauteuil roulant qui conserve une combativité phénoménale, Virginie Efira qui cache ses fragilités et ses amours déçues.
Malgré un discours bisounours assez convenu (il faut accepter les différences, se dépasser, croire en ses rêves, tout peut arriver, etc) on plonge avec plaisir dans Le grand bain.

04/12/2019

Bilan je suis culturée de novembre

joker.jpg2 films au cinéma :
- Joker de Todd Phillips 
- Tout peut changer : et si les femmes comptaient à Hollywood ? Documentaire, sortie le 8 janvier

10 films Canal+/OCS/ Netflix :

4 Comédies :
Coup de cœur : En liberté ! de Pierre Salvadori, avec Pio Marmaï

- L'emmerdeur d'Édouard Molinaro, 1973
- 4 mariages et un enterrement de Mike Newell, 1994
- Tout ce qui me reste de la révolution de Judith Davis, 2019

2 S.F / drame :
Coup de cœur :  Her de Spike Jonze (voir mon article en lien)
- Pandora d'Albert Lewin, avec Ava Gardner, 1951

2 Aventures :
Coup de cœur : The lost city of Z de James Gray, 2016
- Jungle de Greg McLean avec Daniel Radcliffe, 2017

2 Horreur :
- Evil Dead de Sam Raimi, 1981
- Lake placid  de Steve Miner, 1999

7 Documentaires :
Coups de cœur : 
- Mary Shelley, le funeste destin du docteur Frankenstein disponible sur Arte jusqu'au 18/02 (en lien)
- Lino Ventura, la part intime
- Les enfants maudits, dispo sur France 2 replay jusqu'au 20/12 (en lien)
Au début du 20è siècle en France, l'assistance publique n'existe pas. Les enfants orphelins, ou tout simplement qui déçoivent leur famille (le père voulait que le fils reprenne son étude de comptable, l'enfant voulait être écrivain) sont envoyés en... prison, dès l'âge de 7 ans ! Avec interdiction de faire de parler et même de croiser le regard d'un autre enfant lors des rares sorties de cellule (pour la messe hebdomadaire, les gosses portent des sacs sur la tête car "la violence se transmet par le regard pernicieux"). Seule activité autorisée : l'écriture, seul dans sa cellule. Des lettres de ces prisonniers malgré eux ont été retrouvées. Elles sont magnifiques et bouleversantes. Documentaire à voir absolument. 

- Elles ont brisé les codes, femmes en quête de liberté (3e volet : les femmes bien nées et le déterminisme social) dispo sur France tv replay jusqu'au 5/12 (en lien)
- L'affaire Néron, autopsie d'un mythe
- Saint Louis, le roi dispersé
- Raspoutine, meurtre à Saint-Pétersbourg, dispo sur arte replay jusqu'au 15/12

4 Séries :
tantPisPourLamour.jpg- La guerre des mondes
- Maniac
- Plan cœur
- Projet Blue book

2 expos :
Coup de cœur : De l'amour, Palais de la découverte, jusqu'au 30 août 2020
- Toulouse-Lautrec, Grand palais, jusqu'au 27/01

1 concert :
J'ai raté celui de Beirut (annulé) et Calexico (complet)
Musique classique au piano, Rachmaninov et Tchaïkovski.

7 livres :
Coup de cœur :
- Tant pis pour l'amour ou comment j'ai survécu à un manipulateur de Sophie Lambda
Psy :
- Le drame de l'enfant doué, Alice Miller
- La santé psychique de ceux qui ont fait le monde de Patrick Lemoine

Société
- Juste après dresseuse d'ours
, Jaddo (le quotidien d'un médecin)
- L'amour sous algorithme de Judith Duportail (sur Tinder)
1 Biographie :
- Darwin, 2 tomes : A bord du Beagle et L'origine des espèces
1 roman :
- Soumission de Michel Houellebecq


 

30/08/2019

Bilan culture : les comédies françaises

elle ladore.jpgLire I feel good en lien.

- La cité de la peur des Nuls
On peut regarder mille fois mille films... Non, on peut regarder mille films une fois, mais on ne peut pas retenir mille répliques... Et si.

- Le pari des Inconnus
Ce n'est que la 213ème fois environ que je le vois, mais c'est comme une drogue : Le tabac, c'est tabou, on en viendra tous à bout. 

- Elle l'adore de Jeanne Herry
Muriel (Sandrine Kiberlain) est fan inconditionnelle d'un chanteur de variété (Laurent Lafitte). Quand celui-ci tue accidentellement sa femme, il demande à Muriel de l'aider...
Mais Dieu que cette fille prend des risques, amoureuse d'un égoïste, la groupie du pianiste. Elle l'aime, elle l'adore... Un scénario très original, qui mêle subtilement thriller et comédie, avec des dialogues bien écrits. Les deux acteurs principaux sont parfaits d’ambiguïté, Kiberlain en midinette pas si nunuche qu'on pourrait le croire, mythomane qui peut mentir avec aplomb, Lafitte en bellâtre qui ne contrôle pas si bien qu'il le souhaiterait son petit monde. Une bonne découverte.
Bémols cependant, j'aurais préféré que la relation manipulateur/manipulé soit plus travaillée et machiavélique, que l'humour noir soit plus poussé, et la fin me paraît un peu facile et bâclée. Comme si la réalisatrice (la fille de Miou-Miou et de Julien Clerc -son visage montre un parfait mélange des deux-) avait édulcoré son propos pour passer plus facilement à la télé ensuite. Dommage. Il paraît que Jeanne Herry s'est ensuite rattrapée avec son deuxième film, Pupille. J'étais invitée à l'avant-première mais le sujet ne me rappelle pas de bons souvenirs. J'ai travaillé dans un service adoption, et c'était affligeant de voir le nombre d'enfants maltraités et placés, mais paradoxalement, les nombreux couples d'adoptants refusés.

 - Au poste ! de Quentin Dupieux
comédies françaises, cinéma, cinéma françaisToute une nuit, un commissaire interroge le principal suspect d'un meurtre.
Un huis-clos en face à face, un Garde à vue version comique, où Ventura est remplacé par Poelvoorde, toujours excellent, et Serrault par Grégoire Ludig, du Palmashow. Avec son humour noir et absurde, Au poste ! fait surtout penser à Buffet froid de Bertrand Blier. Voir bande annonce en lien.
Au début, le film est presque effrayant car il est crédible : un brave gars qui vient gentiment faire son devoir de citoyen en rapportant un crime, se retrouve accusé à tort par un policier crétin : des flics incompétents, on en voit dans tous les Faites entrer l'accusé ! Le scénario vire vite au non sens cher au réalisateur, avec des situations et des dialogues très décalés. Il faut adhérer au genre, et le film a la grande intelligence de ne durer qu'1h15 : l'absurde est parfait pour des sketches, mais sur la durée d'un long métrage, c'est vite lourd. Au poste me paraît toutefois le film le plus accessible de Dupieux (mémé train de retard n'a pas vu le daim avec Jean Dujardin : j'attends la diffusion télé).