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30/08/2019

Bilan culture : les comédies françaises

elle ladore.jpgLire I feel good en lien.

- La cité de la peur des Nuls
On peut regarder mille fois mille films... Non, on peut regarder mille films une fois, mais on ne peut pas retenir mille répliques... Et si.

- Le pari des Inconnus
Ce n'est que la 213ème fois environ que je le vois, mais c'est comme une drogue : Le tabac, c'est tabou, on en viendra tous à bout. 

- Elle l'adore de Jeanne Herry
Muriel (Sandrine Kiberlain) est fan inconditionnelle d'un chanteur de variété (Laurent Lafitte). Quand celui-ci tue accidentellement sa femme, il demande à Muriel de l'aider...
Mais Dieu que cette fille prend des risques, amoureuse d'un égoïste, la groupie du pianiste. Elle l'aime, elle l'adore... Un scénario très original, qui mêle subtilement thriller et comédie, avec des dialogues bien écrits. Les deux acteurs principaux sont parfaits d’ambiguïté, Kiberlain en midinette pas si nunuche qu'on pourrait le croire, mythomane qui peut mentir avec aplomb, Lafitte en bellâtre qui ne contrôle pas si bien qu'il le souhaiterait son petit monde. Une bonne découverte.
Bémols cependant, j'aurais préféré que la relation manipulateur/manipulé soit plus travaillée et machiavélique, que l'humour noir soit plus poussé, et la fin me paraît un peu facile et bâclée. Comme si la réalisatrice (la fille de Miou-Miou et de Julien Clerc -son visage montre un parfait mélange des deux-) avait édulcoré son propos pour passer plus facilement à la télé ensuite. Dommage. Il paraît que Jeanne Herry s'est ensuite rattrapée avec son deuxième film, Pupille. J'étais invitée à l'avant-première mais le sujet ne me rappelle pas de bons souvenirs. J'ai travaillé dans un service adoption, et c'était affligeant de voir le nombre d'enfants maltraités et placés, mais paradoxalement, les nombreux couples d'adoptants refusés.

 - Au poste ! de Quentin Dupieux
comédies françaises, cinéma, cinéma françaisToute une nuit, un commissaire interroge le principal suspect d'un meurtre.
Un huis-clos en face à face, un Garde à vue version comique, où Ventura est remplacé par Poelvoorde, toujours excellent, et Serrault par Grégoire Ludig, du Palmashow. Avec son humour noir et absurde, Au poste ! fait surtout penser à Buffet froid de Bertrand Blier. Voir bande annonce en lien.
Au début, le film est presque effrayant car il est crédible : un brave gars qui vient gentiment faire son devoir de citoyen en rapportant un crime, se retrouve accusé à tort par un policier crétin : des flics incompétents, on en voit dans tous les Faites entrer l'accusé ! Le scénario vire vite au non sens cher au réalisateur, avec des situations et des dialogues très décalés. Il faut adhérer au genre, et le film a la grande intelligence de ne durer qu'1h15 : l'absurde est parfait pour des sketches, mais sur la durée d'un long métrage, c'est vite lourd. Au poste me paraît toutefois le film le plus accessible de Dupieux (mémé train de retard n'a pas vu le daim avec Jean Dujardin : j'attends la diffusion télé).

 

08/02/2019

Les comédies vues en janvier

cinéma, cinéma français, alexandre astier,kaamelott, palmashow, comédies françaises- Astérix et le secret de la potion magique d'Alexandre Astier et Louis Clichy (en salles)
Après Le domaine des dieux, nouvelle réalisation de l'auteur de Kaamelott. Le premier film, déjà fort sympathique, était une adaptation d'une BD existante, tandis que le deuxième est une création d'Astier, ce qui lui donne une plus grande liberté et meilleure cohérence je trouve. A travers cette histoire de casting du parfait druide, Astier peut développer à loisirs son art de la répartie et du portrait de gars à la ramasse qu'il affectionne tant. Et au final, le seul personnage "normal", donc le moins drôle et moins intéressant, apparaît secondaire : le héros de la série, Astérix!  On le voit très peu et on ne s'en plaint pas ! J'ai adoré le générique du début où les personnages travaillent au rythme de la chanson You spin me round. Depuis je danse régulièrement dessus et j'ai la patate direct, testez et vous approuverez !
- Papa ou maman 2 de Martin Bourboulon (Canal+)
Aussi sympathique que le premier volet (voir ma critique ici). Mention spéciale pour le repas de présentation du nouveau petit copain. Ce dernier semble un génie, riche, altruiste, qui a tout fait dans sa vie. La scène est d'autant plus drôle que le mec est joué par Serge le mytho (Jonathan Cohen). On compatit à fond avec le père, qui paraît insignifiant à côté de son rival.
- Santa & cie d’Alain Chabat (Canal+)
Un film de noël bien sympathique qui évite l'écueil cucuterie des films de ce genre, grâce à l'humour de Chabat. Il s’est entouré d'une brochette d'acteurs comiques qu'on a plaisir à voir : une apparition de Bacri en père noël (qu'il a déjà fait jouer dans son film Didier). Les auteurs du Palmashow, Bruno Sanchès de Catherine et Liliane, Thomas VDB et Patrick Timsit complètent le casting. Dans le rôle de l'avocat au grand cœur, Pio Marmaï (je n'ai toujours pas reçu sa demande en mariage d'ailleurs, étonnant).
- La folle histoire de Max et Léon du Palmashow (Canal+)
Comme pour le film précédent, une flopée d'acteurs comiques défilent : Florence Foresti, Kyan Kojhandi, Baptiste Lecaplain, Kad Merad, Simon Astier... Une comédie agréable qui lorgne du côté de La grande vadrouille, sans égaler le film culte (ni par le nombre d'entrées en salles, 17 contre 1,2 millions).

cinéma, cinéma français, alexandre astier,kaamelott, palmashow, comédies françaises- Maggie a un plan de Rebecca Miller 
Une petite comédie romantique avec un charme indéniable, prioritairement grâce à Ethan Hawke (déjà parfait dans Les "before"). Selon l'humeur du moment, on s'irrite ou s'extasie devant la vie de rêve où tout semble facile. L'héroïne veut un gosse mais n'est pas en couple ? Pas de problème, elle demande à un vague pote de servir de donneur (le roi Ragnar de la série Vikings), avec un échantillon qu'elle va s'enfourner elle-même dans sa baignoire, hop c'est réglé en 3 minutes. Elle a fait des études d'art, un domaine qui ne mène à rien ? Pas de problème, elle gagne bien sa vie (vu son appart en plein New York, l'une des villes les plus chères au monde). Elle a un job improbable : aider des étudiants à rencontrer des entreprises qui commercialiseraient leurs inventions. Ses potes écrivent des livres ? Bien sûr, plusieurs éditeurs se battent pour avoir l'exclusivité du futur best-seller ! Le film fait penser à Woody Allen mais surtout à Noah BaumbachL'héroïne est incarnée par la copine de ce dernier, Greta Gerwig. Elle est aussi paumée et délurée que dans son rôle de Frances Ha.
- Comment l'esprit vient aux femmes de George Cukor, 1951
Les 4 filles du docteur March, Autant en emporte le vent, Le magicien d'oz, Une étoile est née, Madame porte la culotte... Le réalisateur aime donner les premiers rôles aux femmes fortes. Comme dans My fair lady (j'admets ne pas l'apprécier) l'héroïne de Comment l'esprit vient aux femmes est une cruche superficielle. Elle rencontre un homme mentor qui va lui apprendre à se servir de son cerveau. Cette comédie culte est présentée comme un appel à l'émancipation des femmes, mais le fait que cette libération ne semble pouvoir advenir que grâce à l'aide d'un homme me chiffonne un peu.
- La petite sirène de Ron Clements et Jon Musker, 1990
Je n'avais jamais vu ce Disney mais je connaissais la chanson Sous l'océan. On est loin du conte cruel d'Andersen (on se doutait que tout finirait bien dans un Disney) mais le film est très plaisant à voir.
à suivre : les thriller

 

10/10/2017

Jean Rochefort, le grand duc est mort

Jean Rochefort, un éléphant ça trompe énormément, cinéma, cinéma françaisJe reçois deux sms simultanément. De membres de la famille. Pour qu'ils me contactent, c'est qu'ils ont quelque chose d'important à révéler. Pour qu'ils soient deux, c'est grave. Je comprends tout de suite qu'il y a eu un décès.

Le message fatidique apparaît :
« - T'as vu qui est mort ? Le capitaine a pris la mer. »
Capitaine, mon capitaine ? Robin Williams est déjà mort (lire en lien mon hommage). Captain igloo ? Aussi. Qui a joué le rôle d'un capitaine ?
- « Vois-tu Marthe, quand le bateau de la vie est déjà loin sur la mer, le capitaine doit savoir faire le point dans la tempête. Et pour cela, il a parfois besoin de s'isoler, de prendre du recul avec l’équipage. Et quand les étoiles… »

Quoi ?! Ce capitaine là ? Celui du Crabe-tambour ? Celui de mon top dix des comédies cultes, celui d'Un éléphant ça trompe énormément et Nous irons tous au paradis ? La plus belle moustache du cinéma français (oui, avant Patrick Dewaere) la plus belle voix de France ex-æquo avec Jean-Pierre Marielle ? Le grand duc ? Lui ?
Non, impossible, je refuse. C'est une erreur. Il est trop cool, trop jovial, un éternel adolescent, avec ses baskets et ses reprises des grands classiques à la sauce « jeune » avec les boloss des belles lettres. (voir en lien madame bovary version 2000). Il est intemporel, traverse toutes les générations, immortel, rien ne peut l'abattre. Même à 87 ans.

Quand Claude Rich est mort récemment à 88 ans, puis Mireille d'Arc à 79 ans, j'y ai tout de suite pensé : « qui sera le prochain de cette génération ? » Belmondo (84 ans), inimaginable. Jean-Pierre Marielle, (85 ans) n'en parlons pas. Rochefort ? Bien sûr que non. Don Quichotte restera là à se battre contre les moulins à vent. (si vous ne l'avez pas vu, regardez l'incroyable Lost in la mancha sur le tournage maudit de Terry Gilliam.)
Le couperet attendait depuis le décès de Philippe Noiret en 2006. Rochefort avait fait un vibrant hommage, à voir ici en lien.

Jean Rochefort, un éléphant ça trompe énormément, cinéma, cinéma français« Vous qui pénétrez dans mon cœur, ne faites pas attention au désordre. » Il faut se rendre à l'évidence. Jean Rochefort est mort. Nous irons tous au Paradis avec lui.

Comme pour tous les Français, Jean Rochefort était pour moi un monument, il faisait partie de ma vie. Enfant, j'écoutais sa belle voix grave me lire des contes sur 45 tours, et j'étais triste d'entendre la clochette pour tourner le disque ou annoncer sa fin : c'était trop court, je le remettais inlassablement. 30 ans après, je connais encore le conte par cœur, j'ai encore la voix de Rochefort dans les oreilles. Je le regardais aussi à la télé présenter les aventures de Winnie l'ourson.
Puis je l'ai vu dans les films populaires du dimanche soir sur TF1, même si enfant je ne comprenais pas tout (« mais pourquoi le monsieur il est au lit avec la dame ? Mais c'est pas sa femme ? » les enfants sont très puritains). Mais comme toute la famille riait, je riais moi aussi. Je l'adorais en fidèle lieutenant de Belmondo dans Cartouche ou Les tribulations d'un Chinois en Chine. Leur complicité transperçait l'écran.

Les deux acolytes se sont connus au conservatoire, avec Marielle, Bruno Cremer, Claude Rich, Philippe Noiret, Annie Girardot... Ils ont fait les 400 coups ensemble, faisant voler en éclat les certitudes de leurs vieux profs de théâtre bougons et ringards, anecdotes croustillantes qu'ils révèlent dans leurs autobiographies (par exemple dans celle de Belmondo ici). Une amitié indéfectible qui les unira jusqu'à ce que la mort les sépare.

Jean Rochefort, un éléphant ça trompe énormément, cinéma, cinéma françaisComme la plupart de ses compères cabotins, le jeune Rochefort faisait le désespoir de son père. Rêveur farfelu, il délaissait ses études. Son paternel le rêvait comptable et le comparait à son frère, brillant polytechnicien droit dans ses bottes, lui. Jean accepte à 16 ans un poste à la banque de France, mais s'y ennuie ferme. Il se rebelle enfin à 19 ans, se pointe devant le conservatoire, hésite encore à braver son père en attendant 4 heures avant de pousser la porte. Mais il s'est trompé : c'était le conservatoire de musique… Il prend enfin des cours de théâtre, où il rencontre ses potes fanfarons, piètres acteurs pour leurs professeurs, mais qui seront les modèles des générations futures. Rochefort rate cependant le concours d'entrée au conservatoire et songe au suicide. C'est son ami Marielle qui le convainc d'auditionner pour une compagnie, lui fait répéter son texte, l’accompagne à l’audition, où Rochefort est pris et entame sa longue carrière. Il traîne son flegme et son humour simultanément tendre et sarcastique dans plus de 120 films. "Quand on veut amuser les autres, on se doit d'être douloureux soi-même".

Le plus souvent abonné aux seconds rôles, Jean Rochefort a joué dans les comédies françaises les plus populaires, mais aussi des rôles tragiques comme L'horloger de Saint Paul de Tavernier (à voir ce soir sur C8). Avec ce dernier, il joue aussi dans Que la fête commence.
L'acteur reste fidèle aux mêmes réalisateurs. Tout particulièrement Yves Robert, pour lequel il tient un rôle dans Le grand blond avec une chaussure noire, Courage fuyons (voir extrait très drôle en lien), Le bal des casse pieds et bien sûr Un éléphant ça trompe énormément et Nous irons tous au paradis, rediffusés à la suite ce soir sur France 2 et à ne pas rater. Vous pouvez relire ici les meilleures répliques.

Rochefort joue aussi dans de grands films de Patrice Leconte. Je l'apprécie particulièrement dans le très fin Ridicule qui rivalise de mots d'esprits, (diffusé hier) et dans l'émouvant Tandem. Dans ce film, l'acteur interprète un présentateur de jeu radiophonique un peu ringard qui sillonne les villes de France, avec son ingénieur du son timide, pour lequel il apparaît comme un mentor. Son émission va être supprimée, ses certitudes et sa vision du monde volent en éclats. (Voir son coup de gueule contre les gens en jogging... ) L'émouvante chanson il mio rifugio a été composée exprès pour le film. Du duo Rochefort/ Leconte, Le mari de la coiffeuse m'avait touchée, par sa vision poétique et passionnée de la vie conjugale (le film est diffusé jeudi sur Arte). J'ai adoré voir réuni le trio de choc Rochefort/Marielle/Noiret dans Les grands ducs.

Jean Rochefort collabore avec les réalisateurs les plus drôles : Pierre Salvadori dans le film à l'humour noir Cible émouvante (voir en lien), Bertrand Blier avec Calmos, Audiard (comment réussir quand on est con et pleurnichard) Philippe De Broca, Francis Veber (Le placard), mais aussi Etienne Chatiliez, Edouard Molinaro, Alain Chabat, Laurent Baffie, Antoine De Caunes, Edouard Baer…

Depuis hier, j'ai en tête la musique planante que Vladimir Cosma a composé pour Un éléphant ça trompe énormément. (à écouter en lien). Le bruit de la mer, des mouettes, qui incitent à la rêverie et à la nostalgie d'un paradis perdu... Tu nous manqueras Jean. 

 

09/04/2017

Belmondo l'incorrigible

belmondo livre.jpgJean-Paul Belmondo fête ses 84 ans aujourd'hui 9 avril ! Je suis justement en train de lire son autobiographie, "Mille vies valent mieux qu'une". Bébel, l'un des plus grands acteurs français, qui m'a accompagnée de ses films toute ma vie. Il égayait les soirées du dimanche et mardi soir de ma jeunesse avec ces films populaires. Les comédies : Le cerveau que je connais par cœur, Les mariés de l'an II, 100 000 dollars au soleil… Mais aussi ses rôles de baroudeur viril qui me dérangeaient un peu plus, comme Peur sur la ville, Le professionnel ou L'héritier. Adolescente, je l'ai découvert différemment, plus sérieux, plus intello dans Léon Morin prêtre (dont un remake sort en ce moment en salles) A bout de souffle ou Pierrot le fou de Godard. Il m'a fallu être adulte pour pleinement apprécier la nostalgie d'Un singe en hiver. Mais pour moi, il restera à jamais Bob Saint Clar/François Merlin, qu'il a joué dans l'une de mes comédies préférées : Le magnifique.
Son livre confirme qu'il est aussi potache et intenable que dans ma comédie culte, et que dans les films du même réalisateur Philippe de Broca : L'homme de Rio, Les tribulations d'un chinois en Chine, Cartouche ou L'incorrigible. Voici des extraits de l'autobiographie pour vous le confirmer :

Bébel tu es mon modèle, cinéma français, jean-pierre marielle la plus belle voix du monde"Pour des raisons communes, (avec Philippe de Broca) nous avions choisi de rester des enfants qui jouent, qui transgressent, qui se comportent de façon inconséquente.
Derrière nous, il y avait eu la guerre de 1939, et surtout, l'Algérie. Lui, il était au service documentation de l'armée, qui lui commandait des films pédagogiques sur le chargement des armes. Dont il s'amusait à inverser les séquences de sorte que ça ne puisse pas fonctionner. Après avoir assisté à toutes les horreurs commises là-bas par des adultes, il n'a plus jamais voulu en être un.
Ce qui m'arrangeait considérablement."

(…) Sur le tournage de Lhomme de Rio (qui a inspiré OSS 117), en 1964 au Brésil :
"Nous avons réalisé avec Philippe l'une des blagues dont je suis le plus fier : fourrer de la farine dans les climatisations des chambres de l'hôtel, de sorte qu'il suffisait que les clients les mettent en route - la première chose qu'il faisait en entrant, vu les chaleurs excessives de ce genre de pays - pour qu'ils se retrouvent entièrement blanchis.
Mais ça ne suffisait jamais, une dinguerie en entraînant une autre. En arpentant le marché amazonien de la ville, je me suis pris d'affection pour de ravissants petits crocodiles, dont je redoutais qu'ils ne terminent aux pieds ou à la taille de quelque vilain capitaliste à cigare. J'ai décidé de dévier la destinée de l'un d'eux. Je lui ai trouvé un nid parfait, au frais, un petit bassin cosy où s'ébrouer : la baignoire de Simone Renant, la compagne de Mnouchkine le producteur. Quand la dame a découvert le crocodile gentiment installé dans ses appartements, elle a poussé un cri à réveiller les morts. Après coup, elle en a ri, mais à la vue de l'animal à grande bouche, elle a frôlé la syncope."

Bébel tu es mon modèle, cinéma français, jean-pierre marielle la plus belle voix du mondeSur le tournage de Cartouche :
"Je récidive lors d'une conférence de presse. Je défais ma ceinture sous la table, et finis par me mettre debout pour discuter avec les journalistes. Peu à peu, mon pantalon glisse sur mes jambes jusqu'à mes chaussures. Bien sûr, je fais mine de n'avoir rien remarqué et continue de répondre à la curiosité des médias, en slip. Je parle ainsi depuis deux minutes, quand je vois débouler du fond de la salle mon camarade Philippe de Broca qui, expert en surenchère, s'est totalement déshabillé. C'est à poil qu'il monte sur l'estrade pour parler de Cartouche. La salle a dû apprécier notre sketch improvisé, puisque les articles furent élogieux !"

Je peux vous citer des dizaines d'extraits, Belmondo enchaîne les blagues à chaque page. Gags qu'il a souvent effectués avec son grand ami, la plus belle voix française : Jean-Pierre Marielle.
Je n'ai pas encore fini la lecture du livre et n'ai pas encore atteint le tournage du Magnifique et de L'incorrigible, ça promet !
Bébel est définitivement mon modèle (avec Pierre Richard). Demain, j'emmène les sacs de farine au boulot ! (non, je ne réitérerai pas son exploit de la conférence de presse) (et j'aurai du mal à trouver un crocodile).

 

24/03/2017

Les films vus en 2016, fin : les rencontres avec les acteurs

toutr controle.jpg- La tour 2 contrôle infernale de Eric Judor

J’admets que je me souviens mieux de la rencontre avec Eric et Ramzy que du film en lui-même. Les deux comiques ont fait leur show, en enchaînant les vannes, en se taquinant  : « va regarder le site « pas de répartie.com ! » qui est devenu une de mes répliques depuis. Toujours rebelles, ils bondissaient dans la salle, s’asseyaient à côté de nous et interpellaient les spectateurs qui voulaient rester discrets… Ils se sont pliés de bon cœur à une séance photo. J'ai de super clichés des acteurs qui m'entourent les épaules. Eric faisant des grimaces et me vannant : « alors t’es libre ce soir ? », Ramzy qui me caresse le dos de haut en bas « mmh mais oui » et moi toute rouge entre eux « mais qu’est-ce qu’ils font ? » Des deux compères, je regardais lorsque j'étais ado la série H, et plus récemment, j'ai adoré Platane de Eric, surtout la première saison.

- Un homme à la hauteur de Laurent Tirard

Une comédie avec de bons acteurs, mais un scénario pas à la hauteur justement, qui ne tient pas sur la longueur. A la fin de la séance, Jean Dujardin et Virginie Efira sont venus échanger sur le film. On pouvait faire des photos à la sortie, mais devant un décor de ciel vide, quel intérêt ? Ce n’est que le lendemain qu’on a appris qu’en fait les acteurs se laissaient photographier avec les spectateurs, on était juste partis trop tôt…

- Arrête ton cinéma ! livre de Sylvie Testud et film de Diane Kurys

arrete cinéma.jpgL’actrice voulait réaliser son premier film, mais s’est heurtée à deux productrices foldingues (ici représentées par les excellentes Balasko et Zabou). Le film livre une instructive et drolatique plongée dans l’envers du décor du cinéma. On regrette cependant la fin peu crédible et quelques scènes trop poussées. Décrire la réalité suffisait, car elle dépasse la fiction. Sylvie Testud et Diane Kurys (Diabolo menthe) nous ont parlé de leur expérience dans un lieu étonnant : une salle de projection dans le superbe palace Le royal monceau. La grande classe !

- Pattaya de Franck Gastambide

Deux amis un peu limités veulent partir en Thaïlande pour trouver des filles faciles. Pour payer le voyage, ils inscrivent à son insu un type de leur quartier au championnat de boxe des nains… Le premier quart d’heure qui résume la relation amoureuse puis la rupture du héros est excellent, très drôle et pertinent. Ensuite, l’humour est parfois trop absurde et surtout trop scato, dommage. Franck Gastambide est venu nous voir à la fin : le mec est bien plus subtil que son film !
 
- Dans les forêts de Sibérie de Safy Nebbou
Voir mes articles et mon mariage ma rencontre avec Raphaël Personnaz  en lien.

- Cigarettes et chocolat chaud de Sophie Reine

Pour une fois, je n'ai pas l'air d'une alcoolo sur ma photo avec Camille Cottin lors du cocktail de présentation du film. Mais du coup je n'étais pas assez soûle pour oser aborder Gustave Kervern et lui demander à lui aussi une photo souvenir... 


 

20/12/2016

Cigarettes et chocolat chaud

CIGARETTES-ET-CHOCOLAT-320x454.jpgDenis Patar (Gustave Kervern) est un père atypique et débordé. Il se débat entre deux boulots, l'un dans une animalerie, l'autre dans un sex-shop la nuit. Depuis la mort de sa femme, il oublie son chagrin en travaillant énormément, mais il délaisse aussi ses deux filles, Janine, 13 ans, et Mercredi, 11 ans, qui s'élèvent seules. Comme il a encore oublié d'aller chercher la cadette à la sortie de l'école, un signalement est fait et une enquêtrice sociale (Camille Cottin, Connasse princesse des coeurs) passe à la loupe le quotidien de la famille. Pour garder ses filles et montrer qu'il est un bon père, Denis doit suivre un stage de parentalité et rentrer dans le rang... Voir bande annonce en lien.

 Vu le sujet, le film pourrait sombrer dans le mélo, mais il est en fait une comédie tendre et délurée dans le style de Little Miss Sunshine, avec une famille aussi farfelue. Les couleurs acidulées et l'univers fantasque et enfantin fait aussi penser à Wes Anderson, particulièrement Moonrise Kingdom où deux enfants tentent de se débrouiller seuls sur une île. Par la mélancolie des souvenirs égrenés, Cigarettes et chocolat chaud rappelle aussi Le premier jour du reste de ta vie. Et justement, la réalisatrice, Sophie Reine, dont c'est le premier film, est la monteuse du film de Rémi Bezançon.

cigarettes appart.jpgLe film est touchant car il est en partie autobiographique, comme la réalisatrice nous l'explique :
« Mon père s’est retrouvé seul à nous élever avec mon frère et ma sœur, j’ai eu envie de décrire cette vie là : un papa débordé qui cherche à protéger à tout prix ses enfants d’un monde « où les mamans et les cochons d’inde meurent sans prévenir ». J'ai un mal fou à situer la norme, peut-être parce que j’ai grandi dans un appartement à Paris avec un singe et une chèvre comme animaux de compagnie ! Chez les Patar, comme chez les Reine, on porte des chaussettes dépareillées, on va au boulot avec des fringues multicolores parce que les tutus fuchsia des unes ont déteint sur les pantalons crème des autres, on mange des chips au petit-déj... Bien loin des 5 fruits et légumes par jour et du régime sans gluten ! »

Pour sauvegarder l'innocence de ses filles et ne pas leur rappeler le décès de leur mère, le père s'évertue à cacher la mort de leur cochon d'inde, en n'hésitant pas à en teindre un nouveau pour qu'il est la même couleur que l'animal décédé. L'inverse de Jeux interdits en quelque sorte où des enfants donnent des sépultures aux animaux morts, comme pour remplacer le sort des humains tués par la guerre et qui n'ont pas de tombes.

Ces idées originales m'ont beaucoup fait rire. Comme la petite dont la tête est constamment couverte de poux, et qui les revend à ses camarades pour qu'ils puissent sécher l'école.
J'ai aussi adoré les idées poétiques, comme les fillettes qui élèvent des lucioles pour remplacer l'électricité. Mais les lucioles meurent très vite : encore une référence, cette fois à l'excellent film Le tombeau des lucioles où deux orphelins tentent de survivre pendant la guerre.

cigarettes acteurs.jpgJ'ai adoré Camille Cottin, toujours parfaite, aussi tête à claques que dans Connasse (voir mon article en lien). Son stage de récupération de points est délirant, et pourtant réel. On apprend à des parents très différents, débordés, trop laxistes ou autoritaires, à éduquer leurs enfants, en rejouant des scènes et appliquant à la lettre des principes qui ne peuvent pourtant pas être indiqués systématiquement. Ce qui donnent des scènes excellentes et très moqueuses, qui sonnent volontairement faux : l'enfant hurle, se roule par terre en cassant des objets. Je reste calme : « je me mets à la hauteur de l'enfant et je lui explique que je comprends son ressenti, qu'il a voulu exprimer sa colère, mais que mon sentiment est... »

Cependant les scènes moqueuses, les idées farfelues et poétiques font parfois place à des moments plus conventionnels et guimauves qui m'ont fait tiquer. Comme lorsque les deux filles jouent au bowling en éclatant de rire avec l’assistante sociale, ce qui fait penser à une pub pour bonbons ou jouets pour enfants « youpi, on est la famille idéale, on se marre trop ! » Ou bien lorsque le père et ses filles font une danse de la joie dans la rue. J'ai pensé : « M'enfin Gustave, toi l'auteur de Groland, de films trashs et subversifs comme Mammuth, Louise Michel ou Le grand soir (voir mon article), que viens-tu faire là-dedans ? » L'acteur nous l'explique lors d'une rencontre après la projection du film:
« Le genre de la comédie familiale est à l'opposé de mon style, et j'ai eu beaucoup de mal à faire la scène de la danse : je suis un punk rebelle moi ! »

C'est pourquoi j'ai trouvé que parfois Kervern n'était pas vraiment dans son rôle. Même si son allure de nounours planant sied parfaitement à son image de père à la ramasse, l'aspect plus gnangnan que le film prend parfois ne lui convient pas du tout. En revanche Camille Cottin est toujours excellente dans le rôle de l'emmerdeuse pète-sec. J'ai aussi trouvé que rajouter une maladie à l'une des filles était superflu et à la limite de verser dans le pathos.

Le titre du film m'a aussi chagrinée. Il est en fait tiré d'une chanson de Rufus Wainwright, Cigarettes and chocolate milk. Les personnages sont aussi fans de David Bowie, cité malicieusement par des clins d’œil (le cochon d'inde s'appelle Ziggy par exemple)
Cigarettes et chocolat chaud
Ce ne sont que quelques unes de mes dépendances
Tout ce que j'aime semble un peu plus fort
Un peu plus abondant, un peu plus nocif pour moi

Si vous avez aimé Little Miss sunshine comme beaucoup, que vous aimez l'univers extravagant de Wes Anderson, la nostalgie enfantine de Rémi Bezançon, courrez voir ce film, vous allez l'adorer !

 

 

23/09/2016

La philo selon Papillote

bac 2016,cinéma français,chansonEt non pas selon Philippe, sitcom de AB productions, déjà coupable de Premiers baisers et Hélène et les garçons.
Mémé et son train de retard n'avait pas encore publié son traditionnel article sur les sujets de philo du bac. Maintenant que la rentrée est passée et qu'une nouvelle année scolaire commence, c'est donc le moment :

Série Littéraire :
- Nos convictions morales sont-elles fondées sur l’expérience ?
- Le désir est-il par nature illimité ?

Série Économique :
- Savons-nous toujours ce que nous désirons ?
- Pourquoi avons-nous intérêt à étudier l’histoire ?

Série Scientifique :
- Travailler moins, est-ce vivre mieux ?
- Faut-il démontrer pour savoir ?

Séries Technologique :
- Pour être juste, suffit-il d’obéir aux lois ?
- Pouvons-nous toujours justifier nos croyances ?

Évidemment, j’aurai choisi le sujet sur le travail, ma grande passion.
Travailler moins, est-ce vivre mieux ?
Mon prof de philo m’a appris qu’il fallait rédiger sa dissertation en suivant un schéma précis : un premier paragraphe d’introduction, reformulant et blablatant autour de la question pour bien montrer qu’on l’a comprise (travailler ? Quel est ce mot ? Jamais entendu  parler). On doit ensuite exposer son plan, avec le classique : thèse-antithèse-synthèse, c’est-à-dire : oui, c’est bien - non, pas bien - en conclusion : c’est bien et c’est pas bien aussi. (prendre la voix des moutons qui bêlent ensemble dans Le pari des Inconnus, en regardant des photos de cigarettes ou autres « bien » « pas bien » «  bien, mais à consommer avec modération » -voir extrait en lien-) Bref, il faut nuancer son discours dans la synthèse : je suis ni pour ni contre, bien au contraire.

Alors avec moi, ça va être plus direct : pas besoin d’antithèse, je peux répondre tout de suite : « travailler moins, est-ce vivre mieux ? » : oui ! La question ne se pose même pas, m’enfin !

Mon prof m’a aussi expliqué qu’il fallait citer des phrases de Platon, Nietzsche, Kant, Schopenhauer et BHL (trouver l’intrus dans cette liste).

Ainsi pour illustrer mon propos,  je donne de grands philosophes en exemple :

En premier, les conseils à un nourrisson :

bac 2016,cinéma français,chanson« A toi, l’enfant qui vient de naître
Je dois te dire pour être honnête
Que ce n’est pas en travaillant
Qu’on trouve le bonheur sur Terre
J’en veux l’exemple que mon père
Qui vit le jour de son enterrement
Qu’il était le plus riche du cimetière

Sois feignant, sois feignant, tu vivras content !
Sois feignant, sois feignant, tu vivras longtemps. »

Mais encore :

« Travailler, c’est trop dur, et voler, c’est pas beau
Demander  la charité, c’est quelque chose que je ne sais pas faire
Chaque jour que je vis, on me demande de quoi je vis
Je dis que je vis d’amour, et j’espère vivre vieux ! »

Sans oublier :

« Le travail c’est la santé
Rien faire, c’est la conserver
Les prisonniers du boulot
Ne font pas de vieux os

Ces gens qui courent au grand galop
En auto, métro ou vélo
Vont-ils voir un film rigolo ?
Mais non, ils vont à leur boulot

bac 2016,cinéma français,chansonIls bossent onze mois pour les vacances
Et sont crevés quand elles commencent
Un mois plus tard, ils sont costauds
Mais faut reprendre le boulot

Dire qu'il y a des gens en pagaille
Qui courent sans cesse après le travail
Moi le travail me court après
Il n'est pas près de me rattraper

Maintenant dans le plus petit village
Les gens travaillent comme des sauvages
Pour se payer tout le confort
Quand ils l'ont, eh bien, ils sont morts

Hommes d'affaires et meneurs de foule
Travaillent à en perdre la boule
Et meurent d'une maladie de cœur
C'est très rare chez les pétanqueurs ! »

Et pour résumer, je citerais Philippe Noiret qui décide d’arrêter de travailler dans le film Alexandre le bienheureux : « il faut prendre le temps de prendre son temps » (voir extrait en lien)

En second choix, j’aurais sélectionné un sujet sur le désir, marronnier qui refleurit chaque année.

Le désir est-il par nature illimité ?

« Mon premier c'est désir
Mon deuxième du plaisir
Mon troisième c'est souffrir ouh ouh
Et mon tout fait des souvenirs »

Savons-nous toujours ce que nous désirons ?

« Besoin de rien, envie de toi »

Voilà. En conclusion, je souhaite préciser qu’en terminale j’ai eu 18 de moyenne en philo toute l’année, mais que j’ai eu 8 au bac, coefficient 7, vlam bam, pouf dans ta gueule va au rattrapage. Je ne comprends pas, mes références sont pourtant excellentes non ?

Quiz On connaît la chanson : 5 chansons et leurs auteurs sont à retrouver dans le texte.

D’autres grands philosophes sortent de sublimes maximes, j’ai nommé nos lycéens et le cru des perles du bac 2016...
Suite demain

 

15/07/2016

Demain : partout dans le monde des solutions existent

demain.jpg"Tout le monde veut sauver la planète, mais personne veut descendre les poubelles" Jean Yanne.
Comme Merci patron, ce documentaire ne se limite pas à pointer les problèmes, mais donne des solutions pratiques et conviviales. Merci patron montre que l’on peut lutter contre les misères économiques et sociales, Demain rajoute la cause écologique, à travers des solutions testées dans certaines régions et qui fonctionnent : une agriculture locale, une monnaie locale (pour éviter l’évasion fiscale qui ruine nos sociétés). L’équipe se rend à San Francisco, où 80 % des déchets sont recyclés. A Copenhague, principalement alimentée par les énergies renouvelables, quasiment gratuites, où la population roule plus à vélo qu’en auto. En Angleterre ou à Détroit, où les habitants investissent des terrains vagues pour faire pousser des légumes. Dans les écoles de Finlande, où les élèves participent, apprennent des choses concrètes et utiles, ne sont pas en compétition, afin de développer leur confiance en eux, leur inventivité, leur esprit critique et collaboratif.

Un film revigorant. J’étais néanmoins un peu attristée car il donne des solutions que je pratique ou connais déjà à travers d’autres documentaires, mais le succès de Demain laisse penser que certains semblent les découvrir, ce qui montre qu’on a encore du chemin à faire pour éveiller et faire bouger les consciences. Par exemple la permaculture est présentée dans Les moissons du futur de Marie-Monique Robin (Le monde selon Monsanto, Notre poison quotidien…)

demain,cinéma françaisDemain possède le grand mérite de condenser plusieurs sujets en un seul documentaire, pas besoin de se taper tout Arte, France 5 et Canal + comme moi. Beaucoup pensent qu'ils ne peuvent rien faire ou que leurs maigres actions n'auront pas de conséquences, mais au contraire, chaque goutte d'eau compte. Sur le site du film, vous pouvez voir des exemples de gestes simples pour améliorer le monde : l’agriculture intensive étant largement responsable des problèmes écologiques (raréfaction de l’eau, pesticides, pollutions qui entraînent des cancers…) manger bio et moins de viande, choisir dans des amap ou biocoop (peu chères, contrairement à ce que beaucoup pensent). Acheter dans des commerces locaux, qui reversent plus d’argent à la collectivité que les multinationales. Recycler, réparer ses objets ou les échanger et prêter (on a rarement besoin d’utiliser une perceuse chaque jour).
Je suis inscrite sur le site de Paris « je m’engage ». J’ai proposé des poubelles de compost, qui seraient aussi utiles je pense que celles pour le verre dans chaque immeuble (perso je ne bois pas un litre de vin par jour, mais j’épluche des légumes quotidiennement). Pour l’instant, le compost n’est disponible que dans certains parcs de Paris. Dans ma cambrousse, on met directement les déchets alimentaires et le marc de café dans le jardin. Comme il est sans pesticides, on conserve le seul endroit du quartier qui attire autant d’oiseaux, de papillons, d’abeilles, de hérissons… Pour connaître de nombreuses astuces « qui peuvent faire la différence », allez-voir le site en lien ici.

Petit bémol sur le film : j’ai du mal avec Mélanie Laurent. Elle est talentueuse, très belle, on le sait. Pas besoin de gros plans sur elle, surtout dans un documentaire où l’auteur doit s’effacer devant son sujet (non mais, la caméra collée à son pif dans la voiture ! Je m’attendais presque à voir l’intérieur de ses trous de nez !) Inutile de prendre des poses aguicheuses et lascives (je me mordille la lèvre et secoue mes cheveux parce que je suis super concernée et révoltée par les problèmes) c’est un documentaire, pas un film de promotion sur la starlette !

Demain a remporté le César 2016 du meilleur documentaire. Il est sorti en décembre mais reste toujours à l’affiche, avec un record d’un million de spectateurs. Si vous ne l’avez pas encore vu, courez voir ce film indispensable pour créer le monde de demain. Je suis le projet depuis ses débuts, il a été financé de manière participative par les internautes, à hauteur de 500 000 euros à travers la plateforme kisskissbankbank. Le film montre bien « qu’ensemble, des solutions existent »

 

13/07/2016

Merci patron !

mercipatron.jpgQuel plaisir de travailler pour vous, on est heureux comme des fous ! Sauf que l’usine de Kenzo est délocalisée en Pologne, par son PDG, l’homme le plus riche de France : Bernard Arnault (33 milliards d’euros, 13ème fortune mondiale). Comme de nombreuses autres, la famille Klur se retrouve au chômage. Ne pouvant plus payer les factures, leur maison va être saisie. C’est alors qu'un drôle de Charlot, François Ruffin, fondateur du journal Fakir, intervient et met en place un stratagème dingue pour les sauver... Voir la bande annonce en lien.

merci patron, cinéma françaisCe film est un documentaire, tout est vrai. Mais les rebondissements innombrables en font un vrai suspense. Et une vraie comédie : cette communauté rappelle l’excellent Vous ne l’emporterez pas avec vous (l’argent) de Frank Capra.
François Ruffin se filme comme Michael Moore, l’un de ses modèles, mais est bien plus drôle. Il fait son faux candide avec son T-shirt « I love Bernard » et provoque une bonne sœur communiste en colère contre les délocalisations. Il s’incruste à l’assemblée générale des actionnaires de LVMH et met un joyeux bazar…

merci patron, cinéma françaisContrairement à de nombreux documentaires déprimants qui se bornent à faire intervenir des spécialistes et à nous expliquer que le monde va mal et qu’on ne peut rien y faire, Ruffin montre que l’on peut changer les choses, ensemble et dans la bonne humeur. On ressort du cinéma ragaillardi et plein d’espoir. Jubilatoire, à voir. Le film est sorti fin février mais bénéficie d’un tel bouche à oreille (les spectateurs ont applaudi à la fin de la séance) que Merci patron est toujours programmé, et qu’il a cumulé plus de 300 000 entrées, ce qui est considérable pour un documentaire.

20/06/2016

Raphaël Personnaz se marie

Raphaël_Personnaz.jpgAvec moi.
Eh oui, après Ryan Gosling et Pio Marmaï, jamais deux sans trois. Que voulez-vous, je suis un véritable bourreau des cœurs.

Après la projection du film Dans les forêts de Sibérie (voir mon billet en lien), le réalisateur Safy Nebbou, le scénariste David Oelhoffen, le compositeur Ibrahim Maalouf et l’acteur principal Raphaël Personnaz viennent échanger avec nous.
Évidemment comme d’habitude je n’ose pas intervenir, ce qui me posait un tantinet problème lorsque c’était mon métier :
« Tu vas interviewer Gérard Lanvin.
- Oh non, il joue toujours les rôles de rustre pas sympa, et si il était pareil en vrai ? Et qu’il me dit « casse toi tu pues et Marche à l’ombre ! » (je confirme qu’il a tiré la tronche pendant toute la conférence de presse)
«  Catherine Deneuve, c’est une chance, une star pareille !
- Justement, elle m’intimide trop ! »
« Miou-Miou, elle fait plus cool, puis c’était la copine de Dewaere.
- Par solidarité avec Patrickou, je ne veux pas lui parler ! Elle avait qu’à pas le quitter pour Julien Clerc ! »
Parfois les artistes eux-mêmes m’encouragent, comme Marc Jolivet ou Forrest Whitaker « Et vous mademoiselle, vous n’avez pas posé de questions ?
- Non mais ça va, les autres journalistes ont déjà tout dit !
- Vous êtes sûre ? Ne soyez pas timide ! »
Ou pire comme Kyan Khojandi qui me parle comme si j’allais faire une syncope en me mettant la main sur l’épaule « ça va, tout va bien ? »
Je suis très à l’aise en société.

raphael foret.jpgDonc ce soir-là, je n’ose pas poser de questions sur le tournage (info principale : ils ont beaucoup picolé de vodka). Je n’ose pas dire au réalisateur Safy Nebbou que j’ai apprécié son film L’autre Dumas. Et je n’ose pas dire à Raphaël Personnaz que je trouve qu’il est l’un des meilleurs acteurs français actuels. Pourtant je sais que les artistes apprécient qu’on leur dise qu’on aime leur travail, surtout quand on le connaît vraiment : « Salut ! c’était sympa ton truc, j’avais jamais entendu parler de toi avant, c’est quoi ton nom ?
- C’est mon 218ème film et ça fait 35 ans que je fais ce métier. »

J’espère rattraper ma timidité lors du cocktail. Sans micro, sans spectateurs. Avec un coup dans le nez, désinhibée, j’arriverai bien à choper Raphaël Personnaz dans un coin.
Uniquement pour parler du film et par amour du cinéma évidemment. J’ai un bac+5 en ciné, tout ce qui m’intéresse, c’est le 7ème art :

Moi, collée au buffet : "- Bah dis-donc je croyais que Canal+ était au bord de la faillite avec leur nouvelle dictature présidence et 200 000 abonnés en moins depuis le début de l’année, mais ils n’ont pas lésiné sur les petits fours ! Scronch scronch Puis ya de la vodka : on est obligé de faire comme dans le film : se saouler ! Hips
BestFêtardeForever : - T'es sûre qu'on peut se resservir ?
-
Je suis abonnée à Canal depuis 18 ans, la seule irréductible qui ne télécharge aucun film, c’est moi qui finance tout ça ! Puis on accède facilement au buffet pour une fois, où sont-ils tous passés ?"

On se retourne et voit juste derrière toute l’équipe du film pour la séance photo officielle, et tout le monde qui la mitraille. Je suis tellement près des artistes qu’à mon avis on m’aperçoit sur la moitié des photos en train de me goinfrer « c’est qui l’ogresse dans le coin ? »

BFF : - Raphaellou est juste là !  Faut absolument que tu lui parles !
Qu’est-ce je peux bien lui dire ?
« Bonjour, j’ai adoré votre prestation. Surtout la scène où vous êtes à poil dans la neige. Non mais il fallait oser, on sait que le froid est peu flatteur pour les hommes. Alors justement, pour ne pas rester sur cette impression, je vous propose de rejouer la scène dans des conditions optimales, grandeur nature… Mais sans l’ours. Et sans moi aussi hein, je regarde, le paysage, c’est tout. »

raphael marius.jpgHum. C’est peut-être un peu trop direct comme approche. Lui dire que j’ai vu une grande partie de ses films et même ses pièces de théâtre ? Dans Au bonheur des ogres, il est touchant en frère protecteur mais gaffeur. Dans la pièce Les cartes du pouvoir, il était totalement habité par son rôle, on ne voyait que lui. Dans Marius et Fanny de Daniel Auteuil, (voir mon article en lien) il joue un Marius très convaincant et bien plus beau que Pierre Fresnay qui a réussi à me tirer des larmes quand il annonce à Fanny « je t’aime bien, mais plutôt que de vivre notre histoire, je vais d’abord aller faire le tour du monde voir si l’herbe est pas plus verte ailleurs, et si non, je reviendrai dans un an en donnant des nouvelles tous les 36 du mois, tu m’attendras bien sagement hein ? »  Eh bien non !
Il est aussi excellent dans Trois mondes, Le temps des aveux, Quai d'orsay… Pourtant si je lui cite toute sa filmographie, Il va me prendre pour une groupie, alors que je suis juste cinéphile, je n’avais même pas repéré qu’il jouait dans tous ces films puisque dans la plupart, il interprète des seconds rôles. Mais si je dis ça, il va penser qu’il n’est pas assez charismatique pour être remarqué.

Comment l’aborder ? En jouant la carte de la connivence !
« Salut Raphi ! Comment ça va depuis la dernière fois ? Mais si tu te souviens, La faute à Fidel de Julie Gavras, en 2006 ? Oui la conférence de presse, la seule journaliste qui n’a posé aucune question cachée dans un coin, c’était moi ! Comment ça tu ne te souviens pas ? Je suis pourtant inoubliable !»

Non vraiment, que lui dire ?
Comme ça fait 10 minutes que je suis plantée devant lui, il finit par me repérer :
« Oui ?
- Euh… il faudrait que je parle, enfin : « le personnage de Teddy m’évoque celui de Marius, ce besoin irrépressible de fuir, de vouloir échapper à son quotidien, de se sentir libre… Pourtant le quotidien n’est pas forcément routine et morosité, il n’est que ce qu’on en fait, il faut le voir avec un regard différent. Car comme disait le grand philosophe…
Mais tout ce que j’arrive à faire, c’est de le fixer avec mes grands yeux ronds sans pouvoir prononcer un mot.
- C’est pour une photo ?
- euh… vmrmpfk…»

J’ai donc un magnifique cliché avec Raphaël Personnaz, impeccable et photogénique, et moi avec un air crispé et absent (« mais pourquoi j’ai rien dit ? ») qui pourrait illustrer une campagne sur les ravages de l’alcool « tu t’es vu quand t’as bu ? »
A 20 ans, on est fraîche comme la rosée du matin, à 35, comme la bouteille de rosé de la veille.
Le réalisateur nous voit prendre des photos et plaisante à la cantonade « si vous voulez le numéro de Raphaël Personnaz, c’est le 06… »


reem.jpegPourtant je relativise mon cliché raté, lorsque quelques jours plus tard, pour illustrer mon article, je cherche une photo de Raphaël Personnaz sur Internet. Et là, sur quoi je tombe ?
Une image de lui avec Reem Kherici, peut-être sa compagne. Avec ses petits yeux, son air que je trouve sévère et son sourire carnassier, elle est mon opposée et me rappelle Eva Mendès, la femme de mon autre chouchou Ryan Gosling ! M’enfin, mais qu’est-ce qu’ils ont tous ?!
(Pour la situer, c’est elle qui joue la SS Frieda et Carlotta, « l’inexpugnable arrogance de votre beauté qui m’asperge » dans Oss117, Rio ne répond plus. Elle a également réalisé Paris à tout prix, sur une it girl : tout à fait moi).