03.12.2009
Le dentiste, mon meilleur ami
15 jours après, je retourne chez le dentiste pour me faire enlever les dents de sagesse.
On ne m’a jamais arraché de dents, je n’ai pas peur du tout.
Moi : « ça va faire mal ?
Dentiste : - Non, puis que je vais vous endormir. »
Et là il me sort une aiguille longue comme le bras.
Je déteste les piqûres. Tétanisée sur mon siège, je serre les dents. J’y peux rien, c’est un réflexe de survie en voyant les instruments de torture.
Dentiste : « Mais ouvrez la bouche enfin ! »
Je lève les sourcils, j’écarquille les yeux au maximum, mais la bouche, non.
Bien entendu, comme les dents de sagesse sont situées au fond de la mâchoire, elles sont très difficiles à atteindre (surtout quand on n’ouvre pas la bouche)
Le bourreau doit s’y reprendre à deux fois pour me piquer au bon endroit. Ca fait pas mal qu’il disait. On la sent bien la piqûre, s’enfoncer très lentement dans la gencive. Nazi.
En revanche, après, comme la bouche est endormie, on ne sent plus rien :
« oh é biza e, e en us ien ! »
- Oui c’est normal, évitez de parler quand même »
On ne sent plus rien, mais on entend TOUT. Et quand on a de l’imagination, je crois que c’est encore pire que la douleur. Trois ans après, je me souviens encore très précisément des horribles craquements des dents arrachées.
Pour rajouter au calvaire, je pisse le sang :
« C’est normal, si ça continue dans deux heures, vous m’appelez »
5 heures après, toujours pareil, je téléphone.
Ca énerve beaucoup le dentiste d’être dérangé : « je vous ai dit que c’était normal ! »
La nuit, je dors très mal, car je me réveille toutes les heures en sursaut en train de m’étouffer dans mon sang.
Le lendemain, je rappelle pour signaler cet effet, mais je sens bien que le dentiste ne me croit pas.
Puis, comme si ça ne suffisait pas, ma bouche se couvre d’aphtes, aux endroits les plus douillets bien évidemment (frein de la langue, etc…)
Quand je retourne chez le dentiste, je lui parle des aphtes, et je constate encore qu’il ne m’écoute pas.
Il m’ausculte et s’exclame tout de suite :
« Han ! Mais vous êtes pleine d’aphtes ! Ca doit vous faire atrocement mal ! Je ne peux pas vous enlever les deux autres dents, faut que la bouche soit saine, fallait me prévenir !
- Mais je vous l’ai dit ! »
Apparemment, pour qu’un docteur me croie, faut que je me roule par terre en hurlant.
- Bon, faudra quand même enlever ces dents. Vaut mieux le faire dans la foulée, ne tardez pas trop. »
Bien sûr, j’ai hâte de me refaire charcuter, surtout par quelqu’un qui ne m’écoute pas. J’attends comme d’habitude.
Trois ans après, la douleur devient vraiment pénible.
Lundi, j’ai franchi le pas…
A suivre...
01.12.2009
J'ai du mal à parler, j'ai les dents qui poussent
Au secours, je dois aller chez le dentiste.
J’ai les dents qui poussent. (j’ai 5 ans)
J’ai les dents de sagesse qui poussent (je suis sage).
Quand j’étais petite, ma mère m’emmenait chez un dentiste que ma famille surnommait du doux nom évocateur : « le boucher ». Il nous faisait atrocement mal, mais ma mère certifiait que c’était normal et que ce docteur était très compétent. Comme dans toutes les BD et films, le passage chez le dentiste était décrit comme douloureux, j’étais persuadée que tous ces praticiens étaient des bourreaux.
Quand le dentiste-boucher m’a signalé qu’il fallait m’arracher une dent pour cause de mâchoire minuscule, j’ai chougné « non pitié surtout pas, je préfère avoir les dents tordues et ne plus jamais sourire »
Ce que j’ai fait. On est un peu con à 10 ans.
Je n’ai plus mis les pieds et les dents chez un dentiste jusqu’à mes 20 ans.
Et là, incroyable, je n’ai pas eu mal ! Tous les dentistes n’étaient pas tortionnaires !
J’indique à ce nouveau dentiste :
- Est-ce que j’ai des dents de sagesse ? Parce que le premier (bourreau) a dit que si c’était le cas, il faudrait les enlever.
- Mais non, c’est une mode idiote. Les dents de sagesse sont un don de la nature, il faut les garder. Si vous voulez, on peut faire une radio »
Les images confirment que j’ai gagné le gros lot : les QUATRE dents de sagesse poussent dans une diagonale parfaite.
Moi : " Elles sont tordues là… elles vont bouger les dents devant elles !
- Mais non ! C’est une impression ! "
Un an après, je vais chez un autre dentiste. Je lui redis mes craintes, et il me ressort exactement la même expression : «les dents de sagesse sont un don de la nature »
Je soupçonne ces deux illuminés de faire partie de la secte des adorateurs de molaires.
Bon, ben, ce sont les dentistes les experts, on va leur faire confiance.
Pendant des années, à intervalles réguliers, comme Michel Blanc dans Marche à l’ombre « j’ai du mal à parler parce que j’ai les dents qui poussent ». (Comme je suis très gentille, je vous mets le lien vers cette scène culte : « j’ai été attaqué par des renards tout à l’heure - C’est normal, c’est la saison»)
Un jour, au réveil, j’ai encore plus mal que d’habitude. Je me regarde dans la glace et me trouve un peu rouge et enflée. Je me pointe au journal où je bossais à l’époque et mes collègues me dévisagent,effrayés : « Han ! Mais qu’est ce qu’y t’arrives ! T’es toute gonflée ! »
Je m’imagine avoir la gueule de Coluche piqué par les moustiques dans Banzaï (regardez le lien, c’est la journée film comique français aujourd’hui)
J’ai juste la joue qui a triplé de volume.
Collègue : « c’est un abcès ça ! Va chez un dentiste tout de suite ! »
Rater quelques heures de travail, je me fais pas prier.
Le dentiste m’engueule :
« Pourquoi avoir attendu ? Vous voyez bien que vos dents poussent complètement tordues ! Vous avez un gros abcès maintenant !
- Mais ce sont vos collègues qui m’ont dit que les dents de sagesse étaient un don de la nature !
- HEIN ?! Avec tout ça la mâchoire est très infectée, je peux pas vous enlever les dents maintenant, faut revenir dans 15 jours… »
Suite demain
16:36 Publié dans J'ai bobo là | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : dentiste, comment trouver un bon dentiste qui ne fait pas mal, enlever les dents de sagesse
12.11.2009
L'ourse hiberne
Ca y est, je vous annonce qu’officiellement, comme chaque année à cette période, j’hiberne. Je ressortirais au printemps.
En dessous de 5 degrés dehors, quand je suis obligée de sortir (par exemple pour ce petit détail qu’est le travail) je porte ma tenue de combat : sur les pieds, collants PLUS chaussettes PLUS mes chaussons tricotés par ma mère. Le tout emballé dans des bottes moches avec une espèce de fausse fourrure et fausse laine à l’intérieur (j’ai pris la pointure au-dessus pour que les 3 couches de chaussettes tiennent dedans). Pour le haut, je porte DEUX t-shirt longs moulants, un sous-pull, un pull en laine à col roulé, plus un bonnet qui recouvre bien les oreilles et une écharpe qui ne laisse dépasser que les yeux.
Je suis un tantinet frileuse.
En fait, c’était mon costume ma tenue lorsque je travaillais en plein air. Dorénavant, enfermée dans un bureau, j’enlève un des t-shirts, mais je garde le reste.
Mes petons sont particulièrement armés car ils ont en permanence froids. Même l’été, je dors en chaussettes. Au lit, quand les glaçons qui me servent de pieds touchent accidentellement Choupinounet, ça le réveille en sursaut. S’il acceptait d’adopter un chat, mes petons seraient réchauffés par la bouillotte qui ronronne. (À la place, j’en ai une pas douce et qui pue le caoutchouc. Peuh.)
Mais le pire, c’est le bout du nez. Il est tellement gelé que je ne le sens plus. J’ai donc attraper ce tic très con : je le touche toutes les deux minutes pour vérifier s’il est toujours là et pour le réchauffer. On se croirait dans la nouvelle de Gogol (l’écrivain, pas un attardé. Quoique j’y ressemble…) Sur les photos prises en hiver, j’ai toujours mon teint laiteux, mais avec le nez complètement rouge. Non, je ne suis pas une pochtronne, je ne cache pas une bouteille de rouge sous ma doudoune.
On appelle ça un problème de circulation sanguine.
Vous comprenez donc pourquoi je ne sors que rarement l’hiver. Le plus déprimant je trouve, c’est qu’avec le changement d’horaire, il fait nuit quand on se lève pour aller bosser, et nuit quand on rentre du travail. Or je ne vois pas le jour puisque je bosse dans un placard bureau sans fenêtre.
J’aime pas quand les gens disent « bonsoir » dès 16-17h. Non, je refuse ! Pour moi la journée commence lorsque j’ai fini mon travail, alors ne me dîtes pas qu’il est déjà tard ! Nooooooon !
Ayé, j’ai trouvé une excuse pour mon futur arrêt maladie : je vais dire que je fais une dépression saisonnière.
Rassurez-vous, je plaisante...
Je ne suis pas la seule à porter ma doudoune et à ne plus sortir. Mes chats (très intelligents pour cette fois) font de même….
Suite demain
14:00 Publié dans J'ai bobo là | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : j'ai tout le temps froid au secours, dépression saisonnière, problème de circulation sanguine, frilosité
04.11.2009
La daltonienne est de retour
Lundi dernier, j’ai voulu enregistrer « Valse avec Bachir » sur Canal + cinéma. A la place, j’ai eu « l’incroyable Hulk » sur Canal +.
La daltonienne a encore confondu le bleu et le noir dans la grille des programmes du magazine.
Si le concepteur du journal me lit, j’aimerais bien que vous utilisiez du rouge au lieu du noir pour inscrire les horaires de Canal. Ca m’éviterait de rater la moitié des films en confondant avec le bleu.
Je pourrais regarder les programmes en direct plutôt que les enregistrer, mais je préfère attendre que le disque dur de mon graveur DVD soit plein pour le faire (actuellement il me reste 7 % de place et j’ai déjà 31 films stockés dessus).
Je pourrais aussi enregistrer les films dès leur première diffusion, mais j’ai la flemme de me lever du canapé pour prendre la télécommande. Je me dis : « boaf, c’est pas urgent, le film repasse 20 fois, j’ai le temps ». Puis je me retrouve à mal enregistrer la dernière diffusion et à rater le film.
Ah oui, et j’aimerais bien aussi, cher concepteur du magazine de Canal, que les colonnes des grilles de programmes soient moins longues. Ca m’éviterait de confondre les lignes. Avec mes yeux fatigués de mamie, je vois double et les lignes se croisent. J’ai par exemple enregistré « skate or die » au lieu du « silence de Lorna » de la ligne au-dessous.
Voilà, cher concepteur du magazine de Canal, il faut aussi penser aux handicapés des yeux, les daltoniens et les strabiques.
Cordialement,
Papillote
14:00 Publié dans J'ai bobo là | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : daltonisme, programme canal +, valse avec bachir, hulk
23.09.2009
Panne d'électricité
Dimanche, confortablement affalée sur le canapé, je mange du chocolat noir truffé en regardant mon émission fétiche :
« Alors Dominique, le meurtrier est arrêté 128 fois, mais la police le relâche faute d’éléments !
- Tout à fait Christophe. Et le plus étonnant, quand on lit le rapport du psychiatre… »
Pan, pan pan ! Schtong !
Plus rien. Noir total. Plus de télé, plus de lumière. Plus d’électricité.
Moi : « M’enfin ! Juste au moment le plus intéressant ! T’as entendu le pan pan pan ? Comme quelqu’un qui donne des coups… Ça c’est un acte criminel ! De toute façon, me faire rater mon programme chéri, c’est déjà un crime ! »
On se penche aux fenêtres, comme tous les voisins. C’est marrant, je ne leur parle que dans ces moments-là :
Homme étage au-dessus : « Vous avez de l’électricité vous ?
Dame en nuisette dans l’immeuble en face : non, ça a coupé d’un coup !
Moi : c’est tout le quartier on dirait »
Un troupeau de voisin en pyjama se regroupe dehors, devant le transformateur d’électricité.
Choupinounet, action-man : « J’y vais. Je vais leur expliquer qu’on a entendu du bruit, comme quelqu’un qui tape sur le transfo.
Moi : - T’es fou ! Un criminel revient toujours sur les lieux de son crime ! Après il va se venger sur notre porte comme la fois où j’ai refusé de faire rentrer le taré…» (un mec qui criait dans la rue. Je ferme mes volets au même moment et il me demande de lui ouvrir la porte « parce qu’il entend un enfant pleurer dans l’immeuble » Oui, c’est juste le bébé du 4ème qui fait pas sa nuit comme d’hab)
Bien sûr on explique quand même qu’on a entendu un bruit suspect, mais ça n’intéresse personne. Les voisins ne doivent pas être fan d’émissions criminelles, eux. On attend que E.D.F se pointe, mais ce sont les pompiers qui débarquent avec la lance à incendie.
Ils se penchent à 4 pattes sur la grille, disent que ça sent le brûlé, puis se dirigent vers un magasin, nez en l’air.
Moi, toujours méfiante et inquiète: « Regarde : ils ne savent pas d’où vient l’odeur ! On va tous cramer !
Choupinounet, toujours confiant et calme : - meuh non…
Moi : mais si ! En plus, comme on n’a plus d’électricité, les voisins doivent utiliser des bougies. Comme c’est minuit, ils vont s’endormir en les laissant allumer et on va tous brûler ! C’est super fréquent, je l’ai lu ! (En général je sors des statistiques et pourcentages, mais là j’avoue, je n’ai pas de chiffres) L’immeuble est habité par des vieux, et les vieux sont connus pour tout oublier et s’endormir subitement ! Sinon y a que des jeunes filles célibataires, et les femmes adorent mettre des bougies partout pour créer une atmosphère romantique ! On va mourir carbonisés !
Choupinounet : T’as vraiment trop d’imagination…allez viens te coucher, on n’a plus que ça à faire…
Moi : - Nan ! Je ne veux pas crever dans mon sommeil ! »
J’exagère bien sûr. Je sors mon texte sur un ton humoristique, mais c’est vrai que je ne suis pas totalement détendue non plus pour une bonne nuit de sommeil…
C’est vrai aussi qu’on ne peut rien faire. Impossible de lire sous la lueur des bougies. On est vraiment dépendant de l’électricité. Résignée, je me couche, même si je me réveille toutes les deux heures pour vérifier que mes pieds ne brûlent pas. En fait, c’est le bruit qui m’empêche de dormir: EDF a installé un énorme camion qui génère de l’électricité en faisant un boucan d’enfer, juste sous nos fenêtres non isolées.
Le bruit insupportable dure 24 heures, avec des coupures d’électricité toutes les deux heures, aux moments critiques :
- Tiens, il est onze heures ! Le réveil n’a pas sonné ! Ils vont être contents au boulot…
- Une bonne douche brûlante pour détendre le dos…AAAaaaaH ! C’est gelé !!!!
- Mmmm, je vais me cuisiner une bonne purée de patates douces…pfouh, j’ai mis trois heures à les éplucher, enfin je fais chauffer…ah, il y a plus d’électricité…
- Voilà, j’ai fini mon article, je n’ai plus qu’à enregis….hé !!!! "
Si quelqu’un veut me raconter la fin de l’émission que j’ai ratée…
Mais au fait, quizz on connaît l’émission : quel est mon programme favori ?
Et toujours le syndrome de la chansonnite : maintenant j'ai la comptine "au feu les pompiers, la maison qui brûle" qui me trotte dans la tête...
18:27 Publié dans J'ai bobo là, Souvent, je suis en vacances | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : au feu les pompiers, que faire en cas de panne d'électricité, numéro des pompiers
14.09.2009
tagada tagada voila les dalton...iens (bis)
Je finis par voir un ophtalmo. Par pour mon daltonisme, puisque je persiste à dire que je distingue très bien les couleurs, mais parce que j’ai des migraines atroces. A force de lire toute la journée, voire la nuit, je suis devenue hypermétrope. C’est une anomalie qui survient quand on a trop fatigué ses yeux, donc normalement autour de la cinquantaine...sauf qu’à l’époque mémé a 14 ans.
Au passage, je signale à l’ophtalmo cette « blague » de daltonisme. Il me refait passer les tests avec les ronds et confirme.
Ophtalmo : « vous ne pourrez jamais exercer certains métiers, comme travailler dans les fleurs, car il faut savoir accorder les couleurs.
Moi : - Mais mon oncle daltonien est fleuriste !
Ophtalmo : bon…si aucun client ne s’est plaint d’acheter des fleurs jaunes au lieu de rouges… »
Fasciné par la question, l’ophtalmo m’avoue : « vous savez, parfois je pense que c’est vous les daltoniens qui avez raison et nous qui voyons mal. Chacun perçoit le monde différemment et on ne peut pas se mettre à la place des autres. Peut-être que, sous le terme général que l’on nomme « couleur bleue » personne ne voit la même chose…. »
Un pro me l’a dit. Je commence à croire que jesuis daltonienne. Les preuves s’accumulent :
J'achète des vêtements seule, sans les conseils de ma mère dalto. Ce sont alors les vendeuses aux yeux «normaux» qui m’aident et me révèlent mes erreurs. J’en donne un exemple ici quand j’évoque le shopping. A chaque fois que je fais une remarque sur un vêtement : « il est bien, mais j’en ai déjà un bleu comme celui-ci », les vendeuses me parlent comme à une dingo qu’il faut ménager : « si je puis me permettre…le T-shirt est kaki ». Elles me sortent toutes cette expression. La preuve que c’est un complot.
Mon daltonisme s’accentue avec la fatigue, et dans ces moments-là ma vision est encore plus étrange. Je ferme l’œil droit, je vois à peu près normalement. Je ferme l’œil gauche (le plus fatigué) je vois tout en gris-bleu. C’est peut-être pour ça que ma chanson kitsch préférée est « Le monde est gris le monde est bleu » de Charden…
Ma particularité passe souvent inaperçue, mais parfois une bourde me trahit et on m’en parle pendant dix plombes.
Cinéphile : « J’adore le film The Barber des frères Coen…
Intello : - Oui, les réalisateurs changent de ton pour ce film
Erudit : c’est l’une des premières apparitions de Scarlett Johansson
Moi : Au lieu du noir et blanc, c’est noir et vert, c’est original… »
Les autres, en chœur : HEIN ???!!!!!
En classe de terminale, après une rédaction aux résultats catastrophiques (j’avais eu 18) le prof d’histoire nous a donné un devoir de maternelle pour remonter notre moyenne. Il fallait colorier une carte de la seconde guerre mondiale, avec les pays annexés au fil des années, coloriés en dégradé du jaune au rouge. Tout le monde a eu 20 bien sûr, sauf moi. Je me souviens que ma Pologne orange au lieu de rose était barrée d’une grande croix. Je n'ai rien osé dire au prof et cette carte pourrie a bien baissé ma moyenne.
Pour le bac, je n’ai pas voulu réitérer cet exploit. J’ai donc débarqué dans la salle d’examen avec mes crayons marqués d’étiquettes « orange » « jaune » « rouge »…
J’ai d’autres exemples, mais je ne vais pas tous vous les sortir. Je peux juste finir la boucle en reparlant du tricot. Quand je faisais mon écharpe (dont personne n’a vu qu’elle était verte, vous êtes vraiment tous daltoniens) ma nièce de trois ans regardait les échantillons de laine du catalogue de tricot :
« Alors ça, c’est rose…ça beige…ça jaune… »
C’était rouge, jaune et orange. Sa mère a confirmé. Elle a prétendu qu’elle ne connaissait pas les termes des couleurs, mais j’en doute.
Mon frère s’est maqué avec une daltonienne, la relève est assurée.
« C’était les dalton…iens !
Tagada, tagada, il n’y a plus personne »
15:23 Publié dans J'ai bobo là | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : daltonisme, jo dassin, les dalton
11.09.2009
tagada tagada voila les dalton...iens
Comme promis, voici mes incroyables aventures de soi-disant daltonienne. Soi-disant, car je persiste à nier. Je vois très bien la différence entre le rouge et le vert. Ce sont seulement les couleurs qui se ressemblent que je confonds : le violet et le rouge, le rouge et l’orange, l’orange et le rose, le rose et le beige… Bon, d’accord, je suis peut-être un tantinet daltonienne sur les bords.
On a découvert cette tare originalité à 14 ans seulement, en classe de biologie. On devait dessiner une pierre que l’on observait au microscope. Je partageais l’appareil avec ma meilleure amie. (Je l’encourage d’ailleurs vivement à donner sa propre version dans les commentaires)
Mon amie regarde mon dessin et s’exclame :
Amie : « Mais ! Pourquoi t’as fait la pierre bleue ? !
Je hausse les épaules : - ben, parce qu’elle est bleue !
Amie : - Elle est noire !
Moi : - N’importe quoi, elle est bleue, bleue comme le goudron !»
Et là ma copine éclate de rire. Quand elle commence on ne peut plus l’arrêter et son rire est très communicatif. Immédiatement tous les élèves se dressent : « qu’est ce qui se passe ? »
Ma copine, cramoisie, littéralement pliée en deux sur sa chaise, suffoque : « elle a dessiné la pierre en bleu ! »
Tout le monde accourt pour vérifier. Les ados pouffent et me regardent comme si j’étais cinglée. Je fais de même avec eux : « qu’est ce que vous avez tous ? Elle est bleue cette pierre ! »
Alertée par le bruit, la prof réfugiée dans la salle d’à côté revient. Elle ne rigole pas du tout, elle. Elle m’ordonne d’un air grave, comme si j’avais tenté d’assommer un élève avec le microscope: « venez avec moi. »
La prof me montre plein de dessins avec des ronds de différentes couleurs : le test d’Ishihara.
Prof : « Vous voyez quoi dans ces dessins ?
Moi : - euh…des ronds ?
- Arrêtez de rigoler, c’est sérieux. Vous devez voir un motif.
Je distingue que dalle et dit au pif :
- Un papillon peut-être ?
Prof, toujours aussi sérieuse : - Non, c’est un 13.
Moi, toujours détachée : - Ah oui, c’est pas vraiment pareil… »
15 dessins et échecs plus tard, la prof referme le livre et comme dans un tribunal, rend son verdict sans appel :
« Vous êtes daltonienne. Il faut voir un ophtalmologiste. »
Rentrée chez moi, je raconte la scène à ma famille, pensant que, comme moi, elle va tomber des nues :
Ma mère, blasée : « oh, oui, t’es peut-être daltonienne, c’est possible…ton frère, ton père, ton oncle, ta grand-mère au moins le sont…
Moi : - Mais la prof a expliqué qu’une fille daltonienne c’est très rare parce qu’il faut que les deux parents soient daltoniens…
Mère, indignée : - AH NON ! Moi je ne suis pas daltonienne ! Ah ça non !
Frère : - Tu parles, encore hier elle a confondu la bouteille de gaz bleue avec la verte…
Mère : - Et toi, avec ton pull marron que tu vois gris ! »
Je les regarde comme si j’étais une jeune fille au pair débarquant dans une famille d’accueil sur Mars.
On désigne des objets et on se rend compte qu’aucun de nous ne les voit de la même couleur.
Frère : - Les volets sont gris.
Mère : - Ah non ! Marron !
Moi : - Meuh non, ils sont verts… »
Je commence à regarder ce qui m’entoure d’un nouvel œil. Le monde n’est pas tel que je le connais ? Je me trompe depuis toujours, je vis dans un univers parallèle !
A chaque cours de bio, la prof me demande si je suis enfin allée chez l’ophtalmo. Je réponds par la négative. Pas la peine de prendre rendez-vous pour ma mère, puisqu’on voit tous parfaitement bien dans la famille.
« Et ça continue encore et encore, c’est que le début d’accord d’accord… »
Suite au prochain numéro.
Quizz on connaît la chanson : de quelles chansons le titre et la citation sont-elles extraites et qui en sont les auteurs ?
14:15 Publié dans J'ai bobo là | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
21.06.2009
Aujourd'hui, c'est la fête du sport
Cet après-midi, comme tous les dimanches, j’étais à la salle de sport. A chaque fois, la grande question est : « vais-je pouvoir accéder aux appareils, ou seront-ils assaillis par les autres sportifs du dimanche ? »
La fréquentation de la salle est fluctuante. En septembre, elle est pleine, à cause des bonnes résolutions de la rentrée sans doute. A noël, la gym est désertée : les gens préfèrent se goinfrer bien au chaud au coin de la cheminée. En janvier, les morfales tentent de réparer les dégâts de la bûche de noël et des papillotes. (Pourtant, ça fait rien de mal une Papillote…)
Depuis mai, les femmes envahissent les tapis de courses : elles veulent pouvoir rentrer dans leur maillot de bain cet été.
Mais aujourd’hui, la salle est entièrement vide. Je me dis que le temps pourri persistant en ce premier jour de saison, les femmes ont abandonné la course, c’est le cas de le dire. Je songe ensuite que le même cas de figure s’est présenté il y a deux-trois semaines. On m’avait expliqué que c’était grâce à cause à la fête des mères.
Aujourd’hui c’est la fête des pères cumulée à celle de la musique. Comme ce n’est pas demain la veille que je risque de fêter tout ça, je propose d’inventer un tas d’autres fêtes pour vider ma salle de sport :
- la fête des poissons rouges, le dimanche 28 juin (en souvenir de tous les Bubulle-Némo etc jetés dans les toilettes)
- la fête des consoles Nintendo, le 5 juillet
- la fête du shopping, le 12 juillet
- la fête des chats, le 19 (ah non, celle-là, je risque de la fêter)
Si vous avez d’autres idées, je suis preneuse.
Vous comprenez, j’aime mieux ne pas avoir de témoins quand je sue sang et eau en marchant simplement sur le tapis de course, alors que les femmes de 50 ans autour de moi sont à l’aise comme les cabris gambadant sur la montagne.
Ce soir, pendant que Choupinounet ira se noyer dans la foule et la bière pour la fête de la zique, mémé Papillote va rester sur son canapé pour déguster sa tisane et son Jane Austen. (J’avoue, je préférerais aller au ciné qui doit être déserté, mais je ne peux pas sans Choupinounet, la carte couple est à son nom…)
Info de dernière minute : pépé Choupinounet qui se réveille de sa sieste me signale qu’il « est peut-être pas si motivé que ça » pour la musique de d’jeuns. Je vais peut-être contribuer à remonter le nombre de places décevant de Coraline finalement.
Ah, ben non en fait.
19:36 Publié dans J'ai bobo là, Si si, je suis une fille | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
06.06.2009
Massage à la tronçonneuse
Après cinq mois de rééducation du petit doigt coupé, j’ai enfin fini mes séances de kiné. J’ai donc trouvé que c’était marrant de me bloquer le dos juste le lendemain.
Samedi midi, plus rien à manger. Choupinounet somnole encore sous la couette. Il pense que ça peut attendre, mais hors de question que je mange des vulgaires pâtes. Je fais donc les courses seule.
Je vais à ED, et je saute de joie : ENFIN des légumes bio ! Je n’ai plus à me taper trois kilomètres à pied pour en avoir ! Youpi ! (Vous savez maintenant que j’adore parler de bouffe, alors en plus quand je peux l’associer aux bobos…on m’arrête plus).
Du coup, emportée par mon enthousiasme, j’ai tout pris. Mine de rien, les légumes ne sont pas lourds niveau calories, mais niveau poids, si.
Je soulève d’un grand élan mes deux énormes sacs et les six litres et demi d’eau, et, bizarre, j’entends un crac dans le dos. Exactement à l’endroit où je m’étais déjà bloquée quand j’avais voulu crâner à l’accro branche en prenant la piste noire. (La kiné s’était bien foutue de moi, décidément ces médecins).
Choupinounet, toujours gentil, me propose un massage pour me soulager. Sauf que, pour ne pas trop s’ennuyer, il écoute de la musique en même temps. Pas celle qu’on diffuse dans les salons de massage, ambiance zen avec ruisseau et petits oiseaux. Non, une musique beaucoup plus appropriée: du métal. Je vous détaille la scène le plus rigoureusement possible:
Ambiance sonore : Metallica, Enter Sandman, 110 décibels
Choupinounet, à fond dans son rôle de …chanteur, beugle de sa voix de casserole « Exit light ! Enter night ! » avec la main gauche en forme de micro devant la bouche. De la main droite, il marque le tempo sur mon dos.
Moi (au seuil de la mort): « non, pas là, à gauche !
Choupinounet : - qu’est c’tu dis ? (il chante « Take my hand ! Off to never never land ! »)
Moi (quasiment décédée du dos) - Tu me fais maaaaaaal !
Choupinounet : - Attend, c’est le solo !
Et il fait de l’air-guitar tout en secouant ses cheveux comme les rockers.
Je me suis tapée la moitié de l’album. Ou plutôt, la moitié de l’album m’a tapé. Au final, j’avais étrangement plus mal qu’au départ, mais ça partait d’un bon sentiment. Puis on va dire qu’il fallait bien que je me trouve un nouveau bobo pour faire mon intéressante. (C’est original, l’aspect Quasimodo, l’épaule plus basse que l’autre de 10 centimètres).
Une semaine est passée et le schéma se renouvelle : rien à manger et Choupinounet pas levé. Cette fois, je crois qu’on va manger des pâtes.
12:02 Publié dans J'ai bobo là, Je suis culturée | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : massage du dos, supermarché ed, métallica, enter sandman
17.05.2009
Hypocondriaque
Non, je ne suis pas hypocondriaque. Un hypocondriaque, c’est quelqu’un qui s’invente des maladies. Moi, j’invente rien, je suis vraiment malade. En plus, un hypocondriaque passe son temps chez le médecin alors qu’il n’a rien. Moi, j’y vais jamais et j’attend d’être au seuil de la mort pour consulter.
Par exemple, là en ce moment, j’ai un rhume. Enfin non, ça c’était au début il y a trois semaines, maintenant j’ai une bronchite. Et bien j’attendrai de cracher mes poumons pour enfin aller chez le docteur, qu’il me fasse une radio pulmonaire d’urgence pour voir si je risque pas une pneumonie et une hospitalisation. Comme ça m’est arrivé l’année dernière quoi. Ben non, ça m’a pas servi de leçon. Je me dis « c’est con, je vais pas consulter pour un pauvre rhume » et vlan je me retrouve avec un poumon en moins. Ok, j’exagère un peu…
Si je n’ai pas un grand bobo, j’attend d’en cumuler au moins trois petits pour aller chez le médecin. A la traditionnelle question « Alors, qu’est ce qui t’amènes ? » Je réponds le problème principal, « j’ai le dos coincé depuis une semaine, ça commence à être lassant de me tenir penchée ». Après l’auscultation, quand le doc pense en avoir fini, je rajoute d’une petite voix « et sinon j’ai aussi mal à la gorge » « et puis j’ai les jambes lourdes » « et sinon aussi… »
Une fois le médecin m’a carrément interrompu en disant : « J’ai une solution.
Moi, toute contente, visage illuminé : - Ah ouais ? quoi ?
le docteur : - On coupe là ». Il désigne le cou.
Moi, dépitée : - Ah ? Ben finalement c’est pas la peine. Ca va mieux tout d’un coup… »
Mon docteur me sort tout un stock de phrases excessives : « Chapeau ! Tu t’es pas loupé ! » « J’ai rarement vu ça! Faut faire une photo ! » « Ca y est, t’es bonne pour la maison de retraite !»
J’ai déménagé, et je ne vois plus ce médecin traitant qui suivait ma famille depuis des générations. Pourtant j’ai trouvé un remplaçant qui a vite repéré le phénomène de foire. Mon nouveau docteur se souvenait de moi à la troisième consultation, pourtant à six mois d’intervalle de la dernière : « alors…ces boutons de varicelle ? Vous avez fait de jolies photos souvenirs ? Vous venez pour quoi aujourd’hui ? La tête qui vous gratte…dites moi pas que les enfants vous ont refilé des poux cette fois… eh ben si !!!! hihihi ! »
Je sens que le docteur va me demander de venir plus souvent pour égayer ses journées. C’est impossible, puisque je ne suis pas hypocondriaque.
14:13 Publié dans J'ai bobo là | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : hypocondrie, médecin traitant, pneumonie












