24/12/2013

Eternels 25 ans

eternels 25 ans.jpgJe recycle et commente un article du 24 décembre 2009, en observant le chemin parcouru (3 mètres à cloche pied)... :

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. J’ai 25 ans… depuis plusieurs années.
On m’a dit : « fais gaffe, hein, quand tu emploies le terme "vieux" ou "mémé" sur ton blog, c’est pas cool… »
Je vous rassure tout de suite, il ne faut pas se sentir visé. Un vieux ne désigne pas pour moi une personne de 80 ans. Non. Juste quelqu’un qui a six mois de plus que moi. Inversement, un « gamin » a 6 mois de moins. Ma définition de « vieux » ou de « jeune » change donc continuellement.
Observations 4 ans après : j'ai élargi mes critères : les "vieux" et les "gamins" ont désormais deux ans de différence avec moi.

Je me souviens très bien de la réflexion désespérée qui m’a traversé le jour de mes 17 ans : « ça y est, c’est la limite. Rimbaud disait : "on est pas sérieux quand on a 17 ans " L’année prochaine, c’est foutu, la majorité, le bac, le droit de vote, le permis… je suis censée être adulte. »
J’ai donc décidé entre autres de ne jamais passer le permis pour rester une gamine.
A 20 ans, même déprime : « ça y est, c’est la limite. J’entame une nouvelle décennie, c’est foutu. »
21 ans : « ça y est, c’est la limite. J’ai le droit de boire en Amérique. »
25 ans a été la limite absolue. J’ai arrêté de compter.

4 ans après : J'ai avancé ma limite à 27. A 27 ans, on pouvait encore finir ses études si on avait changé 36 fois d'orientation, on pouvait ne pas encore avoir trouvé de vrai boulot à cause de la crise, on pouvait encore être un jeune. 28, là, on était plus censé avoir un vrai travail à responsabilité, comme un grand. Certains même pensent à fonder une famille, acheter une maison... Je pensais avec horreur aux deux prochaines années... Puis j'ai accepté 28, 29... Mais le nombre horrible, non. Jamais. Et là, 4 ans après l'écriture de ce billet, j'ai passé la barre fatidique... Vous savez là, le truc au-dessus, la déce.. décennie... la tren, la trente... Non je ne peux pas prononcer ce mot affreux.

De toute façon, quand je donne mon vrai âge, personne ne me croit. Je suis conciliante, je ne vais pas les contredire. Au fil des années, je suis obligée de mentir pour ne pas passer pour une attardée. Je parviens même à me tromper moi-même. Je sais que j’ai plus, mais je n’arrive pas à imaginer au-delà de 26. 4 ans après, j'ai enfin accepté mes... 27 ans.

La semaine dernière, je vais chez le médecin (pour changer). Il me pose les questions habituelles pour remplir le dossier : « adresse, téléphone, âge… » Je réponds « 26 » comme d’habitude. A la fin de la consultation, le docteur me demande ma carte vitale et l’observe :
Docteur : « MAIS ! Vous n’avez pas 26 ans !
Moi (sincère) - Ah bon ? Ah oui, c’est vrai ! »

4 ans après, quand on me demande mon âge, je marque un temps d'arrêt car je suis obligée de... calculer. La dernière fois, à la mi-décembre, on m'a quand même donné "la vingtaine". Moi qui ai pourtant pris un gros coup de vieux, mais seuls ceux qui me connaissaient avant peuvent le voir et me le souligner si délicatement "Nan, mais tu pouvais pas non plus faire gamine toute ta vie... Puis c'est les soucis comme ci puis ce puis ça" etc. 20 années d'insomnies commencent à se voir. Et comme le dit Florence Foresti : "à 20 ans tu es fraîche comme la rosée du matin. A 35, tu es fraîche comme la bouteille de rosée de la veille".

Ce qui compte, ce n’est pas l’âge réel, mais l’âge mental. Et j’ai 10 ans, je sais que c’est pas vrai mais j’ai 10 ans, si tu me crois pas tartagueule à la récré.
On dit aussi qu’on a l’âge de ses artères. Dans ce cas je suis mal barrée, nourrie à la cuisine au beurre toute mon enfance, et vas-y que je te rajoute 3 louches de gras pour donner plus de goût. C’est peut-être pour ça aussi que j’ai toujours aimé les légumes : je ne mangeais pas des épinards avec un peu de crème fraîche, mais de la crème aux épinards…

J’ai trouvé la solution miracle pour ne pas vieillir (subitement le nombre de connexion au blog quadruple). Il ne faut pas travailler et ne pas avoir d’enfants. Pour le premier point, c’est râpé, ce qui explique mes 5 ans dans la gueule. Se lever tôt, dormir moins, ça creuse les traits et les cernes. (4 ans après : j'y remédie en restant au chômage). Le pire, ce sont les gosses. Avec mes neveux mon frère a vu ses premiers cheveux blancs. Avant d’être père il était obligé de sortir sa carte d’identité pour prouver son âge… Il fait toujours 5 ans de moins, mais il déprime toujours à son anniversaire.

Moi, je suis toujours contente de fêter le mien. Je ne vous empêche donc pas de m’offrir plein de cadeaux aujourd’hui, pour l’éternel retour de mes 25 ans.
27.
Pas plus.

 

12/10/2013

Voici venu le temps de l'enfermement

Chat Radiateur.pngVoici venu, le temps, de l’enfermement
Dans l’île aux enfants c’est plus du tout le printemps
Hibernation, j'écris ton nom.

9 degrés dehors, mais qu’est ce que c’est que ce bin’s ? (oui 9 degrés à Paris, je suis devenue une vraie parigote tête de veaute, seule la capitale compte désormais, le reste est « la province » (synonyme en langage parigot : « chez les gueux »)

La semaine dernière, les gens normaux se baladaient en manches courtes. Pas moi évidemment, je rappelle que mémé est un tantinet frileuse. Je n’ose le T-Shirt qu’à 30 degrés minimum. Donc à Paris, j’en porte 3 fois l’an. A 25 degrés, je porte un gilet. A 20, un pull et une veste. A 15, un sous-pull, un pull, un manteau d’hiver et des collants sous le pantalon. A 10 degrés, 3 couches de maillots, à 5 degrés, 2 collants. A zéro, je ne sors plus, faut pas pousser.

Aaah, j’étais bien cet été à Lyon, 38 degrés, environ 45 en plein soleil… J’ai invité une copine parigote au parc de la tête d’or, elle se précipitait sur chaque fontaine publique pour s’asperger entièrement des pieds à la tête. Les gens la regardaient comme une extra terrestre, mais « tout le monde y peut pas être de Lyon, il en faut ben d’un peu partout » (patois lyonnais). Je l’avais pourtant prévenue, mais visiblement elle ne s’attendait pas à cette chaleur. Surtout que toute la famille était unanime : à la campagne, il faisait frais (à peine 32).

J’ai donc ressorti ma panoplie de guerrière. Chez moi, je porte mes célèbres chaussons, mon plaid de mémé sur les genoux pour écrire sur l’ordi, et la couette pour regarder le film. Je ne mettrai le nez dehors qu’en cas d’extrême urgence. Pas besoin pour l'instant, il me reste 8 tablettes de chocolat. (3 noirs 75 %, 2 à l’orange, 2 caramel au beurre salé et une à la menthe). Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes qui devraient me permettre de tenir un siège de 2 à 3 semaines. La consommation annuelle d’un Français en chocolat est de 7 kg. Si mes calculs sont exacts, (je rappelle que j’ai fait L) je dois plutôt en être à …15 kg par an.

Voici venu le temps des tartiflettes, raclettes, soupes, tisanes et chocolat chaud.
(oui je sais ça ne rime pas, mais quel repas d’hiver rime en « an » ?) (voici venu le temps, du parmesan, du safran, du flan… non, ça ne tient pas debout, m’enfin.)

06/09/2013

Le Rock en saigne : le dernier métro pour une claustro

le-dernier-metro.jpgMémé Papillote, qui était fière d’avoir eu la présence d’esprit d’échapper aux mouvements de foule à Rock en Seine, se retrouve donc très intelligemment à prendre le métro à la fin du dernier concert, comme… tout le monde, environ 30 000 personnes. Je suis contrainte de faire le mouton et de suivre le troupeau qui nous mène à l’abattoir : le métro…

Emportés par la foule, qui nous traîne, nous entraîne, nous éloigne l´un de l´autre, je perds mes parents-potes en route, ce qui était ma crainte de la journée. Je me retrouve seule avec une vague connaissance. Pour peaufiner le tout, une pluie battante s’abat sur nous. Mais la pluie au moins, c’est l’eau, l’air, la vie… car nous nous engageons dans le long tunnel du métro, sans savoir où il nous mène, croisant de temps en temps des regards atterrés rebroussant chemin : ce n’est pas bon signe. Où allons nous ? Quelle est notre destination finale ? On va tous mouriiiiiir !!!
Une dizaine de minutes plus loin, avançant de plus en plus péniblement, nous tournons enfin dans le couloir qui nous mène aux portes du paradis, le métro. Et nous restons bloqués à 3 mètres de la délivrance, car, de manière incroyable, les portiques sont…fermés. 4 mastodontes de la sécurité se tiennent derrière, seuls, peinards, et nous regardent, affluer de plus en plus, nous serrer de plus en plus, étouffer de plus en plus. Impossible de bouger. Impossible de faire demi-tour, nous sommes pris au piège. La RATP, partenaire officiel du festival, vous assure un confort maximal. J’aurais dû m’en souvenir pourtant : RATP signifie en fait « rentre avec tes pieds ».
Commençant à avoir du mal à respirer, je me rappelle à ce moment opportun que je suis en effet légèrement claustrophobe. Petit détail. Quand il se voit enfermé dans un espace clos, le cheval sauvage se rend soudain compte qu’il a envie de courir le monde après son destin.

classe de neige.jpgJe crois que cette claustrophobie date de mes 8 ans. J’étais en classe de neige (l’un des pires souvenirs de ma vie, mais heureusement pas pour les mêmes raisons que le personnage d’Emmanuel Carrère –ou le film de Claude Miller-). J’avais atterri dans le dortoir des 3 pestes de la classe, mon alcoolique de prof (véridique, elle planquait sa bouteille sous son bureau et sentait l’alcool à plein nez) pensant sans doute qu’une élève sage comme moi allait tempérer les grandes gueules. Une nuit, j’ai entendu dans mon sommeil comateux des cris, puis senti un bras énergique me tirer du lit. Je n’ai même pas eu le temps de dire ouf. Percevant des petits rires sortant du dortoir, un surveillant était rentré en trombe, avait crié pour obtenir le silence, puis pris la première victime innocente lui tombant sous la main (moi). Il m’a entraîné dans une salle de bains, a fermé la porte en criant « ça t’apprendra, tu resteras ici ! ». Le temps m’a paru interminable, j’étais terrorisée, enfermée dans cette petite pièce, dans le noir complet.

Je me suis plaint à ma famille dans une lettre. Ma mère a téléphoné paniquée en demandant ce qui se passait, et bien évidemment est tombée sur le surveillant. Je me rappelle encore de son regard noir quand il m’a passé le combiné, en restant à côté de moi pour vérifier ce que je disais. Je n’ai pas osé réitérer mes propos devant l’oeil menaçant de mon bourreau, et les 10 derniers jours de la classe de neige ont été un long supplice. Je pense que ceci peut expliquer en partie ma peur des espaces clos, petits et obscurs, et ma difficulté à m’endormir sereinement… (Je crois que le pire dans cette histoire, c’est qu’à mon retour tant espéré, ma mère a oublié de venir me chercher à l’heure, et mon frère s’est foutu de ma gueule pendant des années en me récitant par cœur des passages de ma longue lettre mélodramatique (j’avais déjà le goût du drame et de l’écriture à l’époque).

Mais passons et revenons à nos moutons coincés dans le métro :
Les portiques ouvrent en fait toutes les dix minutes, seulement lorsqu’un métro arrive. Car évidemment, la RATP-partenaire-officiel-du-festival n’a pas jugé utile de multiplier les rames face à la significative augmentation de voyageurs.
Pour accentuer ce moment de bonheur et de convivialité, je me retrouve du côté gauche des portiques, c’est-à-dire ceux qui s’ouvrent… uniquement pour la sortie. Je suis donc bousculée et insultée copieusement par les quelques rares malheureux qui ont pensé que c’était une bonne idée de sortir à cet arrêt à l’heure du final de rock en Seine.
45 minutes de cauchemar plus tard, sans même toucher le sol, la foule me pousse en avant et je parviens à passer un portique. Toujours honnête, j’ai le réflexe de valider un ticket, avant que les gens derrière me hurlent d’avancer plus vite.

Creep.jpgJe respire enfin, je suis passée en zone libre. Je me retourne, et mon accompagnatrice a disparu. Il est 1h40, je vais atteindre le métro, mais j’ai encore une correspondance, que je ne pourrai jamais obtenir. Je suis à plus d’une heure de chez moi, seule, sans argent, et mon portable n’a presque plus de batterie. Le parfait scénario de film d’horreur, qui se déroule très précisément dans ma tête grâce à mon imagination débordante. Et comme je suis aussi cinéphile, je me rappelle les scènes d'angoisse du film Creep... J’ai trouvé très malin de partir avec le strict minimum, craignant la promiscuité et les vols. Je n’ai pas pris mon portefeuille mais uniquement 25 euros en liquide, que je trouvais largement suffisants. C’était sans compter les prix exorbitants associés à un estomac sur pattes…
Je me remets à paniquer (ça faisait longtemps) seule du bon côté des portiques, tandis que le reste du troupeau bloqué derrière me regarde avec envie. 10 minutes plus tard, mon accompagnatrice me rejoint enfin, et me voyant désemparée, à l’immense bonté de m’héberger. Mémé ne s’endort qu’au premier chant du merle à 7h30, car elle ne retrouve pas ses petites habitudes, et surtout, des jeunes éméchés jouent au « uno » sur leur balcon jusqu’à 5h30, en hurlant dès que l’un d’eux pose une carte « +3 » ou « retour en arrière ».

A part cette fin apocalyptique, j’ai tout de même beaucoup apprécié l’ambiance du festival. Si j’y retourne, je prendrais le temps de faire tous les jeux et de regarder plusieurs concerts, et surtout, je rentrerai avant la fin du spectacle pour obtenir une place dans le métro…

06/01/2012

Bref, je suis hypocondriaque : ce que révèle votre visage de votre santé

frères bogdanoff.jpgBref, je suis hypocondriaque.  Un article de msn s’intitule donc :
« Ce que révèle votre visage de votre santé ». « Ces petits désagréments que l'on considère souvent comme bénins peuvent parfois être révélateurs de troubles beaucoup plus graves...»

bref,kyan khojandi,hypocondriaqueExemple, j’ai les joues parfois gonflées, surtout comme ce noël, quand je séjourne chez ma mère qui me gave comme une oie à manger au réveillon. Quand elle invite ses copines, les mamies aiment bien me pincer les joues comme si j’avais trois ans en disant « oh les jolies fossettes ! Ta maman te nourrit bien ! » Je pensais que ma gueule de hamster découlait de mon estomac sur pattes, (je dresse un portrait flatteur) mais les docteurs m’ont expliqué que j’avais un problème de thyroïde et que « Tchernobyl m’était passé sur la tête » (maintenant que Fukushima l’a fait aussi…)

Vous avez les lèvres gercées ? Comme tout le monde en hiver pensez-vous. Eh bien non, vous faites de l’anémie. Mangez du foie de veau. Contrairement à 99% de la population, j’adore ce plat. Pourtant je n’en achète jamais à cause du prix élevé, alors j’attends de voir ma mère deux fois par an pour qu’elle m’en cuisine. (Elle vient de m’apprendre ces vacances, quand j’espérais ma traditionnelle tranche, que le boucher de la cambrousse n’en faisait plus car justement « plus personne n’achète de foie de veau ». Je suis en deuil.)

Vous avez les yeux rouges et vous voyez parfois flou ? Il faut arrêter la drogue, Courez chez l’ophtalmo avant de devenir aveugle et risquer le glaucome.
Sinon, c’est tout simplement de la fatigue (m’endormir à 4h du matin ne m’aide pas) ou du surmenage (ne pas trouver de travail sans savoir ce que je vais faire le lendemain ne m’aide pas non plus.)

Vous avez les yeux gonflés ? Il faut arrêter de chougner devant E.T (même si c’est trop triste quand on croit qu’il meurt et quand il s’en va) (je pense que je n’ai spoilé personne en révélant l’histoire hein ?)
Si vous ne sortez pas vos mouchoirs devant les drames, vos yeux gonflés sont peut-être dus à un problème de reins, qui peut conduire à l'hypertension artérielle, l'anémie, la fragilité des os et des lésions nerveuses. » (Ils sont gais sur MSN). Comme quoi, l’expression « pleure, tu pisseras moins » est vraie.

 « D'autres symptômes sont à surveiller tels que la fatigue, le manque d'appétit, l'insomnie, les crampes musculaires la nuit, les pieds et chevilles gonflés, la peau sèche et le besoin d'uriner plus souvent. » L'hypocondriaque imagine les cumuler presque tous, sauf un (l’estomac sur pattes vous laisse deviner lequel).

gaston cache nez.jpgVous avez le nez rouge comme moi ? Arrêtez de boire.
Je pensais que je le devais à un problème circulatoire. En hiver je ne sens plus mes pieds, mes mains et surtout mon nez : je comprends l’angoisse des enfants quand on leur fait croire qu’on leur vole leur tarin : j’ai l’impression qu’on a coupé le mien pour le remplacer par un glaçon, ce qui produit un tic très glamour : je touche sans arrêt mon nez pour le réchauffer, et au passage vérifier qu’il est toujours là (on ne sait jamais, comme dans la nouvelle de Gogol mon nez peut aller voir ailleurs si j’y suis…) Je voudrais bien comme Gaston Lagaffe un minuscule bonnet avec un pompon, mais je n’ai pas le nez assez gros ni rond.
Pour msn, le nez rouge peut être signe d’hypertension artérielle ou d'un « lupus érythémateux disséminé, maladie chronique inflammatoire où le système immunitaire attaque les substances, organes ou tissus normalement présents dans l'organisme. » Cette maladie vous défigure en donnant l’impression que vous avez porté un masque de fer qui vous a brûlé le visage, un masque de la mort rouge en forme de loup (d’où le nom lupus).
Le journaliste responsable de ce billet est peut-être parti en dépression. Je vais demander s’ils ont besoin de quelqu’un pour le remplacer.
 
Vos gencives saignent parfois ? Ce n’est pas parce que vous avez dérapé en  vous brossant les dents, ni parce que vous vous êtes planté une miette de pain (j’ai testé pour vous). Non, vous souffrez de parodontite, maladie des dents mal lavées, qui entraînera plus tard un risque de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral. Rien que ça.
Mémé hypocondriaque a donc décidé d’acheter du fil dentaire. Mon dentiste me l’a conseillé en 2009 en m’expliquant : « si vous en utilisez tous les jours, vous n’aurez plus besoin de venir me voir. » Après l’avoir revu deux fois en deux ans, j’ai donc fini par utiliser du fil dentaire la semaine dernière (mieux vaut tard que jamais). Je n’ai absolument pas compris comment je devais m’en servir pour atteindre les dents du fond (j’ai mis trois jours à comprendre pour celles de devant).
Se laver les dents trois fois par jour après chaque repas, ils sont marrants eux. Comment fait-on quand on est un estomac sur pattes qui grignote tout le temps ? Et trois repas seulement ? Ils oublient le plus important : le goûter, avec un cacao, du pain, une banane et une papillote. 

 Alors, vous filez à l’hôpital faire un check-up ? Vous êtes aussi hypocondriaque ?

05/01/2012

Bref, je suis hypocondriaque

bref hypocondriaque.pngUn sketch de Bref explique :
Pour reconnaître un hypocondriaque, il suffit de lui dire :
« -T’es vraiment hypocondriaque
- Non, je fais juste attention. »

Je persiste à dire qu’il est normal de se laver les mains avant manger et après les toilettes (je ne sais plus quel lecteur avait rigolé un jour ici : « se laver les mains comme les enfants ! »).

Comme Kyan Khojandi, je connais mon numéro de sécu par cœur, depuis mes 15 ans environ... Je pensais que c’était normal, comme celui d’une carte bancaire ou d’un compte postal ? De même, « quand un type éternue, je le hais ». J’aurais volontiers poussé hors de la rame hier pour qu’il s’écrase sous le métro le porc mec qui m’a éternué dessus 3 fois de suite sans même mettre la main devant sa bouche ni s’excuser. Même si en hiver, pour éviter de recevoir et respirer tous ces microbes qui circulent, je me couvre le visage de mon écharpe (on a l’impression que je vais braquer une banque car seuls les yeux dépassent) (en même temps braquer une banque avec une écharpe à majorité rose et multicolore, ce n’est pas crédible) (modèle unique au monde, c’est ma môman, qui l’a faite) (je porte aussi un magnifique béret avec un chat dessus) (je me demande encore pourquoi on pense que j’ai 15 ans en me voyant).

C’est sans doute grâce à ces principes que malgré mes multiples bobos là (des maladies qui ne s’attrapent pas par contagion) je connais rarement les joies de la grippe, gastro et toutes leur petites copines.
Je ne suis donc pas hypocondriaque, juste prévoyante. Comme Bref, « quand j’ai un doute, je vérifie sur un forum. Généralement, après les avoir consultés, je suis sûr d’avoir une maladie orpheline. J’ai d’ailleurs toujours deux symptômes sur trois. » Et justement, sur Msn, un article m’a fait frémir !
 « Ce que révèle votre visage de votre santé ». « En effet, ces petits désagréments que l'on considère souvent comme bénins peuvent parfois être révélateurs de troubles beaucoup plus graves. (à prononcer avec la voix de Dark Vador). Voici un guide qui vous aidera à déceler quelques indices la prochaine fois que vous vous regarderez dans le miroir ! »
Mais ça va pas d'écrire sur des sujets pareils ! Ils veulent m'achever ou quoi ? Comme je ne veux pas le subir seule, je vous fait partager l'article sadique...
J’ai déjà deux maladies avérées sur les 10 répertoriées (et effectivement, comme les symptômes paraissent anodins, j’ai mis plusieurs mois à m’en apercevoir) il ne m’en fallait pas plus pour imaginer subir les autres…
Suite demain

et vous, êtes-vous hypocondriaque ?

30/12/2011

Sept nouveaux secrets

alexandre bienheureux.jpgOn continue avec les révélations et les articles recyclés :

1 signe particulier : J’en ai déjà évoqué pas mal ici : je suis daltonienne, andomane (ni gauchère ni droitière) j’ai des mains et poignets d’enfants (je peux mettre les bracelets et bagues d’une fille de 5 ans) Je ne supporte pas le bruit et vis la moitié du temps avec des boules Quiès. Mes oreilles sont fragiles depuis que des morveux ont lancé des pétards et sifflé près de moi. Les sons aigus, comme le tintement d’un trousseau de clés, me résonnent dans la tête comme un écho.
En tant que E.T téléphone maison miss bobo-là, j’en ai encore beaucoup des comme ça…

1 mauvais souvenir : j’en ai plein… pas forcément des évènements graves, mais des anecdotes qui me dérangent. Je me pose beaucoup de questions et je culpabilise vite : «j’aurai pas dû dire ça… je pense qu’elle l’a mal pris… » Je rumine beaucoup : « ça m’a énervé ce qu’il m’a dit, mais je n’ai pas su répliquer. Si je l’avais en face de moi maintenant, je lui répondrai ça… enfin… si j’osais… »

1 souvenir d’enfance : Bizarrement, j'en ai très peu. Je me rappelle tout de même des vacances à Arêches Beaufort: je dévalais les collines pleines de fleurs. Je me souviens des vaches et de leur cloches autour du cou, et bien sûr, du fromage… J’adore la montagne.
Avec ces conneries, j’ai le générique de La petite maison dans la prairie et de Heidi dans la tête. C'est malin.

1 de mes défauts : hum hum… un seul… Comme expliqué ici, soupe au lait ?

cerveau.jpg1 film bonne mine : Un seul? Impossible! Quand j’étais petite, j’adorais les comédies populaires. Je regardais le film du soir à la télé, sauf que je devais me coucher avant la fin! Les bronzés font du ski, les Retour vers le futur et La vie est un long fleuve tranquille m'enchantaient. J’écoute régulièrement la cultissime chanson du film Jésus revient (cliquez sur le lien!) J’ai particulièrement apprécié les films d’Yves Robert : Alexandre le bienheureux, La guerre des boutons, Un éléphant ça trompe énormément… J’aimais aussi les Louis de Funès : Les grandes vacances, La folie des grandeurs... Mais aussi les Belmondo comme mon préféré :  Le cerveau. j'ai mis le lien vers la scène culte : "Il se passe que je vous emmerde monsieur. Vous, votre affreux boudin de femme... et votre sale chat." (oh, pauvre Pompon !) J’en oublie plein.

1 meilleure amie :
J’en avais une depuis la maternelle. A l’adolescence, on était seules contre les autres ados crétins. Puis à l’âge adulte on a changé, on ne se comprenait plus. Surtout, elle dénigrait systématiquement mes opinions, mes actes, mes autres amis...  J’ai fini par mettre les choses au point. Comme elle, j’en rêve encore la nuit : nous sommes complices comme autrefois, puis je me réveille …

J’ai trouvé ma véritable meilleure amie au collège. On était voisines et on se voyait tous les jours. Maintenant, elle habite à 600 km et je ne l’ai pas vu depuis des années. Pourtant quand on se téléphone, c’est comme si on s’était quitté la veille.

Et vous, que répondriez-vous ? Prévenez-moi si vous voulez que je vous tague.

18/02/2011

J'ai plus les yeux en face des trous (ter)

chat-louche-.jpgJe dois maintenant apprendre à rééduquer ces petits rebelles d’yeux qui se font la malle.
L'orthoptiste approche son crayon de mon regard, je dois fixer la pointe et n’en voir qu’une seule. En général la mine se dédouble au bout de trois secondes puis la deuxième s’éloigne, s’éloigne… ce qui signifie qu’un œil se barre aussi. Là l’orthoptiste crie :
« Ramenez votre œil ! Ramenez votre œil ! Je le vois, il s’en va là !
- Je peux pas, il veut pas ! »
C’est surréaliste comme conversation, mais ceux qui ont fait de la rééducation comprendront.

hypermetrope lion.JPGAprès, l’orthoptiste me fout sous le nez l’image d’un lion à côté d’une cage, et je dois faire rentrer l’animal dans son cachot. Je ne suis pas un dresseur moi, je ne maltraite pas les gentilles bêtes de la savane. Je ne parviens qu’à faire rentrer la tête de la pauvre bestiole. Pareil pour l’âne, je dois lui recoller sa queue (quelle idée de perdre sa queue aussi). Après je regarde une bouée qui doit se transformer en puits (en fixant le centre je dois voir un vide en profondeur), mais à la place j’observe une tour qui me fonce dessus (donc l’inverse de l’effet recherché)...
Rigolez hein, vous verrez quand vous serez vieux des yeux comme Mémé Papillote.

Les séances durent une vingtaine de minutes, deux fois par semaine, pendant deux ou trois mois. L’ophtalmo m’explique que ce travail est intense, donc après chaque séance j’aurai des migraines qui me forceront à me coucher. Ben non. J’ai pas dû assez travailler (c’est pour ça que le lion ne rentrait pas dans sa cage)
Au bout de trente séances, j’arrive à peu près à contrôler les mouvements de mes yeux. Je peux voir double ou net à la demande.

la hulotte.jpgUn an plus tard, les migraines reviennent. Je retourne chez l’ophtalmo. Il m’avait annoncé que l’hypermétropie disparaîtrait sûrement dans l’année, et pourtant il me déclare maintenant que ma vue a empiré et qu’il triple ma correction. Je m’imagine déjà avec des lunettes à vie. Surtout qu’apparemment, les verres donnent l’impression que mes yeux sont plus gros, et mes yeux sont déjà grands. Pour m’énerver mon frère m’imite en écarquillant les yeux et en me donnant un nouveau surnom, la chouette (celui qui ose m’appeler comme ça sera banni de ce blog je vous préviens !)

Je dois revoir le médecin. Cette fois, un peu échaudée par la première un peu psychédélique, je vais voir une autre orthoptiste conseillée par mon ophtalmo.
Je lui précise que mes toutes nouvelles lunettes et corrections ne me permettent pas de voir net à plus de deux mètres, et de près, je vois très gros. Je mets essentiellement mes lunettes pour lire ou regarder l’ordi, mais c’est embêtant quand même (quand je me lève pour me réapprovisionner en chocolat, je n’ai pas le réflexe d’enlever mes lunettes et je me cogne aux meubles)
Au fil des séances, le problème ne s’améliore pas. L’orthoptiste est de plus en plus impatiente et m’engueule :
« Si vous ne voyez rien, c’est parce que vous regardez mal ! Vous ne faites pas d’efforts !
Moi : - Je vous assure, je vois flou de loin avec ces lunettes ! Ça ne me le faisait pas avant !
Orthoptiste :- Arrêtez d’accuser les lunettes! Le problème vient de vous !»

bernard-pivot.jpgA la fin des 20 séances, j’ai réappris à contrôler mes yeux, mais je ne vois toujours pas net de loin. Alors je développe le syndrome Bernard Pivot, que j’ai gardé depuis : je regarde par-dessus mes lunettes. Les enfants que je garde se moquent de moi en disant que ça me donne l’air d’une vieille (je préfère dire d’une intello, non mais)

Un an plus tard, je prends le rendez-vous de contrôle chez l’ophtalmo. Il est absent et sa secrétaire me conseille un collègue.
Le nouvel ophtalmo observe mes verres :
« Mais qu’est ce que c’est que ça ! C’est un grossissement à 0,75 et vous n’avez besoin que de 0,25 ! Normal que vous ne voyez rien dans vos lunettes !! Et vous êtes restée un an comme ça ?!!
Moi : - Mais l’orthoptiste m’a dit que c’était de ma faute !
Ophtalmo : - Et quel est son nom ? Ça m’intéresse de le savoir ! »

Je lui donne. Il me révèle qu’elle est la femme de l’ancien ophtalmo… Pas étonnant qu’elle me dise que le problème venait de moi. Elle ne voulait pas avouer que son mari avait fait une erreur…

Je trouve ce médecin très compétent et je le revois chaque année pour mon suivi. Puis je déménage sur Paris. Je vais chez une nouvelle opthalmo. Elle est très sympa, on discute pendant une heure. Pourtant j’aurai préféré parler de mes yeux plutôt que du marché de l’emploi, de l’agriculture biologique et des … extraterrestres. Elle me note sur un bout de papier la fréquence radio d’un programme occulte diffusé à 3 heures du matin. Cette émission donne des révélations fracassantes sur les mystères qui nous entourent, mais qu’on nous cache.
orthoptie,chouette,la hulotte,le journal le plus lu dans les terriersEntre deux délires, l'orthoptiste me regarde vaguement les yeux, pour m’annoncer qu’elle ne peut pas diagnostiquer l’évolution de mon hypermétropie parce que j’ai une conjonctivite, ça fausse les résultats. Bon, tant mieux, je ne vais pas me retrouver avec une correction inappropriée pour une fois. Je reviendrai plus tard. Elle me prend 125 euros, car au lieu de me donner un collyre comme tous les autres, elle me fait un fond de l’œil pour une simple conjonctivite… elle m’affirme que je serai remboursée intégralement. J’ai reçu 44 euros de la sécu.
Bizarrement, je ne suis jamais retournée chez la fana d’extraterrestres.

Et vous, vous tombez aussi sur des médecins bizarres ou c'est moi qui les attire tous ?

17/02/2011

J'ai plus les yeux en face des trous (suite)

hypermétrope biglouche.jpgL’orthoptiste poursuit :
" Ca va pas, vous êtes crispée !
Oui ben tu m’étonnes ! Avec un discours pareil : il faut que je voie double ! Elle a fumé quoi celle-là ?
Orthoptiste : - Il faut apprendre à détendre vos yeux, à ciller plus souvent… Qu’est ce que vous avez, on dirait que je vous endors, vous clignez des yeux ?
Moi : - Ben non, je cille !
Orthoptiste : -Ouh là… ça va être dur…

Elle me met un crayon à 10 centimètres de distance.
Orthoptiste : - Regardez ce stylo. Vous allez en voir deux.
Et là les paroles de Jefferson Airplane me reviennent en mémoire: “And if you go chasing rabbits And you know you're going to fall..."
Orthoptiste : - Mais ne le fixez pas comme ça ! Ne vous concentrez pas, laissez vos pensées flotter…
"Tell 'em a hookah smoking caterpillar Has given you the call..."
Orthoptiste : - Lààààà… Détendez-vous… Vous allez voir un deuxième crayon se détacher, puis partir, partir…
"And you've just had some kind of mushroom And your mind is moving low…
Orthoptiste : - Voilà ça y est, je le vois ! Votre œil part !!!!
Moi : - oh purée ! Je vois tout en double ! Mais qu’est ce qu’il se passe !
"When logic and proportion Have fallen sloppy dead…"
orthoptie,loucher,jefferson airplaneOrthoptiste : - Pendant quelques jours ça va vous faire bizarre. Vos yeux seront complètement relâchés, ils feront ce qu’ils veulent, verront des choses étranges… Ensuite quand vous maîtriserez parfaitement cette relaxation, je vous apprendrai à remuscler vos yeux. Mais d’abord, vous devez voir flou… »
"Remember what the dormouse said:"Feed your head. Feed your head. Feed your head"

Effectivement, les jours suivant, je découvre cette capacité à voir double, j’ai l’impression d’être dans une autre dimension. Je passe des heures à regarder autrement…
L’élément le plus étrange est celui-ci : je pose ma montre à l’envers sur mon livre ouvert. En laissant mes pensées vagabonder, je ne vois pas simplement double : le revers de ma montre, en inox, opaque, devient comme un miroir. Sur cette surface ronde vient se déplacer un mot du livre, placé sur les lignes supérieures, en diagonale.
Contrairement aux apparences, je vous jure que je n’ai pas fumé. (si quelqu’un a déjà ou veut essayer –le coup de la montre, pas la fumette hein- je veux bien connaître les résultats !)

hyper chat louche.jpgFascinée, je tente inlassablement l’expérience : si je pose ma montre ici, quel mot va s’afficher dedans ? Je parie que c’est « incertitude », placé sur la quatrième ligne au-dessus.. hihi ! non, c’est pas lui, mais « ressentiment » haha !
Ma voisine de classe me demande : « mais qu’est ce que tu fous, à fixer ton livre et à rigoler bêtement là ?
- ben tu ne vois pas un mot s’inscrire sur ma montre ? Et si je te regarde, tes yeux se dédoublent, et un troisième apparaît au dessus du nez ! Je t’assure t’es pas terrible comme ça ! »
Je me demande bien pourquoi ma camarade n’appréciait guère ma compagnie... Elle n’avait pas l’esprit ouvert quoi…

Mon frère qui est lui aussi daltonien, développe un strabisme quand il est fatigué, mais beaucoup plus prononcé. C’est très impressionnant. Quand il a le regard dans le vide, on voit son œil gauche qui bouge tout seul… chaque oeil est carrément indépendant, en ouvrant un livre, il peut voir en même temps la page de droite et lire celle de gauche !

Quand je retourne chez l’orthoptiste, je lui montre mes nouvelles capacités.
Orthoptiste : -Ah oui effectivement, je vois ça ! Mais vous en avez trop fait ! Maintenant il va falloir rééduquer votre œil, lui apprendre à regarder droit !
Fini de rire.

orthoptie,loucher,jefferson airplane

suite demain

16/02/2011

J'ai plus les yeux en face des trous

hypermetrope.jpgDepuis que je suis au chômage, je passe mes journées devant un écran.

- Je regarde les offres d’emploi sur le net et j’y réponds (de deux à quatre heures devant l’ordi, ça dépend de la pertinence des annonces)
- Je regarde un ou deux films par jour, au ciné ou à la télé (2 à 4 heures devant un écran)
- Je lis des blogs, environ 150, ça fait une centaine d’articles par jour (2 heures devant l’ordi)
- Je réponds à mes commentaires et j’écris pour mon blog (2-3heures devant l’ordi)
- Je regarde la télé en mangeant (1 ou 2 heures devant l’écran)
-Je lis (une à deux heures)

Vraiment étonnant que je sois atteinte d'hypermétropie, la maladie des yeux usés... Je vous le rappelle, c'est un symptôme qui survient normalement à la cinquantaine, quand on commence à vieillir. Sauf que mémé Papillote est hypermétrope depuis l’âge de 14 ans. A cette époque, je vais chez l’ophtalmo pour la première fois.

J’ai déjà raconté ici que lors de ma première visite, l’ophtalmologiste m’explique que je suis daltonienne. Je ne vois pas les mêmes couleurs que les autres. J’ai déjà l’impression de débarquer d’une autre planète avec cette nouvelle (ah bon, les gens n’ont pas la peau verte en fait ?) Ce sentiment s’accentue quand je dois voir un orthoptiste pour me "rééduquer " les yeux :

L’orthoptiste, une femme, porte un foulard dans les cheveux et un gros pendentif autour du cou. Son cabinet est plongé dans la pénombre.
Orthoptiste : "  Si vous avez de fortes migraines, c’est parce que vous forcez sur vos yeux. Je le vois bien, vous avez un regard fixe (de psychopathe ? de merlan ?) vous ne cillez pas. Il faut relâcher cette pression. Fermez les yeux, détendez vous. Sentez vos muscles devenir mous… En fait, il faut que vous appreniez à voir autrement… Pour enfin voir clair, il faut d’abord que vous voyiez flou… Vous allez tout voir en double…"

Je m’attends à sentir de la marie jeanne, entendre Jefferson Airplane et son white rabbit ("One pill makes you larger and one pill makes you small"..) J’imagine l’orthoptiste gourou sortir son pendule pour m’hypnotiser…
Au secours ! Où ai-je atterri encore ?

hypermetrope hippie.jpg

 

Suite demain

Et vous, êtes-vous acro à l'ordi ? Avez-vous des problèmes oculaires ? des migraines, un strabisme, quelque chose qui nécéssite un orthoptiste ?

08/01/2011

Et surtout, bonne santé (suite)

vélo.jpgSuite du billet de mercredi (désolée mais j’avais une bonne excuse pour ne pas continuer plus tôt)
Le lendemain, enfin, une semaine plus tard, je vais chez mon médecin…
Je lui raconte en plaisantant les dires du docteur Knock.
Mon médecin traitant ne rigole pas du tout et me prescrit toute une batterie d’examens. Je fais des prises de sang et des échographies. Je porte des électrodes pendant 24 heures pour suivre les battements de mon cœur. Les gamins de l’école sont horrifiés de voir ces fils et ces ventouses qui dépassent de mon col : « ils sont plantés dans ton corps, comme les robots ? »

Résultat : mon cœur bat à 100/110 en moyenne (au lieu de 60/70), ce qui correspond au rythme cardiaque lors d’un effort physique modéré (c’est du sport de rester assise devant mon ordi ou la télé). Le cœur pointe de temps en temps à 140 sans raison (me lever pour ouvrir le frigo ou pour retrouver la télécommande qui a glissé sous le canapé représente un exploit intense). La cardiologue me donne un « test d’effort ». Je rigole : 10 minutes de vélo, c’est du gâteau, j’en fais plus d’une heure par semaine, je suis entraînée ! Sauf que, dixit une amie « j’ai l’air d’une parisienne sur son vélib », je vais à deux à l’heure, or la cardiologue augmente la vitesse à chaque minute.
Je vous lis le résultat : « test abandonné au bout de 8 minutes en raison de "fatigue du patient" », avec mon cœur qui tape à 207. La honte, je compte sur vous pour ne pas le répéter. J’essaie toujours de me faire passer pour une sportive, puisque je fais de l’exercice plusieurs heures par semaine, mais j’ai un niveau ridicule (j’étais avant-dernière à l’école, j’en ai parlé ici).
Le pire, c’est le jour où un vieil homme débarque dans la salle de sport, tout frêle et tout ridé.

J’ai peur qu’il fasse une crise cardiaque sur le vélo, et comme je suis la seule autre personne dans la salle (mes tentatives pour la vider ont bien fonctionné) je ne m’imagine pas du tout lui faire du bouche à bouche pour le ranimer.
Vieux : «  Jeune fille, comment fonctionne cet appareil ?
Moi : - Alors, ici, c’est la vitesse, là, la puissance, et ici la durée (mais qui ne vend pas des macarons). Je vous conseille de commencer faiblement pour ne pas me clamser dans les bras, par exemple 10 minutes, vitesse 40, puissance 30.
Vieux : -Oui vous avez raison, c’est mon médecin qui m’a conseillé le vélo, c’est bon pour le cœur (j’ai une vision du vieux s’écroulant sur le guidon à côté de moi, les yeux révulsés et la langue pendante)
Vieux : Vous savez j’ai 75 ans (à la place du bouche à bouche, le massage cardiaque me semble amplement suffisant. Je vais sans doute lui péter deux-trois côtes mais…)
Vieux : - j’ai plus trop l’habitude de faire du vélo » (à moins que je parte en courant à l’accueil en criant « au secours ! Le vieux est par terre et tout bleu ! Appelez le SAMU ! »)

Le vieux commence son exercice, et je surveille du coin de l’œil sa vitesse et son rythme cardiaque qui s’affichent sur la machine.
Vieux : « oh ben, c’est facile après tout ! Comme on dit, le vélo, ça ne s’oublie pas ! »
Il roule à 70 à l’heure, à 60 de puissance, avec un rythme cardiaque à 153.
Je roule à 60, 50 de puissance, et mon cœur bat à 186.

Toutouyoutou.jpgDéjà, quand j’allais à la piscine, tout le monde me doublait, même les mamies ou les petits enfants. En randonnée l’année dernière, la famille de Choupinounet a eu le temps de faire une sieste en m’attendant au bout du chemin (ils étaient tous en train de dormir paisiblement quand je suis arrivée une demi heure plus tard en suant sang et eau). Cette année, ses parents m’ont carrément mis 45 minutes d’avance dans les dents, pourtant j’avais abandonné l’idée de faire des photos de chaque brin d’herbe ou rocher, car mon formidable don artistique me retardait. (Las de marcher à l’allure d’un escargot, Choupinounet a fini par m’abandonner dans la bruyère, mais j’ai quand même retrouvé mon chemin - et sans semer de miettes de pain-).

Finalement, après 15 jours de test en tout genre, la cardiologue déclare que je n’ai pas de problèmes graves, mais il faut que je fasse des examens tous les 6 mois car mon rythme cardiaque bizarre est aussi lié à mon problème de thyroïde (ça me fait penser que les derniers 6 mois sont passés… depuis 9 mois). Elle me répète que le fait que mon cœur accélère subitement sans raison, sans que je m’en rende compte, est problématique si je suis en plein effort. Selon elle, si j’ai la condition physique d’une mamie impotente et unijambiste de 95 ans, c’est parce que je ne sais « absolument pas respirer normalement. »
Elle m’encourage tout de même à continuer le sport « à mon rythme » de mémé tétraplégique, puisque les machines indiquent les pulsations cardiaques. J’aime quand les sportifs se retournent vers moi quand l’elliptique émet un inquiétant « bip ! Bip ! bip ! » parce que j’ai dépassé les 200 de rythme cardiaque, ou lorsqu’on me demande, inquiet « ça va ? » quand je me mets par un réflexe idiot la main sur le cœur, quand il se serre subitement. Dans ces cas-là je deviens toute honteuse de me faire remarquer et espère que la prochaine fois il n’y aura personne dans la salle (ce qui est un peu con, parce que si un jour je m’écroule comme j’imaginais le vieux le faire, ce sera la femme de ménage qui me retrouvera trois heures après -tiens, j’ai des pensées joyeuses aujourd’hui-).

C’était un message de Jeannie Longo.
La prochaine fois, je vous raconterai les examens pour « mon estomac qui pique » ce qui explique la crise de foie du réveillon (oui parce qu’au départ, je voulais juste raconter mon réveillon hein, j’ai fait de légers détours)

Et vous, vous essayer d’entretenir votre forme en faisant du sport ? Lequel ?