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23/05/2022

Better call Saul !

better call saul.jpgLe prequel, encore meilleur, de la série culte Breaking Bad. Il se déroule une dizaine d'années auparavant et peut se voir sans avoir suivi la première série. On retrouve des personnages marquants de Breaking bad, comme Mike, l'homme de mains pince-sans-rire, ou Gustavo le gérant de los pollos hermanos. On se penche surtout sur le passé de Saul, l'avocat véreux mais terriblement attachant. Comment en est-il arrivé là ? Comment est-il passé de Jimmy McGill, avocat honnête défendant les retraités abusés, à Saul Goodman, l'avocat des truands ? 
Dans Breaking bad, le personnage principal était un modeste prof de chimie découvrant qu'il a un cancer. Comme il habite un pays de merde sans sécu sociale, pour financer son traitement, il fabrique de la drogue grâce à ses talents de chimiste. Il passe ainsi du bien au mal, du brave père de famille sans histoires, au méchant absolu qui terrorise toute la région, dans une surenchère de violence.

Dans Better call Saul, le héros est dans sa jeunesse un "méchant" petit arnaqueur de rues sans envergure, puis s'en affranchi pour devenir un avocat respecté défendant les faibles (son frère malade qu'il aide au quotidien, les retraités). Mais comme dans Breaking Bad, ça tourne mal.
Jimmy exerce un métier honnête depuis des années, mais encore aujourd'hui, son frère aîné Chuck le voit toujours comme un escroc, et l'enferme dans ce rôle. Jimmy admire son grand frère, avocat reconnu pour sa droiture, et recherche désespérément son approbation, mais Chuck le dénigre, estimant que son cadet "a un bon fond, mais fait du mal à son entourage." Et c'est vrai. Jimmy illustre à merveille l'expression "l'enfer est pavé de bonnes intentions." Il agit pour le bien de ses proches, mais y parvient par de mauvais moyens. Ses actes ont des conséquences opposées au but recherché. Il s'empêtre dans une spirale de la lose tragi comique qui rappelle les films des frères Coen.

better call.jpgJe préfère cette série à celle d'origine, pourtant déjà excellente. Plus axée sur la psychologie, je trouve qu'elle comporte plus de nuances, moins d'esbroufe, de violence que Breaking Bad. Elle est aussi plus drôle, moins sombre. Les personnages sont plus complexes, leurs relations plus fines, leurs choix plus difficiles. Ils sont plus sympathiques.
Avec sa tchatche légendaire, Jimmy est très apprécié, très drôle, sociable, ouvert, il s'occupe à merveille des personnes âgées. L'épisode où l'on découvre le passé tragique de Mike expliquant pourquoi il est devenu cet être taciturne est digne des plus grand polars. Dans Breaking Bad, l'épouse était présentée comme une harpie, alors qu'ici, Kim est très cool, soutient son copain même quand elle le désapprouve. On éprouve même de l'empathie pour les bandits, comme Nacho, qui voudrait sortir du trafic de drogues, neutraliser son boss psychopathe et protéger son père. 

Avant de me lancer dans la 6e saison, je revois les 5 premières. C'est la première fois que je prends le temps de revoir 50 épisodes, mais la série est tellement bien et j'oublie tellement de choses que ça passe crème. J'ai aussi oublié la servante écarlate mais je n'ai pas entamé la dernière saison, car à part la première excellente, la suite plus bancale ne mérite pas que je me retape la série en entier.

- Better call Saul, Netflix

27/03/2022

Inventing Anna, accro à Insta

anna.jpgAprès L'arnaqueur de Tinder, encore une histoire vraie de fraude, mais cette fois-ci, c'est une jeune femme qui mène une vie de luxe sans en avoir les moyens. Contrairement au faux fiancé qui a ruiné des femmes anonymes, court toujours et continue ses méfaits scandaleux, Anna a escroqué la haute société new-yorkaise et les banques, en empruntant sans apport. Elle projetait d'ouvrir un centre d'art contemporain, mais on ne prête qu'aux riches. Voler les puissants, ça, on ne pardonne pas ! Anna est-elle une sorte de Robin des bois qui redonne aux pauvres ? Elle fait en effet profiter ses amies modestes, comme l'hôtesse d'accueil d'un palace. Mais son vrai objectif, c'est de faire partie de la jet-set elle aussi, car elle est fascinée par l'argent et la célébrité.

inventing anna.jpgUne histoire qui ne pouvait que plaire à Shonda Rhimes (Scandal) qui l'a adaptée en série, en accentuant le côté girly superficielle qui m'agace. J'ai saigné des oreilles en écoutant la catastrophique b.o de pouffe, j'ai perdu la vue devant la réalisation clinquante (ralentis kitsch). La fascination pour le luxe et la haute couture, les restos chics où on paie une simple salade 400 balles sont ridicules pour moi.

Le besoin de s'afficher constamment sur Instagram dont est victime Anna m'est également incompréhensible. Je connaissais une fille comme ça. Dès qu'on sortait, elle se photographiait, devant tout et n'importe quoi, un tableau du musée, en train de manger au resto... Peut-être pour faire la fille branchée et sociable : "on y était à cette avant-première avec vue sur la tour Eiffel !" Comme si la photographie rajoutait de la valeur aux choses : "j'ai payé ce poke bowl 15 balles alors que c'est une simple salade d'ingrédients non mélangés, oui mais il est joli !" "Je m'ennuie dans cette soirée, mais je souris devant l'objectif pour prouver le contraire !"
Quand j'étais partie en Islande, cette fille m'avait demandé de lui envoyer des photos. Je lui ai donc transmis les superbes paysages, les montagnes couvertes de lupins, les cascades. Elle m'a répondu : "mais non ! des photos de toi !" Pourquoi faire ?! Alors que j'attendais ma commande dans un resto islandais, je faisais le tri de mes photos du jour, et je pouvais voir ma voisine faire de même avec les siennes. On avait visité les mêmes lieux, donc fait les mêmes clichés, sauf que sur tous les siens, on la voyait en premier plan, nette, et à l'arrière-plan, le paysage, flou. Toutes ses photos étaient donc gâchées.
Je possède un Instagram, mais il ne me viendrait pas à l'esprit de montrer ma tête. Si je vous suis sur insta, vous pouvez constater que je like essentiellement vos paysages, vos chats, vos réalisations (peintures, couture etc) mais les portraits dans des ascenseurs ou toilettes (si ça existe !) je ne vois pas l'intérêt ! Contrairement à ce que le nom Instagram indique ("instantané") je ne poste jamais en direct. Je préfère vivre le moment et trier les images plus tard (ou jamais).

Dans la série, rapporter ses faits et gestes en temps réel trahit Anna : la police et l'enquêtrice peuvent la localiser et reconstituer son parcours. La jeune femme s'immortalise dans un lieu célèbre, montrant à la police où elle se trouve, et laissant croire à ses fans à des vacances de rêve. En réalité, elle est en cure pour dépressifs suicidaires...

anna journaliste.jpgComme le prouve son Instagram, Anna est ultra narcissique. Elle se croit supérieure et au-dessus des lois ("les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît"). Elle est donc tête à claques au possible, et c'est inconcevable qu'elle ait pu séduire tant de gens, surtout qu'elle leur parle comme à des chiens. Mention spéciale à son amie carpette débile qui débourse à sa place 60 000 euros (!!) en frais d'hôtel (!!) et attend 3 mois le remboursement avant de réagir (!!) en trouvant des excuses à celle qu'elle persiste à nommer son amie (!!) Le paillasson chouine en suppliant son bourreau, qui lui rétorque : "pourquoi tu me déranges pour si peu ?" Mais bon sang, je lui aurais fait bouffer son sac chanel à la voleuse !

Autre toutou carpette, le mari de la journaliste qui enquête sur Anna. Au mieux, il fait tapisserie, ou sert de punchingball, pendant que son épouse à moitié hystérique lui aboie dessus. Comme un chien fidèle, il se tient assis sans bouger derrière sa maîtresse pendant qu'elle bosse jusqu'à sa perte des eaux (ah l'Amérique, ce pays des droits sociaux et de la sécu sociale, où les femmes n'ont presque pas de congé maternité et paient leur accouchement 30 000 balles, si elles ne meurent pas en couches (une des plus grandes mortalités infantiles au monde, comme l'explique le regretté effet papillon, ruinés par bébé, à voir absolument en lien.) La journaliste m'a presque autant agacée qu'Anna, avec son accent nasillard américain et ses gestes démesurés (elle ne peut pas s'empêcher d'en faire des caisses, de rouler des yeux comme une possédée, d'ouvrir une bouche béante et d'agiter ses mains comme des ailes de mouche pour marquer son étonnement ou sa joie). 

Autre truc qui m'a fait tiquer, c'est l'avertissement au début de chaque épisode : "toute cette histoire est complètement vraie, sauf les parties qui sont totalement inventées". Pourquoi créer cette confusion ?  

Bref, une série intéressante pour le contexte social, mais... agaçante ! et qui plaira surtout aux accros à Instagram.

- Inventing Anna, sur Netflix

20/03/2022

Why women kill et Cobra Kaï

cobra kai.jpg- Cobra Kaï, saison 1 Netflix

Du karaté ? A priori, rien qui me branche. Et pourtant si ! Presque 40 ans après la sortie de Karaté kid (1984) les mêmes acteurs reprennent leurs rôles, à 60 ans ! Daniel est devenu un concessionnaire de voitures respecté, à la vie rangée, tandis que Johnny est divorcé, en conflit avec son fils et alcoolique. Pourtant, il rouvre son dojo, cobra kai, pour aider des jeunes rejetés et loser comme lui..
Une série simple mais diablement efficace, drôle et politiquement incorrecte. Johnny me fait penser à Clint Eastwood dans Gran Torino ♥, le vieux grincheux et réac qui fustige "la société de tapettes". Pour le titre, j'entends "gobe racaille" par contre, ce qui ne donnerait pas le même logo ni sens !
La série m'a donné envie de refaire du karaté. J'avais commencé les cours, le prof me trouvait très prometteuse, car j'ai de très bons réflexes, je suis rapide, j'apprends vite, et je suis fine, souple et musclée. Mais j'avais juste envie de me défouler ("j'aime me battre" comme OSS 117) et répéter à l'infini des postures ultra précises m'avait un peu gonflée. J'ai vite abandonné au grand regret du prof, pour faire du fit combat à la place. Et cette fois-ci, j'ai dû arrêter malgré moi pour raison de santé (je suivais une dizaine de cours de sport différents ! Et mes articulations craquent désormais comme des biscottes.) 

- Why women kill saison 2, M6

why women kill.jpgEn 1949, une femme modeste, ignorée de de ses voisins et de son mari (Nick Frost de la trilogie Cornetto♥), voudrait enfin être considérée en intégrant un club de jardinage prestigieux fréquenté par la haute bourgeoisie.
On retrouve le soin apporté à l'apparence et au chic (vêtements, mobilier) les couleurs acidulées, les commérages, le bal des hypocrites et la voix off sarcastique qui ont fait le succès de Desperate Housewives, du même créateur, Marc Cherry.

Un bon divertissement qui se suit avec plaisir, mais qui se révèle un peu trop poussif et caricatural. La saison 1, mêlant 3 femmes à 3 décennies différentes, m'a semblé plus réussie, les différentes époques permettant une meilleure visibilité de l'évolution des mœurs.

21/02/2022

Dexter new blood, suite

dexter ange.jpgRelire le début ici.
ATTENTION, SPOILER : Dexter, démasqué, allait s'enfuir à nouveau vers une destination atypique (après les plages de Miami, après le chalet isolé dans la neige, où allait-il se cacher ? La vallée de la mort, le désert des Mojaves ?) Son fils refuserait de reprendre sa succession, mais partirait à sa poursuite pour le neutraliser, un duel père-fils déchirant... De nouvelles saisons prometteuses en perspective.

Et là, patatras. Dexter propose à son fils de partir ensemble comme convenu, le fils refuse comme convenu, mais lui tire déjà dessus (ça devait être la fin de la saison prochaine !) Dexter s'effondre, laissant une mare de sang sur la neige. J'ai crié de surprise devant mon écran. Hein, pardon ? Bon, ok, la saison se termine sur ce twist, nous laissant en plein suspense jusqu'à la prochaine (encore combien, un an, deux ans à attendre ? trop long !) où l'on constatera qu'évidemment Dexter a survécu, a encore réussi à s'enfuir de l'hôpital, etc.

dexter persos.jpgMais l'épisode continue. La flic arrive, parle au fils, et Dexter ne se relève toujours pas. Attendez, j'ai un doute.. ça ne peut pas être possible ? Je vérifie sur internet, et le créateur indique que Dexter est bel et bien mort, qu'il n'y aura pas de nouvelle saison ! NAN MAIS CA VA PAS ?!!
J'étais dégoûtée de la fin d'une de mes séries préférées, suivies pendant 8 années, elle revient 8 ans après contre toute attente, pour déjà se terminer ? J'avais fait mon deuil, puis l'espoir revenait avec cette nouvelle saison, et vous me le brisez comme ça ? Mais vous êtes des sadiques !!!
Pour moi c'était évident qu'on était reparti pour plusieurs saisons ! Pourquoi une seule ?! C'est comme quelqu'un qui ne se remettrait pas d'une rupture après une longue relation, attendrait le retour de l'être aimé, puis quand il est enfin passé à autre chose des années après, voit l'ex revenir, lui redonner espoir et recouper encore les ponts brutalement ! Bande de manipulateurs pervers !! On ne donne pas de la drogue à quelqu'un qui est sevré pour le rendre à nouveau accro et le priver ensuite ! Ca se fait pas, c'est criminel !! Je demande l'ouverture d'une cellule psychologique, d'un numéro vert !! Manifestons, faisons pression, la grève des médias tant qu'on n'aura pas le retour de Dexter ! Je suis pas venue ici pour souffrir okay ? On devait avoir un conte de noël, Dexter retrouve son fils, une femme, une famille, l'amour ! Pas la haine, le mépris, la solitude et la mort !

Je reste dans le déni, en espérant que le succès de cette nouvelle saison incite son auteur à continuer et faire survivre le héros. Pourquoi pas ? L'argent prime sur la cohérence à Hollywood. Dans Alien, ils ont bien ressuscité Ripley qui s'était jetée dans un gouffre incendié ! Le réalisateur n'exclut pas de poursuivre la série avec le fils comme personnage principal. Mais c'est Dexter qu'on veut ! Même s'il apparaissait en "fantôme" comme la sœur Debra, ce serait frustrant. En attendant, je revois la première saison, pour rester dans le souvenir d'un Dexter qui s'en sort toujours, toujours vivant, rassurez-vous, toujours la banane, toujours debout.

 

18/02/2022

Dexter, new blood

dexter new blood.jpgComme séries de noël, Netflix programmait Emily in Paris, Plan cœur ou Home for Christmas (très sympa, j'attendais la saison 3 qui ne sortira pas finalement). Canal+ elle, a débuté Dexter. Un vrai conte de noël : une histoire d'amour contrariée (le héros meurtrier s'est entiché d'une policière) se déroulant à la période des fêtes, les 2 derniers épisodes le réveillon puis le 25 décembre, des cadeaux, des sapins, des guirlandes, de la neige... Mais avec du sang dessus, puisque Dexter tue les méchants.

dexter ahuri.jpgJ'avais suivi ses premières aventures 15 ans auparavant pendant les 8 années de diffusion, et je retrouve avec plaisir mon serial killer préféré. Quel bonheur aussi d'entendre à nouveau la musique emblématique, même si le générique culte n'est plus au rendez-vous.
Cette série me fascine car elle réussit à rendre sympathique un criminel. J'ai envie qu'il s'en sorte et je suis toujours contente de voir son air faussement ahuri "que se passe-t-il ? un meurtre ! ohlala mais comment ça ?" J'apprécie sa dualité, sa gentillesse au-dessus de tout soupçon, sa serviabilité (il apporte aussi des beignets à ses collègues comme dans la série initiale). Cette dernière se déroulait sous le soleil de Miami, cette nouvelle saison a la bonne idée de se situer dans un lieu opposé, un village isolé et enneigé. Autre atout : j'adorais la sœur brut de décoffrage qui jure comme un charretier, et on la revoit sous une sorte de conscience personnalisée qui hante Dexter.

On peut néanmoins déplorer quelques longueurs, des ficelles attendues, parfois faciles ou étranges. Par exemple en plein repas jovial, le gosse est foutu à la porte et on lui tire dessus, mais sa réaction est de demander : "j'ai dit quelque chose de mal ?" Ben oui parce que s'il avait osé critiquer la cuisson du chevreuil, ça méritait bien un coup de fusil ! Il ne va pas aller voir les flics pour si peu, puis là c'est le 24 décembre, y a plus important à faire, les cadeaux à emballer.
Mais comme on pardonne tout à Dexter, le serial killer si gentil, on pardonne aussi les faiblesses scénaristiques de la série. J'ai beaucoup aimé retrouver Dexter, j'ai regardé les épisodes à la chaîne et j'attends la suite avec impatience !

Mise à jour : j'ai écrit ce texte fin décembre, il ne me restait plus que l'épisode final à voir, qui pour moi coulait de source. Et là, patatras...
suite demain...

 

12/01/2022

Emily in Paris saison 2

emily clown.jpgUne série girly moquée pour ses clichés sur les Parisiens. En bonne franchouillarde, je suis curieuse de savoir ce que les étrangers, et surtout les Américains centres du monde, pensent de mon pays. J'ai donc regardé cette série avec grand intérêt, et je ne l'ai pas trouvé si cliché que ça : à relire ici et 

En revanche, ce qui est irréaliste, c'est qu'autant de Français soient bilingues, et surtout, qu'ils parlent anglais entre eux, même quand Emily n'est pas intégrée à la conversation ! On est pourtant connus pour être nuls en langues et considérer que les étrangers n'ont qu'à parler français comme tout le monde.
Dans cette nouvelle saison, l'Américaine fait enfin l'effort d'apprendre notre langue, ce qui donne les passages les plus savoureux pour moi. Par contre elle n'a toujours pas pris modèle sur l'élégance à la française, faite de classe et de sobriété. Elle mélange encore les couleurs criardes, rose vif et vert flashy comme si ses robes étaient peintes au Stabilo, des motifs qui jurent entre eux -carreaux, rayures, petits pois- porte un nœud papillon géant à son anniversaire ou une collerette que ne renieraient pas un clown.

emily clown2.jpgJ'ai trouvé la saison 2 moins réussie, surtout l'histoire d'amour. Je comprends mieux pourquoi les Américains nous trouvent romantiques, car l'héroïne cède au pragmatisme plutôt qu'à la passion : "je suis folle de toi mais je ne veux pas me lancer dans une relation, car je repars dans un an à Chicago pour obtenir une promotion." M'enfin ?!

Le premier épisode commençait mal : Emily va à Saint-Tropez faire la fête dans les soirées branchées, avec champagne qui coule à flots, pseudo-célébrités, yachts et gadgets derniers cris (le saxo qui vole sur un drone ou je ne sais quoi). Cette avalanche de bling-bling est censée faire rêver, mais je la trouve ridicule et affreusement kitsch.
Bien plus que les relations surfaites entre les personnages (aucun ne m'est vraiment sympathique) j'ai nettement préféré les épisodes montrant les différences de culture, surtout quand les Français remettent à leur place les Américains qui veulent leur apprendre leur métier et à le rentabiliser sans prendre en compte le facteur humain et notre savoir-faire. Chauvin un jour, chauvin toujours !

25/05/2021

Unorthodox

unorthodox.jpgUne femme juive ultra orthodoxe de New-York s'enfuit à Berlin pour être libre. Sa famille ne l'entend pas de cette oreille et se lance à ses trousses.
La secte étant très secrète et fermée, je n'en connaissais pas toutes les règles, très strictes, et les découvrir ici m'a fascinée. De même que la découverte du monde par cette jeune femme qui était coupée de tout, sans accès à internet, aux livres et à la musique. Des flash-backs entre son présent de femme moderne et son passé où elle était empêtrée dans des consignes hyper contraignantes, accentuent le contraste saisissant entre ces deux univers que tout oppose. C'est plus son passé qui m'a intriguée, que le présent, un peu trop facile.

Candide, l'héroïne part sans rien, sans peur, mais à la chance de tomber immédiatement sur des gens sympas qui l'adoptent : elle arrive à Berlin, erre dans la rue, entend de la musique, rentre dans le bâtiment d'où le son vient, le conservatoire, va s'adresser aux musiciens, qui lui proposent de partir au lac se baigner avec eux et l'intègrent à la bande sans question, comme si elle en faisait partie depuis toujours. Moi ça fait 6 ans que je côtoie les mêmes collègues quotidiennement, on n'a jamais pris un verre après le boulot, chacun rentre chez soi. Si j'échange plus de 3 phrases avec eux, ils me regardent avec un air qui signifie "d'où ose t-elle, qui est cette personne ?" La gentillesse légendaire des Parisiens têtes de chiens peut-être.

J'ai donc trouvé que la nouvelle vie de l'héroïne était un peu trop simple, et j'étais étonnée de savoir que la série était adaptée d'une histoire vraie, celle de Deborah Feldman, "comment j'ai fait scandale en rejetant mes origines hassidiques." . Curieuse, j'ai donc lu le livre.
A part le principe d'une femme qui s'enfuit de sa communauté, l'ouvrage n'a pas grand chose à voir avec la série. Cette dernière commence avec la fuite de la femme et alterne passé et présent, le livre raconte uniquement son passé et s'arrête le jour où elle réussit à s'enfuir. Dans la réalité, elle n'a donc pas connu cette bande de musiciens curieusement si sympathiques, mais s'est inscrite à un cours d'écriture à la fac, y a rencontré des amis et sa future éditrice.

Dans le livre, l'auteure explore en détails les règles incroyables de sa communauté, beaucoup plus que la série. Et c'est absolument fascinant.
Suite demain...

Série Unorthodox, sur Netflix.
Livre Unorthodox, comment j'ai fait scandale en rejetant mes origines hassidiques de Deborah Feldman.

29/04/2021

The undoing

kidman sorciere.jpgThérapeute à succès sur le point de publier son premier livre, Grace Sachs (Nicole Kidman) a un mari aimant (Hugh Grant) et un fils qui fréquente une école privée de prestige. Mais soudain, avec une mort violente, un époux qui disparaît et de terribles révélations concernant celui qu'elle pensait connaître, sa vie bascule... Voir la bande annonce en lien.
Je vous cite tel quel le pitch pour montrer les clichés. Le héros est souvent psy ou écrivain et là, bingo, il est les 2 ! On retrouve ainsi les archétypes : l’épouse et mère parfaite bafouée, contre la femme fatale sexy à problèmes. La seule personne normale dans cette histoire, c'est le pauvre gosse. Lui seul parle ouvertement (car la psy, comme son métier ne l'indique pas, en est incapable). J'avais imaginé plein de rebondissements possibles, mais non, que des évidences, et la fin est franchement nulle. J'ai été énervée de perdre mon temps : tout ça pour ça ?! 

Autre défaut totalement subjectif : je ne supporte pas la glaciale Nicole Kidman, sa tête de serpent, ses petits yeux cruels, son sourire de joker en lames de rasoir... Cette sorcière femme me donne la chair de poule. Si je fais abstraction du physique dans la vie réelle, c'est différent à travers l'écran, car l'actrice est souvent choisie pour sa beauté (l'acteur, il peut être laid, on est habitué à voir un vieux bedonnant se taper une jeunette sublime.) Ici le mari est joué par un beau gosse, même si Hugh Grant, à désormais 60 ans, a bien morflé depuis 4 mariages et un enterrement. Il délaisse son éternel rôle de gentil pataud pour prendre celui d'un sociopathe.

undoing filles.jpgOn est censé vivre le drame à travers les yeux de l'héroïne, et compatir pour elle. Je n'ai pas pu puisqu'elle m'est antipathique au possible. Elle se permet de foutre dehors et de gueuler sur les flics qui font simplement leur travail. A leur place je l'aurai coffrée pour outrage à agent. Je plains ses pauvres patients qui ont affaire à une psy si peu chaleureuse... Elle est si froide que je ne crois pas à ses sanglots, si botoxée que son visage reste figé. Pourtant, Kidman a été nommée meilleure actrice aux golden globes pour ce rôle !

Son personnage est censé être psy, mais est incapable de communiquer avec ses proches, ne connaît pas la personnalité de son mari et ne voit pas l'évidence. T'as épousé un médecin réputé, adulé, évidemment qu'il y a de fortes chances qu’il soit mégalo ! Et qu'il manque d'empathie, sinon il ne pourrait pas supporter de voir crever des gosses à longueur de journées ! Puis il se tape d'autres nanas, car il en a l'occasion (celles qui voient en lui un sauveur, celles qui sont attirées par le pouvoir et l'argent) et la fameuse excuse du "j'ai un boulot stressant, je vois des morts tout le temps, alors en baisant, je décompresse, c'est une pulsion de vie !")

Les époux paient très cher l'école du fils, ils le répètent souvent. Je me disais "ça doit être 10 000 dollars" Pire : 50 000 l'année. Pour une école primaire.  Un smic annuel représente 14 500 euros. Le père de la femme accorde un prêt à son beau-fils. 500 000 dollars. Mais qui sont ces gens, ils font quoi avec tout cet argent ?

The undoing rapporte donc un meurtre chez les ultra richous, comme une autre série avec la même actrice, Big little lies. (J'en ai parlé en lien). Leur maison, leurs fringues, leur opulence, leurs loisirs de luxe font rêver. Et leurs facilités : "je me sens stressée : je me baigne dans ma piscine privée/ vais voir mon masseur/ mon psy/ mon coach sportif à 200 euros la séance, me rend dans ma résidence secondaire en bord de mer" . Moi quand j'ai un coup de mou, je fais avec mes moyens : je me promène dans le parc bondé ou je me jette sur une tablette de chocolat à 1 euro.
The undoing comme big little lies sous-entendent ces réflexions :"même ces gens qui ont tout pour eux souffrent, finalement notre vie de pauvre n'est pas si mal, contentons-nous du peu qu'on a."

Les deux séries dénoncent aussi l'hypocrisie qui règne dans ce milieu, où l'apparence et la compétition priment : être le meilleur partout, au travail, à l'école, dans son couple, gagner le + d'argent, avoir la + grande maison, le métier le + prestigieux, dépenser le +. ...

Mais regardez plutôt Big little lies, épargnez-vous la soporifique et glaciale Undoing.

 

28/04/2021

Calls, une série à voir

calls.jpgUne fois encore, je me suis lancée sans rien savoir de la série. J'ai donc été très surprise par le dispositif : pas d'images, juste des enregistrements sonores de conversations. Avec ce que racontent les personnages, on doit comprendre ce qu'il se passe. Pour moi qui ai beaucoup d’imagination, le dispositif a marché du feu de Dieu : je voyais les scènes comme si j'y étais, alors que sur l'écran, seuls les dialogues s'affichaient, au fur et à mesure.

De plus, je suis très sensible aux voix, aux bruits, et ce dispositif m'a fait le même effet que l'ASMR : les poils hérissés, des frissons dans le cerveau. J'étais littéralement scotchée. Aucun film d'horreur ne pourra surpasser mon imagination, et plus le film est démonstratif, avec un déluge d'effets spéciaux, moins je suis effrayée. Et avec Calls, j'ai eu tellement peur que j'ai dû rallumer la lumière. J'ai dévoré la première saison d'un coup (10X10 minutes) et me suis couchée à 3 heures sans pouvoir fermer l’œil. J'ai adoré.
J'avais hâte de découvrir la deuxième saison le lendemain, mais je lui ai trouvé moins de cohérence et de pertinence, avec trop de personnages. La troisième saison, et surtout son dénouement, m'a déçue. J'aurais préféré rester dans le flou. A côté la fin de lost semble un chef-d’œuvre.
Puis j'ai reconnu les voix particulières d'acteurs (Marina Foïs, Matthieu Kassowitz, Ramzy) et entendre l'ex robin des bois dans un registre dramatique a parasité mon appréciation.

série,mycanalTout semblait calculer pour un remake américain : un personnage est installé aux Etats-Unis, et les couples se disent "je t'aime" à tout bout de champ comme les amerloques. Ce détail n'a pas manqué d'être souligné par la parodie des Creustel.
Bingo, Hollywood a fait un remake, mais je n'ai tenu que 2 épisodes. Ces gros lourdauds n'ont pas pu s'empêcher d’être trop démonstratifs : mettre plein de couleurs, des spirales, des motifs psychédéliques, qui empêchent de se focaliser sur les paroles et d'imaginer les scènes : on se contente de regarder les dessins qui bougent.
Par exemple dans le premier épisode quasi identique, la version originale se contente de citer les noms des villes de Paris et New-York et compte sur l'intelligence des spectateurs pour comprendre. Les bourrins eux, expliquent tout : "Mais comment se fait-il que tu vois la même chose que moi dans le ciel, alors que je suis à New-York, et que toi tu es à San Francisco, donc à 5000 km ?"
Dans la version française, le spectateur doit faire l’effort de relier les histoires entre elles pour comprendre, la version américaine nous mâche tout sur un plateau, toute la magie s'envole.
Bref, je vous encourage vivement à regarder la première saison française, mais inutile de poursuivre les autres.

26/04/2021

Strike, une série envoûtante

strike.jpgSuivant le conseil judicieux de Moviefreak, j'ai lancé la série sans rien en connaître. Inutile  : l'esprit de Strike est habilement délivré dès le générique. On comprend qu'on est tombé sur une série policière, un peu dans le style des polars des années 50 : les couleurs surannées, le héros tourmenté et mystérieux déambulant dans la ville, la nuit, le col relevé, le regard par en-dessous semblant épier, la cigarette négligemment fumée, ou bien sirotant sa bière, pensif. On le voit marcher au côté d'une femme magnifique. La musique colle parfaitement aux images "I walk beside you" et résume aussi bien la série : mélancolique, aux paroles simples, mais terriblement envoûtante, comme la voix de son interprète Beth Rowley. (à écouter en lien)

En général les histoires trop classiques me désolent, mais je considère Strike comme un retour aux racines du polar.
En vérifiant le nom de son auteur Robert Galbraith, je découvre que c'est en fait le pseudonyme de Jk Rowling. J'ai adoré Harry potter, mais aussi la série adaptée de son roman Une place à prendre.
Encore un point fort, c'est une série anglaise. Elle ne se déroule pas dans les villes imposantes, impersonnelles aux hideux gratte-ciel américaines, mais dans la magnifique Londres et la charmante campagne anglaise.
Pour moi, une série anglaise a plus de chance d'être subtile qu'une série américaine, comme Orgueil et préjugés est beaucoup plus fine que la chronique des Bridgerton. Ici, pas de personnages hystériques et hypocrites qui hurlent "hiiii ! oh my gooood love youuu" dès qu'ils se croisent en se prenant dans les bras, mais des gens normaux qui se disent bonjour d'un signe de tête et petite boutade pour exprimer leur sympathie. Bref de l'humour anglais, pudique et subtil. (retrouvez la suite dans mon livre "les clichés anglais vs américains").

La relation des deux personnages principaux, le détective et la collègue qu'il vient d'embaucher, œuvre beaucoup au charme de la série. Ils sont tous deux pudiques, et vont apprendre à se faire confiance et s'épauler. Au début, j'étais ravie que la série ne cède pas aux ficelles de l'intrigue amoureuse ("roh non pitié c'est trop cliché"), et se concentre sur les enquêtes ("on est là pour se creuser les méninges !")
Pourtant très vite, j'ai fini par les supplier "mais allez-y ! Faites-vous un bisou ! " et les enquêtes sont passées pour moi au second plan. Mais on n'est pas dans un scénario américain, où l'amoureux déclare sa flamme devant tout le monde en prenant un micro (exception anglaise : love actually). Le summum de la tension sexuelle, c'est quand Strike pose sa main sur l'épaule de sa partenaire.
Il faut dire que non seulement sa collègue est intelligente et forte, à traverser avec courage des épreuves difficiles, mais elle est aussi magnifique, j'ai été subjuguée par la beauté de l'actrice, Holliday Grainger. Son partenaire, bourru, ours et estropié (un peu la belle et la bête donc) est joué par Tom Burke, qui a incarné Orson Welles dans Mank de David Fincher.

La relation entre les deux héros est le fil conducteur de la série. En 2 saisons et 11 épisodes, on voit 5 enquêtes policières. J'ai été surprise de voir la première histoire se terminer en 3 épisodes, m'attendant à ce qu'elle remplisse la saison entière. J'ai eu du mal à rebondir directement dans une nouvelle intrigue, mais la concision permet aussi d'aller droit au but (pas comme Undoing par ex).

j'étais tellement envoûtée que je rêvais la nuit de Strike, me voyant déambuler moi aussi dans les rues de Londres. J'ai laissé passer une semaine avant de lancer une nouvelle série. J'attends donc avec impatience la suite ! (et le bisou !)

Strike saison 1 et 2 adapté de J.K Rowling sur OCS et Mycanal