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25/05/2021

Unorthodox

unorthodox.jpgUne femme juive ultra orthodoxe de New-York s'enfuit à Berlin pour être libre. Sa famille ne l'entend pas de cette oreille et se lance à ses trousses.
La secte étant très secrète et fermée, je n'en connaissais pas toutes les règles, très strictes, et les découvrir ici m'a fascinée. De même que la découverte du monde par cette jeune femme qui était coupée de tout, sans accès à internet, aux livres et à la musique. Des flash-backs entre son présent de femme moderne et son passé où elle était empêtrée dans des consignes hyper contraignantes, accentuent le contraste saisissant entre ces deux univers que tout oppose. C'est plus son passé qui m'a intriguée, que le présent, un peu trop facile.

Candide, l'héroïne part sans rien, sans peur, mais à la chance de tomber immédiatement sur des gens sympas qui l'adoptent : elle arrive à Berlin, erre dans la rue, entend de la musique, rentre dans le bâtiment d'où le son vient, le conservatoire, va s'adresser aux musiciens, qui lui proposent de partir au lac se baigner avec eux et l'intègrent à la bande sans question, comme si elle en faisait partie depuis toujours. Moi ça fait 6 ans que je côtoie les mêmes collègues quotidiennement, on n'a jamais pris un verre après le boulot, chacun rentre chez soi. Si j'échange plus de 3 phrases avec eux, ils me regardent avec un air qui signifie "d'où ose t-elle, qui est cette personne ?" La gentillesse légendaire des Parisiens têtes de chiens peut-être.

J'ai donc trouvé que la nouvelle vie de l'héroïne était un peu trop simple, et j'étais étonnée de savoir que la série était adaptée d'une histoire vraie, celle de Deborah Feldman, "comment j'ai fait scandale en rejetant mes origines hassidiques." . Curieuse, j'ai donc lu le livre.
A part le principe d'une femme qui s'enfuit de sa communauté, l'ouvrage n'a pas grand chose à voir avec la série. Cette dernière commence avec la fuite de la femme et alterne passé et présent, le livre raconte uniquement son passé et s'arrête le jour où elle réussit à s'enfuir. Dans la réalité, elle n'a donc pas connu cette bande de musiciens curieusement si sympathiques, mais s'est inscrite à un cours d'écriture à la fac, y a rencontré des amis et sa future éditrice.

Dans le livre, l'auteure explore en détails les règles incroyables de sa communauté, beaucoup plus que la série. Et c'est absolument fascinant.
Suite demain...

Série Unorthodox, sur Netflix.
Livre Unorthodox, comment j'ai fait scandale en rejetant mes origines hassidiques de Deborah Feldman.

29/04/2021

The undoing

kidman sorciere.jpgThérapeute à succès sur le point de publier son premier livre, Grace Sachs (Nicole Kidman) a un mari aimant (Hugh Grant) et un fils qui fréquente une école privée de prestige. Mais soudain, avec une mort violente, un époux qui disparaît et de terribles révélations concernant celui qu'elle pensait connaître, sa vie bascule... Voir la bande annonce en lien.
Je vous cite tel quel le pitch pour montrer les clichés. Le héros est souvent psy ou écrivain et là, bingo, il est les 2 ! On retrouve ainsi les archétypes : l’épouse et mère parfaite bafouée, contre la femme fatale sexy à problèmes. La seule personne normale dans cette histoire, c'est le pauvre gosse. Lui seul parle ouvertement (car la psy, comme son métier ne l'indique pas, en est incapable). J'avais imaginé plein de rebondissements possibles, mais non, que des évidences, et la fin est franchement nulle. J'ai été énervée de perdre mon temps : tout ça pour ça ?! 

Autre défaut totalement subjectif : je ne supporte pas la glaciale Nicole Kidman, sa tête de serpent, ses petits yeux cruels, son sourire de joker en lames de rasoir... Cette sorcière femme me donne la chair de poule. Si je fais abstraction du physique dans la vie réelle, c'est différent à travers l'écran, car l'actrice est souvent choisie pour sa beauté (l'acteur, il peut être laid, on est habitué à voir un vieux bedonnant se taper une jeunette sublime.) Ici le mari est joué par un beau gosse, même si Hugh Grant, à désormais 60 ans, a bien morflé depuis 4 mariages et un enterrement. Il délaisse son éternel rôle de gentil pataud pour prendre celui d'un sociopathe.

undoing filles.jpgOn est censé vivre le drame à travers les yeux de l'héroïne, et compatir pour elle. Je n'ai pas pu puisqu'elle m'est antipathique au possible. Elle se permet de foutre dehors et de gueuler sur les flics qui font simplement leur travail. A leur place je l'aurai coffrée pour outrage à agent. Je plains ses pauvres patients qui ont affaire à une psy si peu chaleureuse... Elle est si froide que je ne crois pas à ses sanglots, si botoxée que son visage reste figé. Pourtant, Kidman a été nommée meilleure actrice aux golden globes pour ce rôle !

Son personnage est censé être psy, mais est incapable de communiquer avec ses proches, ne connaît pas la personnalité de son mari et ne voit pas l'évidence. T'as épousé un médecin réputé, adulé, évidemment qu'il y a de fortes chances qu’il soit mégalo ! Et qu'il manque d'empathie, sinon il ne pourrait pas supporter de voir crever des gosses à longueur de journées ! Puis il se tape d'autres nanas, car il en a l'occasion (celles qui voient en lui un sauveur, celles qui sont attirées par le pouvoir et l'argent) et la fameuse excuse du "j'ai un boulot stressant, je vois des morts tout le temps, alors en baisant, je décompresse, c'est une pulsion de vie !")

Les époux paient très cher l'école du fils, ils le répètent souvent. Je me disais "ça doit être 10 000 dollars" Pire : 50 000 l'année. Pour une école primaire.  Un smic annuel représente 14 500 euros. Le père de la femme accorde un prêt à son beau-fils. 500 000 dollars. Mais qui sont ces gens, ils font quoi avec tout cet argent ?

The undoing rapporte donc un meurtre chez les ultra richous, comme une autre série avec la même actrice, Big little lies. (J'en ai parlé en lien). Leur maison, leurs fringues, leur opulence, leurs loisirs de luxe font rêver. Et leurs facilités : "je me sens stressée : je me baigne dans ma piscine privée/ vais voir mon masseur/ mon psy/ mon coach sportif à 200 euros la séance, me rend dans ma résidence secondaire en bord de mer" . Moi quand j'ai un coup de mou, je fais avec mes moyens : je me promène dans le parc bondé ou je me jette sur une tablette de chocolat à 1 euro.
The undoing comme big little lies sous-entendent ces réflexions :"même ces gens qui ont tout pour eux souffrent, finalement notre vie de pauvre n'est pas si mal, contentons-nous du peu qu'on a."

Les deux séries dénoncent aussi l'hypocrisie qui règne dans ce milieu, où l'apparence et la compétition priment : être le meilleur partout, au travail, à l'école, dans son couple, gagner le + d'argent, avoir la + grande maison, le métier le + prestigieux, dépenser le +. ...

Mais regardez plutôt Big little lies, épargnez-vous la soporifique et glaciale Undoing.

 

28/04/2021

Calls, une série à voir

calls.jpgUne fois encore, je me suis lancée sans rien savoir de la série. J'ai donc été très surprise par le dispositif : pas d'images, juste des enregistrements sonores de conversations. Avec ce que racontent les personnages, on doit comprendre ce qu'il se passe. Pour moi qui ai beaucoup d’imagination, le dispositif a marché du feu de Dieu : je voyais les scènes comme si j'y étais, alors que sur l'écran, seuls les dialogues s'affichaient, au fur et à mesure.

De plus, je suis très sensible aux voix, aux bruits, et ce dispositif m'a fait le même effet que l'ASMR : les poils hérissés, des frissons dans le cerveau. J'étais littéralement scotchée. Aucun film d'horreur ne pourra surpasser mon imagination, et plus le film est démonstratif, avec un déluge d'effets spéciaux, moins je suis effrayée. Et avec Calls, j'ai eu tellement peur que j'ai dû rallumer la lumière. J'ai dévoré la première saison d'un coup (10X10 minutes) et me suis couchée à 3 heures sans pouvoir fermer l’œil. J'ai adoré.
J'avais hâte de découvrir la deuxième saison le lendemain, mais je lui ai trouvé moins de cohérence et de pertinence, avec trop de personnages. La troisième saison, et surtout son dénouement, m'a déçue. J'aurais préféré rester dans le flou. A côté la fin de lost semble un chef-d’œuvre.
Puis j'ai reconnu les voix particulières d'acteurs (Marina Foïs, Matthieu Kassowitz, Ramzy) et entendre l'ex robin des bois dans un registre dramatique a parasité mon appréciation.

série,mycanalTout semblait calculer pour un remake américain : un personnage est installé aux Etats-Unis, et les couples se disent "je t'aime" à tout bout de champ comme les amerloques. Ce détail n'a pas manqué d'être souligné par la parodie des Creustel.
Bingo, Hollywood a fait un remake, mais je n'ai tenu que 2 épisodes. Ces gros lourdauds n'ont pas pu s'empêcher d’être trop démonstratifs : mettre plein de couleurs, des spirales, des motifs psychédéliques, qui empêchent de se focaliser sur les paroles et d'imaginer les scènes : on se contente de regarder les dessins qui bougent.
Par exemple dans le premier épisode quasi identique, la version originale se contente de citer les noms des villes de Paris et New-York et compte sur l'intelligence des spectateurs pour comprendre. Les bourrins eux, expliquent tout : "Mais comment se fait-il que tu vois la même chose que moi dans le ciel, alors que je suis à New-York, et que toi tu es à San Francisco, donc à 5000 km ?"
Dans la version française, le spectateur doit faire l’effort de relier les histoires entre elles pour comprendre, la version américaine nous mâche tout sur un plateau, toute la magie s'envole.
Bref, je vous encourage vivement à regarder la première saison française, mais inutile de poursuivre les autres.

26/04/2021

Strike, une série envoûtante

strike.jpgSuivant le conseil judicieux de Moviefreak, j'ai lancé la série sans rien en connaître. Inutile  : l'esprit de Strike est habilement délivré dès le générique. On comprend qu'on est tombé sur une série policière, un peu dans le style des polars des années 50 : les couleurs surannées, le héros tourmenté et mystérieux déambulant dans la ville, la nuit, le col relevé, le regard par en-dessous semblant épier, la cigarette négligemment fumée, ou bien sirotant sa bière, pensif. On le voit marcher au côté d'une femme magnifique. La musique colle parfaitement aux images "I walk beside you" et résume aussi bien la série : mélancolique, aux paroles simples, mais terriblement envoûtante, comme la voix de son interprète Beth Rowley. (à écouter en lien)

En général les histoires trop classiques me désolent, mais je considère Strike comme un retour aux racines du polar.
En vérifiant le nom de son auteur Robert Galbraith, je découvre que c'est en fait le pseudonyme de Jk Rowling. J'ai adoré Harry potter, mais aussi la série adaptée de son roman Une place à prendre.
Encore un point fort, c'est une série anglaise. Elle ne se déroule pas dans les villes imposantes, impersonnelles aux hideux gratte-ciel américaines, mais dans la magnifique Londres et la charmante campagne anglaise.
Pour moi, une série anglaise a plus de chance d'être subtile qu'une série américaine, comme Orgueil et préjugés est beaucoup plus fine que la chronique des Bridgerton. Ici, pas de personnages hystériques et hypocrites qui hurlent "hiiii ! oh my gooood love youuu" dès qu'ils se croisent en se prenant dans les bras, mais des gens normaux qui se disent bonjour d'un signe de tête et petite boutade pour exprimer leur sympathie. Bref de l'humour anglais, pudique et subtil. (retrouvez la suite dans mon livre "les clichés anglais vs américains").

La relation des deux personnages principaux, le détective et la collègue qu'il vient d'embaucher, œuvre beaucoup au charme de la série. Ils sont tous deux pudiques, et vont apprendre à se faire confiance et s'épauler. Au début, j'étais ravie que la série ne cède pas aux ficelles de l'intrigue amoureuse ("roh non pitié c'est trop cliché"), et se concentre sur les enquêtes ("on est là pour se creuser les méninges !")
Pourtant très vite, j'ai fini par les supplier "mais allez-y ! Faites-vous un bisou ! " et les enquêtes sont passées pour moi au second plan. Mais on n'est pas dans un scénario américain, où l'amoureux déclare sa flamme devant tout le monde en prenant un micro (exception anglaise : love actually). Le summum de la tension sexuelle, c'est quand Strike pose sa main sur l'épaule de sa partenaire.
Il faut dire que non seulement sa collègue est intelligente et forte, à traverser avec courage des épreuves difficiles, mais elle est aussi magnifique, j'ai été subjuguée par la beauté de l'actrice, Holliday Grainger. Son partenaire, bourru, ours et estropié (un peu la belle et la bête donc) est joué par Tom Burke, qui a incarné Orson Welles dans Mank de David Fincher.

La relation entre les deux héros est le fil conducteur de la série. En 2 saisons et 11 épisodes, on voit 5 enquêtes policières. J'ai été surprise de voir la première histoire se terminer en 3 épisodes, m'attendant à ce qu'elle remplisse la saison entière. J'ai eu du mal à rebondir directement dans une nouvelle intrigue, mais la concision permet aussi d'aller droit au but (pas comme Undoing par ex).

j'étais tellement envoûtée que je rêvais la nuit de Strike, me voyant déambuler moi aussi dans les rues de Londres. J'ai laissé passer une semaine avant de lancer une nouvelle série. J'attends donc avec impatience la suite ! (et le bisou !)

Strike saison 1 et 2 adapté de J.K Rowling sur OCS et Mycanal

05/03/2021

La chronique des Bridgerton

chronique bridgertown.jpgÀ Londres, pendant la Régence, les jeunes filles de la haute société se préparent à chercher des maris, mais la concurrence est rude...
Parfois entre deux films d'horreur, malgré mon aversion pour le shopping et la mode censés être des "trucs de filles" j'apprécie les histoires romanesques et en costumes, si elles ne sont pas trop niaises, si elles restent subtiles, littéraires, réalistes, sarcastiques et sans glorification de la femme cruche et soumise (j'ai été consternée par 50 nuances de Grey, Outlander, mais j'ai apprécié malgré (grâce ?)  ses nombreux défauts Emily in paris).

J'adore donc les Jane Austen comme Orgueil et préjugés. Dès les premières images de cette nouvelle série, la voix off laisse présager qu'elle s'en inspire, commentant avec malice les travers de ses contemporains, tout en les montrant dans des décors somptueux. Chouette.
Puis là dans la rue, j'aperçois furtivement un homme noir au bras d'une blanche. Tiens, c'est bizarre, un anachronisme, parce qu'à cette époque le pauvre gars s'il avait approché à moins d'un mètre une femme de la haute, on l'aurait lynché, émasculé et pendu. (comme on le voit dans les terribles mais excellents docs d'Arte sur le KKK, même si le parti ségrégationniste a été créé 30 ans après l'époque de la série, et en Amérique). Je poursuis la chronique, puis je découvre que la reine est Noire et le héros aussi, et que les couples mixtes ne posent aucun problème, en 1810. Le monde rêvé des Bisounours quoi.

Je ne sais pas trop quoi en penser. La série est fidèle à l'Histoire, reproduit les moeurs, coutumes, décors et costumes de l'époque, et s'inspire de personnes ayant existées (le boxeur). Alors pourquoi cet ajout totalement irréaliste d'un métissage qui aurait été accepté à l'époque ?  Pourquoi réécrire l'Histoire ? Ce procédé peut laisser supposer à des ignorants que cet ordre des choses a toujours existé, que l'esclavagisme et le racisme n'ont jamais eu lieu, et qu'il n'y aurait donc aucune raison de se plaindre d'une ségrégation, qui serait imaginaire.
Après vérification, je tombe sur des articles affirmant que la reine Charlotte aurait réellement eu des ancêtres Africains. L'Histoire étant écrite par les blancs, je n'étais pas au courant.
France info : "le but du créateur n’était pas de refléter la réalité, mais d’imaginer un monde dans lequel la reine serait bel et bien métissée et aurait transformé la société anglaise." La série ne dénonce pas le racisme, elle fait comme s'il n'existait pas. 

chronique reine.jpgOn peut dire que cette question reste secondaire : le plus important, c'est le scénario. Il est issu d'un métissage lui aussi : Chris van Dusen et Shonda Rhimes. Je tique : aïe, la créatrice de Scandal ? Où une femme carriériste insupportable, ignoble avec ses équipiers, tombe amoureuse comme une midinette de celui qui représente le pouvoir suprême : le président des Etats-Unis. Tout le propos de la série, sur la femme forte et indépendante qui peut mener une équipe et une carrière, s'effondre avec cette idée de fantasmer sur un homme juste parce qu'il incarne le pouvoir. J'avais trouvé l'actrice horripilante et les scènes romantiques ridicules. Ces deux problèmes se répètent dans cette nouvelle série.

L'héroïne de chronique est toujours à minauder et écarquiller les yeux et la bouche comme une demeurée. Elle est molle, a une tête de chien battu. Elle tombe amoureuse d'un homme absolument magnifique, contrairement à son nom (Regé-Jean Page). Tout le début de la saison, les deux se tournent autour. Je pensais que le mariage serait le final comme dans tout conte de fées, mais non, il arrive bien plus tôt, et la suite est laborieuse, un épisode entier de scènes de sexe aussi kitschs et peu excitantes qu'un téléfilm de M6 du dimanche soir, que celles de Outlander, ou de 50 nuances de grey (les scènes de ce dernier sont si froides que je m'étais ENDORMIE devant. ENDORMIE.) Peut-être qu'avec une meilleure actrice, ça aurait fonctionné, mais les gros plans sur les yeux de grenouille et la bouche en cul de poule de l'héroïne quand elle se fait dépuceler, c'est d'un niais, d'un ridicule.... Mais qu'elle joue mal... comme la plupart des acteurs d'ailleurs, beaucoup trop caricaturaux et peu charismatiques.

Une femme sort du lot, l'apprentie détective énergique qui refuse de rentrer dans le rang, de se marier, veut être indépendante et travailler. La série se veut progressiste, mais le seul objectif de l'héroïne et de ses copines, c'est d'avoir un mari et des enfants !

On est plus proche d'un Harlequin ou d'un Barbara Cartland, que de la subtilité de Jane Austen, et la chronique se résume plutôt à des potins à la gossip girl qu'une réelle satire subversive. L'objectif principal est de deviner qui est l'auteur des potins de la cour (j'ai vite trouvé). 
Une série agréable à regarder pendant les premiers épisodes, lourde sur les derniers. Pour la subtilité, revoyez plutôt les adaptations de Jane austen, Downton abbey ou le film de Scorsese Le temps de l'innocence.

 

03/03/2021

Designated survivor

série, 24h chronoOn m'a conseillé la série, sur un homme qui travaille au gouvernement américain et se retrouve propulsé président après qu'un attentat terroriste a tué tous ses confrères. Il est "designated survivor", ce qui signifie que si les gens au sommet de l'état meurt, c'est le prochain sur la pyramide qui lui succède. Voilà comment le onzième sur la liste, un simple conseiller au logement, se retrouve président malgré lui. "Il porte un sweat à capuches, il n'est pas préparé à ça". J'imaginais donc un geek rigolo un peu à la masse, une série un peu comique avec des bras cassés comme Parks and recreation, Spin city ou Veep. Qu'elle n'est pas ma surprise lorsque je découvre que le balourd que je supposais n'est autre que Jack Bauer, le sauveur de l'humanité invincible de 24h chrono ! Le héros qui prend les plus gros risques dans un temps imparti, sans dormir ni manger. J'avais adoré cette série, révolutionnaire pour son époque (déjà 20 ans !)

Je ne doutais donc pas une seule seconde que Jack Bauer allait faire un bon président pour cette nouvelle série. Effectivement, devenu chef de la plus grande puissance mondiale en 2 minutes, sans préparation, alors qu'il mangeait tranquillement devant son écran, il maîtrise ses nerfs et son rôle à merveille, prend les décisions les plus justes et sensées.
Il est présenté comme un naïf idéaliste, car il n'est pas corrompu et ne s'intéresse pas au pouvoir, il veut simplement améliorer les choses (avant, pour le logement, maintenant, pour ses compatriotes). Il n'est pas opportuniste, ne retourne pas sa veste toujours du bon côté. La série ménage habilement les sensibilités politiques de ses spectateurs : on comprend le nouveau président progressiste (il s'alarme que dans un état du Sud, les musulmans soient pris à parti car considérés comme responsables de l'attentat) les républicains sont souvent agressifs et source de conflits, mais le président n'est pas non plus ouvertement démocrate, il est officiellement sans parti.
J'ai adoré les rouages de la politique, des magouilles diplomatiques ("si vous m'aidez là dessus, je vous libère un otage" etc...) des manoeuvres des journalistes pour obtenir des scoops, et du gouvernement pour ne pas révéler les infos sensibles tout en ayant l'air de répondre aux journalistes (bref, la langue de bois). 

série,24h chronoJ'ai même plus apprécié cette partie politique que la partie enquête policière, plus convenue. On se doute que si les islamistes sont désignés coupables d'office, les vrais responsables de l'attentat ne sont pas eux mais des adversaires politiques (un peu comme le "tiens, on va dire que l'Irak a des armes de destruction massive pour lui déclarer la guerre" ) Le suspense fonctionne bien, mais 20 épisodes, c'est  trop long : 10 auraient suffi.
On s'attache aux personnages bien campés, mais la fliquette incorruptible et courageuse ressemble à un mannequin, de même que les collaborateurs du président, c'est un peu too much. Ce qui m'a le plus dérangé, c'est le côté "travail famille patrie", la glorification de l'américanisme, les "god bless america, on est les plus forts, on se relève toujours."
Le sens du sacrifice et la dignité du président exemplaire m'ont fait sourire aussi, car on est est loin de la réalité d'un Trump ou de la corruption française, où on apprend chaque jour qu'un politique est mis en examen ou mêlé à des affaires...
Le nouveau président dort 2 heures par nuit. Moi quand ça m'arrive, je suis décalquée pendant une semaine et je ne sais plus comment je m'appelle, alors à sa place je ferais tout sauter sans faire gaffe "oups, trompée de bouton, j'ai envoyé une ogive nucléaire ! j'ai cru que c'était l'interrupteur !"
Une bonne série, mais je n'ai pas poursuivi la 2ème saison. 
Designated survivor, saison 1, sur Netflix

20/02/2021

Lupin

Lupin-affiche.jpgC'est le plus grand des voleurs
Oui mais c'est un gentleman
Assane Diop (Omar Sy) est orphelin depuis que son père, chauffeur pour une riche famille industrielle, a été accusé à tort d'un vol de bijou et s'est suicidé. 25 ans après, le collier dérobé refait surface, et Assane, devenu gentleman cambrioleur comme son héros Arsène Lupin, tient là sa revanche...
Je savais juste que la série évoquait le héros de Maurice Leblanc, sans en connaître les détails, à part les polémiques stériles : Omar Sy ne joue pas Arsène Lupin, il s'inspire du personnage et le modernise ! 

Les histoires de Maurice Leblanc se déroulaient à la belle époque, 1900, où la police commençait à s'associer aux nouvelles technologies scientifiques pour résoudre les crimes, grâce notamment à  Alphonse Bertillon et au préfet Lépine : découverte des empreintes digitales, réalisation des fiches anthropométriques des délinquants, puis utilisation du téléphone pour joindre les commissariats, des bicyclettes pour les déplacements des policiers... Tout ceci est démontré dans la nouvelle série canal+ Paris police 1900, puis dans le génial musée de la préfecture de police et l'excellente série documentaire qu'il a inspiré, Des crimes presque parfaits.

La série Lupin développe deux bonnes idées : la première, le mythe du gentleman cambrioleur qui utilisait les moyens de son époque pour flouer la police est transposé à notre époque moderne. Cela permet un déluge de gadgets dernier cri fort plaisant que ne renierait pas James Bond. Deuxième bonne idée, Arsène Lupin est insaisissable car il est doué pour se cacher de la police. Pour son disciple, cette invisibilité est renforcée par le fait qu'il est issu des minorités, déjà peu regardées par la société.  

lupin vol.jpgLa série fait un parallèle avec les minorités qui sont souvent exploitées pour des travaux ingrats, chauffeur comme le père du héros, ou agent de ménage comme les employés du Louvre dans le premier épisode, livreur en vélo... Ces personnes sont si peu considérées qu'on ne fait pas attention à elles, et l'apprenti Lupin en profite pour accomplir ses forfaits sous les yeux des passants :  "vous m'avez vu, mais vous ne m'avez pas regardé".
Très bonne idée, mais le choix d'Omar Sy pour incarner un personnage censé passer inaperçu me semble étrange : sa carrure est immense, il est aussi large que grand, une armoire à glace ! 
Quand les policiers regardent les 4 portraits robots du voleur, ils s'étonnent : "ce sont 4 personnes différentes !" J'ai éclaté de rire : Euh, non justement, pas du tout, on reconnaît clairement Omar Sy ! On dirait une parodie de De Funès devant le portrait robot de Fantômas !  L'acteur a beau se maquiller, se rajouter des moustaches, il ne peut masquer qu'il fait 1m90 et 100 kilos ! Les flics sont de gros baltringues, ils ne soupçonnent pas l'évidence, qu'Assane est le voleur. 

La série comporte ainsi de nombreuses incohérences et facilités
Par exemple, comment la journaliste a-t-elle découvert l'adresse d'Assane alors qu'elle est top secrète et qu'il fait tout pour se cacher, que toute sa technique repose sur son invisibilité ? L'adepte d'Arsène Lupin devrait s'alarmer d'être suivi et repéré si facilement, mais quand il demande à la journaliste comment elle a eu son adresse, elle se contente de répondre "une bonne journaliste ne dévoile jamais ses sources" et il ne pousse pas l'investigation plus loin. Comme c'est pratique.

Il est aussi invraisemblable que tout se déroule comme il l'avait prévu, qu'il prévoit la réaction des gens et les événements au millimètre et à la minute près (pour le vol du bijou et quand il est en prison par ex) mais on se laisse aller aux facilités scénaristiques, elles participent au merveilleux, au magique, au côté jouissif  : "haha, vous le prenez pour un con, mais il vous a bien eu !" Un peu comme les braquages des films des Ocean 's 11.

La seule faiblesse d'Oussane reste sa famille, avec le personnage de son ex compagne Ludivine Sagnier, pas assez développé selon moi. Les personnages secondaires le sont un peu trop justement, et trop caricaturaux (le méchant est très méchant, les flics sont très cons, la femme fatale très belle et raffinée).
Malgré tout, la série se regarde vraiment avec plaisir. J'apprécie qu'elle ait relancé le goût de la lecture des Arsène lupin, fait enfin reconnaître le talent de Cascadeur avec sa chanson Meaning de Cascadeur utilisée dans le film (déjà dans Le sens de la fête). Lupin rencontre du succès chez les ricains, pour une fois qu'une série française s'exporte bien, cocorico. J'espère juste que ça ne va pas leur donner l'idée d'appeler leur gamin Raoul comme dans la série !

19/02/2021

Ovni(s)

ovnis.jpg1978. Didier Mathure (Melvil Poupaud♥) brillant ingénieur spatial, voit son rêve partir en fumée lorsque sa fusée explose au décollage. Sa femme et collègue (Géraldine Pailhas) le quitte, il ne  comprend pas ses enfants. Alors qu'il pensait avoir touché le fond, il est muté à la tête d'un bureau d'enquête spécialisé sur les ovnis, le GEPAN, géré par une équipe qui donne effectivement l'impression de vivre sur une autre planète : Véra Clouzeau, "comme l'actrice mais ça s'écrit pas pareil" lunaire, un geek persuadé de l'existence des extra terrestres, et un ancien des RG un peu parano (Michel Vuillermoz).
La mission du nouveau directeur : trouver des explications scientifiques aux apparitions de soucoupes volantes qui défraient la chronique, notamment dans les émissions de Jean-Claude Bourret. Un véritable enfer pour ce cartésien invétéré qui n'a plus qu'une idée en tête : se tirer de là au plus vite. Mais un événement extraordinaire va bouleverser ses certitudes, et lui ouvrir les portes d'un monde où plus rien n'est impossible...

J'ai adoré cette série, car elle a tout pour me plaire : humour absurde et poétique, nombreuses références cinéphiles, nostalgie des années 70. Surtout, elle joue sur l'émerveillement, et ceux qui ont gardé leur âme d'enfant comme moi qui ai toujours 10 ans, ("je sais que c'est pas vrai mais j'ai 10 ans"), ne peuvent qu'apprécier ! Comme le dit Véra, mon personnage préféré : "ça s'appelle la poésie, et c'est un besoin qui relie toute l'humanité". 

série,série mycanalLa série est en apparence légère en maniant l'humour absurde, mais elle se base sur des faits réels : le GEIPAN existe vraiment et Ovnis s'inspire de faits réellement observés. Elle mêle poésie, science et enquête avec brio. Moi qui m'ennuie vite et devine souvent la fin, j'ai été happée et j'ai hâte de connaître la suite ! Le rythme reste haletant, dès le générique.

Ovnis utilise de nombreuses références à Spielberg, Tati, et même à Gaston Lagaffe, avec les dossiers qui s'entassent dans le bureau et tombent des placards. 
Le soin apporté à la reconstitution des années 70, aux décors, aux vêtements, aux tapisseries, m'a rappelé le plaisir que j'ai eu à retrouver des objets de mon enfance dans Stranger things

L’excellente bo est aussi soignée que les décors et reprend des musiques de films de l'époque  : Une série qui utilise dès les premières minutes le sifflement de Coup de tête (la musique à la fois joyeuse et mélancolique que j'ai en tête constamment) puis la mélodie hongroise de Schubert qu'on entend à la fin de Préparez vos mouchoirs, deux comédies avec Dewaere, ne peut être qu'excellente ! Le thème du carillon d'Ennio Morricone dans Et Pour quelques dollars de plus revient souvent. La musique électro planante de Thylacine correspond bien à l'univers rétro et cool de la série, comme ici en lien.  Le compositeur modernise des morceaux de Jean-Michel Jarre que j'écoute régulièrement depuis. 

ovnis boule.jpgLes personnages sont tous excellents et bien interprétés. Certains esprits chagrins ont critiqué des caricatures, mais le propre des comédies est d'exagérer des défauts pour en rire ! La majorité des ressorts comiques reposent sur ce principe : un héros en apparence "normal", entouré de bras cassés, comme Jim dans The office par exemple.
Je trouve les personnages d'ovnis pas si fous que ça. (voir les teasers en lien) Je ne pense pas qu'ils soient présentés pour qu'on se moque d'eux, au contraire, ils sont très sympathiques grâce à leur poésie et sincérité. Rémy le geek qui croit aux ovnis est un génie de l'informatique. Véra a l'air perchée, mais c'est elle qui résout la plupart des enquêtes. Elle rayonne, sa fraicheur, sa spontanéité, sa vivacité me la rendent très attachante. Une bouffée d'air frais que je voudrais avoir pour amie ! J'aime sa façon de voir les choses : "moi je trouve ça bien, un peu de mystère. " "Souvent quand il y a un événement qu'on ne comprend pas, on se dit que le mieux ce serait de faire comme si rien ne s'était passé. alors que moi je pense qu'il faut faire tout le contraire !" Le monde se porterait mieux avec plus de gens comme elle.

Au final, le plus fou est peut-être celui qui se croit le plus normal, le directeur, car il accumule les erreurs de jugement. Il est incarné par Melvil Poupaud♥ mon grand amour d'adolescente dans Conte d'été. La relation qu'il entretient avec sa famille est jouissive : quand il est convoqué à l'école parce que le petit a voulu faire décoller une fusée avec des pétards, au lieu de le gronder comme l'espère la directrice, il lui explique quel explosif il aurait dû utiliser pour pouvoir réussir son expérience scientifique. Il n'hésite pas à dire à ses enfants qu'ils ne sont pas des priorités, quand il s'absente du spectacle de fin d'année du petit dernier pour une enquête par exemple :  " il y a plus important que toi dans la vie, là je dois régler tel problème" ou quand il apprend l'âge de sa fille qui veut rejoindre les hippies du Larzac : "t'as 17 ans ?" La plus équilibrée au final (et la moins drôle du coup) c'est sa femme, incarnée par la trop rare Géraldine Pailhas, toujours aussi belle. 
Ovni(s) à voir sur Mycanal pour une bouffée d'air frais nostalgique !

10/12/2020

Emily in Paris et les Français romantiques

emily, le vieux bourge et le mec normal.jpgRelire le début ici et .
On reproche également à la série ses personnages, peu représentatifs des Français, mais plutôt d'un microcosme favorisé.
Emily habite les beaux quartiers, elle n'y voit et fréquente que des gens fortunés. Sa nouvelle amie possède une décapotable, une galerie d'art, les parents de cette dernière un château et des vignobles en Champagne... comme le commun des mortels donc. L'autre copine d'Emily est aussi riche : son père lui a coupé les vivres, mais elle parvient à s'acheter des vêtements de luxe avec un simple salaire de nounou.

emily gros degueus.jpgQuant aux hommes qui draguent Emily... Deux mecs dans la cinquantaine, alors qu'elle a moitié moins que leur âge. Ils se ressemblent beaucoup (qui a fait le casting ?) les cheveux mi-longs, le foulard en soie autour du cou ou dans la poche du costard, le teint buriné par les uv. bref, des vieux beaux. Qu'une grand-mère bourgeoise fan de bridge fantasme sur ces barbons, je peux comprendre, mais une jeune fille de 25 ans ?  L'un est un de ses clients, l'amant de sa patronne, et lui offre sans aucune gêne des sous-vêtements ! L'autre est un riche héritier qui enchaîne les conquêtes et fait la une des magazines à scandale. En quoi ça donne envie d'être un gibier de plus ? Il veut l'emmener en week-end "à saint trop'' et en attendant, l'embarque sur son bateau faire une balade sur la Seine, en lui expliquant "quand je ne vais pas bien, je pars naviguer". moi dans ces cas-là, je fais avec les moyens du bord : je prends mes baskets et je vais faire le tour du parc voir les petits canards, mais tout le monde n'est pas ultra riche comme dans la série... 

emily vieux crado.pngHeureusement Emily ne cède pas aux avances de ces vieux dégueulasses, mais d'un homme de son âge, qualifié de snob par les amis d'Emily. Des gens qui portent des fringues de luxe et déjeunent tous les midis au café de flore se pensent modestes, je trouve ça... fort de café. Le mec est jugé snob car il étale sa culture comme de la confiture. Il refuse une invitation au palais garnier pour le lac des cygnes, qu'il estime piège à touristes, en expliquant que le boléro de Ravel vaut mieux. Euh ? mais les deux sont pourtant aussi populaires ? Le pire est qu'après une nuit avec Emily, il refuse de se laver le matin "pour garder son odeur". Cette réplique me fait plutôt penser à celle de Roselyne dans la vie est un long fleuve tranquille, donc plutôt à la famille Groseille prolo que les Le Quesnoy bourgeois ! En tout cas, elle confirme pour les Américains le cliché des Français sales et portés sur la chose.

Effectivement, le stéréotype est confirmé par le client qui lui offre des sous-vêtements, lui dit que son parfum "sent le sexe cher" et entretient une maîtresse avec l'accord de sa femme. Lorsqu'Emily débarque au bureau avec une charte de travail américaine refusant les relations entre collègues, elle provoque un tollé. Aux Etats-Unis, le directeur de mcdo a dû démissionner car il avait entrepris une liaison avec un membre du personnel... En France, la plupart des couples (mais aussi des adultères) se forment au sein de l'entreprise, et selon cet article, 62 % des salariés auraient déjà eu une relation sur leur lieu de travail

Les Français sont aussi vus paradoxalement comme des romantiques. Beaucoup d'hommes de la série pratiquent le baise-mains, acte ridicule non observé depuis 1930, à part un ringard déconnecté qui me l'a fait une fois. Le seul homme potable de la série est le voisin d'Emily, trop parfait pour être réel, qui correspond à tous les clichés romantiques : beau gosse, prévenant, spirituel, toujours présent comme par hasard quand elle a besoin d'aide, quand elle reçoit un colis lourd, que sa douche tombe en panne... Et habillé simplement lui. Le parfait cliché qui n'arrive jamais dans la vraie vie.

Moi hier mon voisin qui m'assomme avec sa guitare depuis le confinement a inondé ma cuisine avec une fuite d'eau, scène à peu près similaire à celle d'Emily qui lui demande de l'aide pour sa douche. Le voisin d'Emily l'accueille (torse poil !) avec un grand sourire, lui propose de se laver chez lui (hum) lui appelle un plombier... Moi j'ai dû insister pour que mon voisin daigne ouvrir sa porte, et clairement je le dérangeais avec mes plafonds et mur inondés. J'ai pourtant montrer la preuve du massacre : mon poster de Paulo trempé et foutu, et il ne s'est ni extasié sur mes goûts musicaux, ni excusé d'avoir bousillé mon Macca adoré et encore moins a proposé de le remplacer... Au contraire, il était si bourru que c'est moi qui ai eu le réflexe de lui dire "désolé pour le dérangement." Hâte de retourner le voir ce soir pour lui expliquer que si en fait, c'est pas "rien" comme il disait, il faut déclarer un sinistre.

En résumé, Emily in Paris est certes caricaturale, mais c'est une série légère, pas un documentaire. Je propose une suite,  "Papillote in Texas" où je me retrouverais entourée de Qanon obèses, un mcdo dans une main, un flingue dans l'autre, une croix autour du cou !

 

 

 

 

02/12/2020

Il me manquait quelque chose pour descendre les poubelles

emily vert.jpgRelire le début ici.
Si Emily est traitée de "plouc" et "ringarde", c'est pour son look, opposé au chic des tenues parisiennes.
Sa boss comme les Françaises qu'elle côtoie sont habillées de noir, sobres et élégantes, tandis qu'Emily et sa copine portent des tenues voyantes et mal assorties. Des vêtements rose vif, vert pomme, des imprimés improbables (fruits, chaussures, tour Eiffel...) un imperméable en plastique transparent, des mini-jupes et des micro shorts à paillettes avec des talons de 12 cm, des bottes de cow-boy à franges ou des spartiates à lanières jusqu'aux mollets... Bref, des accoutrements qui ne dépareraient pas dans un cirque ou une caravane du bois de boulogne.

emily pouffe.jpgJe suppose que ces tenues insolites sont moquées. Comme l'étaient celles de Carrie Bradshaw dans Sex in the city, quand elle parade en tutu dans le générique et se fait asperger par un bus, ou lorsqu'elle est fière de porter de ridicules chaussures à plumes rose qui coûtent un smic et que sa copine perd les eaux dessus. Pourtant je reste encore naïve : depuis le lancement d'Emily in Paris, les magazines féminins expliquent où acheter ces tenues aberrantes et hors de prix et les ventes des vêtements qu'elle porte ont explosé, comme les bérets ou les sacs chanel.
Je découvre que les deux séries sont l'oeuvre du même scénariste. Je comprends mieux comment Emily, qui gagne correctement sa vie sans être millionnaire, peut enchaîner les tenues onéreuses, comme Carrie collectionnait les chaussures à 1500 euros malgré un salaire de pigiste...

emily tour eiffel.jpgJ'exècre ce qui est trop voyant, les sacs de luxe, les bijoux en or : ce qu'on appelle "le bling bling". Comme beaucoup de Parisiennes, comme dans la série, je m'habille de tenues discrètes et foncées. Comme les collègues d'Emily ou le créateur de mode parisien, je la juge "plouc" et "ringarde".
Donc oui, Emily in Paris n'est pas si cliché. Sa cheffe regarde sa tenue de haut en bas avec un air effaré. Elle lui reproche de n'avoir "aucune culture", d'être "trop souriante", "trop optimiste" et son collègue lui demande pourquoi "elle crie". Je lui fais les mêmes reproches. Je la trouve tête à claques. J'ai beaucoup de mal avec les gens incultes, qui se font remarquer, parlent fort, sourient tout le temps comme des imbéciles heureux, ou rient comme des hystériques. A force de vivre ici, je suis devenue une Parisienne ronchonne et méprisante moi aussi ! 

Le créateur de mode l'estime "ringarde" car elle arbore une breloque de tour Eiffel. Mais tous les gens que j'ai invités à Paris ont eux aussi acheté une effigie de la grande dame de fer Margaret Thatcher. Je trouvais ce geste ringard, mais lorsque je vais à la montagne, j'achète bien mon génépi et ma carte postale de marmotte. Quand je vais en bretagne, je ramène bien mon bol breton et du kouign amann. Emily s'empresse d'aller dans une boulangerie pour découvrir les pains au chocolat, de visiter les quartiers chics, mais c'est normal de vouloir connaître ce qui est beau et emblématique d'un lieu que l'on visite.

On a reproché à la série de ne montrer que les quartiers huppés et la population bourgeoise. Mais évidemment qu'un touriste à Paris ne va pas se rendre à Barbès !  Emily ne prend jamais l'ignoble métro parisien, sale bondé et puant. Comme son entreprise lui paie un logement, je suppose qu'elle lui rembourse aussi les taxis, alors pourquoi s'en priverait-elle... La série veut envoyer du rêve et du romantisme, vanter les mérites de Paris. Elle ne va pas filmer la ligne 13 en heure de pointe ou les sdf.
D'ailleurs un dialogue prédisait ces reproches. Les collègues estiment que les films américains offrent des fins heureuses où tout est simple :
Emily : "vous n'allez pas au cinéma pour vous évader et rêver ? 
Collègues : - non justement, les Américains, vous voulez échapper à votre réalité ! "

Que la série soit si moquée, ça confirme justement les clichés du parisien : condescendant et râleur, comme il est montré dans la série !
Le Français a aussi la réputation chez les Américains d'être un séducteur, et la série s'empare de ce cliché...
à suivre