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03/05/2014

Libre, seul et assoupi, de Romain Monnery

libre seul et assoupi,romain monnery,pôle emploi,chômage,travailJe vous parlais hier du film Libre et assoupi, pour lequel vous pouvez toujours gagner des places de cinéma. Voici maintenant ma propre expérience et des extraits du livre dont le film est adapté :

Avant, j’étais comme le personnage de Bruno, à accepter n’importe quel boulot, et je postulais à tout (cliquez sur ces quelques liens, pour ceux qui n'ont pas suivi mes péripéties de chômeuse) J’ai enchaîné les emplois merdiques, mal payés, avec les collègues aigris, bêtes et méchants. J’ai vu des choses qui m’ont rendues malades (un porc qui tripote les gamines dans une école mais personne ne le signale à part moi « parce qu’on ne veut pas créer d’histoires », une femme qui maltraite ses enfants, etc…) Plutôt que de crever au boulot, j’ai décidé d’arrêter. Sois feignant, tu vivras longtemps. Aujourd’hui, je profite de mon chômage pour chercher enfin un travail qui me corresponde mieux, même si je ne rêve pas trop, je ne trouverai pas de boulot en rapport avec ma formation (cinéma). Même si dans 3 mois, je n’ai plus droit aux allocations, et que faute d’argent, je serai obligée de reprendre la longue suite des petits boulots en intérim. Et puis si les bac+5 prennent les emplois qui ne nécessitent aucun diplôme, comment font ceux qui n’ont même pas le bac ? Le boulot, y en a pas beaucoup, faut le laisser à ceux qui aiment ça. Sois feignant, tu vivras content

J’ai non seulement été affectée à des postes sans intérêt pour moi (aucune créativité), mais souvent aussi, parfaitement inutiles. La plupart du temps, je jouais le rôle d’intermédiaire entre deux personnes qui auraient pu communiquer directement. Ou je recopiais sur ordinateur des textes techniques incompréhensibles, des suites de chiffres écrits à la main par des types qui avaient la flemme d’allumer leur PC ou d’apprendre à s’en servir. Ou j’accueillais des gens dans un lieu où personne ne se présentait, etc. Franchement, je me sens plus utile à écrire un blog, faire connaître des films, des documentaires, des pièces de théâtre et des livres ! Si on pouvait m’embaucher pour ça !

Avant d’être un film, Libre et assoupi était d’abord un livre, devenu un peu ma nouvelle Bible. Ecrit par un Lyonnais de naissance (comme moi) de mon âge et dont le personnage me ressemble beaucoup, comme vous pouvez le constater : 

livre,littérature,libre seul et assoupi,romain monnery,pôle emploi,chômage,travailLibre, seul et assoupi de Romain Monnery, édition Le diable Vauvert : 

« J’étais un enfant de la génération précaire et très vite, je compris que viser un emploi dès la sortir de ma scolarité revenait à sauter d’un avion sans parachute. C’était brûler les étapes. Jeune diplômé comme on en trouvait des milliers sur le marché, j’étais de ceux à qui les entreprises disaient « sois stage et tais-toi ».  Les années 2000 étaient fièrement installées sur leur piédestal mais l’esclavage semblait toujours prospérer. (...)  Je pouvais toujours prendre un job alimentaire, plier des pulls chez gap ou vendre des big mac, mais bon sang, j’avais fait des études. Je choisis alors de faire un stage en le prenant pour ce qu’il n’était pas : un tremplin vers l’embauche.

« Trois mois s’étaient écoulés depuis mon 1er rendez-vous RMI (RSA désormais). Comme on me l’avait annoncé, je fus convoqué pour un nouvel entretien censé déterminer si, oui ou non, mon contrat méritait d’être renouvelé. C’était la règle du jeu. Retour à la case départ, comme au Monopoly. Alors, qu’avais-je fait durant ce laps de temps ? La question méritait d’être posée.

Selon les brefs calculs que j’avais effectués :

  • j’avais dormi + de 1000 heures (siestes comprises)
  • j’avais vu 72 films (pas que des bons)
  • j’avais passé 500 heures devant la télé (clips, pubs, séries)
  • j’avais lu 34 livres (que des poches)
  • je m’étais demandé 272 fois ce que j’allais faire de ma vie.

En somme, je n’avais pas perdu mon temps. Restait à voir si l’emploi de celui-ci serait du goût de la conseillère censée me recevoir, mais, très vite, je compris que non. En arrivant au rendez-vous, une petite femme à l’air sévère vint à ma rencontre. 

- Alors c’est vous le plaisantin ? (...) Je vais vous lire un extrait de la lettre de motivation que j’ai découverte en ouvrant votre dossier : « je n’ai rien contre l’idée de travailler du moment qu’on ne m’y oblige pas ». Vous pouvez me dire ce que ça signifie ? (...) Le problème, c’est que vous avez pris le rmi pour ce qu’il n’est pas : des vacances. » Je protestai comme je pus, arguant du fait que j’avais été à la bibliothèque quasiment tous les jours et que je m’étais cultivé dans l’optique de mon prochain travail (…) « C’est pour votre bien que je dis ça. Vous m’avez l’air de quelqu’un de sympathique, mais il serait temps de grandir. Dans la vie, on ne fait pas ce qu’on veut. Tenez moi par exemple, je voulais devenir danseuse étoile. Mais je ne viens pas au travail en tutu, vous comprenez ? Vous croyez sincèrement que ça m’amuse d’être là ? »

libre seul et assoupi,romain monnery,pôle emploi,chômage,travail« Je regardais dehors et me demandais alors à quoi ressemblerait le film tiré de ma vie. S’agirait-il d’un drame ? D’une comédie ? De science-fiction ? (…) Peut-être faisais-je fausse route. Peut-être qu’une vie n’avait rien à voir avec le cinéma. »

«  L’idée d’un livre me vint alors. (…) Je voulus me convaincre que j’avais trouvé ma raison d’être. Je m’imaginais sur les plateaux télé, parlant de moi, ma vie, mon œuvre et j’anticipais les critiques criant au génie (...) Je rêvais d’un grand livre au goût de madeleine qui se vendrait comme des petits pains mais, en attendant, je ne faisais rien. Comme d’habitude, je préférais penser aux conséquences plutôt que de me consacrer à l’action. Le poil que j’avais dans la main m’empêchait de m’y mettre. Je passais mon temps dans mon lit, l’ordinateur sur les genoux, le regard dans le vague, Internet en toile de fond. Malédiction de la technologie, ma connexion anéantissait tous mes efforts de concentration. Toutes les séries que je pouvais télécharger en un clic me donnaient mal à la tête. J’avais tellement de raisons de ne rien faire ! Je me familiarisais avec l’univers carcéral dans Oz, je m’initiais à la vie de famille aux cotés des Sopranos, je me prenais pour un cow-boy devant Deadwood et je sauvais le monde dans la peau de Jack Bauer. Toutes ces histoires m’empêchaient peut-être d’écrire la mienne mais elles me donnaient l’illusion d’en vivre par procuration. J’aurais pu continuer de la sorte pendant des jours mais j’avais atteint un seuil d’inaction qui remettait en cause mon statut de mammifère. Je ne me levais plus. La forme de mon corps s’était incrustée dans le matelas. J’étais devenu un invertébré, je ne faisais rien, je ne pensais plus. Internet s’en chargeait pour moi. »

Alors, certains jeunes se retrouvent dans ces extraits ? Si vous en voulez d’autres, j’en ai copié encore deux pages…

En faisant des recherches pour cet article, j’ai appris que Romain Monnery a sorti un nouveau livre : Le saut du requin. Je suis pourtant abonnée à sa page facebook depuis son premier roman, mais je ne l’avais pas vu ! Facebook n’affiche plus toutes les actualités. J’ai donc raté les organisations d’interview et rencontres avec l’auteur, quel dommage… mais je m’empresse de lire le nouveau livre et je vous en parlerai… surtout que le personnage principal ressemble à Ignatus, le héros de La conjuration des imbéciles, mon roman préféré. Et que Romain Monnery revendique Philippe Jaenada comme référence.

J’ai lu ici une de ses interview qui conforte nos points communs :

- Que réponds-tu quand on te demande ce que tu fais dans la vie ? (Note de Papillote : mon principal problème dans les soirées) 

« Quand je réponds « je ne fais rien », ça met les gens mal à l’aise. Quand je dis que je suis journaliste, les gens te demandent où et là, tu réponds « nulle part », ça rend aussi les gens mal à l’aise. »

« Je ne me sentirai jamais légitime. C’est une question d’éducation et d’origine sociale. »

« Je suis mal à l’aise avec le côté solennel et sérieux. Du coup, ça me joue des tours à tous les niveaux, car je ne sais jamais comment me positionner par rapport aux gens. Je fais du second degré en permanence et beaucoup de personnes le prennent au premier. »

ça me rappelle quelqu'un... Sur ce, je vous laisse car je n'ai regardé qu'un seul film aujourd'hui (Panic sur Florida beach de Joe Dante) un seul épisode de série (Weeds saison 8) et j'ai encore un bouquin à finir (Demande à la poussière de John Fante) avant d'aller au théâtre (Riviera sur Maurice Chevalier).

 

14/05/2013

C'est la quille

chat quille travail.jpeg- Finalement le big boss ne veut plus embaucher, il dit qu’on n’a pas les moyens.
- M’enfin ! La boîte a remporté plein d’affaires ce mois-ci, on n’a même pas le temps de les traiter, et elle a engrangé 3 millions ! "
C’est pourtant connu : plus une entreprise gagne d’argent, plus elle licencie. Et puis organiser 15 jours de soi disant séminaires au ski ou en Tunisie, et des soirées cocktails sur des yachts entre les grands pontes, c’est plus important bien sûr que d'employer un salarié. Puis ça coûte moins cher, forcément.
Pour une fois que je voulais rester ! C’est que je m’amusais bien ici ! Enfin le travail était très enrichissant je veux dire. Hum.
Et je pars à la fin de mon contrat ? Quoi, dans 2 jours, le 30 avril ? Ah non, ça me fait rater tous les ponts de mai payés ! Puis les ¾ des employés partent en vacances, j’aurais eu l’open space m’a tuer pour moi toute seule ! Avec pas grand-chose à faire, et personne pour espionner mon écran d’ordi pendant que je regarde facebook. Enfin, j’aurais eu plus de facilité pour me concentrer sur mon travail précieux. Re-hum.

J’annonce la nouvelle aux collègues :
Moi - " Liberté, j’écris ton nom ! C’est la quille dans 2 jours !
Caliméro : - Alors je pleure dans deux jours…
Moi - Nan, contente-toi plutôt de me faire un super gâteau au chocolat pour fêter ça, mais avec le cœur bien coulant tu vois ? Ca me sera plus utile.
Caliméro : - Quand est-ce que tu arrêteras de penser avec ton estomac ?"
Etant donné qu’on me surnomme l’estomac sur pattes, jamais je pense… je vis pour manger moi.

Grincheuse : - " T'organises un pot pour ton dernier jour ? Tu fais un gâteau ?
Moi : - Non. (Je sais que j’en recevrai déjà, et certainement pas de sa part : grincheuse a poussé sa méchanceté et sa bêtise jusqu’à ramener pour la première fois un gâteau le jour de mon départ, en en proposant à tout le monde, sauf à moi). (mais je l’ai goûté quand elle avait le dos tourné et il était dégueulasse) (et ceux que mes collègues sympas m’ont offerts étaient bien meilleurs) (na.)
Moi : - " J’ai récupéré mon four chez une voisine, il est plus vieux que moi. La dernière fois que j’ai vraiment cuisiné un truc c’était en l’an de grâce 2010 je pense, un cake mal cuit évidemment, que tout le monde a trouvé trop sec …
Grincheuse : - Mais c’est pas grave, j’adore les gâteaux moi !"
Oui ça se voit. Je ne te rendrais pas service. Ou alors je mets du laxatif dedans, mais tu serais encore contente vu que c’est ta méthode de régime préférée. Ou alors de l’arsenic ?

Pour info, je précise que grincheuse me hait sans raison (enfin, par jalousie) et a carrément tenté de me frapper, mais selon le chef du personnel « bah, t’en verras d’autres, c’est rien, avec les deux filles qui t’ont précédée (et qui ont démissionné, on se demande bien pourquoi) elles s’insultaient et se tiraient les cheveux, haha ! » C’est drôle, effectivement.
coup-de-tete- 2.jpgVous comprenez pourquoi je n’ai pas spécialement envie de faire un pot de départ avec mes chers collègues. Ou alors je fais comme Patrick Dewaere à la fin de Coup de tête, l’un de mes films cultes comme j’en ai souvent parlé : « Je lève mon verre à la plus formidable bande de salopards que j’ai jamais rencontrée ! Je lève mon verre au tas d’ordures qui m’entoure. Et ya de quoi remplir une sacrée poubelle ! »

Nan mais je vous assure, je m’amusais bien, quand on faisait abstraction de ces légers détails…
D’ailleurs un autre collègue s’interroge : " Mais comment tu fais pour être toujours de bonne humeur dans une ambiance pareille ?"
elle cause + elle flingue.jpgParce que je me crois dans un film et que je peux ressortir toutes les citations d’Audiard sur la connerie humaine peut-être ? Par contre c’est vrai que je n’ai pas pris note de celle-ci : « quand les types de 130 kilos disent certaines choses, ceux de 60 les écoutent. » (Enfin 50 dans mon cas, mais bien 130 dans le sien). Ca m’aurait évité de recevoir sur la tronche un éléphant, ça trompe énormément. Faut pas parler aux cons, ça les instruit. Puis les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît.

Un autre collègue : "Déjà que c’est le grand n’importe quoi c’te boîte, mais alors si t’es plus là, ça va vraiment être le chaos !"
Il voulait dire qu’un employé en moins allait donner plus de travail aux autres, mais je préfère dire qu’il faisait plutôt référence à mon humour irrésistible, ma chansonnite aigue qui égayait ces lieux lugubres… Après moi le déluge.

La bonne nouvelle, c’est qu’au chômage, j’aurai enfin le temps d’écrire.
Enfin, au chômage... je ne sais pas quand je vais recevoir mes indemnités… J’ai déjà mis 6 mois la dernière fois à les obtenir (souvenez-vous de mon parcours du combattant), à cause d’un « bug informatique » de Pôle emploi. Là, une semaine avant d’apprendre la fin de mon contrat, je reçois un mail de Paulo, mon ami pour la vie : je suis radiée car je ne me suis pas « actualisée ». Juste quand je suis vraiment sans emploi. Je m’étais bien inscrite, mais je n’avais pas pu sauvegarder la copie écran « en raison d’un dysfonctionnement momentané du site ». En plus, mon ex employeur a « oublié » de me donner les papiers de fin de contrat pour mon chômage, il va falloir que je retourne chercher l’attestation et revoir mes chers collègues…
Je leur apporterai un gâteau pour l’occasion.

A propos de chansonnite, pour les Parisiens, courez voir le spectacle des Blonds, faux trio suédois qui rend un « homaj à la chonson française » complètement délirant… A pleurer de rire.

C'est la quille

chat quille travail.jpeg- Finalement le big boss ne veut plus embaucher, il dit qu’on n’a pas les moyens.
- M’enfin ! La boîte a remporté plein d’affaires ce mois-ci, on n’a même pas le temps de les traiter, et elle a engrangé 3 millions ! "
C’est pourtant connu : plus une entreprise gagne d’argent, plus elle licencie. Et puis organiser 15 jours de soi disant séminaires au ski ou en Tunisie, et des soirées cocktails sur des yachts entre les grands pontes, c’est plus important bien sûr que d'employer un salarié. Puis ça coûte moins cher, forcément.
Pour une fois que je voulais rester ! C’est que je m’amusais bien ici ! Enfin le travail était très enrichissant je veux dire. Hum.
Et je pars à la fin de mon contrat ? Quoi, dans 2 jours, le 30 avril ? Ah non, ça me fait rater tous les ponts de mai payés ! Puis les ¾ des employés partent en vacances, j’aurais eu l’open space m’a tuer pour moi toute seule ! Avec pas grand-chose à faire, et personne pour espionner mon écran d’ordi pendant que je regarde facebook. Enfin, j’aurais eu plus de facilité pour me concentrer sur mon travail précieux. Re-hum.

J’annonce la nouvelle aux collègues :
Moi - " Liberté, j’écris ton nom ! C’est la quille dans 2 jours !
Caliméro : - Alors je pleure dans deux jours…
Moi - Nan, contente-toi plutôt de me faire un super gâteau au chocolat pour fêter ça, mais avec le cœur bien coulant tu vois ? Ca me sera plus utile.
Caliméro : - Quand est-ce que tu arrêteras de penser avec ton estomac ?"
Etant donné qu’on me surnomme l’estomac sur pattes, jamais je pense… je vis pour manger moi.

Grincheuse : - " T'organises un pot pour ton dernier jour ? Tu fais un gâteau ?
Moi : - Non. (Je sais que j’en recevrai déjà, et certainement pas de sa part : grincheuse a poussé sa méchanceté et sa bêtise jusqu’à ramener pour la première fois un gâteau le jour de mon départ, en en proposant à tout le monde, sauf à moi). (mais je l’ai goûté quand elle avait le dos tourné et il était dégueulasse) (et ceux que mes collègues sympas m’ont offerts étaient bien meilleurs) (na.)
Moi : - " J’ai récupéré mon four chez une voisine, il est plus vieux que moi. La dernière fois que j’ai vraiment cuisiné un truc c’était en l’an de grâce 2010 je pense, un cake mal cuit évidemment, que tout le monde a trouvé trop sec …
Grincheuse : - Mais c’est pas grave, j’adore les gâteaux moi !"
Oui ça se voit. Je ne te rendrais pas service. Ou alors je mets du laxatif dedans, mais tu serais encore contente vu que c’est ta méthode de régime préférée. Ou alors de l’arsenic ?

Pour info, je précise que grincheuse me hait sans raison (enfin, par jalousie) et a carrément tenté de me frapper, mais selon le chef du personnel « bah, t’en verras d’autres, c’est rien, avec les deux filles qui t’ont précédée (et qui ont démissionné, on se demande bien pourquoi) elles s’insultaient et se tiraient les cheveux, haha ! » C’est drôle, effectivement.
coup-de-tete- 2.jpgVous comprenez pourquoi je n’ai pas spécialement envie de faire un pot de départ avec mes chers collègues. Ou alors je fais comme Patrick Dewaere à la fin de Coup de tête, l’un de mes films cultes comme j’en ai souvent parlé : « Je lève mon verre à la plus formidable bande de salopards que j’ai jamais rencontrée ! Je lève mon verre au tas d’ordures qui m’entoure. Et ya de quoi remplir une sacrée poubelle ! »

Nan mais je vous assure, je m’amusais bien, quand on faisait abstraction de ces légers détails…
D’ailleurs un autre collègue s’interroge : " Mais comment tu fais pour être toujours de bonne humeur dans une ambiance pareille ?"
elle cause + elle flingue.jpgParce que je me crois dans un film et que je peux ressortir toutes les citations d’Audiard sur la connerie humaine peut-être ? Par contre c’est vrai que je n’ai pas pris note de celle-ci : « quand les types de 130 kilos disent certaines choses, ceux de 60 les écoutent. » (Enfin 50 dans mon cas, mais bien 130 dans le sien). Ca m’aurait évité de recevoir sur la tronche un éléphant, ça trompe énormément. Faut pas parler aux cons, ça les instruit. Puis les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît.

Un autre collègue : "Déjà que c’est le grand n’importe quoi c’te boîte, mais alors si t’es plus là, ça va vraiment être le chaos !"
Il voulait dire qu’un employé en moins allait donner plus de travail aux autres, mais je préfère dire qu’il faisait plutôt référence à mon humour irrésistible, ma chansonnite aigue qui égayait ces lieux lugubres… Après moi le déluge.

La bonne nouvelle, c’est qu’au chômage, j’aurai enfin le temps d’écrire.
Enfin, au chômage... je ne sais pas quand je vais recevoir mes indemnités… J’ai déjà mis 6 mois la dernière fois à les obtenir (souvenez-vous de mon parcours du combattant), à cause d’un « bug informatique » de Pôle emploi. Là, une semaine avant d’apprendre la fin de mon contrat, je reçois un mail de Paulo, mon ami pour la vie : je suis radiée car je ne me suis pas « actualisée ». Juste quand je suis vraiment sans emploi. Je m’étais bien inscrite, mais je n’avais pas pu sauvegarder la copie écran « en raison d’un dysfonctionnement momentané du site ». En plus, mon ex employeur a « oublié » de me donner les papiers de fin de contrat pour mon chômage, il va falloir que je retourne chercher l’attestation et revoir mes chers collègues…
Je leur apporterai un gâteau pour l’occasion.

A propos de chansonnite, pour les Parisiens, courez voir le spectacle des Blonds, faux trio suédois qui rend un « homaj à la chonson française » complètement délirant… A pleurer de rire.

01/11/2011

You never give me your money (encore...)

Pole-emploi-loto.jpg"You never give me your money
You only give me your funny paper
And in the middle of negotiations
You break down..."

J'espère que McCartney jouera cette chanson magnifique et que j'adore au concert de Bercy !

Je ne vous ai pas raconté les dernières blagues de pôle emploi ?

Après le problème informatique qui bloque mes allocations pendant six mois, demandant des appels chaque semaine, des visites en agence, des lettres avec A/R (merci encore à Electra pour ses précieux conseils), des réponses contradictoires, un accueil condescendant, ou sympathique mais impuissant de pôle emploi, bref, énormément de stress et de manque d’argent pendant la moitié de l’année dernière, je perçois enfin mes allocations. Pour deux ans, comme l’est écrit noir sur blanc sur les avis de situation que j’imprime chaque mois.  La hache semble enterrée.

pôle emploi,chomage,travail,allocations,mccartney,mccartney à bercyPourtant trois mois plus tard, Pôle emploi reprend les hostilités. Il me signale comme une fleur que mes allocations se terminent en juin dernier, comme si c’était prévu depuis le départ. Je pense à une énième erreur, mais après rectification, non, pour une fois, il ne se trompe pas. J’ai 15 jours pour fournir toutes mes fiches de paie depuis 10 ans, pour calculer si j’ai le droit à une petite aide pour les chômeurs longue durée. Comme dans le film Mammuth, j’entame un long périple pour retrouver mes ex employeurs, qui ne me fournissaient pas tous des fiches de paie. Je vous ai fait deviner le nombre de copies, trouvé finalement par Tardis girl : 114.

Pour avoir le droit à l’aide, il faut cumuler un certain nombre d’heures de travail. Je reprends mes 114 fiches de paie et j’additionne toutes les heures. Puis je résume et classe avec des trombones pour faciliter la tâche à Pôle emploi, surtout pour leur éviter encore une connerie. Corvée qui me prend deux jours, car je vérifie consciencieusement, mais le compte est bon comme disait Patrice Laffont (oui Romejko présente l’émission depuis les années 90, mais mémé nostalgie est resté bloquée dans les années 80). J’ai travaillé assez pour obtenir une allocation.

shadok pompent.jpgJe vais à pôle emploi avec mon épais dossier sous le bras.
Conseiller : « Oh là là mais c’est quoi tout ça ?!!!
Moi : baoum (bruit de la pile de documents sur le comptoir) - voilà ! Vous inquiétez pas, j’ai tout bien préparé pour que le travail soit moins long pour vous, c’est bon j’ai mes 1825 heures de travail et même largement plus, haha ! (Je triomphe)
- ah mais c’est pas 1825 heures qu’il faut ! C’est 1825 jours ! (Je m’effondre)
bon, vous aurez la réponse la semaine prochaine."

Trois semaines plus tard, je reçois une lettre. Négative. Il me manque six mois de travail pour bénéficier de l’aide. Habituée à ces erreurs, je retourne quand même à pôle emploi, pour vérifier ce que les employés ont calculé. J’en étais sûre, ils ont oublié de me compter des fiches de paie!  Et comme par hasard, pile les six mois qui me manquent pour bénéficier de l’allocation !
Conseiller : « Ramenez nous les 6 mois oubliés et on recalcule ça dans la semaine
Moi : - simplement les six mois? Je ne vous ramène pas tout le dossier et les 114 fiches de paie ?
Conseiller (horrifié) : - non merci ça ira, on les a déjà enregistrées ! "

Je triomphe à nouveau, tout le long du chemin qui me ramène chez moi.
1 heure plus tard, en étudiant plus précisément le papier, je m’aperçois en fait que je n’ai pas six mois de fiches de paie, mais 5 mois et… quinze jours… Et pendant les 15 jours restant, j’ai fait de l’intérim journalier, qui ne m’a pas transmis mes salaires (mais mes contrats, non valables pour pôle emploi). Il me faut 5 années de travail pour avoir l’aide, et il ne me manque que 10 misérables jours de travail pour en bénéficier… Je reporte quand même mes papiers, espérant que pôle emploi fera enfin un geste.

shadok amnesique.jpg1/2 heure plus tard, je dépose délicatement comme des pétales de fleur mes six petites fiches de paie.
Conseiller : " - Mais vous ne ramenez que ça ?!
Moi : - Ben faudrait savoir !
- Ah non, il nous faut tout !
- Mais vous aviez dit que c’était bon ! Que vous aviez déjà enregistré le reste !
- Oui mais non, ramenez tout !
- Les 114 feuilles ?!!
- Les 114 feuilles !
Bon, ben le temps de faire un deuxième aller retour, je reviens dans une heure trente à peu près… Heureusement que j’aime bien marcher… (j’y vais à pied)

shadok compliqué.jpgPourtant, j’ai passé la soirée à retrier mes fiches de paie. Je les avais bien classées, archivées par années et employeurs, trombonisées, postitées avec soin (oui j’invente des mots et alors)  tout cela pendant des heures, mais pôle emploi me les as toutes rendues dans le désordre, sans tambours ni trompettes sans trombones ni post it.
 Le lendemain, je retourne à pôle emploi. Cette fois je m’imagine balancer mes 114 fiches de paie à la gueule de l’employé (toujours le même) mais je ne voudrais pas les retrier encore…

Conseiller : " -Pas de souci, on vous calcule ça dans la semaine !
Moi : - Et si je n’ai pas le droit à l’aide et que je ne trouve toujours pas de boulot, qu’est ce que je fais ?
- Vous demandez le RSA…
-Je peux le faire tout de suite ?
- Ah ben non, faut attendre qu’on ait tout recalculé.
- Mais ça va prendre plus de temps qu’une semaine, comme d’habitude… et je n’ai plus de ressources du tout depuis plus de deux mois !
- Vous inquiétez pas, le RSA est rétroactif."

shadock tête.jpgUn mois plus tard, toujours sans nouvelles, résignée, je ne vais pas à Pôle emploi, mais au RSA.
RSA : - "ça fait longtemps que vous êtes sans ressources ?
Moi : - ben, trois mois...Pôle emploi m’a dit d’attendre sa réponse, mais c’est plus possible là…
- Han ! Mais fallait venir tout de suite ! Le RSA n’est pas rétroactif !!! En plus là je peux pas vous prendre de rendez-vous avant le mois prochain, alors ça vous fait 4 mois d’allocations en moins…"


Enfin, on peut même dire 6, car deux mois après je n’ai toujours obtenu aucun versement.

Misère misère ! raaah !
C’est toujours sur les pauvres gens
Que tu t’acharnes obstinément

Et vous, des soucis avec Pôle emploi ou l'administration ?

15/09/2011

Je me voyais déjà...

une époque formidable.jpgA 18 ans j'ai quitté ma province
Bien décidé à empoigner la vie
Le coeur léger et le bagage mince
J'étais certain de conquérir Paris

 En juillet, j’ai enfin obtenu un entretien. Celui-ci a duré plus d’une heure et demie, ce qui est très bon signe. J’ai passé la deuxième étape du parcours du combattant, un test. J’attendais la réponse promise… six semaines plus tard. Faut pas être pressé…
La date de réponse arrivant à échéance, je n’avais toujours pas de nouvelles.  Puis j’ai revu l’annonce en ligne… L’entreprise n’a même pas eu la décence ni le courage de me prévenir, et m’a fait poireauter et espérer pour rien, sans me donner la réponse pour le test, elle a peut-être même piqué les idées que je proposais si ça se trouve.

chomage.jpgQuand une offre se démarque du lot, comme Aznavour : « je me voyais déjà… » J’imagine dans les moindres détails ce que sera mon quotidien dans la nouvelle entreprise : « j’aurai 40 minutes de transport avec trois changements, avec cette ligne je mets dix minutes de plus mais le trajet est direct, je peux me poser pour lire tranquillement, je pourrais faire le parcours rapide le matin pour me lever plus tard et l’autre le soir pour changer un peu. Je pense que je m’entendrais bien avec ce collègue mais j’ai un peu peur qu’il me drague, peut-être que celle-ci sera sympa même si elle a l’air superficielle, j’espère obtenir le bureau près de la fenêtre, le restau d’à côté propose une belle carte mais je préfère garder mes tickets pour faire mes courses… » (Rassurez-vous, je pense surtout aux tâches à effectuer pour le travail, mais c’est plus angoissant). Ça peut paraître niais, mais après 14 mois de chômage et de galères qui s’accumulent, si je n’y croyais pas encore, ma vie serait un enfer comme dirait Josiane Balasko. Je m’emballe et m’enthousiasme très vite, et c’est vrai que ces espoirs qui ne se concrétisent jamais me laissent terriblement déçue.

Mon coeur s'est aigri un peu en prenant de l'âge
Mais j'ai des idées, je connais mon métier, j'y crois encore

J’ai fait la tournée de toutes les boîtes d’intérim du coin. Quand j’étais encore sur Lyon, j’avais travaillé pour l’agence du quartier. La secrétaire n’avait même pas pensé à me demander un C.V, le lendemain même je bossais. Les gens riaient quand je décrivais mon activité, mais c’était un travail d’étudiant qui permettait de mettre des sous de côté. (J’en ai bien besoin maintenant que je vis sur mes économies depuis trois mois). Ce job consistait à… compter les voitures aux heures de pointe dans des carrefours encombrés, deux heures le matin et deux heures le soir. Il fallait se lever aux aurores, on se caillait atrocement l’hiver, posté sans bouger à des endroits très passagers, à respirer l’air pur des pots d’échappements, mais on amenait une couverture (je portais deux manteaux et deux paires de gants) et on papotait entre deux feux rouges. « 5,6,7 voitures qui tournent à droite… et qu’est ce qu’il t’a répondu ? 1,2,3 voitures qui tournent à gauche… Nan arrête j’y crois pas, il t’a dit ça ! Merde, la voiture rouge, elle a tourné où ? »

On m'a pas aidé, je n'ai pas eu de veine
Mais au fond de moi, je suis sûr au moins que j'ai du talent
 Je cours  le cachet, je fais du porte à porte
Pour subsister, je fais n'importe quoi

Je pensais bêtement que ce serait pareil à Paris, quelques années plus tard. J’ouvre l’annuaire, je liste toutes les agences d’intérim de l’arrondissement. J’imprime mes C.V, je calcule les itinéraires, je mets une jolie tenue sobre, je me rends à la première agence...

A suivre...

31/05/2011

Les films de la semaine : danse avec les loups, travailler jusque dans la tombe

danse avec les loups.jpgMon ordinateur ne fonctionnait plus !
Comme films à voir cette semaine, jeudi France 3 diffuse Danse avec les loups, l’un des premiers devant lequel j’ai chougné. Pour ceux qui l’ont déjà vu, j’évoque le triste moment où Kevin Costner perd son fidèle compagnon, Chaussette… Chaussette le loup hein, pas celle que j’égare toutes les semaines en lavant mon linge. La musique sublime est signée par le regretté John Barry, j’en ai déjà parlé.

mammamia.jpgSi jeudi soir vous préférez rire que pleurer, M6 diffuse Mamma Mia, le film inspiré de la comédie musicale. Pour son mariage, une fille souhaite connaître l’identité de son géniteur. Elle  invite alors trois anciens amoureux de sa mère (Meryl streep) : Pierce Brosnan (je voulais faire des cœurs mais on m’a gentiment prêté un clavier mac et je ne trouve pas la touche !) Colin Firth (2 cœurs) Stellan Skarsgård (pas de cœur, connais pas). Tout ce petit monde chante et danse joyeusement sur les musiques d’Abba. Sans posséder aucun cd de ce groupe, je connais toutes ses chansons « universelles » dont les paroles collent bien avec le scénario. (D’ailleurs j’ai moi aussi repris ici SOS pour parler de Pôle Emploi). Un « feel good movie » beaucoup moins fin que Muriel, qui tourne également autour des chansons d'Abba, mais vraiment réjouissant, rafraîchissant.

A l’opposé du rire sous les cocotiers, encore les documentaires de la semaine. Ce soir Arte propose un théma sur mon sujet favori, le travail : retraités, les nouveaux pauvres ? : travailler jusque dans la tombe. De plus en plus de personnes âgées doivent cumuler les petits boulots pour compléter leur retraite. Si les vieux sont obligés de bosser, je ne risque pas de trouver du taf. Si je dois côtiser 42 ans, vu l'âge que j'ai, le titre du documentaire est approprié. A ce propos je ne vous ai pas donné la dernière blague de Pôle Emploi, de très très loin la plus mauvaise : ils se sont encore trompés sur mon dossier, finalement je n’ai pas le droit aux allocations jusqu’en août 2011. Je n'ai plus rien à partir de… demain. J’e me demande pourquoi j'ai toujours dans la tête la chanson SOS d'Abba : “ When you're gone, how can I even try to go on? When you're gone, though I try how can I carry on?”

Ce soir France 2 diffuse la grande traque, le génocide du Rwanda. J’avais rencontré pour un journal une femme qui avait survécu aux pires horreurs, son témoignage était bouleversant.
Mercredi, France 3 évoque les abus de la mise sous tutelle, qui aide les personnes malades ou âgées à gérer leur bien, mais qui parfois détourne l’argent : une vieille dame millionnaire spoliée, obligée de manger à la soupe populaire, où une autre parfaitement saine d’esprit hospitalisée de force depuis 5 ans… Je crois qu’en ces temps de touchage de fond, je vais me contenter de Mamma Mia

Et vous, qu’avez-vous regardé dernièrement ?

10/05/2011

Toucher le fond et creuser encore (indéfiniment)

pole emploi tombe.jpgOn débarque régulièrement sur le blog en tapant sur le net :
"comment s'amuser au travail"
"comment devenir syndicaliste"
" comment se faire dispenser "
 "la meilleure excuse pour ne pas travailler"
 "aucun boulot ne me correspond"
"feignant efficace"...

Que dois-je en conclure ?
Que, comme dirait Coluche : "sois feignant, sois feignant, tu vivras content, sois feignant, sois feignant, tu vivras longtemps" ?

J’ai enfin retrouvé la version punk-rock de la chanson, que j'écoutais il y a dix ans sur Radio Canut, "la plus rebelle des radios".  Elle est signée par le groupe Infraktion. (cliquez sur le lien)

Dans la même thématique, les lecteurs atterrissent souvent ici en écrivant :
"humour pôle emploi"

Je me demande vraiment pourquoi.
A ce propos, voici la dernière réponse du Pôle Emploi, qui m’explique pourquoi ils ne m’ont pas versé mes allocations pour mon chômage de juillet :
« Vous ne nous avez pas fourni votre fiche de paie et votre attestation de travail du mois de juillet ».
Forcément, puisque je ne travaillais pas, et que justement je demande le chômage pour ce mois-ci.

donkey kong.JPGJe vous laisse, une dernière offre d’emploi vient de tomber. « Vous êtes passionné de nouvelles technologies et de jeux vidéo. »
Mon surnom est tout simplement « mémé nulle en nouvelles technologies » et le seul et unique jeu auquel j’ai joué, c’est le game and watch donkey kong qui a 30 ans d’âge. N’empêche, j’étais très rapide, car le compteur n’arrivait qu’à 999 et je revenais à 0 au moins 2 fois (mon record : 3350 points).
La suite de l’annonce me correspond beaucoup mieux : « vous passez beaucoup de temps sur les sites web, les forums, les blogs pour rester informé des dernières nouveautés ».
6 heures par jour, ça fait beaucoup vous pensez ?

J’ai encore peu d’espoir de recevoir une réponse pour cette offre. J’attends toujours pour un poste qui demande « une passion pour le cinéma et la variété française, afin d’écrire des biographies » Pourtant chacun sait que je suis fan d’Hervé Vilard, car le pôle emploi, la recherche de travail et moi, c'est une illusion qui meurt. Je suis aussi fan de radio Nostalgie, que j’écoute toutes les nuits en appuyant deux ou trois fois sur la touche sleep de mon réveil (c'est-à-dire deux à trois heures pour trouver le sommeil). J’aime tellement faire des rubriques nécrologiques de célébrités toutes les semaines que j’ai rêvé d’enterrer Line Renaud dimanche…

J’ai reçu une réponse négative pour un poste qui réclamait « un intérêt particulier pour le monde médical ». Quoi ? Le recruteur n’a-t-il pas lu que je suis une miss bobo-là qui passe son temps sur doctissimo afin de se trouver de nouvelles maladies ? (la dernière en date : je vais finir chauve)

Bon, je vous laisse, je vais répondre à l’offre du Pôle Emploi. Ah non, en cliquant dessus, je vois que le poste est déjà pourvu. Ca fait bien la 20ème fois que Pôle Emploi me fait le coup. Au moins, cette fois-ci, je n’aurais pas perdu des heures à rédiger une lettre de motivation.

12/04/2011

Quel est votre âge intérieur ?

Etre_vieux le chat.jpgJ’ai fait un test psychologique. Je n’en n’avais pas lu depuis la bonne vieille époque du magazine 20 ans (avant 2003, quand les articles étaient intéressants).
Quel sujet m’a motivée pour me replonger dans le bain ? : « Quel est votre âge intérieur ». J’allais enfin savoir si je mérite le surnom de mémé.
Vu mes réponses, je pensais sincèrement que le test allait me révéler cette tranche d’âge : « entre 6 et 10 ans, l’âge de la spontanéité. » Arrêtez de grogner "j’ai faim! " et de couiner quand vous voyez des gentils n’animaux ».

Résultat : j’ai obtenu le plus vieil âge proposé : entre 50 et 60 ans. Je ne comprends pas. J'en recrache ma verveine.
Mis à part ce détail de tisane, de petites habitudes, d’incompréhension et décalage face aux nouveautés et surtout aux technologies, (je le maintiens, ce sont des DETAILS) je ne comprends vraiment pas pourquoi je suis une mémé. Je ne me retrouve pas particulièrement dans la description : « âge de la sagesse » (ouarf ouarf)

 « Votre dose de stress, d'incertitude et de crainte s'en trouve donc fortement diminuée » (OUARF OUARF OUARF).
Ma « dose de stress est diminuée »,  mais pourquoi ? Parce que : « Vous n'essayez pas d'atteindre un objectif à tout prix. » « Vous ne gaspillez pas votre énergie à lutter pas contre les évènements. » « Vous attendez que les choses viennent, à leur rythme, sans chercher à intervenir... » « Vous pensez que l'on finit par trouver en ne cherchant plus. ».

Ah ben oui, c’est ça en fait, j’attends. J’attends que le Pôle Emploi me verse mes allocations. J’attends qu’on me donne un boulot. (N’empêche, pour le dernier, je n’avais pas postulé, c’est l’employeur qui m’a téléphoné. On ne sait jamais, le miracle peut se reproduire).
Je risque d’attendre longtemps… Pas sûre que ce soit ça, la sagesse ?

Bon, j’exagère, je n’attends pas sans rien faire. Aujourd’hui, j’ai encore envoyé beaucoup de lettres de motivation. A force de copier coller ma formule de politesse en bas de page, je me suis trompée. C’est bête, j’avais pourtant bien peaufiné mon texte, mais monsieur Paul n'appréciera peut-être pas la toute dernière phrase, où je l'appelle "madame".
J’ai failli commettre une autre bourde : j’ai ouvert sur deux onglets ma messagerie perso (qui me sert à demander un travail) et ma messagerie Papillote (où mes millions de fans me réclament des autographes). En cliquant sur la boîte perso, hotmail s’est déconnecté pour se mettre sur celle du blog. Heureusement cette fois je m’en suis rendue compte, et pour cet emploi qui exige le plus grand sérieux, « rigueur et sens des responsabilités », monsieur Paul n’a pas reçu une réponse  des «incroyables aventures de Papillote, le blog qui a mal partout ».

Ces petites erreurs m’ont donné une bonne excuse : mémé a besoin de repos et peut arrêter de chercher pour aujourd’hui. En plus maintenant c’est l’heure de la sieste. Mémé s’est couchée tard cette nuit, elle a déblatéré pendant des heures sur le bon vieux temps avec sa meilleure amie :
« Tu te rappelles après le cours de théâtre, quand tu te baladais dans la rue avec ta fausse moustache en chantant « je suis un homme ? »  Les vieux qui jouaient à la pétanque étaient morts de rire ! » (j’ai pas évolué, 15 ans après je chante régulièrement cette chanson)
- Et je t’ai dit que mon neveu a 19 ans ? Ça nous rajeunit pas ! »

Non, décidément, je ne comprends pas pourquoi le test me révèle que mon âge intérieur est 50/60 ans.

Et vous, avec ce test, quel est votre âge intérieur ?

07/04/2011

Toucher le fond et creuser encore et encore et encore...

shadok mécontents.jpgJ’attendrai ! Que tu me reviennes à nouveau! J’attendrai! j’attendrai longtemps s’il le faut !
…Mes allocations !

J’ai relaté les échanges "abracadabrantesques" avec le Pôle emploi, pour enfin obtenir mes allocations chômage avec six mois de retard. A leur place, je ne l’aurais pas ramené. Eh bien non, ils ont trouvé que six mois sans ressources ce n’était pas suffisant. Ils m’ont retiré mes deux mois de chômage versés en 2009, car ils ont encore fait une erreur : enregistrer ma dernière date de travail à partir de septembre 2008. Je ne pouvais donc pas être au chômage en 2009, donc ils m’ont repris ce qu’ils m’avaient donné. Je vous la fait courte, sinon c’est sûr, j’écris un roman, car l’histoire dure depuis des mois et a nécessité encore trois coups de fil, 12 mails, trois passages en agence et double photocopie de tous mes contrats de travail et fiches de paie depuis deux ans. J'ai raconté le début ici.

Je fais tout mon possible pour écrire des mails très clairs, très précis, très polis, car je sais que les conseillers de Pôle Emploi sont débordés et qu’ils n’ont pas le temps de s’attarder sur le sujet. Je passe du temps à peaufiner ces courriers pour qu’ils soient parfaitement compréhensibles. Alors pourquoi Pôle emploi me répond t-il systématiquement à côté de la plaque, ce qui demande à chaque fois l’envoi d’un autre mail, donc une autre réponse de leur part, donc une perte de temps pour eux alors qu’ils ont déjà beaucoup de boulot ? (et je parle pas du stress pour moi qui attends mes allocs !)

shadock problème.gifJe leur ai porté tous les papiers demandés, et même plus, parce que je prévoyais d’avance les problèmes. J’ai bien insisté :
« Vous allez recalculer avant de me reverser mon chômage ?
- Oh non, vous inquiétez pas, les papiers sont conformes, on vous redonnera exactement la même somme.
-Et notez bien que, si l’erreur porte sur un seul de mes emplois, j’en cumulais plusieurs ! Donc si vous recalculez mon chômage, n’oubliez pas mes autres boulots !
- Ne vous inquiétez pas, on ne s’embêtera pas à tout recalculer
- Ce sera fait quand ?
- Oh, dans la semaine… »

Sept semaines plus tard, je reçois enfin le versement. Deux fois moins élevé que la somme initiale. S’il y avait une différence de 100, 200 euros, je lâcherais l’affaire… mais là, l’allocation enlevée correspond à un mois entier de chômage, ce qui est énorme ! Je suppose que le Pôle Emploi a commis l’erreur que je redoutais : ne comptabiliser qu’un seul de mes boulots.

Je leur envoie un mail, en ré-expliquant encore cette erreur, et ils me répondent :
« Un versement a été effectué ».
 Oui, j’ai remarqué ! Je demande encore et encore : « pourquoi le versement est-il si petit et ne correspond pas à l’allocation initiale ? »
Je reçois une nouvelle réponse ce matin, identique à celle de janvier :
« Ce versement correspond à une régularisation de paiement fait suite (sic) à réception de justificatifs. »

J’ai failli pleurer de désespoir. Puis de rage, leur écrire : « mais vous pourriez répondre à ma question putain de bordel de merde ? C’est pourtant pas compliqué: pourquoi je ne reçois que la moitié de la somme? Vous êtes bouchés à l’émeri ? Vous savez pas lire ? Vous savez pas compter ? »
Mais j’ai encore envoyé un message très poli, m’excusant presque d’insister…

pole emploi taupe.jpgC’est vraiment dommage, car contrairement à la majorité de la population qui déteste les personnes travaillant pour l’assurance chômage, je fais la différence entre l’administration, Pôle emploi, qui fonctionne mal, et les employés, qui font ce qu’ils peuvent, avec une fusion mal gérée entre Assedics et Anpe, et un chômage croissant sans emploi pour le combler. J’ai lu les livres sur le sujet, Confessions d’une taupe à pôle emploi et 183 jours dans la barbarie ordinaire, je connais le problème (je vous ferai d’ailleurs un résumé de ces bouquins).
Je sais très bien que leur métier est difficile, qu’ils n’ont pas reçu de vraie formation depuis la fusion. Je veux seulement des explications et recevoir mon argent, c’est tout.

J’ai bien envie de chanter :
« Tout, tout, tout est fini entre nous, tout
J’ai plus la force du tout, tout
D’y croire et d’espérer… »

Mais j’ai encore besoin de Pôle Emploi malheureusement. (Enfin, de l’allocation, car pour l’aide à l’embauche, j’attends encore… je n’ai toujours pas eu mon premier entretien mensuel personnalisé, depuis bientôt 9 mois de chômage…)

Alors à la place je parodie :
« Envie de rien besoin de toi
Comme jamais besoin de personne
Tu vois, le jour, c’est au chômage qu’il ressemble ! »

Quiz on connaît la chanson : quels sont les 3 titres cités et leurs interprètes ?

26/01/2011

Toucher le fond et creuser encore (fin ?)

shadock tête.jpgJe rédige une lettre pour le Pôle Emploi. Je numérote chaque point, en allant à la ligne, pour être le plus compréhensible. J’envoie un mail, puis deux, puis trois. Le Pôle Emploi ne les as jamais reçus. (Décidément, vive les bugs informatiques...)
Au 4ème mail, je reçois enfin une réponse lapidaire :
« Le paiement de la somme versée le 10 janvier correspond à une régularisation de votre situation ».
HA HA HA. Ca répond tout à fait à ma question : pourquoi me retire t-on mon chômage sous prétexte que je travaillais, alors que ce n’était pas le cas ?
Je sais que les conseillers sont débordés, mais ils peuvent au moins prendre la peine de lire mon message avant d’y répondre, c’est la moindre des choses !

J’envoie un 5ème mail, et cette fois, je laisse transparaître un léger agacement, comme je l’ai déjà parodié ici : « Pôle emploi mon petit, je ne voudrais pas te paraître grossier, l’homme de la pampa parfois rude reste toujours courtois, mais tes erreurs commencent à me les briser menues !»

Plus d’un mois après le début de l’affaire, je reçois enfin une réponse précise : "Il semblerait que nous ayons mal enregistré vos dates de contrat de travail." Le Pôle Emploi a noté « travail du 1er septembre 2008 au 1er juillet 2010 », au lieu de « du 1er septembre 2009  au 1er juillet 2010 ». Forcément, pour lui, je ne pouvais pas être au chômage en été 2009 puisque j’étais embauchée depuis deux ans.

Je demande : "j’ai gardé les photocopies sous les yeux, la date prouve bien que je ne travaillais pas. Donc il n'y a plus de problème, vous pouvez rectifier en revérifiant mon contrat ?"

Le Pôle Emploi répond : « suite aux déménagement de votre antenne, tous les dossiers ont été transmis au siège. Nous ne les avons plus. Merci de nous renvoyer vos contrats de travail et vos fiches de paie pour pouvoir enregistrer les modifications. »

Gaston-Lagaffe-courrier.jpgJe précise que je cumulais trois emplois, donc trois fiches de paie par mois et trois contrats. C’est avec un immense plaisir que je vais refaire les 258 947 photocopies nécessaires et envoyer le tout par colis spécial de 28 kilos.
Bien entendu, le Pôle emploi m’indique qu’il a déménagé, sans me donner la nouvelle adresse où envoyer les papiers.

On sait tous que la fusion Assedics-Pôle emploi a crée un foutoir considérable (mes multiples déconvenues en sont la preuve). C’est donc avec une logique implacable que les responsables ont pensé : et si on créait encore plus de bordel en fusionnant toutes les agences Pôle emploi de chaque arrondissement en une seule ?
Il existe une agence à cinq minutes à pied de chez moi. Pourtant le Pôle emploi a décrété que ce serait plus pratique de m’imposer une agence accessible après un trajet de 30 minutes. Cette fois, cette dernière nouvelle agence se situe carrément dans un autre arrondissement, à ¾ d’heure de chez moi.
Bientôt, habitant à Paris,  je vais dépendre de l’agence de Lyon.

Alors, cher Pôle Emploi, je crois que je peux chanter encore (cliquez sur le lien) :

nous vilard.jpg"Nous,
C'est une illusion qui meurt
D'un éclat de rire en plein cœur
Une histoire de rien du tout
Comme il en existe beaucoup
Mais, pourquoi, pourquoi, pourquoi, POURQUOI
Pourquoi le silence ?

pourquoi, pourquoi, pourquoi, POURQUOI
Pourquoi ce grand vide quand je pense à nous ?

Nous,
C'est un cri arraché au ciel !
Un rayon qui manque au soleil !
Quatre lettres (A.N.P.E !!!!!)  me rendent fou !
Et dans ton oubli tu t'en fous !!

Je suis seul à nos rendez vous !
Mais parfois dans mes rêves flous
Une voix de je ne sais où
Me parle d'espoir et de nous

Nous, c'est une illusion qui meurt
D'un éclat de rire en plein cœur
C'est la fin du premier amour
Ma vie qui appelle au secours"