03/05/2014

Libre, seul et assoupi, de Romain Monnery

libre seul et assoupi,romain monnery,pôle emploi,chômage,travailJe vous parlais hier du film Libre et assoupi, pour lequel vous pouvez toujours gagner des places de cinéma. Voici maintenant ma propre expérience et des extraits du livre dont le film est adapté :

Avant, j’étais comme le personnage de Bruno, à accepter n’importe quel boulot, et je postulais à tout (cliquez sur ces quelques liens, pour ceux qui n'ont pas suivi mes péripéties de chômeuse) J’ai enchaîné les emplois merdiques, mal payés, avec les collègues aigris, bêtes et méchants. J’ai vu des choses qui m’ont rendues malades (un porc qui tripote les gamines dans une école mais personne ne le signale à part moi « parce qu’on ne veut pas créer d’histoires », une femme qui maltraite ses enfants, etc…) Plutôt que de crever au boulot, j’ai décidé d’arrêter. Sois feignant, tu vivras longtemps. Aujourd’hui, je profite de mon chômage pour chercher enfin un travail qui me corresponde mieux, même si je ne rêve pas trop, je ne trouverai pas de boulot en rapport avec ma formation (cinéma). Même si dans 3 mois, je n’ai plus droit aux allocations, et que faute d’argent, je serai obligée de reprendre la longue suite des petits boulots en intérim. Et puis si les bac+5 prennent les emplois qui ne nécessitent aucun diplôme, comment font ceux qui n’ont même pas le bac ? Le boulot, y en a pas beaucoup, faut le laisser à ceux qui aiment ça. Sois feignant, tu vivras content

J’ai non seulement été affectée à des postes sans intérêt pour moi (aucune créativité), mais souvent aussi, parfaitement inutiles. La plupart du temps, je jouais le rôle d’intermédiaire entre deux personnes qui auraient pu communiquer directement. Ou je recopiais sur ordinateur des textes techniques incompréhensibles, des suites de chiffres écrits à la main par des types qui avaient la flemme d’allumer leur PC ou d’apprendre à s’en servir. Ou j’accueillais des gens dans un lieu où personne ne se présentait, etc. Franchement, je me sens plus utile à écrire un blog, faire connaître des films, des documentaires, des pièces de théâtre et des livres ! Si on pouvait m’embaucher pour ça !

Avant d’être un film, Libre et assoupi était d’abord un livre, devenu un peu ma nouvelle Bible. Ecrit par un Lyonnais de naissance (comme moi) de mon âge et dont le personnage me ressemble beaucoup, comme vous pouvez le constater : 

livre,littérature,libre seul et assoupi,romain monnery,pôle emploi,chômage,travailLibre, seul et assoupi de Romain Monnery, édition Le diable Vauvert : 

« J’étais un enfant de la génération précaire et très vite, je compris que viser un emploi dès la sortir de ma scolarité revenait à sauter d’un avion sans parachute. C’était brûler les étapes. Jeune diplômé comme on en trouvait des milliers sur le marché, j’étais de ceux à qui les entreprises disaient « sois stage et tais-toi ».  Les années 2000 étaient fièrement installées sur leur piédestal mais l’esclavage semblait toujours prospérer. (...)  Je pouvais toujours prendre un job alimentaire, plier des pulls chez gap ou vendre des big mac, mais bon sang, j’avais fait des études. Je choisis alors de faire un stage en le prenant pour ce qu’il n’était pas : un tremplin vers l’embauche.

« Trois mois s’étaient écoulés depuis mon 1er rendez-vous RMI (RSA désormais). Comme on me l’avait annoncé, je fus convoqué pour un nouvel entretien censé déterminer si, oui ou non, mon contrat méritait d’être renouvelé. C’était la règle du jeu. Retour à la case départ, comme au Monopoly. Alors, qu’avais-je fait durant ce laps de temps ? La question méritait d’être posée.

Selon les brefs calculs que j’avais effectués :

  • j’avais dormi + de 1000 heures (siestes comprises)
  • j’avais vu 72 films (pas que des bons)
  • j’avais passé 500 heures devant la télé (clips, pubs, séries)
  • j’avais lu 34 livres (que des poches)
  • je m’étais demandé 272 fois ce que j’allais faire de ma vie.

En somme, je n’avais pas perdu mon temps. Restait à voir si l’emploi de celui-ci serait du goût de la conseillère censée me recevoir, mais, très vite, je compris que non. En arrivant au rendez-vous, une petite femme à l’air sévère vint à ma rencontre. 

- Alors c’est vous le plaisantin ? (...) Je vais vous lire un extrait de la lettre de motivation que j’ai découverte en ouvrant votre dossier : « je n’ai rien contre l’idée de travailler du moment qu’on ne m’y oblige pas ». Vous pouvez me dire ce que ça signifie ? (...) Le problème, c’est que vous avez pris le rmi pour ce qu’il n’est pas : des vacances. » Je protestai comme je pus, arguant du fait que j’avais été à la bibliothèque quasiment tous les jours et que je m’étais cultivé dans l’optique de mon prochain travail (…) « C’est pour votre bien que je dis ça. Vous m’avez l’air de quelqu’un de sympathique, mais il serait temps de grandir. Dans la vie, on ne fait pas ce qu’on veut. Tenez moi par exemple, je voulais devenir danseuse étoile. Mais je ne viens pas au travail en tutu, vous comprenez ? Vous croyez sincèrement que ça m’amuse d’être là ? »

libre seul et assoupi,romain monnery,pôle emploi,chômage,travail« Je regardais dehors et me demandais alors à quoi ressemblerait le film tiré de ma vie. S’agirait-il d’un drame ? D’une comédie ? De science-fiction ? (…) Peut-être faisais-je fausse route. Peut-être qu’une vie n’avait rien à voir avec le cinéma. »

«  L’idée d’un livre me vint alors. (…) Je voulus me convaincre que j’avais trouvé ma raison d’être. Je m’imaginais sur les plateaux télé, parlant de moi, ma vie, mon œuvre et j’anticipais les critiques criant au génie (...) Je rêvais d’un grand livre au goût de madeleine qui se vendrait comme des petits pains mais, en attendant, je ne faisais rien. Comme d’habitude, je préférais penser aux conséquences plutôt que de me consacrer à l’action. Le poil que j’avais dans la main m’empêchait de m’y mettre. Je passais mon temps dans mon lit, l’ordinateur sur les genoux, le regard dans le vague, Internet en toile de fond. Malédiction de la technologie, ma connexion anéantissait tous mes efforts de concentration. Toutes les séries que je pouvais télécharger en un clic me donnaient mal à la tête. J’avais tellement de raisons de ne rien faire ! Je me familiarisais avec l’univers carcéral dans Oz, je m’initiais à la vie de famille aux cotés des Sopranos, je me prenais pour un cow-boy devant Deadwood et je sauvais le monde dans la peau de Jack Bauer. Toutes ces histoires m’empêchaient peut-être d’écrire la mienne mais elles me donnaient l’illusion d’en vivre par procuration. J’aurais pu continuer de la sorte pendant des jours mais j’avais atteint un seuil d’inaction qui remettait en cause mon statut de mammifère. Je ne me levais plus. La forme de mon corps s’était incrustée dans le matelas. J’étais devenu un invertébré, je ne faisais rien, je ne pensais plus. Internet s’en chargeait pour moi. »

Alors, certains jeunes se retrouvent dans ces extraits ? Si vous en voulez d’autres, j’en ai copié encore deux pages…

En faisant des recherches pour cet article, j’ai appris que Romain Monnery a sorti un nouveau livre : Le saut du requin. Je suis pourtant abonnée à sa page facebook depuis son premier roman, mais je ne l’avais pas vu ! Facebook n’affiche plus toutes les actualités. J’ai donc raté les organisations d’interview et rencontres avec l’auteur, quel dommage… mais je m’empresse de lire le nouveau livre et je vous en parlerai… surtout que le personnage principal ressemble à Ignatus, le héros de La conjuration des imbéciles, mon roman préféré. Et que Romain Monnery revendique Philippe Jaenada comme référence.

J’ai lu ici une de ses interview qui conforte nos points communs :

- Que réponds-tu quand on te demande ce que tu fais dans la vie ? (Note de Papillote : mon principal problème dans les soirées) 

« Quand je réponds « je ne fais rien », ça met les gens mal à l’aise. Quand je dis que je suis journaliste, les gens te demandent où et là, tu réponds « nulle part », ça rend aussi les gens mal à l’aise. »

« Je ne me sentirai jamais légitime. C’est une question d’éducation et d’origine sociale. »

« Je suis mal à l’aise avec le côté solennel et sérieux. Du coup, ça me joue des tours à tous les niveaux, car je ne sais jamais comment me positionner par rapport aux gens. Je fais du second degré en permanence et beaucoup de personnes le prennent au premier. »

ça me rappelle quelqu'un... Sur ce, je vous laisse car je n'ai regardé qu'un seul film aujourd'hui (Panic sur Florida beach de Joe Dante) un seul épisode de série (Weeds saison 8) et j'ai encore un bouquin à finir (Demande à la poussière de John Fante) avant d'aller au théâtre (Riviera sur Maurice Chevalier).

 

14/05/2013

C'est la quille

chat quille travail.jpeg- Finalement le big boss ne veut plus embaucher, il dit qu’on n’a pas les moyens.
- M’enfin ! La boîte a remporté plein d’affaires ce mois-ci, on n’a même pas le temps de les traiter, et elle a engrangé 3 millions ! "
C’est pourtant connu : plus une entreprise gagne d’argent, plus elle licencie. Et puis organiser 15 jours de soi disant séminaires au ski ou en Tunisie, et des soirées cocktails sur des yachts entre les grands pontes, c’est plus important bien sûr que d'employer un salarié. Puis ça coûte moins cher, forcément.
Pour une fois que je voulais rester ! C’est que je m’amusais bien ici ! Enfin le travail était très enrichissant je veux dire. Hum.
Et je pars à la fin de mon contrat ? Quoi, dans 2 jours, le 30 avril ? Ah non, ça me fait rater tous les ponts de mai payés ! Puis les ¾ des employés partent en vacances, j’aurais eu l’open space m’a tuer pour moi toute seule ! Avec pas grand-chose à faire, et personne pour espionner mon écran d’ordi pendant que je regarde facebook. Enfin, j’aurais eu plus de facilité pour me concentrer sur mon travail précieux. Re-hum.

J’annonce la nouvelle aux collègues :
Moi - " Liberté, j’écris ton nom ! C’est la quille dans 2 jours !
Caliméro : - Alors je pleure dans deux jours…
Moi - Nan, contente-toi plutôt de me faire un super gâteau au chocolat pour fêter ça, mais avec le cœur bien coulant tu vois ? Ca me sera plus utile.
Caliméro : - Quand est-ce que tu arrêteras de penser avec ton estomac ?"
Etant donné qu’on me surnomme l’estomac sur pattes, jamais je pense… je vis pour manger moi.
Grincheuse : - " T'organises un pot pour ton dernier jour ? Tu fais un gâteau ?
Moi : - Non. (Je sais que j’en recevrai déjà, et certainement pas de sa part : grincheuse a poussé sa méchanceté et sa bêtise jusqu’à ramener pour la première fois un gâteau le jour de mon départ, en en proposant à tout le monde, sauf à moi). (mais je l’ai goûté quand elle avait le dos tourné et il était dégueulasse) (et ceux que mes collègues sympas m’ont offerts étaient bien meilleurs) (na.)
Moi : - " J’ai récupéré mon four chez une voisine, il est plus vieux que moi. La dernière fois que j’ai vraiment cuisiné un truc c’était en l’an de grâce 2010 je pense, un cake mal cuit évidemment, que tout le monde a trouvé trop sec …
Grincheuse : - Mais c’est pas grave, j’adore les gâteaux moi !"
Oui ça se voit. Je ne te rendrais pas service. Ou alors je mets du laxatif dedans, mais tu serais encore contente vu que c’est ta méthode de régime préférée. Ou alors de l’arsenic ?

Pour info, je précise que grincheuse me hait sans raison (enfin, par jalousie) et a carrément tenté de me frapper, mais selon le chef du personnel « bah, t’en verras d’autres, c’est rien, avec les deux filles qui t’ont précédée (et qui ont démissionné, on se demande bien pourquoi) elles s’insultaient et se tiraient les cheveux, haha ! » C’est drôle, effectivement.
coup-de-tete- 2.jpgVous comprenez pourquoi je n’ai pas spécialement envie de faire un pot de départ avec mes chers collègues. Ou alors je fais comme Patrick Dewaere à la fin de Coup de tête, l’un de mes films cultes comme j’en ai souvent parlé : « Je lève mon verre à la plus formidable bande de salopards que j’ai jamais rencontrée ! Je lève mon verre au tas d’ordures qui m’entoure. Et ya de quoi remplir une sacrée poubelle ! »

Nan mais je vous assure, je m’amusais bien, quand on faisait abstraction de ces légers détails…
D’ailleurs un autre collègue s’interroge : " Mais comment tu fais pour être toujours de bonne humeur dans une ambiance pareille ?"
elle cause + elle flingue.jpgParce que je me crois dans un film et que je peux ressortir toutes les citations d’Audiard sur la connerie humaine peut-être ? Par contre c’est vrai que je n’ai pas pris note de celle-ci : « quand les types de 130 kilos disent certaines choses, ceux de 60 les écoutent. » (Enfin 50 dans mon cas, mais bien 130 dans le sien). Ca m’aurait évité de recevoir sur la tronche un éléphant, ça trompe énormément. Faut pas parler aux cons, ça les instruit. Puis les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît.

Un autre collègue : "Déjà que c’est le grand n’importe quoi c’te boîte, mais alors si t’es plus là, ça va vraiment être le chaos !"
Il voulait dire qu’un employé en moins allait donner plus de travail aux autres, mais je préfère dire qu’il faisait plutôt référence à mon humour irrésistible, ma chansonnite aigue qui égayait ces lieux lugubres… Après moi le déluge.

La bonne nouvelle, c’est qu’au chômage, j’aurai enfin le temps d’écrire.
Enfin, au chômage... je ne sais pas quand je vais recevoir mes indemnités… J’ai déjà mis 6 mois la dernière fois à les obtenir (souvenez-vous de mon parcours du combattant), à cause d’un « bug informatique » de Pôle emploi. Là, une semaine avant d’apprendre la fin de mon contrat, je reçois un mail de Paulo, mon ami pour la vie : je suis radiée car je ne me suis pas « actualisée ». Juste quand je suis vraiment sans emploi. Je m’étais bien inscrite, mais je n’avais pas pu sauvegarder la copie écran « en raison d’un dysfonctionnement momentané du site ». En plus, mon ex employeur a « oublié » de me donner les papiers de fin de contrat pour mon chômage, il va falloir que je retourne chercher l’attestation et revoir mes chers collègues…
Je leur apporterai un gâteau pour l’occasion.

A propos de chansonnite, pour les Parisiens, courez voir le spectacle des Blonds, faux trio suédois qui rend un « homaj à la chonson française » complètement délirant… A pleurer de rire.

01/11/2011

You never give me your money (encore...)

Pole-emploi-loto.jpg"You never give me your money
You only give me your funny paper
And in the middle of negotiations
You break down..."

J'espère que McCartney jouera cette chanson magnifique et que j'adore au concert de Bercy !

Je ne vous ai pas raconté les dernières blagues de pôle emploi ?

Après le problème informatique qui bloque mes allocations pendant six mois, demandant des appels chaque semaine, des visites en agence, des lettres avec A/R (merci encore à Electra pour ses précieux conseils), des réponses contradictoires, un accueil condescendant, ou sympathique mais impuissant de pôle emploi, bref, énormément de stress et de manque d’argent pendant la moitié de l’année dernière, je perçois enfin mes allocations. Pour deux ans, comme l’est écrit noir sur blanc sur les avis de situation que j’imprime chaque mois.  La hache semble enterrée.

pôle emploi,chomage,travail,allocations,mccartney,mccartney à bercyPourtant trois mois plus tard, Pôle emploi reprend les hostilités. Il me signale comme une fleur que mes allocations se terminent en juin dernier, comme si c’était prévu depuis le départ. Je pense à une énième erreur, mais après rectification, non, pour une fois, il ne se trompe pas. J’ai 15 jours pour fournir toutes mes fiches de paie depuis 10 ans, pour calculer si j’ai le droit à une petite aide pour les chômeurs longue durée. Comme dans le film Mammuth, j’entame un long périple pour retrouver mes ex employeurs, qui ne me fournissaient pas tous des fiches de paie. Je vous ai fait deviner le nombre de copies, trouvé finalement par Tardis girl : 114.

Pour avoir le droit à l’aide, il faut cumuler un certain nombre d’heures de travail. Je reprends mes 114 fiches de paie et j’additionne toutes les heures. Puis je résume et classe avec des trombones pour faciliter la tâche à Pôle emploi, surtout pour leur éviter encore une connerie. Corvée qui me prend deux jours, car je vérifie consciencieusement, mais le compte est bon comme disait Patrice Laffont (oui Romejko présente l’émission depuis les années 90, mais mémé nostalgie est resté bloquée dans les années 80). J’ai travaillé assez pour obtenir une allocation.

shadok pompent.jpgJe vais à pôle emploi avec mon épais dossier sous le bras.
Conseiller : « Oh là là mais c’est quoi tout ça ?!!!
Moi : baoum (bruit de la pile de documents sur le comptoir) - voilà ! Vous inquiétez pas, j’ai tout bien préparé pour que le travail soit moins long pour vous, c’est bon j’ai mes 1825 heures de travail et même largement plus, haha ! (Je triomphe)
- ah mais c’est pas 1825 heures qu’il faut ! C’est 1825 jours ! (Je m’effondre)
bon, vous aurez la réponse la semaine prochaine."

Trois semaines plus tard, je reçois une lettre. Négative. Il me manque six mois de travail pour bénéficier de l’aide. Habituée à ces erreurs, je retourne quand même à pôle emploi, pour vérifier ce que les employés ont calculé. J’en étais sûre, ils ont oublié de me compter des fiches de paie!  Et comme par hasard, pile les six mois qui me manquent pour bénéficier de l’allocation !
Conseiller : « Ramenez nous les 6 mois oubliés et on recalcule ça dans la semaine
Moi : - simplement les six mois? Je ne vous ramène pas tout le dossier et les 114 fiches de paie ?
Conseiller (horrifié) : - non merci ça ira, on les a déjà enregistrées ! "

Je triomphe à nouveau, tout le long du chemin qui me ramène chez moi.
1 heure plus tard, en étudiant plus précisément le papier, je m’aperçois en fait que je n’ai pas six mois de fiches de paie, mais 5 mois et… quinze jours… Et pendant les 15 jours restant, j’ai fait de l’intérim journalier, qui ne m’a pas transmis mes salaires (mais mes contrats, non valables pour pôle emploi). Il me faut 5 années de travail pour avoir l’aide, et il ne me manque que 10 misérables jours de travail pour en bénéficier… Je reporte quand même mes papiers, espérant que pôle emploi fera enfin un geste.

shadok amnesique.jpg1/2 heure plus tard, je dépose délicatement comme des pétales de fleur mes six petites fiches de paie.
Conseiller : " - Mais vous ne ramenez que ça ?!
Moi : - Ben faudrait savoir !
- Ah non, il nous faut tout !
- Mais vous aviez dit que c’était bon ! Que vous aviez déjà enregistré le reste !
- Oui mais non, ramenez tout !
- Les 114 feuilles ?!!
- Les 114 feuilles !
Bon, ben le temps de faire un deuxième aller retour, je reviens dans une heure trente à peu près… Heureusement que j’aime bien marcher… (j’y vais à pied)

shadok compliqué.jpgPourtant, j’ai passé la soirée à retrier mes fiches de paie. Je les avais bien classées, archivées par années et employeurs, trombonisées, postitées avec soin (oui j’invente des mots et alors)  tout cela pendant des heures, mais pôle emploi me les as toutes rendues dans le désordre, sans tambours ni trompettes sans trombones ni post it.
 Le lendemain, je retourne à pôle emploi. Cette fois je m’imagine balancer mes 114 fiches de paie à la gueule de l’employé (toujours le même) mais je ne voudrais pas les retrier encore…

Conseiller : " -Pas de souci, on vous calcule ça dans la semaine !
Moi : - Et si je n’ai pas le droit à l’aide et que je ne trouve toujours pas de boulot, qu’est ce que je fais ?
- Vous demandez le RSA…
-Je peux le faire tout de suite ?
- Ah ben non, faut attendre qu’on ait tout recalculé.
- Mais ça va prendre plus de temps qu’une semaine, comme d’habitude… et je n’ai plus de ressources du tout depuis plus de deux mois !
- Vous inquiétez pas, le RSA est rétroactif."

shadock tête.jpgUn mois plus tard, toujours sans nouvelles, résignée, je ne vais pas à Pôle emploi, mais au RSA.
RSA : - "ça fait longtemps que vous êtes sans ressources ?
Moi : - ben, trois mois...Pôle emploi m’a dit d’attendre sa réponse, mais c’est plus possible là…
- Han ! Mais fallait venir tout de suite ! Le RSA n’est pas rétroactif !!! En plus là je peux pas vous prendre de rendez-vous avant le mois prochain, alors ça vous fait 4 mois d’allocations en moins…"


Enfin, on peut même dire 6, car deux mois après je n’ai toujours obtenu aucun versement.

Misère misère ! raaah !
C’est toujours sur les pauvres gens
Que tu t’acharnes obstinément

Et vous, des soucis avec Pôle emploi ou l'administration ?

15/09/2011

Je me voyais déjà...

une époque formidable.jpgA 18 ans j'ai quitté ma province
Bien décidé à empoigner la vie
Le coeur léger et le bagage mince
J'étais certain de conquérir Paris

 En juillet, j’ai enfin obtenu un entretien. Celui-ci a duré plus d’une heure et demie, ce qui est très bon signe. J’ai passé la deuxième étape du parcours du combattant, un test. J’attendais la réponse promise… six semaines plus tard. Faut pas être pressé…
 J’ai dit que durant mes vacances dans le trou perdu sans Internet, j’ai enfin pu me détendre (finalement, je n’ai pas pu trancher ce dilemme insoutenable : j’ai fait un gâteau ET une compote avec les pêches du jardin). Je ne pouvais quand même pas m’empêcher de penser (entre deux bouchées de tarte aux quetsches) « et si ils me répondaient par mail plutôt que par téléphone ? Il faut absolument que je trouve un ordinateur ! Et si ils recrutaient cette semaine plutôt que la prochaine ? Et si maman si, mais mon avenir reste gris… »
La date de réponse arrivant à échéance, je n’avais toujours pas de nouvelles.  Puis j’ai revu l’annonce en ligne… L’entreprise n’a même pas eu la décence ni le courage de me prévenir, et m’a fait poireauter et espérer pour rien, sans me donner la réponse pour le test, elle m'a peut-être même  piqué les idées que je proposais si ça se trouve.

chomage.jpgQuand une offre se démarque du lot, comme Aznavour  « je me voyais déjà… » J’imagine dans les moindres détails ce que sera mon quotidien dans la nouvelle entreprise : « j’aurai 40 minutes de transport avec trois changements, avec cette ligne je mets dix minutes de plus mais le trajet est direct, je peux me poser pour lire tranquillement, je pourrais faire le parcours rapide le matin pour me lever plus tard et l’autre le soir pour changer un peu. Je pense que je m’entendrais bien avec ce collègue mais j’ai un peu peur qu’il me drague, peut-être que celle-ci sera sympa même si elle a l’air superficielle, j’espère obtenir le bureau près de la fenêtre, le restau d’à côté propose une belle carte mais je préfère garder mes tickets pour faire mes courses… » (Rassurez-vous, je pense surtout aux tâches à effectuer pour le travail, mais c’est plus angoissant). Ça peut paraître niais, mais après 14 mois de chômage et de galères qui s’accumulent, si je n’y croyais pas encore, ma vie serait un enfer comme dirait Josiane Balasko. Je m’emballe et m’enthousiasme très vite, et c’est vrai que ces espoirs qui ne se concrétisent jamais me laissent terriblement déçue.

Mon coeur s'est aigri un peu en prenant de l'âge
Mais j'ai des idées, je connais mon métier, j'y crois encore

J’ai fait la tournée de toutes les boîtes d’intérim du coin. Quand j’étais encore sur Lyon, j’avais travaillé pour l’agence du quartier. La secrétaire n’avait même pas pensé à me demander un C.V, le lendemain même je bossais. Les gens riaient quand je décrivais mon activité, mais c’était un travail d’étudiant qui permettait de mettre des sous de côté. (J’en ai bien besoin maintenant que je vis sur mes économies depuis trois mois). Ce job consistait à… compter les voitures aux heures de pointe dans des carrefours encombrés, deux heures le matin et deux heures le soir. Il fallait se lever aux aurores, on se caillait atrocement l’hiver, posté sans bouger à des endroits très passagers, à respirer l’air pur des pots d’échappements, mais on amenait une couverture (je portais deux manteaux et deux paires de gants) et on papotait entre deux feux rouges. « 5,6,7 voitures qui tournent à droite… et qu’est ce qu’il t’a répondu ? 1,2,3 voitures qui tournent à gauche… Nan arrête j’y crois pas, il t’a dit ça ! Merde, la voiture rouge, elle a tourné où ? »

On m'a pas aidé, je n'ai pas eu de veine
Mais au fond de moi, je suis sûr au moins que j'ai du talent
 Je cours  le cachet, je fais du porte à porte
Pour subsister, je fais n'importe quoi

Je pensais bêtement que ce serait pareil à Paris, quelques années plus tard. J’ouvre l’annuaire, je liste toutes les agences d’intérim de l’arrondissement. J’imprime mes C.V, je calcule les itinéraires, je mets une jolie tenue sobre, je me rends à la première agence...

A suivre...

07/09/2011

A la campagne, partir élever des chèvres

campagne.jpgAllons à la campagne
Et oublions Paris
Cherchons à la campagne
Le vrai sens de la vie ! (photo de ma cambrousse : c'est vert hein ? Merci à Cristophe pour la chanson proposée)

La semaine dernière, j’étais donc en vacances dans mon patelin perdu sans ordinateur ni Internet.
Au lieu de me lever, comme chaque jour à Paris, en m’angoissant : « Vais-je trouver des offres d’emploi ? Va-t-on enfin me répondre ? »
A la place, mes questions existentielles étaient : « On accompagne le brochet que mon neveu a pêché avec du Touraine ou de l’Anjou ? Je mange mon sorbet cassis maison avec le coulis de mûres ou de cerises ? »
Plutôt que de me rendre chez le primeur de Paris, toujours bondé, qui vend 3 euros 50 la barquette de framboises, je n’avais qu’à tendre la main dans le jardin pour ramasser à profusion des mûres, framboises, groseilles, cassis, fraises, pêches, pommes, raisins, poires, prunes et autant de légumes.
Mais je vous rassure, si à la campagne on se nourrit presque gratuitement, je ne vais pas encore traire une chèvre pour faire mon propre fromage, et je me vois mal aller découper une vache dans le pré du voisin pour me faire un steak.

A la campagne
Y'a toujours un truc à faire
Aller aux champignons
Couper du bois, prendre l'air

Plutôt que de me dire : « bon, je vais me forcer à sortir, affronter la foule, le métro. Je vais où ? Donner mon C.V à une énième agence d’intérim ? Au pôle emploi pour leur dire de se bouger ?  À la CAF pour me résoudre à demander le R.S.A ? »
A la place je me disais : « bon, je vais où ? Voir la chouette chevêche qui niche dans le même grenier en haut de la colline depuis des générations ? Voir les chevreuils au bord de la rivière ? Entendre le coucou dans la forêt ? Voir les nouveaux poussins et chevreaux dans la ferme qui vend des supers fromages ? »

vache cambrousse.jpgA la campagne
Y'a toujours un truc à voir
Des sangliers, des hérissons
Des vieux sur des tracteurs

A Paris, depuis ma fenêtre j’ai vue sur l’immeuble gris d’en face, sans même apercevoir un coin de ciel. A la cambrousse, je voyais les arbres, les fleurs, la rivière. Chez mon frère, je contemplais le lac, les collines et parfois même des chevreuils.
campagne,travailler à la campagne,chanson française,animauxA Paris, j’entends les voitures qui klaxonnent la journée et les poivrots qui braillent sous mes fenêtres la nuit. A la campagne, j’entendais les oiseaux le jour (42 espèces différentes se nourrissent aux mangeoires du jardin !) et la nuit j’entendais le chat huant (« hou hou hou ! ») et les crapauds accoucheurs (le docteur Toutou décrit par la Hulotte, le journal le plus lu dans les terriers : le mâle fait « tou » comme une flûte de pan pour attirer la femelle)
A Paris, je sens l’odeur des pots d’échappement, du soufre et des œufs pourris dans le métro (ah, la station Madeleine..). A la campagne, je respire le parfum des fleurs et du foin fraîchement coupé, intensifié la nuit.

Plutôt que de passer mes journées derrière un ordi, rédiger des lettres de motivation qui ne seront pas lues, écrire des textes que je ne publierai pas, puis passer mes soirées devant canal + cinéma, à la campagne je passais mes journées sur ma chaise longue dans le jardin, à lire des romans et essais passionnants (le dahlia noir, Marilyn Monroe…) un chat ronronnant sur les genoux. Je passais mes soirées à me goinfrer autour du barbecue, à faire des parties de ping-pong, de scrabble ou de dames chinoises.

Dorlotée et goinfrée par ma mère (j’ai pris 3 kilos en 15 jours) j’ai seulement dépensé une dizaine d’euros : en achetant le programme télé, du pain et en prenant un nouveau billet T.G.V pour prolonger mon séjour... J’ai tellement peu dépensé que j’avais oublié le code de ma carte de retrait…
Quand je suis rentrée sur Paris, ma valise chargée de bouffe (j’ai empuanti tout le wagon TGV avec mes fromages et mon pâté de tête) il faisait douze degrés de moins et il pleuvait. Les premiers trucs que j’ai faits, étaient de payer le loyer, faire la queue au Pôle emploi, prendre rendez-vous pour des prises de sang effrayantes (pas la piqûre !) répondre à des annonces.

J’ai hésité à reprendre le TGV en sens inverse. Je pourrai peut-être, en guise de boulot, élever des chèvres. Mais on ne gagne pas bien sa vie et « il faut se lever très tôt et travailler dur ».
Puis à la cambrousse, on capte mal canal +. Et il n’y a pas de bibliothèque.

Enfin, si, ils ont enfin construit une médiathèque. J’ai passé mes étés d’enfance dans un minuscule local à côté de l’église, tenu par des vieilles bigotes, qui louaient pour 2F50 des livres poussiéreux (aucun classique, essentiellement des BD, des policiers ou des romans d’amour niais.) Il proposait si peu de bouquins que je crois les avoir tous lus (sauf les romans d’amour niais).
Quand on a annoncé la construction d’une médiathèque, j’ai immédiatement proposé mon C.V. On m’a rétorqué qu’elle ne serait tenue que par des bénévoles, seulement deux après midis par semaine. Alors je boycotte ce lieu. Les jeunes comme moi ne trouvent pas de travail, et quand on pourrait enfin leur en fournir un, on demande de bosser gratuitement ?
De la même manière, à Paris, je vais régulièrement à la mairie déposer mon C.V, demander s’ils ont des offres d’emploi même pour vacataires, etc. A chaque fois ils me disent qu’ils n’ont rien à me proposer.
Et là, dans le journal local, je vois une vieille retraitée qui se vante de faire bénévolement du secrétariat pour l’arrondissement, « pour s’occuper et se rendre utile ». Et ils sont une quinzaine à l’accompagner ! Ah ben forcément, la mairie ne risque pas d’embaucher les jeunes si les vieux bossent gratuitement… Mais s’ils veulent s’occuper, ils n’ont qu’à prendre des cours de poterie ou de tricot ! S’ils veulent se rendre utile, ils n’ont qu’à participer à des associations ou aider les restos du cœur, mais pas piquer le travail des chômeurs… S’ils refusaient de bosser pour des prunes, la mairie serait bien forcée de payer des gens pour faire le travail, et moi je pourrais enfin gagner ma vie, car je vous rappelle que je n’ai même plus d’allocations.

C’est la rentrée, mais j’ai un lot de consolation : c’est aussi le retour du petit journal de Yann Barthès… (j'en reparle demain)

campagne jardin.jpgA la campagne
On dit qu'on voudrait rester
Quitter Paris, le bruit,
Le stress et la pollution
A la campagne
C'est la fête aux clichés
La qualité de vie
Et le rythme des saisons

Et vous, comment se passe votre rentrée ? Aimez-vous la campagne ? Quiz on connaît la chanson : quelles sont les deux chansons citées et leurs interprètes ?

15/06/2011

Mammuth, le retour

mammuth.jpgJe suis revenue de mon périple Mammuthien !
J’ai failli ne pas revenir : avant de partir, comme toujours prévoyante, je fais une longue liste des choses à ne pas oublier : éteindre l’alarme du réveil (pour éviter qu’elle ne se déclenche le lendemain à 7 heures et ne s’éteigne plus avant une semaine : les voisins auraient déménagé à force d’entendre Radio nostalgie sans interruption) arroser les monstroplantes, enregistrer les épisodes de Desperate Housewives et de Weeds sur canal +, vérifier que les lampes et appareils sont bien éteints (oui, j’ai un peu des TOC…). Je prépare même un ticket pour que l’accès au métro soit plus facile.
Toute fière de mon sens de l’organisation, je claque énergiquement la porte pour signifier: « voilà une bonne chose de faite, on passe à la suite maintenant ». Et je me rends compte que j’ai laissé les clefs à l’intérieur...
Heureusement, j’avais donné un double à des amis. Je n’avais pas spécialement envie de faire appel à un serrurier : la dernière fois, c’était 10 jours après mon arrivée sur Paris : quelqu’un avait mis de la colle dans ma serrure et le réparateur m’avait allégée de 350 euros en m’expliquant que « ce problème était fréquent en cas de rupture, la vengeance de l’ex viré de l’appart». Comme ce n’était pas mon cas, j’ai pris ça comme un cadeau de bienvenue. Sympa ce quartier, ça donne envie d’y séjourner n’est ce pas ? (ça fait 4 ans que je suis là).

Au cours de mon périple, je n’ai pas comme Depardieu rencontré Isabelle Adjani, mais une coiffeuse ressemblant à Larusso m’annonçant « qu’à ce niveau là on ne peut rien faire » (pour donner du volume à des cheveux inexistants). J’ai croisé une chèvre qui m’a bouffé le peu de cheveux qu’il me reste avant de dégobiller une bave verte sur mon t-shirt, sous l’œil indifférent du fermier. Pourtant j’étais horrifiée par la scène, qui me rappelait celle de l’Exorciste
chatons à donner.jpgJ’étais à la campagne, mais je n’ai pas beaucoup profité du grand air : il faisait beau depuis 2 mois, mais bien entendu le jour où j’ai débarqué le déluge est venu avec moi. Ce n’est pas trop grave, car j’ai passé beaucoup de temps dans un sous-sol obscur : les chats trouvés à noël y ont fait des petits, ce qui porte à 6 le nombre de chats… (Qui veut d’adorables petits chatons ? photos à suivre ! détails sur demande)

Pour les papiers réclamés par le Pôle emploi, je n’ai pas eu besoin de contacter mes anciens employeurs. Je ne sais pas si j’ai toutes mes fiches de paie : comment me souvenir qu’en juin 2001 j’ai donné trente heures de cours de soutien scolaire à trois enfants au lieu de 20 à deux gamins ? En tout cas, cette fois, je ne vais pas m’ennuyer à faire les photocopies à la poste. Pôle Emploi m’a réclamé plusieurs fois des papiers que je leur avais fournis et qu’ils ont perdus, j’ai payé sagement les duplicatas alors qu’une machine est disponible en agence. Je compte bien en profiter désormais. Je n’oserai tout de même pas faire toutes les photocopies au Pôle emploi, car leur nombre est élevé… A votre avis, combien de fiches de paie ou d’attestation de travail j’ai cumulé en dix ans ?

Donnez un chiffre, celui qui s’en approchera le plus recevra une carte postale…
Ce qui me fait penser que j’ai totalement oublié de m’occuper des gagnants du dernier quiz on connaît le film ! Je vais de ce pas réparer cette erreur…

08/06/2011

Pôle emploi touche le fond et Mammouth n'écrase pas que les prix

mammuth.jpgVous connaissez le film Mammuth ? Le héros (ou plutôt anti-héros) incarné par Depardieu, cumule les petits boulots depuis l’âge de 16 ans, mais parvenu à la retraite il ne peut obtenir tous ces trimestres, car ses ex employeurs n’ont pas toujours déclaré son travail. Alors, chevauchant cheveux au vent sa vieille moto Mammuth, le Depardieu décrépit part à la recherche de ses points de retraite manquants.
C’est à peu près ce que je fais cette semaine. Suite à une énième et fatale erreur, le pôle emploi m’annonce que mes allocations chômage ne se terminent pas dans un an comme prévu, mais maintenant. Pour savoir si j’ai le droit à l’allocation de solidarité spécifique, je dois fournir mes attestations de travail des dix dernières années.

Je faisais surtout des petits boulots, sans contrat ou attestation récapitulative, mais avec de nombreuses fiches de paie (par exemple : une feuille pour une heure de soutien scolaire). Multiplié par dix ans et deux-trois boulots cumulés par an, le nombre de papiers à retrouver doit se compter par centaine… Pour rien peut-être, car l’allocation est calculée sur le nombre d’heures, et comme dans le film Mammuth, mes employeurs ne me déclaraient pas le nombre exact. Quand je demandais pourquoi, ils s’énervaient : « ça m’arrange pour les impôts (de faire croire que je suis payée 12 euros de l’heure pour du babysitting ?) et pour vous ça ne change rien !!! ». Ben si.

chômage, pôle emploi, travail, mammuth, benoit delepine, gustave kervenJ’espère que je vais retrouver tous mes papiers, car je n’ai aucune envie de revoir mes anciens employeurs pour leur demander : « bonjour ! J’aurais besoin de mes fiches de paie de 2001 ! oui, c’est bien moi, on s’est quittés en mauvais termes car vous vouliez que je fasse le repassage et le ménage en plus du soutien scolaire et de la garde de vos quatre gosses pour le smic déclaré le double… »
« Salut c'est moi (Nono), la fille qui faisait des courses de chaises à roulettes au milieu de l’open space, mais c’était pendant l’heure de pause ! Fallait bien détendre l’atmosphère, les employés étaient si stressés ! puis c'était un job d'été, j’étais jeune hein, roulez jeunesse (au mileu de l'allée)! »
« oui, c’est bien moi, je vous avais demandé pourquoi vous payiez vos employés 1/3 de moins que ce qui était annoncé et vous m’aviez accusé d’être un trublion qui fait soi disant du mauvais esprit »… salut, ça boume ? on se fait une bouffe en souvenir du bon vieux temps ?

A votre avis, comme Depardieu, je vais rencontrer Isabelle Adjani sur mon chemin ? En tout cas, comme l’actrice le chantait, j’ai touché le fond de la piscine dans mon petit pull marine. Quelqu’un m’a même résumé ma situation : « ce qu’il faut se dire, c’est que tu es tombée tellement bas que tu ne peux que remonter maintenant. »
Comme Depardieu, je pars donc cheveux au vent (enfin, ceux qu’il me reste, je vais chez le coiffeur demain et je prévois les réflexions habituelles : « han ! Mais c’est horrible vous perdez tous vos cheveux ! ») Puis je ne pars pas au volant d’une moto, je prends pépère le train.
Oui, je suis pas dans Easy rider, je ne suis pas  born to be wild.

Connaissez-vous ce film ? Avez vous eu des problèmes avec pôle emploi ou vos anciens employeurs ?

31/05/2011

Les films de la semaine : danse avec les loups, travailler jusque dans la tombe

danse avec les loups.jpgMon ordinateur ne fonctionnait plus !
Comme films à voir cette semaine, jeudi France 3 diffuse Danse avec les loups, l’un des premiers devant lequel j’ai chougné. Pour ceux qui l’ont déjà vu, j’évoque le triste moment où Kevin Costner perd son fidèle compagnon, Chaussette… Chaussette le loup hein, pas celle que j’égare toutes les semaines en lavant mon linge. La musique sublime est signée par le regretté John Barry, j’en ai déjà parlé.

mammamia.jpgSi jeudi soir vous préférez rire que pleurer, M6 diffuse Mamma Mia, le film inspiré de la comédie musicale. Pour son mariage, une fille souhaite connaître l’identité de son géniteur. Elle  invite alors trois anciens amoureux de sa mère (Meryl streep) : Pierce Brosnan (je voulais faire des cœurs mais on m’a gentiment prêté un clavier mac et je ne trouve pas la touche !) Colin Firth (2 cœurs) Stellan Skarsgård (pas de cœur, connais pas). Tout ce petit monde chante et danse joyeusement sur les musiques d’Abba. Sans posséder aucun cd de ce groupe, je connais toutes ses chansons « universelles » dont les paroles collent bien avec le scénario. (D’ailleurs j’ai moi aussi repris ici SOS pour parler de Pôle Emploi). Un « feel good movie » beaucoup moins fin que Muriel, qui tourne également autour des chansons d'Abba, mais vraiment réjouissant, rafraîchissant.

A l’opposé du rire sous les cocotiers, encore les documentaires de la semaine. Ce soir Arte propose un théma sur mon sujet favori, le travail : retraités, les nouveaux pauvres ? : travailler jusque dans la tombe. De plus en plus de personnes âgées doivent cumuler les petits boulots pour compléter leur retraite. Si les vieux sont obligés de bosser, je ne risque pas de trouver du taf. Si je dois côtiser 42 ans, vu l'âge que j'ai, le titre du documentaire est approprié. A ce propos je ne vous ai pas donné la dernière blague de Pôle Emploi, de très très loin la plus mauvaise : ils se sont encore trompés sur mon dossier, finalement je n’ai pas le droit aux allocations jusqu’en août 2011. Je n'ai plus rien à partir de… demain. J’e me demande pourquoi j'ai toujours dans la tête la chanson SOS d'Abba : “ When you're gone, how can I even try to go on? When you're gone, though I try how can I carry on?”

Ce soir France 2 diffuse la grande traque, le génocide du Rwanda. J’avais rencontré pour un journal une femme qui avait survécu aux pires horreurs, son témoignage était bouleversant.
Mercredi, France 3 évoque les abus de la mise sous tutelle, qui aide les personnes malades ou âgées à gérer leur bien, mais qui parfois détourne l’argent : une vieille dame millionnaire spoliée, obligée de manger à la soupe populaire, où une autre parfaitement saine d’esprit hospitalisée de force depuis 5 ans… Je crois qu’en ces temps de touchage de fond, je vais me contenter de Mamma Mia

Et vous, qu’avez-vous regardé dernièrement ?

10/05/2011

Toucher le fond et creuser encore (indéfiniment)

pole emploi tombe.jpgOn débarque régulièrement sur le blog en tapant sur le net :
"comment s'amuser au travail"
"comment devenir syndicaliste"
" comment se faire dispenser "
 "la meilleure excuse pour ne pas travailler"
 "aucun boulot ne me correspond"
"feignant efficace"...

Que dois-je en conclure ?
Que, comme dirait Coluche : "sois feignant, sois feignant, tu vivras content, sois feignant, sois feignant, tu vivras longtemps" ?

J’ai enfin retrouvé la version punk-rock de la chanson, que j'écoutais il y a dix ans sur Radio Canut, "la plus rebelle des radios".  Elle est signée par le groupe Infraktion. (cliquez sur le lien)

Dans la même thématique, les lecteurs atterrissent souvent ici en écrivant :
"humour pôle emploi"

Je me demande vraiment pourquoi.
A ce propos, voici la dernière réponse du Pôle Emploi, qui m’explique pourquoi ils ne m’ont pas versé mes allocations pour mon chômage de juillet :
« Vous ne nous avez pas fourni votre fiche de paie et votre attestation de travail du mois de juillet ».
Forcément, puisque je ne travaillais pas, et que justement je demande le chômage pour ce mois-ci.

donkey kong.JPGJe vous laisse, une dernière offre d’emploi vient de tomber. « Vous êtes passionné de nouvelles technologies et de jeux vidéo. »
Mon surnom est tout simplement « mémé nulle en nouvelle technologie » et le seul et unique jeu auquel j’ai joué, c’est le game and watch donkey kong qui a 30 ans d’âge. N’empêche, j’étais très rapide, car le compteur n’arrivait qu’à 999 et je revenais à 0 au moins 2 fois (mon record : 3350 points).
La suite de l’annonce me correspond beaucoup mieux : « vous passez beaucoup de temps sur les sites web, les forums, les blogs pour rester informé des dernières nouveautés ».
6 heures par jour, ça fait beaucoup vous pensez ?

J’ai encore peu d’espoir de recevoir une réponse pour cette offre. J’attends toujours pour un poste qui demande « une passion pour le cinéma et la variété française, afin d’écrire des biographies » Pourtant chacun sait que je suis fan d’Hervé Vilard, car le pôle emploi, la recherche de travail et moi, c'est une illusion qui meurt. Je suis aussi fan de radio Nostalgie, que j’écoute toutes les nuits en appuyant deux ou trois fois sur la touche sleep de mon réveil (c'est-à-dire deux à trois heures pour trouver le sommeil). J’aime tellement faire des rubriques nécrologiques de célébrités toutes les semaines que j’ai rêvé d’enterrer Line Renaud dimanche…

J’ai reçu une réponse négative pour un poste qui demandait « un intérêt particulier pour le monde médical ». Quoi ? Le recruteur n’a-t-il pas lu que je suis une miss bobo-là qui passe son temps sur doctissimo afin de se trouver de nouvelles maladies ? (la dernière en date : je vais finir chauve)

Bon, je vous laisse, je vais répondre à l’offre du Pôle Emploi. Ah non, en cliquant dessus, je vois que le poste est déjà pourvu. Ca fait bien la 20ème fois que Pôle Emploi me fait le coup. Au moins, cette fois-ci, je n’aurais pas perdu des heures à rédiger une lettre de motivation.

12/04/2011

Quel est votre âge intérieur ?

Etre_vieux le chat.jpgJ’ai fait un test psychologique. Je n’en n’avais pas lu depuis la bonne vieille époque du magazine 20 ans (avant 2003, quand les articles étaient intéressants).
Quel sujet m’a motivé pour me replonger dans le bain ? : « Quel est votre âge intérieur ». J’allais enfin savoir si je mérite le surnom de mémé.
Vu mes réponses, je pensais sincèrement que le test allait me révéler cette tranche d’âge : « entre 6 et 10 ans, l’âge de la spontanéité. » Arrêtez de grogner "j’ai faim! " et de couiner quand vous voyez des gentils n’animaux ».

Résultat : j’ai obtenu le plus vieil âge proposé : entre 50 et 60 ans. Je ne comprends pas. (Au moment où je commence à écrire, je bois une tisane : il est minuit, je fais tous les soirs mon petit rituel « nuit tranquille » en espérant couillonnement qu’une fois ça va fonctionner, mais mes nuits ne sont jamais sereines. Je vais me plaindre au gros éléphant.)
Mis à part ce détail de tisane, de petites habitudes, d’incompréhension et décalage face aux nouveautés et surtout aux technologies, (je le maintiens, ce sont des DETAILS) je ne comprends vraiment pas pourquoi je suis une mémé. Je ne me retrouve pas particulièrement dans la description : « âge de la sagesse » (ouarf ouarf)

 « Votre dose de stress, d'incertitude et de crainte s'en trouve donc fortement diminuée » (OUARF OUARF OUARF).
Ma « dose de stress est diminuée »,  mais pourquoi ? Parce que : « Vous n'essayez pas d'atteindre un objectif à tout prix. » « Vous ne gaspillez pas votre énergie à lutter pas contre les évènements. » « Vous attendez que les choses viennent, à leur rythme, sans chercher à intervenir... » « Vous pensez que l'on finit par trouver en ne cherchant plus. ».

Ah ben oui, c’est ça en fait, j’attends. J’attends que le Pôle Emploi me verse mes allocations. J’attends qu’on me donne un boulot. (N’empêche, pour le dernier, je n’avais pas postulé, c’est l’employeur qui m’a téléphoné. On ne sait jamais, le miracle peut se reproduire).
Je risque d’attendre longtemps… Pas sûre que ce soit ça, la sagesse ?

Bon, j’exagère, je n’attends pas sans rien faire. Aujourd’hui, j’ai encore envoyé beaucoup de lettres de motivation. A force de copier coller ma formule de politesse en bas de page, je me suis trompée. C’est bête, j’avais pourtant bien peaufiné mon texte, mais monsieur Paul n'appréciera peut-être pas la toute dernière phrase, où je l'appelle "madame".
J’ai failli commettre une autre bourde : j’ai ouvert sur deux onglets ma messagerie perso (qui me sert à demander un travail) et ma messagerie Papillote (où mes millions de fans me réclament des autographes). En cliquant sur la boîte perso, hotmail s’est déconnecté pour se mettre sur celle du blog. Heureusement cette fois je m’en suis rendue compte, et pour cet emploi qui exige le plus grand sérieux, « rigueur et sens des responsabilités », monsieur Paul n’a pas reçu une réponse  des «incroyables aventures de Papillote, le blog qui a mal partout ».

Ces petites erreurs m’ont donné une bonne excuse : mémé a besoin de repos et peut arrêter de chercher pour aujourd’hui. En plus maintenant c’est l’heure de la sieste. Mémé s’est couchée tard cette nuit, elle a déblatéré pendant des heures sur le bon vieux temps avec sa meilleure amie :
« Tu te rappelles après le cours de théâtre, quand tu te baladais dans la rue avec ta fausse moustache en chantant « je suis un homme ? »  Les vieux qui jouaient à la pétanque étaient morts de rire ! » (j’ai pas évolué, 15 ans après je chante régulièrement cette chanson)
- Et je t’ai dit que mon neveu a 19 ans ? Ça nous rajeunit pas ! »

Non, décidément, je ne comprends pas pourquoi le test me révèle que mon âge intérieur est 50/60 ans.

Et vous, avec ce test, quel est votre âge intérieur ?