Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31/10/2014

Gaston fête Halloween au travail

gaston deguisement.jpgAutour de la machine à café, des collègues moroses racontent leurs déboires avec des clients difficiles.
Moi : - "Pour Halloween, je peux venir déguiser, ça mettra l’ambiance !"
On rigole, mais le chef nous interrompt, solennel :
- "Papillote, nous on apprécie ton humour (ben normal ! Puis pour une fois que ça m’arrive au boulot. Euh… c’est ironique ?) mais pas sûr que les clients soient pareils…"

Voilà, je suis muselée, censurée ! C’est pour ça que je vous le dis, même si j’y risque ma vie !
Une grande carrière de comique tuée dans l’œuf !!

Je retente le coup pour noël.

Petit quiz On connaît la chanson

03/05/2014

Libre, seul et assoupi, de Romain Monnery

libre seul et assoupi,romain monnery,pôle emploi,chômage,travailJe vous parlais hier du film Libre et assoupi, pour lequel vous pouvez toujours gagner des places de cinéma. Voici maintenant ma propre expérience et des extraits du livre dont le film est adapté :

Avant, j’étais comme le personnage de Bruno, à accepter n’importe quel boulot, et je postulais à tout (cliquez sur ces quelques liens, pour ceux qui n'ont pas suivi mes péripéties de chômeuse) J’ai enchaîné les emplois merdiques, mal payés, avec les collègues aigris, bêtes et méchants. J’ai vu des choses qui m’ont rendues malades (un porc qui tripote les gamines dans une école mais personne ne le signale à part moi « parce qu’on ne veut pas créer d’histoires », une femme qui maltraite ses enfants, etc…) Plutôt que de crever au boulot, j’ai décidé d’arrêter. Sois feignant, tu vivras longtemps. Aujourd’hui, je profite de mon chômage pour chercher enfin un travail qui me corresponde mieux, même si je ne rêve pas trop, je ne trouverai pas de boulot en rapport avec ma formation (cinéma). Même si dans 3 mois, je n’ai plus droit aux allocations, et que faute d’argent, je serai obligée de reprendre la longue suite des petits boulots en intérim. Et puis si les bac+5 prennent les emplois qui ne nécessitent aucun diplôme, comment font ceux qui n’ont même pas le bac ? Le boulot, y en a pas beaucoup, faut le laisser à ceux qui aiment ça. Sois feignant, tu vivras content

J’ai non seulement été affectée à des postes sans intérêt pour moi (aucune créativité), mais souvent aussi, parfaitement inutiles. La plupart du temps, je jouais le rôle d’intermédiaire entre deux personnes qui auraient pu communiquer directement. Ou je recopiais sur ordinateur des textes techniques incompréhensibles, des suites de chiffres écrits à la main par des types qui avaient la flemme d’allumer leur PC ou d’apprendre à s’en servir. Ou j’accueillais des gens dans un lieu où personne ne se présentait, etc. Franchement, je me sens plus utile à écrire un blog, faire connaître des films, des documentaires, des pièces de théâtre et des livres ! Si on pouvait m’embaucher pour ça !

Avant d’être un film, Libre et assoupi était d’abord un livre, devenu un peu ma nouvelle Bible. Ecrit par un Lyonnais de naissance (comme moi) de mon âge et dont le personnage me ressemble beaucoup, comme vous pouvez le constater : 

livre,littérature,libre seul et assoupi,romain monnery,pôle emploi,chômage,travailLibre, seul et assoupi de Romain Monnery, édition Le diable Vauvert : 

« J’étais un enfant de la génération précaire et très vite, je compris que viser un emploi dès la sortir de ma scolarité revenait à sauter d’un avion sans parachute. C’était brûler les étapes. Jeune diplômé comme on en trouvait des milliers sur le marché, j’étais de ceux à qui les entreprises disaient « sois stage et tais-toi ».  Les années 2000 étaient fièrement installées sur leur piédestal mais l’esclavage semblait toujours prospérer. (...)  Je pouvais toujours prendre un job alimentaire, plier des pulls chez gap ou vendre des big mac, mais bon sang, j’avais fait des études. Je choisis alors de faire un stage en le prenant pour ce qu’il n’était pas : un tremplin vers l’embauche.

« Trois mois s’étaient écoulés depuis mon 1er rendez-vous RMI (RSA désormais). Comme on me l’avait annoncé, je fus convoqué pour un nouvel entretien censé déterminer si, oui ou non, mon contrat méritait d’être renouvelé. C’était la règle du jeu. Retour à la case départ, comme au Monopoly. Alors, qu’avais-je fait durant ce laps de temps ? La question méritait d’être posée.

Selon les brefs calculs que j’avais effectués :

  • j’avais dormi + de 1000 heures (siestes comprises)
  • j’avais vu 72 films (pas que des bons)
  • j’avais passé 500 heures devant la télé (clips, pubs, séries)
  • j’avais lu 34 livres (que des poches)
  • je m’étais demandé 272 fois ce que j’allais faire de ma vie.

En somme, je n’avais pas perdu mon temps. Restait à voir si l’emploi de celui-ci serait du goût de la conseillère censée me recevoir, mais, très vite, je compris que non. En arrivant au rendez-vous, une petite femme à l’air sévère vint à ma rencontre. 

- Alors c’est vous le plaisantin ? (...) Je vais vous lire un extrait de la lettre de motivation que j’ai découverte en ouvrant votre dossier : « je n’ai rien contre l’idée de travailler du moment qu’on ne m’y oblige pas ». Vous pouvez me dire ce que ça signifie ? (...) Le problème, c’est que vous avez pris le rmi pour ce qu’il n’est pas : des vacances. » Je protestai comme je pus, arguant du fait que j’avais été à la bibliothèque quasiment tous les jours et que je m’étais cultivé dans l’optique de mon prochain travail (…) « C’est pour votre bien que je dis ça. Vous m’avez l’air de quelqu’un de sympathique, mais il serait temps de grandir. Dans la vie, on ne fait pas ce qu’on veut. Tenez moi par exemple, je voulais devenir danseuse étoile. Mais je ne viens pas au travail en tutu, vous comprenez ? Vous croyez sincèrement que ça m’amuse d’être là ? »

libre seul et assoupi,romain monnery,pôle emploi,chômage,travail« Je regardais dehors et me demandais alors à quoi ressemblerait le film tiré de ma vie. S’agirait-il d’un drame ? D’une comédie ? De science-fiction ? (…) Peut-être faisais-je fausse route. Peut-être qu’une vie n’avait rien à voir avec le cinéma. »

«  L’idée d’un livre me vint alors. (…) Je voulus me convaincre que j’avais trouvé ma raison d’être. Je m’imaginais sur les plateaux télé, parlant de moi, ma vie, mon œuvre et j’anticipais les critiques criant au génie (...) Je rêvais d’un grand livre au goût de madeleine qui se vendrait comme des petits pains mais, en attendant, je ne faisais rien. Comme d’habitude, je préférais penser aux conséquences plutôt que de me consacrer à l’action. Le poil que j’avais dans la main m’empêchait de m’y mettre. Je passais mon temps dans mon lit, l’ordinateur sur les genoux, le regard dans le vague, Internet en toile de fond. Malédiction de la technologie, ma connexion anéantissait tous mes efforts de concentration. Toutes les séries que je pouvais télécharger en un clic me donnaient mal à la tête. J’avais tellement de raisons de ne rien faire ! Je me familiarisais avec l’univers carcéral dans Oz, je m’initiais à la vie de famille aux cotés des Sopranos, je me prenais pour un cow-boy devant Deadwood et je sauvais le monde dans la peau de Jack Bauer. Toutes ces histoires m’empêchaient peut-être d’écrire la mienne mais elles me donnaient l’illusion d’en vivre par procuration. J’aurais pu continuer de la sorte pendant des jours mais j’avais atteint un seuil d’inaction qui remettait en cause mon statut de mammifère. Je ne me levais plus. La forme de mon corps s’était incrustée dans le matelas. J’étais devenu un invertébré, je ne faisais rien, je ne pensais plus. Internet s’en chargeait pour moi. »

Alors, certains jeunes se retrouvent dans ces extraits ? Si vous en voulez d’autres, j’en ai copié encore deux pages…

En faisant des recherches pour cet article, j’ai appris que Romain Monnery a sorti un nouveau livre : Le saut du requin. Je suis pourtant abonnée à sa page facebook depuis son premier roman, mais je ne l’avais pas vu ! Facebook n’affiche plus toutes les actualités. J’ai donc raté les organisations d’interview et rencontres avec l’auteur, quel dommage… mais je m’empresse de lire le nouveau livre et je vous en parlerai… surtout que le personnage principal ressemble à Ignatus, le héros de La conjuration des imbéciles, mon roman préféré. Et que Romain Monnery revendique Philippe Jaenada comme référence.

J’ai lu ici une de ses interview qui conforte nos points communs :

- Que réponds-tu quand on te demande ce que tu fais dans la vie ? (Note de Papillote : mon principal problème dans les soirées) 

« Quand je réponds « je ne fais rien », ça met les gens mal à l’aise. Quand je dis que je suis journaliste, les gens te demandent où et là, tu réponds « nulle part », ça rend aussi les gens mal à l’aise. »

« Je ne me sentirai jamais légitime. C’est une question d’éducation et d’origine sociale. »

« Je suis mal à l’aise avec le côté solennel et sérieux. Du coup, ça me joue des tours à tous les niveaux, car je ne sais jamais comment me positionner par rapport aux gens. Je fais du second degré en permanence et beaucoup de personnes le prennent au premier. »

ça me rappelle quelqu'un... Sur ce, je vous laisse car je n'ai regardé qu'un seul film aujourd'hui (Panic sur Florida beach de Joe Dante) un seul épisode de série (Weeds saison 8) et j'ai encore un bouquin à finir (Demande à la poussière de John Fante) avant d'aller au théâtre (Riviera sur Maurice Chevalier).

 

02/05/2014

Libre et assoupi, places de ciné à gagner

libre et assoupi affiche.jpgSébastien sort de la fac sur diplômé. Ses deux colocataires se lancent avec enthousiasme dans la vie active : les stages non rémunérés pour l’une « stagiaire, la version moderne d’esclave » ; les petits boulots mal payés pour l’un. Sébastien lui, préfère contempler le monde, réfléchir, lire et regarder des films… (Voir ici la bande annonce)

Ça vous rappelle quelqu’un ? Oui, moi évidemment. Inutile de vous dire que j’ai adoré le film, véritable profession de foi. Il est adapté du roman de Romain Monnery, Libre seul et assoupi, que j’avais lu dès sa sortie, en recopiant des passages entiers de ma nouvelle Bible (je vous en mettrai demain).

J’ai adoré le livre, et chose très rare, le film est encore supérieur ! Le réalisateur et scénariste Benjamin Guedj a eu la grande finesse d’alléger le propos, plus sombre et désabusé de Monnery, pour en faire une histoire comique et universelle

libre et assoupi lagaffe.jpgTout le monde peut se retrouver dans l’un des personnages. Sébastien (Baptiste Lecaplain), le doux rêveur immature. Anna (Charlotte Le Bon) la battante, qui encaisse beaucoup de choses dans ses stages mais qui croit en elle et sait que plus tard, ses efforts lui apporteront un bon emploi. Bruno (Félix Moati, le fils de Serge, déjà vu dans Télé gaucho, voir ma critique en lien)  ne se pose pas trop de questions et fait des petits boulots improbables (père noël, chauffeur de corbillard). Richard le conseiller RSA (Bruno Podalydès) qui se définit comme un homme moyen mais qui aime aider les gens, et qui comprend Sébastien. Au lieu de le culpabiliser, le conseiller RSA l’écoute. Et c’est au contraire le jeune homme qui le conseille, lui fait découvrir les derniers romans qu’il a lus (quand on ne travaille pas, on a le temps de se cultiver) et l’incite à vivre enfin son rêve : ouvrir une crêperie.

libre et assoupi persos.jpgLes personnages ne sont pas caricaturaux et les interprètes formidables. A commencer par mon chouchou l’humoriste Baptiste Lecaplain (voir en lien ma critique de son spectacle). A l’image de son interprète principal, le film est très drôle et inventif. Par exemple Anna cache un faux journal intime, car elle sait que Bruno, amoureux d’elle, va le lire. Elle y déclare aimer les hommes qui boivent leur bière à la paille, ou portent des pantalons de cuir… et Bruno reproduit ensuite ces faux désirs dans des scènes hilarantes. L’humour, le réalisateur connaît bien : il a écrit certains sketches de Florence Foresti, Franck Dubosc, Laurent Ruquier…

libre et assoupi felix moati.jpgAvec ces dialogues très construits, la description de l’amitié virile, le goût de la provoc et du je m’en foutisme (Bruno est « slipiste » : il aime vivre en slip) on reconnaît l’univers de Bertrand Blier. D’ailleurs les personnages citent Les valseuses « on est pas bien là ?... » Et Benjamin Guedj confesse son admiration : « Ce qui me plait chez Blier, c’est que les personnages se définissent plutôt par le verbe que par l’action. » Pour le rôle de Bruno, le réalisateur s’est inspiré du côté « loser flamboyant » de mon acteur préféré Patrick Dewaere.

libre et assoupi charlotte le bon.jpgLibre et assoupi apporte une bonne touche de réflexion sur la société actuelle (si on ne travaille pas, on est rien, l’homme se définit par son travail). Lors d’une soirée, Sébastien a le droit à la phrase rituelle « tu es un assisté », aux regards d’envie de ceux qui n’aiment pas leur job et rêveraient d’oser faire comme lui. Mais qui n’a pas hésité dans sa jeunesse ? Qui n’a pas eu envie plus tard de faire une pause et de réfléchir à ce qu’il voulait vraiment ? De profiter enfin de la vie, de se consacrer à ses passions, ou à sa famille ? Même les travailleurs acharnés et passionnés, ceux qui ne remettent pas en cause le boulot métro dodo, même les pessimistes qui subissent leur sort  (« je déteste mon travail, mais je suis obligé de le faire, c’est la crise, je ne trouverai rien d’autre, d’ailleurs je ne cherche même pas »). 

Le réalisateur explique : « La question qui m’intéressait était de savoir si on peut emprunter un autre chemin que celui de ceux qui bossent, prennent leur retraite et meurent dix ans plus tard ! Voilà pourquoi le flic dans la scène du parc déclare à Sébastien : « à la rigueur, si vous voulez ne rien faire, allez près d’un supermarché, prenez un chien et faites la manche». Il deviendrait alors possible de l’identifier et de le rattacher à une catégorie d’individus. Mon personnage n’est pas dans une nécessité de survie et c’est ce qu’on lui reproche. » 

Libre et assoupi présente un subtil équilibre entre humour, réflexion et émotion. La déclaration d’amour manqué d’Anna est vraiment très émouvante. Les dialogues et situations sonnent justes.

J’ai eu la chance d’assister à une rencontre avec le réalisateur et l’acteur principal, Baptiste Lecaplain. J’aurais voulu briller dire que j’avais retrouvé l’univers de Bertrand Blier et lu le bouquin (j’étais certainement la seule dans l’assistance) mais comme d’habitude, même si j’ai des questions pertinentes, je n’ai pas osé les poser… car je suis assoupie…

J’ai le plaisir en partenariat avec Gaumont de vous faire gagner 10 places pour ce merveilleux film. Pour cela, répondez à ce petit quiz et envoyez-moi avant mardi 6 mai minuit vos réponses par mail (et non dans les commentaires, voir « me contacter » en haut à gauche sous mon avatar). Vous pouvez aussi me suivre sur facebook et twitter pour augmenter vos chances. Les gagnants seront prévenus par mail mercredi. Les places sont valables uniquement en France métropolitaine.

Quiz On connaît le film :

- Dans quel film Félix Moati a-t-il joué et a-t-il été nommé comme césar du meilleur espoir masculin ? (réponse dans le texte)

Question subsidiaire plus difficile, pour départager les gagnants :

- La nouvelle bannière de mon blog est tirée d’une de mes comédies préférées, avec Patrick Dewaere évidemment, j’en ai souvent parlé ici. Quel est ce film ?

Bonne chance à tous !

 

29/04/2014

Les documentaires de la semaine : inégalité pour tous, Un coupable idéal, Tokyo freeters

inegalite pour tous.jpgCe soir à 22h30, Canal+ diffuse Inégalité pour tous. Ce film très simple et efficace  permet de comprendre la crise économique et sociale actuelle. Je cite Télérama : Aux Etats-Unis, les 400 personnes les plus fortunées possèdent autant de richesses que les 150 millions d’Américains les plus pauvres. 1 % des Américains les plus fortunés ont raflé plus de 23 % du revenu national en 2007 et... en 1928.

Un record dans les inégalités qui, dans les deux cas, a provoqué un krach financier et une récession brutale. Lorsque les inégalités atteignent de tels sommets, les salaires stagnent, les salariés consomment moins, les sociétés réduisent leurs effectifs, les recettes fiscales diminuent, l’Etat restreint les budgets, les salariés sont moins bien formés, le chômage augmente. L’accès à l’enseignement, aux universités est plus cher et les gens moins informés.

A en croire les médias, notre système économique ne serait pas réformable, mais selon l’économiste Robert Reich, c’est un mensonge entretenu par les puissants pour protéger leurs intérêts. Il espère que ce film va «  inciter les Américains à s’insurger contre des inégalités qui mettent en danger notre économie et notre démocratie » On le souhaite aussi !

coupable ideal.jpgA la même heure sur France2, rediffusion de Un coupable idéal, qui a reçu l’oscar du meilleur documentaire en 2002. Il est écrit par Jean-Xavier de Lestrade, auteur du génial et incroyable Soupçons, qui m’a tenu en haleine des semaines durant. Comme dans Soupçons, le réalisateur filme un procès : celui d’un jeune Noir de 16 ans accusé de meurtre. Ses avocats commis d’office se battent pour sa défense. Débat passionnant et très révélateur sur les inégalités sociales et les préjugés…

Le documentaire est suivi « d’un coupable idéal, 10 ans après », où Lestrade revient sur « les lieux du crime » pour découvrir ce que sont devenus les protagonistes du procès. Il déchante : les avocats commis d’office ont été licenciés pour avoir osé braver la police de leur état. L’ancien accusé ne veut plus parler de l’affaire. Il n’a pas profité de sa soudaine notoriété pour défendre et dénoncer les « coupables idéaux » comme lui dans la presse. Il a reçu des dommages et intérêts, qu’il a dilapidé dans une voiture de luxe. Ses parents réclament de l’argent au réalisateur pour qu’il puisse les filmer et les interroger (il refuse bien sûr)…

Vendredi sur LCP, ne ratez pas Tokyo freeters. Il traite de ces jeunes Japonais ne trouvant pas de travail régulier, et ne pouvant donc pas mener une vie stable et fonder une famille, faute de moyens financiers. Dans quelques années, on estime que la natalité japonaise va baisser d’un quart à cause de ce problème. Comme cette nation accorde une énorme importance au travail (à vie) et à la loyauté envers l’entreprise, les jeunes Japonais ne trouvant pas d’emplois fixes sont mis au rebut, dénoncés comme feignants, et certains sont acculés au suicide. Mais d’autres se rebellent. Ils revendiquent une vie certes moins confortables financièrement, mais plus libre, qui ne se résume pas à métro, boulot, dodo. I’m free, and I’m waiting for you to follow me !

 

17/06/2013

Passe ton bac d'abord : les sujets philo

passe-ton-bac-d-abord-.jpgLe bac a commencé ce matin… Ce cauchemar qui me stressait depuis la primaire. On me le présentait comme le test ultime qui validerait ou non tout mon savoir, mon intelligence, me permettrait de trouver un bon boulot, de gagner ma vie, de réussir… Bref, sans le bac, je n’étais rien.
J’avais donc tellement peur de le rater et de valider cette théorie que… je n’ai pas révisé. Je l’ai bravement raté haut la main, sans passer par le rattrapage. Au moins, je me disais que si j’avais appris mes cours, j’aurai pu l’avoir… Ma famille était consternée.

Pour me féliciter de mes brillants efforts, elle m’a exilé un an dans le trou perdu à la campagne, où existait le premier lycée de France en terme de résultat au bac : carrément… 100% ! Forcément, dans ce trou, avec le 1er cinéma à 45 km, la 1ère bibliothèque à 30 km, je n’avais pas grand-chose à faire à part réviser. Officiellement. Je préférais me balader et faire du vélo, et surtout écouter de la musique (je payais à une camarade 10 francs par CD gravé, car à l’époque on venait juste de commercialiser les graveurs et elle était la seule à en posséder un) (mais elle me faisait les cassettes gratuites) (des cassettes, j’ai l’impression d’avoir 108 ans). Certains élèves allaient même picoler au bistrot du coin pendant les heures de perm (L’un d’eux a vomi en plein cours un jour). Le week-end, on allait au bal du village. (Rappelez-moi de vous en parler un jour…)
Enfin bref. Tout ça pour dire que je n’ai pas non plus vraiment révisé mon bac la deuxième année, mais j’ai vachement perfectionné mes chorégraphies de danse, qui me serviront plus tard… au travail. Souvenez-vous que le jour du décès de Robin Gibb des Bee Gees, j’ai débarqué au boulot sur une chorégraphie de Staying alive...

Je ne risquais pas de rater mon bac cette fois. Pourtant j’ai quand même réussi à aller au rattrapage. Le bac en poche, j’ai pu quitter le lycée, où je m’ennuyais atrocement, pour suivre enfin les études que j’aimais. Cette fois-ci au moins, je me montrais plus compétente. J’étais major de ma promo en master 2 et j’avais même la bourse du mérite.
C’est donc grâce à mon bac et à ces brillantes études que je poursuis une grande carrière de chômeuse et d’intérimaire dans des jobs pourris sans aucun diplôme requis. Ça valait le coup de mettre autant d’enjeu sur le bac, hein ?

Il y a 10 ans, les gens se moquaient de moi quand je parlais de mon cursus : « mais ces études ne servent à rien ! Tu trouveras jamais de boulot ! » Je répondais qu’au moins, je suivais les cours que je voulais et je les adorais (ma mère avait voulu m’inscrire dans une formation que j’avais surnommée « BTS femme au foyer »). J’expliquais que de toute façon, il y aurait de plus en plus de chômage, que je ne trouverais certainement pas dans ma branche, mais qu’au moins j’aurais appris des choses intéressantes selon moi. Que mon frère avait fait des études de droit alors qu’il détestait ça, mais qu’à son époque c’était une voie porteuse, et qu’il est finalement resté des années sans emploi et exerce aujourd’hui un travail qui n’a rien à voir avec ses études, et qu’il n’aime pas.
Les gens me regardaient avec un air consterné. Ils ne comprenaient pas du tout. Et aujourd’hui, j'en vois enfin qui pensent comme moi. Je vous ramène vers cet article : « matheux = génie, philosophes = inutiles ».

Comme chaque année, je vous propose de plancher sur les sujets du bac philosophie :

Série littéraire :
- "Le langage n’est-il qu’un outil ?"
- "La science se limite-t-elle à constater les faits ?"
M’enfin ! la science pour des littéraires ! D’habitude on a les sujets plus adéquats comme les arts, la passion…

Série ES :
- "Que devons-nous à l’Etat ?"
- "Interprète-t-on à défaut de connaître ?"
Alors moi je surinterprète constamment par exemple. Mais qu’est-ce que le caissier veut dire par ces simples mots : « bonjour ? » Pourquoi pas « salut » ? Trop familier. Et pourquoi pas de madame ? Et pourquoi il s’est gratté le nez quand il le disait ? Ça veut dire qu’il ment ! Il ne le pense pas vraiment !

Série S :
- "Peut-on agir moralement sans s’intéresser à la politique ?"
- "Le travail permet-il de prendre conscience de soi ?"

Série technologique :
- "Etre libre, est-ce n'obéir à aucune loi ?"
- "La diversité des cultures sépare-t-elle les hommes ?"

Série "Techniques de la musique et de la danse" (je ne savais même pas que ça existait !)
- "Une société sans conflit est-elle souhaitable ?"
- "L'homme n'est-il qu'un vivant parmi les autres ?"

Vous avez 4 heures.

Et vous, quel sujet auriez-vous choisi ? Etiez-vous stressé par le bac, avez-vous suivi les études et fait le métier que vous souhaitiez ?

14/05/2013

C'est la quille

chat quille travail.jpeg- Finalement le big boss ne veut plus embaucher, il dit qu’on n’a pas les moyens.
- M’enfin ! La boîte a remporté plein d’affaires ce mois-ci, on n’a même pas le temps de les traiter, et elle a engrangé 3 millions ! "
C’est pourtant connu : plus une entreprise gagne d’argent, plus elle licencie. Et puis organiser 15 jours de soi disant séminaires au ski ou en Tunisie, et des soirées cocktails sur des yachts entre les grands pontes, c’est plus important bien sûr que d'employer un salarié. Puis ça coûte moins cher, forcément.
Pour une fois que je voulais rester ! C’est que je m’amusais bien ici ! Enfin le travail était très enrichissant je veux dire. Hum.
Et je pars à la fin de mon contrat ? Quoi, dans 2 jours, le 30 avril ? Ah non, ça me fait rater tous les ponts de mai payés ! Puis les ¾ des employés partent en vacances, j’aurais eu l’open space m’a tuer pour moi toute seule ! Avec pas grand-chose à faire, et personne pour espionner mon écran d’ordi pendant que je regarde facebook. Enfin, j’aurais eu plus de facilité pour me concentrer sur mon travail précieux. Re-hum.

J’annonce la nouvelle aux collègues :
Moi - " Liberté, j’écris ton nom ! C’est la quille dans 2 jours !
Caliméro : - Alors je pleure dans deux jours…
Moi - Nan, contente-toi plutôt de me faire un super gâteau au chocolat pour fêter ça, mais avec le cœur bien coulant tu vois ? Ca me sera plus utile.
Caliméro : - Quand est-ce que tu arrêteras de penser avec ton estomac ?"
Etant donné qu’on me surnomme l’estomac sur pattes, jamais je pense… je vis pour manger moi.
Grincheuse : - " T'organises un pot pour ton dernier jour ? Tu fais un gâteau ?
Moi : - Non. (Je sais que j’en recevrai déjà, et certainement pas de sa part : grincheuse a poussé sa méchanceté et sa bêtise jusqu’à ramener pour la première fois un gâteau le jour de mon départ, en en proposant à tout le monde, sauf à moi). (mais je l’ai goûté quand elle avait le dos tourné et il était dégueulasse) (et ceux que mes collègues sympas m’ont offerts étaient bien meilleurs) (na.)
Moi : - " J’ai récupéré mon four chez une voisine, il est plus vieux que moi. La dernière fois que j’ai vraiment cuisiné un truc c’était en l’an de grâce 2010 je pense, un cake mal cuit évidemment, que tout le monde a trouvé trop sec …
Grincheuse : - Mais c’est pas grave, j’adore les gâteaux moi !"
Oui ça se voit. Je ne te rendrais pas service. Ou alors je mets du laxatif dedans, mais tu serais encore contente vu que c’est ta méthode de régime préférée. Ou alors de l’arsenic ?

Pour info, je précise que grincheuse me hait sans raison (enfin, par jalousie) et a carrément tenté de me frapper, mais selon le chef du personnel « bah, t’en verras d’autres, c’est rien, avec les deux filles qui t’ont précédée (et qui ont démissionné, on se demande bien pourquoi) elles s’insultaient et se tiraient les cheveux, haha ! » C’est drôle, effectivement.
coup-de-tete- 2.jpgVous comprenez pourquoi je n’ai pas spécialement envie de faire un pot de départ avec mes chers collègues. Ou alors je fais comme Patrick Dewaere à la fin de Coup de tête, l’un de mes films cultes comme j’en ai souvent parlé : « Je lève mon verre à la plus formidable bande de salopards que j’ai jamais rencontrée ! Je lève mon verre au tas d’ordures qui m’entoure. Et ya de quoi remplir une sacrée poubelle ! »

Nan mais je vous assure, je m’amusais bien, quand on faisait abstraction de ces légers détails…
D’ailleurs un autre collègue s’interroge : " Mais comment tu fais pour être toujours de bonne humeur dans une ambiance pareille ?"
elle cause + elle flingue.jpgParce que je me crois dans un film et que je peux ressortir toutes les citations d’Audiard sur la connerie humaine peut-être ? Par contre c’est vrai que je n’ai pas pris note de celle-ci : « quand les types de 130 kilos disent certaines choses, ceux de 60 les écoutent. » (Enfin 50 dans mon cas, mais bien 130 dans le sien). Ca m’aurait évité de recevoir sur la tronche un éléphant, ça trompe énormément. Faut pas parler aux cons, ça les instruit. Puis les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît.

Un autre collègue : "Déjà que c’est le grand n’importe quoi c’te boîte, mais alors si t’es plus là, ça va vraiment être le chaos !"
Il voulait dire qu’un employé en moins allait donner plus de travail aux autres, mais je préfère dire qu’il faisait plutôt référence à mon humour irrésistible, ma chansonnite aigue qui égayait ces lieux lugubres… Après moi le déluge.

La bonne nouvelle, c’est qu’au chômage, j’aurai enfin le temps d’écrire.
Enfin, au chômage... je ne sais pas quand je vais recevoir mes indemnités… J’ai déjà mis 6 mois la dernière fois à les obtenir (souvenez-vous de mon parcours du combattant), à cause d’un « bug informatique » de Pôle emploi. Là, une semaine avant d’apprendre la fin de mon contrat, je reçois un mail de Paulo, mon ami pour la vie : je suis radiée car je ne me suis pas « actualisée ». Juste quand je suis vraiment sans emploi. Je m’étais bien inscrite, mais je n’avais pas pu sauvegarder la copie écran « en raison d’un dysfonctionnement momentané du site ». En plus, mon ex employeur a « oublié » de me donner les papiers de fin de contrat pour mon chômage, il va falloir que je retourne chercher l’attestation et revoir mes chers collègues…
Je leur apporterai un gâteau pour l’occasion.

A propos de chansonnite, pour les Parisiens, courez voir le spectacle des Blonds, faux trio suédois qui rend un « homaj à la chonson française » complètement délirant… A pleurer de rire.

01/11/2011

You never give me your money (encore...)

Pole-emploi-loto.jpg"You never give me your money
You only give me your funny paper
And in the middle of negotiations
You break down..."

J'espère que McCartney jouera cette chanson magnifique et que j'adore au concert de Bercy !

Je ne vous ai pas raconté les dernières blagues de pôle emploi ?

Après le problème informatique qui bloque mes allocations pendant six mois, demandant des appels chaque semaine, des visites en agence, des lettres avec A/R (merci encore à Electra pour ses précieux conseils), des réponses contradictoires, un accueil condescendant, ou sympathique mais impuissant de pôle emploi, bref, énormément de stress et de manque d’argent pendant la moitié de l’année dernière, je perçois enfin mes allocations. Pour deux ans, comme l’est écrit noir sur blanc sur les avis de situation que j’imprime chaque mois.  La hache semble enterrée.

pôle emploi,chomage,travail,allocations,mccartney,mccartney à bercyPourtant trois mois plus tard, Pôle emploi reprend les hostilités. Il me signale comme une fleur que mes allocations se terminent en juin dernier, comme si c’était prévu depuis le départ. Je pense à une énième erreur, mais après rectification, non, pour une fois, il ne se trompe pas. J’ai 15 jours pour fournir toutes mes fiches de paie depuis 10 ans, pour calculer si j’ai le droit à une petite aide pour les chômeurs longue durée. Comme dans le film Mammuth, j’entame un long périple pour retrouver mes ex employeurs, qui ne me fournissaient pas tous des fiches de paie. Je vous ai fait deviner le nombre de copies, trouvé finalement par Tardis girl : 114.

Pour avoir le droit à l’aide, il faut cumuler un certain nombre d’heures de travail. Je reprends mes 114 fiches de paie et j’additionne toutes les heures. Puis je résume et classe avec des trombones pour faciliter la tâche à Pôle emploi, surtout pour leur éviter encore une connerie. Corvée qui me prend deux jours, car je vérifie consciencieusement, mais le compte est bon comme disait Patrice Laffont (oui Romejko présente l’émission depuis les années 90, mais mémé nostalgie est resté bloquée dans les années 80). J’ai travaillé assez pour obtenir une allocation.

shadok pompent.jpgJe vais à pôle emploi avec mon épais dossier sous le bras.
Conseiller : « Oh là là mais c’est quoi tout ça ?!!!
Moi : baoum (bruit de la pile de documents sur le comptoir) - voilà ! Vous inquiétez pas, j’ai tout bien préparé pour que le travail soit moins long pour vous, c’est bon j’ai mes 1825 heures de travail et même largement plus, haha ! (Je triomphe)
- ah mais c’est pas 1825 heures qu’il faut ! C’est 1825 jours ! (Je m’effondre)
bon, vous aurez la réponse la semaine prochaine."

Trois semaines plus tard, je reçois une lettre. Négative. Il me manque six mois de travail pour bénéficier de l’aide. Habituée à ces erreurs, je retourne quand même à pôle emploi, pour vérifier ce que les employés ont calculé. J’en étais sûre, ils ont oublié de me compter des fiches de paie!  Et comme par hasard, pile les six mois qui me manquent pour bénéficier de l’allocation !
Conseiller : « Ramenez nous les 6 mois oubliés et on recalcule ça dans la semaine
Moi : - simplement les six mois? Je ne vous ramène pas tout le dossier et les 114 fiches de paie ?
Conseiller (horrifié) : - non merci ça ira, on les a déjà enregistrées ! "

Je triomphe à nouveau, tout le long du chemin qui me ramène chez moi.
1 heure plus tard, en étudiant plus précisément le papier, je m’aperçois en fait que je n’ai pas six mois de fiches de paie, mais 5 mois et… quinze jours… Et pendant les 15 jours restant, j’ai fait de l’intérim journalier, qui ne m’a pas transmis mes salaires (mais mes contrats, non valables pour pôle emploi). Il me faut 5 années de travail pour avoir l’aide, et il ne me manque que 10 misérables jours de travail pour en bénéficier… Je reporte quand même mes papiers, espérant que pôle emploi fera enfin un geste.

shadok amnesique.jpg1/2 heure plus tard, je dépose délicatement comme des pétales de fleur mes six petites fiches de paie.
Conseiller : " - Mais vous ne ramenez que ça ?!
Moi : - Ben faudrait savoir !
- Ah non, il nous faut tout !
- Mais vous aviez dit que c’était bon ! Que vous aviez déjà enregistré le reste !
- Oui mais non, ramenez tout !
- Les 114 feuilles ?!!
- Les 114 feuilles !
Bon, ben le temps de faire un deuxième aller retour, je reviens dans une heure trente à peu près… Heureusement que j’aime bien marcher… (j’y vais à pied)

shadok compliqué.jpgPourtant, j’ai passé la soirée à retrier mes fiches de paie. Je les avais bien classées, archivées par années et employeurs, trombonisées, postitées avec soin (oui j’invente des mots et alors)  tout cela pendant des heures, mais pôle emploi me les as toutes rendues dans le désordre, sans tambours ni trompettes sans trombones ni post it.
 Le lendemain, je retourne à pôle emploi. Cette fois je m’imagine balancer mes 114 fiches de paie à la gueule de l’employé (toujours le même) mais je ne voudrais pas les retrier encore…

Conseiller : " -Pas de souci, on vous calcule ça dans la semaine !
Moi : - Et si je n’ai pas le droit à l’aide et que je ne trouve toujours pas de boulot, qu’est ce que je fais ?
- Vous demandez le RSA…
-Je peux le faire tout de suite ?
- Ah ben non, faut attendre qu’on ait tout recalculé.
- Mais ça va prendre plus de temps qu’une semaine, comme d’habitude… et je n’ai plus de ressources du tout depuis plus de deux mois !
- Vous inquiétez pas, le RSA est rétroactif."

shadock tête.jpgUn mois plus tard, toujours sans nouvelles, résignée, je ne vais pas à Pôle emploi, mais au RSA.
RSA : - "ça fait longtemps que vous êtes sans ressources ?
Moi : - ben, trois mois...Pôle emploi m’a dit d’attendre sa réponse, mais c’est plus possible là…
- Han ! Mais fallait venir tout de suite ! Le RSA n’est pas rétroactif !!! En plus là je peux pas vous prendre de rendez-vous avant le mois prochain, alors ça vous fait 4 mois d’allocations en moins…"


Enfin, on peut même dire 6, car deux mois après je n’ai toujours obtenu aucun versement.

Misère misère ! raaah !
C’est toujours sur les pauvres gens
Que tu t’acharnes obstinément

Et vous, des soucis avec Pôle emploi ou l'administration ?

02/10/2011

La rubrique nécrologique et les films de la semaine : Paulette Dubost, Munich, Basic, Crazy kung-fu, la malbouffe et la gueule de l'emploi

Paulette_Dubost.jpgDans la rubrique nécrologique de la semaine…dernière (j’ai raté l’annonce) Paulette Dubost s’est éteinte le 21 septembre. Elle était la doyenne des actrices françaises, puisqu’elle allait fêter ses 101 ans. Elle interprétait de petits rôles, mais vous la connaissez sûrement. Elle a tourné dans pas moins de 160 films, avec les acteurs les plus célèbres (Michel Simon, Gabin, Bourvil, Noiret, Serrault…) et pour les plus illustres films des grands cinéastes : Renoir (La règle du jeu, où elle incarnait Lisette la femme de chambre) Marcel Carné (Hôtel du nord : la femme de Bernard Blier) Louis Malle (Milou en mai : la mère de « Milou » Piccoli)… Alors, vous voyez qui c’était ?

munich.jpgDans les films de la semaine, ce soir France 2 diffuse Munich de Steven Spielberg. Lors des jeux olympiques de 1972, le commando palestinien « septembre noir » prend en otage et exécute onze athlètes israéliens. Une équipe du Mossad part alors à la recherche des responsables dans le but de les éliminer… Comme tous les films de Spielberg, celui-ci joue plus sur l’action et l’émotion que la réflexion politique. Il s’intéresse plus aux destinées et états d’âme des protagonistes : la violence et la vengeance sont-elles des solutions ? Comment concilier une vie de famille normale et heureuse, avec du sang sur les mains et le danger permanent ?

crazy kung fu.jpgLundi, France 4 programme Crazy kung-fu de Stephen Chow. Le réalisateur est l’auteur de l’improbable Shaolin soccer, où des moines montent une équipe de football. Cette fois-ci, les maîtres de kung-fu affrontent des gangsters. Le film est toujours aussi loufoque et imaginatif. Stephen Chow est capable de mélanger arts martiaux, Tex Avery et comédie musicale… Dé-li-rant.

Basic-.jpgM6 passe à 23h Basic de John Mc Tierman (Piège de cristal, Last action hero, Predator…) A Panama, six militaires disparaissent dans la jungle. Que leur est-il arrivé ? Les deux seuls rescapés sont interrogés, mais ils changent sans cesse de version… On suit avec plaisir ce jeu de piste rocambolesque. Les rebondissements se multiplient tellement, qu’après quatre visionnages mémé Papillote ne se souvient toujours pas de l’énième retournement final. C’est très pratique d’être amnésique quand on regarde des oeuvres à suspense et des policiers : je ne me  rappelle jamais du nom du meurtrier.

Après les documentaires sur la guerre et les traumatismes (finalement je n’ai regardé que l’incroyable « Barbie »,  le très émouvant « l’âme en sang » et le téléfilm « occupation ») cette semaine Arte se consacre à un de mes sujets favoris : la bouffe, ou plutôt la malbouffe. Mardi, la chaîne diffuse « Dis-moi ce que tu manges » suivi de « La bataille de nos assiettes », jeudi « Poudres et potions de l’industrie alimentaire » et « La face cachée du chocolat ». Je vous conseille ces documents si vous souhaitez maigrir et « éviter de manger trop gras, trop sucré, trop salé » : les révélations vous couperont l’appétit. Par exemple, les « arômes naturels » sont en fait à base de moisissures... En Côte d’ivoire, les producteurs de chocolat emploient des enfants esclaves (j’achète du chocolat « équitable », à peine quelques centimes plus cher qu’une tablette classique, j’espère qu’il ne contribue pas à cette exploitation).

Mon autre sujet favori, comme vous commencez à le savoir, est le monde de plus en plus délétère du travail. Jeudi, France 2 programme un documentaire que je ne raterai sous aucun prétexte : « La gueule de l’emploi » sur les techniques humiliantes de recrutement… Le réalisateur Didier Cros filme dix candidats, s’affrontant pendant deux jours pour obtenir un poste de commercial. Les moins soumis, ne voulant pas se plier au système qu’on leur impose, ou les plus sensibles au stress de la compétition, seront éliminés… Le documentaire est disponible en ligne ce dimanche sur le site de Télérama, ici.
Ce film est très révélateur du monde du travail actuel, que ne comprennent pas nombre de retraités que mémé Papillote côtoie : à leur époque, la solidarité et le respect primaient sur la compétition, l’espionnage et la médisance.

Et vous, comment est l’ambiance dans votre travail, avez-vous subi ces impitoyables méthodes de recrutement ?

Voilà, vous pouvez allumer votre télévision et reprendre une activité normale. A ciao bon dimanche.

28/09/2011

Ah ! Si j'étais riche

ah si j'étais riche.jpgJe bâtirais un vrai palais
Pointant jusqu’au ciel sur la place du marché
Des murs plantés bien droit sur un tas doré…

Je reçois un coup de fil de la part de ma banquière. Visiblement elle s’est longuement renseignée sur mon dossier avant de téléphoner. Elle me propose un prêt je ne sais quoi, qui sert exclusivement aux nouveaux achats et travaux que l’on veut effectuer dans notre maison, comme je la cite textuellement : « par exemple si vous voulez construire une piscine pour votre villa ».
C’est une bonne idée. Je vais de ce pas contacter ma proprio pour lui demander l’autorisation de creuser un baquet d’eau dans le parquet de mon studio de 20 mètres carrés, dans mon immeuble parisien.  J’ai une petite place de libre entre la fenêtre, l’armoire et le bureau, une piscine de 1m/1m10 ça devrait suffire, et les voisins du dessous seront contents.

banquière.jpg« Vous avez une minute ou deux pour que je vous expose le sujet ? »
Voyant que je ne la contredis pas, elle se lance avec un enthousiasme débordant (d’eau) dans la description du produit, espérant que je mordrai à l’hameçon. Je la laisse parler, ou plutôt s’enfoncer (dans la piscine). Puis je rétorque que je suis au chômage depuis plus d’un an et en attente de RSA.
La banquière a touché le fond de la piscine dans son petit pull marine. Elle déglutit comme si elle buvait la tasse et coupe immédiatement la conversation pour ne pas se noyer « : « Gloups, ah bon… excusez-moi de vous avoir dérangé, bonne journée ».

Quelques temps plus tard, nouveau coup de téléphone, cette fois-ci du banquier.
« C’est pour vous parler d’un compte qui peut-être intéressant pour vous, un compte social, pour ceux qui n’ont pas de travail.
- Moui... ça peut être une idée, ça consiste en quoi ?
Je m’attends à ce qu’il me réponde : « eh bien comme vous êtes au chômage longue durée, il existe un livret à un taux plus intéressant, de nouvelles aides qui accordent … etc »
Mais il m’annonce en fait :
- Eh bien vous créez un compte épargne et en attendant que vous l’utilisiez, l’argent est utilisé pour aider les personnes qui en ont besoin, comme les gens au chômage de longue durée.
-Mais… Mais… Je SUIS moi-même au chômage de longue durée ! »

En même temps, comme on dit, il faut s’aider soi-même.
Ma banque m’a confondu avec mamie zinzin crésus ? J’ai gagné au loto ?

Et vous, on vous a déjà proposé des produits (pas forcément banquiers) pas du tout adaptés à votre situation ?

21/09/2011

Je me voyais déjà... (suite) (sans fin?)

une époque formidable.jpgSuite de jeudi dernier

Je cours  le cachet, je fais du porte à porte
Pour subsister, je fais n'importe quoi...

J’ouvre l’annuaire, je liste toutes les agences d’intérim de l’arrondissement. J’imprime mes C.V, je calcule les itinéraires, je mets une jolie tenue sobre, je me rends à la première agence...

Ah, j’ai dû mal retranscrire l’adresse, je ne la vois pas. Je me rends à la seconde. Ce n’est pas possible, je n’ai pas pu me tromper deux fois.  Je vais à la troisième. Toujours rien. C’est une banque. Je sonne à l’interphone… « Euh… une boîte d’intérim  est censée être à cette adresse… vous partagez les locaux avec elle ? » -Si vous ne voyez pas son nom, vous compreniez bien que non ! »
Pareil pour les sept autres. Moi qui me réjouissais de voir autant d’agences dans l’annuaire. Pourquoi ont-elles des adresses fictives ? Le soir même, pure coïncidence, j’ai la réponse. En en parlant à mon frère, il me raconte qu’au restaurant, pendant la pause déjeuner, il a surpris la conversation de la table voisine, où mangeaient les employées d’une agence d’intérim. Les femmes exprimaient leur peur d’un futur licenciement : « ils ont fermé toutes les autres agences, il ne reste plus que la nôtre » « Toutes les boîtes d’intérim font pareil maintenant ! » « Cest à cause de la crise ! » etc…

J’ai essayé de joindre les agences par téléphone, il sonnait dans le vide. Une boîte, au nom bien connu, finit par décrocher : « ah mais non, faut mettre votre CV sur Internet maintenant ». Ce que j’ai déjà fait depuis belle lurette. Je ne suis pas sortie de l’auberge, moi qui m’imaginais que l’agence trouverait à ma place un travail, que je débuterais dès le lendemain, comme avant … Non, il faut encore et toujours que je passe mon temps derrière l’ordinateur, à chercher et répondre à des annonces qui n’aboutissent jamais…
De plus en plus voûtée, je me traîne vers les prochaines agences. Je dois aussi traîner une corde à mon cou, car un homme m’interpelle : « Allez, souris, elle est belle la vie ! » (Il doit venir d’une autre planète).

shadock tête.jpgLa dernière adresse existe enfin. Mais elle ne concerne que le BTP. Je sais à peine changer une ampoule… La femme qui m’accueille a l’air sympa et voit bien mon air désespéré :
Moi :  « Vous ne recrutez pas une collègue par hasard ?
Agence : - Justement, je viens juste d’être embauchée aujourd’hui… et par piston... »
Comme moi, elle cherche depuis plus d’un an, s’est rendue à toutes les agences d’Ile de France, qui ne répondent jamais au téléphone et lui ont souvent rétorqué de s’inscrire sur Internet. Elle n’a reçu aucune réponse.
Agence : - On aurait bien du travail ponctuel…
Mes yeux s’allument.
Agence :- Mais ce n’est vraiment pas terrible… »

Elle me décrit le poste. Non, ce n’est pas possible, je ne peux pas m’y résoudre : une copine a déjà exercé cet emploi et a fini par démissionner. Il consiste à téléphoner aux particuliers pour leur vendre des produits à un prix prohibitif. Déjà, déranger les gens quand ils rentrent crevés du travail et n’attendent qu’une chose, être tranquille, c’est le meilleur moyen de se faire insulter.  J’ai fait du démarchage pour donner des trucs gratuits, à des employés, pendant leurs heures de boulot. Des produits que les employés attendaient et qui leur servaient pour leur travail. Ils m’envoyaient déjà sur les roses, alors pour arnaquer les gens…
Le boulot est mal payé, à des horaires contraignants (le soir). On est épié et pressé sans cesse par son superviseur, pour passer plus de coups de fil et obtenir de meilleures ventes. Ceux qui se font rouler par ce démarchage sont surtout les petits vieux solitaires, trop contents de parler enfin à quelqu’un dans la journée et acceptant n’importe quoi pour prolonger la conversation, ou tout simplement sourds et n’ayant pas entendu le prix honteux du produit.

shadok battus.jpgNon merci. Je préfère continuer à manger des pâtes tous les jours jusqu’à épuisement de mes économies, plutôt que de faire un travail qui ne correspond pas du tout à mes valeurs... Je préfère largement les boulots de service et d’accueil que j’ai souvent effectués, même s’ils sont souvent mal considérés, mal rémunérés. Les gens nous traitent parfois avec dédain, car on est au bas de l’échelle, comme si on était leur domestique. Ils passent leurs nerfs sur nous. Mes collègues me disent toujours que je suis « trop gentille » (à notre époque de cynisme et d'individualisme, la gentillesse est un défaut honteux). Je ne réponds pas aux provocations (voire aux insultes !) et « j’en fais trop, t’es pas payée pour ça, t’as pas le temps !» parce que je prends la peine de remplir des formulaires à la place des gens, d’écouter leurs problèmes même si je ne peux pas les résoudre… Mais au moins, avec cette technique, les gens agressifs s’adoucissent et finissent par me remercier, puis j’ai l’impression d’avoir fait un boulot un peu utile.
Au pire, pour subsister, j’irai élever des chèvres à la campagne.

J’ai carrément porté une candidature à une entreprise ayant passé une annonce. Je pensais qu’ainsi je me démarquerai de mes concurrents, et que l’employeur apprécierait mon audace, comprenant que j’étais très motivée. Pourtant elle a eu l’air perplexe, je devais vraiment donner l’impression d’être une chômeuse au bout du rouleau. Comme beaucoup, elle m’a dit « on vous répondra… que ce soit positif ou négatif, bien entendu, c’est une question de politesse ».
Le travail commençait lundi et je n’ai pas eu de réponse, comme d’habitude.
Pourtant je me voyais déjà tapoter des textes dans ce bureau tranquille… La jeune fille aperçue, ma future collègue, avait l’air très sympa, le bus m’amenait directement…

Mais un jour viendra où je leur montrerai que j'ai du talent !

Et vous, cherchez-vous du travail ? Avez-vous mis longtemps à trouver le vôtre ?