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27/01/2020

Le grand bain, jetez-vous à l'eau

grand bain persos.jpgDes hommes mal dans leur peau trouvent un sens à leur vie en pratiquant un sport jusqu'alors dévolu aux femmes : de la natation synchronisée, sous l'égide d'anciennes gloires déchues (Virginie Efira et Leïla Bekhti). Voir bande annonce ici.

J'attendais la diffusion Canal + pour vérifier si ce film mérite vraiment ses louanges, car à l'époque de la sortie, voir sur grand écran des gars bedonnant en slip ne me disait rien (afin de préserver les âmes sensibles, j'ai choisi une photo d'illustration coupée aux torses). Puis je craignais qu'il ne soit qu'un film de et pour mecs. Au contraire, agréablement surprise, je trouve que les meilleurs rôles sont pour les femmes ! (par contre les gars, va falloir arrêter la bière pour retrouver la ligne de flottaison).
Le grand bain avait tout pour faire un carton, car il se veut feel good movie, en lorgnant du côté des comédies sociales comme Full Monty et parce qu'il rassemble de grands noms de la comédie française (c'est utile de s’appeler Gilles Lellouche et d'avoir plein de copains dans le milieu). 
grand bain.jpgMalgré 8 nominations aux césars, le film n'a reçu que le prix du meilleur acteur dans un second rôle pour Philippe Katherine. Il est en effet le meilleur atout de cette comédie, car avec son côté complètement décalé, il apporte son originalité et la personnalité qui aurait manqué sinon. Le rôle principal me semble en effet  banal (une simple histoire de dépression suite à un chômage) et échoue à Almaric que je ne peux pas encadrer (avec ses horribles yeux perçants, sa voix et son rictus constant). Le talent du génial Poelvoorde me paraît sous exploité. On salue malgré tout la performance de Guillaume Canet dans un rôle à contre-emploi, ambigu et complexe de mec qui veut tout maîtriser, reproduit les maltraitances qu'il subit en alternant chaleur et violence. Anglade est également très touchant, persuadé qu'il est un grand musicien incompris et que son heure de gloire viendra, et qui en attendant se contente de boulots et concerts minables dans des fêtes de village et est méprisée par sa fille ado (Odieuse. "Non mais oh, comment tu parles de ton père ? Moi mon père il était charron et je peux te dire que ça filait doux !" ) Félix Moati prouve également qu'il est un des acteurs les plus prometteurs de la nouvelle génération (ici dans Libre et assoupi).

Un film qui vaut surtout pour ses personnages, même si je ne souhaiterais pas être amie avec l'un d'eux dans la vraie vie, et qu'on s'aperçoit qu'ils ne le sont pas entre eux : ils ne se voient que pour le sport et entretiennent des relations assez superficielles, sans rien connaître les uns des autres. Une comédie douce amère qui montre donc notre solitude moderne, le culte de la performance, et la mise au rebut des gens qui ne rentrent pas dans le moule. Seules les femmes me paraissent fréquentables : Marina Foïs qui soutient son mari en dépression, est fière de lui et le défend face aux moqueries des autres (être chômeur et pratiquer un sport de gonzesse, c'est pas viril). Leïla Bekhti en fauteuil roulant qui conserve une combativité phénoménale, Virginie Efira qui cache ses fragilités et ses amours déçues.
Malgré un discours bisounours assez convenu (il faut accepter les différences, se dépasser, croire en ses rêves, tout peut arriver, etc) on plonge avec plaisir dans Le grand bain.

23/01/2020

Star wars, épisode 238

star wars 9.jpgJe ne me tracasse même plus à chercher le titre et le numéro de la saga, vu que les scénaristes qui sont payés des millions pour écrire le film ne sont pas fichus de peaufiner une bonne histoire.
Mémé a décidé de faire semblant d'être une jeune dans le coup en délaissant ses documentaires pour avoir la bonne idée d'aller voir ce blockbuster dès le premier week-end (c'est donc pour ça que j'écris dessus un mois après). J'ai dû acheter les billets 4 heures en avance pour obtenir une place et attendre 1 heure debout devant la salle (mémé avait mal au dos), entourée de mecs geeks bien plus jeunes que moi. Grand moment de solitude.

Je n'ai pas trouvé un grand intérêt à ce film, avec un scénario téléphoné qui semble écrit en 24 h chrono. Clairement on sent que JJ Abrams a pensé : "Des millions de fans espèrent notre film ? Va t'on leur faire plaisir en soignant le scénar ? Pas la peine, ils viendront quand même ! Ils étaient déjà déçus par les deux premiers volets, mais ils paient quand même pour voir la suite, alors pourquoi se tracasser en leur vendant une bonne histoire, autant les prendre pour des poires jusqu'au bout puisqu'ils en redemandent !

star wars babu frik.pngLes geeks vont voir Star wars pour les scènes de bataille dans les vaisseaux sombres, moi j'ai confondu avec un épisode de Notre planète, j'y vais pour les petits zanimaux mignons et les beaux paysages des mondes inventés (ça permet de voyager sans quitter son fauteuil). L'île verte et isolée des Porgs, le désert de Tatooine, la fôret d'Endor...
Mais là, beaucoup de ruines filmées la nuit, des vaisseaux délabrés abandonnés (mais avec l'électricité qui fonctionne après 30 ans d'immersion sous l'eau) des galeries souterraines... Allumez la lumière, inutile de dépenser des millions dans les décors, on ne voit rien ! Bref, rien qui donne envie d'acheter le guide du routard ("ça a l'air sympa chez Palpatine ! Tout confort, très accueillant ! 5 étoiles sur B&B !")

Comme tous les enfants (je ne suis pas seulement fan de Faites entrer l'accusé) j'appréciais les animaux craquants marrants, comme les ewoks ou les Porgs, sorte de pingouins du dernier épisode. Je m'attendais à revoir cet incontournable, d'autant + que la saga a été rachetée par Disney et qu'elle veut vendre des peluches. Mais là, elles sont où mes bestioles mignonnes ? C'est la vieille réparatrice de droïdes Babu frik qui est censée tenir ce rôle ? Cet espèce de ver de terre ratatiné, cette chenille sans poil (à part au menton), cette grand-mère de monsieur Caca de South Park à l'humour très lourd ? "Peluche" sous-entend un jouet doux et duveteux que les enfants aiment câliner, Disney veut traumatiser les gosses avec ce vers gluant ?
Comme toutes les gonzesses, j'aime bien les histoires romantiques. Que deviennent les feux de l'amour entre Rose qui aime Finn mais Finn qui préfère Rey (qui préfère vivre en ascète et sauver le monde) ? Le personnage de Rose, la pauvre amoureuse éconduite, est totalement délaissé. A la fin les scénaristes ont dû se rendre compte que ça manquait un peu de bisous, alors ils ont rajouté ce moment ridicule qui arrive de nulle part, (attention spoiler) avec ce baiser incongru entre Kylo Et Rey. Ils ont passé 3 épisodes à s'entre-tuer, mais là, pif paf, tiens pourquoi pas, faites l'amour pas la guerre, flower power, Palpatine, t'es plus in, Macron démission (un intrus s'est glissé dans le texte)

D'autres rebondissements me paraissent très faciles (spoiler) : Palpatine dont on avait enfin réussi à se débarasser et  qu'on avait laissé pour mort, mais le matou revient, le jour suivant, le matou revient, il est toujours vivant. Rey qui s'encombre de deux sabres lasers, on ne s'attend pas du tout hein qu'elle le refilera à son nouveau pote... Etc.
Je ne suis pas la seule déçue, Star wars 9 (oui j'ai fini par vérifier le numéro) est classé à juste titre comme le moins bon de la série.
Vivement la suite !

 

09/01/2020

First love, le dernier yakuza : un Tarantino nippon

cinéma"ni mauvais" Léo est un jeune boxeur qui après un coup à la tête, apprend qu'il souffre d'une tumeur incurable et va bientôt mourir. Déboussolé, il erre dans les rues de Tokyo, la nuit. Il croise ainsi un médium qui lui prédit un destin inverse, que sa vie sera longue et la rencontre avec son premier amour, imminente... Le jeune homme se retrouve alors nez à nez avec Monica, une callgirl toxicomane qui s'enfuit. Toute la nuit, ils vont être poursuivis par un policier corrompu, un yakuza, son ennemi juré et une tueuse envoyée par les triades chinoises. Voir la bande annonce ici.

Un film survolté, violent et drôle, qui rappelle incontestablement Quentin Tarantino. Le début m'a également fait penser au Fargo des frères Coen, avec cette galerie de personnages loser qui élaborent un vol, mais où rien ne se déroule comme prévu. Les décès s'accumulent dans un enchaînement de catastrophes digne d'un Destination finale. La scène avec la mamie est tordante, pour peu que l'on goûte l'humour noir et grand guignol. J'ai apprécié aussi la séquence en cartoon : manque de moyens peut-être pour tourner cette scène d'action, mais tellement originale et délurée !

Si vous appréciez ses références, vous aimerez forcément First love. Je fais  cependant le même reproche qu'au dernier Tarantino: le film aurait mérité d'être raccourci, car un tel déferlement de violence peut provoquer une saturation, et finit par se répéter : "il en reste encore beaucoup à tuer ?"
Cette remarque du réalisateur m'a fait sourire : "Le système de classification au Japon est progressiste. Ce film peut être vu par des enfants d'école maternelle s'ils viennent accompagnés par leurs parents. Cependant, je pense que les enfants n'iront pas voir ce film".
J'espère bien oui ! Sauf s'ils veulent être traumatisés à vie par les têtes qui volent. Takashi Miike, le réalisateur prolifique à la centaine de films, me semble néanmoins adouci depuis son Dead or alive et Audition.


 


21/10/2019

Once upon a time... in Hollywood

cinéma, Tarantino, hollywood, McCartney, BeatlesDes nouvelles de mémé train de retard toujours à la pointe de l'actu ! Mais je m'améliore : le film est encore en salles !
Tarantino situe l'action juste avant le massacre de Sharon Tate perpétré par la famille Manson, qui a sonné le glas de l'insouciance de la période hippie. Le cinéaste montre avec nostalgie une époque révolue, où les cheveux longs idées courtes s'incrustaient partout et étaient accueillis avec bienveillance. Je ne peux donc m'empêcher de citer comme un crin d'hippie sur la soupe Macca, ça faisait longtemps : dans son autobiographie, Les Beatles, les sixties et moi, (voir mon article en lien) McCartney raconte comment, avant 1969, il ouvrait facilement la porte de chez lui, buvait le thé avec ses fans, leur proposait même des boulots, comme promener sa chienne adorée Martha my dear ! (j'adore cette chanson à écouter en lien). Donc, message personnel : Coucou Paulo, je suis là ! J'ai l'habitude de faire du cat sitting si tu veux ! Appelle-moi ! Dans "she came in through de bathroom window" il décrit une groupie qui s'est introduit chez lui par exemple.

cinéma, Tarantino, hollywood, McCartney, BeatlesRevenons à nos pattes d'eph. On a tellement vanté les mérites du dernier Tarantino que je m'attendais à un chef-d'oeuvre d'humour décalé. J'ai été un peu déçue. Ok les parodies de films sont sympas, c'est drôle de voir Bruce Lee épinglé dans une scène comique un peu facile (c'est toujours marrant de voir un gars hautain qui se croit fort se faire mettre en pièces en deux secondes). J'espérais également plus de potins sur Hollywood comme a pu le faire Kenneth Anger dans son livre longtemps interdit, Hollywood Babylone, (voir mon billet en lien) mais à part Steve McQueen qui se désole de ne pouvoir serrer Sharon Tate qui préfère les Naboléon hommes petits et ambitieux, pas grand chose à se mettre sous la dent. J'attendais le massacre final avec impatience, me demandant si Tarantino allait réitérer le coup de Inglorious Basterds... et c'est vrai qu'il est jubilatoire. Surtout le lance flammes (rien à voir avec Romy dans Le vieux fusil !) Mais que de longs atermoiements pour en arriver là... C'est bien, mais interminable ! 2h40 ! Les films de Tarantino sont toujours longs et bavards, mais là, certaines scènes et dialogues n'ont pas d'intérêt, au point que je ne peux même pas les citer, je les ai oubliés.

Les deux acteurs principaux sont excellents. Di caprio représente à merveille l’ego fragile du comédien à la merci de l'opinion des autres (qui s'effondre à la moindre critique, et redécolle dès qu'on le félicite, même si les compliments viennent d'une enfant (la jeune actrice est impeccable, elle ira loin). Brad Pitt a toujours la classe et est toujours aussi sexy. 28 ans après Thelma et Louise, il réitère la scène du torse poil, et à 55 ans, il est toujours bien conservé ! 

Pour l'histoire du massacre de Sharon Tate, je vous conseille vivement le documentaire "Manson, les archives secrètes" qui dévoile les interviews des filles radicalisées par le gourou. Elles sont absolument fascinantes, des propos atroces prononcés par des enfants à l'allure innocente, d'une beauté d'ange, des yeux bleus magnifiques et perçants (comme l'actrice qui en incarne une dans le film, Margaret Qualley, qu'on a aussi pu voir récemment dans Donnybrook).
Quant au nouvel Hollywood débuté après le massacre de sharon Tate, vous pouvez lire Peter Biskind (le nouvel Hollywood, et Sexe, mensonges et Hollywood).

22/09/2019

Bilan je suis culturée : 44 films

parasite.jpgLes critiques sont à lire dans les liens :
6 Films au cinéma :
Coup de cœur :
- Parasite de Bong Joon-Ho
A voir :
- Captive state de Rupert Wyatt 
Pas mal :
- Us de Jordan Peele
- Greta de Neil Jordan
- Dirty god de Sacha Polak 
Bof
- Donnybrook de Tim Sutton

38 films Canal +, TCM, OCS, Netflix, Arte :

5 Comédies françaises :
cinéma, comédies, cinéma asiatiqueeCoup de cœur :
- I feel good de Benoît Delépine et Gustave Kervern

- La cité de la peur des Nuls
- Le pari des Inconnus
- Elle l'adore de Jeanne Herry
- Au poste ! de Quentin Dupieux

4 Comédies dramatiques :
Coup de cœur :
cinéma, comédies, cinéma asiatiquee- Captain fantastic de Matt Ross avec Viggo Mortensen♥

- Tully de Jason Reitman
- La mort de Staline de Armando Iannucci 
- Jeff who lives at home de Jay et Mark Duplass

5 Thriller / suspense / vengeance :
Coups de cœur :
cinéma, comédies, cinéma asiatiquee- The guilty de Gustav Mölle
- 3 billboards de Martin McDonagh

- Paranoïa de Steven Soderbergh
- La colère d'un homme patient de Raúl Arévalo
- Pale rider de Clint Eastwood

4 Cinéma asiatique :
Coups de cœur :
- Mother de Bong Joon-Ho
Le film le plus dramatique de Bong, où une mère tente tout pour prouver l'innocence de son fils, un simplet accusé de meurtre. Poignant, puissant. Voir la bande annonce.
- The host de Bong Joon-Ho
Déception :
- The third murder de Hirokazu Kore-eda 
J'avais beaucoup aimé Tel père tel fils, un La vie est un long fleuve tranquille version dramatique. Le sens de la famille et de l'honneur est aussi discuté dans ce film. Un homme risque la peine de mort pour le meurtre de son patron, mais ne s'accuse-t'il pas à la place de la fille de son employeur pour la sauver ? Bonne idée, mais on comprend très vite de quoi il retourne, un court métrage aurait suffi...
- Une pluie sans fin de Dong Yue
Le film aussi. Et que je te fais un gros plan sur le visage impassible pendant 3 minutes, et que je te bois un thé pendant 8... Inter-minable. L'histoire ? Il n'y en a pas vraiment. Un type est obsédé par les meurtres de jeunes femmes et mène sa propre enquête. Mais il passe plus son temps assis à dévisager sa copine sans lui parler ni la toucher qu'à enquêter. Un grand film d'action donc. Je m'attendais à un Memories of murder, la bande annonce lui ressemble et suscite l'intérêt, mais il ne lui arrive pas à la cheville. Il ne suffit pas de copier l'ambiance et mettre de la pluie tout le long pour faire un grand film noir.

7 Films d'animation :
Coup de cœur :
cinéma, comédies, cinéma asiatiquee- Dans un recoin de ce monde de Sunao Katabuchi

- Your name de Makoto Shinkai
- Okko et les fantômes de Kitarô Kôsaka
- Shrek 2
- La belle et le clochard
- Le roi lion
- La belle au bois dormant

6 films d'horreur  : 
Coup de cœur :
cinéma, comédies, cinéma asiatiquee- Les bonnes manières de Juliana Rojas et Marco Dutra

- Mr Babadook de Jennifer Kent
- Conjuring de James Wan
- Insidious 1 et 2 de James Wan
- Ça de Andy Muschietti
- La maison du diable de Robert Wise 

4 SF / Science-fiction / fantasy :
Coup de cœur :
cinéma, comédies, cinéma asiatiquee- Aniara de Pella Kågerman 

- Cloud Atlas de Lana Wachowski 
- Dans la brume de Daniel Roby
- Princess bride de Rob Reiner

3 Biopics :
- A very english man de Michael Winterbottom
- The invisible woman de Ralph Fiennes (biographie Dickens)
- La douleur de Emmanuel Finkiel (biographie Duras)

 

 

 

 

14/09/2019

Bilan culture : les films d'horreur

cinéma, cinéma fantastique, films d'horreurCoup de cœur :
- Les bonnes manières Juliana Rojas et Marco Dutra
Une infirmière solitaire est embauchée par une jeune femme riche et exubérante, pour l'aider avant son accouchement. Alors que les deux femmes apprennent à se connaître et s'apprécier, la future maman est prise de crises de somnambulisme...
Un film étrange et fantastique dans les deux sens du terme. Prix du jury et prix de la critique amplement mérités au festival de Gérardmer. Voir ici la bande annonce.

- Mr Babadook de Jennifer Kent
Le mari d’Amélia est mort alors qu'elle était enceinte de leur enfant. Depuis, elle ne parvient pas à aimer ce fils qui lui rappelle le défunt. Le petit, sentant le rejet et l'angoisse de sa mère, est très perturbé. Alors qu'il a 6 ans, il se persuade que le monstre de son livre de contes, monsieur Babadook, hante leur maison. Sa mère rentre dans son délire.
Un film d'horreur psychologique original et émouvant, à l'esthétique soignée. Par certaines de ces attitudes, le gamin m'en a rappelé d'autres que j'ai connus, dans la lune, agressifs, "TDAH hyperactifs" (le terme à la mode)... Et chaque fois, comme dans le film, c'était les parents (surtout la mère !) qui étaient plus névrosés que le gosse. Ces enfants éponges hypersensibles aspirent le mal-être de leurs parents, et c'est d'abord eux qu'il faudrait traiter. Au lieu de développer l'originalité de ce sujet, le film se perd dans une classique histoire de possession et de maison hantée, qui ne fait pas vraiment peur. Dommage.

- Dans la brume de Daniel Roby 
cinéma, cinéma fantastique, films d'horreurAprès un séisme, un gaz toxique mortel est libéré des entrailles de la terre et envahi la capitale. Un couple a juste le temps de se réfugier en hauteur dans l'appartement des voisins. Leur fille, une enfant-bulle, est restée prisonnière deux étages plus bas. Comment survivre sans contact avec l’extérieur, sans électricité ?
Un scénario original, et surtout, des dialogues bien écrits, presque littéraires, qui font plaisir à entendre. Dommage que les enjeux de l'histoire ne soient pas plus poussés, mais une bonne surprise, qui montre qu'en France aussi, on peut faire de la SF. Après ça reste un film français, donc assez mal joué, avec le sourire de demeuré de Romain Duris, mais le personnage du vieillard philosophe est joué par Michel Robin, éternel second rôle qui aurait mérité un jour une tête d'affiche...

- Conjuring de James Wan
- Insidious 1 et 2 de James Wan
Le réalisateur de Saw livre encore des films d'horreurs classiques mais diablement efficaces. Grace à la mise en scène parfaitement maîtrisée, on se laisse avoir par les pourtant attendues portes qui claquent, bruits hors champs, apparitions soudaines... La fin de Conjuring vire à une surenchère un peu grand guignol, avec de l'humour (les inévitables seconds rôles poltrons et maladroits) mais l'angoisse ne faiblit pas. La fin de Insidious, très inventive, presque psychédélique, vire au cauchemar éveillé. Avec James Wan, l'angoisse est au rendez-vous.

- Ça de Andy Muschietti 
Déception ! Alors que le téléfilm a traumatisé mon adolescence, le film décide de couper tout l’intérêt de l'histoire : alterner l'enfance des personnages puis l'âge adulte, pour voir leur évolution. Dans le premier volet, on ne les voit qu'enfants, et on a le fin mot de l'histoire (qui est "ça") très vite. Puis le film ne fait même pas peur, le clown est moins effrayant que celui du téléfilm de 1990, qui était pourtant kitsch !Je n'irai pas au ciné voir le chapitre 2, quand les personnages sont adultes, j'attendrai que le film passe sur Canal.

- La maison du diable de Robert Wise 
Un film culte qui m'avait terrorisée ado lorsque je l'avais vu au cinéma de minuit, mais il a bien vieilli depuis... Je préfère son adaptation dans la série the haunting of hill house (à lire en lien). La saison 2 va exploiter un autre film et roman que j'avais adorés, Le tour d'écrou d'Henry James, adapté au cinéma par Jack Clayton et son superbe film Les innocents.

01/09/2019

Bilan culture : les comédies dramatiques

comédie dramatique,monty python,cinéma- La mort de Staline de Armando Iannucci 
Comment les camarades du tyran se sont écharpés, le cadavre à peine refroidi, pour obtenir le pouvoir. C'est drôle, mais triste et affligeant, puisque tout est vrai. Un humour très noir donc, un film à voir si on garde foi en l'humanité (ou si l'on est sous Prozac). Evidemment, le film est interdit en Russie. Steve Buscemi, habitué du genre avec ses rôles chez les frères Coen, est parfait en Khrouchtchev. On retrouve aussi avec plaisir Michael Palin des Monty Python. Le réalisateur a aussi proposé d'autres comédies politiques corrosives que j'avais appréciées, In the loop et la série Veep. Voir la bande annonce en lien.
Armando Iannucci précise : "Ils ont dû refaire le concert qu’on voit au début du film car il n’y avait pas d’enregistrement et Staline en voulait un – c’est véridique. Staline a mariné dans une flaque d’urine car ses propres gardiens étaient trop terrifiés pour entrer dans la pièce – véridique. Ils ont hésité sur quel médecin prendre car il craignait qu’on l’empoisonne – véridique. Staline ne se couchait pas avant 4h du matin et convoquait le Politburo dans sa datcha à 22h pour un énorme repas et les regardait devenir de plus en plus soûls alors que lui-même buvait des boissons diluées à l’eau – véridique. C’est comme s’il voulait voir comment ils se conduiraient devant lui." L’histoire de cet homme qui, avec le Politburo, a fait régner la terreur sur l’Union soviétique pendant plus d’une génération, a été victime d’une attaque cérébrale et dont tout le monde s’est mis à vouloir le poste pendant son invalidité, a l’air d’une fiction intégrale, mais est absolument véridique. Les brutalités, typiques du système soviétique de l’époque sont, elles encore, véridiques."

- Jeff who lives at home de Jay et Mark Duplass
Jeff-Who-Lives-At-Home-03.jpgJeff est un Tanguy qui vit toujours chez sa mère. Un jour, il reçoit un appel téléphonique étrange. Il le prend pour un signe du destin l'invitant à enfin sortir de chez lui et reprendre contact avec le monde extérieur, en commençant par son frère.
Une comédie très touchante, décalée et mélancolique, que j'avais déjà vue et qui m'avait marquée, ce qui est rare. Elle traite des gens trop sensibles et inadaptés au monde réel, des illusions et de l'amour perdu. Elle tient beaucoup à la sympathie qu'inspire les personnages : Jason Segel retrouve son rôle de nounours  de How I met your mother, Ed Helms de type coincé rigide et trop conformiste de The office ou Very bad trip, largué par sa femme car il manque justement d'humour. Les réalisateurs ont depuis signé la série Togetherness, dans la même veine (à lire en lien).

30/08/2019

Bilan culture : les comédies françaises

elle ladore.jpgLire I feel good en lien.

- La cité de la peur des Nuls
On peut regarder mille fois mille films... Non, on peut regarder mille films une fois, mais on ne peut pas retenir mille répliques... Et si.

- Le pari des Inconnus
Ce n'est que la 213ème fois environ que je le vois, mais c'est comme une drogue : Le tabac, c'est tabou, on en viendra tous à bout. 

- Elle l'adore de Jeanne Herry
Muriel (Sandrine Kiberlain) est fan inconditionnelle d'un chanteur de variété (Laurent Lafitte). Quand celui-ci tue accidentellement sa femme, il demande à Muriel de l'aider...
Mais Dieu que cette fille prend des risques, amoureuse d'un égoïste, la groupie du pianiste. Elle l'aime, elle l'adore... Un scénario très original, qui mêle subtilement thriller et comédie, avec des dialogues bien écrits. Les deux acteurs principaux sont parfaits d’ambiguïté, Kiberlain en midinette pas si nunuche qu'on pourrait le croire, mythomane qui peut mentir avec aplomb, Lafitte en bellâtre qui ne contrôle pas si bien qu'il le souhaiterait son petit monde. Une bonne découverte.
Bémols cependant, j'aurais préféré que la relation manipulateur/manipulé soit plus travaillée et machiavélique, que l'humour noir soit plus poussé, et la fin me paraît un peu facile et bâclée. Comme si la réalisatrice (la fille de Miou-Miou et de Julien Clerc -son visage montre un parfait mélange des deux-) avait édulcoré son propos pour passer plus facilement à la télé ensuite. Dommage. Il paraît que Jeanne Herry s'est ensuite rattrapée avec son deuxième film, Pupille. J'étais invitée à l'avant-première mais le sujet ne me rappelle pas de bons souvenirs. J'ai travaillé dans un service adoption, et c'était affligeant de voir le nombre d'enfants maltraités et placés, mais paradoxalement, les nombreux couples d'adoptants refusés.

 - Au poste ! de Quentin Dupieux
comédies françaises, cinéma, cinéma françaisToute une nuit, un commissaire interroge le principal suspect d'un meurtre.
Un huis-clos en face à face, un Garde à vue version comique, où Ventura est remplacé par Poelvoorde, toujours excellent, et Serrault par Grégoire Ludig, du Palmashow. Avec son humour noir et absurde, Au poste ! fait surtout penser à Buffet froid de Bertrand Blier. Voir bande annonce en lien.
Au début, le film est presque effrayant car il est crédible : un brave gars qui vient gentiment faire son devoir de citoyen en rapportant un crime, se retrouve accusé à tort par un policier crétin : des flics incompétents, on en voit dans tous les Faites entrer l'accusé ! Le scénario vire vite au non sens cher au réalisateur, avec des situations et des dialogues très décalés. Il faut adhérer au genre, et le film a la grande intelligence de ne durer qu'1h15 : l'absurde est parfait pour des sketches, mais sur la durée d'un long métrage, c'est vite lourd. Au poste me paraît toutefois le film le plus accessible de Dupieux (mémé train de retard n'a pas vu le daim avec Jean Dujardin : j'attends la diffusion télé).

 

26/08/2019

I feel good

i feel good abbe pierre.jpgJacques (Jean Dujardin) voudrait devenir riche en créant sa start-up. Mais pour l'instant, ses idées foireuses et ses petites magouilles le mènent à la rue. Il retrouve alors un vrai chef d'entreprise : sa sœur Monique (Yolande Moreau) qui dirige un village Emmaüs. Monique accepte d’accueillir son frère, à condition qu'il participe à la communauté en faisant un vrai travail utile. Mais Jacques qui n'a jamais bossé de sa vie se révèle calamiteux et poursuit ses rêves de grandeur : en voyant tous ses pauvres gens abîmés par la vie, il a l'idée de leur proposer de la chirurgie esthétique low cost : "t'as un gros potentiel de séduction... ça te dirait de sortir de ta chrysalide ?" Voir la bande annonce en lien. 

i feel good persos.jpg"il n'y a pas de grands pays sans grands patrons" "Moi, comme je dis toujours, si t'as pas un peignoir et des mules à 50 ans, t'as pas réussi ta vie." Le duo de Groland dynamite les travers de la start-up nation à coups de dialogues jubilatoires. Jean Dujardin trouve un rôle à sa démesure. (voir extraits en lien)
Le film a été tourné dans un véritable village Emmaüs, avec les vrais habitants, qui ont donné l'idée du film : montrer comment l'on peut vivre ensemble en auto suffisance. Les centres de l'abbé Pierre recueillent les personnes en difficulté, leur apprennent différents métiers, comme jardiner, coudre, réparer des meubles et de l'electro ménager, afin de revendre les produits recyclés pour faire fonctionner la communauté. Un film drôle et plein d'espoir, avec cette sage conclusion : "l'important, ce n'est pas de réussir, c'est de ne pas louper l'apéro."

Avec son humour positif et son esprit bon enfant, I feel good est plus grand public que les autres films du duo Kervern Delépine. Aaltra, Avida, Mammuth et surtout Near death experience (voir ma critique en lien) me paraissent parfois trop obscurs ou glauques (la scène où Depardieu est au lit avec son oncle dans Mammuth : c'est non). J'ai beaucoup aimé Le grand soir, mais son propos reste pessimiste (lire en lien). Louise-Michel, où des ouvrières emploient un tueurs à gages calamiteux (Bouli Lanners) pour buter leur patron qui veut délocaliser leur usine, était pour moi le film le plus accessible des réalisateurs. Il est désormais supplanté par I feel good.
Petit bémol : j'ai du mal à croire à "la douceur et l'empathie" pour les personnages soulignées par les critiques. Pour moi, ils sont tous plus cons les uns que les autres, même Monique puisqu'elle se laisse prendre au jeu de son frère. La première scène avec les zooms sur les gueules cassées des véritables compagnons d'Emmaüs m'a mise très mal à l'aise : quel besoin de dévoiler en très gros plans insistants leurs dents pourries et leurs yeux de travers ? 

25/08/2019

A la télé ce soir

cinéma, à la télé ce soir, programme télé, clint eastwood, film de science-fiction, comédies françaisesL’embarras du choix en ce dimanche à la télé, assez rare pour mériter la reprise de la chronique !
Tout d'abord, pour les fans de SF, TF1 diffuse deux très bons films avec Tom Cruise.
The edge of tomorrow est une sorte de Un jour sans fin version SF. La ville ennuyeuse qui fête la marmotte est remplacée par un paysage en ruine, une guerre dans le futur contre des extra-terrestres paraissant invincibles. Soldat pleutre et pataud, notre Bill Murray du futur est envoyé à la bataille, il y meurt immédiatement. Il se réveille chaque lendemain et revit la même journée, quotidiennement, dans un comique de répétition absurde et réjouissant. Comme il sait d'avance ce qu'il va se passer, le Pierre Richard maladroit se transforme en Terminator invincible et sûr de lui. il peut s’adapter aux situations et surtout, les modifier. Avec l’aide d’une femme soldat (Emily Blunt) ayant vécu le même phénomène, il cherche la faille des ennemis…
Très bonne surprise. Un bon scénario, très original, avec beaucoup d'humour et de rebondissements. Par son côté apocalyptique, le film rappelle aussi le terrifiant La guerre des mondes, dans lequel Cruise a aussi joué. 

cinéma, à la télé ce soir, programme télé, clint eastwood, film de science-fiction, comédies françaisesEncore une Terre dévastée par les extra terrestres dans le film suivant, Oblivion. Tom Cruise est cette fois-ci chargé de récolter les dernières ressources de notre monde avant de rejoindre le reste des survivants dans une colonie spatiale. Mais peu avant son départ, il découvre un vaisseau accidenté et une femme à l'intérieur... Moins bien construit et original que The edge of tomorrow, mais les décors sont époustouflants (tournés en Islande♥).

cinéma, à la télé ce soir, programme télé, clint eastwood, film de science-fiction, comédies françaisesTout autre registre sur C8, avec Un secret de Claude Miller, tiré d'une histoire vraie bouleversante, celle de Philippe Grimbert. Ce dernier est devenu psychanalyste, on comprend pourquoi il a eu besoin d’explorer l’âme humaine, après le terrible secret de famille qu’il a découvert. Si vous ne connaissez pas l’histoire, je ne veux rien vous en révéler pour ne pas gâcher l’émotion qui ne manquera pas de vous submerger. A ne pas rater. Cécile de France et Patrick Bruel sont formidables.

Après le drame, place au rire avec l'incontournable La cité de la peur sur France 4, même si on l'a vu mille fois. On peut regarder mille fois mille films... Non, on peut regarder mille films une fois, mais on ne peut pas retenir mille répliques... Et si.

cinéma, à la télé ce soir, programme télé, clint eastwood, film de science-fiction, comédies françaisesAutre comédie, La totale de Claude Zidi, sur TF1 séries films (je découvre cette chaîne !) Thierry Lhermitte y joue un agent secret caché sous la couverture d'un paisible fonctionnaire à la vie ronronnante. Sa femme (Miou-Miou) rêve d'aventures et se laisser berner par un minable (Michel Boujenah) qui se fait passer pour espion. Le mari et véritable agent met tous ses moyens à disposition pour démasquer son rival. Une comédie que j'appréciais beaucoup quand j'étais petite et pas revue depuis, je suis curieuse de voir si j'ai toujours les mêmes goûts qu'à 10 ans... Le film a fait l'objet d'un remake américain bien plus musclé, True lies, avec dans la peau de Lhermitte, Schwarzenegger...

cinéma, à la télé ce soir, programme télé, clint eastwood, film de science-fiction, comédies françaisesArte programme Invictus de Clint Eastwood. Le cinéaste sait distiller l’émotion comme personne à travers le récit d'histoires vraies. ici, après son élection, Mandela décide d'unir son pays divisé en le rassemblant autour d'une cause commune : se présenter au championnat du monde de rugby. Sauf que moi justement, le rubgy, ça me fait fuir. Plutôt que de parler de sport et de s'engluer dans les bons sentiments, j'’aurai préféré qu'Easwood insiste sur la stratégie politique.

Le reste de la semaine, à part Blade runner 2049 sur Canal+ mardi, rien d'intéressant n'est proposé. Vous pouvez éteindre la télévision et reprendre une activité normale (regarder des séries sur Netflix, comme black mirror).