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06/07/2015

La isla minima, places de ciné à gagner

isla minima.jpgDeux flics que tout oppose, dans l’Espagne post-franquiste des années 1980, sont envoyés dans une petite ville d’Andalousie pour enquêter sur la disparition de deux adolescentes pendant les fêtes locales. Au cœur des marécages de cette région encore ancrée dans le passé, parfois jusqu’à l’absurde et où règne la loi du silence, ils vont devoir surmonter leurs différences pour résoudre l’affaire. Voir bande annonce en lien.

14 prix, Goyas du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure musique, prix de la critique au festival international du film policier de Beaune… LA ISLA MINIMA est considéré comme « Le true detective espagnol ». On retrouve effectivement des points communs : Une affaire sordide qui dépasse le simple cadre de l’enquête en révélant des dessous plus complexes. Deux coéquipiers aux méthodes et caractères contradictoires, l’un vieux roublard ancien franquiste, l’autre scrupuleux et idéaliste comme l’est Matthew McConaughey (seul bémol : Raul Arévalo ne fait pas autant ronronner que le petit Matou). Des paysages à couper le souffle : les bayous dans True detective, les rizières et méandres du fleuve Guadalquivir qui évoquent un cerveau dans LA ISLA MINIMA…
isla minima fleuve cerveau.jpgJ’ai retrouvé une autre influence, confirmée par le réalisateur Alberto Rodriguez. Et pas n’importe laquelle, celle de l’un de mes films cultes : Memories of murder de Bong Joon-Ho ! Le cinéaste explique également s’être inspiré de l’excellent Le corbeau de Clouzot, l’histoire d’un village où tout le monde à quelque chose à cacher.

Si vous êtes fan de la série et de ces films, vous aimerez certainement LA ISLA MINIMA. J’ai apprécié l'atmosphère poisseuse et mystérieuse, les personnages apparaissant désœuvrés et blasés ou ceux qui veulent trouver un ailleurs plus prometteur, notamment les femmes peu considérées. Ce contexte historique fascinant n’est pas vraiment explicité, le film étant avant tout un thriller. J’ai voulu en savoir plus, et justement le réalisateur révèle dans le dossier de presse :
« Le film se déroule pendant « la transition démocratique », les 5 années qui ont suivi la mort du dictateur Franco en 1975. Une période incontournable pour comprendre ce qu’est devenu le pays et pourquoi nous sommes tombés dans les mêmes travers (…) La transition nous a été vendue par les médias comme une sorte d’instant idéal, nous faisant croire que notre pays était passé des ténèbres au grand jour en un claquement de doigts. Plus de misère, d’émigration, de chômage (…) mais on connaît par exemple la difficulté que rencontre des milliers de familles pour exhumer les corps de leurs parents fusillés ou jetés dans des fosses communes sans aucune forme de procès pendant la guerre de 36 et bien après.

isla minima raul.jpgLe film soulève une question : quel avenir pour nous, pour l’idée de justice ? Le compromis est-il la solution ? Et à quel prix ? Ces 30 dernières années, nos hommes politiques se sont concertés pour « aller de l’avant » par peur de « rouvrir des blessures ». Mais peut-être suffirait-il de les soigner ? Pour qu’elles cicatrisent enfin.
Jusqu’à il y a peu, une femme qui prétendait ouvrir un compte dans une banque espagnole devait avoir l’autorisation de son père ou de son mari. (NDLR : depuis 1975) C’est aberrant, mais c’est vrai. (NDLR : tu crois que c’est mieux en France, pays des droits de l’ « homme » ? Les femmes ne peuvent que depuis 1965 !)
Alberto Rodriguez n’évoque pas un autre sujet incroyable lié à cette période, resté tabou en Espagne, que j’avais découvert dans le documentaire fascinant Les enfants perdus du franquisme : jusqu’aux années 80, des dizaines de milliers de bébés nés de parents républicains sont déclarés mort-nés, mais en fait élevés dans des familles ou institutions franquistes pour être « rééduqués »…

Mais comme le note le réalisateur, « il ne s’agit pas d’effrayer le spectateur potentiel attiré par le thriller qu’est d’abord LA ISLA MINIMA. J’assume la part de critique que véhicule le film. Mais sans jamais l’avoir mise en avant durant la période de promotion en Espagne… »

En partenariat avec LE PACTE, je peux vous faire gagner 5X2 places pour le film. Pour cela, répondez à ces deux questions :
- Quel est le nom du réalisateur de LA ISLA MINIMA ?
- A quelle époque l’histoire se déroule-t-elle ?

Envoyez vos réponses, avec vos noms et coordonnées postales, par le lien « me contacter » sous la photo du chat noir. Vous pouvez renforcer vos chances d’être sélectionné en me suivant sur Facebook ou Twitter. Vous avez jusqu’à lundi 13 juillet prochain, minuit. Le film sort en salles mercredi 15. Jeu qui se limite à la France métropolitaine.

A vous de jouer !

Sinon, à ne pas rater à 22h20 ce soir sur Arte, un film que j'avais adoré quand il était passé sur canal+ en...1995, d'après une histoire vraie, par un réalisateur qui m'était alors inconnu, Peter Jackson : Créatures célestes avec Kate Winslet adolescente : "Les hommes sont ils donc niais pour ne pas nous comprendre ? "

 

09/06/2015

Valley of love avec Depardieu et Huppert : places de cinéma à gagner

valley of love.jpgIsabelle et Gérard se rendent à un étrange rendez-vous dans la Vallée de la mort, en Californie. Ils ne se sont pas revus depuis des années et répondent à une invitation de leur fils Michael, photographe, qu'ils ont reçue après son suicide, 6 mois auparavant. Malgré l'absurdité de la situation, ils décident de suivre le programme initiatique imaginé par Michael...
« Je te demande d’être présente dans La Vallée de la Mort le 12 novembre 2014. Tous les deux, oui tu as bien lu, toi et papa. Tu pourrais croire à une mauvaise blague mais je te jure que c’est la vérité. Et c’est ma seule chance de revenir, c’est le CONTRAT. Il y a un planning des endroits où vous devez aller, le jour précis et les horaires où vous devez m’attendre car je vais revenir, pour peu de temps mais je serai là. Et je vous verrai. » Voir la bande annonce de VALLEY OF LOVE ici en lien.

Deux personnages qui portent les mêmes prénoms que les acteurs, deux monstres sacrés du cinéma français : Isabelle Huppert et Gérard Depardieu. Ce dernier qui a perdu son fils, qui se prénomme Guillaume, comme le réalisateur du film. Guillaume Nicloux a sensiblement le même âge qu’aurait eu le fils de Depardieu. Des personnages qui se retrouvent 30 ans après leur divorce, comme les deux acteurs rejouant ensemble pour la première fois depuis Loulou, qui date de 1980, où ils étaient amants et se séparaient. Loulou, un film réalisé par Maurice Pialat, dont la veuve produit le film de Guillaume Nicloux. Autant de coïncidences troublantes qui donnent envie de voir le film.

Le dossier de presse ose poser directement la question à Isabelle Huppert :
« Ce deuil, Gérard Depardieu l’a vécu dans sa vie réelle. Comment ce drame résonnait-il sur le tournage ?
- On n’en a pas vraiment parlé. Cette tragédie était (…) présente, bien sûr, chez Gérard, mais à un endroit si secret en lui que je n’y avais pas accès. Ou il ne faisait rien pour. »

Il demande moins frontalement à Gérard Depardieu :
« Beaucoup de gens vont penser en voyant ce film… Toi, un cinéaste qui se prénomme Guillaume, le scénario…
- C’est fortuit et en même temps Guillaume le dit très bien. C’est fortuit et ce n’est pas fortuit puisque c’est arrivé.
- C’est quand même un fils qui appelle son père par-delà la mort. Il y a quelque chose de l’ordre de la spiritualité.
- Mais moi je ne fais que des choses spirituelles. La seule chose qui n’est pas spirituelle c’est ce que je vois de mon quotidien, et ce qu’il m’arrive parfois de commenter, pas maladroitement, mais volontairement, parce que j’ai envie d’être volontairement grossier. L’humanité de maintenant est grossière. Donc il n’y a rien à dire, et il n’y a que ça qui m’intéresse. »

valley of love paysage.jpgSacré Gégé, toujours aussi compliqué, peu loquace. Vous avez vu d’ailleurs à son sujet l’excellent documentaire du psychanalyste Gérard Miller ? « Gérard Depardieu, l’homme dont le père ne parlait pas ». On voit qu’il reproduit le schéma… On sent qu’il ne faut pas trop le chercher :

« Dans la lettre du fils (…) de toi, il dit « alcoolique et coléreux »
- Alcoolique et coléreux comme le sont tous les alcooliques. Et en fait, tous les coléreux ne sont pas des alcooliques. Un alcoolique, c’est quelqu’un qui, à cinq heures commence son petit gin, et qui attend huit heures pour essayer de se persuader qu’il est à l’aise. Et puis après, il continue. Mais un alcoolique c’est le contraire de moi. Moi je suis colérique, tonitruant, vivant, chiant, mais innocent. Complètement innocent et intéressé par la vie. »

« Certains vont dire : c’est Loulou 35 ans après. Peut-être aussi Nous ne vieillirons pas ensemble, mais sur le mode « Nous vieillirons ensemble ». Ce que l’on voit dans le film c’est un couple.
- C’est toi qui le dis. Moi je ne vois pas ça, je ne vois pas Loulou, je ne vois pas de références.
- Quand tu lui dis dans le film « Tu te souviens la première fois, quand on est montés à l’hôtel », c’est exactement ce que l’on voit dans Loulou.
- Non. »

Quel rigolo ce Gégé, allez reprends un petit coup de pinard, ça ira mieux. Quant à Nous ne vieillirons pas ensemble, avec Jean Yanne, autre bourru du cinéma français, il reste sans doute mon Pialat préféré.
De Guillaume Nicloux, le film qui retient mes faveurs est La religieuse, adaptation de Diderot, avec déjà Isabelle Huppert. Il est aussi l’auteur d’un film au genre très différent, polar comique : Le poulpe.
Isabelle Huppert, malgré son air pimbêche et sa froideur, je l’apprécie car elle a joué de grands rôles : Madame Bovary, Violette Nozière, puis dans Coup de torchon, La porte du paradis
Notre Gégé(inter)national, on peut en parler des heures : les films de Blier, Tenue de soirée, Préparez vos mouchoirs, les comédies de Veber, La chèvre ; Cyrano de Bergerac ou Le retour de Martin Guerre

J’ai donc hâte de voir ces deux monuments du cinéma français se retrouver dans la vallée de la mort, un lieu magnifique et très cinématographique.

J’ai la chance grâce à LE PACTE de vous faire gagner 5X2 places pour le film VALLEY OF LOVE. Pour cela, répondez à ces deux questions :
- A part Valley of love, citez un autre film dans lequel Gérard Depardieu et Isabelle Huppert ont déjà joué ensemble (il en existe deux autres)
- Citez un autre film réalisé par Guillaume Nicloux.

Envoyez vos réponses avec vos noms et coordonnées postales par le lien « me contacter » sous la photo du chat noir. Vous avez jusqu’au mercredi 17 juin 20 heures, jour de la sortie du film. Jeu qui se limite à la France métropolitaine.

A vous de jouer !

 

07/06/2015

Quiz on connaît le film, papillotes à gagner : les résultats

michel blanc téléphone maison.jpgJe parle toujours de mes papillotes en chocolat hein, pas de moi. Ni de mon chat (quoique, me débarrasser du panda obèse…)
Un jeu qui date du… 4 janvier. Pour gagner des chocolats de noël. Ça valait le coup d’attendre. Plus c’est long, plus c’est bon, non ?
Comme vous le savez, j’ai toujours des papillotes dans ma poche, mais je ne les donne pas à n’importe qui. Il faut les mériter. Il faut bien connaître la Papillote pour recevoir les papillotes. Je vous avais donc concocté un quiz 100 % (radotage) papillotien, avec mes films et auteurs comiques français préférés. Pourtant vous n’avez pas été aussi nombreux que prévu (comment ?! elles ne vous plaisent pas mes papillotes ? Ce cadeau pourtant inestimable, hautement symbolique ?!) Le jeu était sans doute trop long (10 questions mais 3 pages à lire, faut être motivé). Puis tout le monde n’est pas comme mémé intello à connaître par cœur les films de Belmondo. Le magnifique n’a pourtant que… 42 ans, et il est toujours d’actualité puisque OSS 117 s’en inspire, peuh.

Un jeu entièrement inventé et sponsorisé par moi-même. Je ne peux résister à l’envie de rajouter des répliques (le quiz n’est pas assez long) donc je publierai les résultats en deux fois (vous n’êtes plus à une semaine près). Comme je suis vraiment trop cool, j’ai mis en lien les extraits cultes (il m’a fallu beaucoup de temps pour les trouver, alors regardez-les !)

1 ) De quel film ces répliques sont-elles extraites :

« Est-ce que je pourrai dormir chez toi ce soir… j’ai perdu ma mère ce matin.
- Elle est morte ?
- Non non, je l’ai perdue, c’est-à-dire que je l’ai perdue quoi, elle était là et pouf pouf, je l’ai perdue… Mais mon chien est mort par contre. Alors, si je pouvais dormir chez toi, tu vois, juste pour avoir une présence, un compagnon, pour pas être seul…
- Ça fait trois fois qu’il est mort ton chien.
- Oui mais il a beaucoup souffert ! »

- « Parlez-moi de vous plutôt. »

- « Il ne peut plus rien nous arriver d’affreux maintenant ! »

Réponse : - « Je crois que nous avons affaire à un serial killer. » 
Il s’agit évidemment du film Red is dead, euh pardon, de La cité de la peur, une comédie familiale de Les nuls, sortie en 1994 (déjà !)

2 ) Dans quel film avec Louis De Funès entend-on cette réplique : « En tout cas on ne va pas moisir ici. J’ai un petit plan pour tous nous évader… Nous rentrons à Madrid, nous conspirons, le roi répudie la reine, la vieille épouse le perroquet, César devient roi, je l’épouse et me voilà reine ! »

a) La grande vadrouille
b) Les grandes vacances
c) La folie des grandeurs
d) Les grandes espérances

Réponse : La folie des grandeurs, un film d’actualité en ce mois de déclaration des impôts… « Cette année la récolte a été très mauvaise, alors il va falloir payer le double !  C'est normal, les pauvres c'est fait pour être très pauvres, et les riches, très riches ! »

Je vous rajoute la scène qui me pliait de rire quand j’avais 10 ans (et comme j’ai toujours 10 ans…) : la déclaration d’amour cachée derrière le buisson. Evidemment il faut la regarder pour comprendre les malentendus et gags visuels, avec la sublime (hum) Alice Sapritch. Cette actrice m’épatait : elle devait avoir beaucoup d’humour pour accepter de se moquer de son physique quelque peu ingrat :
« - ah madame il faut que je vous le dise, je vous aime. Vous êtes si belle, si rayonnante, si lumineuse… Je vous désire depuis des mois. C’est pas que vous le fassiez exprès, mais vous êtes si aguichante avec vos yeux mutins et vos petits pieds. Oh, mais vous pleurez madame !
- César, je serai à vous corps et âme, voici ma main. (le chien la mord) Petit sauvage ! »

Le film est librement inspiré de Ruy Blas de Victor Hugo. A l’origine, le réalisateur Gérard Oury voulait renouveler le succès du Corniaud et de La grande vadrouille en reprenant le même duo d’acteurs, mais Bourvil est décédé juste avant le tournage (1970). La musique est excellente, signée par mon chouchou Michel Polnareff. J’adore le « thème d’amour » en lien, mais tout l’album est super, comme le western, musique principale. 

- J’adore également le film Les grandes vacances avec De Funès, et sa bande originale qui met de bonne humeur.
- Les grandes espérances est un roman de Charles Dickens et un film de David Lean, donc le contraire d’une comédie !

3 ) Associez la bonne réplique au film correspondant, joué par Michel Blanc :

A) « Toi et moi, on a un peu le même problème, c’est à dire qu’on ne peut pas vraiment miser sur notre physique, surtout toi. Alors si je peux me permettre de te donner un conseil, c’est : « oublie que t’as aucune chance, vas-y, fonce. On sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher »
B) « J’ai eu une rupture. J’ai vécu avec une femme et puis au bout de 48 heures elle a décidé qu’on se séparerait d’un commun accord, alors j’ai pas bien supporté. J’ai même essayé de me suicider. On n’est jamais très original dans ces moments-là. J’ai mis l’adagio d’Albinoni, j’ai avalé deux tubes de laxatif et puis hop. J’ai perdu 16 kilos et ma moquette. Depuis je m’en suis jamais remis tout à fait. Surtout du point de vue digestif, c’est plus comme avant. »
C) « T’as fermé la porte ? Parce que j’ai été attaqué par des renards tout à l’heure (…) J’ai dû mal à parler parce que j’ai les dents qui poussent. »
D) « Sur les bords, au milieu, c’est vrai que je crains un peu » 

a) Les bronzés
b) Les bronzés font du ski
c) Viens chez moi, j’habite chez une copine
d) Marche à l’ombre

Réponses : A)b 
B)a. Jean-Claude Dusse, avec un d comme Dusse.
C)d, Marche à l’ombre, un film réalisé par Michel Blanc lui-même en 1984, reprenant en titre la fameuse chanson de Renaud :
Avant qu'il ait pu dire un mot,
j'ai chopé l'mec par l'paletot 
et j’lui ai dit : « Toi tu m'fous les glandes, 
pi t'as rien à foutre dans mon monde,
arrache-toi d'là, t'es pas d'ma bande
casse toi, tu pues, et marche à l'ombre ! »

D)c, un film de Patrice Leconte de 1981, qui reprend aussi pour titre une chanson de Renaud. La citation en est extraite : 
J'ai le cœur comme une éponge 
Spéciale pour filles en pleurs 
Heureusement parce que ma tronche
C'est pas vraiment une fleur…

4 ) Tous ces films ont le même scénariste. Qui est-il ?

- Les compères
- L’emmerdeur
- La cage aux folles
- La chèvre

Réponse : Francis Veber, ce génie de la comédie. Il joue souvent sur l’association de deux personnages contraires, un gaffeur frêle rêveur et sympathique (Pierre Richard, Jacques Brel, Papillote…) et un costaud cartésien antipathique (Depardieu, Lino Ventura).
- Dans Les compères, un adolescent fait une fugue. Pour le retrouver, la mère déclare à ses deux anciens amants que l’un d’eux est le père du gosse. Les compères Depardieu et Pierre Richard partent à sa recherche…
Par exemple la scène en lien du « il m’a foutu un coup de boule ? » et l’explication qui n’en est pas une : 
« Tu l’as plaqué il a pas compris, alors tu vas mettre les choses au point une bonne fois pour toutes.
- Je veux plus te voir, m’en veux pas c’est comme ça, c’est fini nous deux
En effet, quelle bonne explication ! Là il a bien compris qu’elle le larguait comme une vieille chaussette, sauf qu’il ne sait pas pourquoi !

- Dans La chèvre, on retrouve le même duo d’acteurs. Cette fois-ci le gaffeur Pierre Richard sert de « chèvre » pour retrouver la fille de son PDG aussi malchanceuse que lui, en espérant qu’il tombe dans les mêmes pièges.
« Vous m’avez traité d’abruti ? Je pratique les arts martiaux. La première chose qu’on nous apprend, c’est le contrôle. Un type me traite d’abruti, je ne cogne pas, je le regarde et je m’en vais.
- Eh ben tire-toi alors
- Vous avez de la chance
- Gros connard
- Vous avez de la chance… (il s’en va) pfouhh… Je suis arrivé à un contrôle total. Pardonnez-moi cette démonstration de force, mais j’ai horreur qu’on me marche sur les pieds »

- Dans L’emmerdeur, Jacques Brel tente de se suicider dans un hôtel, car sa femme l’a quitté pour son médecin. Son voisin de chambre, Lino Ventura, tueur à gages, le sauve malgré lui. Dès lors, le dépressif suit le tueur comme un boulet et l’empêche de mener à « bien » sa mission en enchaînant les catastrophes…
« Elle allait le voir tous les jours. Elle s'allongeait sur le divan. Normalement il aurait dû rester dans son fauteuil, lui. C'est toujours comme ça : le malade est sur le divan, et le psychiatre est à côté dans son fauteuil. Il pose des questions, il prend des notes. Et bien là pas du tout ! Hop, tout le monde sur le divan ! Et moi, je payais 60 francs de l'heure. »

« Ce qu'il lui faut, c'est un peu de chaleur humaine. Je m'en occupe. »

- Dans La cage aux folles, Renato et Albin (Michel Serrault) forment un couple d’homosexuels tenant une boîte de travestis. Le fils de Renato doit se marier avec la fille d’un député membre d’un parti très conservateur « union pour l’ordre moral ». Pour ne pas choquer ses futurs beaux-parents, le fils demande à son père de faire semblant d’être marié à une femme… "essayons de le viriliser un peu" :
« J’ai cassé ma biscotte ! »
« Essaie de marcher comme John Wayne, tu descends de cheval, tu t’avances vers le saloon, tu envoies valser la porte et crac ! »

Alors, vous aviez trouvé ? Suite des résultats la semaine prochaine, vous pouvez toujours vous amuser à répondre ici en attendant. 

 

10/05/2015

Connasse, princesse des cœurs

cinéma, cinéma françaisC’est pas moi hein. Mais je veux bien être princesse de vos cœurs par contre.
Petite pensée pour les caissières des cinémas qui doivent alors l’impression de se faire insulter à longueur de journée depuis la sortie du film... Voir bande annonce en lien.

Je connais Camille Cottin depuis ses rôles dans Les comédies Les gazelles et Toute première fois. Cette dernière est aussi réalisée par Noémie Saglio, auteure de Connasse princesse des cœurs. Dans ce film, l’actrice reprend le même principe que ses sketchs diffusés sur Canal+ : des séquences en caméra cachée où elle se montre odieuse et sans gêne avec des inconnus. Par exemple ici dans le métro: lire par-dessus l’épaule d’une femme et tourner les pages de son livre, demander à quelqu’un qui est assis de prendre sa place « sinon je suis debout » ou mettre du déo sous l’aisselle d’un gars !

Je reste hilare devant son audace, mais aussi très gênée : « c’est pas vrai, elle n’a pas osé ! Elle est folle ! » La moitié du temps je détourne la tête de l’écran, ou mets la main sur la bouche, pour cacher à la fois mon sourire et mon désarroi.
Camille Cottin nous bouscule pour notre plus grand bien. À travers la comédie et la provocation qui semble gratuite, mine de rien, elle dénonce et appuie là où ça fait mal. On pense : « est-ce que moi aussi j’ai été comme ça une fois ? Quelle horreur ! » Elle nous faire rire de nos pires travers.

Dans Connasse princesse des cœurs, Camille Cottin incarne comme à son habitude une Parisienne exécrable, qui pense que tout lui est dû et que le monde entier est à son service. Elle veut connaître la gloire et surtout être riche. Un notaire lui explique dans une séquence délirante qu’elle ne peut pas de son vivant hériter entièrement de sa mère. Elle passe alors en revue qui elle doit épouser pour parvenir à ses fins. Un banquier ? Oui mais il finira en prison. Un footballeur ? Oui mais il sentira la transpiration. Elle trouve la solution : une tête couronnée ! C’est parti pour l’Angleterre afin de rencontrer le prince Harry…
Le début est absolument hilarant : la séquence chez le notaire, dans les pharmacies et sur le pont de L’alma pour parler à Lady Di…

Mais en adaptant au cinéma un format court, le film aligne les sketchs, plus ou moins pertinents (le meilleur : le vol du chien !) On s’habitue vite aux outrances de la comédienne et le film commence à tourner en rond au bout d’une heure. J’ai trouvé la fin un peu bâclée et décevante : comment ça, elle ne se marie pas avec le prince Harry finalement ? J’apprends en plus qu'il cherche à se caser pour avoir des enfants. Je suis sûre que Connasse, avec sa grande douceur, sera une mère parfaite ! 

Conscient des défauts du format long, le film a l’intelligence de durer seulement une heure 20 et se suit vraiment avec un grand plaisir. J’ai beaucoup ri. J’ai apprécié la séquence finale où elle se pose dans un parc anglais afin d’exhorter la foule à la rébellion et à être elle-même. Cela montre que le film n’est pas seulement une suite de sketchs un peu vaine, mais est aussi porteur d’un message sous-jacent : il faut oser ! Oui mais pas n’importe quoi, comme Connasse !

Et vous, avez-vous apprécié ce film ?

 

01/05/2015

Birdman

birdman.jpgLe 1er mai, fête du non travail, donc mon jour de l’année préféré, où on offre du muguet en preuve d’amour…
Ils m’auront pas avec leur plante vendue 3 euros le brin et qui ne fleurit que deux jours, j’ai pris du muguet à la cambrousse et je l’ai replanté dans un pot, il repoussera chaque année, na ! (bon je vais vivre 11 mois et demi avec des fleurs fanées dans ma cuisine, c’est peut-être un peu con)

Birdman, oscars du meilleur film, du meilleur réalisateur, meilleur scénario original… Plusieurs personnes m’ont vendu Birdman comme « génial ». Dont une monteuse de cinéma qui m’a expliqué en détail comment le réalisateur avait créé l’illusion d’un film en un seul plan séquence, sans coupure. J’ai failli m’endormir pendant son discours : j’ai détesté monter un film, revoir 10 fois le même passage pour couper au bon moment, quel ennui. (Surtout que, jeune étudiante insouciante, je jouais le rôle principal du court métrage et je n’ai pas réfléchi que j’allais mal supporter de voir ma tronche pendant des jours de montage, puis sur grand écran devant toute ma promo. Grand moment de honte, je ne savais pas si les gens riaient de mes gags ou de moi.)

Donc j’ai été voir Birdman en m’attendant à un chef d’œuvre. Je me suis forcée à retrouver les coupures (on passe devant un rideau ou un mur). L’exercice m’a vite lassée. La caméra virevolte, part du sous-sol d’un théâtre aux toits de Broadway en un clin d’œil, ça va trop vite pour mémé, j’avais le tournis. Surtout, le montage m’apparaît comme une démonstration de style « regardez ce que je sais faire » prétentieuse et un peu vaine. J’ai l’impression qu’Iñárritu a tout misé sur sa prouesse technique originale plutôt que sur le scénario :

Un acteur (Michael Keaton) était mondialement célèbre pour son rôle de super-héros, Batman, euh, Birdman. Ayant pris de l’âge et du gras (la toute première scène où il est en slip, mais beurk quoi) il veut retrouver la gloire perdue et prouver qu’il peut tout jouer. Il décide donc de monter une pièce de théâtre plus sombre et intello que ses rôles habituels. Il s’entoure d’un comédien prétentieux à problèmes, adepte de l’actor’s studio : Edward Norton, drôle mais caricatural (« si tu veux jouer un mec bourré, faut vraiment être bourré » « un vrai artiste est maudit, il souffre, il n’a pas d’amis pas d’amour, personne ne me comprend ! »)
cinéma
Autre souci, la fille du héros sort de désintox et lui en veut (« tu t’es plus préoccupé de ta carrière que de moi ! They tried to make me go to rehab but I said no no no !») Elle est interprétée par Emma Stone et son regard de grenouille extra-terrestre. Pitié Emma arrête le crayon khôl, on a l’impression que tes yeux vont sortir de leurs orbites ! Et reprend vite ta couleur rousse, tu es fade en blonde ! Puis arrête de t’exprimer en sortant les dents et vociférant, mais quelle agressivité et vulgarité cette fille.

Wesh t’as vu, je balance. Birdman se moque des acteurs, qui ne savent pas qui ils sont vraiment, à s’identifier à des personnages, courant après la célébrité et la reconnaissance (l’odieuse journaliste qui détruit des carrières par ses critiques assassines). Je trouve qu’Iñárritu a fait un film mégalo sur des mégalos. Et pourquoi ce sous-titre pompeux et ridicule, « la surprenante vertu de l’ignorance ? » J’aime beaucoup les premiers films du réalisateur (Amours chiennes et 21 grammes, pas revus depuis leurs sorties) mais je trouve qu’il décline (Beautiful avec l’hideuse face de taureau Javier Bardem, quand je pense qu’il est marié à Penelope Cruz)

Je n’ai certainement pas apprécié Birdman à sa juste valeur, j’ai eu du mal à suivre l’histoire et à en rire, car un pervers est venu s’asseoir à côté de moi en cours de séance. Je n’ai pas tourné la tête, donc je ne me suis pas aperçue tout de suite que c’était un homme, qu’il se tenait juste à ma gauche, (les sièges sont larges dans mon cinéma, je pensais qu’il avait laissé un espace) et que la salle était quasiment vide. Quand je l’ai remarqué, très énervée je lui ai lancé un regard noir (qui dans le noir, n’a pas dû se voir). J’ai cogité quelques instants et c’est quand j’ai senti son haleine fétide se rapprocher que j’ai enfin saisi et bougé de place, en empoignant violemment mon sac et en maugréant. Le vieux porc s’est immédiatement levé et est reparti en refermant son manteau. Après je m’en voulais de ne pas avoir compris et réagi plus tôt (j’ai seulement attendu quelques minutes, mais elles m’ont paru une éternité). J’hésitais à sortir pour le signaler, mais j’allais louper le film.

Je suis allée voir le type de la sécurité à la fin, qui m’a répondu :
« Vous n’êtes pas la première, ils sont deux à sévir ces derniers temps, le souci c’est que dans ce cas-là, il faut sortir de la salle discrètement pendant que lui reste, et nous on vient le choper.
- Oui mais si je pars, il va partir aussi. Vous avez bien des vidéos de surveillance, je peux vous dire qu’il a quitté la salle à exactement 16h30, qu’il avait environ 60 ans, les cheveux blancs, des lunettes, le front barré de rides, un regard sévère. Qu’il était bien habillé, en costume et avec un long manteau, genre vieux bourgeois distingué. Il est peut-être encore là, il doit faire toutes les salles.
- On pourrait vérifier, mais… de toute façon c’est sûrement trop tard. Encore vous avez de la chance, vous avez réagi avant les autres femmes, avant que… »

emma stone chien méchant.jpgBref, le mec de la sécurité se fichait de faire son boulot. Depuis, lorsque je vais au cinéma seule, je me crée mon espace vital, mon sac sur le siège de droite, mon manteau de l’autre, et je montre les dents à tous ceux qui s’approchent trop près : « propriété privée, attention chat méchant ». En gros, je fais la gueule d'Emma Stone.
Cet aprèm, je n’aurais même pas pu, j’ai vu Connasse princesse des cœurs (super drôle, cette fille est folle) et la salle était remplie. Plutôt que d’y aller accompagnée le weekend quand il y a foule et qu’il faut arriver en avance pour avoir une bonne place, je préfère encore me rendre au cinéma seule en semaine, quand les salles sont vides (enfin, avec des pervers, mais si ya un prochain, je suis parée !)

 

29/04/2015

Whiplash

cinémaJe viens de voir Shaun le mouton, allez-y gaiement en gambadant, emmenez tout votre troupeau, c’est super marrant. Tous ensemble, tous ensemble, bêê bêeh ! En plus le caissier qui n’avait même pas trente ans m’a appelé mademoiselle, ça change de « la dame » du fermier. Il a rigolé quand j’ai demandé « une place pour Shaun of the dead, euh, le mouton, ouais, c’est pas le même genre ».

Je ne voulais pas voir Whiplash car je n’aime pas le jazz, souvenir de mon premier kiné qui mettait cette musique en boucle dans son cabinet : des chansons molles et sans mélodies qui me déprimaient. Mais des personnes me l’ont conseillé, dont ma BFF (les ados disent encore BFF ?) : « la musique est très dynamique, puis le jeune héros est batteur, je suis sûre que tu aimeras ».
Je vous avais dit que je voulais faire de la batterie quand j’étais petite ? (depuis toutes ces années de blog, mémé radote). Ma mère a décrété que ce n’était pas pour les filles, et elle m’a inscrite à la danse. Quand j’ai vu tous ces tutus roses ridicules et une nazi qui leur hurlait des ordres, je n’ai jamais voulu y retourner.

Je n’aurais sûrement pas pu faire de la batterie non plus, si c’était pour tomber sur un prof aussi sadique que celui de Whiplash. Je supporte mal l’autorité, et quand un chef m’aboie dessus, je lui montre un mépris profond et lui réponds avec condescendance en lui expliquant son boulot. Dans mon ancien travail, j’étais secrétaire (j’ai détesté) et j’ai surpris mes collègues chuchoter « c’est dingue, le directeur a peur d’elle, il ose plus rien lui demander depuis qu’elle l’a remis à sa place ce gros con ! » J’étais pas peu fière. En général quand on me bouscule dans le métro, je dis pardon, quand le plombier met un mois à me réparer ma chaudière, je ne rouspète pas, idem quand bouze télécom ou canal+ augmentent mon abonnement déjà exorbitant... Je me rebelle juste avec les mauvaises personnes quoi, les chefs au travail.

Whiplash martyr.jpgBref, au premier aboiement (disons second, le temps de réaction) du prof dans Whiplash, je l’aurais certainement empalé avec mes baguettes de batterie, et le film aurait duré 2 minutes trente.

Je ne comprends pas trop l’entêtement du héros. Il sort avec une gonzesse sympa, mais lui répond : « j’ai pas de temps à te consacrer, je préfère me faire humilier toute la journée par mon prof et souffrir le martyr. J’ai plus d’amour, j’ai pas le temps, quand la musique est bonne, quand elle ne triche pas, elle guide mes pas. » (enfin il lui sort un truc dans le genre)

Voilà, c’était une critique de film tout à fait conventionnelle, comme d’habitude.
Petit quiz On connaît la chanson à retrouver dans le texte.

 

 

18/04/2015

Lost river de Ryan Gosling

lost river au moins christina elle est belle pas comme l'autre moche.jpgAux Etats-Unis, à Lost river, une ville ruinée par la crise des subprimes, une famille tente de gagner assez d’argent pour conserver sa maison. La mère (Christina Hendricks, la secrétaire aux gros seins de Mad Men) accepte un travail étrange proposé par son banquier, attiré par son physique plantureux. Le fils (Iain De Caestecker, Ryan Gosling en plus jeune) vole du cuivre dans les immeubles abandonnés pour le revendre, mais il fait concurrence au truand de la ville, qui veut sa peau. Il est amoureux de sa voisine. Ensemble, parviendront-t-il à lever la malédiction qui pèse sur Lost river, cette ville engloutie par les eaux ? Voir bande annonce en lien.

Lost river, la ville abandonnée, le paradis perdu, évoque Détroit, où le film a été tourné. Il débute comme un documentaire, avec une interview des vrais habitants. Faute de travail et d’argent, la population fuit ce paysage de désolation : entreprises, écoles et zoo fermés, commerces pillés, maisons incendiées. Une apocalypse qui m’a mis en rage (comme toutes les injustices) : comment une ville prospère comme Detroit, capitale de l’automobile, a-t-elle pu  devenir ce champ de ruines ? Comment a-t-on pu laisser faire les banquiers rapaces ? Le début du film m’a rappelé les excellents documentaires Cleveland contre Wall street, Inside job, et même les investigations de Michael Moore.

matt lambros.jpgRyan Gosling ne souhaite pas réaliser un documentaire réaliste, mais un film très esthétique, à la lisière du fantastique. Ses prises de vues m’évoquent les photographies de théâtres en ruine de Matt Lambros, que l’on peut observer à la galerie Sakura à Bercy village.

Comment trouver de la beauté dans la déchéance, comment renaître de ses cendres, comment rebâtir sur des ruines : voici les thèmes principaux du film de Ryan Gosling.

C’est le grand méchant loup, le banquier qui a ruiné la mère et veut la croquer, qui lui propose un emploi. Elle est seule pour s’occuper de ses enfants, elle paraît si fragile... On tremble pour ce joli chaperon roux… Je trépignais encore d’énervement en la voyant accepter le job sans même savoir de quoi il s’agissait, la voir se jeter dans la gueule du loup, au sens propre comme au figuré : la porte de son travail représente la bouche d’un monstre. Je craignais le pire : la prostitution…

lost river eva mendes trop moche.jpgMais la mère arrive en fait dans un théâtre. Sur scène, une femme (Eva Mendès, encore plus laide et grossière que d’habitude avec un maquillage bleu sur les paupières) joue sa propre mort, devant un public hilare et assoiffé de sang. Les spectateurs reportent leur colère et frustration dues à la crise financière. La femme qui rit de sa fausse souffrance fonctionne comme une catharsis. Sauf que la mère, elle, subit ce rôle… Dans une mise en scène éprouvante, elle fait semblant de découper son beau visage. Plus tard, elle sera enfermée dans un carcan transparent sans pouvoir bouger, et le méchant loup pourra l’observer et faire ce qu’il veut : beau symbole de ce que doivent subir certaines femmes asservies. Ryan Gosling évoque peut-être aussi les stars médiatiques (comme lui ?) qui sont vues comme de beaux objets au service d’un public déchaîné.

Lost river distille donc un certain malaise. J’aurais aimé savoir dès le début qu’un espoir était possible, (oui je vous spoile un peu, mais c’est pour votre bien !) car j’ai vécu le film comme un cauchemar qui prend aux tripes : je savais à l’avance ce qui allait se passer et j’attendais avec angoisse que le couperet tombe.

Puis lorsque la jolie voisine (Saoirse Ronan, Lovely Bones, The grand Budapest hotel) apparaît, je comprends que l’amour et la jeunesse apporteront le renouveau. La jeune fille évoque la malédiction de Lost River, bâtie près d’un ancien village submergé pour faire un barrage. Le film montre que les hommes créent leur propre malheur en détruisant leur environnement. Le passé, les ruines des mondes engloutis doivent refaire surface pour construire l’avenir…

L’espoir vient également, cocorico, du petit frenchie du film, Reda Kateb ! Il est le seul homme bienveillant et protecteur avec la mère et ses enfants. Lors de l’interview, l’acteur nous explique qu’il était très étonné d’avoir été sélectionné « je ne pensais pas que Ryan Gosling connaissait mon existence ! » L’acteur-réalisateur l’avait en fait découvert dans Un prophète et Zero dark thirty,  où il interprète des truands. Avant le formidable Hippocrate où il joue un gentil et humble médecin, j’identifiais bêtement Reda Kateb à ses rôles de méchant et je ne l’appréciais donc pas spécialement... Ryan Gosling n’a pas fait cette erreur. Reda Kateb m’a émue : une journaliste l’a félicité pour son rôle dans L'astragale actuellement en salles, et il est devenu rouge pivoine ! Trop chou, il est timide le petit ! Puis il est venu à la présentation avec son chien, et quelqu’un qui aime les animaux est forcément bien. (les critères papillotiens : des critères universels).

lost river.jpgRyan Gosling avoue s’être inspiré du théâtre français du grand guignol pour ses spectacles macabres. Il m’a surtout fait penser au Silencio et à l’univers étrange de David Lynch, mais aussi à Dario Argento et ses giallo sanglants et colorés. Le réalisateur estime plutôt avoir tourné un « conte de fées sombre » ou un « dark goonies ». Euh ? Comparer le glauque et complexe Lost river à cette comédie d’aventure pour enfants qu’est Les goonies !
On sent aussi que l’acteur s’est inspiré des réalisateurs qui l’ont fait tourner : surtout Nicolas Winding Refn et son bizarre, sanglant et esthétique Only god forgives, ou encore les drames réalistes de Dereck Cienfrance comme The place beyond the pines.

Pourtant Ryan Gosling digère ses nombreuses références pour livrer un film personnel. Lors de la rencontre, il nous révèle : « Cette histoire est similaire à celle de la ville où j'ai grandi. (…) Encore aujourd'hui, l'idée que j'ai pu me baigner dans une rivière au-dessus d'une ville engloutie continue de me mettre mal à l'aise. » Pour le rôle principal, il nous avoue s’être inspiré de sa mère, qui a bataillé pour l’élever seule, lui et son frère. Il nous explique également : « À l'occasion d’un tournage, j'ai découvert Détroit, cette ville m'a profondément marqué. »

La bande originale est aussi soignée, angoissante et onirique que les images, avec par exemple cette chanson de Chromatics, qui a également composé pour Drive : Yes. Ou bien celle chantée par la jeune actrice du film, Tell me.

Lost River ne laisse pas indifférent. Il attirera les midinettes et adolescentes fans de Ryan Gosling (je n’en fais pas du tout partie évidemment, hum). Pourtant il risque de les décevoir par sa noirceur et son côté expérimental. Surtout, Ryanou ne joue pas dedans ! M’enfin, c’était pourtant un très bon argument pour doper les ventes !

 

17/04/2015

Rencontre avec Ryan Gosling

lost river,ryan gosling,ryan gosling est tout de même bien choupinou(voir début ici).
Jour J de mon rendez-vous galant avec Ryanou. J’arrive avec 15 minutes d’avance (effort surhumain). Je constate que la salle est déjà pleine, et largement remplie de filles. Uniquement présentes par intérêt cinéphilique certainement. Comment ça, j’ai des concurrentes ? Ce n’est pas un tête-à-tête amoureux ?
Sur mon fauteuil, je trouve un cadeau, un T-shirt du film. Quel charmant garçon ce Ryan, je suis sûre qu’il l’a cousu lui-même, avec amour, de ses petites mains made in Taïwan Gosling, rien que pour moi… et les 100 autres nanas.

Le film passe… (j’en parlerai demain). On attend la star. Il a du retard, le taxi est coincé dans les bouchons. Ah ben ça, si il avait emprunté le métro comme tout le monde, on n’aurait pas de problème. Non, il ne créerait pas une émeute dans ce lieu public. Ou il pourrait venir en vélib. Parce que dans Paris, en vélo, on dépasse les autos, à vélo dans Paris, on dépasse les taxis.
« Ryan nous fait savoir qu’il sera là dans 4 à 9 minutes précisément »

15 minutes plus tard, toujours rien. Il a pris la Lost river, il s’est perdu en canoë sur la Seine.
Je profite de l’attente pour régler les détails des tâches confiées par mes copines :
« je compte sur toi pour faire des photos !
- avec Ryan et toi !
- et un autographe !
- et un bisou ! »

Je ne suis pas Tom Cruise, je voudrais bien accepter les missions impossibles (surtout le bisou) mais je peux au moins remplir la première. Facile, je vois très bien la scène, je suis à 10 mètres. Je prépare mon cadre. Tout est parfait.

ryan gosling elysée.pngRyanou arrive enfin. Aaaah, il est trop chou, avec son sourire malicieux, ses yeux rieurs, sa dégaine toute simple mais si sexy… Je me retiens avec peine de ronronner, courir me frotter à lui… Je dégaine comme tout le monde mon portable. Je vois tous les écrans autour de moi présenter des images et vidéos parfaites. Les miennes aussi. Beau cadre, on voit très bien Reda Kateb, son chien (oui, il est venu avec son chien !) Ryan et sa chemise de bûcheron entrouverte sur un torse magnifiquement bronzé, musclé et… (bon j’arrête)…et son beau visage… blanc. Mais tout blanc. Rien, aucun trait, comme une vidéo floutée. Un fantôme. (un ange ?)

Sur 45 minutes d’entretien, j’en ai passé 43 à fixer mon écran de portable en grommelant « mais qu’est que c’est que ce bin’s ?! Pourquoi ça marche pas ! Pourtant j’ai bien fait tous les réglages, et si j’appuie là… ah non ça efface tout, et ici… »

Ne me demandez pas ce que Ryan Gosling a dit, j’en sais rien, je n’ai pas écouté, trop concentrée sur ma mission impossible. (mais vous pouvez entendre l'entretien en lien).
Ma voisine sainte Lexou a eu pitié et m’a refilée gentiment des photos (la première du billet). A ma décharge, elle a aussi essayé d’en faire avec mon portable et a obtenu le même résultat que moi. Alors hein, c’est pas vrai, ne m'appelez plus Gaston Lagaffe, c’est pas de ma faute ! C’est juste parce que je suis un chat noir ! Et parce que le vendeur de portable m’a encore roulée en repérant mémé nulle en nouvelles technologies : 
« J'ai besoin d'un portable qui fasse de supers photos, c’est très important.
- J’ai justement le produit idéal, prenez cette daube qui ne coûte que 12 millions ! » (pour mon ancien téléphone qui m’a lâché prématurément, son collègue m’avait tout de même dit « mais qui vous a vendu ça ? on vous a pas dit que c’était de la merde ?! »  Je me suis fait un plaisir de lui lancer devant sa nouvelle cliente pigeon : « AH AH ! C’EST VOUS !!!  Exactement le 23 novembre ! Et vous m’avez dit ces mots précis : « vous ne le regretterez pas !!»)

Avec Ryanou, je n’ai donc pas eu de photos, ni d’autographe, ni de bisou. Il s’est enfui comme un voleur avec ses gardes du corps.
Je reste persuadée que si j’avais pu l’atteindre, il aurait eu le coup de foudre et immédiatement plaqué Eva Mendès pour moi.
Evidemment.

Bémol rassurant : je trouve qu'il s'habille mal. Le gilet de vieux sur la photo d’hier ou la chemise de bûcheron que mémé daltonienne ne peut pas décrire (je la vois verte et kaki mais je suis sûre que vous allez encore me dire que je me trompe).

Demain, enfin la critique du film Lost river.

Petit quiz On connaît la chanson à retrouver dans le texte

 

15/04/2015

Ryan Gosling se marie…

ryan gosling.jpg…Avec moi.
C’était juste pour voir si ce titre allait provoquer un pic de connexion.

Je reçois ce mail :
« Invitation pour une projection privée du film Lost River, en présence de Ryan Gosling et Reda Kateb. Si vous souhaitez obtenir plus d’infos, merci de me renvoyer un message »
Pour la première fois, ni la date ni le lieu ne sont précisés. Pourtant même si je dois travailler le jour J, je réponds oui en 2 secondes trente, sans même lire la fin du texte, en m’arrêtant aux mots « en présence de Ryan Gosling ».

J’empoigne mon portable et envoie à tous mes contacts, même ceux que je n'ai pas vus depuis 2 ans, même ma propriétaire et le plombier… (non je déconne) sans phrase de préambule :
« hiiiiiiiiii (avec 200 « i ») je vais rencontrer… RYAN GOSLING !!!!! (avec 2000 points d’exclamations) ♥♥♥ (et tous les émoticônes cœurs avec flèche et fleurs présents sur mon téléphone).

Toutes mes copines répondent :
« HIIIIII LA CHANCE !!!!! Je veux un autographe !!!!!! ♥♥♥ RYAN !!!!!!»
« HAAAAA LA CLAAAASSE !!!!!! Fais des photos !!!!! ♥♥♥»      

Seuls les garçons, ces êtres étranges, envoient des sms succincts comme :
« cool. »
« sympa. »
Ce sont rien que des jaloux.

Le deuxième mail de confirmation précise : merci de ne pas en parler sur les réseaux sociaux. »
Les 2 millions de contacts sur mon téléphone, c’est bon, ça compte pas comme réseau social ?

Le message ajoute : « Les questions devront porter uniquement sur le film »
Ah non mais désolée, je n’ai qu’un seul et unique sujet à aborder avec Ryanou, un sujet primordial qui éclipse tous les autres, qui nous empêche toutes de dormir, qui bouleverse le monde, qui mérite que je me lève avec mon micro et que je lui lance à travers toute la salle de cinéma :

cinéma, ryan gosling, ryan gosling et Eva mendès, ryan gosling avec eva mendès, qu'est ce qu'elle a de plus que moi, ryan gosling est tout de même bien choupinou« Ryanou chéri, qu’est-ce que tu fous avec Eva Mendès ?! Et tu lui as fait un gosse en plus ! Elle est moche, elle a un regard dur, des traits grossiers ! Puis elle a 7 ans de plus que toi ! Alors que nous deux, mon Ryanou d’amour, on a le même âge à peu près, c’était parfait ! Nan mais qu’est-ce qu’elle a de plus que moi franchement !!! »
C’est vrai quoi, on se demande.
Vous constatez que contrairement aux garçons envieux de Ryanou (parce qu’il é trô bô) je ne suis pas du tout jalouse d’Eva Mendès, je n’observe qu’un simple constat objectif.

En même temps, pour une fois que ce n’est pas un vieux bedonnant qui se tape une bombasse qui pourrait avoir l’âge de sa fille, on ne va pas se plaindre. Ça donne de l’espoir à toutes les cougars. Je vais m’incruster aux fêtes de mon neveu :
« t’as quel âge toi ? 23 ? Comme moi ! Du Malibu orange ? Ah non ça me rappelle une soirée de 2004 où j’en ai trop bu. Comment ça en 2004 j’avais 12 ans ? Mais non j’étais à la fac et… ah si… mais j'étais précoce ! Oui bon, j’étais précoce mais après j’ai redoublé 11 fois ! Danser ? ok mais c’est quoi cette musique de sauvages, mettez-moi radio nostalgie !»

Tu vois bien Ryanou : sortir avec une vieille peau comme Eva Mendès, ce n’est pas possible !

 Suite demain

 

12/04/2015

Jauja avec Viggo Mortensen, places de ciné à gagner

jauja.jpgUn avant-poste reculé au fin fond de la Patagonie, en 1882, durant la « Conquête du désert », campagne génocidaire contre les Indigènes de la région. Les actes de sauvagerie se multiplient de tous côtés. Le Capitaine Dinesen (Viggo Mortensen) arrive du Danemark afin d’occuper un poste d’ingénieur dans l’armée argentine. Il est accompagné de sa fille de 15 ans. Seule femme dans les environs, elle met les hommes en émoi. Elle tombe amoureuse d’un jeune soldat et tous deux s’enfuient. Le Capitaine s’enfonce dans le territoire ennemi pour chercher le jeune couple.
JAUJA est l’histoire de la quête désespérée d’un homme pour retrouver sa fille, une quête solitaire qui nous conduit dans un lieu hors du temps, où le passé n’est plus et l’avenir n’a aucun sens. Voir bande annonce en lien.

Le titre du film tire son nom d’une légende : Les Anciens disaient que Jauja était, dans la mythologie, une terre d’abondance et de bonheur. Beaucoup d’expéditions ont cherché ce lieu pour en avoir la preuve. La seule chose que l’on sait avec certitude, c’est que tous ceux qui ont essayé de trouver ce paradis terrestre se sont perdus en chemin.

C’est après le meurtre d’une amie proche que le réalisateur, Lisandro Alonso, décide de réaliser ce film : « elle a été assassinée loin de là où elle était née (…) Étrangement, je sens que ce travail a pris une tournure irréelle comme pour m’aider à penser le monde et le temps que nous habitons, et la façon dont nous disparaissons pour inexplicablement revenir, par des voies mystérieuses. »

jauja viggo cheri.jpgLe réalisateur est Argentin, mais il fait appel pour le rôle principal à Viggo Mortensen, qui possède la double nationalité américaine et danoise. Dans JAUJA, l’acteur parle danois et espagnol.
J’adore ce type, capable de s’adapter à tous les genres et cultures : il parle français dans Loin des hommes qui se déroule en 1950 dans l’Atlas algérien, il joue un Russe dans Les promesses de l’ombre de Cronenberg. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de le rencontrer pour la sortie du film A history of violence, de Cronenberg également. Je m’attendais à voir le roi du Seigneur des anneaux, et j’ai vu arriver un gars tout simple, avec un pauvre t-shirt informe jaune poussin! Mais Viggo est la classe incarnée, l’habit ne fait pas le moine.
Il est aussi charismatique dans Appaloosa(sur France2 ce soir), une sorte de western comme JAUJA et se déroulant à la même période. Dans l’éprouvant La route, comme dans JAUJA, Viggo Mortensen traverse un territoire hostile et fait tout pour protéger son enfant.

Bref, j’adore cet acteur et je trouve qu’il choisit bien ses films, je ne doute donc pas de l’intérêt de JAUJA. Le film sort en salles le mercredi 22 avril. Il a été présenté à Cannes dans la sélection Un certain regard.

J’ai le plaisir de vous faire gagner en partenariat avec LE PACTE 5X2 places pour voir JAUJA. Pour cela, il suffit de répondre à ces deux questions (réponses dans le texte) :

- D’où vient le nom du film ?
- Dans quels films de David Cronenberg Viggo Mortensen a-t-il joué (il en existe trois mais citez-en au moins deux)?

Envoyez vos réponses avec vos noms et coordonnées postales par le lien « me contacter » sous la photo du chat noir. Vous avez jusqu’au mercredi 22 avril 20 heures, jour de la sortie du film. Jeu qui se limite à la France métropolitaine.

A vous de jouer !