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10/05/2015

Connasse, princesse des cœurs

cinéma, cinéma françaisC’est pas moi hein. Mais je veux bien être princesse de vos cœurs par contre.
Petite pensée pour les caissières des cinémas qui doivent alors l’impression de se faire insulter à longueur de journée depuis la sortie du film... Voir bande annonce en lien.

Je connais Camille Cottin depuis ses rôles dans Les comédies Les gazelles et Toute première fois. Cette dernière est aussi réalisée par Noémie Saglio, auteure de Connasse princesse des cœurs. Dans ce film, l’actrice reprend le même principe que ses sketchs diffusés sur Canal+ : des séquences en caméra cachée où elle se montre odieuse et sans gêne avec des inconnus. Par exemple ici dans le métro: lire par-dessus l’épaule d’une femme et tourner les pages de son livre, demander à quelqu’un qui est assis de prendre sa place « sinon je suis debout » ou mettre du déo sous l’aisselle d’un gars !

Je reste hilare devant son audace, mais aussi très gênée : « c’est pas vrai, elle n’a pas osé ! Elle est folle ! » La moitié du temps je détourne la tête de l’écran, ou mets la main sur la bouche, pour cacher à la fois mon sourire et mon désarroi.
Camille Cottin nous bouscule pour notre plus grand bien. À travers la comédie et la provocation qui semble gratuite, mine de rien, elle dénonce et appuie là où ça fait mal. On pense : « est-ce que moi aussi j’ai été comme ça une fois ? Quelle horreur ! » Elle nous faire rire de nos pires travers.

Dans Connasse princesse des cœurs, Camille Cottin incarne comme à son habitude une Parisienne exécrable, qui pense que tout lui est dû et que le monde entier est à son service. Elle veut connaître la gloire et surtout être riche. Un notaire lui explique dans une séquence délirante qu’elle ne peut pas de son vivant hériter entièrement de sa mère. Elle passe alors en revue qui elle doit épouser pour parvenir à ses fins. Un banquier ? Oui mais il finira en prison. Un footballeur ? Oui mais il sentira la transpiration. Elle trouve la solution : une tête couronnée ! C’est parti pour l’Angleterre afin de rencontrer le prince Harry…
Le début est absolument hilarant : la séquence chez le notaire, dans les pharmacies et sur le pont de L’alma pour parler à Lady Di…

Mais en adaptant au cinéma un format court, le film aligne les sketchs, plus ou moins pertinents (le meilleur : le vol du chien !) On s’habitue vite aux outrances de la comédienne et le film commence à tourner en rond au bout d’une heure. J’ai trouvé la fin un peu bâclée et décevante : comment ça, elle ne se marie pas avec le prince Harry finalement ? J’apprends en plus qu'il cherche à se caser pour avoir des enfants. Je suis sûre que Connasse, avec sa grande douceur, sera une mère parfaite ! 

Conscient des défauts du format long, le film a l’intelligence de durer seulement une heure 20 et se suit vraiment avec un grand plaisir. J’ai beaucoup ri. J’ai apprécié la séquence finale où elle se pose dans un parc anglais afin d’exhorter la foule à la rébellion et à être elle-même. Cela montre que le film n’est pas seulement une suite de sketchs un peu vaine, mais est aussi porteur d’un message sous-jacent : il faut oser ! Oui mais pas n’importe quoi, comme Connasse !

Et vous, avez-vous apprécié ce film ?

 

01/05/2015

Birdman

birdman.jpgLe 1er mai, fête du non travail, donc mon jour de l’année préféré, où on offre du muguet en preuve d’amour…
Ils m’auront pas avec leur plante vendue 3 euros le brin et qui ne fleurit que deux jours, j’ai pris du muguet à la cambrousse et je l’ai replanté dans un pot, il repoussera chaque année, na ! (bon je vais vivre 11 mois et demi avec des fleurs fanées dans ma cuisine, c’est peut-être un peu con)

Birdman, oscars du meilleur film, du meilleur réalisateur, meilleur scénario original… Plusieurs personnes m’ont vendu Birdman comme « génial ». Dont une monteuse de cinéma qui m’a expliqué en détail comment le réalisateur avait créé l’illusion d’un film en un seul plan séquence, sans coupure. J’ai failli m’endormir pendant son discours : j’ai détesté monter un film, revoir 10 fois le même passage pour couper au bon moment, quel ennui. (Surtout que, jeune étudiante insouciante, je jouais le rôle principal du court métrage et je n’ai pas réfléchi que j’allais mal supporter de voir ma tronche pendant des jours de montage, puis sur grand écran devant toute ma promo. Grand moment de honte, je ne savais pas si les gens riaient de mes gags ou de moi.)

Donc j’ai été voir Birdman en m’attendant à un chef d’œuvre. Je me suis forcée à retrouver les coupures (on passe devant un rideau ou un mur). L’exercice m’a vite lassée. La caméra virevolte, part du sous-sol d’un théâtre aux toits de Broadway en un clin d’œil, ça va trop vite pour mémé, j’avais le tournis. Surtout, le montage m’apparaît comme une démonstration de style « regardez ce que je sais faire » prétentieuse et un peu vaine. J’ai l’impression qu’Iñárritu a tout misé sur sa prouesse technique originale plutôt que sur le scénario :

Un acteur (Michael Keaton) était mondialement célèbre pour son rôle de super-héros, Batman, euh, Birdman. Ayant pris de l’âge et du gras (la toute première scène où il est en slip, mais beurk quoi) il veut retrouver la gloire perdue et prouver qu’il peut tout jouer. Il décide donc de monter une pièce de théâtre plus sombre et intello que ses rôles habituels. Il s’entoure d’un comédien prétentieux à problèmes, adepte de l’actor’s studio : Edward Norton, drôle mais caricatural (« si tu veux jouer un mec bourré, faut vraiment être bourré » « un vrai artiste est maudit, il souffre, il n’a pas d’amis pas d’amour, personne ne me comprend ! »)
cinéma
Autre souci, la fille du héros sort de désintox et lui en veut (« tu t’es plus préoccupé de ta carrière que de moi ! They tried to make me go to rehab but I said no no no !») Elle est interprétée par Emma Stone et son regard de grenouille extra-terrestre. Pitié Emma arrête le crayon khôl, on a l’impression que tes yeux vont sortir de leurs orbites ! Et reprend vite ta couleur rousse, tu es fade en blonde ! Puis arrête de t’exprimer en sortant les dents et vociférant, mais quelle agressivité et vulgarité cette fille.

Wesh t’as vu, je balance. Birdman se moque des acteurs, qui ne savent pas qui ils sont vraiment, à s’identifier à des personnages, courant après la célébrité et la reconnaissance (l’odieuse journaliste qui détruit des carrières par ses critiques assassines). Je trouve qu’Iñárritu a fait un film mégalo sur des mégalos. Et pourquoi ce sous-titre pompeux et ridicule, « la surprenante vertu de l’ignorance ? » J’aime beaucoup les premiers films du réalisateur (Amours chiennes et 21 grammes, pas revus depuis leurs sorties) mais je trouve qu’il décline (Beautiful avec l’hideuse face de taureau Javier Bardem, quand je pense qu’il est marié à Penelope Cruz)

Je n’ai certainement pas apprécié Birdman à sa juste valeur, j’ai eu du mal à suivre l’histoire et à en rire, car un pervers est venu s’asseoir à côté de moi en cours de séance. Je n’ai pas tourné la tête, donc je ne me suis pas aperçue tout de suite que c’était un homme, qu’il se tenait juste à ma gauche, (les sièges sont larges dans mon cinéma, je pensais qu’il avait laissé un espace) et que la salle était quasiment vide. Quand je l’ai remarqué, très énervée je lui ai lancé un regard noir (qui dans le noir, n’a pas dû se voir). J’ai cogité quelques instants et c’est quand j’ai senti son haleine fétide se rapprocher que j’ai enfin saisi et bougé de place, en empoignant violemment mon sac et en maugréant. Le vieux porc s’est immédiatement levé et est reparti en refermant son manteau. Après je m’en voulais de ne pas avoir compris et réagi plus tôt (j’ai seulement attendu quelques minutes, mais elles m’ont paru une éternité). J’hésitais à sortir pour le signaler, mais j’allais louper le film.

Je suis allée voir le type de la sécurité à la fin, qui m’a répondu :
« Vous n’êtes pas la première, ils sont deux à sévir ces derniers temps, le souci c’est que dans ce cas-là, il faut sortir de la salle discrètement pendant que lui reste, et nous on vient le choper.
- Oui mais si je pars, il va partir aussi. Vous avez bien des vidéos de surveillance, je peux vous dire qu’il a quitté la salle à exactement 16h30, qu’il avait environ 60 ans, les cheveux blancs, des lunettes, le front barré de rides, un regard sévère. Qu’il était bien habillé, en costume et avec un long manteau, genre vieux bourgeois distingué. Il est peut-être encore là, il doit faire toutes les salles.
- On pourrait vérifier, mais… de toute façon c’est sûrement trop tard. Encore vous avez de la chance, vous avez réagi avant les autres femmes, avant que… »

emma stone chien méchant.jpgBref, le mec de la sécurité se fichait de faire son boulot. Depuis, lorsque je vais au cinéma seule, je me crée mon espace vital, mon sac sur le siège de droite, mon manteau de l’autre, et je montre les dents à tous ceux qui s’approchent trop près : « propriété privée, attention chat méchant ». En gros, je fais la gueule d'Emma Stone.
Cet aprèm, je n’aurais même pas pu, j’ai vu Connasse princesse des cœurs (super drôle, cette fille est folle) et la salle était remplie. Plutôt que d’y aller accompagnée le weekend quand il y a foule et qu’il faut arriver en avance pour avoir une bonne place, je préfère encore me rendre au cinéma seule en semaine, quand les salles sont vides (enfin, avec des pervers, mais si ya un prochain, je suis parée !)

 

29/04/2015

Whiplash

cinémaJe viens de voir Shaun le mouton, allez-y gaiement en gambadant, emmenez tout votre troupeau, c’est super marrant. Tous ensemble, tous ensemble, bêê bêeh ! En plus le caissier qui n’avait même pas trente ans m’a appelé mademoiselle, ça change de « la dame » du fermier. Il a rigolé quand j’ai demandé « une place pour Shaun of the dead, euh, le mouton, ouais, c’est pas le même genre ».

Je ne voulais pas voir Whiplash car je n’aime pas le jazz, souvenir de mon premier kiné qui mettait cette musique en boucle dans son cabinet : des chansons molles et sans mélodies qui me déprimaient. Mais des personnes me l’ont conseillé, dont ma BFF (les ados disent encore BFF ?) : « la musique est très dynamique, puis le jeune héros est batteur, je suis sûre que tu aimeras ».
Je vous avais dit que je voulais faire de la batterie quand j’étais petite ? (depuis toutes ces années de blog, mémé radote). Ma mère a décrété que ce n’était pas pour les filles, et elle m’a inscrite à la danse. Quand j’ai vu tous ces tutus roses ridicules et une nazi qui leur hurlait des ordres, je n’ai jamais voulu y retourner.

Je n’aurais sûrement pas pu faire de la batterie non plus, si c’était pour tomber sur un prof aussi sadique que celui de Whiplash. Je supporte mal l’autorité, et quand un chef m’aboie dessus, je lui montre un mépris profond et lui réponds avec condescendance en lui expliquant son boulot. Dans mon ancien travail, j’étais secrétaire (j’ai détesté) et j’ai surpris mes collègues chuchoter « c’est dingue, le directeur a peur d’elle, il ose plus rien lui demander depuis qu’elle l’a remis à sa place ce gros con ! » J’étais pas peu fière. En général quand on me bouscule dans le métro, je dis pardon, quand le plombier met un mois à me réparer ma chaudière, je ne rouspète pas, idem quand bouze télécom ou canal+ augmentent mon abonnement déjà exorbitant... Je me rebelle juste avec les mauvaises personnes quoi, les chefs au travail.

Whiplash martyr.jpgBref, au premier aboiement (disons second, le temps de réaction) du prof dans Whiplash, je l’aurais certainement empalé avec mes baguettes de batterie, et le film aurait duré 2 minutes trente.

Je ne comprends pas trop l’entêtement du héros. Il sort avec une gonzesse sympa, mais lui répond : « j’ai pas de temps à te consacrer, je préfère me faire humilier toute la journée par mon prof et souffrir le martyr. J’ai plus d’amour, j’ai pas le temps, quand la musique est bonne, quand elle ne triche pas, elle guide mes pas. » (enfin il lui sort un truc dans le genre)

Voilà, c’était une critique de film tout à fait conventionnelle, comme d’habitude.
Petit quiz On connaît la chanson à retrouver dans le texte.

 

 

18/04/2015

Lost river de Ryan Gosling

lost river au moins christina elle est belle pas comme l'autre moche.jpgAux Etats-Unis, à Lost river, une ville ruinée par la crise des subprimes, une famille tente de gagner assez d’argent pour conserver sa maison. La mère (Christina Hendricks, la secrétaire aux gros seins de Mad Men) accepte un travail étrange proposé par son banquier, attiré par son physique plantureux. Le fils (Iain De Caestecker, Ryan Gosling en plus jeune) vole du cuivre dans les immeubles abandonnés pour le revendre, mais il fait concurrence au truand de la ville, qui veut sa peau. Il est amoureux de sa voisine. Ensemble, parviendront-t-il à lever la malédiction qui pèse sur Lost river, cette ville engloutie par les eaux ? Voir bande annonce en lien.

Lost river, la ville abandonnée, le paradis perdu, évoque Détroit, où le film a été tourné. Il débute comme un documentaire, avec une interview des vrais habitants. Faute de travail et d’argent, la population fuit ce paysage de désolation : entreprises, écoles et zoo fermés, commerces pillés, maisons incendiées. Une apocalypse qui m’a mis en rage (comme toutes les injustices) : comment une ville prospère comme Detroit, capitale de l’automobile, a-t-elle pu  devenir ce champ de ruines ? Comment a-t-on pu laisser faire les banquiers rapaces ? Le début du film m’a rappelé les excellents documentaires Cleveland contre Wall street, Inside job, et même les investigations de Michael Moore.

matt lambros.jpgRyan Gosling ne souhaite pas réaliser un documentaire réaliste, mais un film très esthétique, à la lisière du fantastique. Ses prises de vues m’évoquent les photographies de théâtres en ruine de Matt Lambros, que l’on peut observer à la galerie Sakura à Bercy village.

Comment trouver de la beauté dans la déchéance, comment renaître de ses cendres, comment rebâtir sur des ruines : voici les thèmes principaux du film de Ryan Gosling.

C’est le grand méchant loup, le banquier qui a ruiné la mère et veut la croquer, qui lui propose un emploi. Elle est seule pour s’occuper de ses enfants, elle paraît si fragile... On tremble pour ce joli chaperon roux… Je trépignais encore d’énervement en la voyant accepter le job sans même savoir de quoi il s’agissait, la voir se jeter dans la gueule du loup, au sens propre comme au figuré : la porte de son travail représente la bouche d’un monstre. Je craignais le pire : la prostitution…

lost river eva mendes trop moche.jpgMais la mère arrive en fait dans un théâtre. Sur scène, une femme (Eva Mendès, encore plus laide et grossière que d’habitude avec un maquillage bleu sur les paupières) joue sa propre mort, devant un public hilare et assoiffé de sang. Les spectateurs reportent leur colère et frustration dues à la crise financière. La femme qui rit de sa fausse souffrance fonctionne comme une catharsis. Sauf que la mère, elle, subit ce rôle… Dans une mise en scène éprouvante, elle fait semblant de découper son beau visage. Plus tard, elle sera enfermée dans un carcan transparent sans pouvoir bouger, et le méchant loup pourra l’observer et faire ce qu’il veut : beau symbole de ce que doivent subir certaines femmes asservies. Ryan Gosling évoque peut-être aussi les stars médiatiques (comme lui ?) qui sont vues comme de beaux objets au service d’un public déchaîné.

Lost river distille donc un certain malaise. J’aurais aimé savoir dès le début qu’un espoir était possible, (oui je vous spoile un peu, mais c’est pour votre bien !) car j’ai vécu le film comme un cauchemar qui prend aux tripes : je savais à l’avance ce qui allait se passer et j’attendais avec angoisse que le couperet tombe.

Puis lorsque la jolie voisine (Saoirse Ronan, Lovely Bones, The grand Budapest hotel) apparaît, je comprends que l’amour et la jeunesse apporteront le renouveau. La jeune fille évoque la malédiction de Lost River, bâtie près d’un ancien village submergé pour faire un barrage. Le film montre que les hommes créent leur propre malheur en détruisant leur environnement. Le passé, les ruines des mondes engloutis doivent refaire surface pour construire l’avenir…

L’espoir vient également, cocorico, du petit frenchie du film, Reda Kateb ! Il est le seul homme bienveillant et protecteur avec la mère et ses enfants. Lors de l’interview, l’acteur nous explique qu’il était très étonné d’avoir été sélectionné « je ne pensais pas que Ryan Gosling connaissait mon existence ! » L’acteur-réalisateur l’avait en fait découvert dans Un prophète et Zero dark thirty,  où il interprète des truands. Avant le formidable Hippocrate où il joue un gentil et humble médecin, j’identifiais bêtement Reda Kateb à ses rôles de méchant et je ne l’appréciais donc pas spécialement... Ryan Gosling n’a pas fait cette erreur. Reda Kateb m’a émue : une journaliste l’a félicité pour son rôle dans L'astragale actuellement en salles, et il est devenu rouge pivoine ! Trop chou, il est timide le petit ! Puis il est venu à la présentation avec son chien, et quelqu’un qui aime les animaux est forcément bien. (les critères papillotiens : des critères universels).

lost river.jpgRyan Gosling avoue s’être inspiré du théâtre français du grand guignol pour ses spectacles macabres. Il m’a surtout fait penser au Silencio et à l’univers étrange de David Lynch, mais aussi à Dario Argento et ses giallo sanglants et colorés. Le réalisateur estime plutôt avoir tourné un « conte de fées sombre » ou un « dark goonies ». Euh ? Comparer le glauque et complexe Lost river à cette comédie d’aventure pour enfants qu’est Les goonies !
On sent aussi que l’acteur s’est inspiré des réalisateurs qui l’ont fait tourner : surtout Nicolas Winding Refn et son bizarre, sanglant et esthétique Only god forgives, ou encore les drames réalistes de Dereck Cienfrance comme The place beyond the pines.

Pourtant Ryan Gosling digère ses nombreuses références pour livrer un film personnel. Lors de la rencontre, il nous révèle : « Cette histoire est similaire à celle de la ville où j'ai grandi. (…) Encore aujourd'hui, l'idée que j'ai pu me baigner dans une rivière au-dessus d'une ville engloutie continue de me mettre mal à l'aise. » Pour le rôle principal, il nous avoue s’être inspiré de sa mère, qui a bataillé pour l’élever seule, lui et son frère. Il nous explique également : « À l'occasion d’un tournage, j'ai découvert Détroit, cette ville m'a profondément marqué. »

La bande originale est aussi soignée, angoissante et onirique que les images, avec par exemple cette chanson de Chromatics, qui a également composé pour Drive : Yes. Ou bien celle chantée par la jeune actrice du film, Tell me.

Lost River ne laisse pas indifférent. Il attirera les midinettes et adolescentes fans de Ryan Gosling (je n’en fais pas du tout partie évidemment, hum). Pourtant il risque de les décevoir par sa noirceur et son côté expérimental. Surtout, Ryanou ne joue pas dedans ! M’enfin, c’était pourtant un très bon argument pour doper les ventes !

 

17/04/2015

Rencontre avec Ryan Gosling

lost river,ryan gosling,ryan gosling est tout de même bien choupinou(voir début ici).
Jour J de mon rendez-vous galant avec Ryanou. J’arrive avec 15 minutes d’avance (effort surhumain). Je constate que la salle est déjà pleine, et largement remplie de filles. Uniquement présentes par intérêt cinéphilique certainement. Comment ça, j’ai des concurrentes ? Ce n’est pas un tête-à-tête amoureux ?
Sur mon fauteuil, je trouve un cadeau, un T-shirt du film. Quel charmant garçon ce Ryan, je suis sûre qu’il l’a cousu lui-même, avec amour, de ses petites mains made in Taïwan Gosling, rien que pour moi… et les 100 autres nanas.

Le film passe… (j’en parlerai demain). On attend la star. Il a du retard, le taxi est coincé dans les bouchons. Ah ben ça, si il avait emprunté le métro comme tout le monde, on n’aurait pas de problème. Non, il ne créerait pas une émeute dans ce lieu public. Ou il pourrait venir en vélib. Parce que dans Paris, en vélo, on dépasse les autos, à vélo dans Paris, on dépasse les taxis.
« Ryan nous fait savoir qu’il sera là dans 4 à 9 minutes précisément »

15 minutes plus tard, toujours rien. Il a pris la Lost river, il s’est perdu en canoë sur la Seine.
Je profite de l’attente pour régler les détails des tâches confiées par mes copines :
« je compte sur toi pour faire des photos !
- avec Ryan et toi !
- et un autographe !
- et un bisou ! »

Je ne suis pas Tom Cruise, je voudrais bien accepter les missions impossibles (surtout le bisou) mais je peux au moins remplir la première. Facile, je vois très bien la scène, je suis à 10 mètres. Je prépare mon cadre. Tout est parfait.

ryan gosling elysée.pngRyanou arrive enfin. Aaaah, il est trop chou, avec son sourire malicieux, ses yeux rieurs, sa dégaine toute simple mais si sexy… Je me retiens avec peine de ronronner, courir me frotter à lui… Je dégaine comme tout le monde mon portable. Je vois tous les écrans autour de moi présenter des images et vidéos parfaites. Les miennes aussi. Beau cadre, on voit très bien Reda Kateb, son chien (oui, il est venu avec son chien !) Ryan et sa chemise de bûcheron entrouverte sur un torse magnifiquement bronzé, musclé et… (bon j’arrête)…et son beau visage… blanc. Mais tout blanc. Rien, aucun trait, comme une vidéo floutée. Un fantôme. (un ange ?)

Sur 45 minutes d’entretien, j’en ai passé 43 à fixer mon écran de portable en grommelant « mais qu’est que c’est que ce bin’s ?! Pourquoi ça marche pas ! Pourtant j’ai bien fait tous les réglages, et si j’appuie là… ah non ça efface tout, et ici… »

Ne me demandez pas ce que Ryan Gosling a dit, j’en sais rien, je n’ai pas écouté, trop concentrée sur ma mission impossible. (mais vous pouvez entendre l'entretien en lien).
Ma voisine sainte Lexou a eu pitié et m’a refilée gentiment des photos (la première du billet). A ma décharge, elle a aussi essayé d’en faire avec mon portable et a obtenu le même résultat que moi. Alors hein, c’est pas vrai, ne m'appelez plus Gaston Lagaffe, c’est pas de ma faute ! C’est juste parce que je suis un chat noir ! Et parce que le vendeur de portable m’a encore roulée en repérant mémé nulle en nouvelles technologies : 
« J'ai besoin d'un portable qui fasse de supers photos, c’est très important.
- J’ai justement le produit idéal, prenez cette daube qui ne coûte que 12 millions ! » (pour mon ancien téléphone qui m’a lâché prématurément, son collègue m’avait tout de même dit « mais qui vous a vendu ça ? on vous a pas dit que c’était de la merde ?! »  Je me suis fait un plaisir de lui lancer devant sa nouvelle cliente pigeon : « AH AH ! C’EST VOUS !!!  Exactement le 23 novembre ! Et vous m’avez dit ces mots précis : « vous ne le regretterez pas !!»)

Avec Ryanou, je n’ai donc pas eu de photos, ni d’autographe, ni de bisou. Il s’est enfui comme un voleur avec ses gardes du corps.
Je reste persuadée que si j’avais pu l’atteindre, il aurait eu le coup de foudre et immédiatement plaqué Eva Mendès pour moi.
Evidemment.

Bémol rassurant : je trouve qu'il s'habille mal. Le gilet de vieux sur la photo d’hier ou la chemise de bûcheron que mémé daltonienne ne peut pas décrire (je la vois verte et kaki mais je suis sûre que vous allez encore me dire que je me trompe).

Demain, enfin la critique du film Lost river.

Petit quiz On connaît la chanson à retrouver dans le texte

 

15/04/2015

Ryan Gosling se marie…

ryan gosling.jpg…Avec moi.
C’était juste pour voir si ce titre allait provoquer un pic de connexion.

Je reçois ce mail :
« Invitation pour une projection privée du film Lost River, en présence de Ryan Gosling et Reda Kateb. Si vous souhaitez obtenir plus d’infos, merci de me renvoyer un message »
Pour la première fois, ni la date ni le lieu ne sont précisés. Pourtant même si je dois travailler le jour J, je réponds oui en 2 secondes trente, sans même lire la fin du texte, en m’arrêtant aux mots « en présence de Ryan Gosling ».

J’empoigne mon portable et envoie à tous mes contacts, même ceux que je n'ai pas vus depuis 2 ans, même ma propriétaire et le plombier… (non je déconne) sans phrase de préambule :
« hiiiiiiiiii (avec 200 « i ») je vais rencontrer… RYAN GOSLING !!!!! (avec 2000 points d’exclamations) ♥♥♥ (et tous les émoticônes cœurs avec flèche et fleurs présents sur mon téléphone).

Toutes mes copines répondent :
« HIIIIII LA CHANCE !!!!! Je veux un autographe !!!!!! ♥♥♥ RYAN !!!!!!»
« HAAAAA LA CLAAAASSE !!!!!! Fais des photos !!!!! ♥♥♥»      

Seuls les garçons, ces êtres étranges, envoient des sms succincts comme :
« cool. »
« sympa. »
Ce sont rien que des jaloux.

Le deuxième mail de confirmation précise : merci de ne pas en parler sur les réseaux sociaux. »
Les 2 millions de contacts sur mon téléphone, c’est bon, ça compte pas comme réseau social ?

Le message ajoute : « Les questions devront porter uniquement sur le film »
Ah non mais désolée, je n’ai qu’un seul et unique sujet à aborder avec Ryanou, un sujet primordial qui éclipse tous les autres, qui nous empêche toutes de dormir, qui bouleverse le monde, qui mérite que je me lève avec mon micro et que je lui lance à travers toute la salle de cinéma :

cinéma, ryan gosling, ryan gosling et Eva mendès, ryan gosling avec eva mendès, qu'est ce qu'elle a de plus que moi, ryan gosling est tout de même bien choupinou« Ryanou chéri, qu’est-ce que tu fous avec Eva Mendès ?! Et tu lui as fait un gosse en plus ! Elle est moche, elle a un regard dur, des traits grossiers ! Puis elle a 7 ans de plus que toi ! Alors que nous deux, mon Ryanou d’amour, on a le même âge à peu près, c’était parfait ! Nan mais qu’est-ce qu’elle a de plus que moi franchement !!! »
C’est vrai quoi, on se demande.
Vous constatez que contrairement aux garçons envieux de Ryanou (parce qu’il é trô bô) je ne suis pas du tout jalouse d’Eva Mendès, je n’observe qu’un simple constat objectif.

En même temps, pour une fois que ce n’est pas un vieux bedonnant qui se tape une bombasse qui pourrait avoir l’âge de sa fille, on ne va pas se plaindre. Ça donne de l’espoir à toutes les cougars. Je vais m’incruster aux fêtes de mon neveu :
« t’as quel âge toi ? 23 ? Comme moi ! Du Malibu orange ? Ah non ça me rappelle une soirée de 2004 où j’en ai trop bu. Comment ça en 2004 j’avais 12 ans ? Mais non j’étais à la fac et… ah si… mais j'étais précoce ! Oui bon, j’étais précoce mais après j’ai redoublé 11 fois ! Danser ? ok mais c’est quoi cette musique de sauvages, mettez-moi radio nostalgie !»

Tu vois bien Ryanou : sortir avec une vieille peau comme Eva Mendès, ce n’est pas possible !

 Suite demain

 

12/04/2015

Jauja avec Viggo Mortensen, places de ciné à gagner

jauja.jpgUn avant-poste reculé au fin fond de la Patagonie, en 1882, durant la « Conquête du désert », campagne génocidaire contre les Indigènes de la région. Les actes de sauvagerie se multiplient de tous côtés. Le Capitaine Dinesen (Viggo Mortensen) arrive du Danemark afin d’occuper un poste d’ingénieur dans l’armée argentine. Il est accompagné de sa fille de 15 ans. Seule femme dans les environs, elle met les hommes en émoi. Elle tombe amoureuse d’un jeune soldat et tous deux s’enfuient. Le Capitaine s’enfonce dans le territoire ennemi pour chercher le jeune couple.
JAUJA est l’histoire de la quête désespérée d’un homme pour retrouver sa fille, une quête solitaire qui nous conduit dans un lieu hors du temps, où le passé n’est plus et l’avenir n’a aucun sens. Voir bande annonce en lien.

Le titre du film tire son nom d’une légende : Les Anciens disaient que Jauja était, dans la mythologie, une terre d’abondance et de bonheur. Beaucoup d’expéditions ont cherché ce lieu pour en avoir la preuve. La seule chose que l’on sait avec certitude, c’est que tous ceux qui ont essayé de trouver ce paradis terrestre se sont perdus en chemin.

C’est après le meurtre d’une amie proche que le réalisateur, Lisandro Alonso, décide de réaliser ce film : « elle a été assassinée loin de là où elle était née (…) Étrangement, je sens que ce travail a pris une tournure irréelle comme pour m’aider à penser le monde et le temps que nous habitons, et la façon dont nous disparaissons pour inexplicablement revenir, par des voies mystérieuses. »

jauja viggo cheri.jpgLe réalisateur est Argentin, mais il fait appel pour le rôle principal à Viggo Mortensen, qui possède la double nationalité américaine et danoise. Dans JAUJA, l’acteur parle danois et espagnol.
J’adore ce type, capable de s’adapter à tous les genres et cultures : il parle français dans Loin des hommes qui se déroule en 1950 dans l’Atlas algérien, il joue un Russe dans Les promesses de l’ombre de Cronenberg. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de le rencontrer pour la sortie du film A history of violence, de Cronenberg également. Je m’attendais à voir le roi du Seigneur des anneaux, et j’ai vu arriver un gars tout simple, avec un pauvre t-shirt informe jaune poussin! Mais Viggo est la classe incarnée, l’habit ne fait pas le moine.
Il est aussi charismatique dans Appaloosa(sur France2 ce soir), une sorte de western comme JAUJA et se déroulant à la même période. Dans l’éprouvant La route, comme dans JAUJA, Viggo Mortensen traverse un territoire hostile et fait tout pour protéger son enfant.

Bref, j’adore cet acteur et je trouve qu’il choisit bien ses films, je ne doute donc pas de l’intérêt de JAUJA. Le film sort en salles le mercredi 22 avril. Il a été présenté à Cannes dans la sélection Un certain regard.

J’ai le plaisir de vous faire gagner en partenariat avec LE PACTE 5X2 places pour voir JAUJA. Pour cela, il suffit de répondre à ces deux questions (réponses dans le texte) :

- D’où vient le nom du film ?
- Dans quels films de David Cronenberg Viggo Mortensen a-t-il joué (il en existe trois mais citez-en au moins deux)?

Envoyez vos réponses avec vos noms et coordonnées postales par le lien « me contacter » sous la photo du chat noir. Vous avez jusqu’au mercredi 22 avril 20 heures, jour de la sortie du film. Jeu qui se limite à la France métropolitaine.

A vous de jouer !

 

07/04/2015

Les films du mois : Les nouveaux sauvages, Toute première fois...

toute première fois.jpg(mémé et son éternel train de retard n'ose pas préciser de quel mois il s'agit)

Coup de cœur :

- Les nouveaux sauvages de Damian Szifron 

Le meilleur film depuis le début de l’année. Des sketchs qui rappellent les grandes heures de la comédie italienne, comme Les monstres de Dino Risi : mordant, noir, mais tellement jouissif et tellement vrai ! Qui n’a jamais eu envie de se venger des humiliations et injustices subies : d'un fonctionnement administratif retors, d'un chauffard, d'un mari volage… Ici, les personnages pètent les plombs et osent tout ! Une vraie catharsis. A travers la comédie parfois grossière, Les nouveaux sauvages présente un état des lieux précis et alarmant de la société actuelle : le stress permanent, le mépris, l’individualisme, les inégalités. Surtout à travers l’histoire du riche patron qui veut préserver son image en faisant endosser son crime à son pauvre employé, en échange d’une forte somme d’argent… Les meilleurs sketchs selon moi sont celui des hommes sur la route « Je pense que nous avons affaire à un crime passionnel » et le premier dans l'avion. A mon avis, le pilote de l’A320 a dû voir cette séquence… Un film à ne pas rater. Voir la super bande annonce en lien.

- Toute première fois de Noémie Saglio 

Jérémie (Pio Marmaï ) est en couple depuis 10 ans avec un homme qu’il va épouser. Mais il tombe amoureux d’une magnifique Suédoise. C’est sa toute première fois avec une femme… Le scénario peut paraître léger et surtout impossible (selon mon collègue gay, on ne change pas d’orientation sexuelle si facilement !) mais les situations et dialogues sont vraiment drôles. Les acteurs sont parfaits, avec en tête Camille Cottin, la « connasse » de Canal+, bientôt en salles pour se marier avec le prince Harry, dans un film de la même réalisatrice. Chansonnite aiguë oblige : Toute première fois, toute toute première fois ♪♫

- Papa ou maman de Martin Bourboulon
Voir mon billet en lien.

- The voices de Marjane Satrapi

J’ai adoré Persépolis du même auteur, qui racontait sa jeunesse. Ici, rien à voir, Satrapi a accepté une commande. Un homme en apparence gentil et simple est en fait schizophrène. Il croit que son chat lui parle et lui dicte le meurtre des filles qui l’attire. Le scénario, original, promettait (un chat qui parle !) mais le film oscille entre comédie et gore, et je trouve le mélange hasardeux.  Il est difficile de rire avec un serial killer qui découpe les femmes…

- It follows de David Robert Mitchell

La critique le vendait comme un film absolument terrifiant, un chef-d’œuvre. J’ai donc payé ma place (pour une fois !) et payé une autre (en plus !) pour ne pas y aller seule, histoire d’avoir une épaule réconfortante en cas de scène trop difficile à supporter. Mais tout est suggéré, on ne voit rien. J’ai pourtant beaucoup d’imagination, mais je n’ai pas tremblé devant cette histoire d’adolescente poursuivie par une sorte de fantôme zombie qu’elle est la seule à voir. Le mal se répand en fait par relation sexuelle, chaque nouveau partenaire reçoit cette tare et ne peut s’en débarrasser qu’en couchant avec une autre personne. C’est moi où cette idée est dégueulasse ? Qu’est-ce que le réalisateur veut suggérer, que les adolescents feraient mieux de s’abstenir, que d’avoir des rapports, c’est sale et c’est mal ? Comme d’habitude dans les films américains, les personnages ne connaissent pas l’usage du préservatif. Est-ce qu’il aurait enrayé la maladie ? (un film qui aurait pu être sponsorisé par le sidaction ou le Tea party).

- Vincent n’a pas d’écailles de Thomas Salvador

« Un film de super héros 100 % français… »  donc un film où il ne se passe rien. Gentiment décalé, mais un court métrage aurait suffi… Je retiens essentiellement la découverte de cette chanson joyeuse qui donne envie de danser : Fantastic man.

Et vous, appréciez-vous ces films ?

Quiz On connaît la chanson : qui chante toute première fois ?
Au lieu de : "des gouttes salées ont déchiré l'étrange pâleur d'un secret",  j'entendais : "des côtes salées". Du coup, je ne comprenais rien. Déjà que le texte originel est assez abscons...

 

31/03/2015

Les deux pires films de l’année 2014

cinéma- L’amour est un crime parfait des frères Larrieu
Un prof se tape ses étudiantes. La dernière conquête en date disparaît. Sa belle-mère (l’hystérique décapsuleur Maïwenn) se demande ce qui a bien pu se passer… Nous, on sait, et on s’en fout. Scénario très mince, sans intérêt, personnages pathétiques, ambiance glauque (inceste…) Mathieu Amalric joue le rôle principal :  je ne supporte pas ce mec, ses petits yeux noirs enfoncés et cruels, sa voix pincée, beurk. La scène de Karin Viard sur les toilettes… mais pitié, pourquoi ?

Avec la palme, un cauchemar à voir, la moitié des journalistes se sont barrés en plein milieu mais j’ai tenu péniblement jusqu’au bout :

- Un voyage de Samuel Benchetrit
cinémaUn couple part pour le weekend en Suisse. Gentil voyage en amoureux ? Non ! La femme (Anna Mouglalis, compagne du réalisateur) est atteinte d’une maladie incurable et choisit le suicide assisté. Filmé le plus souvent caméra à l’épaule pour que le cadre bouge tout le temps et donne envie de gerber, et en gros plan pour être au plus près de l’intimité obscène des personnages.
Gros plan sur le visage baigné de larmes de l'héroïne qui emmène son fils à l’école, sans lui dire qu’il ne la reverra jamais (sympa pour le gamin !) Gros plan sur le corps dénudé décharné et malade, pendant les scènes de sexe etc. L'hystérique court dans la rue en hurlant, pieds nus, débraillée, larmes et morves qui se mêlent. Et le summum : elle imite un singe pendant une scène interminable.
Le but avoué du film d’après son dossier de presse : susciter un sentiment de malaise et une réaction chez le spectateur. Résultat obtenu : le faire fuir. Par contre c’est sûr, avec ce truc, on approuve tout de suite l’euthanasie : achevez-la pour que le film se termine ! La grande question : comment a-t-il pu trouver un financement ? Benchetrit était pourtant assez marrant avec Janis et John et J’ai toujours rêvé d’être un gangster… La meilleure blague du film : c'est en fait le premier d'une trilogie sur les femmes. J'ai tellement hâte de voir la suite !

4 (bons) films de 2013 vus en 2014 (mémé et son train de retard…) :

- Le loup de Wall Street de Martin Scorsese
- Blue Jasmine de Woody Allen
- Django Unchained de Quentin Tarantino
- The immigrant de James Gray

 

 

30/03/2015

Bilan ciné 2014 : les comédies dramatiques

Hippocrate 2.jpg

Coup de cœur :

- Hippocrate de Thomas Lilti

Le quotidien d’un hôpital, à travers le regard d’un jeune interne encore naïf et idéaliste (Vincent Lacoste, Les beaux gosses). Le réalisateur de 38 ans, qui est aussi médecin généraliste, s’inspire de sa propre expérience. De l’humour, de l’émotion, de la réflexion sur notre société actuelle : faut-il aider à mourir un vieillard qui souffre d’une maladie incurable? Comment soigner avec le manque de moyens et d’effectifs ? Comment affronter les maladies, les peurs des patients, l’erreur médicale ? Comment gérer sa fatigue, les horaires, ses problèmes personnels et supporter la mort et la souffrance de ses patients, comment ne pas se laisser submerger ?

Je n’aurais jamais pu faire médecin ! Je suis beaucoup trop émotive, je fonctionne à l’affectif et je culpabilise vite. Rien que la gamine que je garde qui s’est égratignée le doigt avec un tube de dentifrice, je sortais le fouet pour me flageller : « C’est de ma faute ! Voilà, elle va perdre sa main maintenant, elle va mourir vidée de son sang ! » (j’exagère hein)
J’ai peur des hôpitaux, souvenir d’enfance où je devais rendre visite à mes grands-parents. Pour moi, ce lieu est synonyme de mort, tristesse, solitude : voir tous ces vieux dans ces mouroirs, attendant qu’on leur rende visite… Et cette odeur d’éther atroce !
Pourtant, même si Hippocrate se déroule dans un hôpital, j’ai adoré ce film. Les acteurs sont formidables, avec en tête Réda Kateb. Et la musique est super : Tell me something I don’t know de Herman Dune, je l’écoute souvent depuis.

Pourquoi pas :

cinéma, hippocrate- Jersey boys de Clint Eastwood
- Samba de Oliver Nakache et Eric Tolédano
- Nebraska d’Alexander Payne
Un vieillard mutique et borné, un peu gâteux (Bruce Dern) reçoit une de ses pubs qui inonde les boîtes aux lettres des vieux plus faciles à arnaquer « vous avez gagné le gros lot ! » Sauf que le type y croit vraiment et décide de rejoindre le Nebraska pour retirer son gain. Son fils l’accompagne malgré lui dans cette épopée. Il découvre enfin qui est réellement ce père avec lequel il a du mal à communiquer, quels étaient ses espoirs déçus, comment il a rencontré sa mère, fille pétillante transformée en rombière acariâtre au fil des années de rancœur… L’auteur de The descendants (avec Clooney) continue à explorer les liens affectifs distendus : pourquoi connaît-on si peu les gens qui nous sont pourtant les plus proches, les parents, la famille et notre « moitié » ? Un road movie plus touchant et émouvant que drôle, sauf la scène hilarante chez les cousins ultra beaufs. Le choix du noir et blanc pour faire plus art et intello est franchement superflu.

- New-York melody de John Carney
- Monuments Men de George Clooney
- Tiens-toi droite de Katia Lewkowicz
- Xenia de Panos H. Koutras

Bof bof :

- Near Death Experience de Benoît Delepine et Gustave Kervern
- L’homme du peuple de Andrezj Wajda
J’adore les biopics, celui-ci promettait d’être passionnant : sur Lech Walesa, le leader rebelle de Solidarnosc, prix nobel de la paix, futur président de la Pologne… Mais non.
- Palma real motel de Aarón Fernandez
Au Mexique, un adolescent travaille pendant l’été dans un hôtel qui abrite des couples adultères. Il tombe sous le charme d’une des femmes, plus âges que lui. Le film retranscrit à merveille l’atmosphère poisseuse des gens qui transpirent et s’endorment sous le soleil, du jeune homme qui s’ennuie car il a peu de travail. Justement, l’ambiance est tellement bien rendue qu’on s’ennuie aussi. Pas de grand intérêt à cette banale éducation sentimentale, au scénario faiblard et aux personnages peu consistants. 

Demain, suite et fin (enfin !) avec les deux films les plus insupportables de l'année