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09/04/2021

Les films du mois : les histoires vraies

cinéma, histoire vraie, thrillerSuite des films de mars, après les lanceurs d'alerte (Dark waters, Official secrets, L'ombre de Staline), voici d'autres histoires vraies  :

- BlacKkKlansman : j'ai infiltré le Ku Klux Klan de Spike Lee, Mycanal, 2018

Au début des années 70, un policier noir infiltre le KKK... par téléphone. Il se lie avec ses dirigeants, et un collègue blanc complice (et juif, aussi haï par le KKK) se fait passer pour lui lors des réunions du groupe... voir la bande-annonce en lien.

Traiter des faits tragiques en dévoilant l'absurdité des rites et des membres du KKK à travers une comédie, c'est le parti pris réussi du cinéaste engagé (Malcom X) . Une satire au vitriol de l'Amérique profonde de Trump, qui rappelle les reportages du regretté Effet papillon.  "Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer" comme disait Beaumarchais. La fin du film, avec des images d'archives récentes, nous ramène brutalement à la réalité : tout cela est réel.  A ce propos, je ne peux que vous encourager à regarder l'excellent documentaire d'arte sur le KKK
Spike Lee choisit l'humour et l'inventivité de la mise en scène, avec des enchaînements parfois trop rapides, sans transition. Voici un nouveau film d'espionnage qui lui souffre au contraire d'une narration trop classique :

- The spy de Jens Jonsson, Mycanal, 2019

cinéma, histoire vraie, thrillerLors de la seconde guerre mondiale, une célèbre actrice suédoise devient une espionne chargée de séduire un haut dignitaire nazi. Contrainte ainsi de passer pour une collabo et taire son implication, notamment à sa famille et à son amoureux, elle ne sera crue et réhabilitée que 20 ans après sa mort. Voir la bande annonce en lien.
Un bon film d'espionnage, mais trop classique, il s'oublie vite. Dans le genre, je préfère largement Black book de Verhoeven.

- Le coupable idéal de Mikael Hafstrom, Mycanal, 2020

cinéma, histoire vraie, thrillerAutre histoire vraie venant de Suède, celle du plus grand serial killer du pays. Il est emprisonné à vie dans un asile. Une quinzaine d'années après les faits, un journaliste ressort l'affaire : il découvre que l'homme très solitaire a tout inventé, s'est attribué des meurtres et disparitions non élucidés pour plaire à ses psychiatres et faire parler de lui...Voir la bande annonce en lien.

Cannibalisme, faux traumatismes d'enfance qui expliqueraient sa folie... L'homme a recyclé toutes les théories psys et livres policiers qu'il a pu lire.  + c'est gros, + ça passe, + ça réjouit les médias amateurs de sensationnalisme, + ça plaît aux psys qui inventent des théories ("il recrée son frère jumeau décédé en découpant d'autres corps") Incroyable mais vrai ! Une bonne histoire, mais là aussi traitée de façon trop classique et sommaire pour rester dans les annales, dommage.

08/04/2021

L'ombre de Staline

ombre staline.jpg

Gareth Jones est un jeune journaliste intrépide. Il a interviewé Hitler en 1931 et prévenu le premier ministre britannique, pour lequel il travaille en tant que conseiller, du danger que représente le chancelier et de la guerre qu'il prépare. Mais personne ne veut le croire. Il part à Moscou en 1933, dans le but d'interviewer cette fois-ci Staline. Il y découvre une presse muselée et un secret maintenu autour de l'Ukraine. Il se rend alors clandestinement dans le pays et découvre l'horreur de l'holodomor : la famine généralisée qui fait entre 3 et 5 millions de victimes... Là aussi, personne ne veut l'entendre, à part George Orwell qui en tirera son livre allégorique La ferme des animaux... Voir la bande-annonce en lien.

Lanceur d'alerte contre les fake news des médias (entre un journaliste renommé qui a obtenu le prix Pulitzer et un jeune inexpérimenté : qui croire ?) Un scénario qui fait écho encore aujourd'hui... Une bonne histoire, parfois très sombre (les jeunes enfants affamés contraints de manger le cadavre de leur frère mort...) mais qui souffre d'une narration trop classique et de longueurs.

A l'inverse, voici un film basé sur des faits réels sordides mais qui lui ne manque pas de dynamisme, d'inventivité et même d'humour : BlacKkKlansman : j'ai infiltré le Ku Klux Klan de Spike Lee.
à suivre demain
L'ombre de Staline d'Agnieszka Holland, 2020, sur Mycanal.

07/04/2021

Official secrets

official secrets.jpgAprès Dark waters, suite des histoires vraies avec des lanceurs d'alerte :
2003 : les États-Unis et l’Angleterre souhaitent intervenir en Irak, invoquant les fameuses "armes de destruction massive" fictives de Saddam Hussein.
Katharine Gun (Keira Knightley), employée des renseignements britanniques, reçoit une note de la NSA : les États-Unis sollicitent l'aide de la Grande-Bretagne pour rassembler des informations compromettantes sur certains membres du Conseil de sécurité de l’ONU, et les obliger à voter en faveur de l’invasion. La jeune femme prend alors la décision de divulguer le mémo à la presse pour empêcher la guerre... Voir la bande-annonce en lien.

Encore un lanceur d'alerte, encore un procès (cette fois-ci c'est Ralph Fiennes qui défend l'héroïne). Encore une histoire vraie menée comme un thriller. On s'identifie au cas de conscience de la jeune femme et à son stress de se faire prendre par sa hiérarchie : j'angoisse déjà à l'idée de ramener de mon entreprise du papier destiné à être jeté en guise de brouillon, alors me faire pincer pour haute trahison en divulguant un secret d'état... Un film efficace, qui rappelle le Snowden d'Oliver Stone.

Official secrets de Gavin Hood (réalisateur de Mon nom est Tsotsi et Wolverine), 2019, sur Mycanal.

06/04/2021

Dark waters

dark waters.jpgUn avocat (Mark Ruffalo) défend un agriculteur dont les vaches et l'eau sont empoisonnées par les rejets chimiques d'une entreprise. Cette dernière est le premier employeur de la région.
L'avocat découvre que le scandale n'est pas que local, mais mondial : le produit toxique est utilisé entre autres dans le téflon, revêtement des poêles anti adhésives (téfal) et de nombreux autres objets de la vie courante. L'industrie connaissait les méfaits du produit depuis des dizaines d'années mais n'a rien fait : il lui rapporte un milliard de dollars par an.
Le gouvernement ne fait rien non plus : l'entreprise est trop puissante et bénéficie d'un biais : tout produit non déclaré n'est pas réglementé. Aujourd'hui, cette substance chimique est présente dans 99 % des corps humains. Elle est reconnue pour provoquer de nombreux cancers et maladies. L'avocat et des associations se battent toujours pour retirer ce produit, ainsi que 600 autres non réglementés, envahissant notre alimentation et nos objets... Voir la bande annonce en lien.

Un scandale sanitaire tourné sous forme de thriller, mais aussi de drame social (les riches tout puissants contre l'Amérique profonde). Les ficelles juridiques et les rebondissements qu'elles provoquent sont fascinants.
Un combat obsessionnel qui rappelle celui d'Erin Brockovich. Dans sa quête de vérité, l'avocat sacrifie sa vie de famille, et Anne Hataway n'a clairement pas le beau rôle : la femme au foyer malgré elle, aigrie et râleuse qui a renoncé à sa propre carrière d'avocate pour élever ses mioches (mais pourquoiiiiii) et reproche à son mari de ne jamais être là (entre tenter de sauver le monde et torcher des merdeux, je choisis la première option moi aussi !)
Un grand film, utile, intense, le meilleur de Todd Haynes pour moi (Carol, Loin du paradis).

18/02/2021

Seules les bêtes

cinéma françaisLa version glauque de Je suis là, de l'incommunicabilité et de la solitude renforcées par les réseaux sociaux. Dans l'immensité des Causses où subsistent de rares fermes isolées, une femme disparaît lors d'une tempête de neige. L'enquête piétine, mais 5 personnes se doutent qu'elles sont liées à sa disparition, sans savoir comment...

Après le déluge qui m'a donné envie de regarder Underwater, encore un film inspiré par la météo, puisqu'il se déroule sous la neige. Les montagnes blanches et silencieuses forment un décor idéal pour ce film étrange, à l'image de la filmographie du réalisateur de Harry un ami qui vous veut du bien, Lemming et Le moine. Seules les bêtes me semble le plus abouti, le mieux construit, le plus profond et dramatique. Il ne présente pas une simple enquête policière, mais une étude des relations humaines, de la solitude et ce qu'elle engendre. On suit la trajectoire des protagonistes de l'affaire, on se laisse embarquer sans savoir où, j'ai eu beau cogiter, cette fois-ci, je n'ai pas réussi à deviner la fin.

Un bémol, le cinéaste retombe dans son travers : des éléments restent mystérieux, certains personnages se rencontrent par un hasard incroyable, c'est décevant. Il aurait été facile de lier leurs destins comme dans les films d'Inarritu par exemple (Babel, 21 grammes...)
Avec dans les rôles principaux : Denis Ménochet (aussi inquiétant que dans Jusqu'à la garde) Valeria Bruni-Tedeschi (toujours sur le fil) Laure Calamy, qu'on voit partout en ce moment (10 %, La flamme, Antoinette dans les Cévennes) la troublante Nadia Tereszkiewicz (la série Possessions sur Mycanal) le sympathique Bastien Bouillon (2 automnes, 3 hivers).
- Seules les bêtes de Dominik Moll , 2020, MyCanal

17/02/2021

En eaux profondes

cinémaEn ces temps de déluge et de couvre-feu où on regrette les congés en bord de mer, un bon film pour relativiser. Il est inspiré d'une histoire vraie : un couple en vacances dans un endroit paradisiaque fait de la plongée en groupe et est oublié en plein milieu de la mer et des requins. Voir la bande annonce en lien. 
Très efficace, avec peu de moyens, une unité de lieu et d'action et sans effets spéciaux : les acteurs ont réellement tourné parmi les squales ! Tout est dans l'attente et l'imagination : "vont-ils s'en sortir ou se faire bouffer ?"
On ne voit donc plus que le couple, leur tête qui dépasse de l'eau, face à l'immensité déserte. Parfois, le spectateur aperçoit des requins les frôler, sans qu'eux s'en rendent compte. Peu d'action et pourtant, le procédé fonctionne parfaitement sur les caractères imaginatifs et anxieux qui anticipent le pire comme moi.

Les ressorts psychologiques et les problématiques du couple sont bien dessinés : au début, ils pensent juste s'être trompé de lieu, ils sont persuadés que le bateau va venir les chercher. Ils restent complices et rigolent. Ils commencent à comprendre, essaient de rester calmes et solidaires, puis avec la fatigue, la perte d'espoir, s'en prennent l'un à l'autre "si tu ne t'étais pas attardé à regarder cette anguille ! " "si tu avais bien voulu rejoindre les autres bateaux qu'on voyait au loin au début !" Ils remontent loin, comme les disputes de couples qui s'enveniment :  "et si tu ne travaillais pas autant, on aurait pas pris ces vacances au dernier moment sans préparation !" Avec des si, on met Paris en bouteille, mais pas la mer pleine de requins.

Sur le même sujet d'attaque de requins, une autre histoire vraie est aussi racontée dans The reef, très efficace également.
Par son procédé minimaliste qui fonctionne principalement sur l'imagination du spectateur, Open water m'a rappelé Duel de spielberg, où l'on voit simplement un camion sur une route se faire poursuivre par un autre pendant toute la durée du film : "pourquoi ? qu'est ce qu'il lui veut ? va t-il en réchapper ?"
J'avais beaucoup apprécié Open water à l'époque de sa sortie et mon avis n'a pas changé en le revoyant. Il ne dure qu'1h15, car le procédé ne pourrait tenir sur la longueur.
Open water, en eaux profondes, de Chris Kentis, 2004, Mycanal

 

Underwater

underwater.jpgEncore un film d'épouvante dans l'eau. Cette fois-ci, un supposé séisme détruit une station de forage de pétrole, à 10 000 mètres de profondeur sous l'océan. Les employés survivants tentent de s'enfuir à travers les dédales labyrinthiques de la station. Mais est-ce vraiment un tremblement de terre qui a provoqué le désastre ? D'étranges créatures apparaissent dans le sillage des personnages... Voir la bande annonce en lien.

Alien croisé avec Abyss, la profondeur en moins, même à 10000 sous l'eau. On retrouve les décors similaires (les dédales de la station rappellent le vaisseau Nostromo) et les personnages typiques de ce genre de film : la scientifique biologiste flippée un peu boulet, le rigolo un peu lourdaud, l'intello qui connaît les machines, le commandant brave et responsable.... Même l'héroïne, incarnée par Kristen Stewart, est copiée sur Sigourney Weaver dans Alien 3 (le moins bon) : crâne rasé comme elle. Comme dans Alien, l'entreprise veut à tout prix réaliser des profits en dépit de la sécurité de ses employés et de la préservation de l'écosystème.

Mais contrairement à son modèle qui installe doucement une atmosphère et du suspense, prend le temps de définir ses personnages, on est directement plongé dans l'action, la station explosant dès la première scène. Ce qu'il m'a le plus dérangé, c'est que comme les personnages se retrouvent dans les abysses, sans lumière, qu'ils ont peu de vision à travers leur scaphandre, qu'ils courent et que la caméra subjective filme en se positionnant comme eux, eh bien souvent, on ne voit rien, comme eux : que du noir, de l'agitation. On ne peut pas flipper si on ne comprend pas ce qu'il se passe ! ça m'a rappelé la grande scène de la bataille de nuit dans la dernière saison de Game of thrones, où on ne voyait rien. Inutile de mettre 80 millions de dollars dans ce film du coup... Une petite déception, autant revoir Alien.
Underwater de William Eubank, 2020, MyCanal

12/02/2021

Je suis là

cinéma françaisCertainement à cause de l'algorithme de Mycanal qui me propose des films selon ceux que j'ai appréciés, je m'aperçois que mes semaines sont à thème :
la première : les loups, les films d'aventure puis les comédies françaises autour des nouvelles technologies.
La 2ème, des histoires vraies et des films fantastiques mettant en scène des enfants orphelins.
La 3ème, des films avec Bacri.
La 4e, des films d'animation, et ici la 5ème, des films d'épouvante se déroulant dans l'eau, puis des films français sur la solitude des réseaux sociaux :

- Je suis là d'Eric Lartigau, 2020, MyCanal

Stéphane est aussi désuet que la déco de son restaurant basque. Pour être "dans le coup", il ouvre un compte Instagram et se met à converser avec une abonnée Coréenne. Se sentant pousser des ailes, cet homme à la vie rangée décide de partir sur un coup de tête retrouver cette inconnue...

Alain Chabat qui s'associe à nouveau au réalisateur de Prête-moi ta main, je pensais être conquise. Mais le charme n'opère plus. Le film comporte de nombreuses longueurs (je l'ai regardé en 2 fois) et des incohérences. Plus que drôle et romantique à l'image de prête moi ta main, il est triste et surtout agaçant, voire consternant. voir bande annonce en lien.

Le héros n'échange que des banalités cordiales et peu de mots "ça va ? - Oui et vous" mais il tombe amoureux de la femme. Il est beaucoup plus vieux qu'elle (Chabat a 62 ans, l'actrice Doona Bae 41) mais s'attend à ce qu'elle lui tombe dans les bras. Surtout, il débarque en Corée sans la prévenir ! Quelle femme saine d'esprit accepterait de rencontrer un pareil forceur ? s'il l'avait prévenue, s'ils avaient eu des échanges amoureux, pourquoi pas, la démarche aurait pu être romantique comme l'annonce le film : quelqu'un qui va au bout de ses rêves, part à l'aventure. Mais  là, elle est simplement glauque !

cinéma françaisL'illuminé ne comprend absolument pas le problème et harcèle la pauvre femme de messages ("je suis là"), jusqu'à la suivre sur son lieu de travail ! Au lieu de visiter la ville, il l'attend pendant 12 jours à l’aéroport, en dormant sur des fauteuils comme un clochard. Comme il s'ennuie, il tient la jambe de tous les gens qu'il croise pour leur raconter son histoire de fou ("elle va bientôt arriver, il lui faut juste du temps") se prend en photo avec eux sur Instagram, tout en taguant la pauvre femme sur toutes les photos, l'exposant au public alors qu'elle n'a rien demandé.
Le profil de l'aliéné devient viral (j'aimerais savoir comment il passe de 20 à 300 000 abonnés juste en mettant la photo de sa gueule et de la femme de ménage de l'aéroport ? Où est le réalisme ?) Il devient alors célèbre, mais pas sous le nom du "sociopathe qui harcèle les femmes", non, sous le nom du "french lover"!
A notre époque où l'on parle de plus en plus, enfin, de la violence que subissent les femmes harcelées au quotidien, dans la rue, sur les réseaux sociaux, partout, le réalisateur n'a aucune décence de présenter un forceur comme un romantique, comme un être simplement maladroit et touchant !

Il faut dire que la fille a aussi des torts. Quand le forceur lui annonce  qu'il débarque à l'improviste à Séoul pour la rencontrer, au lieu de lui expliquer la folie de sa démarche et qu'évidemment, elle ne le rejoindra pas à moins d'être escortée de 12 gardes du corps et d'un psychiatre armé d'une camisole, elle lui répond "d"accord, je vous attend à l'aéroport." Ces personnes passives-agressives m'énervent au plus haut point. Comment le mec peut comprendre où il a merdé si elle ne lui explique pas ? Elle finit par le faire quand il la suit et lui impose une confrontation : "vous manquez d'intelligence émotionnelle, vous ne savez pas comprendre ce qu'attendent et pensent les autres, vous forcez les choses." Mais même avec ces explications limpides, le taré ne saisit toujours pas. Heureusement, contrairement à la vraie vie, l'homme repoussé à juste titre ne devient pas agressif.

Chabat qui erre dans l'aéroport en faisant des rencontres étonnantes m'a rappelé Le terminal avec Tom hanks, le choc des cultures m'a évoqué Lost in translation, mais sans leur subtilité. On se demande pourquoi Alain Chabat s'est laissé embarquer dans ce film sordide, en tout cas il ne m'a pas emmenée au 7ème ciel ! Autre reproche : pourquoi Blanche Gardin se sent-elle obligée d'imiter aussi mal l'accent basque ?

 

06/02/2021

Les films d'animation de janvier

soul.jpg- Soul de Peter Docter, 2020, Disney

Joe, prof de jazz dans un collège, voit enfin la chance de sa vie arriver : jouer en concert avec une artiste qu'il admire. Mais il meurt avant de réaliser ce rêve. Il se retrouve par erreur dans "le grand avant"  où les nouvelles âmes doivent acquérir leur "flamme",  leur passion avant d’être envoyées sur Terre. Bien décidé à retrouver sa vie, Joe fait équipe avec 22, une âme espiègle et pleine d’esprit, qui n’a jamais saisi l’intérêt de vivre une vie humaine. En essayant désespérément de montrer à 22 à quel point l’existence est formidable, Joe pourrait bien découvrir les réponses aux questions les plus importantes sur le sens de la vie.
Ce Pixar devait être en salles à noël mais la sortie a été annulée à cause de la pandémie. Beaucoup l'ont classé comme meilleur film de 2020, mais en même temps, on n'a pas eu grand chose à se mettre sous la dent ! (Tenet me paraît surestimé.)

Pour prouver la beauté de la vie et l'importance d'avoir une passion qui nous transporte, le film montre des concerts de jazz improvisé. Justement, cette absence totale de mélodie m'a toujours vrillée les nerfs, vraiment, pour moi c'est inaudible, une suite de notes sans cohérence. Si je faisais du jazz improvisé, j'aurais envie de crever plutôt que de retrouver à tout prix mon corps ! Moi qui adore les musiques de film comme ici en lien celle de Morricone, il y en a au moins une que jamais je n'écouterai !

Eh bien malgré cet handicap, j'ai apprécié Soul, pour vous dire comme le film est bon. Le dédale dans le grand avant et son fonctionnement m'a rappelé celui de l'inconscient de Vice versa, du même auteur. Vouloir prouver que chacun est utile et comment la vie peut être appréciable dans ses petits instants m'a fait penser à La vie est belle de Capra. Puis comme toujours chez Pixar, le rythme est haletant, les personnages bien campés (hilarante 22 avec la voix de Camille Cottin en vf, délirant mystique avec la voix de Ramzy). A voir.

- Rox et Rouky, 1981, Disney

rox et rouky.jpgUn chiot et un renardeau deviennent amis. Mais le chien est utilisé pour la chasse... J'avais oublié à quel point ce film est triste : Rox dont un chasseur tue la mère, la mamie solitaire qui le recueille puis se voit contrainte à son grand désespoir de l'abandonner à nouveau pour lui sauver la vie, et qui se retrouve donc à nouveau seule, les deux amis qui ne se comprennent plus...  L'un des plus profonds, des plus sombres, des plus poétiques et des meilleurs Disney. Peut-on aller contre les préjugés, contre "sa nature" ?  Une ode à la beauté de la vie sauvage et à la tolérance.

- Les aristochats, 1971, Disney

aristochats.jpgLe film est précédé d'un avertissement : il emploie des préjugés racistes. Ce serait en fait le chat siamois qui joue au piano avec des baguettes chinoises. Je trouve la polémique démesurée. Le film a 50 ans, il faut le remplacer dans son contexte ! A ce moment là, autant mettre un avertissement pour tout : "ce film porte des préjugés de classe, de sexe", etc... Au moins il n'a pas été censuré ! Je ne renie pas ce classique de mon enfance (voir chanson "des gammes et des arpèges" en lien).

- Les enfants de la mer de Ayumu Watanabe, 2019, Canal+

enfant mer.jpgUne adolescente est exclue de son club de handball, car elle a répondu coup pour coup à une adversaire et refuse de s'excuser. Furieuse et désœuvrée, elle rend visite à son père, qui travaille dans un aquarium. Elle y fait la connaissance d'un enfant étrange qui a été élevé par des dugongs.
Un film couvert d'éloges, écologique et poétique, aux dessins magnifiques, à la musique de Joe Hisaishi (compositeur pour Miyazaki). Il aurait donc dû me plaire, mais je suis restée hermétique à cette fable mystique philosophique beaucoup trop perchée. Même la musique pop mielleuse n'est pas à la hauteur du génie d'Hisaishi, comme ici en lien Princesse Mononoké, ma préférée.
15 minutes sur le handball, puis on n'en parle plus jamais, on part sur un tout autre sujet ? J'ai décroché quand le mec embrasse la fille pour lui faire avaler un bout de météorite, puis lui dit de "s'ouvrir le ventre quand il sera temps" pour la donner à l'autre ado. C'est sûr les images sont belles, une explosion de couleurs... Faut peut-être que je me mette au LSD pour apprécier le film.

04/02/2021

Les films fantastiques de janvier

quelques minutes.jpg- Quelques minutes après minuit de Juan Antonio Bayona, 2016

Le jeune Conor est moqué par ses camarades à l'école. A la maison, il supporte sa mère malade (Felicity Jones) et sa grand-mère acariâtre (Sigourney Weaver). Il fuit ses problèmes la nuit dans ses rêves, où un mystérieux arbre (avec la voix de Liam Neeson) lui narre des contes, dont la sagesse apprend à l'enfant à surmonter les épreuves.... 
La genèse du film est bouleversante. Atteinte d'un  cancer du sein et sentant sa mort prochaine, l'autrice de livres pour enfants Siobhan Dowd, a eu cette idée de conte permettant de surmonter le deuil. Elle n'a malheureusement pas eu le temps de l'écrire, elle est décédée avant, à 47 ans. 
L'esthétique et les morales des contes dessinés m'ont fait penser aux Contes de la nuit d'Ocelot. L'enfant triste qui fuit la dure réalité grâce à une créature imaginaire me rappelle Le labyrinthe de Pan (cliquez sur la berceuse sublime mais la plus triste du monde en lien). Il m'a aussi rappelé L'orphelinat, réalisé lui aussi par Bayona.. 
Les thèmes de la famille et du deuil se retrouvent dans la filmographie du réalisateur, à travers l'orphelinat et The impossible (l'histoire vraie d'une famille séparée par le tsunami de 2004 en Thaïlande, avec Naomi Watts et Ewann McGregor). 

- La dernière vie de Simon de Léo Karmann, 2019 

derniere vie simon.jpgAutre histoire fantastique avec un enfant orphelin, Simon désespère d'être adopté un jour. A l'occasion d'une sortie, il rencontre une fratrie de son âge. On l'autorise à passer un week-end dans cette famille chaleureuse, et Simon révèle son secret à ses nouveaux frères de coeur : il peut se transformer en la personne qu'il souhaite...
Une idée très originale, malheureusement elle traîne en longueur, avec des incohérences, une musique envahissante et des excès de sensiblerie horripilants. Les fils de Sam Karmann ("on  peut tromper 1000 fois 1 personne. Non..") sont vus comme les Spielberg français, je n'irai pas jusque-là ! 

- The room de Christian Volckman, 2019

room.jpgEncore un film fantastique français, mais bien meilleur selon moi. Un couple emménage dans une maison isolée. Il y découvre une pièce qui exauce tous leurs désirs... voir bande annonce en lien.
Le sujet du jeune couple qui se met en ménage et se retrouve piégé par un gosse m'a fait penser à Vivarium (voir ma critique en lien) mais en beaucoup moins flippant. En vérifiant le dossier presse, je constate que le film s'inspire aussi de la nouvelle de Richard Matheson, The box. Je l'ai pourtant lu, vu son adaptation dans la série la 5ème dimension et le film réalisé par Richard Kelly (Donnie Darko) avec Cameron Diaz, je n'avais pas saisi la ressemblance ! Agréablement surprise par ce film au pitch original et malin (je les lis rarement avant de commencer un film, pour garder la surprise).