Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19/07/2015

Sorcerer, le convoi de la peur de William Friedkin

sorcerer.jpgLe titre vous rappelle quelque chose ? Normal, c’est le remake du film de Clouzot, Le salaire de la peur. Le nom du réalisateur vous est familier ? Encore normal, c’est lui qui a signé l’un des films d’horreur les plus terrifiants (si ce n’est « le ») : L’exorciste. Il a « commis » dernièrement le non moins malsain Killer Joe avec Matthew McConaughey et la scène du « pilon de poulet ».  Dans le même genre dérangeant, il a également réalisé l'excellent Bug.
Bref, si vous en doutiez encore, William Friedkin est maître dans l’art de jouer avec les nerfs du spectateur. Angoisse renforcée par la musique de Tangerine dream. Et le maître pense que Sorcerer « en dépit de tous les problèmes, dépassements de budget, égos maltraités et amitiés brisées, je considérais, et considère encore, que Sorcerer est le meilleur film que j’ai réalisé » .
Je cite le dossier de presse, j'étais invitée à interviewer le cinéaste, mais la rencontre avait lieu le soir du concert de McCartney...Voir bande annonce en lien.

sorcerer persos.jpgDans Sorcerer, trois hommes qui ne se connaissent pas, des fugitifs, fauchés et désespérés, se terrent dans un infâme bidonville au fin fond de l’Amérique du Sud. Ils ont fui leurs pays respectifs pour des motifs divers : Manzon (Bruno Cremer) banquier français, a perdu l’argent de son beau-père dans un placement frauduleux. Kassem (Amidou) terroriste arabe, est recherché par la police israélienne suite à un attentat à Jérusalem. Scanlon (Roy Scheider) chauffeur d’un gang américain, est poursuivi par des mafieux après un casse. Ils trouvent l’occasion de se racheter dans une mission hautement périlleuse : afin d’éteindre un incendie dans des puits de pétrole, et permettre ainsi à la population de pouvoir retravailler et survivre, ils conduisent deux camions contenant des caisses de nitroglycérine. Ceci sur 300 km, à travers la jungle, des pluies torrentielles et un danger de mort omniprésent… Bref, l’enfer.

Le film est une métaphore de la condition humaine : trouver un moyen de travailler ensemble ou bien disparaître. Une idée qui se concrétise par le choix de protagonistes aux nationalités et motivations différentes. Comme l’explique le réalisateur, « les personnages sont des hommes brisés qui ne partagent que leur volonté de survivre face aux affres du destin. »

Sorcerer est le nom du camion conduit par Bruno Cremer. Le titre fait référence à L’exorciste, mais aussi à l’album de Miles Davis que le réalisateur écoutait à l’époque.
Le film sort initialement en 1977. Grâce aux immenses succès de L’exorciste puis de French connection, Friedkin est libre et obtient ce qu’il désire de la part des studios. Mais il se heurte à une série de problèmes et un injuste échec commercial, qu’on espère rétabli aujourd’hui pour cette seconde sortie :
Le rôle-titre tenu par Roy Scheider devait être attribué à Steve McQueen. Ce dernier venait de se marier avec sa partenaire de Guet-apens, Ali MacGraw (Love story), qu’il tenait à garder à portée de main. Faute de rôle féminin dans Sorcerer, il avait proposé à Friedkin qu’elle devienne productrice exécutive. Mais « comme un imbécile, j’ai refusé. Je ne savais pas à l’époque qu’un gros plan de Steve McQueen vaut plus que les plus beaux paysages de la planète. »
Le reste du casting initial, conditionné par la présence de la star américaine, s’écroule tel un château de cartes : Marcello Mastroianni et Lino Ventura. Le cinéaste embauche des acteurs moins connus qui attirent moins les foules, malgré l’excellence de leur jeu.

sorcerer jungle.pngLe tournage, sur 5 pays et 4 continents, ne se passe pas sans heurts. En république dominicaine, la moitié des membres de l’équipe tombent malades, victimes d’intoxication alimentaire, de gangrène ou de malaria. Friedkin doit aussi se séparer du jour au lendemain d’une partie de ses coéquipiers, coupable de consommer des drogues.
Bruno Cremer expliquait : «  le tournage a duré 1 an, dans des conditions épouvantables. 6 mois dans la jungle, en décors naturels, les techniciens ont même demandé aux ouvriers locaux de construire un barrage à cause d’une crue qui finalement n’a pas eu lieu ! Friedkin était dans un état second, il parlait souvent des peintures de Francis Bacon, et dirigeait son équipe dans un silence de mort ! Ce film représentait quelque chose pour lui, une sorte d’expérience existentielle. Dès que l’hélicoptère de Friedkin se pointait, les techniciens se taisaient subitement… le maître arrivait ! Et si l’un d’eux foirait un truc, il était renvoyé le soir même ! »

Sorcerer devait coûter initialement 2,5 millions, mais à cause de tous ces inconvénients, il en nécessitera quatre fois plus. Lors de sa première sortie en 1977, il remporte 6 millions de dollars au box-office, quand il en fallait 40 pour rentrer dans les frais.
Selon Peter Biskind qui a écrit le livre culte Le nouvel Hollywood, l’échec de Sorcerer est dû à la sortie simultanée de Star Wars. Avec son tournage principalement en studio et son histoire fantaisiste, le film de George Lucas s’oppose à la rigueur documentaire de Friedkin,  et sonne le glas des tournages en conditions réelles, comme l’est Sorcerer ou Apocalypse now de Coppola.
Pour économiser, les deux studios Universal et Paramount qui ont investi dans le film, en retirent 30 minutes pour la sortie internationale. Ils enlèvent le prologue, qui explique comment les protagonistes en sont arrivés là. Ce qui est justement selon moi la partie la plus intéressante ! Elle n’existe pas dans le film originel, Le salaire de la peur. Elle permet de mieux comprendre les motivations et caractères des personnages.
Dès les premières minutes, on remarque le talent de metteur en scène de Friedkin : découpage serré, chaque plan à un sens. On le comprend lorsqu’il estime que Sorcerer : « est l’un de mes seuls films dont je ne toucherai pas une seule image ».

Aujourd'hui, avec cette seconde sortie, nous pouvons enfin bénéficier du director's cut. Espérons que cette fois-ci Sorcerer trouvera enfin le succès qu'il mérite.

 

06/07/2015

La isla minima, places de ciné à gagner

isla minima.jpgDeux flics que tout oppose, dans l’Espagne post-franquiste des années 1980, sont envoyés dans une petite ville d’Andalousie pour enquêter sur la disparition de deux adolescentes pendant les fêtes locales. Au cœur des marécages de cette région encore ancrée dans le passé, parfois jusqu’à l’absurde et où règne la loi du silence, ils vont devoir surmonter leurs différences pour résoudre l’affaire. Voir bande annonce en lien.

14 prix, Goyas du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure musique, prix de la critique au festival international du film policier de Beaune… LA ISLA MINIMA est considéré comme « Le true detective espagnol ». On retrouve effectivement des points communs : Une affaire sordide qui dépasse le simple cadre de l’enquête en révélant des dessous plus complexes. Deux coéquipiers aux méthodes et caractères contradictoires, l’un vieux roublard ancien franquiste, l’autre scrupuleux et idéaliste comme l’est Matthew McConaughey (seul bémol : Raul Arévalo ne fait pas autant ronronner que le petit Matou). Des paysages à couper le souffle : les bayous dans True detective, les rizières et méandres du fleuve Guadalquivir qui évoquent un cerveau dans LA ISLA MINIMA…
isla minima fleuve cerveau.jpgJ’ai retrouvé une autre influence, confirmée par le réalisateur Alberto Rodriguez. Et pas n’importe laquelle, celle de l’un de mes films cultes : Memories of murder de Bong Joon-Ho ! Le cinéaste explique également s’être inspiré de l’excellent Le corbeau de Clouzot, l’histoire d’un village où tout le monde à quelque chose à cacher.

Si vous êtes fan de la série et de ces films, vous aimerez certainement LA ISLA MINIMA. J’ai apprécié l'atmosphère poisseuse et mystérieuse, les personnages apparaissant désœuvrés et blasés ou ceux qui veulent trouver un ailleurs plus prometteur, notamment les femmes peu considérées. Ce contexte historique fascinant n’est pas vraiment explicité, le film étant avant tout un thriller. J’ai voulu en savoir plus, et justement le réalisateur révèle dans le dossier de presse :
« Le film se déroule pendant « la transition démocratique », les 5 années qui ont suivi la mort du dictateur Franco en 1975. Une période incontournable pour comprendre ce qu’est devenu le pays et pourquoi nous sommes tombés dans les mêmes travers (…) La transition nous a été vendue par les médias comme une sorte d’instant idéal, nous faisant croire que notre pays était passé des ténèbres au grand jour en un claquement de doigts. Plus de misère, d’émigration, de chômage (…) mais on connaît par exemple la difficulté que rencontre des milliers de familles pour exhumer les corps de leurs parents fusillés ou jetés dans des fosses communes sans aucune forme de procès pendant la guerre de 36 et bien après.

isla minima raul.jpgLe film soulève une question : quel avenir pour nous, pour l’idée de justice ? Le compromis est-il la solution ? Et à quel prix ? Ces 30 dernières années, nos hommes politiques se sont concertés pour « aller de l’avant » par peur de « rouvrir des blessures ». Mais peut-être suffirait-il de les soigner ? Pour qu’elles cicatrisent enfin.
Jusqu’à il y a peu, une femme qui prétendait ouvrir un compte dans une banque espagnole devait avoir l’autorisation de son père ou de son mari. (NDLR : depuis 1975) C’est aberrant, mais c’est vrai. (NDLR : tu crois que c’est mieux en France, pays des droits de l’ « homme » ? Les femmes ne peuvent que depuis 1965 !)
Alberto Rodriguez n’évoque pas un autre sujet incroyable lié à cette période, resté tabou en Espagne, que j’avais découvert dans le documentaire fascinant Les enfants perdus du franquisme : jusqu’aux années 80, des dizaines de milliers de bébés nés de parents républicains sont déclarés mort-nés, mais en fait élevés dans des familles ou institutions franquistes pour être « rééduqués »…

Mais comme le note le réalisateur, « il ne s’agit pas d’effrayer le spectateur potentiel attiré par le thriller qu’est d’abord LA ISLA MINIMA. J’assume la part de critique que véhicule le film. Mais sans jamais l’avoir mise en avant durant la période de promotion en Espagne… »

En partenariat avec LE PACTE, je peux vous faire gagner 5X2 places pour le film. Pour cela, répondez à ces deux questions :
- Quel est le nom du réalisateur de LA ISLA MINIMA ?
- A quelle époque l’histoire se déroule-t-elle ?

Envoyez vos réponses, avec vos noms et coordonnées postales, par le lien « me contacter » sous la photo du chat noir. Vous pouvez renforcer vos chances d’être sélectionné en me suivant sur Facebook ou Twitter. Vous avez jusqu’à lundi 13 juillet prochain, minuit. Le film sort en salles mercredi 15. Jeu qui se limite à la France métropolitaine.

A vous de jouer !

Sinon, à ne pas rater à 22h20 ce soir sur Arte, un film que j'avais adoré quand il était passé sur canal+ en...1995, d'après une histoire vraie, par un réalisateur qui m'était alors inconnu, Peter Jackson : Créatures célestes avec Kate Winslet adolescente : "Les hommes sont ils donc niais pour ne pas nous comprendre ? "

 

09/06/2015

Valley of love avec Depardieu et Huppert : places de cinéma à gagner

valley of love.jpgIsabelle et Gérard se rendent à un étrange rendez-vous dans la Vallée de la mort, en Californie. Ils ne se sont pas revus depuis des années et répondent à une invitation de leur fils Michael, photographe, qu'ils ont reçue après son suicide, 6 mois auparavant. Malgré l'absurdité de la situation, ils décident de suivre le programme initiatique imaginé par Michael...
« Je te demande d’être présente dans La Vallée de la Mort le 12 novembre 2014. Tous les deux, oui tu as bien lu, toi et papa. Tu pourrais croire à une mauvaise blague mais je te jure que c’est la vérité. Et c’est ma seule chance de revenir, c’est le CONTRAT. Il y a un planning des endroits où vous devez aller, le jour précis et les horaires où vous devez m’attendre car je vais revenir, pour peu de temps mais je serai là. Et je vous verrai. » Voir la bande annonce de VALLEY OF LOVE ici en lien.

Deux personnages qui portent les mêmes prénoms que les acteurs, deux monstres sacrés du cinéma français : Isabelle Huppert et Gérard Depardieu. Ce dernier qui a perdu son fils, qui se prénomme Guillaume, comme le réalisateur du film. Guillaume Nicloux a sensiblement le même âge qu’aurait eu le fils de Depardieu. Des personnages qui se retrouvent 30 ans après leur divorce, comme les deux acteurs rejouant ensemble pour la première fois depuis Loulou, qui date de 1980, où ils étaient amants et se séparaient. Loulou, un film réalisé par Maurice Pialat, dont la veuve produit le film de Guillaume Nicloux. Autant de coïncidences troublantes qui donnent envie de voir le film.

Le dossier de presse ose poser directement la question à Isabelle Huppert :
« Ce deuil, Gérard Depardieu l’a vécu dans sa vie réelle. Comment ce drame résonnait-il sur le tournage ?
- On n’en a pas vraiment parlé. Cette tragédie était (…) présente, bien sûr, chez Gérard, mais à un endroit si secret en lui que je n’y avais pas accès. Ou il ne faisait rien pour. »

Il demande moins frontalement à Gérard Depardieu :
« Beaucoup de gens vont penser en voyant ce film… Toi, un cinéaste qui se prénomme Guillaume, le scénario…
- C’est fortuit et en même temps Guillaume le dit très bien. C’est fortuit et ce n’est pas fortuit puisque c’est arrivé.
- C’est quand même un fils qui appelle son père par-delà la mort. Il y a quelque chose de l’ordre de la spiritualité.
- Mais moi je ne fais que des choses spirituelles. La seule chose qui n’est pas spirituelle c’est ce que je vois de mon quotidien, et ce qu’il m’arrive parfois de commenter, pas maladroitement, mais volontairement, parce que j’ai envie d’être volontairement grossier. L’humanité de maintenant est grossière. Donc il n’y a rien à dire, et il n’y a que ça qui m’intéresse. »

valley of love paysage.jpgSacré Gégé, toujours aussi compliqué, peu loquace. Vous avez vu d’ailleurs à son sujet l’excellent documentaire du psychanalyste Gérard Miller ? « Gérard Depardieu, l’homme dont le père ne parlait pas ». On voit qu’il reproduit le schéma… On sent qu’il ne faut pas trop le chercher :

« Dans la lettre du fils (…) de toi, il dit « alcoolique et coléreux »
- Alcoolique et coléreux comme le sont tous les alcooliques. Et en fait, tous les coléreux ne sont pas des alcooliques. Un alcoolique, c’est quelqu’un qui, à cinq heures commence son petit gin, et qui attend huit heures pour essayer de se persuader qu’il est à l’aise. Et puis après, il continue. Mais un alcoolique c’est le contraire de moi. Moi je suis colérique, tonitruant, vivant, chiant, mais innocent. Complètement innocent et intéressé par la vie. »

« Certains vont dire : c’est Loulou 35 ans après. Peut-être aussi Nous ne vieillirons pas ensemble, mais sur le mode « Nous vieillirons ensemble ». Ce que l’on voit dans le film c’est un couple.
- C’est toi qui le dis. Moi je ne vois pas ça, je ne vois pas Loulou, je ne vois pas de références.
- Quand tu lui dis dans le film « Tu te souviens la première fois, quand on est montés à l’hôtel », c’est exactement ce que l’on voit dans Loulou.
- Non. »

Quel rigolo ce Gégé, allez reprends un petit coup de pinard, ça ira mieux. Quant à Nous ne vieillirons pas ensemble, avec Jean Yanne, autre bourru du cinéma français, il reste sans doute mon Pialat préféré.
De Guillaume Nicloux, le film qui retient mes faveurs est La religieuse, adaptation de Diderot, avec déjà Isabelle Huppert. Il est aussi l’auteur d’un film au genre très différent, polar comique : Le poulpe.
Isabelle Huppert, malgré son air pimbêche et sa froideur, je l’apprécie car elle a joué de grands rôles : Madame Bovary, Violette Nozière, puis dans Coup de torchon, La porte du paradis
Notre Gégé(inter)national, on peut en parler des heures : les films de Blier, Tenue de soirée, Préparez vos mouchoirs, les comédies de Veber, La chèvre ; Cyrano de Bergerac ou Le retour de Martin Guerre

J’ai donc hâte de voir ces deux monuments du cinéma français se retrouver dans la vallée de la mort, un lieu magnifique et très cinématographique.

J’ai la chance grâce à LE PACTE de vous faire gagner 5X2 places pour le film VALLEY OF LOVE. Pour cela, répondez à ces deux questions :
- A part Valley of love, citez un autre film dans lequel Gérard Depardieu et Isabelle Huppert ont déjà joué ensemble (il en existe deux autres)
- Citez un autre film réalisé par Guillaume Nicloux.

Envoyez vos réponses avec vos noms et coordonnées postales par le lien « me contacter » sous la photo du chat noir. Vous avez jusqu’au mercredi 17 juin 20 heures, jour de la sortie du film. Jeu qui se limite à la France métropolitaine.

A vous de jouer !

 

07/06/2015

Quiz on connaît le film, papillotes à gagner : les résultats

michel blanc téléphone maison.jpgJe parle toujours de mes papillotes en chocolat hein, pas de moi. Ni de mon chat (quoique, me débarrasser du panda obèse…)
Un jeu qui date du… 4 janvier. Pour gagner des chocolats de noël. Ça valait le coup d’attendre. Plus c’est long, plus c’est bon, non ?
Comme vous le savez, j’ai toujours des papillotes dans ma poche, mais je ne les donne pas à n’importe qui. Il faut les mériter. Il faut bien connaître la Papillote pour recevoir les papillotes. Je vous avais donc concocté un quiz 100 % (radotage) papillotien, avec mes films et auteurs comiques français préférés. Pourtant vous n’avez pas été aussi nombreux que prévu (comment ?! elles ne vous plaisent pas mes papillotes ? Ce cadeau pourtant inestimable, hautement symbolique ?!) Le jeu était sans doute trop long (10 questions mais 3 pages à lire, faut être motivé). Puis tout le monde n’est pas comme mémé intello à connaître par cœur les films de Belmondo. Le magnifique n’a pourtant que… 42 ans, et il est toujours d’actualité puisque OSS 117 s’en inspire, peuh.

Un jeu entièrement inventé et sponsorisé par moi-même. Je ne peux résister à l’envie de rajouter des répliques (le quiz n’est pas assez long) donc je publierai les résultats en deux fois (vous n’êtes plus à une semaine près). Comme je suis vraiment trop cool, j’ai mis en lien les extraits cultes (il m’a fallu beaucoup de temps pour les trouver, alors regardez-les !)

1 ) De quel film ces répliques sont-elles extraites :

« Est-ce que je pourrai dormir chez toi ce soir… j’ai perdu ma mère ce matin.
- Elle est morte ?
- Non non, je l’ai perdue, c’est-à-dire que je l’ai perdue quoi, elle était là et pouf pouf, je l’ai perdue… Mais mon chien est mort par contre. Alors, si je pouvais dormir chez toi, tu vois, juste pour avoir une présence, un compagnon, pour pas être seul…
- Ça fait trois fois qu’il est mort ton chien.
- Oui mais il a beaucoup souffert ! »

- « Parlez-moi de vous plutôt. »

- « Il ne peut plus rien nous arriver d’affreux maintenant ! »

Réponse : - « Je crois que nous avons affaire à un serial killer. » 
Il s’agit évidemment du film Red is dead, euh pardon, de La cité de la peur, une comédie familiale de Les nuls, sortie en 1994 (déjà !)

2 ) Dans quel film avec Louis De Funès entend-on cette réplique : « En tout cas on ne va pas moisir ici. J’ai un petit plan pour tous nous évader… Nous rentrons à Madrid, nous conspirons, le roi répudie la reine, la vieille épouse le perroquet, César devient roi, je l’épouse et me voilà reine ! »

a) La grande vadrouille
b) Les grandes vacances
c) La folie des grandeurs
d) Les grandes espérances

Réponse : La folie des grandeurs, un film d’actualité en ce mois de déclaration des impôts… « Cette année la récolte a été très mauvaise, alors il va falloir payer le double !  C'est normal, les pauvres c'est fait pour être très pauvres, et les riches, très riches ! »

Je vous rajoute la scène qui me pliait de rire quand j’avais 10 ans (et comme j’ai toujours 10 ans…) : la déclaration d’amour cachée derrière le buisson. Evidemment il faut la regarder pour comprendre les malentendus et gags visuels, avec la sublime (hum) Alice Sapritch. Cette actrice m’épatait : elle devait avoir beaucoup d’humour pour accepter de se moquer de son physique quelque peu ingrat :
« - ah madame il faut que je vous le dise, je vous aime. Vous êtes si belle, si rayonnante, si lumineuse… Je vous désire depuis des mois. C’est pas que vous le fassiez exprès, mais vous êtes si aguichante avec vos yeux mutins et vos petits pieds. Oh, mais vous pleurez madame !
- César, je serai à vous corps et âme, voici ma main. (le chien la mord) Petit sauvage ! »

Le film est librement inspiré de Ruy Blas de Victor Hugo. A l’origine, le réalisateur Gérard Oury voulait renouveler le succès du Corniaud et de La grande vadrouille en reprenant le même duo d’acteurs, mais Bourvil est décédé juste avant le tournage (1970). La musique est excellente, signée par mon chouchou Michel Polnareff. J’adore le « thème d’amour » en lien, mais tout l’album est super, comme le western, musique principale. 

- J’adore également le film Les grandes vacances avec De Funès, et sa bande originale qui met de bonne humeur.
- Les grandes espérances est un roman de Charles Dickens et un film de David Lean, donc le contraire d’une comédie !

3 ) Associez la bonne réplique au film correspondant, joué par Michel Blanc :

A) « Toi et moi, on a un peu le même problème, c’est à dire qu’on ne peut pas vraiment miser sur notre physique, surtout toi. Alors si je peux me permettre de te donner un conseil, c’est : « oublie que t’as aucune chance, vas-y, fonce. On sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher »
B) « J’ai eu une rupture. J’ai vécu avec une femme et puis au bout de 48 heures elle a décidé qu’on se séparerait d’un commun accord, alors j’ai pas bien supporté. J’ai même essayé de me suicider. On n’est jamais très original dans ces moments-là. J’ai mis l’adagio d’Albinoni, j’ai avalé deux tubes de laxatif et puis hop. J’ai perdu 16 kilos et ma moquette. Depuis je m’en suis jamais remis tout à fait. Surtout du point de vue digestif, c’est plus comme avant. »
C) « T’as fermé la porte ? Parce que j’ai été attaqué par des renards tout à l’heure (…) J’ai dû mal à parler parce que j’ai les dents qui poussent. »
D) « Sur les bords, au milieu, c’est vrai que je crains un peu » 

a) Les bronzés
b) Les bronzés font du ski
c) Viens chez moi, j’habite chez une copine
d) Marche à l’ombre

Réponses : A)b 
B)a. Jean-Claude Dusse, avec un d comme Dusse.
C)d, Marche à l’ombre, un film réalisé par Michel Blanc lui-même en 1984, reprenant en titre la fameuse chanson de Renaud :
Avant qu'il ait pu dire un mot,
j'ai chopé l'mec par l'paletot 
et j’lui ai dit : « Toi tu m'fous les glandes, 
pi t'as rien à foutre dans mon monde,
arrache-toi d'là, t'es pas d'ma bande
casse toi, tu pues, et marche à l'ombre ! »

D)c, un film de Patrice Leconte de 1981, qui reprend aussi pour titre une chanson de Renaud. La citation en est extraite : 
J'ai le cœur comme une éponge 
Spéciale pour filles en pleurs 
Heureusement parce que ma tronche
C'est pas vraiment une fleur…

4 ) Tous ces films ont le même scénariste. Qui est-il ?

- Les compères
- L’emmerdeur
- La cage aux folles
- La chèvre

Réponse : Francis Veber, ce génie de la comédie. Il joue souvent sur l’association de deux personnages contraires, un gaffeur frêle rêveur et sympathique (Pierre Richard, Jacques Brel, Papillote…) et un costaud cartésien antipathique (Depardieu, Lino Ventura).
- Dans Les compères, un adolescent fait une fugue. Pour le retrouver, la mère déclare à ses deux anciens amants que l’un d’eux est le père du gosse. Les compères Depardieu et Pierre Richard partent à sa recherche…
Par exemple la scène en lien du « il m’a foutu un coup de boule ? » et l’explication qui n’en est pas une : 
« Tu l’as plaqué il a pas compris, alors tu vas mettre les choses au point une bonne fois pour toutes.
- Je veux plus te voir, m’en veux pas c’est comme ça, c’est fini nous deux
En effet, quelle bonne explication ! Là il a bien compris qu’elle le larguait comme une vieille chaussette, sauf qu’il ne sait pas pourquoi !

- Dans La chèvre, on retrouve le même duo d’acteurs. Cette fois-ci le gaffeur Pierre Richard sert de « chèvre » pour retrouver la fille de son PDG aussi malchanceuse que lui, en espérant qu’il tombe dans les mêmes pièges.
« Vous m’avez traité d’abruti ? Je pratique les arts martiaux. La première chose qu’on nous apprend, c’est le contrôle. Un type me traite d’abruti, je ne cogne pas, je le regarde et je m’en vais.
- Eh ben tire-toi alors
- Vous avez de la chance
- Gros connard
- Vous avez de la chance… (il s’en va) pfouhh… Je suis arrivé à un contrôle total. Pardonnez-moi cette démonstration de force, mais j’ai horreur qu’on me marche sur les pieds »

- Dans L’emmerdeur, Jacques Brel tente de se suicider dans un hôtel, car sa femme l’a quitté pour son médecin. Son voisin de chambre, Lino Ventura, tueur à gages, le sauve malgré lui. Dès lors, le dépressif suit le tueur comme un boulet et l’empêche de mener à « bien » sa mission en enchaînant les catastrophes…
« Elle allait le voir tous les jours. Elle s'allongeait sur le divan. Normalement il aurait dû rester dans son fauteuil, lui. C'est toujours comme ça : le malade est sur le divan, et le psychiatre est à côté dans son fauteuil. Il pose des questions, il prend des notes. Et bien là pas du tout ! Hop, tout le monde sur le divan ! Et moi, je payais 60 francs de l'heure. »

« Ce qu'il lui faut, c'est un peu de chaleur humaine. Je m'en occupe. »

- Dans La cage aux folles, Renato et Albin (Michel Serrault) forment un couple d’homosexuels tenant une boîte de travestis. Le fils de Renato doit se marier avec la fille d’un député membre d’un parti très conservateur « union pour l’ordre moral ». Pour ne pas choquer ses futurs beaux-parents, le fils demande à son père de faire semblant d’être marié à une femme… "essayons de le viriliser un peu" :
« J’ai cassé ma biscotte ! »
« Essaie de marcher comme John Wayne, tu descends de cheval, tu t’avances vers le saloon, tu envoies valser la porte et crac ! »

Alors, vous aviez trouvé ? Suite des résultats la semaine prochaine, vous pouvez toujours vous amuser à répondre ici en attendant.