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23/04/2018

L'épisode le plus émouvant de Black mirror : Bientôt de retour 

séries, black mirrorMartha perd brutalement son mari dans un accident de voiture. Ne pouvant accepter une disparition si soudaine, elle loue les services d'une nouvelle société pour l'aider à franchir le cap en douceur. A partir des messages et des « like » que la personne décédée laissait sur facebook et autres réseaux, l'entreprise cerne sa personnalité. Elle envoie ensuite des sms à Martha, censés provenir de son mari et reprenant ses expressions usuelles. Devenant accro et ne pouvant s'en contenter, Martha accepte ensuite que la société crée un robot à l'image de son conjoint. Mais un programme lisse ne peut pas refléter une personnalité entière… 

séries, black mirrorUn épisode magnifique sur le deuil impossible, accentué par les réseaux sociaux nous rappelant sans cesse les souvenirs du défunt. D'ailleurs, il y aura bientôt plus de morts sur facebook que de personnes vivantes. Que faire de ces profils ? Comme le soulève cet article :
"Le fait de laisser le profil Facebook d’un mort à l’abandon ne va pas non plus sans poser problème. Ces "pages fantômes" ne disparaissent pas pour autant : elles reviennent "hanter" les proches de la victime, et s’incrustent dans le monde des vivants à grands coups de notifications automatiques et de rappels d’anniversaire."
Cet autre article ajoute : "Tant d'éléments, estime la psychologue Vanessa Lalo, peuvent compliquer le deuil : "Le fait d'alimenter le mur Facebook d'une personne décédée donne un effet d'inquiétante étrangeté où, d'un coup, on a l'impression que la personne décédée est encore vivante et qu'on la maintient en vie artificiellement."
Car certains choisissent de maintenir l'activité du compte de la personne disparue. "Sur mes propres fils d'actualité, je vois des personnes décédées qui me font des demandes de vies sur Candy Crush. La première fois que ça m'est arrivé, vraiment ça a créé une émotion très paradoxale."
On a vu des familles se déchirer, entre ceux qui souhaitaient "l'éternité numérique" de l'être cher, d'autres préférant "l'enterrement de ces données" en même temps que la cérémonie de deuil."

Ces excellents documentaires : "humains 3.0, l'homme connecté et l'homme immortel" relatent les dernières avancées technologiques en la matière. Pourra t-on avant notre mort transférer notre conscience dans un robot et nous permettre ainsi d'être immortels, cet épisode de Black mirror peut-il se réaliser ?

18/04/2018

Les meilleurs épisodes de Black mirror : Black Museum

séries, black mirrorLe blanc comme neige de la dernière saison, avec trois histoires dans un seul épisode, qui résument les thématiques abordées dans la série. On se plonge avec délice dans ces contes de la crypte modernes.
Une jeune femme visite un musée isolé en plein désert. L'endroit réunit des pièces emblématiques de crimes technologiques célèbres, un peu comme la version moderne du musée de la préfecture à Paris. Le propriétaire des lieux sert de guide et retrace l'histoire de ces objets mis au rebut.
Le premier est un implant permettant de se connecter à un autre corps et d'en ressentir les sensations. Lassé de voir mourir ses patients sur la table d'opération, un médecin se laisse convaincre de tester l'appareil, et bientôt, devient une sommité : il détecte chaque maladie la plus étrange, comme docteur House. S'il peut éprouver la douleur, il peut aussi ressentir l'inverse, en se connectant à sa femme lors de leurs rapports sexuels. Mais l'appareil porte un défaut…

séries, black mirrorLa deuxième histoire est la plus réussie, à la fois terrifiante et émouvante, en faisant référence à la poupée Annabelle ou à la nouvelle Le singe de Stephen King. Un jeune couple heureux et possédant un bébé voit sa vie brisée avec l'accident qui plonge l'épouse dans le coma. Cette dernière est toujours consciente, mais ne peut réagir. Le mari accepte de transférer la conscience de son épouse dans son cerveau, afin qu'elle puisse retrouver l'usage de ses sens à travers lui, et voir grandir leur enfant. Mais très vite, la présence de sa femme dans sa tête pose problème, l'homme n'ayant plus d'intimité.

La version hardcore du couple fusionnel... L'horreur absolue : 
« On a une toute nouvelle technologie qui pourrait permettre à votre femme d'interagir avec vous, plutôt que de rester à regarder son corps inerte jusqu'à la fin de ses jours et lui parler comme à un mur sans qu'elle puisse réponde. Vous êtes d'accord ?
- Génial ! Oui allez-y faites tout ce que vous pouvez !
- On vous implante la conscience de votre femme dans le cerveau et elle vous espionne ainsi h24, vous ne pourrez même plus pisser tranquille ou regarder une fille puisqu’elle voit à travers vos yeux, vous ne pourrez plus vous gaver de chips en permanence puisque votre corps sera aussi le sien, vous ne...
- Non mais ça ira en fait, débranchez-là, laissez-la crever »
Quant à la dernière histoire du Black museum, je vous laisse la découvrir !

16/04/2018

Les meilleurs épisodes de Black mirror : Blanc comme neige

black mirror blanc comme neige 1.jpgUn épisode de noël deux fois plus long que les autres. S'il se déroule dans un chalet entouré de neige, l'histoire, ou plutôt les trois récits qui s'enchaînent, sont loin du conte de noël. L'épisode est si fort que des années après, mémé Alzheimer s'en souvenait encore.

Le 24 décembre, Matt Jean Jambon (Jon Hamm de Mad men) raconte son passé à son collègue Joe. Il était coach en amour : grâce à un implant, le zed eye, il voyait à travers les yeux du malheureux séducteur et pouvait l'aider en direct à trouver de bonnes approches pour conquérir une belle. L'homme fixe son choix sur une brunette ? Le coach se connecte au profil facebook de la femme, peut découvrir son nom, ses goûts, et ainsi manipuler la discussion à son avantage. Mais un profil public ne révèle pas tout...

black mirror blanc comme neige.jpgMatt poursuit sur une autre histoire, un autre métier dans lequel il a exercé ses talents de persuasion. Greta, une femme d'affaires très exigeante, a fait appel à ses services : elle n'a pas de temps à consacrer à la banalité de son quotidien, le ménage, la cuisine, alors elle embauche Matt pour résoudre le problème. Il lui octroie les services d'une domestique ? Non ! Qui mieux qu'elle-même peut deviner à l'avance ce dont elle a besoin ? Une copie numérique de Greta est créée. Sauf que le programme informatique refuse d'admettre qu'il n'est pas une personne réelle…

Dans la troisième partie, Joe raconte son histoire, et c'est la plus touchante. Il était en couple avec Beth. Cette dernière se découvrant enceinte, décide d'avorter. Joe s'y refuse, s'emporte, et Beth utilise une nouvelle technologie qui bloque la personne. L'indésirable n'est plus visible, plus audible par l'autre, et inversement. Joe ne peut plus rentrer en contact avec sa compagne et s'excuser.

Cet épisode pousse à son paroxysme la tendance actuelle : lorsqu'on ne s'entend plus avec quelqu'un, plutôt que de privilégier le dialogue, on le bloque sur les réseaux sociaux, sur son téléphone portable. On renie son existence. Blanc comme neige dénonce les réseaux sociaux qui nous permettent d'espionner et manipuler les autres. 
Il reste un épisode intense, l'un des meilleurs : on peut toutefois lui reprocher de traiter trois histoires différentes, qui par leur richesse auraient méritées un épisode chacune.

 

09/04/2018

Black mirror : les épisodes les plus chocs

séries, black mirrorJ'ai découvert la série lors de sa diffusion sur France 4 en 2011, et elle a tout de suite provoqué un choc avec son premier épisode coup de poing : l'hymne national.
En Angleterre, la princesse est enlevée. Elle sera libérée si le premier ministre accepte d'avoir une relation sexuelle avec un porc, filmée et diffusée en direct sur tous les réseaux sociaux. La population se délecte et tout le monde est rivé à son écran.
Au début, je n'ai pas su quoi penser de la série : c'est très bien, mais tout de même, c'est trop, c'est exagéré. On en arrivera jamais là. C'est de la pure provocation pour montrer les dérives des nouvelles technologies et de la communication, et pour en faire prendre conscience aux gens.
Les épisodes les plus provocateurs de Black mirror desservent pour moi le propos en créant un rejet : La chasse (saison 2, épisode 2) 15 millions de mérites (saison 1, épisode 2) l'hymne national (saison 1, épisode 1).

La chasse
séries, black mirrorUne femme se réveille amnésique. Elle est poursuivie par des inconnus qui veulent la tuer. Au lieu de lui venir en aide, les passants rient et la filment. Cet épisode sordide, surtout pour son twist final grand guignol, me semble peu crédible. Même si le peuple est assoiffé de vengeance, en témoigne les sorties de tribunal lors de grosses affaires où des gens hurlent au meurtre et se réjouissent lorsque le suspect est condamné (l'incroyable affaire Laci Peterson par exemple, à voir absolument) on ne peut croire que des faits décrits dans cet épisode de Black mirror puissent survenir un jour.

séries, black mirrorDans 15 millions de mérites, les gens pédalent les uns à côté des autres, les yeux rivés sur leurs écrans, comme dans une salle de sport. Ils veulent maigrir ? Non : ils produisent de l'énergie, et s'ils sont assez performants, ils pourront participer à une émission de télé réalité inspirée de la nouvelle star, qui leur permettra de quitter leur condition misérable. 
Les plus mal lotis ne sont pas les cyclistes mais ceux qui font le ménage, qui n'ont pas réussi à maintenir un rythme sportif, et qui sont humiliés et empiffrés dans des émissions télés. Les écrans sont omniprésents, et si l'on veut y échapper, il faut payer.
Les personnages sont attachants, le propos est fort et pertinent, mais 15 millions de mérites est d'une grande noirceur qui met mal à l'aise. L'épisode révèle comment les émissions de divertissement sont là pour abrutir les gens et leur faire oublier et accepter leur condition de vie misérable. Elles leur permettent aussi d'assouvir leurs pulsions de rage en se vengeant sur les plus faibles. La référence à Nouvelle star est à peine cachée : même décor, même mise en scène, même jury impitoyable.
Vous avez eu une journée de merde au boulot ? Votre patron ou vos collègues vous rabaissent ou vous nuisent ? Défoulez-vous en vous moquant de nos candidats ! Vous bossez comme des malades ? Oui mais ce n'est pas pour rien, on vous vend du rêve dans nos émissions, vos vœux pourront se réaliser si vous trimez encore plus ! Et surtout, n’oubliez pas de regarder les publicités qui coupent les émissions toutes les 20 minutes et qui sont obligatoires, et participez à notre grand jeu concours ! Curieusement, TF1 « et son temps de cerveau disponible pour Coca cola » ne se bat pas pour diffuser cet épisode.

C'est lorsque Black mirror est réaliste qu'elle est la plus pertinente : oui, ça pourrait arriver. En cela, elle est pour moi la meilleure série des cinq dernières années.
Les meilleurs épisodes selon moi sont ainsi ceux qui allient réalisme et épouvante, car on a du mal à s'en remettre : Blanc comme neige (saison 2, épisode 4) Retour sur image (saison 1, épisode 3.) Bientôt de retour (saison 2, épisode 1). 
Un des meilleurs épisodes est celui qui ne ressemble à aucun autre : San Junipero. (saison 3, épisode 4)
Tout aussi pertinent mais plus classique, je mettrai ensuite : Playtest (saison 3 épisode 2), Tais-toi et danse (saison 3 épisode 3), USS Callister, (saison 4 épisode 1) Black museum (saison 4, épisode 6).
Je trouve la saison 4 moins originale, mais c'est sans doute car je me suis habituée à un haut niveau.

A suivre...

 

21/03/2018

Des séries comiques à voir

Casual.jpgCasual

Valérie divorce après 15 ans de mariage. Elle se retrouve contrainte d'habiter avec sa fille ado chez son frère, geek attardé qui drague tout ce qui bouge. Les trois essaient de trouver l'amour, bien maladroitement...

Une série sympathique par ses dialogues incisifs et ses situations qui sonnent juste : comment se remettre dans le circuit après 15 années d'encroûtement, comment ne pas juger trop vite au premier rencard, comment plaire, comment comprendre la société actuelle et paraître plus jeune quand on a 45 ans...
Les situations sont réalistes, mais la réaction des personnages demeure souvent exagérées, ce qui fait tout le sel de cette comédie. J'ai souvent besoin de m'identifier pour adhérer à une série, mais là, même si les protagonistes sont tête à claques et réagissent de façon incompréhensibles (se bourrer la gueule et coucher avec le premier venu sans s'en souvenir ensuite, ou se séparer sur un simple désaccord), les situations sont si finement décrites que j'ai tout de même beaucoup aimé Casual.

L'héroïne psychorigide et son sourire figé et faux reste agaçante. Elle est psy, et comme on dit, les cordonniers sont les plus mal chaussés. Ses relations sont déplorables (pas d'amies, quand elle s'en trouve une, la fille profite d'elle. Son mari se tape une étudiante, elle se tape un jeune à son tour, etc...) Vu les situations débiles dans lesquelles elle réussit à se fourrer, je ne vois pas comment elle peut donner des conseils pertinents à ses patients :
" Mon mari m'a quittée hier, je ne sais pas quoi faire ...
- Oh faites comme moi ! Hier soir au bar j'ai couché avec le serveur qui a l'âge de ma fille ! Je me trouvais trop coincée alors hop, j'ai fait l'exacte inverse de mon habitude, hi hi ! "

Son acte le plus incompréhensible pour moi : pour éviter que sa fille ado ne se retrouve enceinte, elle l'a mise sous pilule dès l'âge de... 12 ans. 12 ans ? La pilule ? Et les MST ? Et pourquoi la pauvre gamine devrait se gaver d'hormones si jeune, comme si c'était inoffensif ?
La fille réussit l'exploit d'être encore plus énervante que la mère, car elle est typiquement l'ado rebelle hautaine qui en a marre de tout, "les adultes vous êtes tous des cons vous faites tous chier vous comprenez rien". Seul le frère qui se veut cynique mais est juste à la ramasse trouve grâce à mes yeux. Et je veux bien de sa maison de rêve et de sa vie de glandeur qui se repose sur ses rentes !
Une série qui a réussi à garder mon attention, car j'étais à la fois fascinée et amusée par des personnages aux réactions si étranges.

Togetherness

togetherness.jpgUn couple marié avec enfants ronronne depuis trop longtemps. Jusqu'à ce que le meilleur ami de l'un et la sœur de l'autre, célibataires décalés au chômage, viennent squatter et bouleverser le train-train de ces américains moyens.

Évidemment je m’identifie plus au bon pote sans gêne et marrant (sans égaler notre modèle à tous : Michel Blanc, surtout dans Viens chez moi j'habite chez une copine) qu'à la mère de famille aigrie et au père castré par sa femme. Je ne m'identifie pas non plus à la sœur bimbo hystérique. On sent que l'acteur qui joue le rôle du pote est le scénariste : il est laid comme un crapaud, chauve et bedonnant, mais fait craquer la bombasse. On y croit à mort (ou alors la fille est vraiment désespérée). Jean-Claude Dusse lui, il attend toujours son ouverture, son histoire est plus réaliste.
Si la première saison de togetherness est drôle, la deuxième est plus décevante, trop convenue, niaiseuse. La série a été annulée ensuite. Les épisodes courts (20 minutes) se suivent néanmoins  facilement sans déplaisir.

 

12/03/2018

Les séries qui m'ont déçue

this is us.jpg- This is us

L'histoire de quatre frères et sœurs et de leurs parents. J'ai tenté de m'accrocher : "non mais moi aussi, je peux m'intéresser aux histoires de couches qui débordent ou d'enfants qui parlent à table, je suis sûre qu'on peut trouver de l'intérêt là-dedans, on a bien essayé de me faire lire la saga "le goût du bonheur" et j'ai réussi à tenir 50 pages, consternée, j'ai été très patiente, comme avec tous les livres niaiseux qui ont le mot "bonheur" dans le titre. Quand mon copain qui exerçait lui une activité intéressante sur l'ordi à côté (tuer des zombies) a commenté : "c'est pas un peu con ton truc ?" j'ai pu arrêter de faire semblant d'être une brave femme au foyer classique  : "oh oui putain c'est affreusement niais ! On se mate un film où on décapite des gens à la place ?

- The night of

Un jeune pakistanais bien couillon est emprisonné pour le meurtre d'une belle jeune femme des beaux quartiers qu'il a prise dans son taxi. Un avocat raté prend sa défense, tandis que le couillon perd son innocence en prison. 
Mais que c'est looooong.... On devine TOUT à l'avance, et on attend, on attend... Les personnages sont tous antipathiques : le gamin est con comme une valise sans poignée, l'avocat ne pense qu'à son fric... Instructif pour la description de l'univers carcéral et des magouilles pour orienter les procès, mais sinon... 

- The young pope

L'ascension d'un pape hors norme et les luttes de pouvoir, trahisons et mensonges autour de lui. J'ai bien aimé La grande belezza, Youth et This must be the place du réalisateur Paolo Sorrentino, et on retrouve ici ses préoccupations bizarres. Mais trop bizarres justement, j'ai essayé, essayé, mais quand une autre série plus alléchante s'est profilée, j'ai abandonné. Malgré des décors somptueux, une bande originale très à la mode, une mise en scène et un casting impeccables (Jude Law, Cécile de France, Ludivine Sagnier, Diane Keaton...) Une des nombreuses "séries événements" de Canal + pour nous vendre un abonnement hors de prix (j'ai aussi arrêté Versailles au bout de trois épisodes, et Guyane un seul).

 à suivre : 13 reasons why

09/03/2018

Séries : Une place à prendre (J.K Rowling) et Berlin 56

place à prendre.jpg- Une place à prendre (J.K Rowling)

La place à prendre, c'est d'abord celle du conseiller paroissial du village, décédé subitement. Sa succession crée des tensions : certains souhaitent que le village se débarrasse du quartier des pauvres qui font désordre et du centre de désintoxication, pour les refourguer à la ville d'à côté. Parce que si on veut la note de "village fleuri le plus agréable de l’Angleterre" faudrait virer les seringues et le vomi dans les fourrés. On découvre les secrets des personnages, qui sont bien loin de l'image qu'ils veulent donner (le vieux respectable n'est qu'un gros dégueulasse, l'ado rebelle est la seule à s’occuper du foyer et de sa petite sœur avec douceur).
Le sujet paraît peu attractif comme ça ("je vais me détendre après une dure journée de travail en regardant une pauvre fille se démener avec sa mère qui donne son cul pour une dose de crack") mais les rebondissements s'enchaînent si finement, pour finir en apothéose tragique (nan mais je vous jure, c'est sympa comme série) qu'on se prend vraiment au jeu.

Une place à prendre est adaptée du roman de JK Rowling. On est loin des sorciers de Harry Potter (même si on peut lire aussi un message social et politique en filigrane dans la saga), on plonge dans la triste réalité de la misère sociale, très bien retranscrite. L'horrible vieux crevard qui ne pense qu'à son petit confort et laisserait mourir un chaton abandonné devant sa porte me disait quelque chose, surtout sa voix. Je l'ai reconnu au bout de quelques épisodes : c'est Dumbledore !

- Berlin 56

Berlin-56-.pngUne vieille peau acariâtre dirige une école de danse pour jeunes gens de bonne famille. Sa principale préoccupation est de marier ses trois filles à de beaux partis. Si l'une épouse un docteur (qui se révèle en fait homosexuel et violent) l'autre se rebelle et court les bars à la découverte de cette nouvelle danse de pervertis : le rock n'roll ! 
Je pensais que Berlin 56 allait être mignonnette proprette "Qu'ils étaient coincés les vieux de l'époque ! Ah le bon vieux temps du rock n' roll !" "Mouais, elle rencontre le brun ténébreux qui se la pète à une soirée organisée par sa mère. Evidemment il est très riche, elle ne peut pas l'encadrer, mais ils vont finir amoureux, ça se sent à 2 mètres". 

Pourtant le conte de fées gnangnan tourne vite au glauque : Ah il la viole en fait ? Et comme le père de l'agresseur est influent, on ne fait rien contre lui ? Les personnages sont ambigus et peu sympathiques : mais pourquoi l'héroïne fréquente finalement son violeur ? Elle se justifie ainsi :  "Nan mais le pauvre, il veut devenir écrivain mais il doit renoncer à ses rêves, parce que son père veut qu'il reprenne l'empire industriel. Il a trop de pression et de rage qui ne peut sortir, alors il se venge sur moi, c'est pas grave ". 
Au final, je ne sais pas trop quoi penser de cette série au discours ambigu.

 

05/03/2018

Big little lies

big little lies.jpgQuelqu'un est assassiné à la fête de l'école. Qui ? Tué par qui ? Pourquoi ? Les flash-backs et les dépositions des témoins permettent de le comprendre.
Une sorte de Desperate housewives nouvelle version, avec potins mesquins et crêpages de chignons (voir bande annonce en lien). Les héroïnes sont toutes des mères de famille, et je pense qu'il faut être mère et au bord du burn out et de la crise d'hystérie, en conjuguant boulot, morveux, et corvées à la maison, pour vraiment s’intéresser à la vie des personnages. Le début était fastidieux :  "non mais ils ne vont pas réellement faire tout un plat parce que la gamine s'est fait tirer les cheveux par un autre merdeux ? Parce que la fête d'anniversaire de l'une était plus réussie que l'autre ? Créez un forum de mamans, pas une série !"

Big little lies fait pourtant aussi rêver, car la série se déroule dans une magnifique ville ensoleillée du bord de mer, les femmes habitent des immenses villas de rêve, sont toutes très riches et très belles. Mais très tête à claques, en priorité Laura Dern, femme d'affaires insupportable qui passe son temps à hurler sur tout le monde et qui pense que tout lui est dû. J'apprécie cependant la verve, le dynamisme et la passion de Reese Witherspoon, qui fait tout pour réparer les injustices, au point de se mêler parfois de ce qui ne la regarde pas et d'agir à la place des autres qui n'ont rien demandé (Shailene Woodley (Divergente), trop effacée, Nicole Kidman, victime qui ne veut pas l'admettre).

J'ai rapidement deviné qui était mort et pourquoi, et la série se termine à la façon hollywoodienne "tout est bien qui finit bien, les méchants sont punis et on est tous copains" mais j'ai apprécié les décors, les répliques et le casting de stars. Les personnages, même s'ils ne sont pas toujours sympathiques ou si je ne peux pas m'y identifier, sont bien saisis ( en priorité la femme battue qui excuse son bourreau, homme en apparence  idéal, mari passionné et père attentionné vu de l'extérieur).
Une saison 2 est prévue pour 2019 avec le même casting.

 

03/03/2018

Série à voir : Feud

sériesJe ne peux m'empêcher de lire "Freud" à la place, et je pensais que la série traitait de psychanalyse. En réalité, mémé qui parle anglais comme une vache espagnole a vérifié la traduction, Feud signifie "querelle". Pourquoi ne pas donner le titre en français franchement ?

Dans la première saison, la querelle est celle de Bette Davis et Joan Crawford sur le tournage de l'excellent film "qu'est-il arrivé à Baby Jane ?" En bonne cinéphile et appréciant beaucoup ce scénario cynique qui m'avait perturbée adolescente, j'étais ravie de connaître l'envers du décor de Hollywood. Je n'ai pas été déçue : et que ça se tire dans les pattes pour avoir son nom en premier sur le générique, des gros plans avantageux, se mettre le réalisateur et la presse dans la poche en colportant des rumeurs sur sa rivale... Un régal de mesquineries et un bon exemple de la triste réalité du cinéma. (voir bande annonce ici en lien)

La série traite de la célébrité qui met une barrière entre les stars et le peuple, et ouvre en fait les portes de la solitude et de l'incompréhension à l'actrice pourtant adulée. Feud évoque aussi l'inexorable vieillesse, qui altère la beauté, donc la popularité des actrices... O rage ô désespoir, ô vieillesse ennemie.
La deuxième saison, qui n'est pas encore sortie, relatera le divorce du prince Charles et de Lady Di. A priori ce sujet m'intéresse moins (quand la princesse est morte, je savais à peine qui c'était et je n'ai pas compris le déferlement médiatique, car je ne lisais pas de presse people et n'avais pas accès à internet à l'époque.)

A suivre : Big little lies

01/03/2018

The deuce

deuce.jpgDans les années 70,  l'essor du cinéma porno à travers la vie animée du Deuce, un quartier de Manhattan peuplé de prostituées et de leurs macs.

J'ai eu du mal au début, car je trouvais le sujet trop glauque : dès le premier épisode, un maquereau repère les ados fugueuses à la gare de New York. Elles ont fui leur campagne natale et leur père violent, pour espérer une meilleure vie, mais se retrouvent mises sur le trottoir, brutalisées par leur proxénètes et leurs clients.
J'étais aussi mal à l’aise devant la mise en scène : l’esthétisme cool, les supers musiques, les tenues, l'humour, qui rendent la prostitution et les maquereaux sympas (ils sont si drôles ! avec leur col pelles à tartes et leur pattes d'eph !) Puis je me suis laissée prendre au jeu (la condition de ces femmes est tout de même vaguement dénoncée) et je me suis intéressée au destin de la prostituée "libre et rebelle" qui refuse d'avoir un maquereau, puis tente de s'extirper de la rue en... devenant réalisatrice de films porno.

Elle est jouée par Maggie Gyllenhaal, épatante, productrice de la série et qui donne de sa personne, cas de le dire. Le barman qui se veut honnête et son frère jumeau corrompu qui se lance dans le business sont joués par James Franco, et j'ai du mal à comprendre quel rôle l'acteur interprète, car au final il joue les deux frères de la même façon : choisir un seul acteur pour les deux protagonistes me paraît superflu, la performance artistique n'est pas au rendez-vous. A part la prostituée rebelle, j'ai eu du mal à apprécier les personnages, surtout les maquereaux évidemment. Mais the Deuce demeure une série intéressante, surtout pour la reconstitution de l'époque sex drugs rock n'roll.