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11/01/2021

Bilan "je suis culturée" semaine 1

danse avec les loups.jpgComme promis, je tiens pour l'instant la bonne résolution de publier le bilan culturel chaque semaine plutôt que mensuellement comme auparavant. J'ai commencé à rédiger des critiques, mais comme d'habitude, je m'emballe, je trouve plein de choses à dire, et j'ai déjà écrit 5 pages rien que sur les films... 

7 FILMS :

Aventures
Coup de coeur : 
- Danse avec les loups de Kevin Costner, 1990
Un classique, un chef-d'oeuvre intemporel, une ode à la nature, à la tolérance, à la liberté... Le tout sublimé par la musique de John Barry (Out of Africa). La mort de Chaussette reste parmi mon top ten des traumatismes d'enfance. Chaussette♥ a jamais dans nos coeurs (voir en lien la scène de danse avec Chaussette).

selfie.jpg- Marche avec les loups de Jean-Michel Bertrand, 2019
- L'appel de la foret de Chris Sanders, 2020
- Gold de Stephen Gaghan, 2016

Comédies 
- Selfie, de l'influence du numérique sur les honnêtes gens, 2019
- La belle époque de Nicolas Bedos, 2019
- Héroïc losers de Sebastián Borensztein, 2020

DOCUMENTAIRES :

- La vie secrète du zoo de Chester, saison 4, France 5 (une quinzaine d'épisodes de 25 minutes).
- La reine Victoria et ses 9 enfants, Histoire (3 épisodes de 50 minutes) 
- Titanic, la dernière preuve, Planète
- Ovnis, les dossiers déclassifiés américains, Planète

cinéma,séries,netflix,littérature2 SERIES :

- La chronique des Bridgertown, Netflix
- Designated survivor (en cours)

3 LIVRES :

- L'arabe du futur, tome 5
- Le département des théories fumeuses, de Tom Gauld
- Gaston, au-delà de Lagaffe

 

09/01/2021

J'avais fait pourtant, des promesses au nouvel an

gaston bonne santé.jpgCette année va se terminer, je n'ai pas changé mes défauts, je les ai gardés
J'avais fait pourtant, des promesses au nouvel an
J'étais décidé, tout est à recommencer
Car mes résolutions ont trouvé le temps long... (cliquez sur la chanson en lien)

Relire le début ici.
Je dresse une liste non exhaustive des bonnes résolutions 2021, juste pour pouvoir vérifier en 2022 que je ne les ai pas tenues :

Résolutions blog :
- Alimenter plus régulièrement le blog. Pour dans l'idéal publier deux à trois fois par semaine, il faudrait que j'écrive quotidiennement. En ce moment comme je ne travaille pas, je pensais avoir le temps,  mais la fatigue et la maladie m'empêchent parfois d'écrire des jours entiers (à ma grande rage, car ce n'est pas l'envie qui me manque).
J'aimerais au moins proposer un bilan culturel hebdomadaire plutôt que mensuel comme auparavant, ce qui me permettrait de ne pas oublier les films que j'ai vus, et un quiz, toujours mensuel.

- Finir aussi les articles rédigés. J'ai tellement d'idées que j'entame des séries de billets sans parvenir au bout et en oubliant de publier les suites pourtant déjà écrites (comme les quiz Beatles et certaines critiques de films).

- Finir enfin de rédiger le livre sur mes expériences de chômage et boulot que les lecteurs m'ont réclamé en 2012, et que j'ai débuté en 2017 ...

Résolutions culture :
- Lire un livre par semaine (incluant des bd). Avant, je m'en demandais même deux  (75 lus en 2019), mais l'année dernière, avec les bibliothèques fermées, j'étais loin du score. En 2021, pour l'instant, je tiens promesse, j'ai lu le dernier tome  de L'arabe du futur et le livre sur Gaston, "au-delà de La gaffe".

- Regarder un film, un documentaire et un épisode de série par jour, résolution que je parviens souvent à tenir.

à suivre...

Ne me maudissez pas, car la prochaine fois, je tiendrai !
Sans être devin, je peux dire que je suis certain
D
'avoir toujours menti à moi-même et à mes copains
J'avais fait pourtant, des promesses au nouvel an...

 

 

 

10/12/2020

Emily in Paris et les Français romantiques

emily, le vieux bourge et le mec normal.jpgRelire le début ici et .
On reproche également à la série ses personnages, peu représentatifs des Français, mais plutôt d'un microcosme favorisé.
Emily habite les beaux quartiers, elle n'y voit et fréquente que des gens fortunés. Sa nouvelle amie possède une décapotable, une galerie d'art, les parents de cette dernière un château et des vignobles en Champagne... comme le commun des mortels donc. L'autre copine d'Emily est aussi riche : son père lui a coupé les vivres, mais elle parvient à s'acheter des vêtements de luxe avec un simple salaire de nounou.

emily gros degueus.jpgQuant aux hommes qui draguent Emily... Deux mecs dans la cinquantaine, alors qu'elle a moitié moins que leur âge. Ils se ressemblent beaucoup (qui a fait le casting ?) les cheveux mi-longs, le foulard en soie autour du cou ou dans la poche du costard, le teint buriné par les uv. bref, des vieux beaux. Qu'une grand-mère bourgeoise fan de bridge fantasme sur ces barbons, je peux comprendre, mais une jeune fille de 25 ans ?  L'un est un de ses clients, l'amant de sa patronne, et lui offre sans aucune gêne des sous-vêtements ! L'autre est un riche héritier qui enchaîne les conquêtes et fait la une des magazines à scandale. En quoi ça donne envie d'être un gibier de plus ? Il veut l'emmener en week-end "à saint trop'' et en attendant, l'embarque sur son bateau faire une balade sur la Seine, en lui expliquant "quand je ne vais pas bien, je pars naviguer". moi dans ces cas-là, je fais avec les moyens du bord : je prends mes baskets et je vais faire le tour du parc voir les petits canards, mais tout le monde n'est pas ultra riche comme dans la série... 

emily vieux crado.pngHeureusement Emily ne cède pas aux avances de ces vieux dégueulasses, mais d'un homme de son âge, qualifié de snob par les amis d'Emily. Des gens qui portent des fringues de luxe et déjeunent tous les midis au café de flore se pensent modestes, je trouve ça... fort de café. Le mec est jugé snob car il étale sa culture comme de la confiture. Il refuse une invitation au palais garnier pour le lac des cygnes, qu'il estime piège à touristes, en expliquant que le boléro de Ravel vaut mieux. Euh ? mais les deux sont pourtant aussi populaires ? Le pire est qu'après une nuit avec Emily, il refuse de se laver le matin "pour garder son odeur". Cette réplique me fait plutôt penser à celle de Roselyne dans la vie est un long fleuve tranquille, donc plutôt à la famille Groseille prolo que les Le Quesnoy bourgeois ! En tout cas, elle confirme pour les Américains le cliché des Français sales et portés sur la chose.

Effectivement, le stéréotype est confirmé par le client qui lui offre des sous-vêtements, lui dit que son parfum "sent le sexe cher" et entretient une maîtresse avec l'accord de sa femme. Lorsqu'Emily débarque au bureau avec une charte de travail américaine refusant les relations entre collègues, elle provoque un tollé. Aux Etats-Unis, le directeur de mcdo a dû démissionner car il avait entrepris une liaison avec un membre du personnel... En France, la plupart des couples (mais aussi des adultères) se forment au sein de l'entreprise, et selon cet article, 62 % des salariés auraient déjà eu une relation sur leur lieu de travail

Les Français sont aussi vus paradoxalement comme des romantiques. Beaucoup d'hommes de la série pratiquent le baise-mains, acte ridicule non observé depuis 1930, à part un ringard déconnecté qui me l'a fait une fois. Le seul homme potable de la série est le voisin d'Emily, trop parfait pour être réel, qui correspond à tous les clichés romantiques : beau gosse, prévenant, spirituel, toujours présent comme par hasard quand elle a besoin d'aide, quand elle reçoit un colis lourd, que sa douche tombe en panne... Et habillé simplement lui. Le parfait cliché qui n'arrive jamais dans la vraie vie.

Moi hier mon voisin qui m'assomme avec sa guitare depuis le confinement a inondé ma cuisine avec une fuite d'eau, scène à peu près similaire à celle d'Emily qui lui demande de l'aide pour sa douche. Le voisin d'Emily l'accueille (torse poil !) avec un grand sourire, lui propose de se laver chez lui (hum) lui appelle un plombier... Moi j'ai dû insister pour que mon voisin daigne ouvrir sa porte, et clairement je le dérangeais avec mes plafonds et mur inondés. J'ai pourtant montrer la preuve du massacre : mon poster de Paulo trempé et foutu, et il ne s'est ni extasié sur mes goûts musicaux, ni excusé d'avoir bousillé mon Macca adoré et encore moins a proposé de le remplacer... Au contraire, il était si bourru que c'est moi qui ai eu le réflexe de lui dire "désolé pour le dérangement." Hâte de retourner le voir ce soir pour lui expliquer que si en fait, c'est pas "rien" comme il disait, il faut déclarer un sinistre.

En résumé, Emily in Paris est certes caricaturale, mais c'est une série légère, pas un documentaire. Je propose une suite,  "Papillote in Texas" où je me retrouverais entourée de Qanon obèses, un mcdo dans une main, un flingue dans l'autre, une croix autour du cou !

 

 

 

 

02/12/2020

Il me manquait quelque chose pour descendre les poubelles

emily vert.jpgRelire le début ici.
Si Emily est traitée de "plouc" et "ringarde", c'est pour son look, opposé au chic des tenues parisiennes.
Sa boss comme les Françaises qu'elle côtoie sont habillées de noir, sobres et élégantes, tandis qu'Emily et sa copine portent des tenues voyantes et mal assorties. Des vêtements rose vif, vert pomme, des imprimés improbables (fruits, chaussures, tour Eiffel...) un imperméable en plastique transparent, des mini-jupes et des micro shorts à paillettes avec des talons de 12 cm, des bottes de cow-boy à franges ou des spartiates à lanières jusqu'aux mollets... Bref, des accoutrements qui ne dépareraient pas dans un cirque ou une caravane du bois de boulogne.

emily pouffe.jpgJe suppose que ces tenues insolites sont moquées. Comme l'étaient celles de Carrie Bradshaw dans Sex in the city, quand elle parade en tutu dans le générique et se fait asperger par un bus, ou lorsqu'elle est fière de porter de ridicules chaussures à plumes rose qui coûtent un smic et que sa copine perd les eaux dessus. Pourtant je reste encore naïve : depuis le lancement d'Emily in Paris, les magazines féminins expliquent où acheter ces tenues aberrantes et hors de prix et les ventes des vêtements qu'elle porte ont explosé, comme les bérets ou les sacs chanel.
Je découvre que les deux séries sont l'oeuvre du même scénariste. Je comprends mieux comment Emily, qui gagne correctement sa vie sans être millionnaire, peut enchaîner les tenues onéreuses, comme Carrie collectionnait les chaussures à 1500 euros malgré un salaire de pigiste...

emily tour eiffel.jpgJ'exècre ce qui est trop voyant, les sacs de luxe, les bijoux en or : ce qu'on appelle "le bling bling". Comme beaucoup de Parisiennes, comme dans la série, je m'habille de tenues discrètes et foncées. Comme les collègues d'Emily ou le créateur de mode parisien, je la juge "plouc" et "ringarde".
Donc oui, Emily in Paris n'est pas si cliché. Sa cheffe regarde sa tenue de haut en bas avec un air effaré. Elle lui reproche de n'avoir "aucune culture", d'être "trop souriante", "trop optimiste" et son collègue lui demande pourquoi "elle crie". Je lui fais les mêmes reproches. Je la trouve tête à claques. J'ai beaucoup de mal avec les gens incultes, qui se font remarquer, parlent fort, sourient tout le temps comme des imbéciles heureux, ou rient comme des hystériques. A force de vivre ici, je suis devenue une Parisienne ronchonne et méprisante moi aussi ! 

Le créateur de mode l'estime "ringarde" car elle arbore une breloque de tour Eiffel. Mais tous les gens que j'ai invités à Paris ont eux aussi acheté une effigie de la grande dame de fer Margaret Thatcher. Je trouvais ce geste ringard, mais lorsque je vais à la montagne, j'achète bien mon génépi et ma carte postale de marmotte. Quand je vais en bretagne, je ramène bien mon bol breton et du kouign amann. Emily s'empresse d'aller dans une boulangerie pour découvrir les pains au chocolat, de visiter les quartiers chics, mais c'est normal de vouloir connaître ce qui est beau et emblématique d'un lieu que l'on visite.

On a reproché à la série de ne montrer que les quartiers huppés et la population bourgeoise. Mais évidemment qu'un touriste à Paris ne va pas se rendre à Barbès !  Emily ne prend jamais l'ignoble métro parisien, sale bondé et puant. Comme son entreprise lui paie un logement, je suppose qu'elle lui rembourse aussi les taxis, alors pourquoi s'en priverait-elle... La série veut envoyer du rêve et du romantisme, vanter les mérites de Paris. Elle ne va pas filmer la ligne 13 en heure de pointe ou les sdf.
D'ailleurs un dialogue prédisait ces reproches. Les collègues estiment que les films américains offrent des fins heureuses où tout est simple :
Emily : "vous n'allez pas au cinéma pour vous évader et rêver ? 
Collègues : - non justement, les Américains, vous voulez échapper à votre réalité ! "

Que la série soit si moquée, ça confirme justement les clichés du parisien : condescendant et râleur, comme il est montré dans la série !
Le Français a aussi la réputation chez les Américains d'être un séducteur, et la série s'empare de ce cliché...
à suivre

24/11/2020

Emily in Paris, une série pleine de clichés ?

emily appart.jpgUne jeune Américaine remplace au pied levé sa collègue pour un job inattendu : partir à Paris aider une agence de marketing française en difficulté à retrouver du succès. Emily est ravie de cette opportunité de découvrir la ville romantique tant vantée. Mais elle ne parle pas un mot de notre langue, et ses méthodes américaines et son style vestimentaire se heurtent à la mentalité de ses nouveaux collègues. Emily aura bien du mal à apprivoiser les Français, dont son joli voisin...

Un tel pitch rend inévitable les clichés. La foudre des Parisiens s'est abattue sur la série. Avec cette héroïne tête à claques au possible, ses gloussements hystériques devant chaque monument, ses photos en bouche de canard wc sur son instagram affichant ses moindres faits et gestes, (elle se prend en photo avec sa boulangère !) ses tenues improbables voyantes et vulgaires, j'ai pensé qu'effectivement, j'allais détester cette série. Je ne voulais donc pas la regarder, mais ce week-end, après une nuit d'insomnie, je ne pouvais rien faire d'autre que glander devant un truc pas compliqué. Est-ce la fatigue qui m'a lavé le cerveau, ou de m'attendre à un scénario nul ? En tout cas, je n'ai pas trouvé Emily in Paris si catastrophique, ni si cliché. La série est agréable à regarder et ne mérite pas autant de moqueries. 

emily appart visite.pngCritique qui revient le plus souvent, Emily habite une chambre de bonne beaucoup trop grande, avec une jolie vue sur une place. Un logement qu'elle trouve immédiatement alors que normalement il lui faudrait 2 garants gagnants 3 fois le loyer, après avoir poireauté 3 heures dans le hall pour visiter l'appart avec 30 autres étudiants.

L'héroïne obtient le logement rapidement, sans souci pour le payer, puisqu'il me semble que c'est un logement de fonction. Sinon, oui, cette chambre de bonne paraît bien vaste. Un collègue nouveau venu à Paris en habitait une sous les toits : 12 mètres carrés, une étuve en été et un loyer bien trop élevé (650 euros). Mais dans un immeuble aussi chic que dans la série, sur les quais de l'île de la cité, avec une vue imprenable sur la Seine, donc encore plus belle que celle d'Emily in Paris. Car comme l'explique l'agent immobilier qui fait visiter l'appartement à l'héroïne, les pièces sous les toits logeaient les domestiques servant leurs maîtres des étages du dessous (le premier étage étant réservé aux commerçants). Donc qui dit chambre de bonne, dit aussi vieil immeuble bourgeois en centre-ville bien situé.

L'immeuble est vieux, donc vétuste, avec la plomberie et l'électricité défaillantes. Emily fait sauter les plombs en branchant son vibromasseur. L'eau est coupée en pleine douche (ce qui lui donne l'occasion d'aller en prendre une chez son voisin super sexy, mais quel heureux hasard !) Le monologue du plombier sent le vécu "il manque une pièce qui n'est plus compatible et plus fabriquée, va falloir attendre des jours".
Ses faits moqués dans Emily in Paris ne sont pas si exagérés : j'ai vécu pire.
J'habite moi aussi un vieil immeuble haussmannien, aux tuyaux usagés, et les fuites d'eau sont monnaie courante. Le plafond de ma cuisine s'est effondré (je n'étais pas là) sous le poids d'une énième inondation. Lorsqu'on ouvre un robinet d'eau chaude, les tuyaux sonnent comme des cornes de brume (toujours sympa d'être réveillée en sursaut à 4 h du matin quand le voisin se lève pour aller au WC). Lorsque mon cumulus a rendu l'âme en plein hiver, j'ai attendu un mois entier que le plombier daigne se déplacer, en  me contentant de casseroles d'eau réchauffées  (je n'ai pas de baignoire, ma salle de bains/wc fait 1 mètre de large pour 2 mètres de long).
Un hiver particulièrement virulent, j'ai eu l'audace d'oser allumer les deux radiateurs de l'appartement : l'électricité a sauté immédiatement. Les jours de grand froid, l'électricité saute systématiquement dans toute la rue, car trop de monde augmente le chauffage simultanément. Pour éviter ces désagréments, je fais des économies : je porte en ce moment un sous-pull, un pull, plus un peignoir et je me couvre d'un plaid. Alors pour moi, les désagréments que rencontre Emily dans son appartement parisien sont crédibles.

Autres clichés reprochés à la série :
Dans l'agence marketing de luxe, les employés sont hautains, prennent Emily pour une plouc, commencent à bosser à 10 heures 30 et prennent 3 heures de pause déjeuner à midi. Quand elle essaie de leur imposer une charte de travail américaine, avec des horaires stricts, son collègue lui rétorque qu'en "France, on ne vit pas pour travailler comme les Américains, mais on travaille pour vivre. "
J'ai bossé avec des journalistes, des gens de la com et du marketing, et certains beaucoup ressemblaient à ceux de la série : méprisants, superficiels et glandeurs. Par exemple, dans mon journal...

à suivre...

27/10/2020

Sharp objects et l'apologie de l'alcool dans les séries

sharps objects vodka.jpgChaque épisode de Sharp objects se termine par un panneau étrange : "si vous ou quelqu'un de votre entourage êtes concernés par l'auto-mutilation ou la consommation de drogues, vous trouverez de l'aide en contactant..." Au premier épisode, je n'ai pas compris, car les scarifications de l'héroïne étaient à peine effleurées (si on peut dire) et comme je parle anglais comme une vache espagnole, je ne savais pas ce que signifiait "sharps". Je ne demande pas d'agir comme les Québécois qui traduisent les titres ("fiction pulpeuse" "ferrovipathes", ), mais pourquoi ne pas garder la traduction du roman sinon, "sur ma peau ?"

sharp-objects-patricia-clarkson-verre.jpgSurtout, la prévention anti mutilation est louable, mais dans ce cas donnez également le numéro des alcooliques anonymes (même si l'on peut supposer que "drogues" englobe non seulement les pilules d'ectasy que  les personnages avalent comme des bonbons, mais aussi les litres d'alcool.) Car bien plus que la scarification dans Sharp objects, qui est secondaire et ne concerne que l'héroïne de la série, tous les personnages picolent. Dans TOUTES les scènes. Ils ont un verre à la main, se trouvent dans un bar, ou encore mieux, conduisent bourrés. Dès le matin, la journaliste part acheter sa bouteille de vodka. Elle en remplit sa gourde, se met au volant, puis le soir, se rend dans le bistrot du coin. Trop ivre, elle s'endort en conduisant, ou sur un parking. Même le flic boit et conduit dans cet état. (photo ci-dessous : policier picolant sur les scènes de crimes).

sharps flic picole.jpgQuand la journaliste appelle son patron pour raconter ses derniers dé-boires, il lui conseille "de prendre un verre pour se remettre."
Mais là, aucun message de fin de générique pour aider les personnes alcooliques ? Pourtant ce problème est plus répandu que la scarification, et bien plus dangereux, pour les autres (en conduisant ivre) et pour soi (responsable de 200 maladies environ, selon le documentaire "intoxication globale" ).

sharp objects comptoir.jpgDe plus, dans Sharp objects, la scarification est montrée sous un jour peu glorieux : la peau détruite, les séjours en hôpital psychiatrique... Alors que, trop souvent dans les films et séries, l'alcool est présenté positivement.
Comme un bon exutoire
d'abord: après une journée harassante ou une nouvelle éprouvante, le personnage boit un verre et réfléchit à son existence... L'alcoolique est montré comme un être sensible et supérieur, qui lui a compris que le monde était pourri et noie en silence son malheur dans l'alcool... Un introverti peu bavard, qui embête personne avec ses histoires, qui serre les dents. Comme si boire pour oublier, être dans le déni, se taire et endurer semblait une démarche à suivre. Au contraire, c'est affronter ses problèmes et oser en parler qui est courageux. L'alcoolique est présenté comme un dur, alors qu'à l'inverse, il est dépendant de son addiction. Quand ce taiseux parle enfin dans les films, il assène une répartie cinglante, accoudé au comptoir... Puisqu'en contrepartie, l'alcool désinhibe.

sharp objects champagne.jpgL'esprit embrumé par la boisson, les personnages font des choses folles, ou vomissent, mais tout cela est présenté comme festif et transgressif sur les écrans (Project x etc.) Comme si boire à outrance rendait rebelle et impertinent, alors que ça rend tout simplement con. Celui qui est capable d'ingurgiter des tonneaux de bière est admiré, tandis que celui qui est pompette après un verre de cidre est ridiculisé, montré comme fragile, et celui qui s'abstient comme ennuyeux. Alors qu'au contraire, c'est celui qui boit peu, qui sait resister à la tentation, qui devrait être vu comme fort !

séries, canal+Je ne prône pas non plus de tomber dans l'excès inverse, comme la prévention anti-tabac avec l'affiche de Mon oncle de Jacques Tati reprise par la RATP, où la pipe a été remplacée par une girouette (on se promène souvent à vélo avec une girouette dans la bouche, c'est bien connu) mais j'aimerais simplement qu'on ne sublime pas autant l'alcoolisme... On pourrait répondre que les personnages tordus de Sharps objects ne donnent pas l'exemple, mais de les voir constamment boire incite le spectateur à se servir aussi : "après tout, elle boit bien plus !"

Et quitte à faire de la prévention à la fin des épisodes de Sharp objects, autre problème de santé à aborder : dans la série, on a le droit à deux scènes de "passion" où les personnages se jettent pour la première fois l'un sur l'autre et font l'amour fougueusement, et où la même personne couche avec deux différentes à peu de jours d'intervalle. Sans jamais se protéger. Ca prend 2 secondes de sortir un préservatif et faire une ellipse (car forcément on ne va pas tout nous montrer, on n'est pas non plus dans le cours de svt de 3ème ou dans un porno). Pourquoi ne pas banaliser à l’écran ce geste qui peut sauver des vies, pourquoi ne pas donner le bon exemple, puisque le cinéma comme la publicité influence les mentalités ? A cause de comportements irresponsables, on voit le retour en plein Paris de maladies qui avaient pratiquement disparu depuis un siècle, comme la syphilis dont est mort Maupassant en 1893...

C'est sûr qu'avec les capotes dans les séries, on aurait pas droit à l'autre ressort scénaristique récurrent : l'héroïne qui tombe enceinte sans le vouloir. On n'aurait pas vu naître (haha) une excellente série comique comme Catastrophe, qui relate une grossesse non désirée mais maintenue et les aléas qu'elle provoque. 
Sharps objects nous épargne toutefois le rebondissement éculé d'une grossesse. L'alcool la drogue et la scarification, c'était suffisant !
Je propose de rajouter cet avertissement à la fin des épisodes :
1 ou 2 verres ça va pour écrire une chanson
Mais pour faire des dégâts, faut bien 2 ou 3 litrons
Roulez bourrés, roulez bourrés !

 

19/10/2020

Sharp objects, une série qui coupe le souffle

sharp objects.jpgEn lançant la série, je ne connaissais pas son sujet. J’ai suivi au hasard les “recommandations pour vous” de Mycanal, mais comme mes goûts sont éclectiques, je ne savais pas si j’allais tomber sur une série policière (Engrenages, Le bureau des légendes), comique (Catastrophe ou Irresponsable, très bonnes séries vues récemment), dramatique (I know this much is true, excellente aussi) d’horreur (comme The head, pas mal). J’ai donc débarqué en toute innocence dans Sharp objects. Qui m’a laissée exsangue. 

Une journaliste (Amy Adams, Premier contact) se rend dans son village natal du Missouri pour couvrir les meurtres d'adolescentes. Son enquête et le retour dans sa famille la font replonger dans son enfance douloureuse. Voir bande annonce en lien.
Un pitch courant dans les films noirs : le flic ou le journaliste à problèmes, introverti et alcoolo, qui fait face aux "démons du passé", ou qui se consacre tellement à sa mission qu'il en perd la raison. Les meurtres d'innocentes, au sein de communautés atypiques, ont été exploités dans des films comme Mystic river, Gone baby gone, Dans la brume électrique, ou des séries comme True detective (première saison de facture classique, mais très bonne, seconde ratée.) 
Petites variantes sur ce schéma, dans Sharp objects, le personnage principal est une femme, et non seulement elle boit, mais elle se scarifie. 
Surtout, j'ai rarement vu une série aussi glauque (à part l'immonde Outlander, qui reste hors catégorie, avec des tortures et des viols présentés comme des romances.) 

La série est adaptée du livre "Sur ma peau" de Gillian Flynn, l'autrice de Gone girl, dont j'avais beaucoup aimé l'adaptation au cinéma par David Fincher. J'en ai parlé à deux mecs, qui ont eu la même réaction immédiate : "c'est malsain !" "elle est tordue cette fille !" Eh bien à côté de sharp objects, Gone girl, c'est "Martine part en vacances chez les bisounours".
Dans Gone girl, la dégradation du couple suit un schéma assez courant (l’amour qui ne résiste pas aux disputes et tromperies), c'est la réaction des personnages qui est tordue et excessive ("divorcer ? trop facile ! si je faisais croire que mon mari m'a tuée plutôt ?”) Mais dans Sharp objects, aucune relation n'est normale. L'enquête est secondaire et avance mollement, le plus important, ce sont les rapports entre les personnages : complexes et captivants.
La mère avec ses filles, manipulatrice, la fille avec son mec, brutale, même le patron avec la journaliste, trop paternaliste...

Les personnages sont si tordus qu'ils en sont fascinants. Rien n'est démontré brutalement, le poison est distillé subtilement. C'est ce qui provoque cet envoûtement : on essaie de comprendre qui sont les personnages, ce qu'ils veulent.
Ambivalents, ils soufflent le chaud et le froid : des gestes tendres, mais des propos durs. Un compliment, puis un reproche. Une manipulation qui trouble la personne en face, qui ne sait pas comment réagir,  devient parano et culpabilise ("j'exagère, elle n'est pas toxique, elle peut être aussi gentille”) et qui perturbe aussi le spectateur ("c'est pas un peu bizarre comme réponse ? Elle est sympa ou non en fait ?"). Par exemple, la mère caresse doucement le visage de sa fille, puis lui assène brutalement :"tu as toujours été une enfant difficile..." Des mots tranchants que l'héroïne se grave ensuite sur la peau. Et cet extrait est encore gentillet… la série s’enfonce dans le trouble. 

Sharp Objects picole.jpgJ'attendais avec espoir la romance entre l'inévitable flic sexy (Chris Messina) et l'héroïne, qui aurait enfin apporté un peu de fraîcheur. Quelle naïveté ! ça commençait pourtant bien, ils se lançaient des piques : "vous n'êtes absolument pas mon genre". Le fameux "chien et chat", les deux qui ne peuvent pas se piffrer au début puis finissent par tomber amoureux, comme Darcy et Elizabeth dans Orgueil et préjugés ! On est loin de ce romantisme, de la déclaration enflammée et du chaste bisou dans une nature enchanteresse :
Quand le flic parvient à décrocher enfin un premier rendez-vous, il plaisante : "j'espérais plutôt un ciné". Car la sortie, c'est une balade dans les bois où ont eu lieu des crimes. Les deux acolytes sont ivres, et dans ce décor sordide, l'homme estime que c'est le bon moment de tenter une approche. La femme refuse un baiser, mais elle lui prend la main et la met au panier. Direct, sans même un bisou, debout entre une cabane de chasseurs tapissée d'images porno et une clairière de viols collectifs... premiers baisers, échangés, sur la plage un été, ça ne s'oublie pas, quand c'est la première fois… 
Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance.

Le flic est pourtant le seul personnage à peu près normal. Comme le spectateur, il débarque dans cette ville de cinglés sans rien en connaître ni en comprendre les gens et les coutumes (des sudistes qui célèbrent un étrange jour de résistance contre les yankees). Comme lui, on se demande où on est tombé.
sharp patins.jpgComme lui, on est fasciné par l'héroïne, incarnée à merveille par Amy Adams. J'étais focalisée sur sa magnifique crinière de feu, comme sur la beauté des adolescentes sur leurs patins, roulant en pleine route, le reflet du soleil dans leurs cheveux au vent, tenues légères, insouciantes et libres.
Le
réalisateur Jean-Marc vallée a l'habitude de sublimer les femmes à l'écran, à travers la série Big little lies ou les films Wild (avec Reese Witherspoon) et Victoria (avec Emily Blunt).
La beauté et la photographie soignée contrebalancent, mais aussi
esthétisent l'horreur des faits. La bande originale souligne l'état d'esprit des personnages : l'héroïne écoute du Led zeppelin brut de décoffrage, qui reflète son trouble intérieur, sa mère dans son immense maison coloniale d'une autre époque écoute du Michel Legrand suranné et délicat (les moulins de mon coeur, les parapluies de cherbourg...)

Le scénario est aussi pervers et retors que les personnages, et la série atteint son but : provoquer le malaise. La résolution de l'énigme m'a déconcertée : dois-je être fascinée ou révulsée ?
Je vérifie les critiques, elles encensent la série :
"On est scotchés" "incarnation de nos plus troubles cauchemars" (elle)
"à ne pas rater" . "Un univers de violence inédit, fascinant et indélébile" (les inrocks)
"Une fois pris au piège, on ne veut plus en sortir." (le parisien)
"Va vous donner des sueurs froides." (première)
"Passionne par l’étude de ses personnages à fleur de peau". (le monde)
"obsédante" "étourdissante" "aussi excitante que tragique" (rolling stones)
"Un thriller effrayant, un mélodrame gothique" (yahoo tv)
"Bien meilleure que Gone Girl, avec sa propre atmosphère humide, sensuelle, hypnotisante"

En tout cas, un fait me paraît problématique....
à suivre...

 

15/06/2020

Outlander, l'histoire d'amour

outlander seins.jpgPhoto : "attention tes seins débordent !" ou comment faire croire que l'actrice a de gros seins en les remontant au maximum de façon pas du tout naturelle.
A part se délecter de torture (voir billet précédent), Outlander comporte de nombreux autres défauts, comme les incohérences du scénario et une histoire d'amour qui laisse à désirer (cas de le dire).

Par exemple, les Ecossais ne savent pas d'où la femme sort, une Anglaise seule parmi eux, en pleine guerre, mais ils la recueillent direct, lui offrent gîte, couvert, vêtements, sans trop poser de questions. Le seigneur des lieux invite cette étrangère à sa table pour une grande cérémonie officielle, mais après s'être bourrée la gueule (elle se saoule dans TOUS les épisodes !!! à croire que la série est sponsorisée par Kronenbourg) elle se casse en plein milieu parce qu'elle s'ennuie. 

La femme est en lune de miel avec son mari adoré, elle se retrouve brutalement séparée de lui par 200 années, mais elle annonce dès le premier jour "il est mort", se marie vite avec un autre et s'adapte immédiatement à sa nouvelle vie moyenâgeuse. Tout le monde à sa place serait prostré dans un coin en état de choc, mais elle voyage dans le temps pour se retrouver au milieu de barbares qui ne parlent pas sa langue comme si elle avait pris le TGV pour visiter le puy du fou : "c'est pittoresque ces gens empalés sur un poteau ! rafraîchissant ! 5 points sur trip advisor !"

outlander homme des cavernes.jpgElle se retrouve entourée d'hommes répugnants, sales, puants (la série insiste là-dessus), avec les dents en moins, saouls du matin au soir, bêtes et incultes, qui passent leur temps à courir la gueuse ou se battre. Mais en plein milieu de ce défilé de freaks se trouve un gentil mannequin sublime, hyper musclé (impossible de le louper, il passe la moitié du temps torse nu). Le prince charmant : il dort par terre devant la porte de l'héroïne pour que les brutes ne viennent pas la violer pendant la nuit. Une fille va être battue publiquement, il propose d'être frappé à sa place. Quelle abnégation... un martyr, un saint. La fille amoureuse de son sauveur lui saute au cou (elle est magnifique) mais non, il n'en profite pas. Et le bouquet, attention tenez-vous bien... 

Tous ses potes hideux passent leur temps à culbuter les servantes sur des coins de table, toutes les filles se pâment devant lui, mais le gars reste chaste. Par un énième ressort scénaristique lourdingue, l'héroïne se retrouve OBLIGEE d'épouser le gentil mannequin (ah mince alors, quelle corvée !) et là le prince charmant lui répond qu'il est vierge. J'ai éclaté de rire. Comment peut-on y croire une seule seconde ? (l'acteur a 33 ans au moment du tournage, comme l'héroïne, qui paraît 10 ans de + que lui tellement elle est austère.)

outlander feu.jpgL'histoire d'amour est d'une lourdeur... Par exemple, L'héroïne doit une énième fois soigner une blessure du mannequin, alors il doit enlever une énième fois sa chemise et montrer son torse bodybuildé. Elle effleure sa peau, ils se regardent gênés, il serre les dents même s'il a mal car c'est un homme fort... (comme toujours la série érotise la douleur. )
Et tout ça bien sûr, au coin du feu. Avec les reflets oranges qui mordorent leur peau, et des gros plans sur les flammes qui crépitent, pour symboliser la passion. On a déjà vu ces poncifs cent fois. Rien que dans Portrait de la jeune fille en feu qui a reçu de multiples récompenses, mais avec une réalisatrice qui maîtrise l'art de la mise en scène et du dialogue délicat, elle. J'aurais voulu rêver devant cette scène d'Outlander, mais elle cumule tellement de clichés, les dialogues sont tellement niais, l'interprétation du glaçon si navrante, la réalisation si plate... impossible. On se croirait dans un mauvais téléfilm de M6. On est loin de la finesse et des réparties mordantes de Jane Austen. 

Même les scènes de sexe avec le mannequin ne sont pas excitantes. J'attendais depuis 7 épisodes que l'héroïne et lui couchent enfin ensemble. Mais lors de la nuit de noces (un épisode entier sur le mariage) il lui fait 3 pauvres aller-retour sans préliminaires, mais c'est censé être l'extase avec jojo lapin. J'ai eu du mal à ne pas m'endormir, comme je l'ai fait devant 50 nuances de grey (autre film censé être troublant mais que j'ai trouvé à la fois niais et pervers (une vierge effarouchée tombe sous la coupe d'un milliardaire sado maso (Jeffrey Epstein ?)

outlander pisse.pngDe Outlander, je retiens cependant des points positifs : la beauté des paysages et le contexte historique et sociologique. Par exemple, j'ai apprécié l'épisode 5 de la collecte. Les personnages acquièrent enfin une profondeur (la manipulation pour convaincre le peuple de payer la révolte contre les Anglais) On y voit de magnifiques décors, on découvre la vie étonnante des paysans : les femmes malaxent à mains nues la laine avec leur propre urine pour fixer la teinture et l'héroïne ne se fait pas prier pour les imiter et s'asperger ("vous puez la pisse" toujours cette fascination pour le crade). Malheureusement cet épisode instructif et surprenant était noyé sous la pisse entre deux épisodes inintéressants : le 4, consacré à la tentative d'évasion, avec un suspense inexistant parce qu'on se doute bien que si l'héroïne avait pu retourner toucher ses cailloux, la série ne durerait pas 18 longs épisodes inter-minables, 18 heures, et avec 6 saisons (mais au secours, ça ne s'arrêtera jamais !) et le 6ème épisode, où elle se fait tabasser pendant 30 minutes, nan merci ça ira.

Au final, pour une série qui promettait de faire fantasmer, je me retrouve au contraire frustrée. C'est vraiment dommage parce que Outlander avait tout pour me plaire sur le papier : romance, beaux paysages, contexte historique. Mais la violence gratuite, les incohérences du scénario, les longueurs, la platitude des dialogues, le jeu des acteurs, la réalisation kitsch ont eu raison de ma patience. J'ai arrêté au 7 e épisode, après la nuit de noce ratée. Je pensais finir la saison, qu'elle retrouve son mari même si elle l'a oublié en 2 minutes, mais quand j'ai lu que la série allait crescendo dans l'horreur et les incohérences, j'ai abandonné, je ne suis pas maso non plus.

Après les violeurs de Outlander, le sm de Grey, une prochaine fois je vous parlerai de You, autre série pour gonzesses qui fantasment sur les méchants garçons, cette fois-ci un serial killer. Une série écrite elle aussi avec les pieds.

 

09/06/2020

Outlander

outlander.jpgPendant le confinement, le besoin d'évasion, de grands espaces et de romance s'est fait ressentir, pour oublier l'incertitude face à l'épidémie et la solitude dans un studio. Sur Netflix, je tombe en page d'accueil sur la promo d'Outlander. Ces images de montagnes verdoyantes (manquait plus que les marmottes) m'ont fait saliver. Je lis un article élogieux sur internet, puis je me souviens qu'une ancienne connaissance parlait de cette série avec des étoiles plein les yeux, la trouvant carrément sensuelle et excitante.  
Adepte de l'oeuvre de Jane Austen, de son romantisme, des paysages sublimes, du charme suranné des costumes du 18è siècle, je lance donc la série. Je connais vaguement le pitch : une femme se retrouve projetée dans le passé. J'adore aussi la littérature fantastique, Wells, Poe, Maupassant, je devrais être comblée.

Sauf que la critique positive provenait d'un magazine pour jeunes filles, et que j'ai oublié le léger détail que l'ancienne connaissance était surnommée Terminator tellement elle était froide et méchante, qu'elle avait des goûts de chiotte qu'elle trouvait géniaux des films que j'estimais quelconques, romantiques des histoires d'une niaiserie confondante. Quant à Jane Austen, je n'ai pas lu son oeuvre depuis 10 ans, peut-être que mon avis a changé ? Et ce qui me plaisait, c'était l'humour se moquant des personnages et les réparties pleine d'esprit, plus encore que les romances décrites.

Outlander et que je te torture.jpgPleine d'attente, je lance Outlander. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, L'héroïne anglaise part en lune de miel avec son époux, sur les terres écossaises de ses ancêtres. Super, l'amour fou, elle fera tout pour retourner à son époque et retrouver son mari... Mais ce dernier est interprété par Tobias Menzies, qui avec ses petits yeux perçants, son visage taillé à la serpe, son sourire carnassier et son balai dans le cul, joue souvent les rôles de méchant (Brutus dans Rome m'avait marquée). Donc pas le mec qui me fait fantasmer. Quand il se retrouve au lit avec sa femme, comment dire... les scènes sont longues.

outlander glacon.jpgSon épouse, l'héroïne, dont toute la série repose sur ses épaules, est interprétée par Catriona Balfe, très belle, elle. Mais malheureusement, aussi raide que son mari. Ce qui pose un tantinet problème : la série promet d'être ardente, mais avec une actrice aussi froide qu'un glaçon, je ne vois pas comment ça va être possible
Cette femme est censée incarner la passion, dans tous les sens du terme : passion amoureuse, passion pour son métier (infirmière, vocation de soigner) passionaria pour de grandes causes (contre les horreurs de la guerre, les injustices, pour aider les plus faibles...)
Elle doit donc avoir le feu sacré, être très expressive. Pourtant face à toutes les choses incroyables qu'elle vit (voyage dans le temps, attaque guerrière etc....) lorsqu'elle se révolte contre les horreurs (non, ne coupez pas la main de ce gamin qui a volé du pain, non ne violez pas cette gamine) l'actrice offre toujours le même visage fermé et inexpressif. Elle se tient très droite, dans la retenue. C'est parce qu'elle est censée incarner la pudeur anglaise ? Le feu sous la glace ? 
Non, il faut se rendre à l'évidence : elle joue mal. Je n'ai pas cru une seconde aux prétendus sentiments qui sont censés la traverser, et cette porte de prison glaciale ne m'a suscité aucune sympathie. 

outlander pierre qui roule.jpgA la fin du premier et déjà long épisode, elle est enfin projetée dans le passé après avoir assisté en cachette à une cérémonie étrange, où des sorcières prêtresses en chemise de nuit robe blanche font une farandole cérémonie druidique autour de gros cailloux dolmens. Les femmes sont filmées au ralenti, avec les reflets du soleil couchant dans leurs cheveux au vent. C'est d'un kitsch, d'un ridicule.... L'héroïne touche une pierre et pouf, elle se retrouve en 1750, comme c'est pratique. Je vais tripoter les murs de l'Olympia pour voir si je revis le concert des Beatles de 1964, ou les murs de ma banque si jamais je me retrouve dans le coffre-fort rempli de billets.

L'héroïne elle, est propulsée dans une forêt 200 ans en arrière, en pleine bataille entre Anglais et Ecossais. Elle voit l'ancêtre de son mari, qui est son sosie parfait, joué par le même acteur. Je ne ressemble déjà pas du tout à mon frère, alors être la réincarnation trait pour trait d'un ancêtre qui a 200 ans... Que fait le gars quand il rencontre une femme dans un bois ? Bah il la retourne direct et tente de la violer.
Ah d'accord. Je croyais que c'était une série romantique, et là elle croit voir son époux adoré qui lui fait une caméra cachée, mais il la brutalise ? Ca ne fait pas fantasmer, ce n'est pas érotique, c'est pervers. Une tentative de viol, et par celui qui est le sosie de l'homme qu'elle aime. D'une rare perversion.
Et ça ne s'arrête pas là... à chaque épisode, son viol. Pour que le héros ait la vie sauve, sa petite soeur se laisse violer. Le bourreau dénude la pauvre fille devant son aîné et l'oblige à regarder. Tout est filmé du point de vue du mec qui raconte cette histoire, avec des gros plans sur son visage indigné (on voit à peine la gueule de la fille, juste ses seins, elle n'est qu'un objet) comme si au final, c'est le mec qui souffrait le plus.

outlander et que je te fouette encore.jpgComment une femme saine d'esprit peut-elle fantasmer devant des actes aussi ignobles et sordides ? J'avais lu que certaines complexées qui n'assument pas leurs envies trompent ainsi leur conscience "c'est pas moi qui aime ces choses que je juge dégoûtantes, on me force" et cette fameuse fille qui adore cette série était justement très coincée, à réprouver des pratiques anodines qu'elle jugeait dégradantes (son mec devait se contenter du peu que le frigo voulait bien lui céder). En lisant les avis négatifs des spectateurs sur Allociné, je découvre que la suite est encore plus immonde : "à vomir". Tortures, viols, chantage contre des homosexuels, etc. J'ai zappé des passages (l'épisode 6 où l'héroïne se fait tabasser pendant 25 minutes) car se délecter de la violence gratuite (le pauvre gosse dont on veut couper la main pour un vol de pain et dont on cloue l'oreille au pilori), ce n'est pas possible. Certaines téléspectatrices écrivent qu'elles ont été traumatisées en faisant des cauchemars. (J'en ai fait aussi). Une actrice de la série dénonce elle aussi les scènes de "violences sexuelles honteuses". 
Le blog déjeuner sous la pluie partage mon avis (l'héroïne, "coquille vide" qui reste passive face aux brutalités) Le livre est décrit comme encore pire que la série, avec un extrait ahurissant.

J'ai tapé sur internet "extraits ridicules de Outlander" et je suis tombée sur cet article, qui recense les scènes les plus marquantes. J'apprends qu'à la fin de la saison 1, le prince charmant bat sa femme à coups de ceinture mais qu'elle lui pardonne, et qu'il se fait violer sur deux épisodes entiers. Je redécouvre aussi les dialogues niais. L'article ne semble pas écrit sur un ton parodique, à ma grande consternation. Lisez-le pour vous faire une idée.

Au sadisme, la série mêle la bluette pour midinettes. Symbole de cette dichotomie, le corps du prince charmant, constamment montré : côté face, un torse tellement musclé que ça en est ridicule : on a l'impression "qu'il a été photoshoppé" comme dit Emma Stone de Ryan Gosling dans Crazy stupid love. Coté pile, un dos couvert de traces de fouet, si profondes qu'elles sont difficiles à regarder, car on imagine la souffrance que le gars a dû endurer.  

Pour finir sur un ton léger, abordons l'histoire d'amour d'Outlander, car elle vaut le quart d'heure... 
à suivre....

 

02/02/2020

Bilan "je suis culturée" de décembre et janvier

le jeu.jpg2 films au ciné :
- Star wars épisode 238 (voir mon article en lien)
- Vivarium de Lorcan Finnegan (sortie le 11 mars)

11 Comédies françaises :
- Le grand bain de Gilles Lellouche, 2018
- Le jeu de Fred Cavayé, 2017
- Un air de famille de Cédric Klapisch, 1996
A l'époque de sa sortie, on me répétait que j’étais le sosie d'Agnès Jaoui. Je confirme 25 ans après que je suis toujours l'insolente anti conformiste de la famille :
" Je tiens tête à cet enculé qui emmerde tout le monde au boulot et voilà comment il me remercie !
- Mais comment peux-tu être aussi vulgaire?
- 0n peut être extrêmement vulgaire sans dire un seul gros mot. Là tu vois, comme tu viens de traiter le serveur, et comme tu traites ton fils... J'appelle ça être vulgaire."

- Un petit boulot de Pascal Chaumeil, scénario Michel Blanc, 2016
petit boulot.jpg- De vrais mensonges de Pierre Salvadori, 2010
- Hors de prix de Pierre salvadori, 2006

- 2 days in Paris de Julie Delpy, 2007
- 2 days in N-Y de Julie Delpy, 2012
Dans le premier, l’héroïne (incarnée par l'actrice réalisatrice) photographe Française qui s'est installée aux États-Unis, revient pour les vacances à Paris et présente son compagnon Américain à ses parents. tout le sel du film tient dans le choc des cultures, la personnalité cocasse de la famille (le père étant réellement celui de Julie Delpy) et l'aspect autobiographique. La scène du chat Jean-Luc trop nourri (au foie gras !) par la mère me rappelle tellement la mienne qu'à l'époque, j'avais conservé l'extrait sur mon dvd enregistreur !Dans le second film, cette fois-ci ce sont les parents qui rendent visite à leur fille. 2 days in Ny me paraît moins drôle et original que le premier opus. On peut également reprocher aux films leur côté ultra bobos branchés.

- Le cerveau de Gérard Oury, 1969
Who's got a computer for a mind ? The brain ! Who's got a IQ like a Einstein ? The brain ! Ecoutez en lien la géniale musique de Georges delerue, interprétée par American breed.

- Les tontons flingueurs de Georges Lautner, 1963
Il connaît pas Raoul ! Bien sûr que si ! Un classique aux répliques cultes qu'on ne présente plus.

- La femme de mon pote de Bertrand Blier, 1983
 
10 Comédies américaines :
after hours.jpg- After hours de Martin Scorsese, 1985
- Annie Hall de Woody Allen, 1977
- Man on the moon de Milos Forman 1989
- Indiscrétions de George Cukor, 1947
- Love and friendships adaptation de Lady Susan de Jane Austen, de Whit Stillman, 2016
- Crazy, stupid, love de John Requa, 2011 (voir ma critique en lien)
- Comment tuer son boss de Sean Anders, 2011
- Yes man de Peyton Reed, 2009
- Sans Sarah, rien ne va de Nicholas Stoller, 2008
- The holiday de Nancy Meyers, 2006

4 Drames :
lobster.jpg- The lobster de Yórgos Lánthimos, 2015
Faites ici le test pour savoir comme dans le film en quel animal vous pourriez être transformé si vous finissez célibataire. Le test a conclu chouette (curieux et sage) corbeau (très intelligent) ou colombe (gentil). J'ai choisi chouette♥.
- Mise à mort du cerf sacré de Yórgos Lánthimos, 2017
- Vox lux de Brady Corbet, 2018
- A star is born de Bradley Cooper, 2018

3 Horreur :
chernobyl.jpg- Get out de Jordan Peele, 2017
- Us de Jordan Peele, 2019
- Insidious, la dernière clé de Adam Robitel, 2018

20 Documentaires :
Détails à suivre

6 Séries :
Coups de cœur :
- Chernobyl
irresponsable.jpg- Irresponsable
- Platane

- The office saison 5
- Nu
- Home for christmas

3 Livres :
- Femmes de dictateur de Diane Ducret
- Agir et penser comme un chat de Stéphane Garnier
- Ma vie avec Virginia de Leonard Woolf

1 expo :
- Vampires, de Dracula à Buffy, la cinémathèque