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01/03/2021

Bilan "je suis culturée" semaine 8

cinéma, littérature, séries6 FILMS :
Suspense :
- The thing de John Carpenter, 1982
- I see you d'Adam Randall, 2019 
- Le temps de l'innocence de Martin Scorsese, 1993
- Raccrochez, c'est une erreur de  Anatole Litvak, 1948, Arte
Biopic :
- Radioactive de Marjane Satrapi, 2019 
Animation :
- Ferdinand de Carlos Saldanha, 2017 

2 SERIES :
- Unorthodox, netflix
- The undoing, My canal

1 DOCUMENTAIRE :
- La fabrique de l'ignorance, Arte

 1 LIVRE :
- Ecriture, mémoires d'un métier de Stephen King, 2000

23/02/2021

Bilan "je suis culturée" semaine 7

batman dark.jpg7 FILMS :
- Batman begins de Christopher Nolan, 2005
- Batman 2, the dark knight de Christopher Nolan, 2008
- Batman 3, the dark knight rises Christopher Nolan, 2012
- Pirates des caraïbes 5, la revanche de Salazar, 2017
- Moi, moche et méchant 3 de Pierre Coffin, 2017
- 500 jours ensemble de Marc Webb, 2009 
- Dites-lui que je l'aime de Claude Miller, 1977

1 DOCUMENTAIRE :
- Murdoch, le grand manipulateur des médias, Arte, disponible jusqu'au 17 mars

1 SERIE :
- Paris police 1900, Mycanal

1 LIVRE :
- La main gauche, Guy de Maupassant

20/02/2021

Lupin

Lupin-affiche.jpgC'est le plus grand des voleurs
Oui mais c'est un gentleman
Assane Diop (Omar Sy) est orphelin depuis que son père, chauffeur pour une riche famille industrielle, a été accusé à tort d'un vol de bijou et s'est suicidé. 25 ans après, le collier dérobé refait surface, et Assane, devenu gentleman cambrioleur comme son héros Arsène Lupin, tient là sa revanche...
Je savais juste que la série évoquait le héros de Maurice Leblanc, sans en connaître les détails, à part les polémiques stériles : Omar Sy ne joue pas Arsène Lupin, il s'inspire du personnage et le modernise ! 

Les histoires de Maurice Leblanc se déroulaient à la belle époque, 1900, où la police commençait à s'associer aux nouvelles technologies scientifiques pour résoudre les crimes, grâce notamment à  Alphonse Bertillon et au préfet Lépine : découverte des empreintes digitales, réalisation des fiches anthropométriques des délinquants, puis utilisation du téléphone pour joindre les commissariats, des bicyclettes pour les déplacements des policiers... Tout ceci est démontré dans la nouvelle série canal+ Paris police 1900, puis dans le génial musée de la préfecture de police et l'excellente série documentaire qu'il a inspiré, Des crimes presque parfaits.

La série Lupin développe deux bonnes idées : la première, le mythe du gentleman cambrioleur qui utilisait les moyens de son époque pour flouer la police est transposé à notre époque moderne. Cela permet un déluge de gadgets dernier cri fort plaisant que ne renierait pas James Bond. Deuxième bonne idée, Arsène Lupin est insaisissable car il est doué pour se cacher de la police. Pour son disciple, cette invisibilité est renforcée par le fait qu'il est issu des minorités, déjà peu regardées par la société.  

lupin vol.jpgLa série fait un parallèle avec les minorités qui sont souvent exploitées pour des travaux ingrats, chauffeur comme le père du héros, ou agent de ménage comme les employés du Louvre dans le premier épisode, livreur en vélo... Ces personnes sont si peu considérées qu'on ne fait pas attention à elles, et l'apprenti Lupin en profite pour accomplir ses forfaits sous les yeux des passants :  "vous m'avez vu, mais vous ne m'avez pas regardé".
Très bonne idée, mais le choix d'Omar Sy pour incarner un personnage censé passer inaperçu me semble étrange : sa carrure est immense, il est aussi large que grand, une armoire à glace ! 
Quand les policiers regardent les 4 portraits robots du voleur, ils s'étonnent : "ce sont 4 personnes différentes !" J'ai éclaté de rire : Euh, non justement, pas du tout, on reconnaît clairement Omar Sy ! On dirait une parodie de De Funès devant le portrait robot de Fantômas !  L'acteur a beau se maquiller, se rajouter des moustaches, il ne peut masquer qu'il fait 1m90 et 100 kilos ! Les flics sont de gros baltringues, ils ne soupçonnent pas l'évidence, qu'Assane est le voleur. 

La série comporte ainsi de nombreuses incohérences et facilités
Par exemple, comment la journaliste a-t-elle découvert l'adresse d'Assane alors qu'elle est top secrète et qu'il fait tout pour se cacher, que toute sa technique repose sur son invisibilité ? L'adepte d'Arsène Lupin devrait s'alarmer d'être suivi et repéré si facilement, mais quand il demande à la journaliste comment elle a eu son adresse, elle se contente de répondre "une bonne journaliste ne dévoile jamais ses sources" et il ne pousse pas l'investigation plus loin. Comme c'est pratique.

Il est aussi invraisemblable que tout se déroule comme il l'avait prévu, qu'il prévoit la réaction des gens et les événements au millimètre et à la minute près (pour le vol du bijou et quand il est en prison par ex) mais on se laisse aller aux facilités scénaristiques, elles participent au merveilleux, au magique, au côté jouissif  : "haha, vous le prenez pour un con, mais il vous a bien eu !" Un peu comme les braquages des films des Ocean 's 11.

La seule faiblesse d'Oussane reste sa famille, avec le personnage de son ex compagne Ludivine Sagnier, pas assez développé selon moi. Les personnages secondaires le sont un peu trop justement, et trop caricaturaux (le méchant est très méchant, les flics sont très cons, la femme fatale très belle et raffinée).
Malgré tout, la série se regarde vraiment avec plaisir. J'apprécie qu'elle ait relancé le goût de la lecture des Arsène lupin, fait enfin reconnaître le talent de Cascadeur avec sa chanson Meaning de Cascadeur utilisée dans le film (déjà dans Le sens de la fête). Lupin rencontre du succès chez les ricains, pour une fois qu'une série française s'exporte bien, cocorico. J'espère juste que ça ne va pas leur donner l'idée d'appeler leur gamin Raoul comme dans la série !

16/02/2021

Bilan "je suis culturée" semaine 6

Possessions (1).jpg6 DOCUMENTAIRES :
Coup de coeur :
- Les super pouvoirs du chat, France5, dispo jusqu'au 19/02

- Nos voisins à plumes, l'univers chamarré des oiseaux de jardin, Arte, dispo jusqu'au 05/03
- La disparue du Cecil hôtel, 4 épisodes
- Delon, l'affaire Markovic : coup bas chez les gaullistes, France 5
- La minerve, le fantôme des abysses, National geographic
- Cosmos, la cité disparue, épisode 3

1 SERIE :
- Possessions, Mycanal

5 FILMS

- Pirates des Caraïbes 3, jusqu'au bout du monde de Gore Verbinski, 2007
- Pirates des Caraïbes 4, la fontaine de jouvence de Rob Marshall, 2011
- Mlle de Jonquières d'Emmanuel Mouret, 2018, Arte
- Les nouveaux héros de Don Hall et Chris Williams, 2015
- Manchester by the sea de Kenneth Lonergan, 2016

 2 LIVRES :
- Chroniques de jeunesse de Guy Delisle, 2021
- Hollywood menteur, le tournage des Désaxés, Luz

08/02/2021

Bilan "je suis culturée" semaine 5

cinéma,littérature,séries6 FILMS :

Plouf dans l'eau :
- Pirates des caraïbes 1, la malédiction du Black Pearl,  de Gore Verbinski, 2003, sur Disney
- Pirates  des caraïbes 2, le secret du coffre maudit, de Gore Verbinski, 2006
- Open water, en eaux profondes, de Chris Kentis, 2004, Mycanal
- Underwater de William Eubank, 2020, MyCanal

Cinéma français :
- Seules les bêtes de Dominik Moll , 2020, MyCanal
- Je suis là d'Eric Lartigau, 2020, MyCanal

cinéma,littérature,séries2 SERIES :

Coup de coeur :
- Ovni(s), sur My canal

- En thérapie, Arte

8 DOCUMENTAIRES :

- Pauline Dubuisson, l'impossible oubli, Infrarouge, france2, dispo jusqu'au 02/04
- Le bureau des Ovnis , la réalité derrière la fiction : 40 ans du GEIPAN, MyCanal
- Ce que ressentent les animaux, Arte ou you tube
- La science des émotions : les manipuler, épisode 2, Planète
- Brain games, testez votre cerveau, 4 épisodes, Disney
- La perception
- la concentration
- La mémoire
- Focus pocus

1 LIVRE :
- Un cas de divorce, Maupassant

 

11/01/2021

Bilan "je suis culturée" semaine 1

danse avec les loups.jpgComme promis, je tiens pour l'instant la bonne résolution de publier le bilan culturel chaque semaine plutôt que mensuellement comme auparavant. J'ai commencé à rédiger des critiques, mais comme d'habitude, je m'emballe, je trouve plein de choses à dire, et j'ai déjà écrit 5 pages rien que sur les films... 

7 FILMS :

Aventures
Coup de coeur : 
- Danse avec les loups de Kevin Costner, 1990
Un classique, un chef-d'oeuvre intemporel, une ode à la nature, à la tolérance, à la liberté... Le tout sublimé par la musique de John Barry (Out of Africa). La mort de Chaussette reste parmi mon top ten des traumatismes d'enfance. Chaussette♥ a jamais dans nos coeurs (voir en lien la scène de danse avec Chaussette).

selfie.jpg- Marche avec les loups de Jean-Michel Bertrand, 2019
- L'appel de la foret de Chris Sanders, 2020
- Gold de Stephen Gaghan, 2016

Comédies 
- Selfie, de l'influence du numérique sur les honnêtes gens, 2019
- La belle époque de Nicolas Bedos, 2019
- Héroïc losers de Sebastián Borensztein, 2020

DOCUMENTAIRES :

- La vie secrète du zoo de Chester, saison 4, France 5 (une quinzaine d'épisodes de 25 minutes).
- La reine Victoria et ses 9 enfants, Histoire (3 épisodes de 50 minutes) 
- Titanic, la dernière preuve, Planète
- Ovnis, les dossiers déclassifiés américains, Planète

cinéma,séries,netflix,littérature2 SERIES :

- La chronique des Bridgertown, Netflix
- Designated survivor (en cours)

3 LIVRES :

- L'arabe du futur, tome 5
- Le département des théories fumeuses, de Tom Gauld
- Gaston, au-delà de Lagaffe

 

09/01/2021

J'avais fait pourtant, des promesses au nouvel an

gaston bonne santé.jpgCette année va se terminer, je n'ai pas changé mes défauts, je les ai gardés
J'avais fait pourtant, des promesses au nouvel an
J'étais décidé, tout est à recommencer
Car mes résolutions ont trouvé le temps long... (cliquez sur la chanson en lien)

Relire le début ici.
Je dresse une liste non exhaustive des bonnes résolutions 2021, juste pour pouvoir vérifier en 2022 que je ne les ai pas tenues :

Résolutions blog :
- Alimenter plus régulièrement le blog. Pour dans l'idéal publier deux à trois fois par semaine, il faudrait que j'écrive quotidiennement. En ce moment comme je ne travaille pas, je pensais avoir le temps,  mais la fatigue et la maladie m'empêchent parfois d'écrire des jours entiers (à ma grande rage, car ce n'est pas l'envie qui me manque).
J'aimerais au moins proposer un bilan culturel hebdomadaire plutôt que mensuel comme auparavant, ce qui me permettrait de ne pas oublier les films que j'ai vus, et un quiz, toujours mensuel.

- Finir aussi les articles rédigés. J'ai tellement d'idées que j'entame des séries de billets sans parvenir au bout et en oubliant de publier les suites pourtant déjà écrites (comme les quiz Beatles et certaines critiques de films).

- Finir enfin de rédiger le livre sur mes expériences de chômage et boulot que les lecteurs m'ont réclamé en 2012, et que j'ai débuté en 2017 ...

Résolutions culture :
- Lire un livre par semaine (incluant des bd). Avant, je m'en demandais même deux  (75 lus en 2019), mais l'année dernière, avec les bibliothèques fermées, j'étais loin du score. En 2021, pour l'instant, je tiens promesse, j'ai lu le dernier tome  de L'arabe du futur et le livre sur Gaston, "au-delà de La gaffe".

- Regarder un film, un documentaire et un épisode de série par jour, résolution que je parviens souvent à tenir.

à suivre...

Ne me maudissez pas, car la prochaine fois, je tiendrai !
Sans être devin, je peux dire que je suis certain
D
'avoir toujours menti à moi-même et à mes copains
J'avais fait pourtant, des promesses au nouvel an...

 

 

 

10/12/2020

Emily in Paris et les Français romantiques

emily, le vieux bourge et le mec normal.jpgRelire le début ici et .
On reproche également à la série ses personnages, peu représentatifs des Français, mais plutôt d'un microcosme favorisé.
Emily habite les beaux quartiers, elle n'y voit et fréquente que des gens fortunés. Sa nouvelle amie possède une décapotable, une galerie d'art, les parents de cette dernière un château et des vignobles en Champagne... comme le commun des mortels donc. L'autre copine d'Emily est aussi riche : son père lui a coupé les vivres, mais elle parvient à s'acheter des vêtements de luxe avec un simple salaire de nounou.

emily gros degueus.jpgQuant aux hommes qui draguent Emily... Deux mecs dans la cinquantaine, alors qu'elle a moitié moins que leur âge. Ils se ressemblent beaucoup (qui a fait le casting ?) les cheveux mi-longs, le foulard en soie autour du cou ou dans la poche du costard, le teint buriné par les uv. bref, des vieux beaux. Qu'une grand-mère bourgeoise fan de bridge fantasme sur ces barbons, je peux comprendre, mais une jeune fille de 25 ans ?  L'un est un de ses clients, l'amant de sa patronne, et lui offre sans aucune gêne des sous-vêtements ! L'autre est un riche héritier qui enchaîne les conquêtes et fait la une des magazines à scandale. En quoi ça donne envie d'être un gibier de plus ? Il veut l'emmener en week-end "à saint trop'' et en attendant, l'embarque sur son bateau faire une balade sur la Seine, en lui expliquant "quand je ne vais pas bien, je pars naviguer". moi dans ces cas-là, je fais avec les moyens du bord : je prends mes baskets et je vais faire le tour du parc voir les petits canards, mais tout le monde n'est pas ultra riche comme dans la série... 

emily vieux crado.pngHeureusement Emily ne cède pas aux avances de ces vieux dégueulasses, mais d'un homme de son âge, qualifié de snob par les amis d'Emily. Des gens qui portent des fringues de luxe et déjeunent tous les midis au café de flore se pensent modestes, je trouve ça... fort de café. Le mec est jugé snob car il étale sa culture comme de la confiture. Il refuse une invitation au palais garnier pour le lac des cygnes, qu'il estime piège à touristes, en expliquant que le boléro de Ravel vaut mieux. Euh ? mais les deux sont pourtant aussi populaires ? Le pire est qu'après une nuit avec Emily, il refuse de se laver le matin "pour garder son odeur". Cette réplique me fait plutôt penser à celle de Roselyne dans la vie est un long fleuve tranquille, donc plutôt à la famille Groseille prolo que les Le Quesnoy bourgeois ! En tout cas, elle confirme pour les Américains le cliché des Français sales et portés sur la chose.

Effectivement, le stéréotype est confirmé par le client qui lui offre des sous-vêtements, lui dit que son parfum "sent le sexe cher" et entretient une maîtresse avec l'accord de sa femme. Lorsqu'Emily débarque au bureau avec une charte de travail américaine refusant les relations entre collègues, elle provoque un tollé. Aux Etats-Unis, le directeur de mcdo a dû démissionner car il avait entrepris une liaison avec un membre du personnel... En France, la plupart des couples (mais aussi des adultères) se forment au sein de l'entreprise, et selon cet article, 62 % des salariés auraient déjà eu une relation sur leur lieu de travail

Les Français sont aussi vus paradoxalement comme des romantiques. Beaucoup d'hommes de la série pratiquent le baise-mains, acte ridicule non observé depuis 1930, à part un ringard déconnecté qui me l'a fait une fois. Le seul homme potable de la série est le voisin d'Emily, trop parfait pour être réel, qui correspond à tous les clichés romantiques : beau gosse, prévenant, spirituel, toujours présent comme par hasard quand elle a besoin d'aide, quand elle reçoit un colis lourd, que sa douche tombe en panne... Et habillé simplement lui. Le parfait cliché qui n'arrive jamais dans la vraie vie.

Moi hier mon voisin qui m'assomme avec sa guitare depuis le confinement a inondé ma cuisine avec une fuite d'eau, scène à peu près similaire à celle d'Emily qui lui demande de l'aide pour sa douche. Le voisin d'Emily l'accueille (torse poil !) avec un grand sourire, lui propose de se laver chez lui (hum) lui appelle un plombier... Moi j'ai dû insister pour que mon voisin daigne ouvrir sa porte, et clairement je le dérangeais avec mes plafonds et mur inondés. J'ai pourtant montrer la preuve du massacre : mon poster de Paulo trempé et foutu, et il ne s'est ni extasié sur mes goûts musicaux, ni excusé d'avoir bousillé mon Macca adoré et encore moins a proposé de le remplacer... Au contraire, il était si bourru que c'est moi qui ai eu le réflexe de lui dire "désolé pour le dérangement." Hâte de retourner le voir ce soir pour lui expliquer que si en fait, c'est pas "rien" comme il disait, il faut déclarer un sinistre.

En résumé, Emily in Paris est certes caricaturale, mais c'est une série légère, pas un documentaire. Je propose une suite,  "Papillote in Texas" où je me retrouverais entourée de Qanon obèses, un mcdo dans une main, un flingue dans l'autre, une croix autour du cou !

 

 

 

 

02/12/2020

Il me manquait quelque chose pour descendre les poubelles

emily vert.jpgRelire le début ici.
Si Emily est traitée de "plouc" et "ringarde", c'est pour son look, opposé au chic des tenues parisiennes.
Sa boss comme les Françaises qu'elle côtoie sont habillées de noir, sobres et élégantes, tandis qu'Emily et sa copine portent des tenues voyantes et mal assorties. Des vêtements rose vif, vert pomme, des imprimés improbables (fruits, chaussures, tour Eiffel...) un imperméable en plastique transparent, des mini-jupes et des micro shorts à paillettes avec des talons de 12 cm, des bottes de cow-boy à franges ou des spartiates à lanières jusqu'aux mollets... Bref, des accoutrements qui ne dépareraient pas dans un cirque ou une caravane du bois de boulogne.

emily pouffe.jpgJe suppose que ces tenues insolites sont moquées. Comme l'étaient celles de Carrie Bradshaw dans Sex in the city, quand elle parade en tutu dans le générique et se fait asperger par un bus, ou lorsqu'elle est fière de porter de ridicules chaussures à plumes rose qui coûtent un smic et que sa copine perd les eaux dessus. Pourtant je reste encore naïve : depuis le lancement d'Emily in Paris, les magazines féminins expliquent où acheter ces tenues aberrantes et hors de prix et les ventes des vêtements qu'elle porte ont explosé, comme les bérets ou les sacs chanel.
Je découvre que les deux séries sont l'oeuvre du même scénariste. Je comprends mieux comment Emily, qui gagne correctement sa vie sans être millionnaire, peut enchaîner les tenues onéreuses, comme Carrie collectionnait les chaussures à 1500 euros malgré un salaire de pigiste...

emily tour eiffel.jpgJ'exècre ce qui est trop voyant, les sacs de luxe, les bijoux en or : ce qu'on appelle "le bling bling". Comme beaucoup de Parisiennes, comme dans la série, je m'habille de tenues discrètes et foncées. Comme les collègues d'Emily ou le créateur de mode parisien, je la juge "plouc" et "ringarde".
Donc oui, Emily in Paris n'est pas si cliché. Sa cheffe regarde sa tenue de haut en bas avec un air effaré. Elle lui reproche de n'avoir "aucune culture", d'être "trop souriante", "trop optimiste" et son collègue lui demande pourquoi "elle crie". Je lui fais les mêmes reproches. Je la trouve tête à claques. J'ai beaucoup de mal avec les gens incultes, qui se font remarquer, parlent fort, sourient tout le temps comme des imbéciles heureux, ou rient comme des hystériques. A force de vivre ici, je suis devenue une Parisienne ronchonne et méprisante moi aussi ! 

Le créateur de mode l'estime "ringarde" car elle arbore une breloque de tour Eiffel. Mais tous les gens que j'ai invités à Paris ont eux aussi acheté une effigie de la grande dame de fer Margaret Thatcher. Je trouvais ce geste ringard, mais lorsque je vais à la montagne, j'achète bien mon génépi et ma carte postale de marmotte. Quand je vais en bretagne, je ramène bien mon bol breton et du kouign amann. Emily s'empresse d'aller dans une boulangerie pour découvrir les pains au chocolat, de visiter les quartiers chics, mais c'est normal de vouloir connaître ce qui est beau et emblématique d'un lieu que l'on visite.

On a reproché à la série de ne montrer que les quartiers huppés et la population bourgeoise. Mais évidemment qu'un touriste à Paris ne va pas se rendre à Barbès !  Emily ne prend jamais l'ignoble métro parisien, sale bondé et puant. Comme son entreprise lui paie un logement, je suppose qu'elle lui rembourse aussi les taxis, alors pourquoi s'en priverait-elle... La série veut envoyer du rêve et du romantisme, vanter les mérites de Paris. Elle ne va pas filmer la ligne 13 en heure de pointe ou les sdf.
D'ailleurs un dialogue prédisait ces reproches. Les collègues estiment que les films américains offrent des fins heureuses où tout est simple :
Emily : "vous n'allez pas au cinéma pour vous évader et rêver ? 
Collègues : - non justement, les Américains, vous voulez échapper à votre réalité ! "

Que la série soit si moquée, ça confirme justement les clichés du parisien : condescendant et râleur, comme il est montré dans la série !
Le Français a aussi la réputation chez les Américains d'être un séducteur, et la série s'empare de ce cliché...
à suivre

24/11/2020

Emily in Paris, une série pleine de clichés ?

emily appart.jpgUne jeune Américaine remplace au pied levé sa collègue pour un job inattendu : partir à Paris aider une agence de marketing française en difficulté à retrouver du succès. Emily est ravie de cette opportunité de découvrir la ville romantique tant vantée. Mais elle ne parle pas un mot de notre langue, et ses méthodes américaines et son style vestimentaire se heurtent à la mentalité de ses nouveaux collègues. Emily aura bien du mal à apprivoiser les Français, dont son joli voisin...

Un tel pitch rend inévitable les clichés. La foudre des Parisiens s'est abattue sur la série. Avec cette héroïne tête à claques au possible, ses gloussements hystériques devant chaque monument, ses photos en bouche de canard wc sur son instagram affichant ses moindres faits et gestes, (elle se prend en photo avec sa boulangère !) ses tenues improbables voyantes et vulgaires, j'ai pensé qu'effectivement, j'allais détester cette série. Je ne voulais donc pas la regarder, mais ce week-end, après une nuit d'insomnie, je ne pouvais rien faire d'autre que glander devant un truc pas compliqué. Est-ce la fatigue qui m'a lavé le cerveau, ou de m'attendre à un scénario nul ? En tout cas, je n'ai pas trouvé Emily in Paris si catastrophique, ni si cliché. La série est agréable à regarder et ne mérite pas autant de moqueries. 

emily appart visite.pngCritique qui revient le plus souvent, Emily habite une chambre de bonne beaucoup trop grande, avec une jolie vue sur une place. Un logement qu'elle trouve immédiatement alors que normalement il lui faudrait 2 garants gagnants 3 fois le loyer, après avoir poireauté 3 heures dans le hall pour visiter l'appart avec 30 autres étudiants.

L'héroïne obtient le logement rapidement, sans souci pour le payer, puisqu'il me semble que c'est un logement de fonction. Sinon, oui, cette chambre de bonne paraît bien vaste. Un collègue nouveau venu à Paris en habitait une sous les toits : 12 mètres carrés, une étuve en été et un loyer bien trop élevé (650 euros). Mais dans un immeuble aussi chic que dans la série, sur les quais de l'île de la cité, avec une vue imprenable sur la Seine, donc encore plus belle que celle d'Emily in Paris. Car comme l'explique l'agent immobilier qui fait visiter l'appartement à l'héroïne, les pièces sous les toits logeaient les domestiques servant leurs maîtres des étages du dessous (le premier étage étant réservé aux commerçants). Donc qui dit chambre de bonne, dit aussi vieil immeuble bourgeois en centre-ville bien situé.

L'immeuble est vieux, donc vétuste, avec la plomberie et l'électricité défaillantes. Emily fait sauter les plombs en branchant son vibromasseur. L'eau est coupée en pleine douche (ce qui lui donne l'occasion d'aller en prendre une chez son voisin super sexy, mais quel heureux hasard !) Le monologue du plombier sent le vécu "il manque une pièce qui n'est plus compatible et plus fabriquée, va falloir attendre des jours".
Ses faits moqués dans Emily in Paris ne sont pas si exagérés : j'ai vécu pire.
J'habite moi aussi un vieil immeuble haussmannien, aux tuyaux usagés, et les fuites d'eau sont monnaie courante. Le plafond de ma cuisine s'est effondré (je n'étais pas là) sous le poids d'une énième inondation. Lorsqu'on ouvre un robinet d'eau chaude, les tuyaux sonnent comme des cornes de brume (toujours sympa d'être réveillée en sursaut à 4 h du matin quand le voisin se lève pour aller au WC). Lorsque mon cumulus a rendu l'âme en plein hiver, j'ai attendu un mois entier que le plombier daigne se déplacer, en  me contentant de casseroles d'eau réchauffées  (je n'ai pas de baignoire, ma salle de bains/wc fait 1 mètre de large pour 2 mètres de long).
Un hiver particulièrement virulent, j'ai eu l'audace d'oser allumer les deux radiateurs de l'appartement : l'électricité a sauté immédiatement. Les jours de grand froid, l'électricité saute systématiquement dans toute la rue, car trop de monde augmente le chauffage simultanément. Pour éviter ces désagréments, je fais des économies : je porte en ce moment un sous-pull, un pull, plus un peignoir et je me couvre d'un plaid. Alors pour moi, les désagréments que rencontre Emily dans son appartement parisien sont crédibles.

Autres clichés reprochés à la série :
Dans l'agence marketing de luxe, les employés sont hautains, prennent Emily pour une plouc, commencent à bosser à 10 heures 30 et prennent 3 heures de pause déjeuner à midi. Quand elle essaie de leur imposer une charte de travail américaine, avec des horaires stricts, son collègue lui rétorque qu'en "France, on ne vit pas pour travailler comme les Américains, mais on travaille pour vivre. "
J'ai bossé avec des journalistes, des gens de la com et du marketing, et certains beaucoup ressemblaient à ceux de la série : méprisants, superficiels et glandeurs. Par exemple, dans mon journal...

à suivre...