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08/10/2017

Hey Jude, ne gâche pas tout

paul mccartney, beatles, hey judeLa 3ème chanson du quiz Beatles est encore et toujours de Paul. Mon chouchou l'a écrite en 1968, à l'intention de Julian Lennon, le fils de John, pour le consoler du divorce de ses parents. Je vous ai expliqué dans mon précédent billet comment John a trouvé son nouveau gourou Yoko Ono qui lui a retourné le cerveau. Non seulement il quitte les Beatles pour elle, mais il quitte aussi sa femme Cynthia, et surtout leur fils Julian...

En 1957, à 17 ans, John rencontre les personnes déterminantes de sa vie : tout d'abord Paul, 15 ans, l'ami d'enfance de ce dernier, George, 14 ans, avec lesquels il formera les Beatles, puis Cynthia, la fille qui partagera sa vie pendant plus de dix ans. John est inscrit aux Beaux arts. Il arbore un look de teddy boy et vient les mains dans les poches à l'école. Le rebelle emprunte constamment les pinceaux et crayons de celle qu'il a choisie comme voisine de classe : Cynthia. S'il vient sans rien pour dessiner, il débarque pourtant un jour avec sa guitare (très utile pour peindre), pour impressionner sa proie belle et lui jouer la sérénade : ain't she sweet. Cynthia rougit comme une tomate et s'enfuit du cours (non ce mec ne me fait aucun effet ! Je ne céderai pas !)

paul mccartney, beatles, hey judeLennon tente alors une autre tactique : la rendre jalouse, en vantant la beauté d'une autre élève qui ressemble à Brigitte Bardot. Quelques jours après, Cynthia se pavane avec les cheveux décolorés (aïe ! Ne jamais perdre son identité pour plaire à un homme !) Lennon comprend que le poisson est ferré et l'invite à la fête de fin d'année. Il l'ignore toute la soirée ce malotru, et lorsque la délaissée finit par quitter les lieux (il se fout de ma gueule ce petit con ? Je me fais belle pour lui et il laisse Bébé dans un coin ? ), il la retient et l'emmène directement dans la chambre de son copain Stuart (le premier batteur des Beatles). Commence alors une relation pas franchement romantique : si le lit du pote est occupé, Lennon fait ses petites affaires dans la rue. En plus, il se montre d'une jalousie excessive, et gifle par exemple Cynthia lorsqu'elle a le malheur de danser avec Stuart. Elle rompt (bien fait pour lui !) mais elle revient lorsque John s'excuse (trois mois après !)

La relation se poursuit et 5 ans plus tard, à 23 ans, Cynthia se découvre enceinte : « nous n'avons jamais employé de méthodes contraceptives et nous n'en n'avons même jamais parlé ». (mais alors comment a t-elle pu tomber enceinte ? C'est un miracle ! Surtout d'y avoir échappé pendant 5 ans !) John lui répond « il n'y a qu'une chose à faire, Cyn, marions-nous ».
Le mariage est aussi romantique que leur relation. Pas de fleur, pas de photographe. La tante de Lennon, qui l'a élevé après la mort de sa mère, désapprouve et n'y assiste pas. Seuls Paul et George sont présents, ainsi que Brian le manager des Beatles, et le clou du spectacle : un ouvrier, qui se dit que c'est le bon moment de jouer du marteau-piqueur alors que les mariés sont en train de prononcer leurs vœux : personne ne les entend dire le fameux "oui je t'aimerai toute ma vie mon roudoudou, pour le meilleur et pour le pire, surtout pour le pire". Le soir même, Lennon part en concert comme à son habitude. Il est devenu célèbre, et pour plaire à ses fans hystériques (et pour pouvoir se les faire tranquillement), sa femme est cachée le plus longtemps possible à la presse.

En 1968, Cynthia découvre des lettres de Yoko Ono adressée à John. Ce dernier nie toute relation amoureuse, racontant que Yoko est juste une « artiste folle » voulant être parrainée (ah l'enflure). le couple et les Beatles partent en Inde suivre l'enseignement d'un gourou (non, pas Yoko Ono). Là-bas, Lennon ne dort plus avec sa femme, prétextant ne pas réussir à méditer correctement en sa présence (plus c'est gros...) En réalité cette astuce lui permet de se rendre chaque matin au bureau de poste pour recevoir les télégrammes de Yoko. Cynthia révèle : « Je pensais que notre parenthèse magique avec le Maharishi serait la réalisation de notre mariage, mais en réalité ça en a été la fin. »

A son retour, saoul et drogué à la coke, John avoue à Cynthia qu'il l'a trompée « avec des milliers de femmes à travers le monde » et détaille délicatement ses liaisons avec ses groupies. Puis il invite son épouse adorée à partir en vacances seule avec des amis, au loin (t'as pas l'air bien, ça te reposera, t'as vu comme je suis prévenant, quel mari idéal.) Quand Cynthia revient plus tôt que prévu chez eux, en mai 1968, elle y trouve Yoko Ono dans son salon, avec un détail bien vaudevillesque : les pantoufles de la rivale devant la porte de leur chambre. (normal, moi aussi je débarque chez les gens avec mes pantoufles). Mais John lui annonce le lendemain « C’est vous que j’aime Cyn... toi et Julian. Je t’aime maintenant plus que jamais » (je ne dirai rien, il ne faut pas tirer sur une ambulance).

paul mccartney, beatles, hey judeEn réalité, pendant l'absence de Cynthia, John enregistrait un album de chansons expérimentales avec Yoko, le fameux disque où ils sont à poil sur la pochette (nan mais je te jure, c'est de l'art, c'est plato-nique !) 6 mois après, il demande le divorce. « Le règlement financier a été retardé par le refus de Lennon d’offrir £ 75 000, disant au téléphone à Cynthia qu'elle ne valait pas plus ». (puis il n'a sûrement pas les moyens, il n'a vendu que des millions de disques avec son groupe inconnu.) Il épouse Yoko Ono en mars 1969.

C'est dans ce contexte de conte de fées que Paul écrit Hey Jude, lorsque Cynthia découvre sa rivale (et ses pantoufles). Paulo décide de réconforter l'épouse délaissée et son fils : « Nous étions très amis depuis des millions d’années, et j’ai pensé que c’était un peu brutal pour eux, de devenir subitement des personae non gratae et de sortir de ma vie par la force des choses »
Cynthia Lennon se souvient : « J’ai été vraiment surprise quand un après-midi, Paul est arrivé chez nous, tout seul. J’ai été très touchée qu’il se préoccupe ainsi de notre bien-être. Après nous avoir rendu visite, il a composé Hey Jude dans la voiture. Je n’oublierai jamais ce geste de Paul. »
Score à la première manche : Paul chouchou : 12/ John crevard : -28

La chanson s’appelle dans un premier temps Hey Jules, puisqu’elle est destinée à réconforter Julian  : « Je suis parti de cette idée, Hey Jules, et ça disait « Julian, ne le prends pas mal, prends une chanson triste et rends la meilleure. Hé, essaye de t’arranger avec cette terrible histoire ». Je savais que ce ne serait pas facile pour lui. Je me suis toujours senti désolé pour les enfants, lorsque leurs parents divorcent. J’ai donc eu cette idée au moment où je suis allé les voir. Puis j’ai changé en Jude car je trouvais que ça sonnait un peu mieux. »
Julian dévoile qu’il était plus proche de Paul que de son propre père : « On était souvent ensemble, Paul et moi. Nous étions vraiment très amis, et il me semble qu’il y a beaucoup plus de photos de cette époque où on nous voit jouer tous les deux, que de photos de moi avec mon papa ». (voir photo ci-dessous)
Résultat au second round : Paul choupinou : 45/ John crevard : -220.

John Lennon, toujours égocentrique, estime cependant que la chanson lui est destinée : « Je l’ai toujours écoutée comme une chanson pour moi. Si on y réfléchit un peu, Yoko venait de débarquer dans le décor, et Paul dit « Hey Jude/Hey John ». Les mots « go on and get her » par exemple. Inconsciemment, Paul disait « va de l’avant, laisse-moi tomber », mais consciemment, il ne voulait pas que je m’en aille. »
Effectivement, John largue aussi Paul et les Beatles dans la foulée.

Mais les paroles de Hey Jude restent universelles et chacun peut s'y reconnaître (Paulo est trô bô sur la vidéo ♥:

paul mccartney, beatles, hey judeHey Jude, don't make it bad
Hey Jude, ne gâche pas tout
Take a sad song and make it better
Prend une chanson triste et rend la meilleure
Remember to let her into your heart
Souviens-toi de lui laisser une place dans ton cœur
Then you can start to make it better
Après seulement les choses iront mieux

Hey Jude, don't be afraid
Hey Jude, ne sois pas effrayé
You were made to go out and get her
Tu es né pour la faire tienne
The minute you let her under your skin
Dès que tu l'auras dans la peau
Then you begin to make it better
Tu commenceras à faire quelque chose de meilleur

And anytime you feel the pain, hey Jude, refrain
Et à chaque fois que tu as mal, hey Jude, laisse tomber
Don't carry the world upon your shoulders
Ne porte pas le monde sur tes épaules
For well you know that it's fool, who plays it cool
Tu sais bien que c'est une folie, qui rend tout facile
By making his world a little colder
Rendant son monde un peu plus froid

paul mccartney, beatles, hey judeHey Jude, don't let me down
Hey Jude, ne me laisse pas tomber
You have found her, now go and get her
Tu l'as trouvé, maintenant prends-la
Remember, to let into your heart
Souviens toi, de la laisser entrer dans ton cœur
Then you can start to make it better
Après seulement les choses iront mieux

So let it out and let it in, hey Jude, begin
Laisse la sortir, laisse la venir, hey Jude, commence
You're waiting for someone to perform with
Tu attends quelqu'un pour jouer avec toi
And don't you know that it's just you, hey Jude you'll do
Et ne sais-tu pas que c'est juste toi, hey Jude qui dois le faire
The movement you need is on your shoulder
Le mouvement dont tu as besoin est sur ton épaule

Hey Jude, don't make it bad
Hey Jude, ne gâche pas tout
Take a sad song and make it better
Prend une chanson triste et améliore-la
Remember to let her under your skin
Souviens toi qu'il faut l'avoir dans la peau
Then you begin to make it better
Et après seulement tu pourras la rendre meilleure
Better, better, better, better, better...

 

 

05/10/2017

Let it be

beatles, paul mccartney, quiz chanson« And when the broken hearted people living in the world agree
There will be an answer, let it be »

La deuxième chanson du quiz Beatles est encore signée par Paul McCartney. On la traduit souvent par « ainsi soit-il » et on la voit comme une référence biblique, car Paul y chante : « mère Marie est venue à moi ». Or, l'artiste ne se prend pas pour Bernadette Soubirous, n'évoque pas une soudaine apparition de la Vierge, une illumination et conversion religieuse. Paul parle en fait de sa mère, Mary, qui est décédée d'un cancer quand il n'avait que 14 ans. Il raconte dans cette chanson qu'il l'a vue en rêve, alors qu'il se posait beaucoup de questions difficiles à cette époque, étant à un tournant de sa vie, et sa mère lui a répondu « Let it be » qu'on peut traduire aussi par « laisse faire, ne t'inquiète pas ».

En effet, Let it be est le dernier album des Beatles, enregistré sous tension en 1969, peu avant la séparation du groupe. Celui-ci était filmé pendant les sessions d'enregistrement. Les vidéos (qui me restent pénibles à regarder) montrent l'ambiance glaciale qui régnait sur le studio. John Lennon venait de rencontrer Yoko Ono, son nouveau gourou, pardon, sa nouvelle femme qui lui a retourné le cerveau. La mante religieuse imposait sa présence dans le studio, pourtant aussi nécessaire qu'une Papillote sur un terrain de foot (« mais je la donne à qui la baballe ? ») L'omniprésence et les réflexions inopportunes de Yoko Ono agacent les autres Beatles, en particulier McCartney, qui lui adresse bien justement Get back, qu'on peut traduire par « rentre chez toi grognasse ».

Paul tente en vain de faire preuve d'enthousiasme, de proposer des idées, de garder la cohésion du groupe, mais les musiciens ne sont plus motivés. George se barre même pendant 10 jours, laissant ses compagnons en plan (« euh, je crois qu'il manque quelqu'un à la guitare et au chant là ? On demande à Yoko du coup ? ») Les autres Beatles reprochent à Paul son autoritarisme et conçoivent chacun de leur côté un album solo. John enregistre Jealous Guy, qui sera utilisée pour son propre disque Imagine, Paul fait de même avec Junk (sa chanson la plus triste selon moi) et George avec All things must pass. Titre prémonitoire sur la rupture des Beatles, comme Let it be. Tout le monde travaille dans son coin, le groupe est fini. C'est Lennon qui l'a d'abord souhaité, mais c'est McCartney qui prend la difficile décision de l'annoncer au public, et on lui reprochera la séparation des Beatles, lui qui avait tout fait pour maintenir le groupe.

La froideur, la tristesse et le désintérêt des Beatles se remarque dans le disque selon moi, puisque les membres gardent leurs meilleures compositions pour leurs futurs albums solo. (Quand je demande à des néophytes quelle est leur chanson des Beatles préférée, ils me répondent souvent "Imagine"). Les chansons de Lennon sont pour moi les moins bonnes de l'album Let it be. Il adopte son nouveau style minimaliste dédié et dicté par son nouveau mentor, comme Dig a pony
Yes you can penetrate any place you go
I told you so, all I want is you
Everything has got to be just like you want it to
Because !

George compose la déprimante mais très belle « I me mine ». Paul sauve selon moi l'album avec des chansons plus joyeuses comme I've got a feeling, Two of us, The long and winding road, Get back et bien évidemment, la chanson titre : Let it be que vous pouvez voir en lien enregistrée au concert de l'Olympia :


When I find myself in times of trouble, Mother Mary comes to me
Quand je me retrouve dans des moments difficiles, Mère Marie vient me voir
Speaking words of wisdom, let it be
En prononçant de sages paroles, "laisse faire"
And in my hour of darkness she is standing right in front of me
Et dans mes heures sombres, elle se tient face à moi
Speaking words of wisdom, let it be
Prononçant de sages paroles, ainsi soit-il
Let it be
Whisper words of wisdom, let it be

And when the broken hearted people living in the world agree
Et quand tous les cœurs brisés du monde seront d'accord
There will be an answer, let it be
Il y aura une réponse, ainsi soit-il
For though they may be parted, there is still a chance that they will see
Bien qu'ils aient pu être divisés, il y a toujours une chance qu'ils comprennent
There will be an answer, let it be
Qu'il y aura une réponse, ainsi soit-il
Let it be
There will be an answer, let it be
Whisper words of wisdom, let it be

And when the night is cloudy, there is still a light that shines on me
Et quand la nuit est nuageuse, il y a toujours une lumière qui m'éclaire
Shine until tomorrow, let it be
Qui m'éclaire jusqu'au lendemain, ainsi soit-il
I wake up to the sound of music, Mother Mary comforts me
Je me lève au son d'une musique, Mère Marie me réconforte
Speaking words of wisdom, let it be
En prononçant de sages paroles, ainsi soit-il
There will be an answer, let it be
Il y aura une réponse, ainsi soit-il

02/10/2017

Le quiz On connaît la chanson des Beatles : Yesterday

yesterday.gifVoici les réponses du premier quiz Beatles (eh oui, deux vont suivre, quand y'en a plus, y'en a encore). Pour faire durer le plaisir, je ne donnerai pas tous les résultats d'un coup mais un par un. Je vous offre ainsi les paroles entières des chansons, leur traduction et leur contexte.
Dans le premier paragraphe, il fallait bien évidemment reconnaître Yesterday.

Cette chanson est composée en 1965 par Paul McCartney. Son histoire est originale, car Paulo l'a… rêvée. Il s'est réveillé un matin avec la mélodie en tête. Cette anecdote me semblait incroyable avant d'en faire l'expérience moi-même, mais pour des écrits. Mes meilleurs textes de blogs me sont venus pendant mon sommeil. Encore la semaine dernière, je me suis réveillée en pleine nuit avec des phrases entières de roman. A la fois descriptives, poétiques et sérieuses, dans un langage plutôt soutenu. Au réveil j'ai noté les phrases et cherché sur internet pour vérifier si elles n'étaient pas de quelqu'un d'autre (« longtemps, je me suis couché de bonne heure » comment ça, c'est le début de la recherche du temps perdu ? ) puis j'ai compris qu'en fait ces mots me servaient à décrire une personne que j'avais dépeint de manière trop abrupte dans mon texte de la veille, ce qui m'avait déplu. J'avais trouvé la réponse dans mes rêves. Comme McCartney.

Paul a également demandé à son entourage si personne n'avait déjà entendu la chanson quelque part. Ça aurait été ballot d'être accusé de plagiat. Après un mois de recherches infructueuses, le chanteur admet que la mélodie est bien la sienne. Il la développe sur un piano posé sur le plateau du film Help, que les Beatles sont en train de tourner. Or Paul est meilleur mélodiste que parolier. Il ne se préoccupe pas des paroles, se consacre à la musique et plaque dessus les premiers mots qui lui viennent à l'esprit. Ce qui donne ici :
« scrambled eggs, oh my baby how I love your legs » (« œufs brouillés, oh bébé j'aime tellement tes jambes... ») 

Lorsque j'ai séjourné une semaine à Londres, mémé, en bonne française qui se respecte, a refusé de parler anglais. Ils n'ont qu'à parler français comme tout le monde. (C'est surtout parce que, comme la plupart de mes compatriotes, j'ai subi des profs déplorables pendant ma scolarité. Des enseignants qui ne nous exerçaient pas à pratiquer la langue, en parlant et en rédigeant, mais à cocher des cases d’exercices de grammaire, que je remplissais au pif. Après 4 années à me voir dans sa classe, la prof d'anglais du collège s'est trompé de prénom en me désignant sur mon bulletin de notes, pour vous dire l’intérêt qu'elle portait à ses élèves : aussi élevé que celui qu'elle portait à ses cours.)
Lors de mes vacances en Angleterre, j'ai prononcé seulement deux mots dans la langue locale. Tous les matins, le serveur nous amenait le traditionnel petit déjeuner anglais, à base de haricots blancs, de saucisses et d’œufs au plat. Je répondais « bonjour et merci » à chaque fois. Mais un matin, j'en ai eu marre de manger tout le temps la même chose (des haricots à 8 heures du matin ! Mais apportez-moi ma chocolatine mon pain au chocolat !!) Grâce à cette histoire des Beatles, je n'ai pas formulé la phrase complète évidemment, incapable de la conjuguer, mais j'ai levé la main en demandant : « scrambled eggs ? » Je me souviens encore du regard éberlué du serveur. Il est resté bloqué en plein mouvement, son plateau suspendu au bout de son bras. J'ai cru que de surprise, il allait faire tomber toutes ses saucisses par terre et repeindre le carrelage à la sauce tomate. « Comment ? Elle ? Elle connaît un mot d'anglais ?! »

Sur le tournage de Help, le réalisateur Richard Lester n'en pouvait plus d'entendre les paroles ridicules de Scrambled eggs tous les jours, et a menacé Paul McCartney d'enlever le piano du plateau si il ne trouvait pas des paroles convenables à la chanson. C'est ainsi que :
« scrambled eggs, oh my baby how I love your legs » est devenu le mythique :
Yesterday, all my troubles seemed so far away
(Hier, tous mes problèmes me paraissaient si loin)
ce qui vous en conviendrez, est un tout petit peu mieux. Mais moins rigolo.

Yesterday est restée depuis la chanson la plus célèbre des Beatles, et la plus reprise au monde : plus de 3000 fois. Lorsque je l'ai vu au concert mythique à l'Olympia en 2007 (cliquez ici sur mes articles de l'époque) Paul nous a expliqué quelle chance il avait eue de rêver de cette mélodie.
Yesterday a été intégralement composée par McCartney, malgré l’accord de la double signature de toutes les chansons, qui impose le nom de Lennon a côté du sien. Des années après, McCartney tentera de se réapproprier l'unique paternité de sa chanson, mais Yoko Ono la mante religieuse veuve de Lennon refusera. Lennon a pourtant reconnu lors d'une interview que Paul a composé Yesterday sans lui, et qu'elle est l'une de ses plus belles réussites. Lors de leur séparation et leur dispute par chansons interposées, John taclera son ancien ami dans How do you sleep : « The only thing you've done was Yesterday »

Vu mon niveau en anglais, je fais confiance à Internet pour la traduction :
yesterday 2.jpgYesterday, all my troubles seemed so far away
Hier, tous mes problèmes me paraissaient si loin
Now it looks as though they're here to stay
Aujourd'hui, il semble qu'ils vont perdurer
Oh, I believe in yesterday
Oh, je crois en hier

Suddenly, I'm not half the man I used to be
Soudain, je ne suis plus la moitié de l'homme que j'étais
There's a shadow hanging over me
Une ombre est suspendue au-dessus de moi
Oh, yesterday came suddenly
Oh, hier est venu soudainement

Why she had to go, I don't know, she wouldn't say
Pourquoi devait-elle partir, je ne sais pas, elle ne l'a pas expliqué
I said something wrong, now I long for yesterday
J'ai dit quelque chose de mal, maintenant hier me manque

Yesterday, love was such an easy game to play
Hier, l'amour était un jeu tellement facile à jouer
Now I need a place to hide away
Aujourd'hui j'ai besoin d'un lieu pour m'isoler
Oh, I believe in yesterday
Oh, je crois en hier

 

Bravo à Yellow submarine girl pour sa participation au quiz et son sans faute !

 

26/09/2017

Quiz On connaît la chanson spécial Beatles !

beatles quiz.jpgEnfin, après 8 années de blog, mon premier quiz sur mon groupe préféré ! Après tous ces articles relatant les concerts de McCartney, je n'avais pas encore fait de jeu avec les Beatles ! A part ce quiz Macca que vous pouvez faire ici.

Difficile avec les Beatles, car le titre de la chanson apparaît souvent dans les paroles :
« yesterday, all my troubles seemed so far away... »

A moins de mettre une seule phrase pour ne pas citer le titre qui se répète, mais cette fois-ci, ce serait trop court et compliqué :
« And when the broken hearted people living in the world agree
There will be an answer »

Ou carrément de biper le titre de la chanson :
« We all live in a bip bip bip bip bip, truc truc truc truc truc, machin machin machin... »

On commence par une chanson de mon chouchou Paulo, évidemment :
Don't make it bad,
Take a sad song and make it better
Remember to let her into your heart
Then you can start to make it better

Étonnamment, l'une de mes chansons favorites n'est pas de McCartney, ni même de Lennon, mais de Harrison. Je préfère même une reprise, qui change le sens du titre en remplaçant la guitare par des violons (c'est bon, vous avez assez d'indices?)
I don't know why nobody told you
How to unfold your love
I don't know how someone controlled you
They bought and sold you

Lennon est meilleur parolier et plus torturé que Macca, par exemple avec cette chanson :
Although I laugh and I act like a clown
Beneath this mask I am wearing a frown
My tears are falling like rain from the sky
Is it for her or myself that I cry

Ou celle-là :
help beatles.jpgAnd now my life has changed in so many ways
My independence seems to vanish in the haze
But every now and then I feel so insecure
I know that I just need you like I've never done before

Mais Paulo se défend bien avec celle-ci :
Well on his way
His head in a cloud
The man of a thousand voices
Talking perfectly loud
But nobody ever hears him
Or the sound he appears to make
And he never seems to notice

Et celle-là :
The wild and windy night that the rain washed away
Has left a pool of tears crying for the day
Why leave me standing here
Let me know the way
Many times I've been alone and many times I've cried
Anyway you'll never know the many ways I've tried

On en met une chantée par Ringo/ Billy Shears pour rendre personne jaloux :
sgt_pepper.jpgWhat would you think if I sang out of tune
Would you stand up and walk out on me?
Lend me your ears and I'll sing you a song
And I'll try not to sing out of key
Oh I get by 
with ???

A suivre !
10 chansons à retrouver dans ce texte, à vous de jouer !

 

25/04/2017

J'ai testé pour vous tous les styles de concert

Musique, chanson française, Polnareff, Beatles, paul mccartneyAvant, je me rendais à des concerts uniquement lorsque je connaissais tous les albums de l'artiste par cœur. Ce qui limitait le choix : McCartney, Polnareff, Renaud, Souchon, Sheller… Je pestais lorsque les spectateurs ne jubilaient pas en reconnaissant la chanson jouée dès la deuxième note. Comme au concert des Négresses vertes : «  Ah ! Ces gens qui viennent parce qu'ils connaissent Sous le soleil de bodega ou Voilà l'été et Zobi la mouche; mais n'ont jamais entendu parler de Hey Maria ou La valse et Mamma mia ! Ils ne méritent pas d'être là ! » 

Mais ça, c'était avant. Après, mon frère, ce Yes man, nous a traîné ses amis et moi dans tous les concerts possibles imaginables :
« j'ai pris des places pour Kyo et BB Brunes, je savais pas trop ce que c'était mais comme on en parle en ce moment…
- Mais c'est des groupes pour adolescentes et tu as 45 ans ! 
- Justement c'était marrant, on était les deux seuls mecs matures de la salle avec mon pote ! Bon c'est vrai qu'on avait un peu peur de passer pour des Marc Dutroux… Mais tous les parents attendaient à la sortie (j'ai vécu la même chose pour le génial concert de Imagine Dragons à L'Olympia)

- J'ai pris des places pour Serge Lama, tu devrais y aller
- Oh non mais Serge Lama quand même !
- Bah c'était pas si mal en fait ! Bon par contre cette fois-ci c'était moi le plus jeune...

- J'ai pris des places pour Gathering
- Mais c'est un groupe de métal !
- Oui je m'en suis rendu compte, il y avait des mecs habillés tout en noir qui secouaient leurs cheveux longs dans tous les sens. (je l'ai accompagné trois fois et j'ai tous les albums, meilleure chanson du monde en lien)

Etc, etc. Une surprise par semaine. Un des derniers concerts qu'il a fait ce mois-ci où je n'ai pas pu l'accompagner, c'est celui de Jain (mais je danse dessus tous les mercredis à mon cours de zumba) :
- Alors, cette fois le public ?
- Très hétéroclite ! Il y avait autant de gamines de 8 ans que de mamie de 70 ! Mais j'étais encore le seul mec ! 

Désormais, je me rends à des concerts alors que je n'ai jamais entendu parler de l'artiste :
- Tu veux m'accompagner à un concert samedi ?
- Ok
- Tu me demandes pas qui on va voir ?
- Ah ben si tiens. Qui ?
- Laura Gibson. Tu aimes ?
- Connais pas.
- Ça te dit pas alors ?
- Ah ben si je viens quand même !

Et on se retrouve dans une cave obscure...

Suite demain

 

09/09/2015

Bilan "je suis culturée" de l'été, suite

beatles,sortir à paris20 Documentaires :

7 Coups de cœur :
George Harrison : living in the material world 2011 de Martin Scorsese
- Pollution de l’air : qui nous intoxique ? spécial investigation, Canal+ 
Métro boulot chrono, merci patron ! Spécial investigation, Canal+
Nucléaire, la politique du mensonge Spécial investigation, Canal+
Un village empoisonné par la CIA ?,  France 3
Caprices de riches, Spécial investigation, Canal+
Maison-poison, quand nos intérieurs nous polluent, France 5

A voir : 
Les énigmes du sphinx, Arte
Danse avec le F.N de Paul Moreira 
Billy Joël, une rock star au pays des soviets
Pierre Brossolette, résistant, France5

Pas mal :
beatles,sortir à parisRita Hayworth, et l’homme créa la déesse, Arte
Guy Bedos, France 3
Renaud, on t’a dans la peau, France3
La vie secrète des chansons, France3
- Mamie fait de la résistance, Arte

Spécial Investigation, Canal + :
Scandales à l’hippodrome 
Le vin français, la gueule de bois 
Israël/Palestine, la guerre secrète du Mossad 
DSK : les dessous de l’affaire du Carlton 

3 Pièces de théâtre / one man show :

- Alex N’guyen, le sonart
- La gueule de l’emploi, Le mélo d’Amélie, jusqu’au 12 septembre
- Le clan des divorcées, La grande comédie de Paris

8 Expositions :

David Bowie, Philharmonie de Paris
- Visite guidée du Panthéon
- Jean-Paul Gaultier, Grand palais
- L’inca et le conquistador, musée du quai Branly
- Tatoueurs, tatoués, musée du quai Branly
- Edith Piaf, BNF
- Lascaux, Parc des expo de Paris
- Musée de l’histoire de St Denis

 

07/09/2015

Bilan "je suis culturée" de l'été

vice versa.jpgJ’ai délaissé le bilan culturé cet été… J’en ai sûrement oublié : 

14 Concerts :

3 Coups de cœur :
- Paul McCartney au stade de France
- Highasakite, Trianon
- Of Monsters and Men, Trianon

- Fête de la musique :
Coup de cœur :
- Skip the use (Ghost)
Josef Salvat, Marina Kaye (Homeless), Alb (whispers under the moonlight), 

- Festival Oui fm :
- Temples (Shelter song), Noël gallagher, Drenge

- Festival Fnac live :
Ibyei, Curtis Harding, Brigitte (Battez-vous), Rone 

10 Films au cinéma :

cinéma,concerts,paul mccartney,beatles2 Coups de cœur :
- Vice versa de Pete Docter
- Amy Winehouse de Asif Kapadia

A voir :
- Connasse, princesse des cœurs de Eloïse Lang
- Le tout nouveau testament de Jaco Van Dormael
- Love and mercy, Brian Wilson et les Beach boys de Bill Pohlad

Pas mal : 
- La Isla minima de Alberto Rodriguez
- Sorcerer de William Friedkin
- Absolutely anything de Terry Jones

Bof bof :
- Les minions de Pierre Coffin
- La peur de Damien Odoul

55 Films à la télé : 

cinéma,concerts,paul mccartney,beatles4 Coups de cœur Canal + :
- Monstres academy de Dan Scanlon
- La reine des neiges de Chris Buc
- Hippocrate de Thomas Lilti
- Les combattants de Thomas Cailley

A voir :
- Maestro de Léa Fazer avec Pio Marmaï♥
- Jimmy’s hall de Ken Loach

Pas mal :
- Two faces of january de Hossein Amini avec Viggo Mortensen♥
- Brèves de comptoir de Jean-Michel Ribes

10 Séries :

cinéma,concerts,paul mccartney,beatles4 Coups de cœur :
The knick saison 1, de Steven Soderbergh, avec Clive Owen
Game of thrones saisons 4 et 5
Le bureau des légendes saison 1, d'Eric Rochant, avec Mathieu Kassovitz
Mad Men saison 7

A voir :
Vikings saison 3
Parks and recreation saison 1
Prey

3 Déceptions !
Master of sex saison 2
The newsroom saison 3
True detective saison 2 :
J'ai même pas tenu jusqu'au bout !

La prochaine fois, la suite du bilan culturé avec les documentaires, expos et spectacles

 

18/06/2015

Paul McCartney en concert au stade de France

paul mccartney, Beatles, musiqueJoyeux anniversaire Paulo, 73 ans aujourd’hui !
Le 11 juin à 21h10, McCartney arrive enfin sur la scène du stade de France… Tout le monde hurle de joie, je couine très virilement. J’attends les premières notes de Venus and Mars : « sitting in the stand of the sport Arena, waiting for the show to begin… » mais il commence par… Eight days a week. Pas aussi décevante qu’Hello Goodbye, elle a le mérite d’être joyeuse et de mettre l’ambiance d’entrée. (je mets des vidéos du concert au stade de France, cliquez sur les liens !)

Il poursuit avec d’autres chansons dynamiques, Save us, du dernier album, puis Got you get you into my life. Hey, pas mal ! Puis il joue Listen to what the man said. Celle que mon meilleur ami appréciait le plus dans l’album Venus and Mars, alors que je préfère Letting go. J’ai perdu un pari. Ce qui se confirme avec la prochaine chanson : le musicien nous dit en français « je vais vous interpréter pour la première fois en France… » OoOhh ???! Ram on, Smile away, ou Single pigeon, enfin ?!!!
Non, en reconnaissant les premières notes, je hurle et mes frères éclatent de rire. On a dû entendre mon cri dans tout le stade. McCartney joue Temporary secretary, énervante car le refrain stupide reste en tête, j’en ai parlé ici. Après avoir entendu 40 chansons lors de la soirée, des dizaines de chefs-d’œuvre, c’est elle qu’on fredonnera malgré nous pendant des jours ! (en plus j'ai dû me la repayer pour trouver des vidéos du concert, on voit dans celle-ci que Macca la joue tellement jamais qu'il doit lire les paroles par terre ! c'était vraiment juste pour m'embêter !) (dans la vidéo, on est d'accord que le gars qui filme est super près ? on dirait que Paulo joue dans mon studio ! et moi qui le voyais gros comme mon ongle de petit doigt...)

paul mccartney, Beatles, musiqueIl joue une autre chanson interdite car jugée trop niaise : Obladi-oblada. Mais j’admets qu’entendre le stade entier reprendre gaiement le refrain me fait changer d’avis, elle est idéale pour un concert. Dans le même genre naïf mais festif, Macca propose « une petite chanson pour les petits », All together now, avec un film d’animation que ne renieraient pas les Télétubbies. Je croyais qu’il avait arrêté de fumer la moquette ? Il nous manipule aussi comme des gamins en nous faisant répéter des sons étranges, moment très amusant (voir en lien). Je trouve touchant de penser aussi aux enfants présents dans l’assistance. Les écrans géants retransmettent les images de certains dans les bras de leurs parents, avec de gros casques qui protègent leurs oreilles (le son était assez fort).

De l’album Sergent Pepper’s, j’écrivais dans ma set-list idéale qu’il pouvait tout jouer « sauf Being for the benefit of Mr Kite, que j’aime pas trop » Devinez ce qu’il fait… Il interprète tout de même Lovely Rita et respecte enfin mes obligations propositions (non mais oh) en enchaînant 8 mélodies attendues et en finissant par Golden slumbers et le magnifique medley d’Abbey road "maintenant nous devons y aller. Si !". En tout, sur 45 chansons que je souhaitais entendre, il en joue 24, et seulement deux interdites. Pas mal non ? J’ai donc bon goût/je suis devin/Macca me lit assidument et suit mes précieux conseils (cochez la bonne case).

En somme, McCartney compose un très bon programme. Il passe de chansons joyeuses à la guitare, comme We can work it out, à des chansons plus émouvantes au piano, comme The long and winding road. Band on the run et Back in the USSR chantées et dansées par toute la foule forment comme d’habitude un grand moment. J’apprécie quand le chanteur propose "une première pour Paris, pour vous ce soir" : Another girl. Il chante My Valentine pour sa femme Nancy présente dans la salle, Maybe I’m amazed pour son ex femme Linda. Il ne précise pas que And I love her était pour sa petite amie Jane Asher, ce ne serait plus romantique mais indélicat... « et maintenant je vous joue I’ve just seen a face, que j’ai composée après m’être tapé avoir rencontré une groupie… »
Pour nous faire plaisir, il s’adresse souvent à nous en français. "Paris est magique ! Vous êtes prêts pour la fête ?" Enfin, il n’a pas subitement appris la langue de Molière, il lit ses petits papiers collés au sol.

Pendant la première partie du concert dans le stade en plein air, il fait jour. Je trouve que ça amoindrit le charme, l’émotion et le sentiment d’intimité que crée l’obscurité. 
Ce sentiment est renforcé par l’attitude de McCartney : il me semble un peu blasé, moins ému qu’à l’habitude. Il fait la tournée depuis deux ans, jouer toujours les mêmes airs doit finir par le lasser. A l’Olympia quand il a interprété Here today en hommage à Lennon, il avait des sanglots dans la voix. Impossible de ne pas pleurer à notre tour, toute la salle reniflait. Cette fois-ci, il expédie presque la chanson « pour mon pote John » comme s’il pensait « comment il s’appelait déjà ? Ah oui Lennon… » Ceux dont c’est le baptême McCartneyen ne ressentent peut-être pas la même chose, mais pour mes frères et moi qui ont vu les précédents concerts de Paul, c’est flagrant.
J’ai même parfois l’impression qu’il soupire, il remonte son pantalon ou rentre sa chemise dedans, l'air de signifier « quand faut y aller, faut y aller... » Ou bien alors Macca, t’as pas les moyens de t’acheter une ceinture ?

paul mccartney, Beatles, musiqueInstallée au fond du stade, je suis sans doute trop loin pour ressentir assez l’émotion. Les jeux de lumière ne viennent pas jusqu’à moi, ce qui ne permet pas de m’immerger dans l’ambiance. Pendant les feux d’artifice sur Live and Let die, à Bercy, j’avais ressenti la chaleur et le souffle et on se serait cru rescapés d’une explosion. Là, on a droit à de grands feux d’artifice, mais de loin…
Autre effet qui atténue l’émotion : j’estime qu’il va trop vite. Il enchaîne les chansons sans prendre de pause. Ménage-toi mon vieux, tu vas nous clamser dans les doigts après, t’as tout de même 73 ans ! Même si on sait tous que tu es immortel !
Les enchaînements rapides apportent du dynamisme, mais ils ne permettent pas à l’émotion de s’installer. A Bercy, Paul avait également demandé à la foule de chanter sur Hey Jude, « les mecs » puis « les filles » et tous ensemble, mais il avait recommencé et fait durer au moins cinq minutes, là il ne le fait qu’une fois. Ok, on a un train à prendre et il est déjà 23h30, certains quittent la salle (partir pendant le rappel, où l’artiste joue toujours ses meilleures chansons !! Je préfère encore payer le taxi ou rentrer à pied plutôt que de rater ça !!!!) Macca joue depuis trois heures… mais on a tout notre temps ! On peut t’écouter toute la nuit et prendre le premier métro de 5 heures si tu veux, on ira bosser directement après sans dormir, pas de problème !

Parfois il ne s’embête même plus à chanter, mais ce n’est pas gênant : les spectateurs et ses musiciens le font à sa place. Macca a vraiment perdu sa voix de rocker… Sur Helter skelter, il ne peut plus hurler comme en 1970.
Dernier point qui me perturbe au début, mais il paraît que c’est normal : le son et l’image sur les écrans géants semblent légèrement décalés ! Heureusement l’artiste est souvent filmé avec le micro cachant sa bouche, mais voir ses lèvres faire la moue pour les chœurs alors qu’il en est encore au refrain, effet étrange. Puis le son n’est pas aussi bon qu'à Bercy.

Je critique, déformation professionnelle, mais c’était super quand même, comme toujours !
Peut-être que je suis blasée à force de le voir en concert… Si vous relisez mon billet de 2011, vous constaterez qu’il est plus enthousiaste. Puis je trouve que ce show ressemble assez au précédent, avec Something au banjo pour George Harrison, et les choix inévitables  comme Michelle pour plaire aux Français. Mais je vous rassure, même si j’ai un peu perdu mon éternel émerveillement d’enfant (je n’ai plus 10 ans, je suis une ado rebelle de 12 ans maintenant, je mûris) j’ai encore hurlé comme une midinette, broyé les cuisses de mes frères quand je reconnaissais mes chansons préférées ou quand Macca quittait la scène pour les rappels « noooooon ! reviens !!! » Et cette fois, point positif par rapport aux petites salles, j’ai pu chanter à pleins poumons, sans même entendre ma voix et sans m’en rendre compte, car 60 000 personnes faisaient comme moi. Je m’en suis aperçue le lendemain en ne pouvant plus parler « j’ai chanté hier ? » «  Oui, tu nous as pété les tympans ! Mais au moins maintenant, tu te tais enfin !!»

J’attends donc le prochain concert à Bercy, dans une salle plus petite, plus chaleureuse, mieux sonorisée, et en plus à côté de chez moi. Encore mieux : Macca, tu pourrais quand même venir jouer dans mon salon ! Là c’est sûr, l’ambiance serait plus intime !
Après le final, l’artiste nous salue d’un « à la prochaine » Il le confirme ici : « je n’ai pas l’intention de m’arrêter ». Donc Mme Irma prédit : après Bercy en 2009 et 2011, le stade de France en 2015, McCartney reviendra à Bercy en 2017 ! Il a déjà joué au concert une nouvelle chanson de son prochain album, Hope for the future. Titre encourageant, je vous le dis !

Set list du concert au stade de France :

paul mccartney, Beatles, musiqueEight days a week
Save us
Got to get you into my life
Listen to what the man said
Temporary secretary
Let me roll it
Paperback writer
My Valentine
1985
The long and winding road
Maybe I'm amazed
I've just seen a face
We can work it out
Another day
Hope for the future
And I love her
Blackbird
Here today
New
Queenie eye
Lady Madonna
All together now
Michelle
paul mccartney, Beatles, musiqueLovely Rita
Eleanor Rigby
Mr Kite
Something
Obladi Oblada
Band on the run
Back in the USSR
Let it be
Live and let die
Hey Jude
Another girl
hi hi hi
Can't by me love
I saw her standing there
Yesterday
Helter skelter
Golden slumbers/ carry that weight/ The end

Et vous, quelle chanson préférez-vous dans cette liste ? Étiez-vous au concert vous aussi ? 

 

17/06/2015

Concert de McCartney au stade de France

sdf3.jpgRappel : dernier jour pour gagner des places pour Valley of love avec Depardieu et Huppert.
Info concert : ce soir, j’irai voir Highasakite et Of monsters and men au Trianon, ça va être super ! Enfin pas autant que Paul McCartney chéri, forcément :
En ce jeudi 11 juin, jour exceptionnel de grosse chaleur (premier de l’année où mémé frileuse porte un T-shirt  à manches courtes ! Celui de la tournée de 2009) dans le jardin du musée de Saint-Denis, le vent d’air frais bienvenu m’apporte les mélodies que le chanteur répète à quelques centaines de mètres de là…
J’entends Drive my car. Je l’adore, il l’a jouée à Bercy en 2011. 3 heures plus tard pour le concert, il ne réitérera pas. En fait, il l’a proposé au soundcheck : le moment où il teste le son devant des privilégiés (qui ont payé leur place un bras). Pendant cette répétition, il joue les airs que j’attendais tant : Jet, Bluebird et… Ram on !!! Il interprète aussi Things we said today et I’ll follow the sun des Beatles.
A 19h, on se dirige vers le gigantesque stade de France qui peut contenir 80 000 personnes. Tout au long du parcours, des animations, comme se faire photographier sur la reproduction du célèbre passage piéton d’Abbey road (m’en fous, j’étais sur le vrai !)

La foule est grande devant le stand des T-shirts (pour une fois, je n’en achèterai pas) et celui des boissons avec gobelets du stade de France. Je collectionne les verres à bière comme une pochtronne, celui de La cigale avec Les Beatles dessus, du Fest noz de Lorient (où des vieux m’ont virée de la danse tellement j’étais incapable de retenir les pas et les ralentissais), mais payer 9 euros pour ça… je récupérerai telle une clocharde un gobelet tombé par terre. Après le concert, j' achèterai à un vendeur à la sauvette un super poster tombé du camion pour 2 euros seulement !
J’aperçois TF1 et me sauve en courant, non merci, être immortalisée dans le JT de Jean-Pierre Pernault… 
Il nous faut 20 minutes pour faire le tour du stade et accéder à notre place du fond… J’appréhendais, mais en fait la visibilité est parfaite, l’endroit n’est pas si grand vu de l’intérieur (sur ma photo, la scène semble plus éloignée qu’en réalité). D'où je me situe, je ne peux pas m'amuser à reconnaître comme d'habitude les personnalités présentes dans la meilleure tribune (Voulzy, Guillaume Durand etc..) J’avais prévu un pull et un Kway pour les orages qui s’annonçaient, mais on cuit sous un soleil de plomb qui se retrouve pile sur nous.

Pendant l’attente, on peut entendre des chansons de McCartney remixées, comme No more lonely nights, Hope of deliverance… Original et dynamique, on a envie de danser.
Une animation de 30 minutes débute sur les deux écrans géants qui encadrent la scène, avec des photos rares de McCartney et des Beatles, sur des musiques moins pêchues. Un peu redondant, l’impatience se fait sentir… Il est déjà 21 heures, c’est pas le tout Paulo, mais c’est qu’on a un RER à choper après, tu commences quand ?

Des spectateurs continuent d’arriver alors que le concert était annoncé pour 20 heures. Incompréhension totale : tout au long du show, certains sortent tranquillement (en nous faisant lever de nos sièges étroits et en coupant notre vision et notre concentration). J’en remarque surtout parmi la fosse. Je ne comprends pas. Ils ont payé leurs places hyper chères, de 60 à 130 euros, et ils loupent une partie du spectacle pour aller s’acheter un sandwich ou je ne sais quoi ! Et ceux qui discutent entre eux leur bière à la main alors que le maître chante ! Mais étouffez-les avec leur gobelet ! Spoilez-leur Game of thrones !
D’autres sortent malgré eux : sous la chaleur et l’émotion, les pauvres s’évanouissent dès le début du concert et sont évacués. Une femme pliée en deux par terre proteste véhément, je la vois faire de grands signes négatifs aux pompiers qui tentent de la faire sortir. Non ! Plutôt crever que de rater Macca ! 

Mes voisins sont bien, eux. Mes frères d’abord, et un groupe d’une cinquantaine d’années, venu avec des jumelles qu’ils me prêtent gentiment. On chante et on se balance en chœur au rythme des chansons, on se lance de grands sourires lorsqu’on reconnaît les meilleurs morceaux. Ils sont épatés par mon T-shirt de Macca, « le plus beau de la tribune », et parce que je connais par cœur les chansons malgré ma « jeunesse ». L’un d’eux me raconte son premier concert de McCartney en 1990 : « Vous n’étiez pas née » « si, même que j’y étais ! » Dans le métro du retour, à ma station à plus d’une heure du stade, je croise encore des fans avec des vêtements à l’effigie de Paulo, dont un gars qui nous révèle tout fier qu’il a vu McCartney pour la première fois en 1969. On répond encore plus fièrement : « eh ben notre oncle, il a vu les Beatles en 1965 dans une salle minuscule ! Et les Rolling Stones aussi ! Et les Who, et les Kinks, tous !! »

Mais plutôt que de parler de la fin du concert, évoquons déjà celui-ci…
McCartney arrive sur scène à 21h10… Va-t-il respecter ma set-list idéale ? Va-t-il nous jouer une chanson interdite ? Va-t-il encore commencer par Hello Goodbye ?

Réponse demain…

 

11/06/2015

Concert de McCartney au stade de France : ma setlist idéale

McCartney, mccartney au stade de france, musique, BeatlesC’EST LE GRAND JOUR !!!!!!!
Pour ceux qui n’ont pas la chance de venir, lot de consolation : à la question de Paris Match « vous donnez l’impression de vous être lancé dans une tournée sans fin. Est-ce le cas ? » McCartney répond : « Probablement, oui (…) je n’ai pas l’intention de m’arrêter. »
Mais on ne te retient pas !
« - Comment choisissez-vous les chansons que vous interprétez ?
La première chose à laquelle je pense, c’est : “Si moi j’étais dans le public de Paul McCartney, qu’est-ce que j’aimerais l’entendre chanter ?”»
Alors justement, je suis là pour répondre !

Cher Paulo
Mon Macca chéri d’amour que j’aime tant
Sir Paul McCartney,

Par la présente, je nous, les 80 000 spectateurs du Stade de France, te demandons gentiment supplions sommons :
D’interpréter ce soir au stade de France cette liste de chansons :

Début du concert (obligatoire) :
- Venus and Mars/ Rock show/Jet
Fin du concert (obligatoire)
Medley final d’Abbey road :
- You never give me your money (parce que je l’adore)
- Golden slumbers/Carry that weight/The end

Au milieu, dans l’ordre que tu veux (on est cool hein):
Je classe par album. J’ai sélectionné une quarantaine de chansons, car au dernier concert à Bercy, je relis mon billet, tu en as jouées… 42 !!!! (j’avais donné la liste ici) Quelle pêche pour un type qui aura 73 ans le 18 juin !
Le concert durera 3 heures comme d’habitude j’espère. L’année dernière à la même date, au même endroit, les Rolling Stones n’ont fait qu’un show de deux heures. Petits joueurs.

(McCartney a participé à 13 albums des Beatles, 23 seul ensuite. Il ne proposera normalement que les chansons qu’il a composées. Pas de Lennon, sauf en hommage : il a interprété A day in the life ou Give peace a chance à Bercy en 2011 par exemple. Je mets en lien les chansons en live):

Avec les Beatles :

mccartney,mccartney au stade de france,musique,beatles- And I love her, 3ème album : A hard day’s night, 1963
- I’ve just seen a face, Yesterday, 5ème album : Help, 1965
- Drive my car, 6ème album : Rubber soul, 1965
Singles :
- I’m down, 1965
- We can work it out, 1965
- Paperback writer, 1966

- 7ème album : Revolver, 1966 :
- Eleanor Rigby
- For no one
- Got to get you into my life

- 8ème album : Sergent Pepper’s lonely heart club band, 1967 (rien à jeter, sauf Being for the benefit of Mr Kite que j’aime pas trop) surtout :
- Sergent Pepper’s
- With a little help from my friend
- She’s leaving home
- Lovely Rita

- The fool and the hill, 9ème album, Magical mystery tour

- 10ème album : l’album blanc, 1968 :
- Back in the USSR
- Lady Madonna
- Hey Jude
- Helter skelter
- Martha my dear

11ème album : yellow submarine. Non pitié, je l’ai apprise à l’école et on se foutait encore de ma gueule.

12ème album, Abbey Road, 1969 :
- You never give me your money
- Golden slumbers, medley final

13ème  et dernier album, Let it be, 1970 :
- Let it be
- Two of us
- I’ve got a feeling
- Get back

McCartney sans les Beatles :

- Live and let die, B.O de James Bond, 1973
- Maybe I’m amazed, 1er album : McCartney, 1970
- Ram on et Smile away, 2ème album : Ram, 1971
- My love et Single Pigeon, 4ème album : Red rose speedway, 1973
- Band on the run, Jet, 1985, 5ème album : Band on the run, 1973
- Venus and Mars/rock show : 6ème album : Venus and Mars, 1975
- Beware my love, 7ème album : Wings at the speed of sound, 1976
- Mull of Kintyre, 8ème album : London town, 1978
- Here today, 11ème album : Tug of war, 1982
- Put it there, 15ème album : Flowers in the dirt, 1989
- Winedark open sea, 16ème album : Off the ground, 1993
- Too much rain, 20ème album : Chaos and creation in the backyard, 2005
- Only mama knows, 21ème album : Memory almost full, 2007
- My valentine, 22ème album : Kisses on the bottom, 2012
- Hosanna, 23ème  et dernier album : New, 2013

J'évite les chansons tristes comme Junk, ce serait ballot de plomber l'ambiance de fête. Déjà que tu vas encore nous faire chialer en jouant Here today en hommage à Lennon, comme sur la vidéo en lien "c'est comme la conversation que nous n'avons jamais eue. Si vous aimez quelqu'un, dites-lui avant qu'il ne soit trop tard et de penser "j'aurais dû lui dire ça".

Interdictions formelles de jouer ces niaiseries :
- Hello goodbye
- Ob la di ob la da
- Yellow submarine
- Temporary secretary
- Ebony and ivory
Sinon, nous les 80 000 spectateurs du Stade de France, nous te plantons là tout seul sur scène comme un con. (bon d’accord, il n’y a que moi qui n’apprécie pas ces chansons…)

Voilà, Macca, t’as vu comme je suis sympa, je t’ai mâché tout le travail. Je te laisse répéter maintenant, il ne te reste plus que quelques heures avant le concert. On prévoit des orages pour la soirée, évite de t'électrocuter tout de même. A tout à l’heure mon p’tit chou. Prends bien du miel pour ta gorge et sois en pleine forme pour ce soir.
Gros poutous-poutous
Cordialement
Signé : Papillote et Les 80 000 spectateurs du stade de France (je suis sûre qu’ils seront d’accord).

Et vous, quelles chansons voudriez-vous qu’il joue au concert ?
La prochaine fois, je vous dirai si j'avais trouvé ou pas !