Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/11/2018

Concert mythique de McCartney à l'Olympia, 11 ans déjà !

McCartney revient donc en concert... Et à chaque fois, c'est un parcours du combattant pour obtenir des places. Rétrospective :

macca.jpg
Tu te trompes coco, pas 8 heures, mais 10h30. Et encore, je suis rentrée chez moi l’après-midi sinon j'aurais attendu 15 heures (j’ai fait ami-ami avec d’autres fans qui m’ont gentiment réservé ma place dans la file d’attente pour le soir). C'était en 2007, déjà 11 ans. Je m'en souviens comme si c'était hier.

Mon frère me téléphone 15 jours plus tôt :
« J’ai lu sur yellow-sub.net une rumeur comme quoi McCartney reviendrait à l’Olympia ! 40 ans après y avoir joué pour la première fois avec les Beatles ! C’est une salle mythique ! Elle est petite, 1200 places, ça veut dire qu’il n’y aura que des méga fans et que Macca jouera des chansons inhabituelles ! En plus, si tu y vas, tu le verras de près ! »
On ne peut pas acheter en avance sur Internet, ni en magasins. Les places sont en vente uniquement le jour-même, et seulement à l'Olympia. 
Comme la réservation est impossible, les premiers arrivés sont les premiers servis.
La veille du concert, à 22 heures, je passe devant la salle, pour repérer les lieux et voir à quoi m'attendre. Déjà une quarantaine de personnes se gèlent devant, couchées par terre dans leurs sacs de couchage.
C’est hard quand même. Je suis fan depuis toujours, mais pas au point de dormir sur le trottoir par - 2 degrés comme une clodo. 

N’empêche, Paulo me fait lever à 5h du matin. Ce qui n'est jamais arrivé à Gaston la marmotte, ni avant, ni depuis. Je vais retirer du fric au distributeur, car comme je suis prévoyante, j’imagine qu’il y aura peut-être un problème avec les chèques et cartes bleues (effectivement, comme souvent, le lecteur CB ne fonctionnait pas, ce qui nous a juste prolongé l’attente de deux heures.)
Comme c'est le milieu de ma nuit et qu'à cette heure-là je suis normalement emmitouflée dans ma couette en rêvant de petits chatons ou de pâtisseries à volonté (oui je fais régulièrement ces rêves), j’ai la tête dans le seau. Je ne me souviens plus du code de ma carte de retrait. Je me rappelle des chiffres, mais pas de l'ordre. J'avais bien trouvé un moyen mnémotechnique, mais visiblement il n'est pas efficace "c'était des départements... mais lesquels ?" Pendant 30 minutes, je panique : voilà, si près du but, je ne pourrai pas payer mes places. Je ne vais quand même pas réveiller des potes à 5 heures du matin pour qu'ils me prêtent 100 euros (60 en fait en fosse, mais je compte large). Sur le trajet vers le distributeur, je me répète un code en me persuadant qu'il est correct, mais quand j’arrive devant la Poste, sans réfléchir, j’en tape un autre. C’était le bon. Ouf.

Il fait nuit noire et 2 degrés. Je pense qu'à cette heure-là, je n'aurais pas trop de concurrence, surtout avec les fans de la veille qui auront sûrement congelés sur place et seront donc à la morgue l'hôpital le plus proche. Pourtant, en marchant vers l'Olympia, il me semble voir des gens debout devant la salle. Tiens, finalement les 40 paulo-maniaques ne sont pas morts d'hypothermie. Mais en me rapprochant, je constate, estomaquée, qu'ils sont beaucoup plus nombreux. Beaucoup... Je remonte la file d'attente pour me mettre à la fin (j'aurais bien grillé tout le monde mais je suis civilisée et je ne voulais pas me faire dépecer par ceux qui s'impatientaient : "Comment ose t-elle ! Nous qui crevons de faim et de froid depuis 12 heures ! Ouvrons lui le bide pour nous réchauffer à l'intérieur comme Di Caprio dans Le revenant et repaissons-nous de ses tripes !")

Je remonte la file d’attente, 10, 20, 50, 100 mètres... C'est impossible, elle va bien se terminer à un moment ? Ah, à l'angle de la rue. Non, elle se poursuit de l'autre côté. La file fait au moins... 300 mètres de long. 300 mètres. A 6 heures du matin. 15 heures avant le début du concert.

Je longe les centaines de fans en essayant de faire des calculs d'astro physicien: « sachant que les gens ne se tiennent pas gentiment par la main deux par deux comme à l'école mais plutôt en troupeau en se serrant à cause du froid, la place qu'ils occupent est réduite, je dirais 50 cm de large...en multipliant par 300 mètres... oui mais ceux qui sont venus avec leurs tabourets prennent plus de place, ils faussent le calcul, donc si X est égal à...  mais combien sommes nous ?! Déjà 1200 ? est-ce que je vais obtenir un billet d'entrée, est-ce que ça vaut le coup d'attendre ? »

Le groupe qui arrive en même temps que moi ne se pose pas de questions et rigole en voyant l'énorme foule. Je prends position à la fin de la file, à deux pâtés de maison, loin de mon but, loin de Macca... Voilà, je n'obtiendrai peut-être même pas de place, je vais mourir de froid, de faim et d'ennui face à l'attente. Je suis extrêmement frileuse, je ne mets pas en T shirt en dessous de 30 degrés et je porte des chaussettes au lit même en été car mes extrémités sont en permanence gelées. Alors rester dehors dans le froid sans bouger... On va m'amputer des pieds du bout du nez et des oreilles, pour survivre je vais manger mes congénères comme les rescapés de la cordillère des Andes...

Mais en fait, pas du tout. J’ai prévu deux pulls, deux paires de chaussettes, un manteau, un bonnet et une écharpe qui ne laisse dépasser que les yeux, je pourrais braquer une banque. Je me retrouve à côté d’une famille de musiciens encore plus prévenante que moi : ils ont apporté des chaises et un thermos. Au bout de 30 minutes, j’ai déjà piqué le siège du père et je bois son café… (Comment je suis trop une profiteuse).

Contrairement à ce que je pensais, l’attente est tout à fait supportable. Les fans sont exaltés et discutent dans la bonne humeur. On parle de nos chansons préférées, de celles qu'on attend au concert. Certains sont venus avec leurs guitares et on chante et danse tous ensemble, ce qui nous réchauffe. Je rigole toute la journée et me fais plein de potes (d’un jour malheureusement). L'attente devait être intenable, mais j'en garde un excellent souvenir. Entre fans, on s'entraide et se soutient. On se refile à boire, à manger, on garde sa place quand quelqu'un veut s'absenter... Et au final, 10h30 après, j'ai enfin ma place ! En fosse, je verrai Paul à 10 mètres de moi, et on m'entendra crier dans la vidéo du concert retransmis sur canal + et disponible sur internet désormais : c'est moi la responsable du cri suraigu à 24 secondes sur cette vidéo et un peu plus tard lorsque Paul entame les premières notes de Band on the run...

Vous pouvez lire le récit du concert ici.

Suite demain

18/07/2018

And I love her, suite

paul jane.jpgAprès sa séparation avec Jane Asher, Paul se justifie encore : « Pour dire la vérité, les femmes à ce moment-là ont été mises à l'écart. Nous étions comme quatre mineurs qui descendent dans la fosse. Vous n'avez pas besoin de femmes dans la fosse, n'est-ce pas ? Nous avions installé comme une sorte de barrière de sécurité, avec beaucoup de blagues, de petits signes, de références à la musique. Il  était très difficile pour un «étranger» de pénétrer dans notre univers. Ce n'était peut-être pas bon pour les relations à l'époque. »
La future femme de McCartney, Linda, trouve la solution : elle l’accompagne lors des tournées de son nouveau groupe, les Wings, en jouant du clavier et participant au chœur. Comme ça, elle comprend  la vie d’un musicien, et si jamais une fan tente de se faufiler dans la loge de son mec, elle peut l’expédier à coups de pieds au cul cette pétasse, non mais.

paul et linda.jpegPaul et Linda se marient en 1969, un an seulement après la rupture avec Jane (comme ça m’aurait tuée de rester avec un mec pendant 5 ans, qui ne veut pas s’engager et me trompe, mais épouse la prochaine en moins de deux et reste avec jusqu’à ce que la mort les sépare 30 ans après !) Jane finit par se marier elle aussi, mais en 1981. 13 ans après leur séparation ! Elle a mis tout ce temps à s’en remettre ? Elle épouse Gerald Scarfe, un dessinateur qui a notamment réalisé la pochette du disque The wall des Pink Floyd. Ils sont toujours mariés, 36 ans après, alors que Paul a connu bien des déboires amoureux après le décès de Linda en 1998.

heather mills.jpgQuatre ans après la mort de sa femme, contre l’assentiment de ses enfants (en particulier la styliste Stella) qui se méfient de la promise, il épouse l’ancien mannequin Heather Mills. Il n'écrit pas de contrat de mariage, qui devrait pourtant être la base lorsqu’on possède l’une des plus grandes fortunes d’Angleterre ! Heather Mills est nettement plus jeune que lui (26 ans de moins) et elle a un air cruel de grosse méchante. Ils ont un enfant et très vite l’union tourne mal. Ils divorcent en 2006 et sans contrat de mariage, la femme peut donc prétendre à la moitié de la fortune de Paul… Elle empoche au final 31 millions d’euros. Avec cette séparation houleuse, les révélations pleuvent : Heather Mills est une ancienne call girl croqueuse de diamants, une « meilleure amie » révèle que le mannequin cherchait un homme fortuné pour le plumer… Le couple ne peut plus se blairer et fait la une des tabloïds anglais.
All you need is hate, il ne lui chantera plus « and I love her ».

Macca se console dans les bras de Nancy Shevell, une Américaine millionnaire, qu’il épouse en 2011. Il a peut-être pensé qu’elle, au moins, n’aurait pas besoin de son fric. Ils se connaissent en fait depuis une trentaine d’années. Il risque donc moins d’être surpris par son caractère. Espérons que le mariage dure, il peut lui dédier And I love her.

Comme je l’expliquais ici, McCartney est bien meilleur compositeur que parolier. Les paroles de And I love her ressemblent à de la drague de pacotille comme « ton père est un voleur, il a pris toutes les étoiles du ciel pour les mettre dans tes yeux ». Ou du maître Yoda : "Éclatantes sont les étoiles qui brillent, Sombre est le ciel" :

nancy.jpgI give her all my love
Je lui donne tout mon amour
That's all I do
C'est tout ce que je fais
And if you saw my love
Et si vous voyiez mon amour
You'd love her too
Vous l'aimeriez vous aussi
And I love her
Et je l'aime

She gives me everything
Elle me donne tout
And tenderly
Et tendrement
The kiss my lover brings
Le baiser de mon amour
She brings to me
Est pour moi
And I love her
Et je l'aime

A love like ours
Un amour comme le nôtre
Could never die
Ne mourra jamais
As long as I have you near me
Aussi longtemps que je t'aurai à mes côtés

Bright are the stars that shine
Éclatantes sont les étoiles qui brillent
Dark is the sky
Sombre est le ciel
I know this love of mine
Je sais que mon amour pour elle
Will never die
Ne mourra jamais
And I love her
Et je l'aime

16/07/2018

And I love her

jane.pngAnd I love her est sortie en 1964 dans l’album A Hard Day's Night. McCartney estime qu’elle est « la première ballade où je me suis impressionné » et Lennon l'appelle « le premier Yesterday de McCartney ».
Au départ cette douce mélodie était prévue comme totalement différente : un rock ! Vous pouvez écouter l’autre version ici.

Cette belle chanson romantique a certainement été écrite par Paul en pensant à sa petite amie de l’époque, Jane Asher. Les deux tourtereaux se sont rencontrés en 1963 lors d’un spectacle, alors que Paul n’avait que 21 ans, et Jane, seulement 17 ! Ils étaient pourtant déjà célèbres : Paul en tant que Beatle depuis deux ans, et Jane comme actrice depuis ses 5 ans.
Paul vit toujours dans le minuscule logement familial, où la seule pièce pratique pour composer est… les WC ! Contrairement à lui, la comédienne est issue d’un milieu aisé, son père est médecin, elle gagne bien sa vie, et surtout, sa famille habite une grande maison.
Paul vient s’y installer, on lui laisse une pièce entière pour sa musique. Il y écrit And I love her. Il reste 3 ans chez les parents de Jane (mais quel couple de Tanguy ! comme si il ne gagnait pas assez pour payer une maison).

Je trouve And I love her romantique à souhait et j’aurais rêvé qu’on l’écrive pour moi. Paul se défend de l’avoir composé spécialement pour Jane. Et pour cause, lors de ses tournées incessantes partout dans le monde, il la trompait effrontément avec les groupies. Quoi de plus facile, les filles campaient devant la porte de l’hôtel ou de la loge… Les Beatles s’en donnaient à cœur joie, et étrangement, j’avais vu lors d’une interview que Jane croyait que Paul lui restait fidèle.
francie.jpgLe chanteur expliquera ensuite que les tournées posaient problème (tu m’étonnes) parce que le couple se voyait de plus en plus rarement, qu’ils ne menaient pas la même vie, que la vie en tournée est difficilement compréhensible par les autres, avec le stress intense, les fans qui traquent les Beatles, les interviews… Paul révèle également qu’il n’était pas vraiment prêt à s’engager avec Jane, et que sa maîtresse a permis de rompre. En effet, en 1968, 5 ans après le début de son idylle avec Jane et alors qu’ils projettent de se fiancer, Paul débute une liaison avec Francie Schwartz, une jeune scénariste américaine.

Francie s’installe chez lui pendant que Jane part en vacances. Mais la petite amie officielle revient plus tôt que prévu et surprend les amants au lit, comme dans un mauvais vaudeville. La femme trompée repart alors en trombe, demande à sa mère de venir chercher ses affaires à sa place, et quitte Paul, après 5 ans de relation. Elle ne vient pas à l’avant-première du film Yellow submarine et révèle à la presse la séparation, en espérant :
« Je sais que ça a l'air ringard, mais on se voit encore et on s'aime, même si ça n'a pas marché. Peut-être que nous resterons des amoureux d'enfance, nous nous rencontrerons à nouveau et on se mariera vers 70 ans. »
Eh bien non. Paul s’est bien marié à 70 ans. Mais avec Nancy Shevell, pas Jane…
A suivre…

 

09/07/2018

Quiz On connaît la chanson des Beatles, suite

beatles magical.jpgAu cas où vous n'auriez toujours pas compris, avec tous les articles que j'ai écrits sur ses concerts, je préfère McCartney à Lennon. Je trouve ses mélodies plus complexes, et ce qui est le plus important dans la musique, justement, c'est la musique (surtout quand on parle anglais comme une vache espagnole comme moi). Mais pour un quiz, je ne peux citer que les paroles. Et les « silly love songs » de Paulo sont moins flatteuses que celles de John… Ainsi je citerai ici plus Lennon que McCartney ! 

Par exemple j'adore cette chanson de Paul que je trouve ultra romantique, mais les paroles sont d'une banalité…
I give her all my love
That's all I do
And if you saw my love
You'd love her too

Lennon est meilleur parolier, avec cette chanson qui me correspond bien :
Everybody seems to think I'm lazy
I don't mind, I think they're crazy
Running everywhere at such a speed
Till they find there's no need

Ses paroles sont souvent abstraites, pour ne pas dire perchées (petit indice) :
lennon.jpgPicture yourself in a boat on a river
With tangerine trees and marmalade skies
Somebody calls you, you answer quite slowly
A girl with kaleidoscope eyes

Ou bien encore :
I am he as you are he as you are me and we are all together
See how they run like pigs from a gun, see how they fly
I'm crying
Sitting on a cornflake, waiting for the van to come

Lennon invente carrément des mots :
Pools of sorrow, waves of joy are drifting through my open mind,
Possessing and caressing me
Jai guru deva om
Nothing's gonna change my world

C'est sûr, il a abusé des drogues :
I need a fix 'cause I'm going down
Down to the bits that I left uptown
I need a fix 'cause I'm going down
Mother Superior jump the gun

Et on peut conclure avec cette chanson fort à propos. Pour moi c'est la plus triste des Beatles, à la fois par la mélodie, les paroles et son contexte. John l'a écrite pour sa mère décédée, percutée par la voiture d'un policier ivre, lorsque le chanteur avait 18 ans :
Half of what I say is meaningless
But I say it just to reach you

A suivre, fin du quiz avec les chansons d'amour ! 

 

30/06/2018

The long and winding road

beatles, musique, paul mccartneyUne chanson triste à pleurer car elle a précipité la fin des Beatles. Je suis toujours émue lorsque McCartney la joue en concert. Il y évoque sa relation devenue difficile avec Lennon, déjà relatée ici dans Let it be. Il explique qu’il  tente désespérément de faire des efforts et de  renouer le dialogue, de suivre la longue et sinueuse route qui mène à la porte de son ami, mais Lennon ne le laisse plus rentrer :

Many times I've been alone, and many times I've cried
Souvent j'ai été seul et souvent j'ai pleuré
Anyway you'll never know the many ways I've tried
Tu ne sauras jamais tous les chemins que j'ai essayés

L’enregistrement du titre se déroule au début de l’année 1969, mais Lennon n’est plus investi. Il préfère se consacrer à sa carrière solo. Il a sorti un premier album de musique expérimentale assez spécial avec sa nouvelle compagne, Yoko Ono. L’artiste perchée a une forte emprise sur son mari, elle est omniprésente lors des sessions d’enregistrements et donne son avis sur tout, ce qui agace fortement McCartney.

Lennon a bien compris le message de la chanson, et fait comprendre qu’il n’y est pas favorable en la massacrant. Paul abandonne alors à son tour (il ne va pas défoncer la porte à coups de bélier ni camper devant) et the long and winding road est barrée.
Jusqu’à ce que le producteur Phil spector force le passage. Sans que McCartney soit au courant, Spector décide de modifier la chanson :

« The Long and Winding Road était un enregistrement terriblement mauvais quand je l’ai entendu pour la première fois. John jouait de la basse avec des fausses notes partout. (…) C’était vraiment horrible. (…) John n’aimait pas cette chanson. C’est pourquoi il jouait de la basse. (NDLR : l’instrument de McCartney). C’était une véritable farce et j’ai dû faire tout ce que je pouvais pour masquer toutes ces erreurs. »

John a quitté officieusement le groupe en septembre 69. En mars 70, le nouveau manager des Beatles veut conserver sa poule aux œufs d’or et confie les bandes de long and winding road et d’autres titres à Phil Spector, pour voir ce qu’il peut en sauver. Ce qui donnera l’album Let it be, le moins abouti du groupe selon moi. Lorsque McCartney découvre ce que le producteur a fait de sa chanson, en y rajoutant des violons sirupeux alors que le compositeur la souhaitait épurée (elle est assez larmoyante comme ça !) Paul rentre dans une colère noire. Il annonce alors officiellement la séparation des Beatles, et on l’accusera à tort d’en être responsable, alors qu’au contraire il a tout fait pour maintenir le groupe et que c’est Lennon qui a claqué la porte six mois auparavant.
Ainsi en avril 1970, les Beatles se séparent. La route qui mène à la réconciliation reste encombrée d’obstacles, et se retrouve définitivement interrompue par l’assassinat de John Lennon dix ans plus tard.

The long and winding road that leads to your door
La longue et sinueuse route qui mène à ta porte
Will never disappear, I've seen that road before
Ne disparaîtra jamais, je l’ai déjà vue
It always leads me here
Elle me conduit toujours ici
Leads me to your door
Elle me conduit à ta porte

The wild and windy night the rain washed away
La nuit tumultueuse que la pluie a emportée
Has left a pool of tears crying for the day
A laissé une flaque de larmes pleurant toute la journée
Why leave me standing here
Pourquoi me laisser ici
Let me know the way
Montre-moi le chemin

Many times I've been alone and many times I've cried
Souvent j'ai été seul et souvent j'ai pleuré
Anyway you'll never know the many ways I've tried
Tu ne sauras jamais tous les chemins que j'ai essayés

But still they lead me back to the long and winding road
Mais ils me ramènent encore à la longue et sinueuse route
You left me standing here a long, long time ago
Tu m'as laissé ici il y a très, très longtemps,
Don't leave me waiting here, lead me to you door
Ne me laisse pas attendre ici, conduis-moi à ta porte.

 

18/06/2018

L'appel du 18 juin

mccartney, beatles, musiqueAujourd'hui c'est l'anniversaire de Paul McCartney, 76 ans ! Je compte bien sur lui pour nous faire son appel du 18 juin :

« Moi le chef qui, depuis de nombreuses années, est à la tête de la pop music mondiale, j'ai formé un groupe. Ce groupe, alléguant la défaite de notre puissance vocale, s'est mis en rapport avec l'ennemi la vieillesse pour cesser le combat. Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la faiblesse mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi. Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour les concerts en France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car les fans ne sont pas seuls ! Ils ne sont pas seuls ! Ils ne sont pas seuls !
Foudroyés aujourd'hui par la faiblesse mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là. Moi, Sir Paul McCartney, actuellement à Londres, j'invite Papillote et les fans français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs banderoles « I♥ Paul » ou sans, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. Demain, comme aujourd'hui, je parlerai en concert à Bercy. »

C'est pas moi qui le dis, c'est lui.

En attendant ses prochains concerts en France, vous pouvez toujours revivre ceux de l'Olympia, de Bercy et du stade de France ici.

26/11/2017

Lennon/McCartney, l’œuvre impie

lennon.JPGJe me rends chez mon ami qui s'est enfin décidé à mettre des tableaux pour égayer ses murs blancs (d’hôpital). Je lui ai offert deux chefs d’œuvres toiles, il en a exposé une seule pour l'instant (trop de beauté d'un coup l'éblouirait). Il en a installé d'autres. Dont cette image blasphématoire. On y voit Lennon, tout seul.
Déjà, toute personne sensée possède plutôt un poster des Beatles et un de McCartney. Comme moi donc. Passons, chacun à des moments d'égarement. La vue dans son salon de Paul le Dieu vivant pourrait le perturber, en le plongeant dans un sentiment d'extase permanente, il a donc choisi un simple disciple.

Mais sur le tableau, pour prouver qu'il était un grand artiste, des titres de chansons sont inscrits sur le visage de Lennon. A commencer par Hey Jude, Yesterday et Eleanor Rigby. C'est-à-dire, comme vous le savez maintenant grâce à mes derniers articles de blog, grâce à votre grande prêtresse préférée qui propage la bonne parole, trois chansons de McCartney. (LE MEILLEUR LE SEUL ET UNIQUE) (le père le fils et le saint esprit). Dans la quinzaine de titres sur la toile, on peut même en lire un de George, Here comes the sun.

Pourtant, sur cette hérésie, c'est le visage de Lennon seul qui apparaît (A BAS LES FAUSSES IDOLES). Je demande une explication à cette infamie :
"- Oui mais les chansons des Beatles sont co-signées Lennon/McCartney. Et pour moi, Lennon est le vrai leader."

SACRILEGE, MECREANT ! Il faut rendre à César ce qui est à César, et les vaches seront bien gardées ! COMMENT OSE-T-IL !

A ce moment là, autant mettre sur la gueule de Lennon "Pain't it black" et "Alexandrie Alexandra".
Ou afficher un poster de Zola avec marqué "Harry Potter et la chambre des secrets" "Natacha a perdu son chat" (ne riez pas, j'adorais ce livre de la bibliothèque verte).

Oui je sais, ce blasphème peut heurter les âmes sensibles. Je songe à brûler cette œuvre impie. Il motiverait un divorce pour faute après "avoir violé gravement les devoirs découlant du mariage" (je me suis renseignée au cas-où).

07/11/2017

The fool on the hill

beatles, paul mccartney, quiz chansonLa 7ème chanson du quiz Beatles est signée par Paul Mccartney. Elle est extraite du film Magical Mystery tour sorti en 1967, suite de sketchs psychédéliques et improbables, qui ont inspiré les Monty Python. Le clip est tourné sur une montagne dans les alentours de Nice. Atteinte de chansonnite aiguë, dès que je me promène dans la nature et parviens sur un pauvre talus surélevé d'1m20, je chante cette chanson (et beugle « I'm the queen of the world ! »)

The fool on the hill n'a rien à envier aux paroles torturées de Lennon précédemment citées. Avec Help et I'm a loser comme nous l'avons vu, John se sentait incompris. Il évoquait la pression de la médiatisation, et la drogue comme refuge.
Paul prend le relais avec cette chanson qui exprime les mêmes sentiments. Les Beatles tiennent des rôles pour leurs fans. Il est plus facile de se faire apprécier si on est facilement identifiable, si l'on tient dans une case. John doit être le blagueur sarcastique, le leader un peu rebelle, Paul le Beatle mignon et gentil qui ne se pose pas trop de questions. Avec The fool on the hill, Paul montre son désarroi, qu'il n'est pas celui que l'on croit :

beatles, paul mccartney, quiz chansonDay after day
Jour après jour
Alone on the hill
Seul sur la colline
The man with the foolish grin
L'homme au sourire idiot
Is keeping perfectly still
Reste parfaitement tranquille

But nobody wants to know him
Mais personne ne veut le connaître
They can see that he's just a fool
Ils voient bien que ce n'est qu'un pauvre fou
And he never gives an answer
Et il ne donne jamais de réponse

beatles, paul mccartney, quiz chansonBut the fool on the hill
Mais le fou sur la colline
Sees the sun going down
Voit le soleil se coucher
And the eyes in his head
Et ses yeux
See the world spinning around
Voient le monde tourner

Well on his way
Sur son chemin
His head in a cloud
La tête dans les nuages
The man of a thousand voices
L'homme aux mille voix
Talking perfectly loud
Parle fort

beatles, paul mccartney, quiz chansonBut nobody ever hears him
Mais personne ne l'entend
Or the sound he appears to make
Ou le son qu'il paraît produire
And he never seems to notice
Et il ne semble jamais le remarquer

But the fool on the hill
Sees the sun going down
And the eyes in his head
See the world spinning around

And nobody seems to like him
Et personne ne semble l'aimer
They can tell what he wants to do
Ils peuvent dire ce qu'il veut faire
beatles, paul mccartney, quiz chansonAnd he never shows his feelings
Et il ne montre jamais ses sentiments

He never listens to them
Il ne les écoute jamais
He knows that they're the fools
Il sait que ce sont eux les fous
They don't like him
Ils ne l'aiment pas
The fool on the hill

 

26/10/2017

Help !

help.jpgHelp est écrite par John Lennon, dans la lignée de I'm a loser que j'évoquais dans le précédent billet. Les Beatles vaches à lait sont toujours autant exploités. Après A hard day's night (4 garçons dans le vent) on leur impose un nouveau film au scénario indigeste et absurde. Le long métrage prend d'abord pour nom l'improbable « 8 arms to hold you » pour appâter les midinettes hystériques  (« venez, les 4 Beatles sont dispo! Ya moyen que l'un d'eux vous épouse, si si ! ») A la place de ce titre mielleux, le groupe en propose un bien plus révélateur : « Help ! »

Avec Help, Lennon évoque la folie de la Beatlemania qui a totalement dépassé les membres du groupe. Des hordes de filles en furie les suivent partout. Lors des concerts, elles hurlent tellement que les musiciens ne s'entendent pas jouer et leur prestation est médiocre. C'est pour cela qu'ils décident d'abandonner très vite les live pour populariser à la place les clips télévisuels.
Les Beatles ont tous moins de 25 ans et forment le groupe le plus connu au monde. Les quatre gamins issus d'un milieu modeste (contrairement aux Rolling stones par exemple) isolés (Lennon rejeté par sa mère Julia, McCartney orphelin de mère à 14 ans) ne s'habituent pas à l’idolâtrie dont ils font l'objet. Ils montrent l'image de jeunes gens super cool, popularisée par leurs films comiques, mais Lennon est au fond de lui particulièrement angoissé et tourmenté. Avec Help, il montre enfin son vrai visage. Cette chanson reste pour lui sa préférée pour cette raison : car elle est « honnête » et sa plus « authentique ».

Pour supporter la pression, les Beatles l'oublient dans la drogue, comme l'explique Lennon des années après : « La folie Beatles dépassait l'entendement. Nous fumions de la marijuana au petit-déjeuner. Nous étions vraiment là dedans et personne ne pouvait communiquer avec nous, car nous étions dans notre propre monde, yeux vitreux et ricanant tout le temps. C'était ça, la chanson Help! » Il ajoute : « J’étais gros, déprimé, et j’appelais à l’aide. C’était ma période "Elvis gras". »

Même si les paroles de John n'ont pas été vraiment comprises à l'époque, elles ont connu un grand succès par leurs portées universelles :

Help ! I need somebody
A l'aide ! j'ai besoin de quelqu'un
Help, not just anybody
A l'aide, pas simplement n'importe qui
Help, you know I need someone, Help !
A l'aide, tu sais que j'ai besoin de quelqu'un, à l'aide !

When I was younger, so much younger than today
Quand j'étais jeune, bien plus jeune qu'aujourd'hui
I never needed anybody's help in any way
Je n'ai jamais eu besoin de l'aide de personne
But now these days are gone, and I'm not so self assured
Mais maintenant cette époque est révolue, et je n'ai plus la même assurance
Now I find I've changed my mind and I opened up the doors
Maintenant je trouve que j'ai changé de façon de voir les choses et j'ai ouvert des portes

Help me if you can, I'm feeling down
Aide-moi si tu peux, je me sens mal
And I do appreciate you being round
Et j'apprécie vraiment que tu sois là
Help me, get my feet back on the ground
Aide-moi à avoir de nouveau les pieds sur terre
Won't you please, please, help me !
Pourras-tu je t'en prie, je t'en prie, me venir en aide !

And now my life has changed in oh so many ways
Et maintenant ma vie a changé à tellement de niveaux
My independence seems to vanish in the haze
Mon indépendance semble disparaître dans la brume
But every now and then I feel so insecure
Mais à tout moment je me sens tellement en insécurité
I know that I just need you like I've never done before
Je sais que j'ai simplement besoin de toi comme je n'en ai jamais eu besoin auparavant

Help me if you can, I'm feeling down
And I do appreciate you being round
Help me, get my feet back on the ground
Won't you please, please, help me ! Help me !

 

21/10/2017

I'm a loser

for sale.jpgPas moi, John Lennon. Il écrit cette chanson en pleine Beatlemania, en 1964. Le groupe enchaîne les tournées, les émissions télé, et le studio les somme d'enregistrer deux albums par an pour exploiter le filon. Les jeunes gens sont épuisés, se sentent floués : leur manager, les producteurs se sucrent largement au passage et peu d'argent revient dans la poche des artistes.
Mais la meilleure entourloupe restera celle de Michael Jackson : il rachète tout le répertoire des Beatles en 1989, et lorsque McCartney veut jouer ses propres chansons, il doit en payer les droits... Paul explique : « Je me considérais comme le grand frère de Michael. J'ai accepté de chanter avec lui à ses débuts (avec say say say). Après le succès de Thriller, il m'a dit en blaguant qu'il se paierait un jour mes chansons. Évidemment, cela m'a fait éclater de rire. » Cette déconvenue n'empêche pas Mccartney d'être aussi riche aujourd'hui que la reine d'Angleterre, et Yoko Ono la veuve de Lennon, milliardaire.

L'exploitation des Beatles se ressent bien dans le titre de l'album où paraît I'm a loser : "Beatles for sale". Obligés par contrat de sortir un disque mais n'ayant pas le temps de composer, le duo légendaire propose de simples reprises, mais imagine aussi ses premières chansons sombres et désabusées, dont I'm a loser. Pour celle-ci, Lennon s'inspire de Bob Dylan, dont il est fan : « c'est de moi dans ma période Dylan. Une partie de moi considère que je suis un perdant, une autre que je suis Dieu tout puissant. »

Avec I'm a loser, Lennon s'éloigne des chansons d'amour standards et livre pour la première fois une chanson personnelle :

musique,quiz chanson,beatlesI'm a loser
Je suis un perdant
I'm a loser
And I'm not what I appear to be
Et je ne suis pas ce que l'on croit

Of all the loves I have won or have lost
De toutes les amours que j'ai gagnées ou perdues
There is one love I should never have crossed
Il est un amour que j'aurais mieux fait de ne jamais croiser
She was a girl in a million, my friend
C'était une fille unique, mon ami
I should have known she would win in the end
J'aurais dû savoir qu'elle finirait par gagner

I'm a loser
Je suis un perdant
And I lost someone who's near to me
Et j'ai perdu quelqu'un qui est proche de moi
I'm a loser
Je suis un perdant
And I'm not what I appear to be
Et je ne suis pas ce que l'on croit

Although I laugh and I act like a clown
Bien que je rie et agisse comme un clown
Beneath this mask I am wearing a frown
Derrière le masque je fronce les sourcils
My tears are falling like rain from the sky
Mes larmes coulent comme la pluie du ciel
Is it for her or myself that I cry
Est-ce sur elle ou sur moi que je pleure

Refrain

What have I done to deserve such a fate
Qu'ai-je fait pour mériter un tel sort
I realize I have left it too late
Je me rends compte que j'ai arrêté ça trop tard
And so it's true, pride comes before a fall
Et c'est bien vrai que l'orgueil précède la chute
I'm telling you so that you won't lose all
Je vous le dis afin que vous ne perdiez pas tout vous aussi

I'm a loser