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04/04/2020

Maus, une biographie fascinante

Maus 2.jpgL’auteur, Art Spiegelman, raconte la vie de son père, rescapé des camps de concentration. C'est absolument fascinant. Il en ressort que ceux qui s'en sont sortis parmi l'entourage du père sont souvent les plus débrouillards, mais aussi les plus riches, qui pouvaient monnayer des vivres et passe-droit; ainsi que les moins scrupuleux, qui n'ont pas hésité à dénoncer ou voler les autres pour survivre (les kapos). Le manque de solidarité parmi les persécutés qu'il a croisés est frappant et illustre la phrase "la fin justifie les moyens". J'ai été particulièrement choquée par le cousin qui accepte les diamants des grands-parents en échange de leur liberté, mais les trahit et les envoie quand même, des membres de sa famille en plus, vers une mort certaine. 

Le roman graphique est surtout connu pour son témoignage sidérant sur les camps de concentration, mais autant que la vie de juifs traqués pendant la guerre, dont j'ai vu énormément de témoignages dans les innombrables documentaires consacrés au sujet, j'ai aussi retenu de cette biographie la personnalité ambiguë et manipulatrice du père. Ce dernier a épuisé toutes les femmes de sa vie (qui ne sont pas en moi réunies) (ma culture est phénoménale). Sa première petite amie était folle de lui, prête à tout pour lui, mais il s'en fichait royalement. Il l'a jetée du jour au lendemain, après 4 ans de bons et loyaux services, pour la remplacer par une femme qu'il venait de rencontrer, encore plus utile pour lui : issue d'une famille de commerçants très riches, elle a pu lancer sa carrière. Cette deuxième femme, la mère de l'écrivain, a fini par se suicider. Elle avait également écrit ses souvenirs de guerre, mais le père a osé jeter ce témoignage inestimable ! Sa dernière épouse, qu'il considére comme une bonne à tout faire et son souffre-douleur, finit par se barrer avant de finir elle aussi suicidaire, complètement timbrée et essorée par ce vampire.

Avec ses troubles psychiques, le père témoigne des ravages des traumatismes de guerre, de la faim et de la persécution. Toute sa vie, il reste dur, obsessionnel, paranoïaque, atrocement radin (si jamais une autre famine devait survenir). Il domine, contrôle et manipule son entourage (dans l'illusion de contrôler sa propre vie). Il a souffert, les autres doivent souffrir aussi. Comme Marthe Villalonga qui tyrannise Guy Bedos dans Nous irons tous au paradis, le père fait croire qu'il est au seuil de la mort pour que son fils, terriblement inquiet, lui rende visite ! Le père aime rabaisser sa famille, en jetant par exemple le manteau de son rejeton sans le prévenir, pour le remplacer par une blouse d'ado ridicule, alors que le fils est déjà adulte, etc. Le livre fourmille d'exemples de la personnalité perverse du père.
Un livre essentiel sur la guerre et les traumas qu'elle engendre. A lire absolument.

20/01/2020

Jean-Claude Romand, le roman d'un menteur

romand.jpgJean-Claude Romand, le narcissisme criminel, de Denis Toutenu et Daniel Settelen.
Pour fêter la grande nouvelle de ce début d'année, le retour de Faites entrer l'accusé♥, la meilleure émission juridique de la télé française, quoi de mieux qu'évoquer l'affaire Romand. De toutes les histoires criminelles, celle-ci reste ma préférée, elle
m'a toujours fascinée. Je me souviens des reportages télé de l'époque, puis d'avoir lu le formidable L'adversaire d'Emmanuel Carrère, d'avoir vu le faites entrer l'accusé sur le sujet (à voir en lien), le documentaire Le roman d'un menteur (en lien) et les films sur l'histoire (L'emploi du temps etc)... Il ne me restait plus que le témoignage des psys qui ont interrogé le criminel dans cet ouvrage.

romand famille.jpgRomand porte bien son nom : sa vie est un roman. Comment peut-on mentir à tous pendant 20 ans ? Ce personnage hors du commun voulait être médecin pour séduire la femme qu'il aime, mais il rate sa première année. Plutôt que d'assumer sa défaite, il fait croire qu'il a réussi. Qu'il poursuit ses études, devient docteur, et puis carrément membre de l'OMS... Quitte à mentir pour se la péter, autant revendiquer directement le poste le plus prestigieux.

Pour obtenir le train de vie digne de son prétendu rang, il escroque ses proches, parents, beaux-parents, leur faisant croire à des placements miraculeux en Suisse. Il va même jusqu'à profiter de la détresse de malades en fin de vie, en leur vendant à prix d'or un prétendu nouveau médicament anti-cancer pas encore sur le marché.  Sa famille pense qu'il voyage partout dans le monde ou fait des conférences avec Kouchner (soi-disant un intime), mais il passe en réalité sa vie sur des parkings et des bibliothèques. A combler ses journées en se plongeant dans les livres, il obtient ainsi un vrai savoir médical qui impressionne ses amis devenus de vrais médecins eux, dont un cardiologue qui déclare "à côté de gens comme ça, on se sent tout petit".

Quand ses proches ont enfin des soupçons (après 20 ans, il était temps !) ou réclame leur argent, comment avouer qu'il leur a menti, qu'il n'est pas le grand chercheur de l'OMS qui épate la galerie, mais un chômeur au RSA criblé de dettes ? Impossible, alors il les zigouille (ou tente de le faire). Femme, enfants, parents, beaux-parents, maîtresse, et même le chien (oh non, pas lui !)

Une étude de première main puisqu'elle est écrite par les psys chargés de conclure si Romand était apte à être jugé. On sent que les auteurs ont été affectés et surpris par ce criminel hors-norme. Romand raconte les faits sordides avec une froide précision, avec un regard extérieur, comme s'il ne parlait pas de lui. Il est arrogant, établit lui-même son diagnostic, se veut plus compétent que les professionnels. Il se pose en victime, il n'est pas quelqu'un qui a commis des crimes atroces, mais quelqu'un à qui il est arrivé des choses effroyables.
Après cette étude de personnalité, les psy ont considéré que Romand pouvait comparaître devant une cour d'assises. Il n'est pas fou, "juste" ultra narcissique, son image comptait plus que tout pour lui. Sans réelle personnalité, il ne vivait que pour le paraître, l'idéal qu'il renvoyait. Il pensait qu'être riche, avoir un haut statut social, fréquenter des gens hauts placés (Kouchner) prouvaient sa réussite et sa grandeur.
Il entretenait un sentiment de toute puissance, dû en partie à une enfance choyée par des parents qui ont eu tard cet enfant unique, et l’ont vu comme un miracle. Romand se devait d'être le meilleur, avoir la + belle femme, les + beaux enfants, une grande maison, une carrière prestigieuse. Même pour ce bilan psychologique, sa première question sera de demander aux experts et auteurs de ce livre s'ils viennent de Paris, et il sera déçu d'apprendre qu'ils ne sont "que" Lyonnais. La capitale concentre forcément les meilleurs (reste de la France = province = ploucs). Le caractère exceptionnel de son crime et sa médiatisation continuent d'entretenir son égo : grâce à son crime, il est au centre des projecteurs, il brille.

Ultra narcissique, les autres n'avaient pas pour lui d'existence propre : ils n'étaient là que pour lui être utile (donner de l'argent) et entretenir son image (ses beaux enfants), pour faire pâlir d'envie les voisins et prouver qu'il était admirable. Il voyait ses proches comme une extension de lui-même : en les tuant, puis en brûlant sa belle maison, il s'est tué lui-même. Il ne pouvait pas s'imaginer que sa famille pourrait vivre sans lui et subir la honte de n'être rien. Car sans argent, sans prestige, on est rien pour lui. Mais paradoxalement, Romand admet que c'est en tuant ses proches et l'image qu'il leur renvoyait qu'il a pu devenir lui-même, ne plus vivre dans le mensonge.
Il n'avait pas vraiment de personnalité, il a fait ce qu'on attendait de lui. Ses parents et sa copine le voyaient brillant médecin, il a fait croire qu'il l'était devenu. Surprotégé, peu armé pour le monde (un bizutage au réputé lycée du Parc l'a traumatisé et fait abandonner ses premières études) il s'est crée un monde imaginaire plutôt que d’affronter la réalité. Avec sa tête de nounours inoffensif, on le trouvait insoupçonnable, gentil et serviable, mais il a tué ou tenté de le faire, froidement, 6 personnes. Pendant que sa femme qu'il a assommé avec un rouleau à pâtisserie gisait sur leur lit, il a regardé un dessin animé avec ses enfants (avant de les tuer à leur tour).

Romand est un grand mythomane et manipulateur. Alors qu'il est étudiant, sa petite amie, future épouse, future victime, le largue. Pour la récupérer, il prétend qu'il a réussi médécine et lui fait miroiter un avenir rempli de richesses à ses côtés. Surtout, il l'apitoie en lui faisant croire qu'il a un cancer. Elle ne peut tout de même pas larguer un homme dans un tel état, c'est inhumain ! Il refuse de parler de sa maladie, se rend seul à l'hopital : il paraît ainsi digne et fort, endurant seul cette épreuve. La petite amie admire ce courage et accepte de devenir sa femme. 
Quand les gens posent des questions, il détourne leurs pensées en réactivant son prétendu cancer quand ça l'arrange :
" Au fait chéri, c'est quand que tu m'invites à voir ton bureau de l'OMS ?
- Aïe j'ai mal, je vais plutôt rester ici, j'ai mon cancer qui revient !
- Je ne vais pas te fatiguer avec mes questions, repose-toi !"

En prison, Romand s'est tourné vers la religion, pour vivre encore dans l'illusion d'un homme bon et simplement victime et martyr. Il dispensait ses généreux conseils de médecin. Après 25 ans derrière les barreaux, il a été libéré en avril 2019, et depuis il vit dans un... monastère. 

12/01/2020

Bilan lecture de 2019 : 75 livres

littérature,biographies,bdToujours une majorité d'histoires vraies, avec environ 75 ouvrages cette année, et certainement davantage (si mémé Alzheimer ne note pas le jour même, j'oublie). En reprenant ma liste de 2019, je m'interroge : "j'ai lu ça ? mais c'est quoi ?" Par exemple, j'ai simplement écrit  "les pervers narcissiques" sans prendre la peine de donner l'auteur ni le titre complet, pensant sans doute que j'allais m'en souvenir. Eh bien non.
Désormais j'essaie de recopier des extraits des livres pour en laisser une trace. Avant, j'avais la flemme, ou l'essai me semblait si pertinent que je n'allais pas le retranscrire en entier, alors je prenais des photos des meilleures pages. Mais j'ai dû changer de téléphone, et je ne savais pas que les images n'étaient pas automatiquement transférées sur le nouveau portable. J'ai donc perdu la majeure partie des citations. Je mérite donc bien mes trois surnoms : mémé Alzheimer, mémé nulle en nouvelles technologies, et Gaston.

20 Psy :
littérature, biographies, BDCoups de cœur :
- Psychologie de la connerie de Jean-François Marmion
- Jean-Claude Romand, le narcissisme criminel

Boris Cyrulnik :
- Les vilains petits canards
- Autobiographie d'un épouvantail
- La nuit, j'écrirai des soleils
- Sauve toi, la vie t’appelle

Humour :
- La santé psychique de ceux qui ont fait le monde de Patrick Lemoine (pas très pointu mais marrant, notes conservées)
- Le Lacan dira-t-on, guide français-lacanien de Corinne Maier
- Le divan, c’est amusant de Corinne Maier

Les gens, c'est des méchants :
- Le drame de l'enfant doué d'Alice Miller (juste le souvenir que c'est bien, mais pas vraiment du contenu. Surtout que je l'ai déjà lu car c'est un classique. Notes perdues)
- Le vrai drame de l'enfant doué (le fils qui raconte la vie de sa mère et qui prouve encore que les cordonniers sont les + mal chaussés : Alice Miller a passé sa vie à défendre les enfants contre des mères odieuses, mais elle en était une elle-même... Notes perdues)
- Les pervers narcissiques (aucun souvenir, notes perdues)
- Les paroles perverses, les reconnaître, s’en défaire de Robert Neuburger (NOTES CONSERVÉES ! ça mérite d'être clamé en capitale)
- Psychologie du bien et du mal de Laurent bègue (aucun souvenir, notes perdues)
- 16 cas cliniques en psychopathologie de l’adulte de N.Dumet, J Ménéchal (aucun souvenir, notes perdues)

Les filles, c'est trop compliqué :
littérature, biographies, BD- Beauté fatale de Mona Chollet
- King-kong théorie de Virginie Despentes
- La femme seule et le prince charmant de Jean-Claude Kaufmann (pas la peine de l'écrire en entier : ASNP)
- Pourquoi les hommes adorent les chieuses de Sherry Argov (ASNP)

Déception :
- L'âme et la vie de Jung

6 Société :
Coup de coeur :
littérature, biographies, BD- Vu en amérique, bientôt en France de Géraldine Smith

- Juste après dresseuse d'ours de Jaddo (quotidien d'une médecin)
- Les éditocrates ou comment parler de (presque) tout en racontant (vraiment) n’importe quoi
- Les éditocrates 2 (Zemmour, Fog, Polony, Plantu...)
- Ceci n’est pas une lettre de candidature de Corinne Maier 
- L'amour sous algorithme de Judith Duportail (enquête sur Tinder)

5 Affaires criminelles :
-Le crime des sœurs Papin, les dessous de l’affaire d'Isabelle Bedouet
littérature, biographies, BD- La séquestrée de Poitiers d'André Gide
- Femmes fatales, les criminelles approchées par un expert de Michèle Agrapart-delmas
- L’assassinat du docteur Godard de Eric Lemasson
- Jean-Claude Romand, le narcissisme criminel de Denis Toutenu et Daniel Settelen

33 BD et romans graphiques :
Biographies :
Coups de coeur :
littérature, biographies, BD- Maus de Art Spiegelman
- L'arabe du futur de Riad Satouff
- Tant pis pour l'amour ou comment j'ai survécu à un manipulateur

Corinne Maier :
- Marx
- Einstein
- Freud 

Alison Bechdel :
littérature, biographies, BD- Fun home 
- C'est toi ma maman ?

- Révolution de Younn Locard et Florent Grouazel 

Riad Sattouf :
- L'arabe du futur, tome à 4
- Les cahiers d’esther, tome 1 à 3
littérature, biographies, BD- La vie secrète des jeunes 
- Les pauvres aventures de Jérémie

Marc Dubuisson :
- Ad absurdo, tome 1 à 3
- Les grands moments de solitude de Michael Guérin
- Amour djihad et rtt
- La nostalgie de Dieu, l’intégrââl  (livre 2 : le complexe de dieu, 3 : le retour de dieu)
- Sexe fort en péril

Allan Barte :
littérature, biographies, BD- Petit illustré des gros clichés d’Hollywood
-
Le journal du lutin, tome 1 et 2

Jirô Taniguchi :
- Quartier lointain
- Le journal de mon père
- Le gourmet solitaire
- Un ciel radieux

littérature, biographies, BD- Moi ce que j'aime, c'est les monstres de Emil Ferris
- Blueberry (13 premiers tomes)
- Modeste et pompon de Franquin, tome 1 à 4
- Le retour à la terre de Manu Larssinet, 5 tomes

Bd sciences :
Coup de coeur :
- Dans la combi de Thomas Pesquet de Marion Montaigne

- Tu mourras moins bête, tome 4
- Darwin, 2 tomes
- Le syndrome de l'imposteur de Claire Le Men (parcours d'une interne en psychiatrie)
- L'incroyable histoire des objets de tous les jours 
- Mars horizon de Florence Porcel et Erwann Surcouf

3 Biographie cinéma :
littérature, biographies, BD- Belmondo, mille vies valent mieux qu'une
- Louis de Funès, Le berger des roses
- Jean Rochefort, Ce genre de choses

7 Romans :
Coups de coeur :
- La femme rompue de Simone de Beauvoir
- L'invention de la solitude de Paul Auster

- Léviathan de Paul Auster
- Soumission de Michel Houellebecq
- La maison hantée de Shirley Jackson
- Les furies de Lauren Groff
- Les coups de Jean Meckert

 Et vous, quelle lecture vous tenterait ? Quels livres vous ont marqué en 2019 ?



25/11/2019

Kidding : Jim Carrey, le clown triste

kidding clown.jpgAtteint par une profonde dépression, Jim Carrey souhaitait interrompre sa carrière. Michel Gondry, qui l'a auparavant dirigé dans le magnifique Eternal sunshine of a spotless mind, l'a convaincu de revenir devant les écrans, en sublimant son mal-être. En effet, dans Kidding, l'acteur incarne un créateur d’émission pour enfants qui ne parvient plus à animer joyeusement ses marionnettes depuis la mort accidentelle de son fils et la séparation avec sa femme que cette épreuve a engendrée.
Kidding permet à Jim Carrey de dépasser son état dépressif et d'exprimer l'étendue de son talent et de sa sensibilité : il chante, joue de la guitare, fait rire les autres pour oublier sa peine, comme il l'a toujours fait, par exemple dans Yes man. C'est un grand acteur, un performer que j'estime beaucoup. Le revoir si dévasté dans Kidding, les rides marqués, les yeux embués, m'a beaucoup émue.
La créativité  et la sensibilité de Jim Carrey s'accordent à merveille avec celles de Gondry, qui nous épate toujours autant avec ses univers enfantins. Les décors de l'émission sont empreints d'une poésie revigorante et rappellent ceux de La science des rêves où Gael Garcia Bernal♥ fuyait la réalité en créant lui aussi une émission.
Jim Carrey est entouré d'acteurs à sa démesure : Catherine Keener, déjà frappadingue dans le délirant Dans la peau de John Malkovich de Spike Jonze. Frank Langella, aussi paternaliste que dans The americans, Judy Greer, qui rejette aussi son mari dans Jeff who lives at home... A voir.
Jim Carrey, ce clown triste, exprime parfaitement les propos de Boris Cyrulnik♥ sur la résilience et la création, ici dans son livre Les vilains petits canards :

kidding.jpg"Le talent suprême consiste à exposer son malheur avec humour.  Il y a dans l’humour une intention thérapeutique qui ressemble un peu à la fonction du déni : faire croire, pour se faire croire que ce n’est pas si grave. Ce leurre est une falsification créatrice qui met la douleur à distance. Si je parviens à mettre en scène la tragédie qui me torture, si je vous arrache un sourire, je cesserai de jouer le rôle navrant du pauvre petit et de donner l’image de la victime. En vous invitant à participer à un sourire, nous nous lierons comme nous lient les émotions partagées.
Le sujet sait bien que le traumatisme est grave mais en le disant sur un ton léger, au moins il peut le dire et renouer avec ses proches : « je ne les embête pas avec mon tracas, au contraire, je les amuse et les intéresse, ce qui me revalorise puisque je deviens celui qui égaye et intrigue. En vous faisant sourire, j’agis sur ma souffrance et je transforme mon destin en histoire. Voilà, ça m’est arrivé, j’ai été blessé, mais je ne veux pas faire ma vie avec ça, me soumettre au passé. En en faisant une représentation belle, intéressante et gaie, c’est moi qui maintenant gouverne l’effet que je vous fais. En modifiant l’image que vous avez de moi, je modifie le sentiment que j’éprouve en moi. »

Créer signifie « faire naître du néant ». Face au néant, quels sont nos choix ? Ou bien on se laisse fasciner, happer par le vertige du vide jusqu’à en éprouver l’angoisse de la mort, ou bien on se débat et on travaille à remplir ce vide. (…) C’est l’énergie de l’espoir qui nous stimule et nous contraint à la création. (...)
Freud, Joyce, Pascal, Proust, Hugo n’ont osé devenir créatifs qu’après la mort de leur père, le douanier Rousseau après celle de sa femme ; et Montaigne après celle de son ami la Boétie. L’orphelinage et les séparations précoces ont fourni une énorme population de créateurs : Balzac, de Nerval, Rimbaud, Zola, Baudelaire, Dumas, Stendhal, Maupassant, Loti, Sand, Dante, Tolstoï, Voltaire, Dostoïevski, Kipling… Et même la maladie physique contraint à la créativité quand le sentiment d’être diminué provoque la rage de vaincre. Alfred Adler avait bien compris ça au cours de sa propre enfance quand faible et rachitique, il avait décidé de devenir médecin pour lutter contre la mort. Adulte, il en a fait une théorie générale : toute faiblesse peut être compensée et un enfant difficile, mal socialisé, peut transformer cette négativité quand son milieu lui propose un but social."
Et faire rire les autres en devenant comédien comme Jim Carrey !

 

13/11/2019

L'invention de la solitude

littérature,paul auster,biographies"Tout livre est l’image d’une solitude. C’est un objet tangible, qu’on peut ramasser, déposer, ouvrir et fermer, et les mots qui le composent représentent plusieurs mois, sinon plusieurs années de la solitude d’un homme, de sorte qu’à chaque mot lu dans un livre, on peut se dire confronté à cette solitude. Un homme écrit, assis seul dans une chambre. Que le livre parle de solitude ou de camaraderie, il est nécessairement un produit de la solitude."

En déménageant les affaires de son père qui vient de décéder, Paul Auster se rend compte qu'il ne sait pas qui était réellement l'homme qui lui a donné la vie. Il décide d'enquêter sur le passé de son père pour enfin le comprendre. La révélation de l’événement qui a entaché sa prime enfance est digne d'un Faites entrer l'accusé !

Autant la première partie sur l'histoire familiale est géniale et se lit d'une traite, autant la deuxième, qui n'a rien à voir, est atrocement confuse, j'ai mis un temps fou à la lire. L'écrivain laisse libre cours à des réflexions pseudo philosophiques en partant de souvenirs non chronologiques, peu explicités, peu intéressants. A lire uniquement pour la description du père, qui n'avait pas l'air commode.

Précision : cet homme ne souffrait pas vraiment de solitude comme l'écrit le fils, car il sortait accompagné tous les soirs. Mais il était secret, refusait de parler de lui, donc de nouer de vraies relations. Extrait :
"Cette vie lui convenait et je comprends qu’il y soit retourné après la rupture de son mariage. Pour quelqu’un qui ne trouve la vie tolérable qu’à la condition d’en effleurer seulement la surface, il est naturel de se contenter, dans ses échanges avec les autres, de rapports superficiels. Peu d’exigences à satisfaire, aucune obligation de s’engager. Le mariage, au contraire, c’est une porte qui se ferme. Confiné dans un espace étriqué, il faut constamment manifester sa personnalité et par conséquent s’observer, s’analyser en profondeur. Porte ouverte, il n’y a pas de problème : on peut toujours s’échapper. On peut esquiver toute confrontation désagréable, avec soi-même comme avec autrui, rien qu’en sortant."


11/11/2019

Bilan "je suis culturée" d'août à octobre : 19 livres

littérature, bd, biographiesToujours beaucoup de biographies, mon genre de prédilection, puisque la réalité dépasse la fiction :
Coups de cœur
- Maus de Art Spiegelman
Biographie de son père rescapé des camps de concentration.
- Dans la combi de Thomas Pesquet de Marion Montaigne
Passionnant, surtout grâce à l'humour décalé de l'auteure de Tu mourras moins bête.

2 Romans de Paul Auster: 
15 ans en arrière, j'ai lu un recueil regroupant plusieurs romans de cet auteur. J'avais beaucoup aimé, mais comme à chaque tentative d'ingurgiter l'oeuvre complète d'un écrivain (Philip K Dick ou Maupassant par exemple) mémé Alzheimer confond les histoires. Je me suis donc souvenue à la page 40 que j'avais déjà lu le bouquin suivant : 
- Léviathan 
J'apprécie toujours, mais je confirme que je préfère les biographies aux romans. Désormais je lirai plutôt ses récits autobiographiques, comme celui-ci :
- L'invention de la solitude
Lire des extraits et mon billet en lien.

2 Cinéma :
- Louis de Funès, Le berger des roses
Titre un peu étrange. Livre plutôt mal écrit, qui se borne dans sa première partie à relater les innombrables seconds rôles de l'acteur avant qu'il ne perce à près de 45 ans. Fastidieux.
- Jean Rochefort, Ce genre de choses
Avec son humour à la fois sarcastique et bon enfant qui le caractérise, l'acteur dévoile des anecdotes de sa vie et de ses rencontres au gré des tournages. Certaines sont cocasses, d'autres moins pertinentes. Extraits à suivre dans un billet consacré (Rochefortounet mérite bien ça, lire mon hommage en lien).

2 Psy :
- La nuit, j'écrirai des soleils de Boris Cyrulnik
- Le vrai drame de l'enfant doué, la tragédie d'Alice Miller, de Martin Miller (son fils)

13 BD / romans graphiques :

5 Sciences :
- Dans la combi de Thomas Pesquet de Marion Montaigne
- Tu mourras moins bête tome 4 de Marion Montaigne
- Mars horizon de Florence Porcel et Erwann Surcouf
- L'incroyable histoire des objets de tous les jours de Andy Warner
- Le syndrome de l'imposteur de Claire Le Men

5 Humour, l'intégrale de Marc Dubuisson :
- Ad absurdo tome 1 à 4 de Marc Dubuisson
- Les grands moments de solitude de Michael Guérin, tome 1 et 2
- Amour djihad et RTT 
- La nostalgie de Dieu, l'intégrââl (3 tomes)
- Sexe fort en péril en collaboration avec Pauline Perrolet

3 Biographies :
- Maus de Art Spiegelman
- Fun home d'Alison Bechdel 
- C'est toi ma maman ? d'Alison Bechdel 

 

16/09/2019

Quiz littérature : les réponses

jaime lire livre.jpg1 ) Associez ces débuts de romans avec leurs auteurs :
a) "Mr et Mrs Dursley, qui habitaient au 4, Privet Drive, avaient toujours affirmé avec la plus grande fierté qu’ils étaient parfaitement normaux, merci pour eux."
b) "Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas."
c) "Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple, et dont l’exécution n’aura point d’imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme, ce sera moi."
d) "C’est une vérité universellement reconnue qu’un célibataire pourvu d’une belle fortune doit avoir envie de se marier, et, si peu que l’on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu’il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l’esprit de ses voisins qu’ils le considèrent sur-le-champ comme la propriété légitime de l’une ou l’autre de leurs filles."

a- Jean-Jacques Rousseau, Les confessions
b- Jane Austen, Orgueil et préjugés
c- JK Rowling, Harry Potter à l'école des sorciers
d- Albert camus, L'étranger
Réponse
: a)c / b)d / c)a / d)b

2 ) Quel auteur français est considéré comme le chef de file du courant naturaliste en littérature, qui dépeint la société avec plus de précisions encore que le réalisme dont il dérive ?
a)
Réponse : a)
 
3) Associez ces vers au poète qui les a composés :
a) Les sanglots longs des violons de l’automne
Blessent mon cœur d’une langueur monotone.
b) Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !
c) Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
d) La sottise, l’erreur, le péché, la lésine
Occupent nos esprits et travaillent nos corps 
Et nous alimentons nos aimables remords
Comme les mendiants nourrissent leur vermine. 
 
a- Baudelaire
b- Victor Hugo 
c- Paul Verlaine
d- Lamartine
Réponse : a)c / b)d / c)b / d)a
 
4) Jean-Baptiste Poquelin est le véritable nom de :
a) Corneille
b) Molière
c) Racine
d) Papillote
Réponse : b) Molière
 
5) Qui est cet auteur ? 
Il naît en 1864, d'un père républicain et anticlérical et d'une mère catholique et bigote. Celle-ci reporte le mépris qu'elle éprouve pour son mari sur son fils, et finira par se suicider en se jetant dans un puits. Le fils racontera le calvaire que lui a fait subir sa mère dans un livre qui deviendra célèbre. L'auteur est aussi connu pour ses pensées, comme "écrire, c'est une façon de parler sans être interrompu". Il est considéré comme  « un Montaigne minuscule dont La Bruyère aurait affûté le style »
Il s'agit de : 
a) Alphonse Daudet et son livre Le petit chose
b) Guy de Maupassant et Une vie
c) Jules Renard et Poil de Carotte
Réponse
c) Jules Renard 
 

03/09/2019

Le quiz de la rentrée : littérature

jaime lire revolution.jpgCerveau ramolli par l'inactivité des vacances ? Par le rosé et les bières des barbecues ? Par les insolations ? Ou à l'inverse, par l'inintérêt de votre travail et vos collègues ? Le retour des quiz est là pour vous réveiller !
 
1 ) Associez ces débuts de romans avec leurs auteurs :
a) "Mr et Mrs Dursley, qui habitaient au 4, Privet Drive, avaient toujours affirmé avec la plus grande fierté qu’ils étaient parfaitement normaux, merci pour eux."
 
b) "Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas."

c) "Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple, et dont l’exécution n’aura point d’imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme, ce sera moi."

d) "C’est une vérité universellement reconnue qu’un célibataire pourvu d’une belle fortune doit avoir envie de se marier, et, si peu que l’on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu’il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l’esprit de ses voisins qu’ils le considèrent sur-le-champ comme la propriété légitime de l’une ou l’autre de leurs filles."

a- Jean-Jacques Rousseau, Les confessions
b- Jane Austen, Orgueil et préjugés
c- JK Rowling, Harry Potter à l'école des sorciers
d- Albert camus, L'étranger

2 ) Quel auteur français est considéré comme le chef de file du courant naturaliste en littérature, qui dépeint la société avec plus de précisions encore que le réalisme dont il dérive ?
a)
 
3) Associez ces vers au poète qui les a composés :
a - Les sanglots longs des violons de l’automne
Blessent mon cœur d’une langueur monotone.
 
b - Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !
 
c - Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
 
d - La sottise, l’erreur, le péché, la lésine
Occupent nos esprits et travaillent nos corps 
Et nous alimentons nos aimables remords
Comme les mendiants nourrissent leur vermine. 
 
a) Baudelaire
b) Victor Hugo 
c) Paul Verlaine
d) Lamartine
 
4) Jean-Baptiste Poquelin est le véritable nom de :
a) Corneille
b) Molière
c) Racine
d) Papillote
 
5) Qui est cet auteur ? 
Il naît en 1864, d'un père républicain et anticlérical et d'une mère catholique et bigote. Celle-ci reporte le mépris qu'elle éprouve pour son mari sur son fils, et finira par se suicider en se jetant dans un puits. Le fils racontera le calvaire que lui a fait subir sa mère dans un livre qui deviendra célèbre. L'auteur est aussi connu pour ses pensées, comme "écrire, c'est une façon de parler sans être interrompu". Il est considéré comme  « un Montaigne minuscule dont La Bruyère aurait affûté le style »
Il s'agit de : 
a) Alphonse Daudet et son livre Le petit chose
b) Guy de Maupassant et Une vie
c) Jules Renard et Poil de Carotte

04/02/2019

bilan lecture : psy et développement personnel

epouvantail.jpgPsychologie :
Boris Cyrulnik :
- Autobiographie d’un épouvantail
- Sauve-toi, la vie t’appelle
- Les vilains petits canards

- In treatment, lost in therapy de Clotilde Leguil
La psychosomatique pour les Nuls de Geneviève Choussy-Desloges
L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau et autres récits cliniques de Oliver Sachs
- Votre cerveau est extraordinaire de Fabien Olicard

- L'art d’avoir toujours raison de Schopenhauer
Nouveau manuel de manipulation de Gilles Azzopardi

- Les paroles perverses, les reconnaître, s’en défaire de Robert Neuburger
- Petits pénibles et gros casse-pieds de Christophe André et Muzo
- L’amour, la culpabilité et le besoin de réparation de Mélanie Klein

Développement personnel :

Je pense trop de Christel Petitcollin
- Pourquoi les femmes se prennent la tête ?  de Susan Nolen-Hoeksema
Trop intelligent pour être heureux ? L'adulte surdoué de Jeanne Siaud-Facchin
Pourquoi les hommes n’écoutent jamais rien et les femmes ne savent pas lire les cartes routières de Allan et Barbara Pease

- Les 4 accords toltèques de Miguel Ruiz
- Lisa Bourbeau : Ecoute ton corps, Les 5 blessures, L’acceptation
- L’art de faire la paix au quotidien de Anne Ducrocq
- Du bonheur de Frédéric Lenoir
Du magnétisme, Henri Durville

 



 

02/02/2019

Bilan lecture : les romans

vies mienne.jpgEmmanuel Carrère :
- La classe de neige
- La moustache
biographies :
- L'adversaire
- Un roman russe
- D'autres vies que la mienne
- Limonov
- Je suis vivant et vous êtes morts (biographie de K Dick)

Delphine de Vigan :
- Rien ne s’oppose à la nuit
- No et moi
- Les heures souterraines
- D'après une histoire vraie

Philippe Jaenada :
histoire vraie.jpeg- Le chameau sauvage
- Le cosmonaute
- La femme et l’ours
- Nefertiti dans un champ de canne à sucre
- La petite femelle
- La serpe

Milan Kundera :
- L’identité
- La plaisanterie
- L'insoutenable légèreté de l'être

Romain Monnery :
- Libre seul et assoupi, Le saut du requin, Un jeune homme superflu
Carol Joyce Oates : Cher époux et Carthage
Virginie Despentes : Bye bye blondie et King-Kong théorie
Titiou Lecoq : Les morues et Chroniques de la débrouille
Laurie Colwin : Drôles d'oiseaux, Une vie merveilleuse et Rien que du bonheur

Adaptés au cinéma :
vieillir.jpg- Nous ne vieillirons pas ensemble de Maurice Pialat
- Un singe en hiver d'Antoine Blondin
- La chambre des officiers de Marc Dugain

Policiers (adaptés au ciné) :
- Monsieur Hire de Simenon
- Feux rouges de Simenon
- Sueurs froides de Boileau et Narcejac

Humour :
- Fuck les connards, manuel de survie quand quelqu'un vous pourrit la vie de Michael et Sarah Bennett
- Fabrice Luchini et moi
de Olivier Sauton
-
Je vais pas me taire parce que t’as mal aux yeux de Sarah Dahan
- La fin du monde n'aurait pas eu lieu de Patrick Ourednik
La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole
- La vie sexuelle des super héros de Marco Mancassola

Drame :
- Les coups de Jean Meckert
La chute d'Albert Camus
- Thérèse et Isabelle de Violette Leduc
- Et au pire on se mariera de Sophie Bienvenu

Fantastique /SF :
- Docteur Sleep de Stephen King
- Les Tommyknockers de Stephen King
- Docteur Bloodmoney Philip k Dick
- 1984 de George Orwell

Nouvelles :
24h de la vie d’une femme et Destruction d’un cœur de Stefan Zweig
- Des hommes sans femmes de Haruki Murakami 
- Des histoires pour rien de Lorrie Moore
- Vies cruelles de Lorrie Moore
- L'amour d'une honnête femme d'Alice Munro
- Les nuits difficiles de Dino buzzati
- Les filles de l'ombre de Mathieu Terence 
- La balade du café triste de Carson Mccullers
- L’état de l’Angleterre et Nouvelle carrière de Martin Amis
- Superman n’existe pas, nouvelles de Jaenada, Rozen, Urien, Villard
- Nouvelles de Mars, de Jaenada et Sophie Fontanel