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17/11/2020

Nobody told me

shadok solution.jpgA part "tiens tout a changé ce matin, je n'y comprends rien" j'ai aussi souvent en tête depuis le confinement "noboby told me there'd be days like these". Je vous livre donc une parodie des paroles de John Lennon. Attention, vous allez être subjugué par mon talent inné pour les rimes et le nombre de pieds. Je tiens le tube de l'hiver 2020. Poète, poète, pouet-pouet ouais!
Ecoutez la version originale de Nobody told me ici en lien. J'ai recopié la traduction sur le site coccinelle :

Everybody's talking and no one says a word
Tout le monde parle et personne ne dit un mot
Everybody's making love and no one really cares
Tout le monde fait l'amour et personne n'a vraiment d'affection
There's nazis in the bathroom just below the stairs
Il y a des nazis dans la salle de bains juste sous les escaliers
Always something happening and nothing going on
Il se passe toujours quelque chose et rien n'avance
There's always something cooking and nothing in the pot
Il y a toujours quelque chose en train de cuire et rien dans la casserole
They're starving back in China so finish what you got
Ils sont en train de crever de faim en Chine alors finis ton assiette

shadok einstein.jpgNobody told me there'd be days like these
Personne ne m'a dit qu'il y aurait des jours comme ceux-ci 
Strange days indeed
Des jours étranges à vrai dire 

Ma version 2020 :

Tout le monde parle et personne ne dit un son
Tout le monde donne son avis et personne n'a la solution
Il y a Trump qui ne veut pas quitter la maison blanche
Il se passe toujours quelque chose et rien n'avance
il y a distance sociale mais on est serrés en classe
Ils crèvent à l'hôpital alors sois pas à la ramasse 

Personne ne m'a dit qu'il y aurait des jours comme ça
Des jours étranges ma foi

Everybody's running and no one makes a move
Tout le monde court et personne ne bouge
Everyone's a winner and nothing left to lose
Tout le monde gagne et il n'y a plus rien à perdre
Everybody's flying and no one leaves the ground
Tout le monde vole et personne ne quitte le sol
Everybody's crying and no one makes a sound
Tout le monde pleure et personne ne fait de bruit

Nobody told me there'd be days like these

shadok essai.jpgTout le monde fait du jogging et personne ne bouge
Tout le monde est confiné mais personne respecte la loi
Il ya confinement mais on part de chez soi
Tout le monde sort bosser mais personne voit ses amis
Tout le monde veut lire mais personne peut acheter en librairie

Personne ne m'a dit qu'il y aurait des jours comme ceux-ci. 

Everybody's smoking and no one's getting high
Tout le monde fume et personne ne plane
Everybody's flying and never touch the sky
Tout le monde vole et personne ne touche le ciel
There's a UFO over New York and I ain't too surprised
Il y a un OVNI au-dessus de New-York et je ne suis pas trop surpris

confinement,coronavirus,shadoksTout le monde veut un vaccin mais personne veut se vacciner
Certains crient au complot avec un vaccin à la 5G
Il y aurait un OVNI au-dessus de Paris que je serais pas trop surpris

Personne ne m'a dit qu'il y aurait des jours comme ceux-ci. 

Personne veut être contaminé mais on porte nos masques sous le nez
La 2è vague est pire qu'avant mais on assouplit le confinement 
En octobre on devait partir en vacances, là on dépasse pas 1 km de distance  
On peut aller à la fnac et darty, mais pas en librairie
On peut acheter un aspirateur, mais pas aller chez le coiffeur
Il y a confinement, mais peu de changements
Des déplacements, des fêtes dans les appartements.
Tout le monde se ruent pour acheter du PQ, les coronaggeurs sont de retour dans la rue. 
 
Personne ne m'a dit qu'il y aurait des jours comme ceux-ci. 

 

 

 

 

01/11/2020

Vous n'aurez pas un radis

gaston morue.jpgAu pays d'Aragon, il y avait une fille qui aimait les glaces au citron et vanille
Au pays de Castille, il y avait un garçon qui vendait des glaces vanille et citron
Mais moi j'aime mieux les glaces au chocolat, poil aux bras. 

Lundi, avant l'annonce du confinement, je pars en expédition en territoire hostile : le supermarché. Je déteste tellement faire les courses, et encore plus en cette période de pandémie, que je n'y vais qu'une fois par mois. Ce qui me motive cette fois-ci, ce n'est pas la prévision du confinement (je pensais qu'il arriverait mi-novembre, pas si vite) mais c'est le changement d'heure. Je dois faire des réserves de graisse pour rentrer en hibernation, donc acheter de la raclette, de la tartiflette, un kilo de noix et une douzaine de tablettes de chocolat.
La caissière me lance "bon courage" quand elle me voit repartir chargée comme une mule, avec mon sac à dos, mon énorme cabas carrefour (alors que je vais à lidl, quelle rebelle) et mon caddie à chats (pas dedans malheureusement, mais dessus, des dessins de chatons mignons.)
Sur le chemin du retour, je dois m'arrêter plusieurs fois car les anses des sacs cisaillent mes doigts et épaules. Dans la dernière montée, les consommateurs attablés à la terrasse du café (vous vous souvenez de ce que c'est ?) me regardent suer sang et eau en sirotant leur bière, sans proposer d'aide. La seule fois où un brave l'a fait 15 ans auparavant, je portais 12 litres d'eau et je l'ai bien vu regretter quand il s'est aperçu que j'habitais en réalité à 500 mètres, au 4e étage, avec l'ascenseur en panne ce jour-là. (depuis, je n'achète plus d'eau en bouteille). Pendant le premier confinement, mon sac à dos trop chargé s'est même ouvert. J'ai perdu ma nourriture sur le trajet comme le petit poucet sème les cailloux. Personne de tout ceux qui s'amusaient de me voir peiner ne me l'a signalé, je m'en suis rendue compte que le soir au dîner.

gaston crepes.jpgPuis ce jour-là, au moment le plus dur, en pleine ascension, un type m'arrête :
"Oh ma pauvre, vous voilà bien chargée !"
Enfin une âme charitable qui m'aide à porter ma croix ?
Il poursuit : "Vous n'auriez pas un truc salé à manger ?"

Ah, en fait il mendie. Pourquoi pas faire ma b.a. Je me souviens qu'en sortant d'une boulangerie, un homme m'avait déjà interpellée : "j'ai faim ! une p'tite pièce svp !" mais lorsque je lui avais tendu mon quignon de pain, il l'avait jeté par terre en maugréant qu'il voulait de l'argent. Un autre m'avait également abordée alors que je stationnais proche d'un macdo : "vous auriez pas un euro pour que je m'achète des frites ?" et il avait tellement insisté que j'avais cédé (l'argument  "ce n'est pas bon pour la santé !" achetez du quinoa plutôt !" ne me semblait pas approprié). Je l'avais vu ensuite passer devant le fast-food sans s'arrêter.

gaston crepes montgolfiere.jpgJamais 2 sans 3, le nouveau insiste : "un truc salé que je ferai réchauffer au foyer des (je sais plus qui)."
Un truc salé dans mes sacs de courses, je pense tout de suite à mon reblochon et mes 500 grammes de raclette, mais suis-je vraiment prête à retourner dans le magasin en acheter alors que je pensais être tranquille pour le mois entier ? Car évidemment, il est hors de question de renoncer à une raclette et une tartiflette. Ne me vient que plus tard à l'esprit : "qu'est ce qu'il ferait de tout ce fromage sans les patates et les lardons qui vont avec ?"

Il me voit cogiter et me donne des pistes : - Des cacahuètes, des chips sinon ? Des trucs à grignoter ?
Est-ce que j'ai une tête à manger ces cochonneries ? Tu crois que j'entretiens comment ce corps de bombasse ? à coups de raclette oui.
 Je réponds : - Bah pour grignoter, j'ai 1 kg de noix à décortiquer... ou alors des carottes et du radis noir !
L'homme me regarde effaré, mais persiste : - une pizza surgelée ?
- C'est-à-dire que je n'achète pas de plats préparés, je cuisine tout moi-même...

gaston saucisse abricot.jpgSur le coup je ne trouve même pas déplacé que l'homme me donne des exemples, comme s'il était au resto : "alors en entrée je prendrais la salade lyonnaise, mais vous remplacerez les lardons par des gésiers s'il vous plaît."

Comme preuve, j'entrouve mon gros sac : - Vous voyez, j'ai des carottes, un poireau, des patates pour faire une soupe... 
L'air dépité : - Ah oui, vous mangez sain... 

Il me tient la jambe, mais pas mes sacs. Je pensais qu'il demandait à manger en échange de son aide, mais même pas, et je peine à porter mes victuailles. Il espère peut-être que je plie sous leur poids et les lâche pour s'enfuir avec mon précieux reblochon ?
Je continue mon énumération : -  Du céleri rave, une butternut...
- Je sais même pas ce que c'est ! L'homme commence à reculer.
- Des choux de bruxelles...

gaston cuisine epouvante.jpgDes choux de bruxelles ! répète-t-il avec une mine de dégoût. J'entame alors ma promotion à la Cyril Lignac :
- Mais c'est délicieux, ce mélange gourmand croquant ! le petit chou qui croque, légèrement amer, compensé par la douceur et le salé des lardons... Je suis contente d'en avoir trouvé car plus personne n'en mange et l'année dernière j'ai pu en cuisiner que deux fois ! Puis...

Le gars reste pourtant insensible au charme des petits choux.
- Nan mais sinon, vous avez de la monnaie ?
- Je ne retire plus d'argent et je paie tout par carte depuis le covid
D'ailleurs je me rends compte ensuite qu'il ne porte pas de masque, mais s'il doit déjà lutter pour trouver à manger, c'est bien le cadet de ses soucis. Aujourd'hui que je reprends ce texte, ma carte bancaire ne fonctionne plus : elle doit être démagnétisée.

- Même des petites pièces jaunes ? Allez c'est sûr que vous en avez !
Pour vérifier, il faudrait que j'accède à ma poche, mais toutes mes mains sont prises par mes sacs. Il n'espère tout de même pas que réponde : "allez-y regardez vous même, servez-vous ! "
" Un ticket resto ?
- On a une cantine au boulot, qui d'ailleurs n'est pas mal car...
- Bon ben je vais vous laisser..."

Le mec insistant a fini par capituler face à une plus relou que lui. Il n'a pas eu un radis, ni ma raclette !

Ah! On en a des légumes !
Des carottes pis des naveaux, des betteraves pis des poireaux
Ah! oui on en a des beaux choux ! Des patates pis des tomates (cliquez sur la chanson rigolote en lien)

 

03/10/2020

Résultats du 2e quiz Joe dassin

chanson française,musique,joe dassin,quizLes titres à retrouver sont en rose, avec les liens vers les chansons.

12. Un air qui me faisait rêver de voyage depuis ma chambre d'enfant. Aujourd'hui, toujours en confinement, je n'ai toujours pas réalisé ses désirs ni quitté mon logement :
"Mes amis, je dois m'en aller
Je n'ai plus qu'à jeter mes clés
Car elle m'attend depuis que je suis né"
La montagne avec les marmottes
L'Amérique

Seule l'Amérique sauvage me fait rêver : monument valley, lieu de tournage des westerns, des Planète des singes... la nature. Les buildings de New-york ou les casinos de Las vegas ne m'ont jamais fait envie.

13. La famille Dassin a dû quitter l’Amérique, son pays natal, à cause du maccarthysme. Le voyage et l'exil sont des thèmes chers au chanteur. Il a entrepris par la suite des études d'anthropologie, avec un mémoire sur les indiens, autre sujet récurrent dans son œuvre.
"C'était un homme en déroute
C'était un frère sans doute
Il n'avait ni lien, ni place
Et sur les routes de l'exil
Sur les sentiers, sur les places
Il me parlait de sa ville
Guantanamera, ma ville Guantanamera"

14. Encore une chanson de voyage, plus désabusée que nostalgique. Comme Joe Dassin estime qu'au final rien ne vaut son chez soi, ça me réconforte dans mon confinement forcé :
"Le vent s'engouffre dans ma valise
Et sur ma route il y a des trous
J'ai vu tant de rues, j'ai vu tant d'églises
Mais les plus belles étaient chez nous
Mon village est loin, à l'autre bout du monde
Et ma maison n'est plus qu'une chanson"
Mon village au bout du monde
, paroles de Pierre Delanoë.

15. Un air que j'ai du mal à supporter depuis que je suis coincée dans cette ville avec un voisin qui joue de la guitare et une voisine qui passe l'aspirateur à toute heure :
"Tu m'as dit "J'ai rendez-vous dans un sous-sol avec des fous
Qui vivent la guitare et l'aspirateur à la main, du soir au matin
Alors je t'ai accompagnée, on a chanté, on a dansé

Et l'on n'a même pas pensé à s'embrasser
Aux Champs-Élysées
"

16. Cette fois-ci en place de l'éloge à Paris, plutôt une diatribe. Un air guilleret que j'appréciais beaucoup enfant et qui désormais me fait regretter le silence du confinement généralisé.
"A cette heure-ci c'est toujours la même chose
On n'avance plus, les gens se bousculent
Tiens, encore un rendez-vous de raté
Enfin, c'est pas grave, il fait beau
Et puis le principal, c'est de ne jamais s'énerver
Du calme, du calme
Il est sept heures et demie sur la place de la Concorde

Le chauffeur de taxi montre les dents pour se mordre
Le bras sur la portière je regarde les jets d'eau
Y a du soleil,  bip bip
Oh n'effrayez pas les p'tits oiseaux"

17. Une composition qui marie goût du voyage, nostalgie de l’Amérique, mais aussi, d'une ancienne histoire d'amour :
"Aujourd'hui je suis très loin de ce matin d'automne
Mais c'est comme si j'y étais
Je pense à toi : où es-tu, que fais-tu
Est-ce que j'existe encore pour toi?
Je regarde cette vague qui n'atteindra jamais la dune
Tu vois, comme elle je reviens en arrière
Comme elle je me couche sur le sable et je me souviens
Je me souviens des marées hautes
Du soleil et du bonheur qui passaient sur la mer
Il y a une éternité, un siècle, il y a un an

On ira, où tu voudras, quand tu voudras
Et on s'aimera encore, lorsque l'amour sera mort
Toute la vie, sera pareille à ce matin
Aux couleurs de l'été indien"

18. Une chanson d'amour qui a trouvé écho en beaucoup, et des plus illustres : l'ancien président de la république ! J'ai honte mais j'admets avoir lu le bouquin de Valérie Trierweiler (je ne l'ai pas acheté ! on me l'a envoyé en pdf!) la vraie honte est surtout pour elle, de dévoiler des détails impudiques à tous, d'autant plus qu'ils concernent le chef de l'état... Gênée, j'ai préféré oublier ce torchon cette lecture indécente mais j'en ai retenu ce détail : "Le jeudi a toujours été notre jour, celui du début de notre relation amoureuse, celui des rendez-vous entre 2005 et 2007. Et celui de la fameuse chanson de Joe Dassin, que nous avons écoutée en boucle tant de fois dans ma voiture en chantant : "Souviens-toi, c'était un jeudi, c'était le grand jour, le grand pas vers le grand amour." Pas vraiment non.
"Un motel sur la route du port, un soir banal
Deux clients, un veilleur qui s'endort, sur son journal
Il nous tend à chacun une clé, nous dit: "bonsoir"
Le matin on avait réservé des chambres à part
On n'ose pas montrer qu'on s'aime
C
ar je suis un homme politique marié à une autre
S
i si c'est les vraies paroles
Souviens-toi, c'était un jeudi
Souviens-toi, on avait suivi
Le chemin des amoureux
C'était
il était une fois nous deux"

19. Une histoire d'amour qui s'est bien terminée elle, et ravissait mon âme d'enfant qui croyait au prince charmant :
"Il ne voyait pas qu'elle était belle
Ne savait pas qu'elle était celle
Que le destin lui envoyait à l'aveuglette
Pour faire son bonheur
Et la fille qui n'était pas bête
Acheta des lunettes à l'élu de son cœur"
Tous les matins il achetait son petit pain au chocolat
et pas sa chocolatine !

Le petit pain au chocolat. Hier j'en ai acheté un pour mon goûter, et que vois-je affiché sous ma viennoiserie préférée ? "Pain au chocolat ou chocolatine". J'ai sermonné le boulanger : "je voudrais un pain au chocolat ! pas une chocolatine ! on est à Paris ici, pas dans le sud." Il m'a répondu qu'il avait inscrit les deux appellations car un couple s'était disputé quand il les servait sur le vrai nom à donner. Joe Dassin a tranché : on dit pain au chocolat. (je rigole évidemment, je me fiche éperdument du nom à donner au... pain au chocolat.)

20. Des paroles qui au contraire choquaient mon innocence : comment ? On ne reste pas avec le même prince toute sa vie ?
"Un jour ici, l'autre là, un jour riche et l'autre pas
J'avais faim de tout voir, de tout savoir, j'avais tellement à faire
A me tromper de chemin tant de fois
J'ai quand même fini par trouver celui qui mène à toi
Il y a des filles dont on rêve

Et celles avec qui l'on dort
J'ai dépensé ma jeunesse comme une poignée de monnaie

J'ai fait un peu de tout, un peu partout, sans savoir rien faire
La fleur aux dents, c'était tout ce que j'avais
Mais je savais bien que toutes les femmes du monde m'attendaient"

21. Pareil pour celle-ci :
"Tu es belle et dans ton sixième
Quand on s'aime c'est le septième ciel
Et tant pis si quelques fois
Les fleurs que tu reçois sont d'un autre que moi
Cécilia, ton lit est trop dur
Pourtant on y fait de beaux rêves
O Cécilia, ton vin est trop doux
Mais j'aime son goût sur tes lèvres"
 
22. On termine par une chanson qui condense les autres : Amérique, été, nostalgie d'amours perdues, mélancolie mais aussi espoir et entrain.
"Le Saint-Laurent est prisonnier
D'un décembre qui va bien durer six mois
Quand les jours ressemblent aux nuits
Sans éclaircie à espérer
Qui peut croire que l'été nous reviendra
Mais moi j'avais le soleil jour et nuit
Dans les yeux d'Émilie
"

 

 

26/09/2020

Les résultats du 1er quiz on connait la chanson de Joe Dassin

chanson française,musique,joe dassin,quizRelire le début ici, où grâce au documentaire, Joe Dassin, le roman de sa vie, j'ai redécouvert ce chanteur que j'écoutais enfant.
Le quiz me semble simple, le plus difficile était de trouver les titres exacts. Les réponses sont en rose, avec les liens qui mènent vers les chansons :

1. Je crois que ma chanson préférée reste celle-ci. Je sors la phrase telle qu'elle, sans la chanter, avec l'air le plus sérieux possible, dès que je peux la placer dans une conversation. Je n'ai pas encore osé la dire au dirlo pour une augmentation :
"J'ai attendu attendu, elle n'est jamais venue. Zaï zaï zaï zaï.

Je l'ai vue près d'un laurier, elle gardait ses blanches brebis
Quand j'ai demandé d'où venait sa peau fraîche elle m'a dit
"C'est de rouler dans la rosée qui rend les bergères jolies "
Mais quand j'ai dit qu'avec elle je voudrais y rouler aussi
Elle m'a dit ...
Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline
De l'attendre avec un petit bouquet d'églantines
J'ai cueilli des fleurs et j'ai sifflé tant que j'ai pu
J'ai attendu, attendu, elle n'est jamais venue
Zaï zaï zaï zai

2. Des propos et une voix qui m'effrayaient à l'époque, pour dire comme j'étais petite (la salsa du démon, je partais carrément me cacher.)
"Tout petits à l'école
A la place de crayons ils avaient des limes
En guise de cravates, des cordes de lin.
Ne vous étonnez pas, si leur tout premier crime
Fut d'avoir fait mourir leur maman de chagrin.
Tagada Tagada, voilà les Daltoniens
Tagada Tagada, voilà
les Dalton"

3. Des paroles très belles, justes et touchantes, qui sentent le vécu. Et pour cause, comme l'explique le parolier Claude Lemesle dans le documentaire : "tout le monde pensait que Joe racontait ses chagrins d'amour dans ses chansons, en fait, c'était les miens :
"Roméo, Juliette et tous les autres
Au fond de vos bouquins dormez en paix
Une simple histoire comme la nôtre
Est de celle qu'on n'écrira jamais
Allons petite, il faut partir, laisser ici nos souvenirs
On va descendre ensemble si tu veux
Et quand elle va nous voir passer, la patronne du café
Va encore nous dire : "
salut les amoureux!"
"

Belle ironie car vu le succès de la chanson, plus de gens connaissent les mots de Claude Lemesle que ceux de Shakespeare !

4. Une mélodie rythmée qui me mettait d'entrain quand j'étais enfant. Je ne pensais pas qu'un jour je la vivrai et donc qu'elle me ferait beaucoup moins rire :
"Dans Paris à vélo, on dépasse les autos
à vélo dans Paris, on dépasse les taxis
Place des fêtes on roule au pas

Place Clichy on ne roule pas
La Bastille est assiégée
Et la République est en danger"
La complainte de l'heure de pointe, une chanson sponsorisée par vélib.

5. J'adorais tellement cette chanson quand j'étais petite que la réentendre dans le documentaire m'a émue :
"Il était un peu poète et un peu vagabond
Il n'avait jamais connu ni patrie, ni patron
Il venait de n'importe où, allait aux quatre vents
Mais dedans sa roulotte nous étions dix enfants
Et le soir, autour d'un feu de camp
On rêvait d'une maison blanche en chantant
Qu'il est long, qu'il est loin, ton chemin, papa
C'est vraiment fatigant d'aller où tu vas
Qu'il est long, qu'il est loin, ton chemin, papa
Tu devrais t'arrêter dans ce coin"
Le chemin de papa, en hommage au père de Joe Dassin, un peu poète un peu vagabond, cinéaste avec lequel la famille a dû quitter son Amérique natale à cause du maccarthysme.

6. J'étais petite quand j'écoutais Joe Dassin, mais je ressentais la nostalgie d'une vie que je n'avais pas encore vécue. J'adore le rythme endiablé du piano sur cette chanson :
"Tourne, tourne, le temps passe
Dans tes yeux, devant ta glace
Mais toi, tu ne le vois pas passer
C'est la vie, Lily
Quand tu vas dans les rues de la ville
Tout le monde t'admire et tes sourires
Et ta jeunesse font rêver les soldats"

7. Ou pire, que je n'ai même pas vécue :
" On allumait une cigarette et tout s'allumait
Et c'était la fête, le quatorze juillet
Il n'y avait jamais un copain de trop
Dans
l'équipe à Jojo
Y avait moins de nuits sans guitare que de jours sans pain
On partageait tout et on n'avait rien
Qu'est-ce qu'on était fous, qu'est-ce qu'on s'en foutait
Qu'est-ce qu'on était bien
"

8. Sans oublier les inévitables chansons d'amours qui faisait vibrer mon âme d'enfant lisant des contes de fées :
"Je ne serais qu'un point de plus
Dans ce monde qui vient et qui va
Je me sentirais perdu, j'aurais besoin de toi
Et si tu n'existais pas

Dis-moi pourquoi j'existerais?
Pour traîner dans un monde sans toi
Sans espoir et sans regrets"

9. Et les histoires d'amours déçues que je ne pouvais pas encore connaître mais dont Joe Dassin me donnait un avant-goût :
"C'est drôle, tu es partie
Et pourtant tu es encore ici
Puisque tout me parle de toi
Un parfum de femme, l'écho de ta voix
Ton adieu, je n'y crois pas du tout
C'est un au-revoir, presque un rendez-vous
Ça va pas changer le monde
Il a trop tourné sans nous
"

10. ou bien encore :
"Seule devant ta glace
Tu te vois triste sans savoir pourquoi
Et tu ferais n'importe quoi
Pour ne pas être à ta place
Si tu t'appelles mélancolie

Si l'amour n'est plus qu'une habitude
Ne me raconte pas ta vie
Je la connais, ta solitude"
Une chanson sponsorisée par Prozac.

11. Des paroles encore plus sombres, travaillées comme une histoire naturaliste, qui ont désorienté le public. Pourtant elle est devenue "culte et a beaucoup fait fantasmer", comme on peut le lire dans l'analyse en lien. Je comprenais bien le sous texte et cette chanson me fascinait enfant. J'y retrouvais les expressions franc parler et l'attitude des vieux paysans autour de moi. Je collais sur les paroles les images de Signoret et Delon dans La veuve Couderc :
"C'était le quatre juin, le soleil tapait depuis le matin
Je m'occupais de la vigne et mon frère chargeait le foin
Et l'heure du déjeuner venue, on est retourné à la maison
Et notre mère a crié de la cuisine "essuyez vos pieds sur le paillasson"
Puis elle nous a dit qu'elle avait des nouvelles de Bourg-les-Essonnes
Ce matin, Marie-Jeanne Guillaume s'est jetée du pont de la Garonne"

 
 

21/09/2020

Le deuxième quiz Joe Dassin

joe dassin best.jpg

J'ai expliqué dans la première partie qu'en tombant par hasard sur un documentaire hommage au chanteur, j'ai redécouvert Joe Dassin que j'écoutais enfant, et les émotions que ses chansons me procuraient. En écrivant ce quiz, je remarque que des thèmes sont récurrents dans son œuvre et font écho à son vécu.

12. Une chanson qui me faisait rêver de voyage depuis ma chambre d'enfant. Aujourd'hui, toujours en confinement, je n'ai toujours pas réalisé ses désirs ni quitté mon logement :
"Mes amis, je dois m'en aller
Je n'ai plus qu'à jeter mes clés
Car elle m'attend depuis que je suis né"
La montagne avec les marmottes

13. Autre mélodie qui me permettait de m'évader de mon quotidien d'élève qui n'aimait pas l'école (je m'ennuyais à mourir). Le voyage et l'exil sont des thèmes chers à Joe Dassin, qui avec sa famille à dû quitter son pays natal, l’Amérique, à cause du maccarthysme. Il a entrepris par la suite des études d'anthropologie avec un mémoire sur les indiens, autre sujet récurrent dans son œuvre.
"C'était un homme en déroute
C'était un frère sans doute
Il n'avait ni lien, ni place
Et sur les routes de l'exil
Sur les sentiers, sur les places
Il me parlait de sa ville"

14. Encore une chanson de voyage, plus désabusée que nostalgique. Comme Joe Dassin estime qu'au final rien ne vaut son chez soi, il me réconforte dans mon confinement forcé.
"Le vent s'engouffre dans ma valise
Et sur ma route il y a des trous
J'ai vu tant de rues, j'ai vu tant d'églises
Mais les plus belles étaient chez nous"

15. Un air que j'ai du mal à supporter depuis que je suis coincée dans cette ville avec un voisin qui joue de la guitare et une voisine qui passe l'aspirateur à toute heure :
"Tu m'as dit "J'ai rendez-vous dans un sous-sol avec des fous
Qui vivent la guitare et l'aspirateur à la main, du soir au matin"

16. Cette fois-ci en place de l'éloge à Paris, plutôt une diatribe. Un air guilleret que j'appréciais beaucoup enfant et qui désormais me fait regretter le silence du confinement généralisé.
"A cette heure-ci c'est toujours la même chose
On n'avance plus, les gens se bousculent
Tiens, encore un rendez-vous de raté
Enfin, c'est pas grave, il fait beau
Et puis le principal, c'est de ne jamais s'énerver
Du calme, du calme"

18. Une composition qui marie goût du voyage, nostalgie de l’Amérique, mais aussi, d'une ancienne histoire d'amour :
"Aujourd'hui je suis très loin de ce matin d'automne
Mais c'est comme si j'y étais
Je pense à toi : où es-tu, que fais-tu
Est-ce que j'existe encore pour toi?
Je regarde cette vague qui n'atteindra jamais la dune
Tu vois, comme elle je reviens en arrière
Comme elle je me couche sur le sable et je me souviens"

19. Une chanson d'amour qui a trouvé écho en beaucoup, et des plus illustres : l'ancien président de la république ! J'ai honte mais j'admets avoir lu le bouquin de Valérie Trierweiler (je ne l'ai pas acheté ! on me l'a envoyé en pdf!) le vrai malaise est surtout pour elle, de dévoiler des détails impudiques à tous, d'autant plus qu'ils concernent le chef de l'état... Gênée, j'ai préféré oublier ce torchon cette lecture indécente mais j'en ai retenu ce détail : "Le jeudi a toujours été notre jour, celui du début de notre relation amoureuse, celui des rendez-vous entre 2005 et 2007. Et celui de la fameuse chanson de Joe Dassin, que nous avons écoutée en boucle tant de fois dans ma voiture en chantant : "Souviens-toi, c'était un jeudi, c'était le grand jour, le grand pas vers le grand amour." Pas vraiment non.
"Un motel sur la route du port, un soir banal
Deux clients, un veilleur qui s'endort, sur son journal
Il nous tend à chacun une clé, nous dit: "bonsoir"
Le matin on avait réservé des chambres à part
On n'ose pas montrer qu'on s'aime
C
ar je suis déjà maqué à Ségolène Royal
S
i si c'est les vraies paroles"

19. Une histoire d'amour qui s'est bien terminée elle, et ravissait mon âme d'enfant qui croyait au prince charmant :
"Il ne voyait pas qu'elle était belle
Ne savait pas qu'elle était celle
Que le destin lui envoyait à l'aveuglette
Pour faire son bonheur
Et la fille qui n'était pas bête
Acheta des lunettes à l'élu de son cœur"

20. Des paroles qui au contraire choquaient mon innocence : comment ? On ne reste pas avec le même prince toute sa vie ?
"Un jour ici, l'autre là, un jour riche et l'autre pas
J'avais faim de tout voir, de tout savoir, j'avais tellement à faire
A me tromper de chemin tant de fois
J'ai quand même fini par trouver celui qui mène à toi
Il y a les filles dont on rêve

Et celles avec qui l'on dort"

21. Pareil pour celle-ci :
"Tu es belle et dans ton sixième
Quand on s'aime c'est le septième ciel
Et tant pis si quelques fois
Les fleurs que tu reçois sont d'un autre que moi"
 
22. On termine par une chanson qui condense les autres : Amérique, été, nostalgie d'amours perdues, mélancolie mais aussi espoir et entrain.
"Le Saint-Laurent est prisonnier
D'un décembre qui va bien durer six mois
Quand les jours ressemblent aux nuits
Sans éclaircie à espérer
Qui peut croire que l'été nous reviendra
Mais moi j'avais le soleil jour et nuit"
 A vous de jouer !

 

17/09/2020

Le quiz on connait la chanson de Joe Dassin

joe.jpgRelire le début ici, où grâce au documentaire, Joe Dassin, le roman de sa vie, j'ai redécouvert ce chanteur que j'écoutais enfant.
Retrouvez les titres des paroles en gras :

1. Je crois que ma chanson préférée reste celle-ci. Le rythme, les paroles, l'humour, tout. Enfant, j'imaginais parfaitement la scène, et moi dont le surnom reste "la sauvage", je me réjouissais de la réaction de la fille héroïne de la chanson. Des années après, je sors la phrase telle qu'elle, sans la chanter, avec l'air le plus sérieux possible, dès que je peux la placer dans une conversation, que ce soit entre amis ou au travail. Je n'ai pas encore osé la dire au dirlo pour une augmentation :
"J'ai attendu attendu, elle n'est jamais venue. Zaï zaï zaï zaï."

2. Des propos et une voix qui m'effrayaient à l'époque, pour dire comme j'étais petite (la salsa du démon, je partais carrément me cacher.)
"Tout petits à l'école
A la place de crayons ils avaient des limes
En guise de cravates, des cordes de lin.
Ne vous étonnez pas, si leur tout premier crime
Fut d'avoir fait mourir leur maman de chagrin."

3. Des paroles très belles, justes et touchantes, qui sentent le vécu. Et pour cause, comme l'explique le parolier Claude Lemesle dans le documentaire : "tout le monde pensait que Joe racontait ses chagrins d'amour dans ses chansons, en fait, c'était les miens :
"Roméo, Juliette et tous les autres
Au fond de vos bouquins dormez en paix
Une simple histoire comme la nôtre
Est de celle qu'on n'écrira jamais"

Belle ironie car vu le succès de la chanson, plus de gens connaissent les mots de Claude Lemesle que ceux de Shakespeare !

4. Une mélodie rythmée qui me mettait d'entrain quand j'étais enfant. Je ne pensais pas qu'un jour je la vivrai et donc qu'elle me ferait beaucoup moins rire :
"Dans Paris à vélo, on dépasse les autos
à vélo dans Paris, on dépasse les taxis
Place des fêtes on roule au pas

Place Clichy on ne roule pas
La Bastille est assiégée
Et la République est en danger"
Une chanson sponsorisée par vélib.

5. J'adorais tellement cette chanson quand j'étais petite que la réentendre dans le documentaire m'a émue :
"Il était un peu poète et un peu vagabond
Il n'avait jamais connu ni patrie, ni patron
Il venait de n'importe où, allait aux quatre vents
Mais dedans sa roulotte nous étions dix enfants
Et le soir, autour d'un feu de camp
On rêvait d'une maison blanche en chantant"

6. J'étais petite quand j'écoutais Joe Dassin, mais je ressentais la nostalgie d'une vie que je n'avais pas encore vécue. J'adore le rythme endiablé du piano sur cette chanson :
"Tourne, tourne, le temps passe
Dans tes yeux, devant ta glace
Mais toi, tu ne le vois pas passer"

7. Ou pire, que je n'ai même pas vécue :
"
Y avait moins de nuits sans guitare que de jours sans pain
On partageait tout et on n'avait rien
Qu'est-ce qu'on était fous, qu'est-ce qu'on s'en foutait
Qu'est-ce qu'on était bien
"

8. Sans oublier les inévitables chansons d'amours qui faisait vibrer mon âme d'enfant lisant des contes de fées :
"Je ne serais qu'un point de plus
Dans ce monde qui vient et qui va
Je me sentirais perdu, j'aurais besoin de toi
"

9. Et les histoires d'amours déçues que je ne pouvais pas encore connaître mais dont Joe Dassin me donnait un avant-goût :
"C'est drôle, tu es partie
Et pourtant tu es encore ici
Puisque tout me parle de toi
Un parfum de femme, l'écho de ta voix
Ton adieu, je n'y crois pas du tout
C'est un au-revoir, presque un rendez-vous"

10. ou bien encore :
"Seule devant ta glace
Tu te vois triste sans savoir pourquoi
Et tu ferais n'importe quoi
Pour ne pas être à ta place"

11. Des paroles beaucoup plus sombres, travaillées comme une histoire naturaliste, qui ont désorienté le public. Je comprenais bien le sous texte et cette chanson me fascinait enfant. J'y retrouvais les expressions franc parler et l'attitude des vieux paysans autour de moi. Je collais sur les paroles les images de Signoret et Delon dans La veuve Couderc :
"C'était le quatre juin, le soleil tapait depuis le matin
Je m'occupais de la vigne et mon frère chargeait le foin
Et l'heure du déjeuner venue, on est retourné à la maison
Et notre mère a crié de la cuisine "essuyez vos pieds sur le paillasson"
Puis elle nous a dit qu'elle avait des nouvelles de Bourg-les-Essonnes
Ce matin, Marie-Jeanne Guillaume s'est jetée du pont de la Garonne"

 
Demain, suite du quiz !
 

15/09/2020

Joe Dassin, 40 ans déjà

dassin.jpgAprès Annie Cordy la semaine dernière, on continue dans la variété française avec Joe Dassin !
Pour les 40 ans de sa mort le 20 août, France 3 a diffusé le roman de sa vie. Ce documentaire m'a replongée en enfance, lorsque j'écoutais les vinyles du chanteur. Malgré les dizaines d'années passées sans les écouter, à part quand elles sont diffusées sur radio nostalgie pour mon réveil, j'ai constaté que je connaissais toujours par cœur les chansons de Joe Dassin. Enfant, mes camarades de classe adulaient les chanteurs contemporains (je ne peux même pas les citer : Céline Dion ?) et en étaient aux walkman puis très vite aux cd. Moi, toujours à la pointe de l'actu, j'écoutais un chanteur décédé, sur la vieille platine que la famille avait acheté à ma naissance (pour se consoler et couvrir les pleurs de bébé ?) N'empêche, les 33 tours sont au sommet du hype désormais. Je compte donc remettre au goût du jour Joe Dassin !

Fils du réalisateur Jules Dassin, très estimé pour ses films noirs (du rififi chez les hommes) et pour sa lutte contre le maccarthysme, Joe réussit à tuer le père en devenant plus célèbre que lui. Pourtant, toute sa vie, il reste convaincu que son paternel ne l'apprécie pas, lui et sa carrière de chanteur populaire (50 millions d'albums vendus.)  Il ne se destinait pas à une carrière de musicien, mais de médecin (il abandonne en 3e année) puis anthropologue ! Il obtient son master, avec un mémoire sur une tribu d'indien d’Amérique, l'Amérique, je veux l'avoir et je l'aurai.

Sa compagne qui travaille dans une maison de disques décide en surprise d'en graver un, à partir d'un enregistrement qu'elle a fait en douce où il chante tranquille pépère dans son coin, afin de lui offrir pour son anniversaire. Mais ses patrons qui tombent sur l'enregistrement estiment : "tiens, pourquoi on essayerait pas plutôt de le diffuser sur  toutes les radios ?" Au début, Joe est réticent à se lancer dans une carrière qui n'a rien à voir avec ses ambitions, mais en cherchant bien, on peut dire que des chansons joyeuses guérissent l'âme et qu'il étudie ses contemporains comme un anthropologue, à travers ses textes d'amours déçues ou d'achat de pain au chocolat !

Joe garde de ses longues années d'études exigeantes, et du sentiment d'être rejeté par son père, des doutes et un perfectionnisme qui le perdront. Il s'entoure des meilleurs paroliers, comme Pierre Delanoë ou claude Lemesle. Il leur fait modifier les paroles pour un mot, une virgule, une intonation. Grâce à  leurs textes travaillés, on qualifie les chansons de Joe Dassin de "variété de qualité".

Le chanteur répète ses textes, ses chorégraphies, enchaîne les tournées jusqu'à s’écrouler sur scène comme Molière. Lorsqu'il accepte enfin d'écouter son médecin et de se reposer, il est trop tard et il meurt prématurément d'une crise cardiaque en 1980, à 41 ans, en pleine gloire.

Le stress et le chagrin l'ont aussi achevé : alors qu'il menait une vie stable avec son épouse depuis 15 ans, ils perdent leur nouveau-né. Joe selon sa femme qu'on sent un peu aigrie quand même "fait sa crise d'adolescence sur le tard" ou plutôt découvre le démon de midi qui l’entraîne jusqu’au bout de la nuit, en se perdant dans la drogue, les fêtes et les tromperies. Il divorce et quitte le cocon rassurant pour épouser une fille "complètement timbrée" (analyse de l'expert psychologue du dossier : le parolier de Joe Dassin) "instable et droguée, qui hurlait en détruisant le mobilier" (c'était le point potins).
Et au final, c'est le père qui enterrera son fils. Jules Dassin lui survivra 28 ans, jusqu’à ses 96 ans, en 2008.
Malgré cette fin tragique, le doc met de bonne humeur grâce aux chansons !
Et justement, je vous ai concocté un petit quiz, ça faisait longtemps !

Je crois que ma chanson préférée reste celle-ci. Le rythme, les paroles, l'humour, tout. J'imaginais parfaitement la scène, et moi dont le surnom reste "la sauvage", je me réjouissais de la réaction de la fille héroïne de la chanson. Des années après, je sors la phrase telle qu'elle, sans la chanter, avec l'air le plus sérieux possible, dès que je peux la placer dans une conversation, que ce soit entre amis ou au travail. Je n'ai pas encore osé la dire au dirlo pour une augmentation :
"J'ai attendu attendu, elle n'est jamais venue. Zaï zaï zaï zaï."

Quiz on connait la chanson : quel est le titre ?
A suivre...

07/09/2020

Annie Cordy, rendez-moi mon enfance

annie cordy, chatTATA YOYO QU'EST-CE QU'IL Y A SOUS TON GRAND CHAPEAU
Désolée mais j'ai cet air qui persiste en tête depuis vendredi soir et je me devais de faire partager ce calvaire cette expérience. Niark niark.

J'envoie un sms à mon frère pour le traditionnel jeu "devine qui est mort ?" (on sait rigoler dans la famille)
- Ciné ?
- Oui mais pas que, surtout connue pour la musique. Une femme.
- Marie Laforêt ?
- Elle est déjà morte en novembre ! Non, des chansons rigolotes, pas comme "Viens, viens, sans toi l'existence n'est qu'un long silence qui n'en finit pas..."
- Françoise Hardy.
- Tu la trouves marrante ?!
"Si le dégoût de la vie vient en toi
Si la paresse de la vie s'installe en toi,
Pense à moi ?"
"On est bien peu de chose
Et mon amie la rose
Est morte ce matin ?"

Non, une énergique un peu fofolle.
- La foldingo du film de Kervern et Delepine, Le grand soir ?
- Brigitte fontaine, l'inadaptée? Parce qu'elle "déteste les gens qu'on recouvre de miel et qu'on attache sous le soleil à midi. Pourtant c'est bien normal, y faut bien que les fourmis bouffent, mais c'est plus fort que moi, il faut que je voie le mal partout."
Elle n'est pas morte, elle faisait même un concert samedi à l'Olympia ! Non, des chansons légères et surtout : qui restent en tête.
- Annie Cordy !!

"Les chansons qui restent en tête" : l'indice qui caractérise celles d'Annie Cordy. Je fredonne "chaud cacao, chaud chocolat" à chaque fois que je bois mon van houten, c'est-à-dire... tous les jours.
Je n'ai retenu que cette phrase. Pour les besoins de mon enquête d'investigation à haut risque dans les méandres de la chanson populaire, je vérifie les paroles :
Si tu me donnes tes noix de coco
Moi je te donne mes ananas
(...) Rikiki tes petits kiwis
T'es baba de mes baobabs

J'ai l'esprit mal tourné ou elle nous joue une variante de Annie aime les sucettes ? Je me souviens de "l'humiliation" comme elle le dit elle-même de France Gall en apprenant que Gainsbourg  le pervers a abusé de son innocence et de sa gueule d'ange. De la même manière, Chaud cacao est destiné aux enfants, mais les paroles me paraissent pour le moins tendancieuses...

On m'aurait menti ! Rendez-moi mon enfance, mon innocence ! Dois-je trouver des sous-entendus dans toutes les chansons d'Annie Cordy? Qu'y a-t-il réellement sous le chapeau de Tata yoyo ? Qui était vraiment Frida oum papa ? Son père était-il vraiment brasseur de bières ? Est-elle vraiment née en Bavière ? Jean-Marc Morandini est sur le coup.

Petite, j'étais aussi un peu choquée par les paroles de la bonne du curé :
Mais quand le diable me tire par les pieds
ça me grattouille, ça me chatouille
ça me donne des idées
Je fais des bêtises, derrière l'église
Je peux point m'en empêcher.

La chanson était passée dans un mariage un peu plouc, et les adultes avinés riaient grassement. Aujourd'hui j'apprécie la bonne qui préfère Claude François aux cantiques, mais les enfants sont facilement dégoûtés par les histoires étranges de la petite graine et des garçons qui naissent dans les choux.

La bonne du curé n'est pas en priorité une chanson destinée aux enfants, comme beaucoup du répertoire d'Annie Cordy en réalité. Par exemple, le titre éloquent : pourquoi tu me bats Léon
annie cordy, chatIl a bu mon cognac
Et calmement il m'a fichu
Une drôle de paire de claques

Quand Léon La Bagarre a tourné les talons
J'étais pas belle à voir
J'avais le nez en compote, les tibias en coton
Et de grands yeux noirs
C'est ce qui a fait rire la grande Mado
Pour la calmer, je l'ai mise K.O.

Qu'est-ce qu'on se marre oui...
Autre exemple, la chanson six roses :

Comme s'il ne m'avait même pas vue
Il a bu mon cognac
Et calmement il m'a fichu
Une drôle de paire de claques
https://lyricstranslate.com
Il a bu mon cognac
Et calmement il m'a fichu
Une drôle de paire de claques
https://lyricstranslate.comla chanson "six roses" :

On est samedi ce soir
Et moi au bout du comptoir
Du bar de Monsieur Edouard
Je pense... je pense...

Les copains m'appellent "Six roses"
Et je ne comprends pas pourquoi
Bien sûr ils savent que j'aime les fleurs
Mais pourquoi justement "Six roses"
Plutôt que une ou deux ou trois

Papa s'appelait pas "Six roses"
Puisqu'on l'appelait "Bois sans peur"
Grand-père on l'appelait "la liqueur"
Tonton, c'était "l'irrigateur"
Je vois pas le rapport avec les fleurs

Annie Cordy n'était pas seulement chanteuse, mais aussi actrice. Je me souviens de sa prestation dans le film Le chat de Pierre Granier-Deferre et la musique déprimante de Philippe Sarde, adapté de Simenon. Le film d'un grand pessimisme explore la déliquescence d'un vieux couple qui n’arrive plus à communiquer, dans un monde qui se transforme et qu'il ne reconnait plus, une banlieue en train de se construire et se déshumaniser. Jean Gabin reporte son affection sur son chat. Sa femme incarnée par Simone Signoret en est jalouse et commet l'irréparable, la faute impardonnable (comme le sort de Chaussette de Danse avec les loups).
Comme très souvent, j'ai vu ce film trop jeune et il m'a traumatisée, moi dont mon chat-adoré-de-ma-photo-de-profil était mon meilleur ami à qui je racontais tous mes malheurs d'enfant. Autre fait qui choquait mon innocence de petite fille qui lisait des contes de fées et croyait au prince charmant, non seulement Gabin délaissait et se moquait de Signoret, mais il fréquentait une prostituée, et une femme que j'identifiais dans un tout autre rôle, dans des chansons joyeuses pour bambins ! Devinez qui ? Annie Cordy !
Décidément étonnante !

 

16/07/2020

Ennio Morricone, mes musiques préférées

morricone best of.jpgOn retient surtout qu'Ennio Morricone a collaboré avec Sergio Leone. Sur le net, on tombe toujours sur les mêmes chansons, comme s'il n'en n'avait composé qu'une douzaine, alors qu'il en a écrit presque 500.
On pense aussi qu'il s'est spécialisé en westerns et mélodies tristes, comme Chi mai ou Here's to you, (voir dans mes billets précédents), mais Morricone a aussi composé pour des comédies, comme... La cage aux folles ! (à écouter en lien).

Je n'ai pas lu les hommages, mais je suppose que les médias ont cité les musiques les plus connues, alors je vous faire découvrir mes préférées, qui restent moins populaires :
A commencer par la bande originale du Retour de Ringo, western spaghetti de 1965. J'apprécie particulièrement ce passage musical qui pour moi est un pur moment de grâce.

Morricone a composé la musique des Dario argento, le maître avec Mario Bava des gialli, ces films italiens qui mêlent horreur, érotisme et grand guignol. Ma préférée reste celle pour le chat à 9 queues, jolie musique à écouter ici, et comme souvent, mélancolique (avec une femme qui hulule à la mort).

Moissons_du_ciel.jpgAutre genre, autre mélodie que j'affectionne particulièrement, celle des Moissons du ciel, drame magnifique de Terrence Mallick.

La carrière du compositeur est donc assez éclectique. Il a collaboré avec des réalisateurs italiens (Pasolini, Fellini, français (Lautner, Molinaro, Boisset) , puis quand la gloire est venue, américains (De palma, Tarantino, Carpenter...) Il aimait mêler musique classique (violons) moderne (guitares électriques) et instruments inhabituels (la guimbarde, au son comique et distordant (le "doing" étrange) Il s'inspire même parfois de cris d'animaux. Dans Le bon, la brute et le truand, le thème musical de ce dernier personnage s'inspire du... cri du coyote !

Il maestro a principalement composé pour des thrillers et films policiers. Une chanson témoigne comme il savait manier à merveille la musique pour créer le suspense : enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon.
Autre exemple parfait, qui me terrifiait quand j'étais enfant, la musique de Peur sur la ville d'Henri Verneuil. Rien que de réécouter les premières notes angoissantes à souhait, j'ai envie de retourner me cacher derrière le canapé comme je le faisais à l'époque.

La musique du Clan des siciliens, plus connue, est aussi admirable. Dans le documentaire Morricone, il était une fois en France, on apprend qu'il maestro avait proposé à Verneuil 5 compositions, mais le réalisateur hésitait entre deux (l'air à la flûte, et celui au clavecin/guitare). Pas de problème : le musicien a tout simplement mélangé les deux mélodies, en y mêlant l'inévitable guimbarde, pour créer cette chanson inoubliable.
Autre collaboration fructueuse avec Henri Verneuil, la musique du casse.

Le compositeur voulait tellement que la musique colle aux images, que pour Le ruffian de José Giovanni, il a tenu à la composer avant le film, pour que les doigts de l'acteur posés sur la flûte correspondent à la mélodie. Le réalisateur a eu beau modérer "mais une seule personne va s'en rendre compte dans la salle !" celui qui voulait qu'on le nomme "le maître" est resté sur ses positions : "c'est une de trop !" Lors d'un déjeuner dans un restaurant pour lui parler du film, le cinéaste a simplement décrit son scénario, ce qu'il souhaitait comme musique et émotions engendrées, et  Morricone prenait des notes sur la nappe en papier. A la fin du repas, le compositeur a déchiré le bout de nappe, l'a tendu à son assistant et expliqué "voilà, c'est la musique du film". Rapide et prolifique, mais néanmoins ultra perfectionniste.

Perfectionnisme poussé à l'extrême lors de ses collaborations avec Sergio Leone. La musique était aussi composée avant le film, et carrément diffusée lors du tournage, sur des amplis géants qui résonnaient en plein désert. Ainsi, les personnages pouvaient se mouvoir en rythme sur la mélodie. Un accord parfait entre le réalisateur et le compositeur, qui avait pourtant bien mal commencé. Lorsqu'on lui a proposé d'embaucher Morricone, Leone l'estimait carrément "nul" ! Puis la confiance s'est installée, au point que la musique guide les images et les acteurs. Les deux comparses se connaissaient depuis l'école primaire, une photo de classe émouvante exposée à la cinémathèque l'attestait. (j'ai aussi adoré voir les maquettes et costumes des films, dont le fameux poncho d'Eastwood !)

Quelques compositions d'Ennio Morricone :

retour ringo.jpg- Le retour de Ringo de Duccio Tessari, 1965
- Here's to you, Sacco et Vanzetti de Giuliano Montaldo, 1971
- Les moissons du ciel de Terrence Malick, 1978

- Le chat a 9 queues de Dario Argento, 1971
- Le clan des siciliens d'Henri Verneuil, 1969
- Le casse d'Henri Verneuil, 1971

- Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, Elio Petri, 1970
- Chi mai, le professionnel, de Georges Lautner, 1981

- Il était une fois dans l'ouest, Sergio Leone, 1968
l'adieu à Cheyenne
- L'homme à l'harmonica

ectasy of gold.jpg- Il était une fois en Amérique, thème de Déborah, Sergio Leone, 1984

Le bon, la brute et le truand, Sergio Leone, 1966
- ecstasy of gold
- Le duel à 3

- The thing de John Carpenter, 1982
- Les incorruptibles de Brian de Palma, 1987
- U turn d'Oliver Stone, 1997
- Mission de Roland Joffé, 1986
- Cinéma paradiso de Giuseppe Tornatore, 1989

- Mon nom est personne, Sergio Leone et Tonino Valerii, 1973
- Lolita d'Adrian Lyne, 1997
- Les 8 salopards  de Quentin Tarantino, 2015

 

14/07/2020

Ennio Morricone, here's to you

sacco et vanzetti.jpgTout comme Chi mai (voir billet précédent) Here's to you m'a considérablement marquée enfant, car elle est l'un des premiers témoignages d'injustice que j'ai découvert (tuer le personnage de Bébel dans Le professionnel était aussi un traumatisme, mais ça, c'était une fiction, Here's to you parlait de la réalité).

La maîtresse de musique de l'école nous l'avait traduite et le contexte de la chanson m'avait révoltée. Elle fait référence à l'affaire Sacco et Vanzetti, injustement condamnés à mort en 1920 et réhabilités 50 ans plus tard, et qui sont devenus des martyrs et symboles de la lutte pour la liberté.
Trop timide pour chanter en groupe (et si jamais on m'entendait ? horreur !) Je la serinais en boucle seule sur la balançoire de mon jardin (ce qui est paradoxal car là, tout le quartier m'entendait, mais on va dire que c'est l'élan de la balançoire qui me donnait de l'entrain). Je la chantais corps et âme, pendant des heures, comme si je pouvais encore sauver les deux hommes, ou du moins leur rendre hommage.

La célèbre Here's to you doit ses paroles à Joan Baez, mais c'est Morricone qui a composé la musique pour le film. Aujourd'hui encore, la chanson me fait toujours vibrer et reste pour moi un synonyme de rébellion et passion.

Les paroles sont inspirées des propos de Bartolomeo Vanzetti à son procès :
« Si cette chose n'était pas arrivée, j'aurais passé toute ma vie à parler au coin des rues à des hommes méprisants. J'aurais pu mourir inconnu, ignoré : un raté. Ceci est notre carrière et notre triomphe. Jamais, dans toute notre vie, nous n'aurions pu espérer faire pour la tolérance, pour la justice, pour la compréhension mutuelle des hommes, ce que nous faisons aujourd’hui par hasard. Nos paroles, nos vies, nos souffrances ne sont rien. Mais qu’on nous prenne nos vies, vies d'un bon cordonnier et d'un pauvre vendeur de poissons, c'est cela qui est tout ! Ce dernier moment est le nôtre. Cette agonie est notre triomphe. »

Here's to you, Nicola and Bart,
Rest forever here in our hearts,
The last and final moment is yours,
That agony is your triumph.

Ennio, toi aussi, tu resteras à jamais dans nos cœurs !