06/07/2014

A la télé cette semaine : Alexandre le bienheureux, Le château de ma mère, Loulou...

télé, cinéma, chanson française, Renaud, William ShellerCette semaine, quelques grammes de finesse dans un monde de brutes, un vent de liberté et de vacances souffle sur nos télés. Avec pour commencer ce soir sur HD1, Alexandre le bienheureux, parfait manifeste de la philosophie de vie papillotienne :
Philippe Noiret ♥ trime chaque jour comme un forçat dans la ferme de sa femme, une horrible mégère autoritaire. Lorsque cette dernière meurt brutalement, Alexandre décide de se reposer et de profiter enfin de la vie : il flâne dans la campagne avec son chien, prend le temps d’observer les oiseaux et la beauté du monde qui l’entoure… Mais les autres paysans ne l’entendent pas de cette oreille : il faut travailler ! Branle-bas de combat dans le village où Alexandre fait des émules. Face aux attaques, il mène le siège… depuis son lit !

Le désir de retrouver l’insouciance et la liberté de l’enfance, son innocence, son goût pour la flânerie et la nature se retrouvent dans la plupart des films du réalisateur,  Yves Robert : La guerre des boutons, La gloire de mon père... Cet hymne à la liberté est sorti sur les écrans un an avant 1968, et on y sent les prémices de la rébellion.  Oui au droit à la paresse ! Sois feignant, tu vivras content comme Alexandre le bienheureux. (J’ajoute tout de même que je cherche toujours un travail pas trop compliqué : je n’ai plus droit au chômage dans 15 jours. Si je ne trouve pas d’ici là, sans ressources, je me verrai contrainte de faire comme Alexandre : repartir à la cambrousse et me nourrir des légumes du jardin et des poissons de la rivière. Ou je ferai moi aussi la grève : je ne quitterai plus mon lit et n’écrirai plus tant que j’aurai pas de boulot, na.)

télé, cinéma, chanson française, Renaud, William ShellerLundi, autre film d’Yves Robert sur la même chaîne : Le château de ma mère, suite et fin de l’enfance de Marcel Pagnol. Le sort des différents protagonistes est très émouvant : la fin de l’innocence de l’enfance et le retour au monde de brutes des adultes pour certains : la guerre de 14. La musique de Vladimir Cosma, La valse d'Augustine, est sublime et j’avais la gorge serrée lors du concert, avec 75 musiciens qui reprenaient la chanson… (voir en lien)

télé, cinéma, chanson française, Renaud, William ShellerEncore un film sur l’enfance sur NT1, Billy Elliot. Dans les années 80, des mineurs pauvres font grève contre le gouvernement Thatcher. Un jeune garçon s’oppose à cet univers de violence virile, en quittant ses cours de boxe imposés par son père pour apprendre en secret la danse classique… Depuis, le jeune Jamie Bell qui tient le rôle-titre a bien grandi (il a aujourd’hui 28 ans). Il  a joué entre autres dans L’aigle de la 9ème légion, Jane Eyre et Snowpiercer.

Sur Arte, on quitte le monde de l’enfance et des rêves pour une dure réalité, avec une violence verbale et psychologique habituelle chez Maurice Pilat (A nos amours) : Dans Loulou, le réalisateur et sa scénariste (Arlette Langmann, la sœur de Claude Berri) s’inspirent de leur propre histoire : la femme bourgeoise (incarnée par Isabelle Huppert) quitte son mari (Guy Marchand/Pialat) pour Depardieu, un petit voyou. Pialat avouera lui-même que réaliser ce film était « un truc de maso ! »

Loulou/ Depardieu, chansonnite aigue oblige, me fait penser à la chanson éponyme de Renaud :
télé, cinéma, chanson française, Renaud, William Sheller« Tu sais que t'as un peu la gueule à James Dean
Celle qu'il aurait eu s'il avait pas été beau
T'es bâti comme une armoire de cuisine
Le cœur dans le tiroir, tout près du couteau
Lorsque je vois se pointer dans mon horizon
Ta carcasse immense de grand chien paumé
Je dis : « tiens v´la Loulou, la fleur du baston
V´la la bête humaine, v´la l´autre allumé
Je dis "Salut Georges", t'aimes pas tellement ça
Tu veux qu'on t’appelle de ton surnom de voyou
Celui que t'as été quand t'étais moins gras
Un peu plus jeune, et moins con surtout… »

Loulou me rappelle aussi La chanson de William Sheller, chanteur que j’adore, pour ses textes littéraires, sa voix et sa musique mélancoliques :
« Et toi qui vis toujours dans ton imaginaire
Toi qui te promènes partout l'air abattu
ce serait bien que tu comprennes maintenant qu’il n’ y a plus rien à faire
que tu retrouves  un jour ou l'autre ta raison perdue :
Loulou ne t'aime plus… »

Mardi, France 5 propose une série documentaire sur des personnes qui, comme Alexandre le bienheureux, ont décidé de tout quitter pour retrouver leur liberté : « Vivre loin du monde ». Ce soir, une famille vit au rythme de la nature dans une yourte en Alaska.
Je vous rappelle que d’ici 15 jours, mémé va faire pareil : j’irai vivre dans mon trou perdu sans Internet.

Demain, suite des films de la semaine
Et vous, appréciez-vous ces films et chansons ?

17/02/2014

Papillote agent secret (suite)

cornerback.jpgDimanche, nouveau message de Cornerback :
« Agents, nous ne pouvons prendre aucun risque pour votre mission ! Indiquez-nous par sms la station de métro la + proche de votre point de départ de mardi. Une voiture passera vous y chercher ! Soyez ponctuels, votre mission en dépendra. »
On veut m’enlever ! J’imagine d’ici la voiture noire blindée, aux vitres fumées, chauffeur en costard et lunettes noires qui ne pipera mot. Mémé connaît Faites entrer l’accusé, je ne monte pas dans la voiture d’un inconnu ! On va me découper en morceaux et mettre mes reins en vente sur E-bay !

Je reçois le lendemain un mail (une lettre, des sms, un mail, bientôt le pigeon voyageur : il est partout) :
« Tout d’abord, Cornerback a le plaisir de vous féliciter pour votre discrétion et votre ténacité dans l’accomplissement de cette mission secrète qui vous a été confiée. »
Discrétion : Tous mes amis sont au courant. Ténacité : J’ai deviné la solution de l’énigme (un numéro = une lettre sur la touche du téléphone) mais je n’ai pas pris le temps de remettre en ordre les lettres pour retrouver le lieu de rendez-vous :
2582 62727283
2 = ABC, 5 = JKL 8= TUV 2= ABC
2582 = CLUB

Mission 1: « Téléchargez aujourd’hui l’application « votre chauffeur privé » sur votre smartphone. »
Mon quoi ? Mémé, un smartphone, ouahaha. Je prendrai le métro, comme tous les gens du peuple.
« Mission 4 : habillez-vous élégamment. Qui sait sur qui vous pourriez tomber ? »
Mémé qui déteste le shopping, faire des efforts vestimentaires ? Plaît-il ? Et qui pourrait-on voir ? Ryan Gosling ?

Le jour J, encore un sms de Cornerback :
« Ceci ne sera pas une thérapie de couple mais les 10 premiers agents qui répondront « je viens avec mon mentor » pourront venir accompagnés ! Soyez rapides… »

Papillote est un esprit indépendant et libre qui n’a pas besoin de courir le monde après son destin comme un cheval sauvage. C’est donc pour ça que je fonce tête baissée vers un rendez-vous énigmatique, et que je partage avec mes amis mes bons plans galères.
Mémé répond en moins d’une minute (je sais, même moi ça m’a étonnée).
1 heure après, pas de réponse. Bon, faut pas tout ce temps pour compter les dix premiers agents. Seule avec mes doutes, je t'attends. Je t'attends, je t'attends.
2 heures après, toujours rien. La reine Papillote déteste qu’on la fasse attendre. Je n’attendrai pas le jour et la nuit, je n’attendrai pas toujours ton retour. J’ai dû mal à me concentrer sur le film que je regarde (d’ailleurs je l’ai oublié depuis). Surtout, je fais aussi attendre mon mentor, qui doit s’organiser pour la soirée. Je dégaine donc le téléphone 3 heures après : « Je voulais te dire, que je t’attennnnds ! Je mettrai mon cœur dans du papier d'argent, mon numéro d'appel aux abonnés absents ! Je voulais te dire que je t'attends et tant pis si je perds mon temps ! »
J’envoie en fait un message qui ne peut enchaîner qu’une réponse positive : « Je suppose que je suis dans les 10 premières puisque j’ai répondu en moins d’une minute ? » et enfin, je reçois un retour immédiat : « invitation mentor confirmée »
Je ne saurai jamais si j’étais réellement sélectionnée… Quand je vois le fameux Cornerback, il semble agacé : « ah, c’est vous qui ne pouviez pas attendre ma réponse… »
Mais si ! Je t’attendais comme un enfant à ton noël. Je t'attendais comme sous la pluie, un arc en ciel.
J'attendais ! J'attendais ! J'attendais ton regard pour expliquer enfin le pourquoi de ces au revoir, tout ce long chemin !

 Le soir, nous nous rendons enfin au mystérieux rendez-vous …

Quiz On connaît la chanson pourrie (5) et On connaît le film de merde (1).

07/01/2014

2 automnes, 3 hivers

2_automnes_3_hivers.jpg« Le jour de mes 33 ans, ça a été le jour de la révélation : il faut que j’arrête de fumer, il faut que je me mette au sport, il faut que je trouve un vrai métier, parce que là comme activité dans la vie, ben… j’enchaîne des petits boulots plus ou moins intéressants…plutôt moins que plus, pour être tout à fait exact… et puis je démissionne. Bon là, je suis dans une grosse période de démission… Donc j’ai 33 ans, il faut que vraiment, vraiment, quelque chose se passe »

Non, ce n’est pas moi qui m’exprime, mais Arman (sans d) interprété par Vincent Macaigne, le héros du film 2 automnes, 3 hivers de Sébastien Betbeder. Comme la majorité d’entre nous en ce début d’année, il prend de bonnes résolutions. En faisant du jogging, il heurte une jeune femme (Maud Wyler). Dès lors, elle sera sa motivation pour courir : il tente de la retrouver pour vivre une histoire avec elle, que nous suivrons pendant deux automnes et trois hivers…

J’ai regardé le début un sourire béat aux lèvres, en pensant : « voilà enfin le film que je voulais voir, le film que j’aurais voulu faire… » Les acteurs s’adressent directement à la caméra et au spectateur, ce qui crée d’emblée une forte empathie. Les personnages commentent leur vie : un texte littéraire, j’adore. Ils remarquent et s’amusent des petits détails de la vie, comme les enfants (comme moi quoi).

Autre grande originalité que j’admire, le film n’hésite pas à citer d’autres œuvres, comme Arman expliquant qu’il est allé voir le dernier Judd Appatow, racontant le pitch sous forme de dessin ! Il écoute aussi Joy Division ou Fleet foxes.
Ceci pourrait être excluant si on ne connaît pas les références. Pourtant il y en a pour tous les goûts : mémé radio nostalgie atteinte de chansonnite aiguë a évidemment adoré la séquence du vélo dans le 4ème arrondissement de Paris, avec le héros qui écoute « il était cinq heures du matin, on avançait dans les marais… »
Sans habiter Paris, sans être trentenaire, Arman évoque des faits précis du quotidien auxquels on peut tous reconnaître un moment vécu. Par exemple dans cet extrait au supermarché, où la caisse ferme sous le nez du héros et qu’il se retrouve derrière une mémé et ses 15 boîtes de pâtés pour chats.

vincent macaigne tignasse affreuse.jpgLes personnages sont attachants, on s’identifie à eux, même si Vincent Macaigne a une voix insupportable, est mollasson et moche (m’enfin ! pourquoi cette tignasse ? Quand on est à moitié chauve, on ne se laisse pas pousser les trois poils qui restent sur le caillou dans tous les sens, beurk !)
Le réalisateur a parfaitement su représenter certains trentenaires d’aujourd’hui, qui ne se destinent pas à une vie toute tracée et la prennent du bon côté, et avec humour, décident d’en profiter.
Le film n’hésite pas à évoquer les sujets graves qui font le plus peur à mémé. Perdre ses facultés mentales en faisant par exemple un AVC (première cause de mortalité chez les femmes) (j’aime énumérer les pires morts possibles quand je ne trouve pas le sommeil) (je me demande bien pourquoi je ne dors pas après) et pour une fille surtout, la peur d’être agressée la nuit dans une ruelle déserte. Sur le coup, encore euphorique, j’étais décontenancée : « m’enfin pourquoi, ça commençait si bien ? »

Mais 2 automnes, 3 hivers nous apprend que même ce qui est effrayant, on s’en remet, et on peut y trouver du positif : au final, en apparence léger et anecdotique, le film devient profond et sage. Grâce à lui, j’ai appris qu’on pouvait guérir d’un AVC, et que l’acteur Vincent Macaigne en a même fait deux (c’est pour ça qu’il est mou et bizarre? ce n’est pas bon signe.) L’AVC est tombé en deuxième position de mes pires craintes désormais, la rupture d’anévrisme est en tête.
Si le film commence dans la comédie et les citations, il se termine sur une partie plus mélancolique qui m’a beaucoup moins intéressée. Mais il reste une bonne surprise.

Petit quiz On connaît la chanson : quelle est la chanson citée lors de la scène en vélo ?

06/10/2013

A la télé cette semaine : 1000 milliards de dollars, Ridicule, Rebecca, Sixième sens...

télé,cinéma,chanson française,patrick dewaere,les 50 ans de la mort d'edith piaf,ridicule de patrice leconteCe soir, Arte programme Mille milliards de dollars d’Henri Verneuil (Le clan des Siciliens, Peur sur la ville…) Mon acteur fétiche Patrick Dewaere incarne un journaliste révélant les pots de vin d’un homme politique corrompu. Ce dernier se suicide, et pris de remords, le journaliste poursuit son enquête. Il s’aperçoit de l’ampleur de l’histoire en découvrant que de mystérieuses multinationales transfèrent leur argent dans des comptes offshore … Le suspense est haletant et Dewaere en justicier transmet sa fougue légendaire.
La somme énorme du titre représente le chiffre d’affaire annuel des 30 premières entreprises mondiales. Le film date de…1981, et son écho est toujours aussi important aujourd’hui. A ce sujet, je vous conseille l’excellent documentaire exhaustif et drôle de Xavier Harel : évasion fiscale, le plus grand hold-up du siècle : 30 000 milliards de dollars seraient cachés dans des paradis fiscaux, ce qui représente les 2/3 de la dette mondiale !

télé,cinéma,chanson française,patrick dewaere,les 50 ans de la mort d'edith piaf,ridicule de patrice leconteA la même heure, D8 propose l’excellent Ridicule de Patrice Leconte. Les personnages s’affrontent à coups de réparties cinglantes, pour rentrer dans la cour de Louis XVI, rabaisser le favori aux yeux du roi et prendre ainsi sa place :
 « - Il est moins sot qu’il n’en a l’air...
    - C’est toute la différence entre nous, monsieur. »
Quand on me pique en société, étonnée par des remarques bêtes et méchantes, je reste souvent les bras ballants. Je trouve parfois une réplique assassine, mais après des heures de rumination (ah j’aurais dû répondre ça !) Mais en réalité, le plus souvent, j’ai ma réponse immédiatement, mais je ne la dis pas. L’autre, qui pense nous avoir mouché et se sent supérieur, serait encore plus agressif et de mauvaise foi si on lui démontrait la bêtise de ses propos. Ça ne fait qu’envenimer les choses. Pourtant, si on ne répond pas, l’autre campe sur ses positions et pense certainement qu’il nous a cloué le bec, et se croit d’autant plus intelligent. C’est dommage, mais je n’ai rien à prouver à quelqu’un de ce genre. Le silence est le pire des mépris. Comme dit Audiard, je ne parle pas aux cons, ça les instruit !

télé,cinéma,chanson française,patrick dewaere,les 50 ans de la mort d'edith piaf,ridicule de patrice leconteAutre comédie, moins subtile mais très divertissante, Prête-moi ta main de Eric Lartigau sur TF1. C’est une bonne comédie française, avec un scénario propice aux gags et rebondissements : Alain Chabat (toujours parfait) incarne un célibataire heureux, couvé par sa mère et ses 5 sœurs assez castratrices. Lassées de lui laver son linge, les femmes le somment de se marier. Pour mettre fin au complot, le vieux garçon engage une jeune femme (Charlotte Gainsbourg) qui devra jouer le rôle de sa promise, mais évidemment, rien ne se passe comme prévu…

télé,cinéma,chanson française,patrick dewaere,les 50 ans de la mort d'edith piaf,ridicule de patrice leconteLundi, Arte diffuse Rebecca d’Alfred Hitchcock, adapté de Daphné Du Maurier. Une jeune femme (Joan Fontaine) vient habiter dans l’étrange manoir de son mari (Laurence Oliver). Mais la demeure semble hantée par le souvenir de l’ancienne épouse… Un film somptueux, à l’atmosphère envoûtante et fascinante.

télé,cinéma,chanson française,patrick dewaere,les 50 ans de la mort d'edith piaf,ridicule de patrice leconteA la même heure, TMC diffuse le fameux Sixième sens de M. Night Shyamalan. A l’époque, comme tout le monde, j’étais sortie de la salle de cinéma sous le choc de la révélation finale. Ceux qui ont révélé la fin aux gens qui n’avaient pas encore vu le film devraient être bannis à jamais des réseaux sociaux et abandonnés dans une grotte en plein désert. Au moins. Je trouve que le réalisateur décline inéluctablement : ses premiers films étaient très bons (Incassable, Signes) mais deviennent de plus en plus mauvais (Phénomènes et Le dernier maître de l’air).

télé,cinéma,chanson française,patrick dewaere,les 50 ans de la mort d'edith piaf,ridicule de patrice leconteNT1 diffuse la satire désopilante du modèle américain, où les apparences sont trompeuses, American Beauty de Sam Mendès (Les noces rebelles). On observe avec curiosité l’excellent Kevin Spacey tomber amoureux d’une lolita, mais aussi un sac plastique voler au gré du vent... Un film que j’avais  estimé novateur et anti conformiste lors de sa sortie (1999). A noter que le scénario est d’Alan Ball, l’auteur de la géniale série Six feet under.

télé,cinéma,chanson française,patrick dewaere,les 50 ans de la mort d'edith piaf,ridicule de patrice leconteMercredi, après Ridicule, une autre comédie douce amère de Patrice Leconte : Viens chez moi, j’habite chez une copine. Où le désopilant Michel Blanc, chômeur dragueur, s’incruste dans le quotidien tranquille d’un petit couple. Sur les bords, au milieu, c’est vrai qu’il craint un peu.

Dans la rubrique nécrologique de la semaine, les 50 ans de la mort d’Edith Piaf, avec des hommages sur Arte ce soir à 22h50 (« sans amour, on est rien du tout »), et jeudi à 23h30 sur france3 (« Edith Piaf amoureuse »). La passion était effectivement un thème principal dans la vie de l’artiste, comme j’ai pu le constater cette semaine en visitant Le musée des lettres et manuscrits, qui présente des lettres très personnelles de la chanteuse. L’artiste déclarait sa flamme « tu es le seul, l’unique, je n’ai jamais connu ça avant, je t’aimerai toujours etc » à des hommes différents environ chaque année… La lettre d’une épouse délaissée (Edith Piaf appréciait particulièrement les hommes mariés) est très troublante et touchante.

Et vous, appréciez-vous ces films ? Qu’avez-vous vu cette semaine ?

06/01/2013

2013, année de la chansonnite

chat geluck agenda.pngJ’étais (« Encore ! » comme dit Electra) en vacances dans mon trou perdu sans Internet. Mais ce n’est pas de ma faute, mon entreprise fermait pour les fêtes. Sinon vous pensez bien que j’aurais préféré travailler.
Ouah ah ah.
Je suis tellement mieux dans mon open space avec mes grincheux qui n’aiment pas ma chansonnite, plutôt que me promener dans la campagne, me goinfrer de papillotes, et jouer en famille tout le répertoire des Beatles.
hello kitty.jpgAvec ma belle sœur, on maîtrise parfaitement le « wouhouhwhouh ! » sur Oh! darling. Je prends ma voix de crooner pour chanter Baby, it’s you sur le micro rose Hello K*tty de ma nièce, en pointant du doigt la petite qui fait les chœurs « sha lala lala lala ! ». J’attends 1 bonne minute pour me décaler avec le tambourin sur You’ve got to hide your love away, et je sais jouer au piano 3 notes et demi de Oh my love de Lennon. On est prêt pour une tournée.

Pour la nouvelle année, toujours les mêmes résolutions que je ne tiendrai pas…
- Je n’écrirai toujours pas plus régulièrement sur le blog.
- Je n’en lirai pas plus d’autres (ce qui fait que j’ai perdu la grande majorité des commentateurs, mais les meilleurs restent : les fidèles.)
- Je n’atteindrai pas l’objectif « un livre lu par semaine » (je n’ai pas mis à jour ma bibliographie depuis 2010, et j’ai déjà du mal à lire le programme télé en entier, c’est pour ça que je ne tiens plus ma chronique hebdomadaire).

- Je ne mangerai pas moins de chocolat. En plus, on m’en a offert une excellente boîte de Neuvillage (et je suis très difficile, mes collègues ont apporté pour noël des grandes marques de supermarché et se pâment devant, mais ça n’a pas de goût pour moi.) J’me suis tellement goinfrée de papillotes Révé*illon que je n’ai pas pu boire mon cacao Van Houte* au goûter. Mais comme je viens de le lire dans une des citations : « De toutes les passions, la seule vraiment respectable me parait être la gourmandise » Guy De Maupassant.

- Je ne pratiquerai pas plus de sport. J’en faisais souvent car je croyais préserver ma santé, mais j’ai arrêté en me rendant compte que les machines de la salle sonnaient parce que mon cœur dépassait les 210 pulsations… en marchant simplement sur le tapis de course.
Alors qu’au bureau je montais un dossier au 1er étage en passant par l’escalier (mon seul sport de la journée avec les couloirs du  métro), un collègue m’a interpellée avant même de me voir. « Comment gazelle saut.jpgtu sais que c’était moi ? » «- J’ai reconnu ton pas lourd de mémé asthmatique ». Devant ma mine déconfite (m’enfin ! j’ai pourtant la grâce du gazelle gambadant dans la savane !) il a rajouté « surtout parce que tu fredonnes tout le temps en tapant le rythme sur le classeur ». Chansonnite aigue, mon bobo-là le plus grave. Si je monte lentement les escaliers, c’est tout simplement parce que je pense à des chansons trop lentes, voilà tout. Impossible de résister à l’envie de reproduire les percussions de And I love her.

- Je n’irai pas plus au cinéma. Je n’ose même pas vous révéler le nombre ridicule de films que j’ai vus en salles en 2012. En revanche j’en vois toujours autant à la télé. J’ai fait mon calcul annuel, si vous voulez deviner…

Par contre, en 2013, je verrai plus de spectacles, de pièces de théâtre et de concerts, résolution déjà bien amorcée l’année dernière. J'ai déjà pu noter 6 dates sur mon bel agenda. J’ai pris par exemple des places pour les concerts d’Alain Souchon et de William Sheller, mes deux chouchous de la chanson française. Quand j’étais petite j’écoutais en boucle les cassettes de Soussou comme je l’appelais, et je connaissais par cœur les paroles de Rame, Jamais content, Le bagad de Lann Bihoué … A 8 ans je la voyais pas comme ça la vie, pas d’attaché case quand j’étais petit. Et je n’en ai toujours pas aujourd’hui !

Voilà une résolution que je ne prendrai jamais : me guérir de ma chansonnite. Au fait, personne n'a cherché l'air que j'ai chanté le 21 décembre au boulot, avec une collègue transformée en choriste... C'était : "Pour la fin du monde, prends ta valise et va là-haut sur la montagne (de Bugarach) on t'attend !". (On a fait sensation). Autre air de circonstance que je chanterai demain, pour inciter les collègues à fêter la galette des rois (tous les prétextes sont bons pour manger et glander au boulot) : "Comme les rois mages, en Galilée, suivaient des yeux l'étoile du Berger..."

Et vous, quels sont vos bonnes résolutions pour cette année ? A votre avis, combien ai-je vu de films en 2012 ?

15/11/2012

Des titres éloquents

gaston dort.jpgJ’allume l’ordi. Il me signale : « il ya des icônes non utilisées sur votre bureau, souhaitez-vous les supprimer ? » Parmi elles, Microsoft word, qui me sert pour écrire mes billets.
Oui, bon, d’accord... je n’ai pas publié depuis longtemps, Electra râle encore… mais je peux sortir mes bonnes excuses habituelles : « je bosse trop » et son contraire « j’étais en vacances ».

Ma chef était désespérée de me voir partir en congé. « Comment allez-vous survivre sans moi » lui ai-je répondu en rigolant. Sauf qu’elle n’a pas ri et me regardait toujours comme si elle allait se jeter par la fenêtre. Je ne pense pas que son air signifiait : « Non Papillote, ne pars pas où je saute, on a trop de boulot ici ! » mais plutôt : « Non Papillote, arrête tes blagues ou je saute, j’en peux plus de ta chansonnite ! » J’ai pourtant résisté à l’envie de fredonner mon air de prédilection qui me venait à l’esprit, se prêtant admirablement à la situation : « reviens, on va vivre la main dans la main, c’est écrit sur les murs de la vie », ou bien encore celui d'Elsa, T'en va pas. Parfois je parviens tout de même à décrocher un sourire (par usure) voire même un éclat de rire (nerveux sans doute).

J’étais donc encore en vacances dans le trou perdu sans Internet ni canal +. Je n’ai pas pu écrire ni rattraper mon retard de films, mais j’ai eu le temps de lire quatre livres en quinze jours, c’est-à-dire autant que… les trois derniers mois. L’objectif des années précédentes « un livre par semaine » n’est plus qu’un lointain souvenir.
D’ailleurs je n’ai pas actualisé depuis presque deux ans ( !!!)  les colonnes du blog. « Je ne sais donc plus lire depuis 2010 » comme vous pouvez le constater à droite. Mes dernières lectures inscrites à gauche sont officiellement « une mort très douce » de Simone de Beauvoir,  et le très bon roman de Romain Monnery, « libre, seul et assoupi ».
Hum. Pas du tout évocateurs. Non non, le blog ne se meurt pas doucement, il est simplement assoupi.

dans la tete du tueur-.jpgLe dernier livre que j’ai réellement lu porte un titre tout aussi symbolique : « Dans la tête du tueur ». Ne vous méprenez pas, il ne s’agit pas de Papillote achevant délibérément son blog, mais de l’enquête du gendarme traquant Francis Heaulme (contrairement à ce que le titre annonce, les motivations, la biographie et la psychologie du meurtrier ne sont pas très développées).
Je projetais aujourd’hui de lire l’autobiographie de Keith Richards. Ce titre pouvait annoncer le renouveau de ce blog : Life. Ha, ça vous en bouche un coin. Sauf que la bibliothèque ne le proposait pas, alors j’ai pris à la place une autre autobiographie dont j’ai souvent entendu vanter les mérites, mais dont je ne connais pas encore l’auteur, Annie Ernaux. J’ai donc emprunté cet après-midi son seul livre disponible, c’est-à-dire… La honte.
Non, ce titre ne signifie rien, rien de rien, je ne regrette rien, j’ai peut-être abandonné ce blog quelques temps mais j’ai fait plein d’autres choses à la place (comme traîner sur le net) comme aller voir des one man show, je vous en parlerai (un jour quand j’aurais le temps entre deux films).

23/09/2012

Une vache a mis le temps

chalet.JPGCa y est, samedi 22 septembre, c’est l’automne. Il fait officiellement plus froid et nuit plus tôt. Ce qui m’a fait chanter, lorsque j’ai fermé mes volets en avance car la lumière avait baissé Ce soir nous sommes septembre, et j’ai fermé ma chambre, le soleil n’y entrera plus
Sinon j’ai plus gai, un air que j’ai fredonné cet été. Donc pour éviter de penser à l’automne, espérons plutôt l’été indien comme dirait Joe Dassin, souvenons-nous des vacances d’été.

Fin août en montagne, comme il n’y avait pas de témoin, à part les proches qui me connaissent subissent déjà, je pouvais laisser libre cours à ma chansonnite aigue. Les cloches des vaches marquaient le tempo et les sentinelles marmottes poussaient leurs cris d’alarme à mon approche, qui signifiaient certainement : « planquez-vous ! La casserole arrive ! »  Je chantais de plus en plus fort en apercevant les crocus et les colchiques qui tapissaient le sol : « colchiques dans les prés, fleurissent, fleurissent, colchiques dans les prés, c’est la fin de l’été… LA FEUILLE D’AUTOMNE EMPORTEE PAR LE VENT… » (Vous pouvez cliquer sur le lien kitchissime du clip de Dorothée…)


titanic king of the world.jpgLa montagne me fait toujours cet effet. Il doit être provoqué par l’altitude, avec le manque d’oxygène, le cerveau est mal irrigué… ou alors les paysages grandioses me rendent euphorique. J’ai crié mon traditionnel « I’m the queen of the world !!! » en arrivant au sommet, cheveux au vent, à 2431 mètres d’altitude, avec un panorama à 360 degrés, bien mieux que Léo di Caprio.
Je voyais par exemple ce glacier. Avec le réchauffement climatique, les scientifiques prévoyaient dans le pire des cas sa disparition pour 2060. Ils ont revu leurs calculs, ce sera certainement pour 2040, voire plus tôt, si rien n’est fait pour limiter l’effet de serre…

animaux,montagne,chanson française


De l’autre côté, j’avais vue sur ces trois montagnes, dont ma préférée est bien évidemment la première à gauche, puisqu’elle se nomme… la tête de chat !  (On remarque les oreilles qui se dessinent sur la tête de profil).

animaux,montagne,chanson française


Devant moi, des vaches en liberté broutaient paisiblement. Jusqu’à ce qu’une famille débarque en 4X4…
Le plus jeune enfant, d’une dizaine d’années, se plante devant l’une de nos amies les bêtes qui font la tomme de Savoie et le lait de mon précieux cacao. Le gosse fait mine de lui refiler des coups de tête et des coups de pied pour qu’elle se lève, en tapant le sol et en gesticulant comme un torero. Cela sous le regard hilare des parents, qui filment la scène. La pauvre vache supporte ses agissements cinq bonnes minutes, jusqu’à ce qu’elle se dresse subitement, tête la première, cornes en avant, et charge le sale gosse. Celui-ci prend ses jambes à son cou et dévale la montagne comme un dératé en hurlant « mamaaaaaaaaaan ! ». Toujours sous le regard hilare de ses parents. Ma nièce de 6 ans conclut le spectacle par un « BIEN FAIT ! ».

Photo de notre héroïne (à droite) et de ses copines, avant que l'inopportun vienne troubler leur sieste :

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Ce qui me fait penser à cette vidéo, trouvée par le professeur Moustache. (voir le lien). D’ailleurs le deuxième tome de sa BD hilarante, adaptation de ce blog dont je suis fan, vient de sortir : « tu mourras moins bête, mais tu mourras quand même ».

Au premier temps de la vache,
Toute seule, dans son pré, elle est là,
Au premier temps de la vache,
Ya le gosse, ya la bête et ya moi…
Et le gosse qui bat la mesure,
La vache qui mesure sa proie,
Et la vache qui bat la mesure
Lui meugle lui meugle tout bas :

Une vache a mis le temps
Elle s’offre encore le temps…

Le 21 décembre pour l’arrivée de l’hiver, j’évoquerai peut-être mes vacances de cet été à la mer. Enfin, si ce n’est pas la fin du monde prévue par les Mayas.

Petit quiz on connaît la chanson, quelles sont les deux chansons parodiées et leurs interprètes ?

31/08/2012

Les résultats du quiz on connaît la chanson : ce soir, je pars

chanson française, alain souchon, william shellerA part l’indispensable Grande Catherine, peu de bonnes réponses! Sans doute parce que  je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

Le premier titre, Partir, n’est pas célèbre, il s’agit des VRP, groupe qui n’existe plus depuis … 1993 (nan mais attendez, c’est très récent pour mémé !) A l’aide d’instruments bricolés, comme une « contre-bassine » (un balai et un seau) ce groupe composait des chansons parodiques qui me faisaient penser aux Inconnus. D’ailleurs, avec l’excellente C’est toi que je t’aime, les Inconnus ont imité la Mano Negra, et la Mano Negra invitait les VRP pour leur première partie de concert. Certaines paroles étaient trop lourdes mais d’autres me faisaient rire quand j’étais ado. Par exemple la chanson Mardi gras.

Pour les autres titres du quiz, on passe à radio Nostalgie, avec les inévitables Alain Souchon, Polnareff, William Sheller… Ne vous plaignez pas, cette fois-ci, pas de Cloclo ni de Johnny, je fais des progrès !
Un jour vous verrez, mémé vous proposera de la musique française actuelle. Mon neveu a essayé de me convertir. J’admets avoir adhéré aux mélodies très hype de Justice, comme cette chanson, On'n'on.  J'ai bien aimé le rythme endiablé des Shaka Ponk, comme Let’s Bang. A fond dans la voiture (enfin, je baissais le volume car mes oreilles sont sensibles, et je me faisais traiter, vous n’allez pas me croire, de « mémé ! »), un bras à la vitre (du passager, je vous rappelle que je refuse de passer le permis) et avec des lunettes noires (parce que mes yeux sont fragiles aussi), parfaits pour faire les kakou. (on emploie toujours cette expression ?)

Résultat du quiz, avec les liens vers les chansons en rose. Sauf celui que je n’ai pas trouvé, le « il faut revenir » de… Pétula Clark ! Chanteuse et actrice qui fêtera ses 80 ans en novembre. Vivement l’hommage sur radio nostalgie.

Hasta luego !
A bientôt si Dieu le veut,
Hasta luego !
On se reverra sous peu.
Je la chantais souvent quand j’étais petite.

Mais était-ce utile de rester davantage
Fallait-il se dire à tantôt
Je vais reprendre un très long voyage
Dont je ne pense pas revenir bientôt.
Si d’aventures j’ai laissé quelques traces
Elles s’en iront comme tout là-haut
Les longs traits blancs derrière les avions qui passent
Oh, je ne pense pas revenir bientôt.

Hé, cette chanson de Sheller date de 2004 ! C’est récent tout de même.

« promettez-moi d’être bien sage, de penser à moi tous les jours, et revenez dans notre cage, je guette votre retour »
Puisque vous partez en voyage, Un air de 1935, remis au goût du jour par Françoise vous m’avez dit de pas dire Hardy et Jacques Dutronc.

« Reviens, on va vivre la main dans la main, l’aventure avec toi c’est si bien »
Ha, l’un des plus fidèles compagnon de ma chansonnite…

« Il faut revenir, il faut recommencer, reviens je t’en supplie, loin de toi je m’ennuie »
La très branchouille Pétula Clark.

Partir, partir,
On a toujours un bateau dans le cœur
Un avion qui s’envole pour ailleurs
Mais on n’est pas à l’heure
Et en s’envolant
Les gens, l’argent
Seraient du vent.

N’oublie pas toi si belle, les avions se cassent, et la terre est basse
J’aurais pu laisser le titre en indice, Holidays, correspondant parfaitement au billet, mais je pensais que la réponse était trop facile.

Dans mon deux pièces à Paris, elle répétait toutes les nuits
« on reste pas dans l’hexagone »
Je lui disais « laisse-moi faire, je règle quelques affaires, après c’est sûr on taille la zone »
Moi, le bureau, l’ordinateur et mon aspirateur, les catalogues de mobil home
Je savais que c’était minable, je me suis abonné au câble (canaaaal + !) on taillait pas vraiment la zone
Elle me disait « déconne pas, on va pas rester comme ça, je veux les prairies les fleurs jaunes
On va pas faire comme les gens, vivre à cause de l’argent, on laisse tout on taille la zone »

 Emmenez-moi au bout de la terre, emmenez-moi au pays des merveilles
Pour ne pas avoir remarqué ce titre, je vous soupçonne de n’avoir pas lu le billet jusqu’au bout… J’ai entendu cette chanson dans le bus scolaire qui m’emmenait passer mon bac le premier matin, pour la redoutable épreuve de philo (coefficient 7 pour les littéraires) Tous les futurs (ou non) bacheliers l’ont reprise en cœur. Je trouvais ça très ironique.


Alors, il y a quand même quelques chansons sympathiques dans ma sélection de mémé, non ?

29/08/2012

Ce soir, je pars

vrp.jpgOh ya pam ma yam
Ouuuuh ouh ouh ouh ouh !
Oh whooooooooh !!
Ah in ah in…

Ce soir, je pars.
Ce soir, c’est le grand départ.
J’aurais pu te dire au revoir
Mais rien, j’ai tout gardé en moi.
Et ce soir dans la gare, je pars.

Prendre l’avion, prendre le train,
Prendre ta main ou bien un bain,
Mais partir !
Ce soir j’ai décidé de partir,
De quitter ma maison, mes souvenirs,
Pour ailleurs !

Hasta luego,
A bientôt si Dieu le veut,
Hasta luego
On se reverra sous peu.

Mais était-ce utile de rester davantage
Fallait-il se dire à tantôt
Je vais reprendre un très long voyage
Dont je ne pense pas revenir bientôt.
Si d’aventure j’ai laissé quelques traces
Elles s’en iront comme tout là-haut
Les longs traits blancs derrière les avions qui passent
Oh, je ne pense pas revenir bientôt.

Non je plaisante, en fait, je reviens. C’était plusieurs billets que j’avais programmés il y a un mois, quand je suis partie justement. Mémé nulle en nouvelle technologie a encore dû faire une erreur.
20 000 lectrices (quatre) m’ayant fait comprendre « promettez-moi d’être bien sage, de penser à moi tous les jours, et revenez dans notre cage, je guette votre retour » « Reviens, on va vivre la main dans la main, l’aventure avec toi c’est si bien » « Il faut revenir, il faut recommencer, reviens je t’en supplie, loin de toi je m’ennuie », me voici.

Pour info, la dernière chanson citée est tellement vieille (et kitsch) que je ne la trouve même pas sur le net pour vous la faire partager. Quel cruel manque à votre culture. La dernière fois que je l’ai écoutée, c’était sur 45 tours (forcément). Le tourne-disque, certainement désespéré de passer la musique pour la trentième fois et surtout de m’entendre chanter dessus, a rendu l’âme.  Le disque s’est rayé pile sur « il faut reven’… il faut reven’… il faut reven’… »

Bientôt, le récit palpitant de mes incroyables aventures loin de chez moi. J’ai déjà écrit 8 pages manuscrites et je n’en suis qu’à l’introduction. (En fait j’ai rédigé trois lignes sur mes vacances, qui m’ont rappelé un autre souvenir, puis un autre, et encore un autre, totalement hors sujet).

Partir, partir,
On a toujours un bateau dans le cœur
Un avion qui s’envole pour ailleurs
Mais on n’est pas à l’heure
Et en s’envolant
Les gens, l’argent
Seraient du vent.

Quand je dis loin de chez moi… je plaisante hein. Je vous rappelle que mémé n’a jamais pris l’avion et en a peur. Parce que « n’oublie pas toi si belle, les avions se cassent, et la terre est basse. »

Dans mon deux pièces à Paris, elle répétait toutes les nuits
« on reste pas dans l’hexagone »
je lui disais « laisse-moi faire, je règle quelques affaires, après c’est sûr on taille la zone »
moi, le bureau, l’ordinateur et mon aspirateur, les catalogues de mobile home
je savais que c’était minable, je me suis abonné au câble (canaaaal + !) on taillait pas vraiment la zone
elle me disait « déconne pas, on va pas rester comme ça, je veux les prairies les fleurs jaunes
on va pas faire comme les gens, vivre à cause de l’argent, on laisse tout on taille la zone
Emmenez-moi au bout de la terre, emmenez-moi au pays des merveilles !»

Oui, elle a dû en faire du chemin, cette limace de mon enfance, elle a dû partir bien plus loin que moi sûrement je pense.


Quiz on connaît la chanson : quels sont les dix titres cités et leurs interprètes ?


21/03/2012

Le retour du printemps et de la chansonnite

Versailles.jpgBonjour, bonjour monsieur printemps,
Par la grande route des nuages
Avez-vous fait un beau voyage
Et qu’apportez-vous si content ?
Je vous apporte le printemps, mes enfants
A répondu monsieur printemps !

Je la sors chaque année, mais si quelqu’un peut retrouver la version de Bob et Bobette des années 60…

C’est le printemps ! J’annonce officiellement la fin de mon hibernation.
J’exagère : en fait depuis six mois je vais me promener tous les soirs sans exception en sortant du boulot. Même cet hiver lorsqu’il faisait « -10 degrés, mais -25 en températures ressenties ». Dans les parcs, je ne rencontrais absolument personne, à part les canards sur les étangs gelés. Mais depuis que la boule jaune est revenue dans le ciel (comment la nomme t-on déjà ? si longtemps que je ne l’avais pas vue, je ne m’en souviens plus) les jardins sont de nouveaux envahis par les mômes braillards (pléonasme)  et les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics en se foutant pas mal de mes regards obliques. J’étais pourtant bien tranquille cet hiver avec le canard Saturnin et le héron Petit patapon.
Toutefois le calme est revenu samedi, car je ne sais pas si vous avez vécu la même chose dans votre région, mais ici il a fait un grand ciel bleu toute la semaine (enfin, le ciel n’est jamais vraiment bleu à Paris, mais pâle) et il a plu le week-end. Chaque fois c’est pareil, c’est quand on est derrière les carreaux, quand on travaille que le ciel est beau.

Comme je suis très sensible à la lumière, le retour de la boule jaune dans le ciel me rend guillerette. Je n’ai même plus envie d’étrangler mon collègue avec le fil du téléphone, lorsqu’il appelle successivement sa copine/ sa mère/ son frère/ son colocataire/ son banquier (il est constamment à découvert) puis sa copine/ sa mère/ son frère/ son colocataire pour leur raconter ce que vient de lui dire le banquier (son record à la suite sur le téléphone du bureau : 3h35). Quand il raccroche enfin, il envoie des sms (personnellement je n’en n’ai envoyé aucun depuis 15 jours car mon téléphone portable pourri ne fonctionne plus pour la 38ème fois, et j’en ai reçu un seul : Pôle emploi qui me signalait que j’avais oublié de déclarer mes heures de travail mensuelles et que je risquais d’être radiée).

Le retour du soleil  provoque aussi des effets indésirables. Ma maladie incurable, la chansonnite aigue, atteint des sommets. Je sifflote sans cesse Le printemps de Vivaldi. Je vous rappelle que je soupçonne mon chef de m’avoir sortie de l’open space pour m’isoler 3 étages au-dessus avec ce collègue haï, afin de ne plus m’entendre fredonner toute la journée. Je crois qu’aujourd’hui, je peux partir définitivement en exil :
Je faisais réchauffer de l’eau dans le réfectoire. Plutôt que d’attendre bêtement que les minutes s’écoulent, je profite habituellement de ce temps pour faire des étirements. Parfois, alors que la salle est supposée vide à cette heure-ci, je me fais surprendre les bras en l’air, soufflant et rouge d’effort, ou la paume des mains touchant le sol. Les gens me regardent bizarrement, mais ils essaient de comprendre : « ah, vous avez mal au dos ? ».
Mais cet après-midi, j’ai atteint un stade que personne ne pouvait imaginer. Une employée m’a surprise, un bras en l’air, un bras en bas, en pleine chorégraphie, en train de chanter « elle a les, yeux, bleus, Belinda ». Vu le regard que la femme m’a lancé, je songe à quitter le boulot en renonçant à mes indemnités de fin de contrat. Ce n’est pourtant pas ma faute, j’ai pris une insolation.
Vous avez essayé cette danse de Cloclo ? Elle a l’air simple mais il est très difficile de coordonner les mouvements. (voir la vidéo). Il faut décidément que je les réussisse et que je trouve un nouvel endroit pour répéter.

Et vous, quel effet le retour du printemps et du soleil a-t-il sur vous ?