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05/04/2021

Bilan je suis culturée de mars

dark waters.jpg21 FILMS :

D'après une histoire vraie :

- Dark waters de Todd Haynes, Mycanal, 2019
- BlacKKKlansman : j'ai infiltré le Ku Klux Klan de Spike Lee, Mycanal, 2018
- L'ombre de Staline d'Agnieszka Holland, Mycanal, 2020
- The spy de Jens Jonsson, Mycanal, 2019
- Le coupable idéal de Mikael Hafstrom, Mycanal, 2020
- Official secrets de Gavin Hood, 2019, Mycanal

Fantastique
llorona.jpg- La llorona
de Jayro Bustamante, Mycanal, 2020

Science-fiction
- Freaks de Zach Lipovsky et Adam B. Stein, 2019
- Oblivion 
de Joseph Kosinski, 2013

Comédies
- En liberté ! de Pierre Salvadori, France2 2017
- Rebelles d'Allan Mauduit, 2019, Mycanal
- La bonne épouse de Martin Provost, Mycanal, 2020
- Les simpson, le film, de David Silverman, Disney+, 2007
- Un jour peut-être d'Adam Brooks, Mycanal, 2008

Thriller :
rebelles film.jpg- La fille au bracelet de Stéphane Demoustier,  Mycanal, 2020
- L'amant double de François Ozon, France 2, 2017
- Brooklyn affairs d'Edward Norton, Mycanal, 2019
- Lucky strike de Yong-Hoon Kim (corée du sud) OCS, 2020

Drame/romance :
- Angel de François Ozon, 2017
La fin d'une liaison de Neil Jordan, 1999
The nest de Sean Durkin, 2020

4 SERIES :

- Strike saison 1 et 2 adapté de J.K Rowling
- Calls saison 1 à 3
- Wanda vision (arrêtée à l'épisode 5)
- The misfits

4 LIVRES :

unorthodox.jpg- Unorthodox de Deborah Feldman 
- La civilisation du poisson rouge de Bruno Patino
- Apparitions de Guy de Maupassant
- Yvette de Guy de Maupassant

17 DOCUMENTAIRES :
relire ici

Coups de cœur, à voir absolument :
- Les damnés de la commune , arte.tv, jusqu'au 20 mai
- Allen vs Farrow, sur OCS
- Tout peut changer : et si les femmes comptaient à Hollywood, Mycanal

 

08/03/2021

Bilan "je suis culturée" semaine 9

strike.jpg5 FILMS :
- Freaks de Zach Lipovsky et Adam B. Stein, 2019
- Oblivion de Joseph Kosinski, 2013
- Angel de François Ozon, 2017
- The nest de Sean Durkin, 2020
- La fin d'une liaison de Neil Jordan, 1999

3 DOCUMENTAIRES :
- La fabrique du mensonge : fake news sur ordonnance, en lien, France5
- Meurtre en Finlande, Arte
- Le mystère Cléopâtre, sciences grand format, France5

1 SERIE :
- Strike de JK Rowling, OCS

1 LIVRE :
- Yvette de Maupassant

 

 

05/03/2021

La chronique des Bridgerton

chronique bridgertown.jpgÀ Londres, pendant la Régence, les jeunes filles de la haute société se préparent à chercher des maris, mais la concurrence est rude...
Parfois entre deux films d'horreur, malgré mon aversion pour le shopping et la mode censés être des "trucs de filles" j'apprécie les histoires romanesques et en costumes, si elles ne sont pas trop niaises, si elles restent subtiles, littéraires, réalistes, sarcastiques et sans glorification de la femme cruche et soumise (j'ai été consternée par 50 nuances de Grey, Outlander, mais j'ai apprécié malgré (grâce ?)  ses nombreux défauts Emily in paris).

J'adore donc les Jane Austen comme Orgueil et préjugés. Dès les premières images de cette nouvelle série, la voix off laisse présager qu'elle s'en inspire, commentant avec malice les travers de ses contemporains, tout en les montrant dans des décors somptueux. Chouette.
Puis là dans la rue, j'aperçois furtivement un homme noir au bras d'une blanche. Tiens, c'est bizarre, un anachronisme, parce qu'à cette époque le pauvre gars s'il avait approché à moins d'un mètre une femme de la haute, on l'aurait lynché, émasculé et pendu. (comme on le voit dans les terribles mais excellents docs d'Arte sur le KKK, même si le parti ségrégationniste a été créé 30 ans après l'époque de la série, et en Amérique). Je poursuis la chronique, puis je découvre que la reine est Noire et le héros aussi, et que les couples mixtes ne posent aucun problème, en 1810. Le monde rêvé des Bisounours quoi.

Je ne sais pas trop quoi en penser. La série est fidèle à l'Histoire, reproduit les moeurs, coutumes, décors et costumes de l'époque, et s'inspire de personnes ayant existées (le boxeur). Alors pourquoi cet ajout totalement irréaliste d'un métissage qui aurait été accepté à l'époque ?  Pourquoi réécrire l'Histoire ? Ce procédé peut laisser supposer à des ignorants que cet ordre des choses a toujours existé, que l'esclavagisme et le racisme n'ont jamais eu lieu, et qu'il n'y aurait donc aucune raison de se plaindre d'une ségrégation, qui serait imaginaire.
Après vérification, je tombe sur des articles affirmant que la reine Charlotte aurait réellement eu des ancêtres Africains. L'Histoire étant écrite par les blancs, je n'étais pas au courant.
France info : "le but du créateur n’était pas de refléter la réalité, mais d’imaginer un monde dans lequel la reine serait bel et bien métissée et aurait transformé la société anglaise." La série ne dénonce pas le racisme, elle fait comme s'il n'existait pas. 

chronique reine.jpgOn peut dire que cette question reste secondaire : le plus important, c'est le scénario. Il est issu d'un métissage lui aussi : Chris van Dusen et Shonda Rhimes. Je tique : aïe, la créatrice de Scandal ? Où une femme carriériste insupportable, ignoble avec ses équipiers, tombe amoureuse comme une midinette de celui qui représente le pouvoir suprême : le président des Etats-Unis. Tout le propos de la série, sur la femme forte et indépendante qui peut mener une équipe et une carrière, s'effondre avec cette idée de fantasmer sur un homme juste parce qu'il incarne le pouvoir. J'avais trouvé l'actrice horripilante et les scènes romantiques ridicules. Ces deux problèmes se répètent dans cette nouvelle série.

L'héroïne de chronique est toujours à minauder et écarquiller les yeux et la bouche comme une demeurée. Elle est molle, a une tête de chien battu. Elle tombe amoureuse d'un homme absolument magnifique, contrairement à son nom (Regé-Jean Page). Tout le début de la saison, les deux se tournent autour. Je pensais que le mariage serait le final comme dans tout conte de fées, mais non, il arrive bien plus tôt, et la suite est laborieuse, un épisode entier de scènes de sexe aussi kitschs et peu excitantes qu'un téléfilm de M6 du dimanche soir, que celles de Outlander, ou de 50 nuances de grey (les scènes de ce dernier sont si froides que je m'étais ENDORMIE devant. ENDORMIE.) Peut-être qu'avec une meilleure actrice, ça aurait fonctionné, mais les gros plans sur les yeux de grenouille et la bouche en cul de poule de l'héroïne quand elle se fait dépuceler, c'est d'un niais, d'un ridicule.... Mais qu'elle joue mal... comme la plupart des acteurs d'ailleurs, beaucoup trop caricaturaux et peu charismatiques.

Une femme sort du lot, l'apprentie détective énergique qui refuse de rentrer dans le rang, de se marier, veut être indépendante et travailler. La série se veut progressiste, mais le seul objectif de l'héroïne et de ses copines, c'est d'avoir un mari et des enfants !

On est plus proche d'un Harlequin ou d'un Barbara Cartland, que de la subtilité de Jane Austen, et la chronique se résume plutôt à des potins à la gossip girl qu'une réelle satire subversive. L'objectif principal est de deviner qui est l'auteur des potins de la cour (j'ai vite trouvé). 
Une série agréable à regarder pendant les premiers épisodes, lourde sur les derniers. Pour la subtilité, revoyez plutôt les adaptations de Jane austen, Downton abbey ou le film de Scorsese Le temps de l'innocence.

 

03/03/2021

Designated survivor

série, 24h chronoOn m'a conseillé la série, sur un homme qui travaille au gouvernement américain et se retrouve propulsé président après qu'un attentat terroriste a tué tous ses confrères. Il est "designated survivor", ce qui signifie que si les gens au sommet de l'état meurt, c'est le prochain sur la pyramide qui lui succède. Voilà comment le onzième sur la liste, un simple conseiller au logement, se retrouve président malgré lui. "Il porte un sweat à capuches, il n'est pas préparé à ça". J'imaginais donc un geek rigolo un peu à la masse, une série un peu comique avec des bras cassés comme Parks and recreation, Spin city ou Veep. Qu'elle n'est pas ma surprise lorsque je découvre que le balourd que je supposais n'est autre que Jack Bauer, le sauveur de l'humanité invincible de 24h chrono ! Le héros qui prend les plus gros risques dans un temps imparti, sans dormir ni manger. J'avais adoré cette série, révolutionnaire pour son époque (déjà 20 ans !)

Je ne doutais donc pas une seule seconde que Jack Bauer allait faire un bon président pour cette nouvelle série. Effectivement, devenu chef de la plus grande puissance mondiale en 2 minutes, sans préparation, alors qu'il mangeait tranquillement devant son écran, il maîtrise ses nerfs et son rôle à merveille, prend les décisions les plus justes et sensées.
Il est présenté comme un naïf idéaliste, car il n'est pas corrompu et ne s'intéresse pas au pouvoir, il veut simplement améliorer les choses (avant, pour le logement, maintenant, pour ses compatriotes). Il n'est pas opportuniste, ne retourne pas sa veste toujours du bon côté. La série ménage habilement les sensibilités politiques de ses spectateurs : on comprend le nouveau président progressiste (il s'alarme que dans un état du Sud, les musulmans soient pris à parti car considérés comme responsables de l'attentat) les républicains sont souvent agressifs et source de conflits, mais le président n'est pas non plus ouvertement démocrate, il est officiellement sans parti.
J'ai adoré les rouages de la politique, des magouilles diplomatiques ("si vous m'aidez là dessus, je vous libère un otage" etc...) des manoeuvres des journalistes pour obtenir des scoops, et du gouvernement pour ne pas révéler les infos sensibles tout en ayant l'air de répondre aux journalistes (bref, la langue de bois). 

série,24h chronoJ'ai même plus apprécié cette partie politique que la partie enquête policière, plus convenue. On se doute que si les islamistes sont désignés coupables d'office, les vrais responsables de l'attentat ne sont pas eux mais des adversaires politiques (un peu comme le "tiens, on va dire que l'Irak a des armes de destruction massive pour lui déclarer la guerre" ) Le suspense fonctionne bien, mais 20 épisodes, c'est  trop long : 10 auraient suffi.
On s'attache aux personnages bien campés, mais la fliquette incorruptible et courageuse ressemble à un mannequin, de même que les collaborateurs du président, c'est un peu too much. Ce qui m'a le plus dérangé, c'est le côté "travail famille patrie", la glorification de l'américanisme, les "god bless america, on est les plus forts, on se relève toujours."
Le sens du sacrifice et la dignité du président exemplaire m'ont fait sourire aussi, car on est est loin de la réalité d'un Trump ou de la corruption française, où on apprend chaque jour qu'un politique est mis en examen ou mêlé à des affaires...
Le nouveau président dort 2 heures par nuit. Moi quand ça m'arrive, je suis décalquée pendant une semaine et je ne sais plus comment je m'appelle, alors à sa place je ferais tout sauter sans faire gaffe "oups, trompée de bouton, j'ai envoyé une ogive nucléaire ! j'ai cru que c'était l'interrupteur !"
Une bonne série, mais je n'ai pas poursuivi la 2ème saison. 
Designated survivor, saison 1, sur Netflix

19/02/2021

Ovni(s)

ovnis.jpg1978. Didier Mathure (Melvil Poupaud♥) brillant ingénieur spatial, voit son rêve partir en fumée lorsque sa fusée explose au décollage. Sa femme et collègue (Géraldine Pailhas) le quitte, il ne  comprend pas ses enfants. Alors qu'il pensait avoir touché le fond, il est muté à la tête d'un bureau d'enquête spécialisé sur les ovnis, le GEPAN, géré par une équipe qui donne effectivement l'impression de vivre sur une autre planète : Véra Clouzeau, "comme l'actrice mais ça s'écrit pas pareil" lunaire, un geek persuadé de l'existence des extra terrestres, et un ancien des RG un peu parano (Michel Vuillermoz).
La mission du nouveau directeur : trouver des explications scientifiques aux apparitions de soucoupes volantes qui défraient la chronique, notamment dans les émissions de Jean-Claude Bourret. Un véritable enfer pour ce cartésien invétéré qui n'a plus qu'une idée en tête : se tirer de là au plus vite. Mais un événement extraordinaire va bouleverser ses certitudes, et lui ouvrir les portes d'un monde où plus rien n'est impossible...

J'ai adoré cette série, car elle a tout pour me plaire : humour absurde et poétique, nombreuses références cinéphiles, nostalgie des années 70. Surtout, elle joue sur l'émerveillement, et ceux qui ont gardé leur âme d'enfant comme moi qui ai toujours 10 ans, ("je sais que c'est pas vrai mais j'ai 10 ans"), ne peuvent qu'apprécier ! Comme le dit Véra, mon personnage préféré : "ça s'appelle la poésie, et c'est un besoin qui relie toute l'humanité". 

série,série mycanalLa série est en apparence légère en maniant l'humour absurde, mais elle se base sur des faits réels : le GEIPAN existe vraiment et Ovnis s'inspire de faits réellement observés. Elle mêle poésie, science et enquête avec brio. Moi qui m'ennuie vite et devine souvent la fin, j'ai été happée et j'ai hâte de connaître la suite ! Le rythme reste haletant, dès le générique.

Ovnis utilise de nombreuses références à Spielberg, Tati, et même à Gaston Lagaffe, avec les dossiers qui s'entassent dans le bureau et tombent des placards. 
Le soin apporté à la reconstitution des années 70, aux décors, aux vêtements, aux tapisseries, m'a rappelé le plaisir que j'ai eu à retrouver des objets de mon enfance dans Stranger things

L’excellente bo est aussi soignée que les décors et reprend des musiques de films de l'époque  : Une série qui utilise dès les premières minutes le sifflement de Coup de tête (la musique à la fois joyeuse et mélancolique que j'ai en tête constamment) puis la mélodie hongroise de Schubert qu'on entend à la fin de Préparez vos mouchoirs, deux comédies avec Dewaere, ne peut être qu'excellente ! Le thème du carillon d'Ennio Morricone dans Et Pour quelques dollars de plus revient souvent. La musique électro planante de Thylacine correspond bien à l'univers rétro et cool de la série, comme ici en lien.  Le compositeur modernise des morceaux de Jean-Michel Jarre que j'écoute régulièrement depuis. 

ovnis boule.jpgLes personnages sont tous excellents et bien interprétés. Certains esprits chagrins ont critiqué des caricatures, mais le propre des comédies est d'exagérer des défauts pour en rire ! La majorité des ressorts comiques reposent sur ce principe : un héros en apparence "normal", entouré de bras cassés, comme Jim dans The office par exemple.
Je trouve les personnages d'ovnis pas si fous que ça. (voir les teasers en lien) Je ne pense pas qu'ils soient présentés pour qu'on se moque d'eux, au contraire, ils sont très sympathiques grâce à leur poésie et sincérité. Rémy le geek qui croit aux ovnis est un génie de l'informatique. Véra a l'air perchée, mais c'est elle qui résout la plupart des enquêtes. Elle rayonne, sa fraicheur, sa spontanéité, sa vivacité me la rendent très attachante. Une bouffée d'air frais que je voudrais avoir pour amie ! J'aime sa façon de voir les choses : "moi je trouve ça bien, un peu de mystère. " "Souvent quand il y a un événement qu'on ne comprend pas, on se dit que le mieux ce serait de faire comme si rien ne s'était passé. alors que moi je pense qu'il faut faire tout le contraire !" Le monde se porterait mieux avec plus de gens comme elle.

Au final, le plus fou est peut-être celui qui se croit le plus normal, le directeur, car il accumule les erreurs de jugement. Il est incarné par Melvil Poupaud♥ mon grand amour d'adolescente dans Conte d'été. La relation qu'il entretient avec sa famille est jouissive : quand il est convoqué à l'école parce que le petit a voulu faire décoller une fusée avec des pétards, au lieu de le gronder comme l'espère la directrice, il lui explique quel explosif il aurait dû utiliser pour pouvoir réussir son expérience scientifique. Il n'hésite pas à dire à ses enfants qu'ils ne sont pas des priorités, quand il s'absente du spectacle de fin d'année du petit dernier pour une enquête par exemple :  " il y a plus important que toi dans la vie, là je dois régler tel problème" ou quand il apprend l'âge de sa fille qui veut rejoindre les hippies du Larzac : "t'as 17 ans ?" La plus équilibrée au final (et la moins drôle du coup) c'est sa femme, incarnée par la trop rare Géraldine Pailhas, toujours aussi belle. 
Ovni(s) à voir sur Mycanal pour une bouffée d'air frais nostalgique !

02/02/2021

Bilan "je suis culturée" semaine 4

soul.jpg6 FILMS :
Animation :
- Soul de Peter Docter, 2020, Disney
- Rox et Rouky, 1981, Disney
- Les aristochats, 1971, Disney
- Les enfants de la mer de Ayumu Watanabe, 2019, Canal+

- Appaloosa de Ed Harris, 2008
- Argo de Ben Affleck, 2012

2 SERIES :
ovni serie.jpgCoup de coeur :
- Ovni(s), Canal+

- Lupin, Netflix

4 DOCUMENTAIRES :
- Nazis, la fabrique du mal : Goering, Histoire
- Cosmos, épisode 1 et 2 : vers les étoiles et zone habitable éphémère, Disney
- C'est un complot ! On n'a pas marché sur la Lune, Histoire
- La science des émotions : se réconcilier avec, episode 1, Planète

1 LIVRE :
- Quelques artistes et gens de lettres, Sempé

 

28/11/2020

Les pires collègues

emily travail.jpgSuite de la comparaison entre Emily in Paris et Papillote in Paris:
J'ai eu le malheur de quitter ce job génial (relire ici) pour tenter ma chance à Paris. Je me suis retrouvée à bosser pour un magazine féminin, avec des filles aussi hautaines et peu sympas que la cheffe d'Emily. Dans la série, l'héroïne propose à ses collègues de déjeuner ensemble. Chacun prétexte une excuse pour décliner, mais ils se rendent tous ensemble sans elle au restaurant.

Pour moi, c'était pareil. L'été, j'allais manger seule mon sandwich dans le parc comme Emily, l'hiver, je réchauffais mon tupperware au micro-ondes dans la petite salle de pause, pendant que mes collègues se rendaient chaque midi au restaurant et revenaient en gloussant. Mon seul réconfort est venu d'un correcteur, qui a ma énième blague non comprise par les pouffes sans référence, s'est retourné vers moi pour me dire, je me souviens mot pour mot : "mais qu'est ce que tu fais ici, au milieu de ces pintades décérébrées ! T'as un cerveau toi ! t'es intelligente,  drôle, fine ! pourquoi tu ne postules pas pour un vrai journal ?"

comment supporter ses collègues, travail, pôle emploi, série, emily in parisComme Emily, les pintades aussi me trouvaient plouc, parce que les premiers jours de travail, on m'a demandé de couvrir un nouveau produit que lançait l'auréole parce que je ne le vaux pas. La promotion se déroulait dans un palace de l'avenue Montaigne, et j'ai demandé innocemment où c'était. Les pouffes ont pouffé, chose qu'elles savaient le mieux faire, et j'ai entendu ensuite les décolorées reparler de ce dialogue en me traitant de "plouc". Oui, je ne connaissais pas encore l'avenue Montaigne, la plus cotée de Paris, avec ses boutiques de luxe, ses palaces donnant sur la tour Eiffel (vue qui m'impressionne peu, je préfère un beau paysage de nature.) Je débarquais de Lyon, donc de la province, donc de la cambrousse pour eux. (Je suis née et j'ai vécu à Lyon hein, 2ème ville de France, même pas en banlieue ou une ville à côté ! Mais tout ce qui n'est pas parisien est "plouc".)

Le pire du mépris, je l'ai rencontré pendant ma longue période de chômage. Inscrite en intérim, je me suis ironiquement retrouvée à bosser pour l'une des marques qui, quand j'étais journaliste, me cirait les bottes, m'invitait à des réceptions chics, me couvrait de cadeaux pour obtenir un article, une pub. Là, je ne faisais qu'un travail de subalterne, de la mise sous pli. C'est tout ce que j'avais trouvé, après 6 mois de chômage non payé suite à un bug informatique de pôle emploi. Pour ce travail, les collègues n'ont pas jugé utile de me céder un bureau. Ni même une chaise. J'ai travaillé assise par terre, à leurs pieds, comme un chien. Ils m'enjambaient en pestant pour pouvoir passer, comme certains évitent un clodo devant l'entrée du monop'.

Les collègues parlaient à côté de moi, sans jamais m'inclure dans leurs conversations, comme si je n'étais pas là. Pourtant, ils évoquaient souvent des films et séries qu'ils avaient vu la veille, et dans les temps anciens, j'étais journaliste ciné, étudiante en cinéma bac +5 et major de promo, mais pour eux, comme désormais, je ne faisais que de la mise sous pli, ma parole ne valait rien. Tous les midis, ils débattaient longuement pour savoir dans quel resto ils allaient manger cette fois-ci "sushi ? ah non on en a déjà fait un mardi!" Quand j'ai demandé naïvement le premier jour si je pouvais les accompagner, on m'a rétorqué qu'il y avait "des distributeurs de sandwichs dans la salle de pause". 
Parce qu'ils représentaient des marques de luxe, ils se croyaient au-dessus des autres, comme si leur produit déteignait sur eux. Comme les collègues de la série.
Donc non, Emily in Paris n'est pas si cliché, j'ai connu pire !

à suivre...

 

26/11/2020

Emily in Paris et les Français glandeurs

emily collegues.jpgLire le début ici.
Emily débarque dans une agence de marketing de luxe. Les employés sont hautains, la traitent de plouc, commencent à bosser à 10 heures 30 et prennent 3 heures de pause déjeuner à midi. Quand elle essaie de leur imposer une charte de travail américaine, avec des horaires de travail stricts, son collègue lui rétorque "qu'en France, on ne vit pas pour travailler comme les Américains, mais on travaille pour vivre."

J'ai bossé avec des journalistes, des gens de la com et du marketing, et certains ressemblaient à ceux de la série : méprisants, superficiels et glandeurs. Par exemple, dans mon journal, on arrivait à 10 heures. Je lisais l'édition du jour, vérifiant au passage si mes articles avaient été tronqués. Après ma lecture, chacun se rendait à un déjeuner de presse, tout simplement une marque qui offrait un repas somptueux aux journalistes en échange d'un article sur leur produit : c'est à dire une pub. Les déjeuners se déroulaient dans les meilleurs restos de la ville, les plus réputés, les plus chers, aux mets les plus savoureux, et se prolongeaient pendant 3 heures, copieusement arrosés. Je rentrais à la rédaction éméchée vers 16h. J'écrivais mes publi reportages mes articles d'investigation en attendant les prochaines sorties, invitations à des cocktails de promotion le soir, où l'on me couvrait à nouveau d'alcool, de foie gras et de cadeaux.

J'étais épatée par tant de luxe et de chance, mais comble de l'indécence : les journalistes se plaignaient qu'en échange de leur annonce publicitaire, "avant, on leur offrait des vacances d'une semaine". Ils se remémoraient leurs meilleurs souvenirs : "tu te rappelles le séjour en Afrique au club med ?" "et les 15 jours avec les miss France à Tahiti ?" tout se perd, maintenant on a juste le droit à un pauvre déjeuner..."
J'étais estomaquée et quand je protestais qu'on était déjà bien privilégiés, ils riaient de mon innocence (je débutais dans le métier).

Ensuite, j'ai eu le malheur de quitter ce job génial pour tenter ma chance à Paris. Je me suis retrouvée à bosser dans un magazine féminin, avec des filles aussi hautaines et peu sympas que la cheffe dans la série Emily in Paris...

à suivre...

25/03/2018

Black mirror, la meilleure série du moment

black mirror chute libre 1.jpgEn tant que mémé nulle en nouvelles technologies, je ne peux qu'adorer cette série qui dénonce les travers de la société actuelle, en montrant ce qu'elle peut engendrer : la technologie qui déshumanise et isole les gens, les réseaux sociaux et médias qui créent comparaisons et mensonges. Certains épisodes sont déjà d'actualité et ne font même plus peur, tellement certains se sont habitués à être surveillés par les nouvelles technologies ou mis en compétition sans cesse.

Ainsi, le premier épisode de la saison 3, Chute libre, est parfois jugé « gentillet ». On ne voit même plus où est le mal, puisqu'on le vit déjà : on n'ose pas remettre en question sa réalité. Dans cet épisode, quand on se promène dans la rue ou attend à une caisse de magasins, on a immédiatement accès au nom de la personne qui nous fait face, et la possibilité de lui donner une note : si le serveur a été aimable, on le juge favorablement, s'il a été trop lent, on le sanctionne. Ceux qui ont les meilleures notes, les gens les plus populaires et les plus policés, qui rentrent dans le moule, qui font toujours preuve d'un optimisme feint, sont récompensés. Ils peuvent avoir accès à des quartiers résidentiels par exemple. L’héroïne de cet épisode, incarnée par Bryce Dallas Howard (la jeune fille de l'eau) espère intégrer ce beau monde. Elle consulte un coach pour accroître sa popularité. Le spécialiste lui conseille :
black mirror chute libre.jpg« Ce sont essentiellement des gens de "secondes conditions" comme les caissiers qui vous voient positivement. Pour être valorisée, vous devez obtenir de bonnes notes de gens populaires et hauts placés. »
Justement, une de ses personnes se marie et invite Bryce, qui était pourtant son souffre douleur au collège. L'héroïne accepte, car elle veut jouer le jeu pour intégrer cette société artificielle. Mais rien ne se passe comme prévu, évidemment. La morale qui en résulte : « moque-toi de l'avis des autres, sois toi même et sois libre »

Chute libre renvoie à notre réalité : lorsqu'on rencontre quelqu'un, il suffit souvent de taper son nom sur internet, pour trouver son cv, son instagram, son facebook. La personne se vend comme un produit : « J'ai beaucoup d'expériences professionnelles, embauchez-moi. » « Regardez ma vie de rêve, admirez-moi : je fais de beaux voyages, regardez les belles photos; voyez mon dernier repas, comme je suis une cuisinière parfaite. » Ces personnes font la course aux likes et pour certains arrivent même à monétiser leur popularité, en faisant par exemple des articles promotionnels. 
Pour être le plus populaire possible, plaire au plus grand nombre, il faut être le plus aseptisé et poli possible. Dans l'épisode de la série, plus personne n'ose dire ce qu'il pense vraiment de peur d'être mal noté, chacun reste sur ses gardes et craint de faire un pas de travers. Cet épisode qui est jugé gentillet me paraît pourtant effrayant, car il est réaliste. Il ne dénonce même plus ce qui pourrait arriver dans le futur si on continue d'agir de la sorte, on en est déjà arrivé là, il parle de notre présent ( voir en lien ce qu'il se passe en Chine): en cela, il est terrifiant. 
Chute libre est réalisé par Joe Wright (Orgueil et préjugés).

 

06/02/2018

Les séries fantastiques de l'année : Twin Peaks, 22.11.63 et Room 104

twin peaks 3.jpg- Twin peaks, saisons 1, 2 et 3

j'ai adoré la première saison, que j'ai vu à l'époque sur Arte en VF. J'ai regretté que l'affaire Laura Palmer soit résolue au bout de quelques épisodes de la saison 2, et surtout les égarements de la série. Par exemple, James quitte la ville, est recueilli par une femme qui veut lui coller l’assassinat de son mari sur le dos. Quel intérêt à cette histoire secondaire qui n'apporte rien à la trame principale ?
La saison 3 poursuit ses écarts, en partant dans tous les sens. Des personnages sont abandonnés en cours de route (que devient Audrey ?) et le dernier épisode ne résout pas grand chose. La série nous perd volontairement et crée une fascination sur les réseaux sociaux (les fans n'évoquent pas des épisodes mais des "parties"). Twin Peaks est considérée comme une œuvre d'art, incompréhensible car trop géniale et en avance sur son temps. Si j'ai moi aussi été épatée par la beauté de certaines scènes, comme celle-ci en lien, ou l'étrangeté d'autres, comme celle-là, j'ai tout de même trouvé que David Lynch nous prenait pour des jambons.
twin-peaks-scène.pngAu final, j'ai surtout apprécié de revoir les acteurs 25 ans après (voir les photos avant/après en lien). On dit que les personnes au physique avantageux vieillissent mal, et inversement... La série le confirme. Certains sont méconnaissables, comme le beau Bobby devenu tout blanc de cheveux. La magnifique Audrey au teint de poupée de porcelaine a bien grossi, quant à Shelly, je ne l'avais tout simplement pas reconnue. Mais Nadine le pirate, qui à 35 ans en paraissait 60, n'a donc pas pris une ride, enfin elle les a conservées, elle fait enfin son âge, et la mère de Laura a toujours la même tête de poisson dépressif. Je regrette cependant l'absence du shérif et de la belle Donna.
De cette troisième saison de Twin Peaks, je retiens surtout les chansons jouées dans le bar à chaque fin d'épisode, comme Wild west de LissieShadows de Chromatics, The cactus blossoms ou la musique originale de Badalamenti, heartbreaking.

Déception :

- 22.11.63 d'après Stephen King

Adaptation du roman de Stephen King, où le héros (James Franco) trouve une porte menant à l'Amérique de 1960. Il tente d'éviter l’assassinat de JF Kennedy, pour que la société future se porte mieux. On va enfin admettre que Lee Harvey Oswald n'est pas le seul coupable avec sa balle magique aux 8 impacts différents ? Que la CIA, le FBI les Ovnis et tout le tralala sont derrière tout ça ? Comment sera le monde avec JFK imaginé par Stephen King : fin de la guerre froide, plus d'égalité ? J'étais impatiente de le découvrir, et ça a été une grosse déception. L'histoire tourne autour du pot pour finir en eau de boudin... Quel dommage.

- Room 104

Chaque épisode de 20 minutes se passe dans une même chambre d'hôtel, mais avec des histoires différentes, surnaturelles, horrifiques, comiques... Très inégal, sans grand intérêt, j'ai abandonné au bout de deux épisodes.

 A suivre : Narcos