30.09.2009
Des chats très cons


Ça fait longtemps que je n’ai pas parlé des chatons très cons. Ils sont toujours aussi cons, mais plus vraiment chatons.
Le véto a dit : « Ouh là, 4 kg, faudrait pas qu’ils grossissent plus ! »
8 mois et des tonnes de mou plus tard, les chats pèsent 7 kilos. Presque le double. En fait, l’expression « ventre à terre » ne signifie pas « courir vite » mais que le chat avance à deux à l’heure parce qu’il est ralenti par son ventre traînant sur le sol.
Le plus gros des chats est Papillote (hé ! c’est pas moi ! je suis pas grosse! je suis un estomac sur pattes mais pas un ventre à terre !) Papillote a donc été judicieusement rebaptisée par des mauvais esprits « le panda »

ou « la vache normande ».

Je surnomme son frère Litchi « gros tas ». Pour elle, logiquement, j’utilise le féminin « grosse tasse ».
Les chats sont toujours aussi cons. Quand je les compare à mon ancien chat adoré de la photo de profil, je comprends mieux pourquoi certaines personnes ne vouent pas comme moi un culte aux félins.
Mon chat idolâtré possédait la grâce féline énigmatique qui fascine tant les écrivains. (« L’homme doit travailler dur pour qu’on se souvienne de lui. Un chat le fait facilement, il n’a qu’à apparaître et sa présence demeure les jours de pluie » disait Einstein).
Les deux gros tas, eux, ont moins de classe. Ils se tournent avec difficulté et peinent à atteindre les différentes parties du corps pour se laver. Ils ont la grâce des hippopotames en tutu dans Fantasia.

Quand mon chat adoré souffrait de la chaleur, elle se plaçait intelligemment au bord de la rivière pour se rafraîchir. L’aristochatte se posait délicatement sur la mousse du cours d’eau presque asséché.
Les deux péquenots, eux, s’étalent comme des paillassons sur le gravier, en plein cagnard, la langue pendante, se demandant pourquoi ils ont aussi chauds. J’ai suggéré à ma mère de les arroser au jet d’eau pour les soulager, mais curieusement elle a crié que j’étais sadique. J’ai aussi proposé de tondre leur épaisse fourrure, mais elle a failli faire une syncope. Les gens ne savent pas apprécier l’aide d’une âme charitable.
La nuit, mon chat adulé se couchait au fond de mon lit. Il réchauffait mes pieds constamment froids. Il ronronnait, ce qui m’aidait à m’endormir (c’est prouvé scientifiquement !). Quand la machine à ronron se taisait, il suffisait que je la touche du pied pour la remettre en marche. Si je voulais qu’elle parte, je la poussais un peu plus fort et (l’esclave) s’en allait.
Les deux gros chats dorment avec moi. Mais ces rebelles ne ronronnent que le minimum syndical. Ils s’étalent le plus possible et se couchent où ils veulent : sur l’oreiller, ou chacun d’un côté du lit, avec moi au milieu. 3 dans un lit de 80 cm de large, c’est beaucoup. J’essaie de déloger ces malotrus, mais ils s’accrochent de toutes leurs griffes en tirant les fils et faisant des trous dans les draps. Je capitule, et m’endors tant bien que mal recroquevillée dans un coin du lit, pendant que les deux gros monopolisent la place, allongés en diagonale.
Dès qu’une nouvelle personne dort à la maison, ils lui font subir ce supplice du « c’est chez moi ici, pousse toi de là que je m’y mette ». On voit qui sont les maîtres du château.
Sont peut-être pas si cons, finalement.
J’ai encore beaucoup d’anecdotes sur l’aristochatte, gros tas et le panda, je vous les réserve pour le jour où ils atteindront les 12 kilos.
Je plaisante hein, j'en donne pas l'impression, mais j’aime bien mes chats.
Donne chats obèses, pas trop fut fut, squattant tous les lits, semant des poils et des cadavres de rats un peu partout, et braillant comme des veaux pour réclamer leur pitance. Si réponse sous une semaine, sacs de croquettes allégées en prime
NDLR : L’aristochatte et la grosse tasse sont des femelles, mais dès que je dis « chatte » y a toujours un lourdaud pour déconner. Je n’imagine même pas les requêtes des mecs qui se pointeront ici en ayant tapé ce mot sur le net…
Certains ont atterri sur ce blog en tapant « grosse mamelle » «comment emballer une fille », ou des trucs plus sympas comme « pourquoi les vieux font du bruit en mangeant » « motards nigauds » « comment chasser les chats » (OH !) ou « comment pas s’ennuyer ». (Pour cette dernière requête, mon blog est une bonne solution, je trouve. Hi hi.)
11:44 Publié dans Les gentils n'animaux | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : jolis chatons, comment dresser son chat, que donner à manger à un chat trop gros
28.09.2009
Le dos nu
Comme promis la dernière fois, j’évoque le dos nu :
Ma mère : « c’est quoi, un dos nu ?
Moi : - Ben c’est un vêtement qui est ouvert dans le dos…
Mère : - Non, mais là ça se fabrique avec une sorte de casserole apparemment
Moi : - Un dos nu ce serait plutôt avec une machine à coudre…
Mère : - Tiens, écoute : « la poêle X 312 V6 vous permet de faire plus facilement des dos nus »
Moi : ????!!??!!???
Puis je comprends.
Moi : - Aaaaah ! des doneutes ! des donuts ! C’est comme des beignets !
J’attends le jour où ma mère me parlera de paon qui caque, de pancake, de crêpe quoi.
Je me moque, mais quand j’ai appris l’anglais au collège, ça a été un choc de comprendre que mon T-shirt préféré, mon « c’est à lif » (qui était en fait à moi) se prononçait en fait « si laïfe », «sea life » ! De toute façon, comme je parlais de mon maillot uniquement avec ma mère qui ne comprend pas l’anglais, j’ai continué à dire : « il est lavé mon c’est à lif ? » « J’ai une tâche sur mon c’est à lif ! »
Mais attention : le dos nu ne s'associe pas avec un jean pour aller à l’opéra, mais convient très bien pour la perro, euh, l’apéro.
C'est très clair.
18:30 Publié dans Oh ? y a des gens autour ! | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : mode, trouver un beau dos nu pas cher, recette de donuts
25.09.2009
Le voisin Jean
Cet été, je vous ai rapporté des paroles d’enfants sages (ou presque). Cet automne, voici les propos des vieux (en hiver, les ados).
Ma mère : « Qu’est ce qu’il est devenu, ton Jean ? »
Dans ma cambrousse on appelle les gens « le Robert », « le pépé », « la mère Michel »... Quand on est lié à la personne, on peut dire « ton Choupinounet », mais en général le pronom possessif est plutôt péjoratif :
« Ce soir y a ton "faîtes entrer l’accusé" qui passe à la T.V ». Ce qui signifie : « moi, je n’aime pas cette émission, et toi si, alors c’est la tienne. Je marque notre opposition par le pronom ». On est compliqué dans mon patelin.
Dans cette conversation, je ne vois pas trop pourquoi ce serait « mon » Jean.
Moi : « Rien de spécial pourquoi ?
Mère : - Je trouve qu’il a pris un coup de vieux, faudrait faire quelque chose…
Moi : - Qu’est c’tu veux y faire ? On ne va pas lui acheter de la crème anti-rides !
Mère : - On peut l’arranger, ou en prendre un nouveau…
Moi : - Tu veux prendre un nouveau voisin ? !
Mère : - Je te dis d’acheter un nouveau Jean !
Moi : - ??????!!??!!???
Puis je comprends.
Moi : - Aaaaaaah ! Un nouveau jean ! Un nouveau djine ! Un pantalon !
Mère : - rooh..oui…un jine…(sans dire le d). Je sais pas comment vous prononcez, vous, les jeunes… »
Puisqu’on parle chiffons, la prochaine fois je vous parlerai du beau dos nu que ma mère a voulu acheter…
(Les blogs de fringues ont de l’affluence : je répète : sur un malentendu ça peut marcher !)
15:00 Publié dans Oh ? y a des gens autour ! | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : comment comprendre le patois des vieux, comment parler aux vieux, un jean à la mode pas cher
23.09.2009
Panne d'électricité
Dimanche, confortablement affalée sur le canapé, je mange du chocolat noir truffé en regardant mon émission fétiche :
« Alors Dominique, le meurtrier est arrêté 128 fois, mais la police le relâche faute d’éléments !
- Tout à fait Christophe. Et le plus étonnant, quand on lit le rapport du psychiatre… »
Pan, pan pan ! Schtong !
Plus rien. Noir total. Plus de télé, plus de lumière. Plus d’électricité.
Moi : « M’enfin ! Juste au moment le plus intéressant ! T’as entendu le pan pan pan ? Comme quelqu’un qui donne des coups… Ça c’est un acte criminel ! De toute façon, me faire rater mon programme chéri, c’est déjà un crime ! »
On se penche aux fenêtres, comme tous les voisins. C’est marrant, je ne leur parle que dans ces moments-là :
Homme étage au-dessus : « Vous avez de l’électricité vous ?
Dame en nuisette dans l’immeuble en face : non, ça a coupé d’un coup !
Moi : c’est tout le quartier on dirait »
Un troupeau de voisin en pyjama se regroupe dehors, devant le transformateur d’électricité.
Choupinounet, action-man : « J’y vais. Je vais leur expliquer qu’on a entendu du bruit, comme quelqu’un qui tape sur le transfo.
Moi : - T’es fou ! Un criminel revient toujours sur les lieux de son crime ! Après il va se venger sur notre porte comme la fois où j’ai refusé de faire rentrer le taré…» (un mec qui criait dans la rue. Je ferme mes volets au même moment et il me demande de lui ouvrir la porte « parce qu’il entend un enfant pleurer dans l’immeuble » Oui, c’est juste le bébé du 4ème qui fait pas sa nuit comme d’hab)
Bien sûr on explique quand même qu’on a entendu un bruit suspect, mais ça n’intéresse personne. Les voisins ne doivent pas être fan d’émissions criminelles, eux. On attend que E.D.F se pointe, mais ce sont les pompiers qui débarquent avec la lance à incendie.
Ils se penchent à 4 pattes sur la grille, disent que ça sent le brûlé, puis se dirigent vers un magasin, nez en l’air.
Moi, toujours méfiante et inquiète: « Regarde : ils ne savent pas d’où vient l’odeur ! On va tous cramer !
Choupinounet, toujours confiant et calme : - meuh non…
Moi : mais si ! En plus, comme on n’a plus d’électricité, les voisins doivent utiliser des bougies. Comme c’est minuit, ils vont s’endormir en les laissant allumer et on va tous brûler ! C’est super fréquent, je l’ai lu ! (En général je sors des statistiques et pourcentages, mais là j’avoue, je n’ai pas de chiffres) L’immeuble est habité par des vieux, et les vieux sont connus pour tout oublier et s’endormir subitement ! Sinon y a que des jeunes filles célibataires, et les femmes adorent mettre des bougies partout pour créer une atmosphère romantique ! On va mourir carbonisés !
Choupinounet : T’as vraiment trop d’imagination…allez viens te coucher, on n’a plus que ça à faire…
Moi : - Nan ! Je ne veux pas crever dans mon sommeil ! »
J’exagère bien sûr. Je sors mon texte sur un ton humoristique, mais c’est vrai que je ne suis pas totalement détendue non plus pour une bonne nuit de sommeil…
C’est vrai aussi qu’on ne peut rien faire. Impossible de lire sous la lueur des bougies. On est vraiment dépendant de l’électricité. Résignée, je me couche, même si je me réveille toutes les deux heures pour vérifier que mes pieds ne brûlent pas. En fait, c’est le bruit qui m’empêche de dormir: EDF a installé un énorme camion qui génère de l’électricité en faisant un boucan d’enfer, juste sous nos fenêtres non isolées.
Le bruit insupportable dure 24 heures, avec des coupures d’électricité toutes les deux heures, aux moments critiques :
- Tiens, il est onze heures ! Le réveil n’a pas sonné ! Ils vont être contents au boulot…
- Une bonne douche brûlante pour détendre le dos…AAAaaaaH ! C’est gelé !!!!
- Mmmm, je vais me cuisiner une bonne purée de patates douces…pfouh, j’ai mis trois heures à les éplucher, enfin je fais chauffer…ah, il y a plus d’électricité…
- Voilà, j’ai fini mon article, je n’ai plus qu’à enregis….hé !!!! "
Si quelqu’un veut me raconter la fin de l’émission que j’ai ratée…
Mais au fait, quizz on connaît l’émission : quel est mon programme favori ?
Et toujours le syndrome de la chansonnite : maintenant j'ai la comptine "au feu les pompiers, la maison qui brûle" qui me trotte dans la tête...
18:27 Publié dans J'ai bobo là, Souvent, je suis en vacances | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : au feu les pompiers, que faire en cas de panne d'électricité, numéro des pompiers
21.09.2009
Deuxième rendez-vous à l'ANPE
A l’occasion de mon deuxième rendez-vous à l’ANPE en juin, j’ai raconté mon premier entretien qui date d’octobre 2007. J’ai aussi relaté avec un an de décalage mon anniversaire poisse. Le 24 décembre, je compte donc vous décrire mon anniversaire de 2008. Logique.
Cette fois, j’attends seulement trois mois pour raconter mes exploits. Je fais des progrès.
Ce deuxième entretien étant individuel, je suis moins stressée que le premier, collectif. (C’est-à-dire que je réussis à dormir au moins 4 heures la nuit précédente).
N’empêche, quand la conseillère de l’ANPE vient me chercher dans la salle d’attente, j’ai les mains moites. En me serrant la main, elle fait la grimace. Je la suis jusqu’à son bureau, et en chemin, je la surprends s’essuyer la paume sur sa cuisse… Du coup je suis encore plus mal à l’aise, donc encore plus transpirante…ça commence bien.
Assise à son bureau, je lui récite mon texte de présentation, bien potassé cette fois.
Elle me regarde avec des yeux ronds.
Conseillère : « Non mais là ça va pas aller, on ne s’occupe que de ceux qui ont minimum deux ans d’expérience dans le domaine.
Moi : - Ah…
Conseillère : - Qu’est ce qu’on fait maintenant ?
Moi : - ben…. (Je pense : « c’est pas à vous de me le dire? »)
On se dévisage pendant de longues minutes dans un silence pesant.
Puis elle pianote sur son ordinateur, l’air découragé :
Conseillère : « Pfouhhh…qu’est ce qu’on peut trouver comme solution… »
Pendant ce temps je meuble la conversation en racontant mon expérience foisonnante dans le monde du travail. Elle ponctue mon récit par des « mmmhum…. » très encourageants. Je lui parlerais des chevaliers de l’an mil au lac de Paladru, elle serait tout aussi attentive.
Puis je me tords le cou pour scruter son ordi.
Je lis : « salut F…ça va ? Faut que je te raconte un truc… »
La femme surprend mon regard et tourne son écran.
Elle fait quoi au juste ? Elle s’occupe de mon cas ou elle discute avec sa copine ?
Conseillère : « Voilà…c’est envoyé. Sinon, à part ça…qu’est ce que je pourrai vous proposer…pfouh…
Moi : - Je me disais que je pourrais faire une formation pour mieux connaître l’informatique...
Conseillère (comme libérée d’un poids) : - Ah oui ! Très bien ! Je vous donne la liste des ANPE. Faut toutes les appeler et leur demander laquelle fait votre formation. Comptez 4-6 mois d’attente au moins… »
Elle me sort une liste longue comme le bras. Ils ne pourraient pas noter directement les spécialités de chaque agence ?
Le téléphone sonne.
Conseillère : « Salut ça va ? …c’est pas vrai ? …ah ah ah ! »
Les minutes passent. Elle écoute son interlocuteur en riant.
A mon tour de la regarder avec des yeux ronds.
Elle le remarque et me lance cette phrase devenue culte :
« Ne vous inquiétez pas, c’est professionnel »
En effet, c’est évident.
Elle raccroche enfin.
Conseillère : « Bon…comme vous ne correspondez pas à notre agence, je vais vous envoyer ailleurs. Mais où ? »
Elle regarde ses papiers. Puis passe un autre coup de fil.
Conseillère : « Ouais salut M ! » Elle écoute encore son correspondant en rigolant, puis elle se souvient enfin que je prend racine sur ma chaise : « j’ai en fasse de moi une dame qui… tu penses que je dois faire ça ? …ok ….bye…»
Elle raccroche, écrit cinq minutes sur son ordinateur, puis brise le silence :
« Voilà, je vous inscris dans cette agence. Ils vous appelleront pour un nouvel entretien. »
L’air embarrassé, elle ajoute : « je pense que ça correspond peut-être un peu mieux à votre profil… »
Traduction : « Je ne sais pas quoi faire de vous, alors je vous refile à d’autres qui ne sauront pas mieux que moi, puisque vous ne correspondez à rien. S’ils ne vous oublient pas pendant deux ans comme moi, ils ne vous seront de toute façon toujours d’aucune utilité. »
La nouvelle ANPE ne m’a toujours pas contacté. Je croise les doigts pour qu’elle ne le fasse pas.
18.09.2009
Les mots bleus de l'ANPE
Trêve de plaisanteries, les vacances sont finies (18 septembre, il était temps de s’en rendre compte). Deux ans dans le même boulot précaire, j’essaie de changer.
Choupinounet me fait des simulations pour mes entretiens :
Choupinounet : « et s’il te demande "quelles sont vos qualités pour ce travail ", qu’est-ce que tu lui réponds ?
Moi : - Je lui dirai les mots bleus, les mots qu’on dit avec les yeux, parler me semble ridicule, je m’élance puis je recule…
Choupinounet : - Rooh… et pour ton rendez-vous à l’ANPE, tu vas leur dire quoi ?
Moi : - toutes les excuses que l’on donne, sont comme les baisers que l’on vole, il reste une rancœur subtile, qui gâcherait l’instant fragile, de nos retrouvailles ! »
Vous en conviendrez, j’ai découvert le sens caché de la chanson. Les paroles n’évoquent pas une banale rencontre avec une femme, mais bien les rapports houleux avec le Pôle emploi, que j’ai déjà évoqués. C’est quand même plus original.
La prochaine fois, je vous raconterai enfin mon deuxième entretien à l’ANPE, promis depuis trois mois maintenant et réclamé à cor et à cri par (deux) 200 lecteurs.
Quizz on connaît la chanson : qui est l’auteur ? Facile…
15:34 Publié dans On connaît la chanson, Parfois, je travaille | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
16.09.2009
Cartes postales
Madame Kévin m’a tagué sur les cartes postales. Le principe : montrer 3 ou 4 cartes qu’on a reçues et les commenter si l’on veut, puis taguer quelqu’un d’autre.
J’adore recevoir des cartes. Je les affiche pour montrer combien j’ai plein d’amis qui pensent à moi. En fait je n’en reçois aucune personnellement. Je vais téléphoner à « Pierre je ne vous jette pas la pierre » de S.O.S détresse amitié.

J’aime beaucoup cette carte postale qu’un ami de Choupinounet lui a envoyée (quand je dis que je n’en reçois pas..). La carte provient de Cracovie en Pologne, la ville aux « mille églises ». C’est un vitrail qui représente Dieu. On dirait plutôt le roi Triton dans La petite sirène, mais bon…En France, je n’ai jamais vu ça !
Et on a reçu cette carte des îles Chausey de la part de mes beaux parents :

Comme chaque année, mon frère nous a envoyé à peu près la même photo de la mer, avec un texte identique : « Il fait beau, la mer est bleue et à 27 °.» Seule la température change dans son texte…

Pour beaucoup, écrire une carte postale est une corvée ou un truc bateau. Moi j’essaie de les personnaliser. J’écris des tartines comme d’habitude, je raconte en détail mes incroyables aventures. Je fais même des dessins pour expliquer les situations. Cette année les enfants que je garde m’ont dit que mes chamois dessinés avec soin ressemblaient à des vaches. Ils ne comprennent rien à l’art, ces morveux.
Je mets toujours ma carte dans une enveloppe puisqu’il n’y a plus de place pour écrire l’adresse dessus. C’est aussi parce que je ne veux pas que le facteur me lise. Cet été je n’avais plus d’enveloppe pour ma carte de Normandie et son destinataire l’a reçu 10 jours plus tard. Je soupçonne le postier d’avoir bloqué ma carte parce que j’avais écrit : « il pleut tous les jours ». J’ai appris que des gens ont lancé une pétition pour que la météo arrête de faire croire qu’il ne fait pas beau dans leur bled !
Mes cartes arrivent malgré tout à destination, même si elles sont adressées aux animaux domestiques et non à leur propriétaire :
Dupont Litchi
4 rue des chats
007 bled paumé
A défaut d’animaux (des barbares n’en n’ont pas, c’est fou) je note des surnoms, comme « Durand Cri-cri d’amour ».
Maintenant que vous savez que j’adore recevoir des cartes postales, vous comprenez ce qu’il vous reste à faire. Je surveille ma boîte aux lettres.
(J’adore donner des ordres aux lecteurs, ça produit l’effet inverse)
Je tague Professeur Debbie.
(Quizz on connaît le film : de quel long-métrage populaire est extraite la citation de Pierre ?)
Tain, je viens d'apprendre que Philip des 2 be 3 vient de crever à 35 ans ! Après Patrick Swaize, , les filles de mon âge doivent être dans tous leurs états. Heureusement pour moi, j'ai toujours eu des goûts de vieille et n'ai jamais aimé Dirty dancing et les boys band...
13:10 Publié dans Souvent, je suis en vacances | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : îles chausey, cavalaire, cracovie, jolies cartes postales
14.09.2009
tagada tagada voila les dalton...iens (bis)
Je finis par voir un ophtalmo. Par pour mon daltonisme, puisque je persiste à dire que je distingue très bien les couleurs, mais parce que j’ai des migraines atroces. A force de lire toute la journée, voire la nuit, je suis devenue hypermétrope. C’est une anomalie qui survient quand on a trop fatigué ses yeux, donc normalement autour de la cinquantaine...sauf qu’à l’époque mémé a 14 ans.
Au passage, je signale à l’ophtalmo cette « blague » de daltonisme. Il me refait passer les tests avec les ronds et confirme.
Ophtalmo : « vous ne pourrez jamais exercer certains métiers, comme travailler dans les fleurs, car il faut savoir accorder les couleurs.
Moi : - Mais mon oncle daltonien est fleuriste !
Ophtalmo : bon…si aucun client ne s’est plaint d’acheter des fleurs jaunes au lieu de rouges… »
Fasciné par la question, l’ophtalmo m’avoue : « vous savez, parfois je pense que c’est vous les daltoniens qui avez raison et nous qui voyons mal. Chacun perçoit le monde différemment et on ne peut pas se mettre à la place des autres. Peut-être que, sous le terme général que l’on nomme « couleur bleue » personne ne voit la même chose…. »
Un pro me l’a dit. Je commence à croire que jesuis daltonienne. Les preuves s’accumulent :
J'achète des vêtements seule, sans les conseils de ma mère dalto. Ce sont alors les vendeuses aux yeux «normaux» qui m’aident et me révèlent mes erreurs. J’en donne un exemple ici quand j’évoque le shopping. A chaque fois que je fais une remarque sur un vêtement : « il est bien, mais j’en ai déjà un bleu comme celui-ci », les vendeuses me parlent comme à une dingo qu’il faut ménager : « si je puis me permettre…le T-shirt est kaki ». Elles me sortent toutes cette expression. La preuve que c’est un complot.
Mon daltonisme s’accentue avec la fatigue, et dans ces moments-là ma vision est encore plus étrange. Je ferme l’œil droit, je vois à peu près normalement. Je ferme l’œil gauche (le plus fatigué) je vois tout en gris-bleu. C’est peut-être pour ça que ma chanson kitsch préférée est « Le monde est gris le monde est bleu » de Charden…
Ma particularité passe souvent inaperçue, mais parfois une bourde me trahit et on m’en parle pendant dix plombes.
Cinéphile : « J’adore le film The Barber des frères Coen…
Intello : - Oui, les réalisateurs changent de ton pour ce film
Erudit : c’est l’une des premières apparitions de Scarlett Johansson
Moi : Au lieu du noir et blanc, c’est noir et vert, c’est original… »
Les autres, en chœur : HEIN ???!!!!!
En classe de terminale, après une rédaction aux résultats catastrophiques (j’avais eu 18) le prof d’histoire nous a donné un devoir de maternelle pour remonter notre moyenne. Il fallait colorier une carte de la seconde guerre mondiale, avec les pays annexés au fil des années, coloriés en dégradé du jaune au rouge. Tout le monde a eu 20 bien sûr, sauf moi. Je me souviens que ma Pologne orange au lieu de rose était barrée d’une grande croix. Je n'ai rien osé dire au prof et cette carte pourrie a bien baissé ma moyenne.
Pour le bac, je n’ai pas voulu réitérer cet exploit. J’ai donc débarqué dans la salle d’examen avec mes crayons marqués d’étiquettes « orange » « jaune » « rouge »…
J’ai d’autres exemples, mais je ne vais pas tous vous les sortir. Je peux juste finir la boucle en reparlant du tricot. Quand je faisais mon écharpe (dont personne n’a vu qu’elle était verte, vous êtes vraiment tous daltoniens) ma nièce de trois ans regardait les échantillons de laine du catalogue de tricot :
« Alors ça, c’est rose…ça beige…ça jaune… »
C’était rouge, jaune et orange. Sa mère a confirmé. Elle a prétendu qu’elle ne connaissait pas les termes des couleurs, mais j’en doute.
Mon frère s’est maqué avec une daltonienne, la relève est assurée.
« C’était les dalton…iens !
Tagada, tagada, il n’y a plus personne »
15:23 Publié dans J'ai bobo là | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : daltonisme, jo dassin, les dalton
11.09.2009
tagada tagada voila les dalton...iens
Comme promis, voici mes incroyables aventures de soi-disant daltonienne. Soi-disant, car je persiste à nier. Je vois très bien la différence entre le rouge et le vert. Ce sont seulement les couleurs qui se ressemblent que je confonds : le violet et le rouge, le rouge et l’orange, l’orange et le rose, le rose et le beige… Bon, d’accord, je suis peut-être un tantinet daltonienne sur les bords.
On a découvert cette tare originalité à 14 ans seulement, en classe de biologie. On devait dessiner une pierre que l’on observait au microscope. Je partageais l’appareil avec ma meilleure amie. (Je l’encourage d’ailleurs vivement à donner sa propre version dans les commentaires)
Mon amie regarde mon dessin et s’exclame :
Amie : « Mais ! Pourquoi t’as fait la pierre bleue ? !
Je hausse les épaules : - ben, parce qu’elle est bleue !
Amie : - Elle est noire !
Moi : - N’importe quoi, elle est bleue, bleue comme le goudron !»
Et là ma copine éclate de rire. Quand elle commence on ne peut plus l’arrêter et son rire est très communicatif. Immédiatement tous les élèves se dressent : « qu’est ce qui se passe ? »
Ma copine, cramoisie, littéralement pliée en deux sur sa chaise, suffoque : « elle a dessiné la pierre en bleu ! »
Tout le monde accourt pour vérifier. Les ados pouffent et me regardent comme si j’étais cinglée. Je fais de même avec eux : « qu’est ce que vous avez tous ? Elle est bleue cette pierre ! »
Alertée par le bruit, la prof réfugiée dans la salle d’à côté revient. Elle ne rigole pas du tout, elle. Elle m’ordonne d’un air grave, comme si j’avais tenté d’assommer un élève avec le microscope: « venez avec moi. »
La prof me montre plein de dessins avec des ronds de différentes couleurs : le test d’Ishihara.
Prof : « Vous voyez quoi dans ces dessins ?
Moi : - euh…des ronds ?
- Arrêtez de rigoler, c’est sérieux. Vous devez voir un motif.
Je distingue que dalle et dit au pif :
- Un papillon peut-être ?
Prof, toujours aussi sérieuse : - Non, c’est un 13.
Moi, toujours détachée : - Ah oui, c’est pas vraiment pareil… »
15 dessins et échecs plus tard, la prof referme le livre et comme dans un tribunal, rend son verdict sans appel :
« Vous êtes daltonienne. Il faut voir un ophtalmologiste. »
Rentrée chez moi, je raconte la scène à ma famille, pensant que, comme moi, elle va tomber des nues :
Ma mère, blasée : « oh, oui, t’es peut-être daltonienne, c’est possible…ton frère, ton père, ton oncle, ta grand-mère au moins le sont…
Moi : - Mais la prof a expliqué qu’une fille daltonienne c’est très rare parce qu’il faut que les deux parents soient daltoniens…
Mère, indignée : - AH NON ! Moi je ne suis pas daltonienne ! Ah ça non !
Frère : - Tu parles, encore hier elle a confondu la bouteille de gaz bleue avec la verte…
Mère : - Et toi, avec ton pull marron que tu vois gris ! »
Je les regarde comme si j’étais une jeune fille au pair débarquant dans une famille d’accueil sur Mars.
On désigne des objets et on se rend compte qu’aucun de nous ne les voit de la même couleur.
Frère : - Les volets sont gris.
Mère : - Ah non ! Marron !
Moi : - Meuh non, ils sont verts… »
Je commence à regarder ce qui m’entoure d’un nouvel œil. Le monde n’est pas tel que je le connais ? Je me trompe depuis toujours, je vis dans un univers parallèle !
A chaque cours de bio, la prof me demande si je suis enfin allée chez l’ophtalmo. Je réponds par la négative. Pas la peine de prendre rendez-vous pour ma mère, puisqu’on voit tous parfaitement bien dans la famille.
« Et ça continue encore et encore, c’est que le début d’accord d’accord… »
Suite au prochain numéro.
Quizz on connaît la chanson : de quelles chansons le titre et la citation sont-elles extraites et qui en sont les auteurs ?
14:15 Publié dans J'ai bobo là | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
09.09.2009
Mémé tricote
Après un mois seule à la campagne, vous savez que je commençais à me lasser. La canicule m’a donné l’idée de faire une nouvelle activité. 40 degrés à l’ombre, temps idéal pour apprendre à tricoter de la grosse laine bien chaude.
C’est ma mère qui m’enseigne. Sa propre mère lui a appris à 8-10 ans, et elle s’est exercée en tricotant un vêtement pour sa poupée. Je fais donc de même. Rassurez-vous, à mon âge je n’ai plus de jouets : je tricote pour le poupon de ma nièce.
Comme j’ai les deux mains gauches de Gaston Lagaffe, je me trompe à chaque rang. Je colle aux basques de ma mère pour qu’elle vérifie mon ouvrage. Elle part dans le jardin cueillir des tomates.
Moi « Attend ! Y a un pli bizarre là !
Je la suis depuis l’étage de la maison, avec mes pelotes de laine qui se déroulent derrière moi :
- Au secours ! Mes mailles ont sautées ! »
Finalement on j’ai réussi à faire quelque chose. Mais ma mère à dû reprendre la moitié de mes rangs, elle a fait les coutures, les diminutions…et les manches…
Quand même fière de mon (tiers) de travail, je compte que je mets un quart d’heure pour tricoter un rang. Je demande à ma mère :
- Il te faut combien de temps toi ? 5 minutes ?
- Oh là ! Moins !
Sceptique, je la chronomètre. Elle met 1 minute 20.
Ah, ouais. Y a des progrès à faire.
Je décide de passer aux choses sérieuses : une écharpe pour Choupinounet.
Je trouve un joli modèle, mais je veux mon écharpe encore plus belle et originale. Je demande à ma belle-sœur :
« Toi qui es matheuse…sachant que dans le modèle de base, on tricote en jersey. On prend deux couleurs en rayures de 12 rangs et 19 mailles, avec 2 fils à la fois et des aiguilles de 10, pour 4 pelotes par couleur et 1m80 d’écharpe. Moi je tricote en fausse côte anglaise pour éviter que mon écharpe s’enroule sur elle-même. Je choisis 3 couleurs, dont une qui alterne deux fois plus souvent mais qui ne fait que 8 rangs, les autres toujours 12, je fais 35 mailles, avec un seul fil et des aiguilles de taille 5 pour 1m50 d’écharpe. Combien il me faut de pelotes de chaque couleur ?
- Euh…y a trop de données là…
- Allez ! Moi les maths j’ai arrêté de comprendre en 5ème, mais avec 2-3 équations à 12 inconnues du cosinus de la variable de la tangente…
Ok, plus facile. Sachant que je tricote 2 cm en 1 heure, que je le fais environ 2h15 par jour, mais seulement en présence de ma mère, qui souvent va dans le jardin et je dois lui courir après, je perds du temps, je ne la vois que pendant les vacances scolaires…en quelle année j’aurai fini mon écharpe ? »
Finalement j’ai fini mon écharpe en 12 jours, en à peu près 35 heures…J’ai jamais su repérer le nombre de rangs, donc c’est ma mère qui me signalait quand je devais changer de couleurs :
Mère : « mais si, là, tu vois bien ! Ca fait une bosse ! On appelle ça un point de riz ! Tu comptes toutes les bosses, et t’as le nombre de rang !
Moi : - Où ça, tu vois du riz ? »
J’ai aussi eu du mal à « faire suivre » ma laine et c’est ma mère qui a rentré et ficelé les bouts de pelote finie qui dépassaient. En enlevant les mailles sautées, tricotées à l’envers ou dans une nouvelle technique inventée (« mais comment t’as tricoté ça ? C’est pas du jersey, c’est pas du mousse…qu’est ce que c’est que ce truc ? ») j’ai réalisé moi-même plus des ¾ de l’écharpe ! Si je commence aux vacances de la Toussaint, je pourrai peut-être faire un pull de la collection 2009 pour noël 2011, ou soyons fous, 2010 ! Je suis vraiment une pro.
Je suis très fière d’avoir associé dans mon écharpe trois couleurs qui se marient parfaitement. J’en fais la remarque à ma belle-sœur.
Belle-sœur : « Oui, c’est joli ce marron…
Moi : - QUOI ? !! Mais mon écharpe est verte ! » Je me retourne désespérée vers mon frère pour qu’il acquiesce :
Frère, blasé : - La serpillière marron ? Oui, elle est verte, si tu veux…
Moi : - C’est pas une serpillière ! Et je l’ai fait verte comme les yeux de Choupinounet !
Frère : - Il a peut-être les yeux marrons… »
Catastrophée, je montre l’écharpe à tout mon entourage : ma mère la voit kaki, mon oncle grise…Pour prouver qu’ils sont tous daltoniens et que je suis la seule à voir normalement, je suis à deux doigts d’arrêter un inconnu dans la rue : « bonjour monsieur, excusez-moi, vous la voyez de quelle couleur cette écharpe ? »
Vous confirmez, elle est bien verte ? Elle change de couleur entre deux photos !
Comme je sais que ça intrigue certains, la prochaine fois je vous raconte mes histoires de soi-disant daltonienne.
Et pour les problèmes, si quelqu’un veut les résoudre…













