15/06/2021
Bilan culture de mai
Oui je sais on est mi-juin. Mais j'étais trop occupée par ma nouvelle activité : faire un puzzle, alors que ma dernière expérience dans le domaine remonte au millénaire dernier avec un dessin Winnie l'ourson de 30 pièces. Je me suis donc fort logiquement lancée directement dans un puzzle 30 fois plus grand, un peu comme si quelqu'un qui ne connaît le sport qu'à travers les matchs de l'euro sur sa télé se lançait directement dans un marathon. Telle une poule devant un tournevis, je regarde chaque pièce une par une en me demandant ce qu'elle représente : un bout de chat ? une fleur ? Elle va à droite, à gauche ? Et la tâche n'étant pas assez facile, je suis daltonienne. J'avais réussi à regrouper des pièces de chat bleu (à moins qu'il soit noir ?) avant de me rendre compte en fait qu'elles représentaient le sol violet (marron ?) Je me retrouve actuellement coincée avec des pièces vertes et grises alors que je n'en vois pas sur le dessin. Je délaisse ainsi au bout de 3 semaines le puzzle (je tiens le bon bout : plus que... les 2 tiers) pour revenir à quelque chose que je connais un peu mieux : écrire des bilans. J'ai rédigé des critiques pour chaque film et documentaires, que je publierai plus tard, si je n'oublie pas comme souvent de le faire !
J'essaie toujours de voir ou d'écouter un documentaire par jour, mais je galérais et me concentrais tellement sur mon puzzle que je n'ai presque pas retenu ce que je regardais. Sur la trentaine de doc, je n'en retiens qu'une quinzaine :
DOCUMENTAIRES :
A voir absolument :
- La bataille de Tchernobyl à voir en lien
500 000 "liquidateurs" se sont sacrifiés pour éviter que la catastrophe de la centrale nucléaire empire et que la moitié de l'Europe soit inhabitable. Leur récompense ? une prime de 100 roubles (environ 100 euros) aucune reconnaissance de leurs nombreuses maladies qui les tuent à petit feu, enfin pour ceux qui ne sont pas morts rapidement... Effrayant.
- La commune, portraits d'une révolution, Fr5, en lien jusqu'au 01/07
L'art de la propagande à travers des photomontages anti-communards, ou à l'inverse des images magnifiant leur combat. Très instructif et toujours actuel : cette bataille des images communardes et versaillaises nous rappellent qu’un témoignage n’est pas neutre... Voir mon article ici.
- Sugarman de Malik Bendjelloul
L’incroyable histoire vraie d'un musicien dont les albums ont fait des flops en Amérique. Fauché, il est contraint de vivre de petits boulots. Pourtant, son talent est indéniable et sa voix éraillée, ses chansons à texte réalistes et poétiques rappellent voire surpassent Bob Dylan. Jusqu'à ce que 30 ans plus tard, on découvre qu'il est une immense star en Afrique du Sud, plus célèbre que les Rolling Stones... Une enquête pleine d'émotion et d'espoir, avec un artiste à la personnalité hors normes, humain, simple et philosophe.
Société :
A voir :
- Homothérapie, conversion forcée, arte jusqu'au 15/08
- Nos données personnelles valent de l'or, cash investigation jusqu'au 20/02
- Très chers colis ! envoyé spécial, jusqu'au 10/07
Pas mal :
- Travail, salaire, profit, épisode 1, travail. Arte.tv, jusqu'au 19/10
- Les fils de Sam en 4 épisodes sur Netflix
Portraits :
- Sophie Scholl, ces femmes qui ont fait l'histoire, Arte
- François Mitterrand et Anne Pingeot, fragments d'une passion amoureuse, La case du siècle, France.tv
- Hollywood maudit : la porte du paradis, OCS
Sciences et histoire :
- Retour à Tchernobyl, M6
- La guerre de Troie a bien eu lieu, France5, science grand format
- Naachtun, la cité maya oubliée, 2 épisodes
- Les ovnis envahissent l’Europe, Disney+
FILMS :
Coups de cœur :
- Antoinette dans les Cévennes de Caroline Vignal, 2020
- La fille de Ryan de David Lean, 1970
Les classiques incontournables :
- Voyage au bout de l'enfer de Michael Cimino, 1978
Un film qui m'avait traumatisée adolescente. Aujourd'hui, me souvenant des scènes de roulettes russes et ayant vu des documentaires et images d'archives sur la guerre du Vietnam, le film est plus regardable. J'ai surtout été surprise par la longueur du mariage : une heure entière ! (sur 3 heures de film) je me demande si je n'avais pas vu une version courte auparavant.
- Papillon de Franklin J. Schaffner, 1973
Henri "Papillon" Charrière (Steve McQueen) condamné à tort pour un crime qu'il n'a pas commis, est condamné à vie au bagne de Cayenne. Il tente de s'évader à plusieurs reprises, avec l'aide d'autres malfrats (Dustin Hoffman).
Tiré d'une histoire vraie, un film culte effroyable sur les conditions dans les colonies françaises (enfermé 2 ans dans le noir, vraiment ?!) L'épisode qui m'a semblé le plus incroyable est l'escapade paradisiaque chez des Indiens recueillant Papillon, lui donnant une femme... En vérifiant, ce passage aurait été inventé ! Le film serait romancé : si Henri Charrière s'est bien évadé du bagne, il s'attribuerait en réalité les faits et évasions de plusieurs bagnards.
- Les monstres de Dino Risi, 1963
19 sketches interprétés par Vittorio Gassman♥ (Le fanfaron, Nous nous sommes tant aimés..) et Ugo Tognazzi (la cage aux folles) démontrant avec humour noir toute la bassesse humaine. Dommage que la chaîne C8 n'ait pas diffusé sa suite encore plus saisissante selon moi, Les nouveaux monstres...
Bien :
- Le vent se lève de Ken Loach, 2006
- Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait d'Emmanuel Mouret, 2020
- La vallée des loups de Jean-Michel Bertrand, 2016
- Les baronnes d'Andrea Berloff, 2019
Pas mal :
- Le canardeur de Michael Cimino, 1974
- Peppermint candy de Lee Chang-Dong, 2000
Bof :
- Le chat Potté de Chris Miller, 2011


16:17 Publié dans Je suis culturée | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, documentaires, cinéma français | |
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26/05/2021
Unorthodox, le livre
Lire sur la série ici.
Dans le livre, l'auteure explore en détails les règles incroyables de sa communauté, beaucoup plus que la série. Et c'est absolument fascinant. Elle est issue d'une secte ultra secrète, ultra pudique, mais elle raconte avec une facilité déconcertante des détails intimes que même une personne libérée n'oserait pas dire : sa nuit de noces (aussi relatée plus brièvement dans la série) les problèmes sexuels de son couple, les défauts sordides de ses proches...
Au début, étonnée, j'assimilais cette foison de détails à du voyeurisme, mais l'autrice raconte avec une telle candeur, que j'y vois juste une femme qui a tellement souffert de ne pas pouvoir s'exprimer librement, qu'aujourd'hui, elle tombe dans l'excès inverse. Sa démarche est bénéfique, pour elle, mais aussi pour d'autres empêtrés dans de telles familles comme elles, qui souhaiteraient s'en libérer.
Elle nous livre tout d'un bloc, on sent qu'elle l'a fait au fil de ses souvenirs, dans l'urgence, comme par peur d'oublier ensuite. Mais le problème, c'est que sa pensée et son livre ne sont ainsi pas structurés : d'un paragraphe à un autre, sans même sauter de ligne, elle passe à une toute autre idée. Dans la même page, elle peut parler de 2 anecdotes, 2 personnages, 2 sujets différents, pour revenir plus loin dessus. Ses phrases sont mal tournées, et comportent même des fautes de grammaire et de conjugaison (mais qu'a fait le traducteur !!) J'ai donc eu du mal à me plonger dans son histoire, mais elle est si intéressante, fourmille de tant d'informations passionnantes, que j'ai vite occulté les défauts de l'écriture. Ses problèmes de langage résultent certainement du fait que dans sa communauté, elle avait interdiction de parler anglais et de lire des livres.
La secte est régie par des interdits mais s'embourbe dans les incohérences. Par exemple :
- Les garçons ne côtoient pas les filles et l'héroïne a vu une seule fois son mari avant de l'épouser. Le sexe hors procréation est un péché, l'homosexualité, la masturbation aussi. Lorsqu'un père surprend son fils en train de se masturber, il... lui coupe le sexe à la hâche ! Pourtant, dans l'école du mari, les adolescents se touchent entre eux, sans souci !
- La femme est impure 7 jours avant et 7 jours après ses règles, son époux n'a même pas le droit de la toucher, ne serait-ce que la main. Mais pour être sûre que sa femme est enfin redevenue "pure", le mari porte ses dessous et ses serviettes hygiéniques au rabbin pour vérifier s'ils sont ensanglantés ou pas !
Après ses menstruations, et avant son mariage, la femme doit se laver scrupuleusement chaque cm du corps, longuement, puis se plonger dans un bassin spécial, immaculé. Mais l'autrice y attrape une maladie de peau : toutes les futures mariées se baignaient dans la même eau !
- Une fois mariée, la femme doit raser sa tête, mais porte ensuite une perruque constituée de cheveux naturels. Lorsque les membres de la secte apprennent que les cheveux sont prélevés sur de pauvres Indiennes, donc des femmes qui n'ont pas la même religion, scandale, outrage, les perruques impures sont brûlées.
- Au sein de la même secte, plusieurs rabbins érigent leurs propres règles, se disputent le pouvoir et se portent des coups bas mesquins...
Et ça continue, à chaque page, une nouvelle déconcertante.
Je vous encourage ainsi vivement à lire cet ouvrage, et à voir la série !
Série Unorthodox, sur Netflix.
Livre Unorthodox, comment j'ai fait scandale en rejetant mes origines hassidiques de Deborah Feldman.


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25/05/2021
Unorthodox
Une femme juive ultra orthodoxe de New-York s'enfuit à Berlin pour être libre. Sa famille ne l'entend pas de cette oreille et se lance à ses trousses.
La secte étant très secrète et fermée, je n'en connaissais pas toutes les règles, très strictes, et les découvrir ici m'a fascinée. De même que la découverte du monde par cette jeune femme qui était coupée de tout, sans accès à internet, aux livres et à la musique. Des flash-backs entre son présent de femme moderne et son passé où elle était empêtrée dans des consignes hyper contraignantes, accentuent le contraste saisissant entre ces deux univers que tout oppose. C'est plus son passé qui m'a intriguée, que le présent, un peu trop facile.
Candide, l'héroïne part sans rien, sans peur, mais à la chance de tomber immédiatement sur des gens sympas qui l'adoptent : elle arrive à Berlin, erre dans la rue, entend de la musique, rentre dans le bâtiment d'où le son vient, le conservatoire, va s'adresser aux musiciens, qui lui proposent de partir au lac se baigner avec eux et l'intègrent à la bande sans question, comme si elle en faisait partie depuis toujours. Moi ça fait 6 ans que je côtoie les mêmes collègues quotidiennement, on n'a jamais pris un verre après le boulot, chacun rentre chez soi. Si j'échange plus de 3 phrases avec eux, ils me regardent avec un air qui signifie "d'où ose t-elle, qui est cette personne ?" La gentillesse légendaire des Parisiens têtes de chiens peut-être.
J'ai donc trouvé que la nouvelle vie de l'héroïne était un peu trop simple, et j'étais étonnée de savoir que la série était adaptée d'une histoire vraie, celle de Deborah Feldman, "comment j'ai fait scandale en rejetant mes origines hassidiques." . Curieuse, j'ai donc lu le livre.
A part le principe d'une femme qui s'enfuit de sa communauté, l'ouvrage n'a pas grand chose à voir avec la série. Cette dernière commence avec la fuite de la femme et alterne passé et présent, le livre raconte uniquement son passé et s'arrête le jour où elle réussit à s'enfuir. Dans la réalité, elle n'a donc pas connu cette bande de musiciens curieusement si sympathiques, mais s'est inscrite à un cours d'écriture à la fac, y a rencontré des amis et sa future éditrice.
Dans le livre, l'auteure explore en détails les règles incroyables de sa communauté, beaucoup plus que la série. Et c'est absolument fascinant.
Suite demain...
Série Unorthodox, sur Netflix.
Livre Unorthodox, comment j'ai fait scandale en rejetant mes origines hassidiques de Deborah Feldman.


16:42 Publié dans On connaît la série, On connaît le livre | Lien permanent | Commentaires (0) | |
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19/05/2021
Les superpouvoirs du chat, suite
Relire le début ici.
Voir le documentaire là.
Le documentaire montre plusieurs exemples de chats et de leur relation avec leurs maîtres qui valent vraiment le coup d'oeil. Ainsi, un gosse atteint de mutisme sélectif (il n'arrive pas à parler devant les gens extérieurs à sa famille). Quand on lui offre un chat, le petit s'épanouit, est moins angoissé et parle enfin. Il lit des histoires à son chat, comme je faisais avec le mien, et la minette l'écoute gentiment en le regardant avec des yeux doux. Ce passage m'a beaucoup émue car figurez-vous que j'étais comme lui enfant : je ne parlais pas de la journée. Je me suis bien rattrapée depuis.
Le documentaire émet une supposition qui me laisse dubitative : le chat apprécierait qu'on s'adresse à lui avec une voix aiguë, comme celle d'un enfant, car elle lui rappellerait celle de ses proies, les souris. Ben super, dites tout de suite que mon chat adoré voulait me bouffer en fait ! "continue à me raconter l'histoire du Petit poucet, et ensuite je fais comme l'ogre, je mange ta chair fraîche."
- Autre exemple saisissant du documentaire : un soir de pluie, un chat errant s'incruste chez une femme ("fait chaud ici, je vais rester"). Des années + tard, la femme tourne malencontreusement le bouton de la gazinière en nettoyant avant d'aller se coucher. Le gaz est inodore pour nous, mais pas pour le chat : il possède un odorat 30 fois supérieur au nôtre. : La bestiole aurait pu s'enfuir par la chatière, mais elle a donné des coups de pattes sur le nez de son humaine jusqu'à ce qu'elle se réveille. le chat sauvé sauve à son tour celle qui l'a recueilli.
- L'ouïe du chat est fine aussi : il entendrait les ultra sons qu'émettent les fleurs. (en cas de sécheresse, un plant de tomates "crie" 35 fois par heure !) Les pauvres plantes s'échinent à nous répéter " au secours j'ai soif ! tu m'as placé en plein soleil !!" mais on ne les entend pas. En revanche, quand le chat bouffe votre pauvre ficus, celui-ci le supplie "ne me mange pas ! ne me mange pas !" comme les clapiottes dans La cité de la peur. mais le chat n'en a cure. (c'était un communiqué du CCC, comité contre les chats.)
- Concernant la vue, le chat voit les ultraviolets, ce qui lui permet de détecter des rayures dans les textiles ou les différentes couches d'un tableau. Plus besoin de se ruiner en experts et technologie de pointe pour savoir si le Salvador mundi est un vrai Leonard de vinci et vaut réellement 450 millions, le tableau le plus cher au monde : demandez à un chat !
En revanche, la bestiole distingue mal les couleurs : il voit surtout le bleu et jaune, mais pour lui, le rouge et le vert apparaissent gris, comme tous les chats la nuit.
Le chat, ce caractère de cochon
- Le documentaire continue ses portraits de chats extraordinaires. Ainsi, un chat est la vraie terreur du quartier, une peste avec ses congénères (les intimide, leur crache dessus). Puis il rencontre un chien aveugle et sourd, contraint de rester dans son panier à déprimer. Le félin se lie d'amitié avec le chien et devient son guide.
- Un autre chat décrète que la maison de sa maîtresse est trop petite pour son espace vital, et ce Napoléon décide d'étendre son territoire à tout le village. Il rentre dans les magasins, et chaque jour, passe chez le coiffeur pour se faire brosser. Si un client a commis l'audace de prendre son fauteuil attitré, le chat le fixe jusqu'à ce que le malotru se lève et libère le trône du maître des lieux. Non mais, qui c'est le patron.
Le documentaire enseigne aussi, en vrac :
- Si dans une même portée, les chatons ont différentes couleurs comme un slogan de united colors of benetton, c'est parce qu'ils ont des pères différents : pour obtenir de meilleurs gênes, la mère multiplie les conquêtes (ah ben c'est du propre. Et le pauvre pompon qui se faisait du souci, et pendant ce temps-là, elle avait suivi son chat de gouttière...)
- A la naissance, tous les chats siamois sont blancs. Puis les parties du corps les + froides foncent : nez, queue...
Heureusement que je n'ai pas cette particularité, moi qui ai toujours les pieds, les mains et le bout du nez gelés.
- On trouve les chats mignons notamment grâce à leurs grands yeux ronds, mais si les nôtres étaient proportionnels à ceux des chats, ils seraient grands comme des balles de tennis. Tout de suite l'idée a moins de charme.
- Plus un chaton a des contacts humains entre 2 et 5 semaines, + il sera sociable adulte.
Alors là, bémol. J'avais lu la même info dans "tout sur la psychologie des chats", une somme de 400 pages. Je me suis empressée d'appliquer ce conseil avec Papillote : résultat : ça fait 16 ans qu'elle nous crache dessus si on tente de la caresser, et qu'elle nous mord le mollet sans prévenir pour nous signifier qu'il faut remplir sa gamelle.
Autre documentaire interessant sur les matous :
- Le monde secrets des chats, jusqu'au 1er juillet sur arte.tv
pitch d'Arte : Les chats éprouvent-ils de la jalousie et peuvent-ils souffrir de dépression ? Sont-ils vraiment aussi indépendants qu’on le prétend ? Comment mieux comprendre leurs affects afin de répondre efficacement à leurs besoins ? Si l’on croit tout savoir sur ces petits félins omniprésents dans notre culture, la science a encore beaucoup à nous apprendre sur leurs états intérieurs.
Grâce aux éclairages d’éthologues, psychologues et comportementalistes spécialisés, nos compagnons révèlent une complexité émotionnelle insoupçonnée, à rebours de certaines idées reçues sur leur tempérament.


12:52 Publié dans Les gentils animaux, On connaît le documentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chat, animaux | |
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