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04/10/2009

L'art de la manipulation

adieu_reste.jpgComme j’ai trouvé un nouveau travail, j’ai annoncé à la mère des gosses que j’arrêtais le baby-sitting. J’avais prévenu depuis le début que je cherchais un « vrai » travail et que je risquais de partir d’un jour à l’autre. Au bout de deux ans, elle n’y croyait plus. (Moi non plus).Comme je m’en doutais, elle m’a fait une scène, avec les larmes aux yeux et tout le tra-la-la.

Mère : « Mais vous ne pouvez pas me faire ça ! Qu’est-ce que je vais devenir ? Que vont faire les enfants ? C’est horrible, c’est un cauchemar !
Moi : - Vous trouverez forcément une autre baby-sitter. Beaucoup d’étudiants font ce travail en dehors de leurs études par exemple.
Mère : - Oui, mais les jeunes ne sont pas sérieux ! Je ne veux pas que votre remplaçant me lâche sans prévenir et que mes enfants se retrouvent seuls sur le trottoir à la sortie de l’école, comme avec la première baby-sitter !
Moi : - C’était une exception, les gens préviennent, même la veille !
Mère : - Et puis c’est du boulot de garder autant d'enfants ! C’est compliqué ! Faut être organisé ! »
C’est sûr, elle ne retrouvera pas quelqu’un qui a bac +6 comme moi pour faire ce boulot…
Mère : « Les enfants vous adorent ! Ils vont être désespérés si vous partez ! Jamais je ne retrouverai quelqu’un d’aussi sérieux que vous ! »

adieu.jpgTraduction de «sérieux » : couillon.
Moi : « De toute façon je ne travaille que 4 jours par semaine. Je veux bien continuer à travailler le mercredi, et peut-être d’autres soirées en dépannage, mais certainement pas tous les soirs. »

Résultat : la mère n’a pas vraiment cherché de nouvelle baby-sitter, puisqu’elle pense que je suis toujours disponible. Elle a juste imploré ses amis de garder ses gosses de temps en temps car « elle est vraiment dans la panade, elle ne sait plus quoi faire, au secours aidez-moi. » Elle a tout à y gagner, puisqu’elle ne paie pas ses potes.

Elle m’a encore supplié de l’aider, et j’ai accepté de garder les enfants la soirée de jeudi dernier. J’ai pensé : « après tout, elle m’a dit d’en faire le minimum, de les laisser jouer seuls ou regarder un film. Les enfants vont se coucher tôt, j’en profiterai pour lire mon bouquin, chose que je n’ai plus le temps de faire avec mon nouveau travail. Ce sera tranquille. »
Sauf qu’au lieu de revenir à 22h30 comme prévu, la mère est arrivée à minuit 35. J’avais encore des trucs à faire chez moi, je me suis donc couchée très tard. Les étudiants qui habitent à côté ont encore chantés, bourrés, sous mes fenêtres à 3h30.
Je cumule des dizaines d’heures de sommeil en retard, car j’ai eu du mal à m’adapter à mes nouveaux horaires (je suis une lève tard couche tard). Surtout, mon nouveau boulot et mes trois entretiens en une semaine m’ont chamboulée : je ne savais pas ce que j’allais devenir le lendemain. Bref, j’étais sur les nerfs.
Le vendredi, j’étais donc crevée au boulot. Cinq minutes avant la libération du week-end, je me suis énervée contre ma responsable qui m’a fait une remarque condescendante et sarcastique sur ma soi-disant baisse de rendement et ma (réelle) fatigue.

Si ça continue comme ça, la mère des gosses aura ce qu’elle veut : je me ferai virer et je serai à nouveau entièrement disponible pour elle et ses enfants.
J’attends avec joie le chaleureux accueil que me feront mes chefs lundi.

01/07/2009

Et mes chaussettes, rouges et jaunes à ptits pois...

dorothée.jpgA la cantine de l’école, deux gamines me regardent l’air éberlué en se chuchotant à l’oreille.

Elles parlent de moi ou je suis parano ? Elles me dévisagent avec insistance et pouffent. J’aime faire rire, sauf quand je suis au travail et représente l’autorité. Finalement, les fillettes ne me dévisagent pas. A moins d’avoir la tête sur les pieds.
Je comprends. Je sermonne les filles avec un regard revolver, les lèvres pincées et la voix grave de l’adulte autoritaire : « Il y a un problème ?
Les fillettes, tremblantes de peur : - euh…non non rien…
- Alors mangez vos haricots, ils refroidissent ! »
Les enfants piquent le nez dans leur assiette et engloutissent le plat comme si c’était des frites. Pratique pour leur faire avaler des légumes.

Je ne pouvais quand même pas dire :  « Mais euh ! Vous vous moquez de mes chaussettes ! Elles sont très jolies mes chaussettes roses avec des chatons ! Je les ai achetés au rayon enfant, pointure 35-37 ! J’ai aussi les bleues et les chatons qui courent après la pelote de laine, les jaunes où ils sont avec leur maman…Elles sont très jolies mes saussettes-euh ! »

Non, je perdais mon autorité. Alors que là, avec mes chaussettes roses, j’ai gardé toute ma crédibilité.
J’ai quand même fait un petit sourire aux enfants : « Ca va, j’ai compris de quoi vous parliez… » Mais petit le sourire, petit. On n’est pas là pour rigoler.

Maintenant, j’ai une nouvelle chanson dans la tête : « Et mes chaussettes, rouges et jaunes à p’tits pois… »
Qui est la chanteuse ? Allez, c’est facile !

20/06/2009

Tout le monde s'en fish


nemo_couv.jpgSi vous suivez mes incroyables aventures, vous savez que j’ai sauvé de la noyade le poisson rouge GLobule-Bidule-Gudule-Bubulle-Gloups-Némo.

Aujourd’hui, toujours chez les gosses du baby-sitting, je vide le lave vaisselle. Et que vois-je dedans? Un bocal ! Je vérifie sur le bar, où Némo est censé trôner dans le même récipient : pas d’aquarium. C’est donc bien celui qui gît dans la machine. Forcément, un poisson qui traîne sur un bar, l’alcool l’a achevé. A moins que ce ne soit la mère…

Je décide de demander aux enfants. Plutôt que de m’adresser à la petite fille sensible, je m’adresse aux plus grands, les garçons, puisque les garçons n’ont pas de cœur, c’est bien connu.
Moi : « Il est mort le poisson rouge ?
Garçon, 6 ans, mâchant nonchalamment son bonbon : - Ah ? ché pas…
Moi : - Je crois que si, j’ai trouvé le bocal dans le lave vaisselle…maman ne vous a rien dit ?
Garçon, 8 ans, jouant à la D.S : - Ben non…
Moi (toujours les pieds dans le plat) -  Euh… vous êtes tristes ?
Garçons, en chœur : - Ben…non
Moi : - Ah…il s’appelait comment au fait ?
Garçon, 8 ans : - Moi j’avais pas donné de nom au mien, j’m’en fiche
Garçon, 6 ans : - Si, moi je l’avais appelé Mario ! »le_monde_de_nemo requin.jpg

Mario, Némo…j’étais pas loin, hein ! De toute façon, comme les enfants étaient incapables de différencier les quatre poissons rouges d’origine, ce n’est peut-être pas Mario qui est mort en dernier, mais Bubulle. Oui, je persiste à baptiser les poissons. Même post-mortem.

Quand la mère rentre, je lui parle de Gudule. Elle ne m’avoue pas les circonstances du crime décès, ni ce qu’elle a fait du corps.
Mère : « C’est mieux comme ça, de toute façon il allait crever comme les autres quand on allait partir en vacances !
Moi : - Mais, il existe des granulés spéciaux qui délivrent à manger progressivement ! Ca peut tenir dix jours !
Mère (absolument pas intéressée) : - Ah ? Je savais pas…

Finalement, comparé à ses copains morts de faim, Gloups a eu une belle mort, englué dans la vase…
Une minute de silence pour le pauvre Globule.

C’était un post même pas sponsorisé par La S.P.A

14/06/2009

Gloups ! J'ai noyé le poisson...

Je fais du baby-sitting. Je ramène les gosses de l’école, j’ouvre la porte de leur appart. Beurk, une odeur nauséabonde s’en dégage. J’ouvre les fenêtres. L’odeur persiste. Elle est tellement forte qu’elle me donne la nausée. J’essaie d’en détecter la provenance. Je m’approche de la poubelle, du linge sale : non, pas ça. Ca y est, je trouve : l’aquarium ! La vase est tellement abondante qu’on ne voit même plus le pauvre poisson rouge.gloups.jpg..

A l’origine, il y en avait quatre et deux aquariums. La mère ne lavait jamais les bocaux. Je voyais les récipients verdir de jour en jour, jusqu’à la mort des pauvres bêtes.

Aujourd’hui, je décide de faire ma B.A. Je sauve Bubulle (je ne sais pas s’il a un nom, mais vous savez que j’aime bien baptiser les animaux). Sauf que je n’ai jamais lavé un aquarium. J’attrape Gloups le poisson avec l’épuisette, puis je balance l’eau dans l’évier. Tiens, Némo a pas l’air content. Ah oui, faudrait peut-être que je le mette dans l’eau en attendant.

Je prends le premier récipient qui me tombe sous la main. Une tasse : super, maintenant quand je vais boire mon café, j’aurai l’impression d’avaler un poisson. Je lave l’aquarium. Je ne sais pas comment faire : nettoyer à fond, garder quelques algues pour que le poisson se nourrisse ? A quelle température doit-être l’eau ? Comme ça pue vraiment, je récure au liquide vaisselle. Tant pis. Pour la température, on coupe la poire en deux : tiède.

Pauvre Globule. Je voulais le sauver mais je vais l’achever ! D’ailleurs, il bouge plus !  Je le touche : oh oh, l’eau est chaude…pourtant je suis pas daltonienne au point de confondre le rouge et le bleu du robinet (juste le bleu et le noir, le rouge et l’orange, l’orange et le… bon ok, je suis daltonienne).
Paniquée, ni vue ni connue, je remets vite Gudule dans son bocal. Il passe donc du chaud au froid. Il commence dangereusement à se rapprocher du fond, le ventre en l’air…Ca par contre, je sais bien ce que ça veut dire : il crève !

J’imagine les enfants hurler «  Ouin !!! Méchante !!!! T’as tué GLobule-Bidule-Gudule-Bubulle-Gloups-Némo !!! (Le poisson doit forcément porter un de ses noms-là)
Je me place devant le bocal pour le mettre hors de vue des gosses. Je leur parle sur un ton faussement enthousiaste « Oui ! 9x8 = 72 ! Très bien ! » Pendant ce temps, je tapote discrètement le bocal derrière mon dos pour raviver la bestiole : en aparté « Allez Gudule, allez ! »
Je continue mon théâtre pendant une heure. Sans bouger, je parle aux enfants l’air de rien pendant que je tripote Bubulle derrière mon dos : « Tu veux  de l’eau ? (Mais je peux pas bouger d’ici moi !) Tu es grande maintenant, tu peux te servir toute seule… »
Toute la soirée, je pousse Némo du doigt pour le réveiller, mais je fais plutôt tourner l’eau…Les enfants ne remarquent rien.

Puis vers 22 h, miracle : Bubulle s’est requinqué ! Juste avant que la mère rentre, je n’ai pas a avouer mon méfait !
La mère arrive, je lui signale toute fière que j’ai sauvé Némo, en omettant les petites mésaventures d’eau trop chaude.

Réponse, texto :
Mère, dépitée :« Ah..Mais je voulais qu’il meure en fait…Il sert à rien tout le monde s’en fiche »

Je vous laisse faire la conclusion.