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24/08/2010

Les citations du jour : le cinéma

le_cerveau_.jpgLa chanson culte de film de vacances : Le cerveau de Gérard Oury, musique d'American Breed :

"who's got a computer for a mind ? The brain ! who's got an I.Q like a Einstein ? Papillote ! The brain !"

Les phrases marrantes du jour (sur le cinéma):

"J'ai vu un film tellement mauvais que les gens faisaient la queue pour sortir de la salle" Robert Frost

"Un critique, c'est quelqu'un qui connaît le chemin mais qui ne sait pas conduire" Kenneth Tynan

"Le secret de la créativité, c'est de bien cacher ses sources" Albert Einstein

"En moins de 50 ans, on est passé du cinéma muet au cinéma qui n'a rien à dire" Doug Larson

"Une célébrité, c'est quelqu'un qui travaille dur pour arriver à être connu, et qui, ensuite, porte des lunettes noires pour qu'on ne le reconnaisse pas" Fred Allen

"Pour des raisons qui m'échappent, je suis plus apprécié en France que dans mon propre pays. J'imagine que le type qui écrit les sous-titres doit être très drôle" Woody Allen

Extraits de "So irressitible ! Deux siècles d'humour anglo-saxon de Jean-Loup Chiflet

 

13/08/2010

Les citations du jour : le mariage

la_folie_des_grandeurs_.jpgLa chanson marrante de film de vacances : la folie des grandeurs, bande originale de Michel Polnareff.

Les phrases marrantes du jour (sur le mariage):

"J'adore être marié. J'ai été célibataire longtemps et j'en avais marre de terminer moi-même mes phrases." Brian Kiley

"Je sors ma femme tous les soirs... mais elle n'arrête pas de revenir." John Hippart

"L'homme est un chauffage d'appoint qui ronfle" Rita Rudner

"Ma femme ne me manque jamais. Elle vise trop bien ! " anonyme

"Ma femme dit que je ne l'écoute jamais. Enfin, je crois que c'est ce qu'elle m'a dit." Milton Berle

extraits de So irrestible ! deux siècles d'humour anglo saxon, de Jean-Loup Chiflet

 

16/07/2010

Mémoires d'une jeune fille rangée

memoires_d_une_jeune_fille_rangee.jpgAprès Madame Kévin qui m’a conseillé de lire Dorothy Parker, c’est la truculente Simone de Bougeoir qui m’a inspirée…
J’avais envie de lire depuis longtemps la féministe, auteur du réputé Le deuxième sexe, mais la longueur de cet essai me rebutait. Alors j’ai décidé de commencer par l’autobiographie, car, outre les nouvelles, j’apprécie aussi beaucoup ce genre. Par exemple j’ai adoré l’autobiographie de Jim Thompson, Vaurien, ou celle de Chaplin. Par contre j’ai trouvé répétitive et peu intéressante celle de Bukowski, Souvenirs d’un pas grand-chose. Je trouve fascinant de lire le résumé de toute une vie,  de choix de carrière.

J’ai commencé par le premier tome, sur les 4 : Mémoires d’une jeune fille rangée. J’étais un peu effrayée par la longueur : 500 pages, sans chapitres, sans saut de lignes, rien que pour le premier volet. Au contraire, j’ai eu peur de finir le livre trop vite et je suis soulagée de savoir qu’il existe une suite. J’ai adoré. Deux livres appréciés en peu de temps (après celui de Dorothy Parker) c’est suffisamment rare pour être souligné.

Ce premier tome relate l’enfance de Beauvoir, jusqu’à sa vingtième année et sa rencontre avec Sartre. La biographie commence par un classique : « je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908… » L’écrivain détaille son arbre généalogique, la personnalité, la carrière des membres de sa famille, de ses amis. Elle ne nous épargne pas les détails les moins glorieux ou les plus privés : quand elle se demande comment on fait les enfants par exemple. Et pourtant c’est passionnant.
Elle parvient à transformer des évènements anodins ou privés en éléments universels dans lesquels on peut s’identifier. Bien qu’elle soit issue d’un milieu bourgeois et très catholique, j’ai quand même réussi à comprendre ses états d’âme. Je partage son goût du savoir, de la culture, de la lecture, son besoin d’apprendre auprès de personnalités plus cultivées que la sienne (elle se décrit volontiers comme une simple enfant studieuse, alors que ses amis sont des génies précurseurs selon elle). Son écriture est précise, sans fioritures, elle analyse finement chaque élément, elle se décrit avec modestie et sincérité.

On suit le parcours de Simone de Beauvoir, son enfance dans un milieu fermé et hautain, sa révolte adolescente contre les préjugés de sa classe sociale, sa libération en fréquentant ses camarades rebelles de l’agrégation. Elle explique les transformations de la société française (la première guerre mondiale, puis la désillusion etc).
Deux semaines après la lecture, je ne suis toujours pas remise de la fin de ce premier tome. (Attention, spoiler si vous voulez entreprendre la longue lecture de l’autobiographie sans en connaître les détails)

Car il se termine par les destins tragiques des deux héros d’enfance de Simone, son premier amour et sa meilleure amie. Le premier était un homme qu’elle jugeait encore plus cultivé, intelligent, novateur, charismatique qu’elle. Pourtant il était foncièrement pessimiste sur la nature humaine. Il a cédé aux pressions familiales, s’est marié, à renoncé à l’écriture et a fini sa vie prématurément, alcoolique, ruiné, abandonné de tous et semi clochard. La description âpre de ce destin funeste est terrifiante à lire. Le pire, c’est encore la fin atroce de Zaza, sa meilleure amie, qu’elle admirait tant et qu’elle jugeait bien supérieure à elle.
Zaza était issue d’une famille catholique et bourgeoise ultra conservatrice. Sa famille estimait qu’une femme doit rester au foyer et que les mariages d’amour étaient dérisoires. La sœur de Zaza a accepté d’épouser un homme riche et puissant qu’elle n’appréciait pas, mais Zaza a refusé de céder. Elle voulait devenir écrivain et était folle amoureuse d’un homme, pourtant issu de « bonne famille » lui aussi et catholique comme elle. Zaza était tiraillée entre le respect envers ses parents et sa soif de liberté. Voici comment le premier tome se termine :

« Zaza avait 40 de fièvre et délirait.
Pendant quatre jours, dans la clinique de St-Cloud, elle réclama « mon violon, Pradelle (son amoureux) Simone et du champagne ». La fièvre ne tomba pas. Sa mère eut le droit de passer la dernière nuit près d’elle. Zaza la reconnut et sut qu’elle mourait. « N’ayez pas de chagrin, maman chérie, dit-elle. Dans toutes les familles il y a du déchet : c’est moi le déchet. »
(..) « Nous n’avons été que les instruments entre les mains de Dieu » dit M.Mabille. (son père)
(..) Souvent la nuit elle m’est apparue, et elle me regardait avec reproche. Ensemble nous avions lutté contre le destin fangeux qui nous guettait et j’ai pensé longtemps que j’avais payé ma liberté de sa mort. »

Point final. Zaza a tellement souffert des rigueurs de sa famille qu’elle en est morte.
Je pense que la dernière phrase du livre s’explique ainsi : les parents de Simone de Beauvoir ont dû craindre que leur fille connaisse le même destin que son amie s’ils s’opposaient à ses ambitions. Du coup ils ont dû laisser Simone relativement libre par la suite.

J’attends avec impatience de lire le deuxième tome (cette fois, j’essaierai de ne pas vous révéler la fin, mais il fallait que je partage ce traumatisme !)

Et vous, qu'avez vous lu récemment ?







29/06/2010

Sex and the city avec Dorothy Parker

dorothy parker bio.gifVous croyiez que j’en avais fini avec Dorothy Parker ? Eh bien non : place à sa biographie. Le titre me titille tout de suite : l'extravagante Dorothy Parker. Je le juge un peu gnangnan. Ensuite, c’est le nom de l’auteur qui me turlupine : « madame de Saint » : il m’évoque l’aristocratie coincée, à l’opposé de la progressiste Dorothy Parker... enfin, il ne faut jamais se fier aux apparences...

Dès les premières pages, j’ai l’impression de tomber dans Sex and the city : une critique des gens chics et riches, des journalistes et écrivains célèbres, qui cache mal en fait l’admiration que l’auteur leur porte. Dorothy Parker évoluait dans le milieu mondain des années folles, elle côtoyait les auteurs les plus renommés (Fitzgerald, Hemingway). Elle décrivait dans ses nouvelles l’hypocrisie des amitiés de la haute société. On comprend dans ses écrits que Dorothy Parker méprisait sincèrement ce milieu bourgeois. Or, j’ai senti que sa biographe, elle, est fascinée par ce milieu.

sex and the city.jpgC’est un peu comme Sex and the city. J’aimais bien la série car les scénaristes se moquaient des personnages. Petit à petit, l’ironie a disparu et ces femmes sont devenues des modèles. Bien sûr, officiellement, on rit toujours de leurs gaffes, mais on apprécie aussi leur liberté et leurs tenues excentriques. Pourtant j’ai souvent pensé qu’elles s’habillaient comme des clowns.
L’héroïne Carrie me semble pathétique, puisqu’elle dépense tout son salaire dans des chaussures hors de prix et souvent moches (par exemple celles avec des plumes roses, sur lesquelles Miranda perd les eaux. J'en ai déjà parlé, faut croire que je m'en remets pas). Elle ne peut plus acheter son appartement à cause de ses dépenses inconsidérées, elle est victime du monde superficiel de la mode. Elle en est fière au lieu de d’en désoler. Le pire, c’est que les héroïnes soit disant expertes en amour commettent toutes les erreurs possibles avec les hommes. Bref, ce ne sont vraiment pas des modèles à suivre.

C’est pareil pour les magazines féminins. J’ai appris que certaines  journalistes si drôles, qui donnent des conseils pour draguer les mecs, sont en réalité impitoyables avec leur subalternes, sans humour, aigries car incapables de garder un homme. Le problème, c’est qu’elles donnent des conseils aux jeunes filles qui s’empressent de reproduire ces erreurs…
En faisant des recherches, j’ai lu que l’auteur de la biographie, Dominique de Saint Pern, est rédactrice en chef d’un magazine féminin… je saisis mieux sa description un peu admirative du monde superficiel des gens riches et dépensiers, des belles fringues, des célébrités …

En lisant cette biographie, on constate que, comme les héroïnes de Sex and the city, Dorothy Parker est une victime des hommes et de la mode. Elle choisit les types que je méprise le plus et que je repère à 20 000 km : les plus machos, les plus crâneurs, flambeurs, superficiels, instables et égoïstes, qui la laissent tomber comme une vieille chaussette (après l’avoir engrossée et contrainte à l’avortement, pour l’un d’eux). Pour ces losers, elle se ruine en vêtements de luxe, elle les défend même quand un de ses pauvres types la bat !

Bref, Dorothy Parker n’est pas montrée sous son meilleur jour. Je pensais que les filles décrites dans ses nouvelles étaient inspirées par les femmes de son entourage, pas par elle-même... Du coup je comprends mieux pourquoi Dorothy Parker se méprisait à ce point (elle a même tenté plusieurs fois de se suicider.)
Ajouté à cela, l’écrivain qui était célèbre pour ses bons mots et son redoutable sens de la répartie était aussi connue pour dire du mal de ses amis dès qu’ils avaient le dos tourné. Je n’aime pas vraiment cette mentalité et méchanceté gratuite…

Je finis par le pire de tout, l’inconcevable, l’incompréhensible, l’inacceptable, l’inexcusable, pire que l’hypocrisie, le goût du luxe, de l’argent et des pauvres mecs :
Dorothy Parker adorait les chiens et en possédait des dizaines ! Quelle horreur ! Des chiens ! Les écrivains préfèrent toujours les chats, qu’est ce que c’est que cette hérésie ?
Je plaisante (à moitié).

Sinon, rassurez-vous, Dorothy Parker reste toujours un formidable écrivain féministe. J’ai forcé sur le défaut que je lui ai trouvé, mais cette biographie de Dominique de Saint Pern est très agréable à lire, bien documentée, on ressent facilement la vie mouvementée de Dorothy Parker, même si je n’ai pas adhéré à tous les aspects de sa personnalité… bref, je pense que la plupart de mes lectrices l’apprécierait beaucoup.

Vous avez vu le film sex and city 2 ? il vaut le coup ou ce n'est qu'une longue pub pour des fringues et produits de marque ?

P.S : ce soir je vous conseille la soirée théma sur Arte : "je consomme, donc je suis"