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31/03/2015

Les deux pires films de l’année 2014

cinéma- L’amour est un crime parfait des frères Larrieu
Un prof se tape ses étudiantes. La dernière conquête en date disparaît. Sa belle-mère (l’hystérique décapsuleur Maïwenn) se demande ce qui a bien pu se passer… Nous, on sait, et on s’en fout. Scénario très mince, sans intérêt, personnages pathétiques, ambiance glauque (inceste…) Mathieu Amalric joue le rôle principal :  je ne supporte pas ce mec, ses petits yeux noirs enfoncés et cruels, sa voix pincée, beurk. La scène de Karin Viard sur les toilettes… mais pitié, pourquoi ?

Avec la palme, un cauchemar à voir, la moitié des journalistes se sont barrés en plein milieu mais j’ai tenu péniblement jusqu’au bout :

- Un voyage de Samuel Benchetrit
cinémaUn couple part pour le weekend en Suisse. Gentil voyage en amoureux ? Non ! La femme (Anna Mouglalis, compagne du réalisateur) est atteinte d’une maladie incurable et choisit le suicide assisté. Filmé le plus souvent caméra à l’épaule pour que le cadre bouge tout le temps et donne envie de gerber, et en gros plan pour être au plus près de l’intimité obscène des personnages.
Gros plan sur le visage baigné de larmes de l'héroïne qui emmène son fils à l’école, sans lui dire qu’il ne la reverra jamais (sympa pour le gamin !) Gros plan sur le corps dénudé décharné et malade, pendant les scènes de sexe etc. L'hystérique court dans la rue en hurlant, pieds nus, débraillée, larmes et morves qui se mêlent. Et le summum : elle imite un singe pendant une scène interminable.
Le but avoué du film d’après son dossier de presse : susciter un sentiment de malaise et une réaction chez le spectateur. Résultat obtenu : le faire fuir. Par contre c’est sûr, avec ce truc, on approuve tout de suite l’euthanasie : achevez-la pour que le film se termine ! La grande question : comment a-t-il pu trouver un financement ? Benchetrit était pourtant assez marrant avec Janis et John et J’ai toujours rêvé d’être un gangster… La meilleure blague du film : c'est en fait le premier d'une trilogie sur les femmes. J'ai tellement hâte de voir la suite !

4 (bons) films de 2013 vus en 2014 (mémé et son train de retard…) :

- Le loup de Wall Street de Martin Scorsese
- Blue Jasmine de Woody Allen
- Django Unchained de Quentin Tarantino
- The immigrant de James Gray

 

 

30/03/2015

Bilan ciné 2014 : les comédies dramatiques

Hippocrate 2.jpg

Coup de cœur :

- Hippocrate de Thomas Lilti

Le quotidien d’un hôpital, à travers le regard d’un jeune interne encore naïf et idéaliste (Vincent Lacoste, Les beaux gosses). Le réalisateur de 38 ans, qui est aussi médecin généraliste, s’inspire de sa propre expérience. De l’humour, de l’émotion, de la réflexion sur notre société actuelle : faut-il aider à mourir un vieillard qui souffre d’une maladie incurable? Comment soigner avec le manque de moyens et d’effectifs ? Comment affronter les maladies, les peurs des patients, l’erreur médicale ? Comment gérer sa fatigue, les horaires, ses problèmes personnels et supporter la mort et la souffrance de ses patients, comment ne pas se laisser submerger ?

Je n’aurais jamais pu faire médecin ! Je suis beaucoup trop émotive, je fonctionne à l’affectif et je culpabilise vite. Rien que la gamine que je garde qui s’est égratignée le doigt avec un tube de dentifrice, je sortais le fouet pour me flageller : « C’est de ma faute ! Voilà, elle va perdre sa main maintenant, elle va mourir vidée de son sang ! » (j’exagère hein)
J’ai peur des hôpitaux, souvenir d’enfance où je devais rendre visite à mes grands-parents. Pour moi, ce lieu est synonyme de mort, tristesse, solitude : voir tous ces vieux dans ces mouroirs, attendant qu’on leur rende visite… Et cette odeur d’éther atroce !
Pourtant, même si Hippocrate se déroule dans un hôpital, j’ai adoré ce film. Les acteurs sont formidables, avec en tête Réda Kateb. Et la musique est super : Tell me something I don’t know de Herman Dune, je l’écoute souvent depuis.

Pourquoi pas :

cinéma, hippocrate- Jersey boys de Clint Eastwood
- Samba de Oliver Nakache et Eric Tolédano
- Nebraska d’Alexander Payne
Un vieillard mutique et borné, un peu gâteux (Bruce Dern) reçoit une de ses pubs qui inonde les boîtes aux lettres des vieux plus faciles à arnaquer « vous avez gagné le gros lot ! » Sauf que le type y croit vraiment et décide de rejoindre le Nebraska pour retirer son gain. Son fils l’accompagne malgré lui dans cette épopée. Il découvre enfin qui est réellement ce père avec lequel il a du mal à communiquer, quels étaient ses espoirs déçus, comment il a rencontré sa mère, fille pétillante transformée en rombière acariâtre au fil des années de rancœur… L’auteur de The descendants (avec Clooney) continue à explorer les liens affectifs distendus : pourquoi connaît-on si peu les gens qui nous sont pourtant les plus proches, les parents, la famille et notre « moitié » ? Un road movie plus touchant et émouvant que drôle, sauf la scène hilarante chez les cousins ultra beaufs. Le choix du noir et blanc pour faire plus art et intello est franchement superflu.

- New-York melody de John Carney
- Monuments Men de George Clooney
- Tiens-toi droite de Katia Lewkowicz
- Xenia de Panos H. Koutras

Bof bof :

- Near Death Experience de Benoît Delepine et Gustave Kervern
- L’homme du peuple de Andrezj Wajda
J’adore les biopics, celui-ci promettait d’être passionnant : sur Lech Walesa, le leader rebelle de Solidarnosc, prix nobel de la paix, futur président de la Pologne… Mais non.
- Palma real motel de Aarón Fernandez
Au Mexique, un adolescent travaille pendant l’été dans un hôtel qui abrite des couples adultères. Il tombe sous le charme d’une des femmes, plus âges que lui. Le film retranscrit à merveille l’atmosphère poisseuse des gens qui transpirent et s’endorment sous le soleil, du jeune homme qui s’ennuie car il a peu de travail. Justement, l’ambiance est tellement bien rendue qu’on s’ennuie aussi. Pas de grand intérêt à cette banale éducation sentimentale, au scénario faiblard et aux personnages peu consistants. 

Demain, suite et fin (enfin !) avec les deux films les plus insupportables de l'année

 

29/03/2015

Bilan ciné 2014 : les drames bof bof

trois coeurs.jpgOn est enfin passé à l'heure d'été, le chat peut cesser d'hiberner. Il fait nuit à 20 heures, ô joie !
NDLR : "Bof bof" traduit en langage adulte : " Des films souvent adorés par la critique mais qui m’ont encore ennuyée."

Bof bof :

- Eden de Mia Hansen-Love
- Saint Laurent de Bertrand Bonello
- Only lovers left alive de Jim Jarmusch
Comme Saint Laurent, encore un film pour dandys. Des personnages qui se pensent artistes maudits, prennent la pose, cultivent leur spleen et leur misanthropie inutiles : ce sont des vampires, ils valent tellement mieux que les humains. On apprend qu’ils sont à l’origine des plus belles créations artistiques : Shakespeare, c’est John Hurt en fait ! Ok, le film est beau, original, poétique, sur l’amour éternel… mais il ne se passe pas grand-chose.

- 3 cœurs de Benoît Jacquot
only lovers 2.jpgUn banal mélo : resté pour une nuit dans une petite ville de province, Marc (Benoît Poelvoorde♥) a un coup de foudre pour Sylvie (Charlotte Gainsbourg). Alors qu’il doit la rejoindre une semaine après, son cœur s’emballe justement, il fait une attaque. Rendez-vous manqué, il ne la reverra plus. Mais pourquoi ils n’ont pas échangé leurs numéros ? Les gars on est en 2015 hein ! ou leur facebook quoi ! Ah oui c’est sûr, c’est plus romantique de se revoir sur les chaises du jardin du Luxembourg, mais ils font moins les malins après ce malentendu. Charlotte pense que Benoît lui a posé un lapin, et tente d'oublier son chagrin en se barrant aux Etats-Unis avec son mec qu’elle n’aimait plus vraiment. Retourné trop tard dans la ville de leur rencontre pour retrouver sa belle, Benoît épouse la première venue qu’il y trouve, une brave fille sympathique (Chiara Mastroianni). Manque de bol, cette nana est justement la sœur de Charlotte. La mère (Catherine Deneuve, super casting) a tout compris, elle.
Un film auquel tout le monde peut s’identifier : une histoire de coeur ratée, l’hésitation entre deux amours, entre la passion et la raison, comment passer à côté de sa vie en ne la vivant qu’à moitié, etc. Mais j’ai trouvé que ce mélo était traité sans émotion, sans passion. Un comble. Je n’ai ressenti qu’un long ennui devant ce film cousu de fil blanc. Dommage. Sur le même thème (passer à côté de l’amour de sa vie en se conformant à ce que la société attend de nous) regardez plutôt le magnifique Conte de la princesse Kaguya !

- Mademoiselle Julie de Liv Ullmann
- La voie de l’ennemi de Rachid Bouchareb
Remake américain de Deux hommes dans la ville (j’en ai parlé ici). J’ai pu rencontrer le réalisateur, il est sympa comme une porte de prison. Forest Whitaker par contre est super cool : il m’a tenu la porte de l’ascenseur avec un large sourire, pour que je monte avec lui et les autres membres de l’équipe. Mais je n’ai pas osé planter les autres journalistes (certains m’ont jeté un sale regard), et je me voyais mal coincée au milieu d’eux dans un minuscule ascenseur « salut ! il fait beau hein ? euh vous parlez pas français c’est vrai, et moi anglais comme une vache espagnole ! Ça va être long, il reste combien d’étages ? »

Palme du drame le plus ridicule :

- Un été à Osage County de John Wells
Règlement de comptes familial. Suite à la disparition de leur père, trois filles reviennent dans leur maison d’enfance, soutenir leur mère hystérique (Meryl Streep, mais qu’est-ce qui t’a pris ?!) Cris, pleurs, vaisselle cassée… c’est tellement gros que ça en devient risible. Laver son linge sale en famille, à 90 degrés surtout, pour que tout rétrécisse bien… Pour faire plus mélo et réaliste sûrement, les actrices ne sont visiblement pas maquillées. Résultat, vlan, 15 ans de plus dans la gueule de Juliette Lewis, méconnaissable, idem pour Julia Roberts, pas vraiment à son avantage. Seul Ewan McGregor s’en sort bien, on lui donne 10 ans de moins que sa femme et surtout, il fait beaucoup plus cool et détaché! Relax les gars, c'est pas la mort du p'tit cheval ! (juste du père quoi) 

Demain, la suite avec les comédies dramatiques (en fait, les films que je ne sais pas classer)

 

28/03/2015

Bilan ciné 2014 : les drames

ida.jpgA voir :

 

Ida de Pawel Pawlikowski

Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée

- Twelve years a slave de Steve McQueen

- Mommy de Xavier Dolan

 

 Pourquoi pas :

 

- Men women and children de Jason Reitman

- Diplomatie de Volker Schlöndorff  

- White bird de Gregg Araki

La mère de Kat disparaît soudainement. Pourquoi, qui était-elle vraiment ? Le réalisateur nous a suppliés à la fin de la séance de ne rien révéler, alors je ne dirai rien de plus. Gregg Araki, auteur du troublant Mysterious skin et de Kaboom, est le spécialiste de l’adolescence. La mère est interprétée par Eva Green, surprenante en femme au foyer acariâtre. L’adolescente est incarnée par Shailene Woodley, l’équivalent de notre Gilles Lellouche national : elle joue dans tous les films américains, Divergente, Nos étoiles contraires, The spectacular now… je ne suis pas objective car la tête de l’actrice ne me revient pas du tout, je n’aime pas ses petits yeux en amande, son sourire un peu en coin, je trouve qu’elle n’a pas l’air sympa. En voilà de la critique cinématographique constructive.

 

- Respire de Mélanie Laurent

Pareil, j’ai du mal avec Mélanie Laurent, elle est très belle mais elle fait froide et pimbêche. Je l’apprécie mieux depuis que beaucoup la détestent à cause de de sa prétendue arrogance et son omniprésence (actrice, réalisatrice, chanteuse…) : j’aime bien défendre les mal-aimés. Surtout, elle est écolo. Elle milite contre la surpêche, réalise un film, Demain, qui propose des solutions pour remédier à la crise environnementale et économique.

Ado, Mélanie Laurent était déjà moquée. Dans Respire, elle s’inspire de son vécu : une adolescente vampirisée par une camarade de classe. La description du manipulateur pervers est assez fine : choisir une victime gentille et honnête mais qui n’a pas trop confiance en elle, donc qui culpabilisera facilement, qui pensera d’abord que le problème vient d’elle et se laissera faire. Exploiter toutes ses ressources jusqu’à la moelle : le manipulateur choisit une victime qui possède les qualités qu’il n’a pas : il veut se les approprier, ou à défaut, les détruire chez l’autre. Lui faire croire qu’elle est la meilleure amie indispensable, puis la rejeter brutalement sans raison, la dénigrer. Créer un sentiment de confusion chez sa victime et l’isoler peu à peu… Bien vu. Le début est un peu longuet, avec les plans de coucher de soleil pour montrer que Mélanie sait aussi manier une caméra et construire un cadre ("t’as vu comment je fais bien la mise au point ?") mais la fin vaut le coup. Lou de Laâge est parfaite en tête à claques pétasse manipulatrice( je l’ai vue au théâtre dans le mortel ni dieu ni diable).

 

incomprise.png- L’incomprise de Asia Argento

Encore une histoire vraie d'enfant mal aimée, cette fois-ci inspirée de l’enfance de l’actrice Asia Argento. Elle n’hésite pas à reprendre le titre du chef d’œuvre bouleversant de Comencini, L’incompris. Pourtant, Asia Argento ne tient pas la comparaison. La pauvre petite fille riche peine à émouvoir, enfant d’une star de cinéma qui lui passe tous ses caprices. J’ai eu du mal à m’identifier. Ok, ses parents sont tarés, se droguent devant elle et remplacent une vraie présence et une véritable affection par des cadeaux, ils lui préfèrent ses demi-sœurs. La fillette fugue en emportant sous son bras son meilleur ami, son chat noir : là, j’ai pu la comprendre ! Un film touchant, mais pas bouleversant comme celui auquel il fait référence.

 

- Canada Morrison de Mathias Lucchesi

Toujours une histoire de fillette incomprise. Ici, Lila (la gamine est trognon) vit en Argentine dans une région désertique. Elle a grandi sans connaître son père, sa mère refusant de lui en parler. Avec les maigres indices qu’elle a pu récolter, elle s’enfuit de sa pension et part en ville à la recherche de son géniteur, accompagnée d’une institutrice compréhensive. Cette fois, j’ai mieux pu m'identifier à la petite, un peu sauvage et rebelle (seul bémol : elle n’a pas de chat !) Ce n’est pas un grand film d’action, mais il est sincère, les personnages attachants et les paysages magnifiques.

 

Suite demain, avec les drames encensés par la critique et qui m’ont encore ennuyée.