26/10/2014
A la télé ce soir : Le pianiste, Hero, Harry Potter...
L’embarras du choix ce soir. Je conseillerai en premier sur D8 Le pianiste de Roman Polanski. Le film retrace une histoire vraie, le destin d’un homme pendant la seconde guerre mondiale. Emprisonné dans le ghetto de Varsovie, le pianiste parvient à s’enfuir et survivre dans la ville en ruine. Un film bouleversant, palme d’or amplement méritée. Polanski y a mis toute son âme, car à travers l’histoire du pianiste il raconte aussi la sienne, puisqu'il a également réussi à s’échapper d’un ghetto. Le cinéaste raconte d’ailleurs sa terrible expérience dans un documentaire à ne pas manquer : Le roman de Polanski, a film memoir, de Laurent Bouzereau.
Ambiance plus légère sur Numéro 23, avec Hero de Zhang Yimou. Il ya 2000 ans, la Chine est divisée en 7 royaumes. Le roi des Qin veut les unifier, mais trois dangereux guerriers veulent l’en empêcher. Un homme prétend avoir réussi à tuer les trois indésirables. Il raconte comment au roi… Un récit foisonnant, plein d’imprévus. Un film d’arts martiaux avec Jet Li, mais que l’on peut comparer à Tigre et dragon pour ses combats éblouissants et ses images poétiques.
Autre combat pour la survie, le dernier volet de Harry Potter sur TF1.
Sur France4, Will Smith n’affronte pas les méchants sorciers mais des robots rebelles dans I Robot d’Alex Proyas.
Oss 117, le minable agent secret, combat les espions dans le délirant premier épisode du Caire, sur w9.
Autre comédie parodique, Le chat Potté sur France2.
Demain, suite des films de la semaine.
Et vous, qu'allez vous regarder ?


20:45 Publié dans A la télé cette semaine | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : télé, cinéma | |
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22/10/2014
Gaston reprend le travail
Après plus d’un an de chômage, j’ai donc fini par retrouver un boulot. En CDD naturellement. (Pour moi un CDI désigne la bibliothèque du lycée).
La première question qui s’est posée à moi est bien évidemment :
- Quand puis-je poser des congés ?
Mais je ne suis pas inconsciente, pour ne pas me faire repérer comme la Gastonne Lagaffe de service, je n’ai pas posé la question à mon chef dès le premier jour.
J’ai attendu le lendemain. Je sais bien me comporter en société quand même.
Puis j’ai profité qu’un collègue (en CDI depuis 14 ans et n’étant pas parti en vacances depuis 11 mois) en parle : « Pour la Toussaint, j’emmène ma mère se recueillir sur la tombe de mon père dans notre village natal. C’est pas loin, on ira en train…. »
Chacun prend la mine grave de contenance. Je souris malgré moi parce que la gouaille du gars me rappelle Jean Gabin. Je revois l’acteur dans Un singe en hiver, qui prend lui aussi le train chaque année pour visiter la tombe de son père, ses seules vacances (c’est d’un gai).
Moi (sur un ton innocent, voix plus aiguë et joviale) : « - Ah ben justement, comment on fait si on veut poser des jours de congés ? (C’est juste sa phrase qui m’y fait penser, je ne cogite pas du tout là-dessus depuis que j’ai commencé le boulot, c’est-à dire exactement 7h23, que le temps passe lentement, plus que 1692 heures de travail à subir)
Regard consterné de l’assistance : comment ose-t-elle troubler ce moment grave, de recueillement !
Moi (sentant trop tard que j’ai encore fait une bourde) – « Nan parce que… (Comment rattraper le coup ? Jouer sur l’émotion aussi ?) C’est vrai que c’est la Toussaint quoi…
Soudain intérêt du chef : - Ah bon ? Tu as aussi perdu des proches ?
Je pense : « évidemment ! Non j’ai encore mon arrière arrière grand-père qui était canut, il me racontait encore pas plus tard que la semaine dernière comment il a fracassé son métier à tisser sur la tête de son patron pendant la révolte de 1831, haha, sacré Jojo.»
Gênée, je n’ose pas utiliser cette corde sensible qui pourrait pourtant m’être utile. Je suis pudique moi, et l’humour est mon arme préférée comme je l’ai dit ici.
Je pense encore : « Bien sûr que j’ai perdu des proches ! Mon père, ma mère, mes frères et mes sœurs, whoh ooh, ce serait le bonheur… » Non, on va attendre de mieux connaître les collègues avant d’utiliser l’humour noir (j’essaierai demain).
La vérité est que je ne sais même plus où sont les tombes, il y en a tellement. Puis les cimetières sont tellement grands, les stèles se ressemblent toutes. Peuvent pas en faire une rose fluo, suivie d’une jaune poussin, et les nôtres avec des enseignes clignotantes « vous êtes ici » (enfin, plutôt « ils sont ici », pas envie de les rejoindre six pieds sous terre). Ca permettrait de se repérer. Puis les couleurs, comme les immeubles de Notting Hill ou de Camdem Town, c’est quand même plus gai. (Ou sinon, on peut customiser les tombes ?)
Peuvent pas aussi tous se faire enterrer dans le même caveau, plutôt que « je veux être enterré là où je suis né » « là où j’ai vécu » « avec ma femme, l’amour de ma vie » (moi je veux être enterrée avec mon chat de ma photo de profil, dans le jardin sous le rhododendron). Nan, côté paternel, maternel, belle-doche, vlan, tous dans le même panier, c’est quand même plus pratique. Mais non.
Donc à la question, je réponds simplement, sans mentir :
- C’est juste que je rentre voir ma famille à chaque vacance scolaire.
Apparemment ce n’est pas une raison suffisante pour me donner des jours de congés. Le chef s’esclaffe :
« Les congés, tu peux rêver, t’en auras pas pendant un an, toute ta durée de travail. T’es vacataire, t’es là pour bosser quand les autres ne veulent pas le faire.
Moi : - mais j’en ai à Noël quand même ?! Les autres entreprises où j’ai bossé fermaient automatiquement pendant une semaine voire 15 jours à cette période.
Il rigole de plus belle : - Ouais ! T’auras ton 25 décembre quoi ! Mais tu pointeras dès le 26.
Je ne peux plus retenir mes réflexions : « - Nan mais noël quoi ! Et le 24 surtout, c’est mon anniversaire ! C’est sacré ! »
Jamais, jamais, une papillote ne travaillera le jour de son anniversaire ! Ce serait renier toute son essence ! Puis faut que je décore le sapin, que j’emballe les cadeaux, que je mange ma bûche, que je fasse de la luge, j’ai du vrai boulot à faire moi !
J’ai donc pris le jour même mes billets de train pour noël. 6 jours.
Et pour la Toussaint aussi.
Je ne l’ai encore pas annoncé au chef. J’attends un peu (par exemple, la fin de ma période d’essai…)
Le travail, c'est la santé
Rien faire, c'est la conserver
Les prisonnier du boulot
Ne font pas de vieux os
Ils bossent 11 mois pour les vacances
Mais sont crevés quand elles commencent
Un mois plus tard ils sont costauds
Mais faut reprendre le boulot
Quiz On connaît la chanson, deux chansons à retrouver dans le texte. Qui en sont les auteurs ?


21:11 Publié dans Parfois, je travaille | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : travail, gaston lagaffe est mon idole | |
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20/10/2014
L'humour, mon arme préférée
Je n'ai pas raconté mes incroyables aventures inexistantes depuis longtemps, surtout celles liées au travail. Forcément, j'étais au chômage. Il est possible que miss Gaston Lagaffe revienne bientôt vous narrer ses formidables histoires, car figurez-vous, j'ai retrouvé un emploi !
J'ai réussi à rester discrète quelques jours, puis ma nature a vite repris le dessus. Grâce à ma maladresse légendaire, quelqu'un s'est déjà fait voler ses affaires sous mon nez et j'ai déjà failli tuer un collègue. Les autres employés ont soudain appris mon existence, puisque depuis, des collègues jusqu'alors inconnus viennent me voir en me disant "C'est toi qui a failli tuer Truc ?" En attendant de trouver le temps de vous raconter cette incroyable aventure (je bosse maintenant !) voici un extrait de livre que je trouve pertinent :
"Toutes ces mésaventures firent que je m’enfermais de plus en plus dans ma chambre et que je me mis à écrire pour de bon. Attaqué par le réel sur tous les fronts, refoulé de toutes parts, me heurtant partout à mes limites, je pris l’habitude de me réfugier dans un monde imaginaire et à y vivre, à travers les personnages que j’inventais, une vie pleine de sens, de justice et de compassion.
Instinctivement, sans influence littéraire apparente, je découvris l’humour, cette façon habile et entièrement satisfaisante de désamorcer le réel au moment où il va vous tomber dessus. L’humour a été pour moi, tout le long du chemin, un fraternel compagnonnage; je lui dois mes seuls instants véritables de triomphe sur l’adversité. Personne n’est jamais parvenu à m’arracher cette arme, et je la retourne d’autant plus volontiers contre moi-même, qu’à travers le « je » et le « moi », c’est à notre condition profonde que j’en ai. L’humour est une déclaration de dignité, une affirmation de la supériorité de l’homme sur ce qui lui arrive.
Certains de mes « amis », qui en sont totalement dépourvus, s’attristent à me voir, dans mes écrits, dans mes propos, tourner contre moi-même cette arme essentielle ; ils parlent, ces renseignés, de masochisme, de haine de soi-même, ou même, lorsque je mêle à ces jeux libérateurs ceux qui me sont proches, d’exhibitionnisme et de muflerie. Je les plains. La réalité est que « je » n’existe pas, que le « moi » n’est jamais visé, mais seulement franchi, lorsque je tourne contre lui mon arme préférée ; c’est à la situation humaine que je m’en prends, à travers toutes ses incarnations éphémères, c’est à une condition qui nous fut imposée de l’extérieur, à une loi qui nous fut dictée par des forces obscures comme une quelconque loi de Nuremberg.
Dans les rapports humains, ce malentendu fut pour moi une source constante de solitude, car, rien ne vous isole plus que de tendre la main fraternelle de l’humour à ceux qui, à cet égard, sont plus manchots que les pingouins. »
Romain Gary, La promesse de l’aube
Tout cela me rappelle quelqu'un...
P.S : La personne que j'ai soi-disant failli tuer manque cruellement d'humour. (Je ne comprends pas, j'ai trouvé ça très drôle moi...)


22:02 Publié dans Parfois, je travaille | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : humour, travail, gaston lagaffe, littérature | |
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17/10/2014
Samba, entrez dans la danse
Samba (Omar Sy) est un Sénégalais installé depuis 10 ans en France. Il travaille dans un restaurant. Il est menacé d’expulsion car sans papiers. Alice (Charlotte Gainsbourg), cadre supérieure, a fait un burn out et quitté son travail. Elle devient bénévole dans une association et tente d’aider Samba. Selon les conseils de sa collègue (Izïa Higelin) elle devrait « garder ses distances, parce qu’après ça peut vraiment faire mal s’ils sont renvoyés ». Pourtant, Alice ne peut s’empêcher d’être attirée par Samba, cet homme qui lui ressemble si peu, fort, confiant et doux malgré son histoire… (voir bande annonce en lien).
Avec Samba, les réalisateurs d’Intouchables nous livrent comme à leur habitude un film touchant et positif, plein de bons sentiments. Ils traitent encore de l’alliance des contraires (dans Intouchables : l’homme riche cultivé et le pauvre de banlieue inculte ; Tellement proches ou Nos jours heureux : des titres ironiques pour une famille ou colonie de vacances aux membres très dissemblables, etc.)
Les metteurs en scène développent encore des thèmes sociaux et d’actualité. Ils utilisent les ressorts de la comédie pour traiter de sujets graves ou sensibles. Après les handicapés dans Intouchables, ici les sans-papiers et le stress au travail.
L’humour populaire, qui rassemble, est le meilleur moyen de faire passer un message (de tolérance) en douceur. Peut-être trop justement : les problèmes que le film dénoncent sont parfois survolés.
Par exemple, Alice tente de se remettre de son burn-out en devenant bénévole pour une association d’aide aux sans-papiers. Elle est censée se reposer et rester au calme, je ne vois pas trop comment écouter les récits dramatiques de réfugiés peut l’aider… Ou bien ils lui permettent de relativiser ses problèmes de Parisienne privilégiée. Mais alors pourquoi retourne-t-elle dans son boulot ? Pourquoi ne s’engage-t-elle pas totalement dans cette cause humanitaire, plus juste et plus utile que son ancien travail ? C’est comme si le problème venait d’elle, et pas de son emploi stressant. Les réalisateurs parlent d’un problème de société actuel, le burn-out, mais ne remettent pas en cause le monde du travail tel qu’il est actuellement.
Pourtant selon Eric Tolédano, le film traite « un seul et même thème : le rapport au travail, du plus bas au plus haut de l’échelle. D’un côté, Samba, un travailleur clandestin qui a quitté son pays et cherche à régulariser sa situation pour honorer la promesse d’emploi qu’il a décrochée ; de l’autre, Alice, cadre supérieure qui a tout pour être heureuse, mais souffre de surmenage qui a débouché sur un pétage de plomb. Ils considèrent tous les deux le travail comme la valeur suprême mais, en se rencontrant, ils vont découvrir de nouveaux horizons, et tenter de se frayer un autre chemin vers le bonheur que celui imposé par le monde du travail et la réussite sociale. Le travail est-il le sens ultime de l’existence ? L’idée de poser la question ouvertement nous emballait beaucoup. »
Le film est avant tout une comédie, il ne veut pas être pesant. Il souhaite sans doute ne pas porter de jugement ni créer de polémique. C’est tout à son honneur. C’est au spectateur de se poser les questions et réfléchir à ce qu’il a vu.
Eric Tolédano l’explique : « nous avons mis des visages sur des statistiques. Aborder le côté politique du sujet, ce n’est pas notre rôle, pas plus que de faire passer un message. (ah ?) En revanche, le cinéma permet au spectateur de découvrir, par des personnages et leur quotidien, un monde que souvent il ne connaît pas autrement que par le débat public et les médias. Et à partir de là, cela peut lui donner matière à réfléchir différemment.»
Il ajoute : « Lorsqu’une scène est chargée dans sa dramaturgie, nous n’hésitons pas à tenter d’y glisser de l’humour derrière : C’est l’arme la plus efficace. Encore une fois, nous n’avons pas vocation à passer un message. (re-ah ?)
Malgré ses déboires, Samba reste digne, volontaire, optimiste, il ne se laisse pas abattre. Une magnifique leçon de vie. Le film est porté par son interprète principal, Omar Sy,classé parmi les personnalités préférées des Français. Sans cet acteur charismatique et solaire, Samba serait beaucoup plus bancal. Quant à Charlotte Gainsbourg, elle est toujours parfaite, dans son éternel rôle de petite fleur délicate et sensible. Tahar Rahim est étonnant dans un rôle comique inhabituel, qui pourtant correspond mieux à sa nature.
Les personnages peuvent paraître assez lisses et candides. Pourtant le héros effectue un geste regrettable qui aura des conséquences désastreuses (mais pas pour lui ! au contraire, elles lui sont très favorables…) Seul le personnage d’Izia Higelin est cynique au début, pour mieux se jeter dans le sentimentalisme ensuite… On peut juger le film un peu niais, idéaliste.
Samba joue plus sur les émotions qu’Intouchables et les autres films des réalisateurs. Notamment en développant (un peu trop longuement) une histoire d’amour entre les deux personnages principaux. Par son sujet grave, traité avec plus de sérieux et de sensiblerie, Samba est moins drôle que les précédents films des cinéastes (et les gags tombent parfois à plat).
Chansonnite aigue oblige, j’ai Samba Mambo de France Gall dans la tête. Le film n’utilise pas cette chanson, mais d’autres qui promettent de plaire au plus grand nombre : du Bob Marley, du Steevie Wonder… Puis des musiques qui fleurent bon le Brésil, comme Take it easy my brother Charlie, en hommage au titre et parce que le personnage de Tahar Rahim vient de ce pays. La b.o soignée choisit aussi les mélodies au piano émouvantes de Ludovico Einaudi ou la chanson romantique de Tom Odell, Another love.
Je laisse le mot de la fin à Omar Sy :
« Je fais des films pour divertir. Mais si je donne l’occasion aux gens de découvrir deux ou trois réalités de la vie, j’en suis fier. Je crois en l’espoir, au côté positif de l’existence, j’essaie de faire partager cette foi le plus largement possible parce que je trouve que cela manque dans notre environnement. Tant pis si je parais neuneu ou un peu fleur bleue. »


22:11 Publié dans On connaît le film | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : cinéma, cinéma français, travail | |
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