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20/10/2014

L'humour, mon arme préférée

Gaston Lagaffe- au bureau je suis indispensable.jpgJe n'ai pas raconté mes incroyables aventures inexistantes depuis longtemps, surtout celles liées au travail. Forcément, j'étais au chômage. Il est possible que miss Gaston Lagaffe revienne bientôt vous narrer ses formidables histoires, car figurez-vous, j'ai retrouvé un emploi !
J'ai réussi à rester discrète quelques jours, puis ma nature a vite repris le dessus. Grâce à ma maladresse légendaire, quelqu'un s'est déjà fait voler ses affaires sous mon nez et j'ai déjà failli tuer un collègue. Les autres employés ont soudain appris mon existence, puisque depuis, des collègues jusqu'alors inconnus viennent me voir en me disant "C'est toi qui a failli tuer Truc ?" En attendant de trouver le temps de vous raconter cette incroyable aventure (je bosse maintenant !) voici un extrait de livre que je trouve pertinent :

"Toutes ces mésaventures firent que je m’enfermais de plus en plus dans ma chambre et que je me mis à écrire pour de bon. Attaqué par le réel sur tous les fronts, refoulé de toutes parts, me heurtant partout à mes limites, je pris l’habitude de me réfugier dans un monde imaginaire et à y vivre, à travers les personnages que j’inventais, une vie pleine de sens, de justice et de compassion.

Instinctivement, sans influence littéraire apparente, je découvris l’humour, cette façon habile et entièrement satisfaisante de désamorcer le réel au moment où il va vous tomber dessus. L’humour a été pour moi, tout le long du chemin, un fraternel compagnonnage; je lui dois mes seuls instants véritables de triomphe sur l’adversité. Personne n’est jamais parvenu à m’arracher cette arme, et je la retourne d’autant plus volontiers contre moi-même, qu’à travers le « je » et le « moi », c’est à notre condition profonde que j’en ai. L’humour est une déclaration de dignité, une affirmation de la supériorité de l’homme sur ce qui lui arrive.

Certains de mes « amis », qui en sont totalement dépourvus, s’attristent à me voir, dans mes écrits, dans mes propos, tourner contre moi-même cette arme essentielle ; ils parlent, ces renseignés, de masochisme, de haine de soi-même, ou même, lorsque je mêle à ces jeux libérateurs ceux qui me sont proches, d’exhibitionnisme et de muflerie. Je les plains. La réalité est que « je » n’existe pas, que le « moi » n’est jamais visé, mais seulement franchi, lorsque je tourne contre lui mon arme préférée ; c’est à la situation humaine que je m’en prends, à travers toutes ses incarnations éphémères, c’est à une condition qui nous fut imposée de l’extérieur, à une loi qui nous fut dictée par des forces obscures comme une quelconque loi de Nuremberg.

Dans les rapports humains, ce malentendu fut pour moi une source constante de solitude, car, rien ne vous isole plus que de tendre la main fraternelle de l’humour à ceux qui, à cet égard, sont plus manchots que les pingouins. »

Romain Gary, La promesse de l’aube

Tout cela me rappelle quelqu'un...

P.S : La personne que j'ai soi-disant failli tuer manque cruellement d'humour. (Je ne comprends pas, j'ai trouvé ça très drôle moi...)

16/06/2013

Bilan des one man show : Baptiste Lecaplain, Alex Lutz et Bérengère Krief

Les blogueurs « normaux » écrivent sur les spectacles et sorties à faire quand ils sont encore d’actualité. Certains publient chaque jour (mais comment font-ils ? Même au chômage, j’ai trop de films à voir sur Canal +, trop de vidéos de chats à regarder sur le net, enfin trop de trucs importants à faire) D’autres font un bilan mensuel, voire annuel des meilleurs films, spectacles ou expos qu’ils ont vus.
Mémé Papillote qui a toujours un train de retard invente un concept plus original : faire le bilan au mois de juin, des sorties faites... depuis 2012. C’est sympa hein ? Alors l’hypnotiseur Messmer proposait le spectacle le plus fascinant que j’ai jamais vu, les expos Toutankhamon et Tim Burton étaient les plus intéressantes. Des évènements incontournables, tous les médias en parlaient… mais c’était l’année dernière.
Nan, mais mémé n’a pas un train de retard, elle en a un d’avance, car ces attractions vont revenir ! Grâce à moi, vous saurez avant tout le monde ce qu’il faut voir. Enfin, je vais quand même attendre un peu avant d’écrire, comme j’ai le temps… (rendez-vous en 2014 alors).

D’abord, le bilan catégorie one man show (cliquez sur les sketches en lien, ils valent le coup):

alex lutz.jpegAlex Lutz (sur Paris en novembre)
Alex Lutz interprète une mégère dans la revue de presse de Catherine et Liliane du Petit journal. Il a également joué le fils de nazi « qui vit dans un groupe hippie » dans l’excellent OSS 117, Rio ne répond plus. Dans son spectacle, l’humoriste incarne avec une justesse étonnante plusieurs personnages qu’il a pu croiser, comme un directeur de casting ou un technicien de cinéma. Sa facilité à transformer sa voix, à adopter les mimiques des personnages est impressionnante.

On peut le constater avec cette formidable observation d'une vendeuse de vêtements insupportable : " la voilà qui arrive avec le 44. Ah non je ne préfère pas que vous passiez le 42 au cas où. J'ai été correcte avec vous, je vous demande d'être correcte avec le produit." Le comédien est admirable également dans ses portraits d’une adolescente en crise qui veut faire de l'humanitaire à Londres et se pense autonome parce qu'elle est déléguée de classe: "j'ai fait une T.S, c'est vachement grave, j'ai avalé cul sec tous les tubes d'homéopathie de ma mère. J'ai acheté un cahier dans lequel je note toutes mes pensées, et j'ai écrit une phrase en hommage à la vie que je vais me tatouer sur le visage : la vie de l'homme est comme un ruban qui se déroule, sur lequel je cours jusqu'à perdre l'haleine, jusqu'au carrefour de mes rêves, que je verrai s'effacer au fur et à mesure où j'ouvrirai les yeux". Et plein d'autres personnages dans le même genre. A voir.


baptiste lecaplain.jpgBaptiste Lecaplain (en tournée, voir les dates sur son site)
Contrairement a Alex Lutz qui imite surtout ses contemporains, Baptiste Lecaplain pratique plutôt l'autodérision en évoquant ses propres souvenirs : "Ma copine m'a largué récemment : "- J'pense qu'il faut qu'on arrête là. Parce que honnêtement, tu mérites mieux. - Je mérite pas mieux non. Je suis qu'une merde, je mérite que toi !" En fait je fais le malin, mais je suis rentré chez moi, j'ai chialé, j'ai écouté James Blunt Goodbye my loveeer !"

Vous connaissez peut-être ce blondinet pour son rôle du colocataire dans la série Bref, ou pour ses sketches qui commencent à devenir célèbres, comme celui-ci ou celui des filles en boîte de nuit. Je l’avais vu il y a trois ans à une grande soirée spectacle organisée par Arthur, avec une trentaine de jeunes comiques encore méconnus. Lecaplain était clairement pour moi celui qui se démarquait le plus, avec Vérino. J’ai eu du flair, car le petit devient grand. J’adore sa façon de passer du coq à l’âne et de gesticuler comme un survolté sur scène. Surtout, je le trouve souvent touchant et sensible, quand il évoque sa jeunesse par exemple (moi aussi je n'aimais pas mon prénom, j’ai fait L, j’étais la dernière choisie pour les groupes de sport…) J'ai vu Baptiste Lecaplain pour sa dernière au Bataclan, et le pauvre chou était tout ému à la fin et a versé une larmichette, c’était craquant. Il s’est aussi lancé dans une dragouille maladroite et marrante de spectatrice, et ne savait plus où se mettre en apprenant que la jeune fille était venue accompagnée de sa mère…

Bérangère-Krief.jpgBérengère Krief (toujours à l’affiche !)
Encore une qui a joué dans Bref (Marla). Par sa voix et certaines attitudes, elle fait penser à Florence Foresti. Son sketch le plus connu est son cours de réparties anti-relou (à 3 min sur la vidéo), très utile pour les filles, qui ont toutes affaire un jour à ces dragueurs de rue pathétiques : « hé, on fait un tour de bagnole ?
- Il croit que je vais répondre quoi ? : «  C’est mon rêve ! De faire une balade en Opel corsa la nuit avec 5 mecs que je connais pas ! Mais non, excuse-moi Francis Heaulme, mais là on est en 2013 et j’ai vu Faites entrer l’accusé la semaine dernière… »
« - Hé mademoiselle, t’as fait tomber quelque chose… mon cœur…
- Ben écoute, il a dû tomber dans le même trou que ton charisme, ton intelligence et ta beauté. Pas de chance ! »
Ses personnages sont parfois un peu caricaturaux : les hommes, souvent infidèles, les femmes amatrices de mode (Je vous rappelle que mémé Papillote déteste le shopping et garde encore des vêtements achetés en francs.) Mais la jeune femme possède une fraîcheur revigorante. Puis comme moi elle vient de Lyon et a suivi les mêmes études (à peu de choses près, on sortait de la même promo). (Je vous ai dit aussi qu’à Lyon j’habitais l’immeuble en face de Liane Foly et à côté de l’affaire Louis Trio ? Comme quoi mon quartier pourri cachait des pépites) (il faut me compter dedans bien sûr) (bah oui, grâce à ma chansonnite).

Suite du bilan one man show bientôt, avec entre autres Chris Esquerre ou Alexandre Barbe.

Et vous, connaissez-vous ces humoristes ? Que pensez-vous de ces sketches ?

18/11/2011

Julie Victor, One musical show : rire et chansons

julie-victor.jpgLe théâtre de 10 heures présente le One musical show de Julie Victor, boulevard Clichy. En tant que mémé, je mets rarement les pieds dans ce quartier (ça me rappelle la chanson de Polnareff, Rosy la fille de joie, et la série de canal Pigalle la nuit). Je n’ai pas trouvé immédiatement le théâtre, pourtant situé juste à côté du métro, car les sex shops alentour étaient plus grands…
Ce détail apporte un avantage : comme la salle est petite, on est collé à la scène, dans une ambiance intimiste.


Quand le spectacle commence, personne sur les planches, on entend juste une chanson. Je pense écouter un disque, car la voix est parfaite, mais Julie Victor apparaît avec son micro…
Après son tour de chant qui nous laisse tous sous le charme, elle nous parle avec un accent québécois à couper au couteau, qui casse bien l’ambiance. Houlà, je ne vais rien comprendre (j’ai du mal à suivre les films de Xavier Dolan ou de Denys Arcand). Finalement Julie Victor nous jouait un tour, elle s’exprime en « français de France », ce qui ne l’empêche pas de continuer plus tard en se moquant de l’accent allemand.

julie-victor2.jpgAccompagnée du bassiste Dominique Mabille et du pianiste Jérémy Journiaux, Julie Victor nous raconte sa vie en rires et chansons : comment lui est venu sa vocation, le souvenir de son premier petit ami et de son  enfance en famille dans sa Normandie natale… On apprend qu’elle n’a pas mal roulé sa bosse, au cours Florent, dans des opérettes où elle se faisait draguer par le metteur en scène, des comédies musicales, dont une où elle a joué le rôle de… Dieu. Elle a aussi tenté l’Eurovision et tourné des pubs (« eh les filles, pour manger moins, achetez de la vaisselle plus petite ! »). La chanteuse entrecoupe ses tours de chant par des sketches : elle se moque des notices ridicules par exemple : « attention, veuillez retirer l’enfant avant de plier la poussette ». Elle ne manque pas non plus d'épingler les actrices qui poussent (faiblement) la chansonnette, comme Mélanie Laurent. Pour reprendre son souffle, Julie Victor boit de l’eau, à la paille, dans… un aquarium rempli de poissons.  Petit détail qui montre bien l’originalité de  l'artiste… (voir lien vers la "bande annonce" du spectacle)

Derrière l’humour déjanté, l’émotion et la nostalgie pointent leur nez. La chanteuse termine son spectacle en nous achevant, justement : elle offre une interprétation de La tendresse de Bourvil absolument bouleversante. J’entends renifler dans la salle et la spectatrice devant moi éponge de grosses larmes, je vois sa main ruisselante éclairée par le projecteur … En me retournant, j’aperçois même des hommes ces êtres sans cœur avec les yeux humides et la bouche tordue des types qui se retiennent de pleurer. Je ne vous cache pas que même mémé a  une grosse boule dans la gorge (pourtant il m’en faut beaucoup, comme par exemple tuer Chaussette dans Danse avec les Loups).
J’ai cherché la magnifique interprétation de Julie Victor pour vous la montrer, en vain. Je n’ai trouvé que celle de Bourvil, qui semble bien fade et vieillotte à côté. Vous n’avez plus qu’à vous déplacer pour la voir en live, ça vaut vraiment le coup d’œil (et d’oreille surtout) (quoique l’œil aussi, en plus d’avoir un incroyable talent comme la France, Julie Victor est très mignonne).

Je ne sais pas si elle a inventé ce concept fort original : chanter sa vie. Pascal Sevran l’a fait, mais ce n’était pas drôle. (Enfin, si, au 3ème degré).
En tout cas, j’ai été très impressionnée par son originalité, son audace et son fort tempérament. Je vous conseille vivement son spectacle si vous habitez Paris, et qui sait, elle va peut-être obtenir le succès qu’elle mérite et faire une tournée dans toute la France ?

Julie Victor est au théâtre de 10h jusqu’au 31 décembre.

NB : Julie Victor nous explique qu’elle porte la poisse, car certains spectacles auxquels elle participait ont été annulés. Je confirme : pendant son show, elle nous demande d’éteindre notre portable. Mon fidèle serviteur qui m’accompagnait depuis 4 ans et demi ne s’est jamais rallumé, comme ça, d’un coup, sans donner d’alerte. J’ai dû à mon grand désarroi en reprendre un autre : le vendeur s’est moqué de mon « antiquité » et m’a refilé une sombre bouse tactile (je n’avais pas le choix) qui possède la moitié des fonctions de mon ancien portable, cette « antiquité ». C’est très pratique d’envoyer des sms sans pouvoir écrire d’accent par exemple. Je suis enervee. On appelle ça la nouvelle technologie. (Le sujet mérite un billet complet, je sens que le portable va finir comme celui de mon frère, qui a achevé sa courte vie de 2 minutes 30 explosé contre un mur.) (on est un peu nerveux chez les papillote) (c’est son patron qui lui avait donné pour qu’il soit plus facilement corvéable joignable.)