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22/02/2015

Les Beatles, les sixties et moi

many years macca.jpgTitre de la biographie de Paul McCartney, que je recommande aux fans.
J’ai commencé un billet sur les victoires de la musique, puis j’ai voulu parler d’abord des chanteurs que j’aime. J’ai donc pondu un roman que je débute aujourd’hui :
Dans mon collège fou fou fou fou où tout le monde est fou, j’étais la seule à aimer les Beatles. J’affirmais avec passion comme d’habitude, que les Fab four composaient et resteraient le meilleur groupe du monde, tandis que les musiques de mes camarades ne survivraient pas à la postérité. Je l’ai raconté récemment à une amie qui n’en revenait pas : « Tout le monde aime les Beatles pourtant ! » Eh bien non, je subissais des collégiens dégénérés. Je me sentais vraiment seule contre tous. Je doutais : « est-il possible que je sois la seule à avoir un cerveau du goût et qu’ils aient tous tort ? La majorité a-t-elle toujours raison ? » Ils écoutaient la techno à la mode. Dans le car qui nous emmenait à la piscine, les filles chantaient à tue-tête Mariah Carey ou Céline Dion. Un supplice pire pour moi que la douche collective.

En 6ème, la prof d’anglais nous a fait apprendre Hello Goodbye, car ses paroles d’une simplicité enfantine se retenaient facilement par des débutants. Les élèves se sont moqués de moi pendant des semaines et depuis je déteste cette chanson. Lors de son dernier concert à Bercy en 2011, McCartney a commencé par Hello Goodbye… mais il a superbement terminé par le medley de fin d’Abbey road.
En 4ème, rebelote, Pour nous apprendre les temps particuliers du  futur, la même prof nous présente When I’m sixty four. C’est une chanson rétro, hommage au père de McCartney qui appréciait le ragtime. Les élèves (je me suis coltinée ces boulets pendant 4 ans) me reprochaient : « comment tu peux écouter une merde pareille ? »

 Au lycée, j’ai réussi à convertir une seule personne à ma religion, mais je prêchais déjà un croyant : le type était fan des Beatles et de John Lennon, mais ne connaissait pas Macca chéri ! C’est toujours comme ça : les gens préfèrent Lennon et son image de rebelle assassiné en pleine gloire. McCartney, « le Beatle gentil » et plus tranquille, ne fait pas rêver. J’ai prêté au gars mes disques préférés, Band on the run (on m'entend hurler de joie sur cette vidéo du concert à l'Olympia) et surtout Ram. Il était épaté « mais c’est super en fait ! » Ben oui, Paulo était un génie avec les Beatles, il a composé la majeure partie des titres de Sergent Peppers, le meilleur album, pourquoi son talent se serait-il amoindri ensuite ?

A la fac, j’ai justement prêté Sergent peppers lonely hearts club band à mon copain au tout début de notre relation (le truc de base). « Fais attention, c’est le CD de mon frère ».  Il me l’a rendu avec la boite rayée, en me disant « j’ai pas accroché, j’ai trouvé ça vieux ». J’aurais dû le larguer direct. Plus de 10 ans après, mon frère m’avoue ce weekend : « à l’époque y avait l’autre, ton meilleur pote, j’aurais préféré que tu sortes avec. Lui au moins, il aimait les Beatles et était guitariste, on avait des points communs ! » Je l’ai pourtant perdu de vue après la fac à Lyon, et je l’ai recroisé des années plus tard à… Bercy, au milieu de 17 000 personnes, au concert de… McCartney ! Aujourd’hui, il habite en Angleterre, est toujours musicien et en couple avec sa chanteuse.

Avec le blog, j’ai enfin pu faire connaître et apprécier les Beatles et des chansons de McCartney méconnues à certains lecteurs, dont une à même crée un blog de fans. Comme quoi il n’est jamais trop tard !
Demain, je tenterai de vous convertir à mes autres religions : Souchon, William Sheller et Polnareff. Le premier, ça devrait être facile, pour Michou, je trouverai bien quelques disciples.

Suite demain

 

 

03/02/2015

Lagaffe au boulot : laissez-moi danser chanter en liberté

gaston danse.jpgSuite du billet d’hier
Mon collègue me demande donc : « tu peux me faire découvrir des chansons françaises que tu aimes bien ?
- HERVE VILARD !!!
- Qui ?
- Non je rigole… Mais t’en connais quand même quelques-unes, tu aimes quoi ?
- Tu vas te moquer…
- Me moquer, moi, jamais ! Puis vu mon niveau…
- J’aime bien… attends je vais te faire écouter. » Et il embarque son ordi portable et m’entraîne vers la machine à café. (Ça ne faisait que 20 minutes qu’on l’avait quittée). « J’aime bien Alizée…
- Ah oui quand même… Je chante : « moi je m’appelle Lolita
Il me fait écouter le dernier album et là je comprends mieux ce qu’ont dû subir mes collègues avec Demis Roussos.
- T’as pas des chansons de ton pays plutôt ? (il est Américain)
- Si, ça, tu connais ? Et il me met Stayin’ alive !
Un peu que je connais les Bee Gees ! Je vous rappelle que j’ai tout de même dansé sur cette chanson au boulot le jour de la mort de Robin Gibbs. (voir article en lien). Je lui refais donc ma petite chorégraphie.
- Waouh, tu la connais par cœur !

gaston fantasio pas content.jpgEncouragée, je danse toute la choré.
Et au moment du dernier couplet, lorsque je mime la souffrance, une main contre le cœur et l'autre sur le front : « life going nowhere, somebody help me… » Je me tourne vers la porte. Et là je vois une des big boss, Super revêche, qui me regarde la bouche ouverte et les yeux écarquillés, l’air à la fois éberlué et irrité.
Somebody help me yeah…
Mon collègue replie immédiatement son ordinateur portable comme un gamin pris en faute, se lève précipitamment et retourne à son bureau.
Alors que moi je continue à faire semblant de rien… Ben quoi, c’est tout à fait normal…
Super revêche s’adresse à lui en m’ignorant totalement : - « Comme je vous le disais il y a dix minutes, j’attends les ouvrages demandés… »
Je continue à boire mon café…
Il lui donne les bouquins et Revêche se casse.

gaston indispensable.jpgEn même temps, on subissait une panne du logiciel informatique, et je ne pouvais rien faire depuis des heures. Je bossais justement en apportant exceptionnellement des dossiers manuellement à mon collègue, alors que les autres dans mon cas ne se déplaçaient pas… (ma chef m’avait d’ailleurs félicitée, mais je trouvais ça normal non ?) Puis la panne m’a servi à éclairer mon collègue de ma grande culture musicale. Et mon don exceptionnel pour la danse.

Pour lui faire oublier Revêche, une fois le chat parti, les souris dansent, je rallume son ordi :
- Tiens, tu ne voulais pas découvrir la chanson française ? Voilà :
« Moi, je vis, d’amour et de danse
Je vis, comme si j’étais en vacances
Laissez-moi danser, chanter en liberté !

Collègue : - Tu ferais sensation dans une boîte gay !
- M’enfin ?! Ça veut dire quoi, je danse comme un mec ?
- Non pas du tout, tu danses super bien, la prochaine fois je t’emmène en boîte gay parce qu’on adore danser sur Dalida ! (il est gay)
- oh mais je connais ! J’étais au Queen il y a un mois. Enfin j’y suis allée une seule fois, c’était pour le lancement du film Eden, mais il n’y avait pas que des acteurs, il y avait aussi des gays. A part cette sortie, mémé n’avait pas mis les pieds en boîte depuis 2001…
- J’insiste, je t’invite ! »

Le ridicule ne tue pas, sinon je serais morte depuis longtemps et je mourrais dix fois par jour…

A suivre, peut-être…

01/02/2015

La rubrique nécrologique de la semaine : Demis Roussos

demis roussos.jpgJ’envoie mon sms devinette traditionnel à mon frère.
« - T’as vu qui est mort ?
- Non, qui ?
- Un chanteur.
- Français ? Anglais ?
- Grec
- Nana Mouskouri ?!
- T’es fou la mère va encore nous beugler version opéra : « quand tu chantes, je chante avec toi, libertééé ! » Non, c’est un homme. Enfin, un homme… « Comment appelle-t-on l’animal poilu qui se rapproche le plus de l’homme ? »
- Demis Roussos !!! »

 Lorsque j’ai appris la nouvelle, j’ai aussi imité la voix de Didier Bourdon dans Télé magouille : « Demis Roussos ? » (à 5 mn 30 sur le lien)
Le chanteur est décédé le 25 janvier, à 68 ans. Il avait un cancer de l’estomac diagnostiqué un an auparavant. Sa famille « connaissant sa peur panique concernant la maladie et la mort, a décidé de ne rien lui dire ».
Mais…  il ne se rendait pas compte ?
« - J’ai mal au bide…
- C’est rien chéri, t’as trop mangé, prends un Gaviscon ! » (Ou la méthode de ma mère, bien plus efficace : une cuillère à café pure de pastis. Même quand j’étais gamine. Comment devenir poivrot)

Selon sa page wikipédia (oui, je vais pas chercher loin, mais j’ai des problèmes de connexion Internet) «attiré par le paranormal, Demis Roussos déclare en 1976 être la réincarnation d’Alexandre le Grand, et dit en 1987 descendre des pharaons ».
Ça devait être sympa, les années 70, le LSD toussa…
Alex le grand, les pharaons ? Rien que ça ? Je pense plutôt être la réincarnation d’un chat. Je passe mon temps à dormir aux endroits les plus chauds et moelleux, comme le lit ou à côté du poêle (dès que je me lève, le chat me pique la place). Comme un chat,  je grignote toute la journée, je ronronne quand on me donne à manger et je grogne quand on me contrarie…

A noël dernier, mon frère qui a des goûts douteux (on se demande de qui je tiens) a acheté le best of d’Aphrodite’s Child, dont Demis Roussos était le chanteur. Ben en fait, quand on enlève ces hululements de castrat, c’est pas si mal : du rock de la fin des années 60, un peu psychédélique : Babylon, The four horsemen

 J’arrive au boulot. Enfin, à la machine à café (on bosse dur)
- Vous avez vu qui est mort ? Demis Roussos !
- C’est qui ?
- Han ! Tu connais pas, malheureux ! Quel grave manque à ta culture ! Ne t’inquiète pas, je vais te faire découvrir ! »

Les autres collègues qui connaissent le chanteur, et me connaissent surtout, s’empressent de finir leur café pour se barrer vite fait. Trop tard, j’entame :
« Rain and tears, are the same !
But in the sun
You’ve got to play the game ! »

Curieusement, il pleut et neige depuis, c’est d’ailleurs sûrement pour ça que j’ai des problèmes de réseau.
Devant son air dubitatif (je ne comprends pas, pourtant je chante très bien) j’ajoute :
- Non mais c’est mieux si je te fais écouter…
Le dernier collègue survivant meurt étouffé par son expresso.

Toute la journée, les pauvres ont dû subir à fond sur mon ordi les chansons de Demis Roussos :
« Loin des yeux, loin du cœur, ça n’existe pas !
Loin des yeux, loin du cœur, moi je pense à toi !! »

Collègue « - Tain mais qu’il se casse oui et je t’assure qu’on pensera plus à lui ! S’il est pas mort, je vais l’achever moi ça va pas traîner !
Moi : - Mais c’est un hommage, tu comprends rien ! Allez, pour la peine, je t'en remets une autre : 
Ever and ever forever and ever you'll be the one ! »

Curieusement, le collègue qui ne connaissait pas Demis Roussos a apprécié. Il m’a même demandé, comme il n’est pas français : "tu peux me faire découvrir des chansons françaises que tu aimes bien ?"

Suite demain…

 

 

19/12/2014

Night Call

night call.jpgA Los Angeles, Lou (Jake Gyllenhaal) cherche du boulot et est prêt à tout pour en trouver. Il voit des journalistes filmer un sordide accident. C’est décidé, il fera pareil : errer dans la nuit au volant de sa voiture, branché sur les fréquences radios de la police, afin d’arriver le premier sur les lieux d’un crime pour revendre les images à la télé locale… (voir bande annonce en lien)

 I’m giving you a night call to tell you how I feel
I’m gonna drive you through the night down the hills

Le titre original est Nightcrawler, « le rodeur nocturne », mais la promo française l’a changé, certainement pour rappeler le tube de Kavinsky (et sa reprise par London Grammar) utilisé dans le film Drive (mais pas ici). Ce sont d’ailleurs les mêmes producteurs qui financent Nightcall/Nightcrawler, espérant sans doute le même succès que le film avec Ryan Gosling. Même ville, même héros taciturne et solitaire, qui parcourt Los Angeles la nuit dans son bolide, même violence. L’affiche française reprend aussi l’esthétique très années 80 et la police d’écriture de Drive.

night call taré.jpgComme Ryan Gosling dans Drive, Jake Gyllenhaal porte le film sur ses épaules. Pour le rôle, il a perdu 9 kilos (il est donc beaucoup moins chou que Ryan), et son visage émacié fait ressortir ses yeux, lui donnant un air de dangereux halluciné. Son personnage l’est justement : prêt à tout pour obtenir des images encore plus sanglantes, qui lui feront gagner encore plus d’argent. Il n’a aucun scrupule, aucun sentiment, aucune empathie : c’est un sociopathe. Il manipule son assistant et la rédactrice en chef qui achète ses images (René Russo, la femme du réalisateur).

 There’s something inside you, it’s hard to explain
They’re talking about you boy, but you still the same

night call caméra.jpgHabituellement j’ai besoin de pouvoir m’identifier au personnage ou au moins le trouver sympathique, mais le cynisme, l’arrogance et la volonté sans faille de Lou m’ont fascinée. Tout comme l’humour très noir, l’amoralité et la réflexion grinçante sur les médias qui ressortent du film. « s’il y a des morts, ça vaut de l’or » « Imaginez notre J.T comme une femme hurlant dans une rue, la gorge tranchée ». Le film dénonce les journaux faisant du sensationnalisme, ne parlant que de faits-divers, ne montrant que des images chocs. Ces médias exploitent la peur des habitants et provoquent ainsi le repli sur soi, la violence ou l’indifférence à force de voir des images choquantes.
Nightcall évoque aussi l’appât du gain, une société fondée sur l’argent : Lou n’hésite pas à se mettre en danger et à braver la police si ça peut lui permettre de gagner plus. Il exploite honteusement son assistant. La rédactrice cherche des images plus violentes, qui feront plus d’audimat, donc plus d’espaces publicitaires à vendre, du « temps de cerveau humain disponible. »

I’m gonna tell you something you don’t want to hear
I’m gonna show you where is dark, but have no fear

Jake Gyllenhall confirme son talent et ses choix de films judicieux, après les excellents Zodiac, Donnie Darko, Prisoners, Brothers, mais aussi Brokeback mountain, Prince of persia ou dernièrement Enemy. Il est nommé comme meilleur acteur au Golden Globes, qui préfigurent souvent les Oscars, et il a de bonnes chances de remporter le prix.
Night call s’appuie sur un solide scénario, imaginé par Dan Gilroy, qui devient réalisateur pour la première fois à 55 ans. Il était jusqu’ici l’auteur des scénarii de Jason Bourne l’héritage, Real steel avec Hugh Jackman, Two for the money avec Al Pacino et Matthew McConaughey…

D’ailleurs, vous ne trouvez pas que sur l’affiche, Jake Gyllenhaal ressemble à Matthew McConaughey ? Mais si, la même bouche ? non ? ou mémé a besoin de lunettes ?
Et quelle version de la chanson Night call préférez vous ?