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15/04/2014

Tom (et Papillote) à la ferme

tom a la ferme.jpgTom, un jeune publicitaire branché, se rend dans un coin de campagne isolé pour assister aux funérailles de son amant. Il rencontre la mère du défunt, une veuve esseulée de longue date. Mais il découvre aussi avec étonnement l'existence du frère de son ami, Francis. Ce dernier est un homme brutal, qui s'est sacrifié pour s'occuper de sa mère et de la ferme, pendant que son frère menait la vie de ses rêves en ville. Francis a caché l'homosexualité de son frère à sa mère, lui faisant croire qu'il sortait avec une collègue. Il demande à Tom de « jouer le jeu » pour faire plaisir à la mère, mais aussi de l'aider dans son travail, en remplaçant ce frère défunt qui a fait défection. C'est ainsi que Tom se retrouve à la ferme, en quelque sorte enfermé au grand air dans une relation malsaine... (voir bande annonce en lien)

Tom à la ferme, ce n'est pas vraiment Martine en vacances, gambadant joyeusement dans les prés au milieu des vaches. Le film est un thriller psychologique, où la tension, les révélations vont  grandissant. On se laisse happer par le suspense « Que va t-il se passer encore ? Non, il ne va pas aller jusque là ?! Tom va bien se défendre ? Cours, Forrest, cours !! » On est fasciné par la relation qui s'installe entre les personnages, la finesse et la complexité des situations et sentiments. Comment peut-on se laisser faire comme ça ? Le réalisateur Xavier Dolan qui incarne le personnage principal l'explique ainsi : (ne lisez pas le paragraphe suivant si vous souhaitez découvrir par vous-même en regardant le film)

« Il m'a fallu du temps pour comprendre Tom. (…) Il voit en Francis son amant décédé et puise dans la brutalité de ce frère jusqu'alors inconnu la seule violence supérieure à celle de la peine qui l'accable. Il trouve dans le travail de la terre la virilité qu'il se reproche de ne pas avoir eue (…) Il cherche la rédemption d'une mort pour laquelle il s'accuse ; son amitié indéfectible envers Francis, sa présence pour Agathe (la mère) sont autant de façons tordues de vivre son deuil et d'acheter son ciel. Tom part à la campagne remplacer l'irremplaçable. De quoi devenir fou... »

Le film pose cette question : toute vérité est-elle bonne à dire ? Tom doit-il avouer la véritable relation qui le liait au défunt, au risque de fortement perturber le souvenir et l'idée que s'en faisait sa mère, de heurter sa sensibilité et ses convictions ? Vaut-il mieux la laisser dans ses illusions, son aveuglement, ses préjugés, au risque de ne rien changer ?

Évidemment Papillote répond par la négative, spécialiste des pieds dans le plat et du questionnement infini, comme les enfants « Mais pourquoi tu dis ça ? Ça veut dire quoi en fait ? Au fond tu penses plutôt ça ? - Tu m'emmerdes avec toutes tes questions ! - Mais pourquoi ? Qu'est ce que ça cache au fond ? - T'es lourde ! - J'essaie simplement de comprendre, pour rendre la relation plus légère ! - Tu vas prendre mon poing dans la gueule tu vas voir si il est léger ! » (bien sûr je précise que ce dialogue est inventé et exagéré !)

Avec Papillote dans le rôle principal, le film aurait pris une toute autre tournure. Lorsque la mère découvre cet inconnu chez elle : « Vous êtes qui ? - Tom, le mec de votre fils. Vous saviez pas ? Et il a un frère ? Il me l'avait pas dit ! Pas étonnant vu le taré qu'il est ! Attends, tu crois tout de même pas que je vais bosser dans ta ferme ? Ouais on dirait que ça me gêne de marcher dans la boue, on dirait que ça me gêne de dîner avec vous. D'ailleurs je vais retourner dans ma ville parce que ça manque d'attractions par ici, ya même pas de cinéma, qu'est ce qu'on s'ennuie ! »

Je caricature encore évidemment, vous savez que je suis à moitié originaire de la cambrousse. Le film ne fait pas l'erreur de la caricature pleine d'arrogance, d'opposer la ville civilisée et les bouseux incultes, même si j'en connais d'aussi obtus ou isolés que les personnages du film. Mes grands parents maternels ne quittaient pas leur village, leur plus grand voyage a été de se rendre dans ma ville à une heure de route de là pour assister justement à des funérailles... le chemin inverse de celui du film.

J'ai été surprise d'apprendre que Tom à la ferme était tiré d'une pièce, car il ne fait pas du tout théâtre filmé. Malgré l'enfermement mental des personnages, l'histoire se déroule au grand air, dans l'immensité des champs. On sent la liberté possible, proche, mais l'horizon lointain. Le héros à la possibilité de s'enfuir, il rencontre des gens compréhensifs et qui l'alarment des dangers, dans un bar, chez le médecin, mais il reste.

En évitant l'écueil du huis-clos, on constate encore la virtuosité du jeune réalisateur, sa mise en scène stylisée, sophistiquée, originale, qu'on peut voir dès la bande annonce.

Xavier Dolan a réalisé son premier film a seulement 20 ans, Comment j'ai tué ma mère. On y trouvait déjà son désir de montrer les relations conflictuelles, de les pousser à bout pour en faire sortir leur vérité. Cette quête se retrouve dans le plus léger Les amours imaginaires, et dans son troisième film, Laurence Anyways, où le personnage incarné par Melvil Poupaud décide de changer de sexe, tout en conservant sa relation avec sa femme. Si certains critiquent parfois le style trop sophistiqué de Xavier Dolan, on ne peut pas nier son talent, son originalité et sa maîtrise de la réalisation. Je vous conseille l'étonnant Tom à la ferme, en salles demain. 

Petit Quiz On connaît la chanson...

 

07/04/2014

A la télé cette semaine : Le mépris, Barbara, Requiem for a dream...

mepris.jpgCe soir, suite de l’hommage pour le centième anniversaire de la naissance de Marguerite Duras, avec Un barrage contre le pacifique sur France Ô. Comme dans L’amant diffusé hier sur Arte, on retrouve le riche Chinois tombant amoureux d’une fille désargentée, et la famille qui tente d’en tirer profit. Mais ici, Marguerite Duras ne se concentre plus sur la relation passionnelle, mais sur son histoire familiale, ses rapports avec sa mère et ses frères. Isabelle Huppert incarne la mère de l’auteure. Elle se bat en vain contre les flots et les personnes qui l’ont ruinée en lui vendant des terres inondables.

Sur Arte, soirée crise conjugale. Tout d’abord avec Le mépris de Jean-Luc Godard, où l’on entend la sublime musique de Georges Delerue. On y retrouve la réplique célèbre : «  Et mes fesses ? Tu les aimes mes fesses ? » qui confirma le mythe Brigitte Bardot. Le film parle de cinéma (il se déroule sur un tournage, sous le soleil de Capri) mais surtout des malentendus et quiproquos au sein d’un couple. Michel Piccoli, méprisé par B.B. Capri, c’est fini.
La soirée se poursuit sur Arte avec un autre classique : Voyage en Italie de Roberto Rossellini. Cette fois-ci, ce sont Ingrid Bergman et George Sanders qui ne se comprennent plus. Le mari ne pense qu’à son travail, la femme à ses rêves perdus…

Quand-harry-rencontre-sally-152216_L.jpgLe couple va mieux mardi sur Numéro 23, avec la comédie romantique Quand Harry rencontre Sally. Ils se connaissent depuis la fac, se croisent régulièrement pendant 10 ans, mais passent toujours à côté l’un de l’autre. Pourtant ils sont faits pour s’entendre… Avec Billy Crystal et Meg Ryan dans la fameuse scène du restaurant.

Barbara-.jpgMercredi, couple possible sur Arte, avec Barbara de Christian Petzold. Je l’avais regardé par hasard sur Canal+, en m’attendant à un petit film, mais j’ai été envoûtée par l’héroïne mystérieuse, l’atmosphère oppressante, la profondeur et la mélancolie du propos et des personnages. En 1980, en Allemagne de l’est, une femme médecin de Berlin, soupçonnée de vouloir passer à l’ouest, est mutée dans un petit bled perdu. Elle se renferme dans un silence triste et mystérieux, mais un médecin jovial tente de percer sa carapace… Magnifique.
Barbara est suivi d’un autre film du même réalisateur, Contrôle d’identité, mais je ne l’ai pas encore vu pour pouvoir le conseiller.

black swan.jpgSur France4, soirée Darren Aronofsky, avec Black Swan et Requiem for a dream. Dans le premier, Natalie Portman interprète une danseuse étoile obtenant le rôle de sa vie dans le lac des cygnes. Elle travaille dur, la compétition est rude, surtout avec sa rivale (Mila Kunis) qui incarne son opposé : sensualité et rébellion. Un rôle intense pour Natalie Portman. Elle en sera récompensée par l’oscar de la meilleure actrice en 2011, et en épousant son entraîneur de danse, Benjamin Millepied (le bien nommé).

La soirée se poursuit avec un film encore plus sombre et dérangeant : Requiem for a dream. On connaît tous la célèbre musique (voir en lien). Je ne sais pas si j’aurais le courage de le revoir. Quel personnage subit le pire destin ? La petite vieille ? Je vote pour celui de Jennifer Connelly... Ce film est la meilleure pub de prévention anti drogues. Cauchemardesque.

Jeudi sur D8, The american d’Anton Corbjin. George Clooney incarne un tueur à gages vieillissant, désabusé, parti pour une ultime mission en Italie. Dans un paysage de carte postale, il retrouve goût à la vie et à l’amour. Un film plaisant, mais je préfère nettement le précédent du même réalisateur : Control, sur Ian Curtis, le chanteur de Joy Division qui s’est suicidé à 23 ans.

Et vous, aimez-vous ces films ? Qu’allez vous regarder cette semaine ?


23/03/2014

A la télé ce soir

Neverland.jpgArte programme Neverland de Marc Foster. A Londres, au début du 20ème siècle, l’écrivain James Barrie (Johnny Depp) remet en question son talent et son mariage désolant. Il  rencontre une veuve (Kate Winslet) et ses 4 bambins. Ils lui redonnent le goût d’écrire et le replonge dans l’enfance : Barrie écrira Peter Pan… Un petit film poétique, romanesque et sentimental, pour ceux qui ont gardé leur âme d’enfant.

vie est un long fleuve tranquille.jpgSur D8, une comédie française qui a marqué sa génération : La vie est un long fleuve tranquille. Un enfant prolo et un bourgeois ont été échangés à la naissance et ne l’apprennent qu’à l’adolescence. Ils retrouvent leurs familles respectives : le choc des cultures… J’habitais dans un HLM oh putain ce qu’il est blème, alors j’ai malheureusement observé quelques familles Groseille. Plus tard, j’ai connu aussi des Lequesnoy, grands bourgeois cathos pratiquants coincés. Le film ne semblait plus une caricature… et eux-mêmes avouaient que la chanson Jésus reviens aurait parfaitement pu être chantée dans leur chorale ! Le film regorge de scènes et dialogues célèbres que l’on connaît tous, et que je ne manque pas de recaser à toute occasion : « Mais madame je vous jure ! » « T’énerve pas comme ça, tu vas faire virer ta couleur ! » Avec Benoît Magimel dans son premier rôle, à 13 ans (je le trouvais trô bô).

papy_fait_de_la_resistance_14_adjudant_chef_gustav.jpgAutre comédie française populaire sur France 2 : Papy fait de la résistance, "le film qui a coûté plus cher que le débarquement". Il regroupe de grands noms du comique français : Jaqueline Maillan, Carmet, la troupe du Splendid avec Clavier, Balasko et Lamotte "super résistant"... Le Papy du titre devait être incarné par De Funès, qui mourut avant le tournage en 1983. C’est son acolyte des Gendarmes, Galabru, qui reprend le rôle. Mais mon acteur préféré est bien entendu l’adjudant chef Gustav, le chat « qui a la grosse tête depuis que le führer l’a décoré ».
 Ce film enchaîne lui aussi les répliques cultes et les chansons débiles, comme Jacques Villeret interprétant Julio Iglésias : « Je n’ai pas changé »…

i_robot,3.jpgScience fiction sur France 4, avec I, robot d’Alex Proyas (Dark City, The crow). Dans le futur, les robots se révoltent contre les humains, mais Will Smith est toujours là pour nous sauver. Le film s’inspire de l’œuvre d’Asimov. Je vous rappelle les principes du maître de la science fiction :
Première Loi : « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. »
Deuxième Loi : « Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi. » ;
Troisième Loi : « Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi. »

Demain, suite des films de la semaine.

Et vous, qu’allez vous regarder ?


23/02/2014

A la télé cette semaine : Mulholland drive, Riens du tout, L'horloger de St Paul, The mask, Le discours d'un roi...

mulholland-drive-affiche.jpgCe soir sur HD1, Mulholland drive, le chef d’œuvre de David Lynch. Le seul film que j’ai vu deux fois de suite au cinéma, pour tenter de le comprendre. J’ai finalement saisi grâce à un documentaire de Canal+ qui décryptait le film. « Fascinant » est vraiment le terme qui convient le mieux à cet ovni. La musique d’Angelo Badalamenti est envoûtante. Je chante souvent la superbe chanson I’ve told every little star de Linda Scott utilisée pour la BO.

télé,cinéma,musique de films,philippe sarde,jim carrey,rochefort,noiretA la même heure sur Arte, autre choc de cinéphile, vu comme Mullholland drive à l’institut Lumière (le réalisateur en est le président) : L’horloger de saint Paul, le premier film de Bertrand Tavernier. J’aime beaucoup ce film puisqu’il se déroule dans ma ville natale (Tavernier est Lyonnais), et il réunit mes deux chouchous Philippe Noiret et Jean Rochefort. Philippe Sarde a composé la bande originale, mélancolique comme souvent (voir en lien). Noiret incarne un horloger solitaire qui tente de comprendre son fils assassin, et de mieux connaître la nouvelle société qui l’entoure (l’histoire se déroule en 1975).
Le film est adapté d’un roman de Simenon. Il est suivi d’un documentaire sur cet auteur prolifique maintes fois adapté au cinéma : Les Maigret évidemment, mais aussi Betty de Chabrol, Le chat de Pierre Granier Deferre ou  Monsieur Hire et Panique que j’ai déjà évoqués ici.

riens du tout.jpgSur LCP, un autre premier film, celui de Klapisch en 1992 : Riens du tout, sur la vie des employés d’un grand magasin menacé de faillite. Un nouveau directeur (le toujours excellent Fabrice Luchini) tente de sauver l’entreprise. Comme quoi, le monde du travail m’a toujours fascinée. + de 20 ans après, je connais toujours par cœur la chanson du film (voir le lien).

Lundi, Arte poursuite son cycle sur la première guerre mondiale, avec Capitaine Conan, autre film de Tavernier. Il est suivi de l’éprouvant Johnny s’en va-t’en-guerre de Dalton Trumbo. Atrocement mutilé, devenu homme tronc aveugle et muet, le cerveau de Johnny est resté intact et se souvient…

télé,cinéma,musique de films,philippe sarde,jim carrey,rochefort,noiretBeaucoup plus gai, The Mask sur TMC. Cameron Diaz est absolument sublime dans ce film. Jim Carrey, timide et rêveur, se transforme en personnage de cartoon exubérant dès qu’il porte un masque magique. J’étais ado à la sortie du film (1994) et je rêvais de pouvoir faire pareil. Depuis on peut dire que j’ai pris Jim Carrey comme modèle, puisqu’à la fac mon surnom était « la toon » et que son film Yes man fait partie de mes principes de vie. En plus on partage le même signe astro et le même ascendant, je dis ça, je dis rien : Jim Carrey, c’et moi. Je refais souvent la chorégraphie de la chanson Sancho le cubain, à voir ici.
L’humour loufoque de Jim Carrey est également exploité jeudi sur TMC, dans le film M.Popper et ses pingouins. Une bonne surprise, le film est plus profond et tendre qu’il n’y paraît, et ravira petits et grands enfants (comme moi).

Autre comique que j’admire : Albert Dupontel, que l’on peut voir mercredi sur France4 dans son film Le vilain.

Jeudi, France3 programme Le discours d’un roi, qui a remporté les récompenses suprêmes : oscar du meilleur film, scénario, réalisateur et acteur pour Colin Firth. Il narre l’accession au pouvoir du roi Georges VI et surtout son combat victorieux contre le bégaiement.

Niveau documentaire, "Une journée dans la vie d'un dictateur" sur Planète+ lundi 24 février et mardi 5 mars.

Et vous, appréciez vous ces films, qu’avez-vous vu cette semaine ?