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14/10/2012

La rubrique nécrologique et les films de la semaine : Frank Alamo,This is England, Red Riding 1980, La vie des autres...

frank alamo.jpgJeudi, 17h30, au boulot. Silence de mort dans l’open space m’a tuer. Je traîne discrètement sur Twitter. Je lis la dernière dépêche du Monde diplomatique de Voici et je ne peux m’empêcher de m’exclamer :
« Oh purée, Frank Alamo est mort ! »
Tous les regards se braquent sur moi. Je viens de me faire griller en plein glandage. En même temps je suis censée finir le travail à 17 heures, enfin, plutôt 17h15 car j’arrive tous les jours sans exception en retard depuis deux mois (ça se sent que je suis motivée par ce job hein ?) donc j’ai bien le droit de glander sur Internet.

- Bah, qui c’est ?
- Mais si, enfin ! (je chante tout en twistant sur ma chaise) Biche ô ma biche, lorsque tu soulignes, au crayon noir tes jolis yeux… »
Collègue sympa : - oui hihi, j’aimais bien ! « biche ô ma biche, moi je m’imagine… »
Je reprends en chœur, haussant la voix et me levant pour l’inviter à danser : « que ce sont deux papillons bleus ! »
Air consterné des autres grincheux.

Malheureusement pour eux, j’ai squatté le bureau jusqu’à 19 heures parce que j’attendais le bon moment pour me rendre à un spectacle, ils ont donc dû subir ma chansonnite de radio Nostalgie. Certains ont quitté le travail plus tôt que d’habitude…

Frank Alamo est donc mort jeudi, de la maladie de Charcot, la veille de son anniversaire. C’est quand même pas de bol, il a manqué le gâteau et les 70 bougies à souffler (« fais un vœu… ») Il se nommait en réalité Jean-François Grandin (ce qui est tout de suite beaucoup plus commun) et a choisi son pseudonyme en référence au film de John Wayne. Il s’est spécialisé dans la reprise en français de chansons anglo saxonne à succès. Aujourd’hui on se plaint que nos compatriotes chantent en anglais, mais « je me bats pour gagner » sonne moins bien que « A hard day’s night »… Fort Alamo a également assiégé une autre chanson des Beatles, « Je veux prendre ta main ». (petit quiz on connaît la chanson : quel est le vrai titre anglais ?)

A la télé ce soir, France 4 diffuse souvent des films intéressants le dimanche, à … MINUIT ET DEMI. Par exemple Super size me, le documentaire sur MacDo la semaine dernière, ou il y a quelques temps le superbe My summer of love, avec l’ensorcelante musique de Goldfrapp (voir le lien). Je remercie pour une fois mes insomnies qui m’ont permis de redécouvrir My summer of love, qui m’avait déjà emballé des années auparavant, avec la magnifique Emily Blunt et l’acteur Paddy Considine, je vous en parlais la semaine dernière.

this_is_england.jpegCe soir justement, This is England, un film du copain de lycée de Paddy Considine, Shane Meadows. Dans This is England, le réalisateur raconte sa propre jeunesse, au début des années 80, dans un milieu pauvre où le chômage règne : celle d’un garçon de 12 ans mal dans sa peau, qui rentre dans un groupe de skin head… Il ne présente pas simplement un témoignage social dur et sombre sur les années Thatcher, à la Ken Loach ou Mike Leigh, mais aussi un film sur l’adolescence et ses découvertes. Il n’est pas aussi léger que La boum c’est sûr, mais on rit parfois ! Shane Meadows, tout comme son ami Paddy Considine, s’est sorti de ce « déterminisme social »  " En venant d'une ville comme Uttoxeter, personne ne s'attend à ce que vous deveniez réalisateur. En un sens, ma réaction face à cette violence a été l'élément déclencheur pour que je sorte de ce mode de vie."

red-riding-1980-paddy-considine1.jpgPaddy Considine n’apparaît pas dans This is England, mais on peut le voir lundi sur Arte, dans la suite de Red riding (j’espère que vous avez vu le premier que je vous avais conseillé la semaine dernière !) Ce deuxième film se déroule en 1980. Considine y incarne comme souvent un justicier, le seul flic honnête dans une ville corrompue, qui se bat pour éclaircir le mystère de fillettes enlevées depuis des années… J’ai retenu ce dialogue dans le premier film, où le rôle du type intègre était tenu par un journaliste consciencieux (qu’on assassine la séquence suivante en maquillant le meurtre en accident) :
 « -T’as jamais eu envie de nous délivrer du mal ? »
L’autre journaliste (le jeune Andrew Garfield) rigole.
Journaliste consciencieux : - Le mal triomphe par l’inaction des gens de bien ». (sur la photo : vas-y Paddy, te laisse pas intimider !)

vie des autres.jpgLe même soir, en première partie de soirée,  la nouvelle chaîne D8, rachetée par Canal +, propose des œuvres diffusées précédemment sur canal, comme par exemple lundi la série Braquo et le très bon La vie des autres. Dans ce film, un officier de la Stasi espionne un couple d’artistes soupçonné de diffuser des idées anti communistes. La paranoïa et la tension de cette époque sont parfaitement retranscrites, mais le film raconte aussi l’histoire touchante d’un homme qui s’éveille et se rebelle.
Mardi, W9 programme Babe, le cochon devenu berger, un joli conte que j’avais trouvé très novateur lors de sa sortie en 1995.

batman_le_defi.jpgJeudi, D17 ex Direct star, programme Batman le défi de Tim Burton. Je trouve que ses films sont de moins en moins bons depuis La planète des singes en 2001, film où il a rencontré sa femme Helena Bonham Carter. Elle n’est pas une très bonne muse. Alice au pays des merveilles ou Sweeney Todd ne valent pas Edward aux mains d’argent, Mars attacks ou Ed Wood … j’ai vu l’exposition Tim Burton à Bercy. Elle était intéressante (on voyait l’incroyable costume et les ciseaux-mains d’Edward, ou l’un de ses premiers courts métrages) mais les innombrables dessins étaient affichés à la suite sans véritable tri, on frôlait l’overdose.

Mardi, suite avec les documentaires à ne pas rater cette semaine. Pour une fois, ils ne seront pas classés dans la catégorie « documentaires qui donnent envie de se réfugier dans une grotte » car ils proposent des solutions et des actions concrètes ! Le mal triomphe par l’inaction des gens de bien…

27/05/2012

La rubrique nécrologique de la semaine : Lagaffe danse Stayin' alive

bee_gees_stayin_alive.jpgLundi matin, 8 heures, le réveil se met en route comme chaque jour sur Radio Nostalgie :
« On apprend le décès de Robin Gibb, l’inoubliable Bee Gees, des suites d’un cancer du côlon, à l’âge de 62 ans… »
Je vous laisse deviner quelle chanson m’a occupé l’esprit toute la journée. Quand on invente « staying alive », on n’a pas le droit de mourir.
Déjà, en m’habillant, j’abandonne enfin mon manteau d’hiver pour mettre mon blouson en skaï . Je choisis inconsciemment un jean au fond évasé, un peu patte d’eph, et des bottines en cuir. Bref, le sosie de John Travolta marchant dans Saturday night fever.

Je sors pour rejoindre le métro, toujours la chanson en tête. Je me rends compte que j’avance en rythme, comme l’acteur. (Malgré moi, dès que j’entends de la musique dans la rue, je ralentis et me cale sur le tempo, même si je n’aime pas l’air que j’entends.) Je fredonne. Sur le quai, une femme me fait un large sourire et hoche la tête d’un air entendu. Elle m‘aperçoit chuchoter le « ha, ha, ha, ha, stayin’ alive, stayin’ alive » tout en dodelinant la tête. Voyant qu’elle a compris la référence (elle a dû apprendre la nouvelle) je balance furtivement un bras en bas et l’autre en haut avec le doigt levé, comme Travolta. La femme éclate de rire. Un type l’entend et se retourne vers moi, mais replonge immédiatement dans ses pensées. Dans le métro, les gens ne sont guère attentifs et restent dans leur bulle déprimée.

stayin alive.jpgJ’arrive au bureau. Le lundi matin, le chef est en réunion jusqu’à 9h30. Alors quand le chat n’est pas là, les collègues partent en longue pause café et la Papillote danse. Seules deux (sur dix) collègues sympas sont présentes. Je rentre par la porte du fond et traverse l’allée centrale de l’open space en chantant :
« Well you can tell
by the way I use my walk
I'm a woman's man
no time to talk
Music loud and women warm
I've been kicked around
since I was born ! »

J’atteins le bout de l’allée et me retourne en faisant le classique déhanché de Travolta. Mes collègues sifflent et tapent des mains :
« Whouhouh ! C’est tout à fait ça !
- Tu danses trop bien ! »
A cet instant, la porte du bureau s’ouvre brusquement :
- C’est quoi ce bordel ?! »
Ouf, ce n’est pas le chef, simplement le collègue qui m’avait demandé de faire son boulot à sa place. Pour une fois, je ne suis pas prise en flagrant délire.

gaston lagaffe est mon idole, bee gees, donna summer, musique, saturday night fever20 minutes plus tard, Prunelle revient de sa réunion. Comme toujours, les conversations cessent en plein milieu d’une phrase. Je trouve cette réaction stupide et hypocrite. Prunelle doit forcément nous entendre jacasser et rire depuis le fond du couloir, et quand il ouvre la porte, plus un bruit ! C’est un chef mais pas un kapo tout de même, même si la traduction signifie la même chose. Il déteste quand on parle, pourtant je rappelle que l’on fait un travail répétitif qui ne nécessite aucune concentration. Alors je papote tout de même de temps en temps pour briser le silence pesant, pour que le temps passe plus vite, et Prunelle pousse de lourds soupirs pour signifier son mécontentement. Parfois quand mes collègues rigolent de mes réflexions, il les gronde comme des enfants : « oh, un peu de sérieux ! » et les employés baissent la tête sans dire un mot jusqu’au restant de la journée, interminable.

Rompant le silence de mort, le collègue qui m’avait surprise dit au chef :
« Vous avez raté quelque chose tout à l’heure !
-Ah ? Quoi ?
-Papillote qui chantait et dansait ! Fallait voir ça !
Le chef me lance un regard furibond. Je suis cramoisie. Mais comme d’habitude, j’en rajoute une couche :
-Nan mais le chanteur des Bee Gees est mort ce matin, fallait bien lui rendre hommage ! »

full monty.jpgEt pis d’abord, je n’ai pas chanté Stayin’g alive en entier, seulement le premier refrain, et je n’ai pas fait ma chorégraphie complète, savamment élaborée au fil des soirées arrosées.
Je pense que mon collègue a tenu là sa vengeance, puisque je n’ai pas fait son travail à sa place et qu’il s’est donc fait engueuler par Prunelle.
Je vous rassure,  le jour du décès de Donna Summer, je n’ai pas fait la chorégraphie des Full Monty sur Hot Stuff.

08/04/2012

La rubrique nécrologique de la semaine : Claude Miller

claude-miller.jpgLa mort nous fascine… Dans ma cambrousse, un vieux rend visite à ma mère uniquement lorsque une personne de leur connaissance est décédée. Comme ils habitent un village où tout le monde se connaît, le vieux vient donc souvent. Lui et ma mère discutent gravement : « Mais il n’était pas si âgé ! C’est terrible tous ces cancers… Et sa femme qu’est ce qu’elle va faire, etc… » Une petite vieille se rend systématiquement à toutes les messes d’enterrements, même des personnes qu’elle ne côtoyait pas. C’est sa sortie du week-end, comme les autres vont se promener au parc. 

Je ne connais personne dans notre village, et quand ma mère me dit :
 « Le Jacquot est mort…
-Qui don’?
–Mais te sais ben, le Jacquot, on allait chercher le lait à la ferme…
- J’étais pas née je pense à l’époque… » (Quand je suis à la cambrousse je reprends l’accent et les mots patois)

Avec mon frère on a le même intérêt pour les morts, mais pour les célèbres. Je me souviens quand il m’a annoncé le décès de Gainsbourg (on était sur le pont à côté de chez nous et on a regardé longuement l’eau couler, j’en ai déjà parlé) Il avait aussi ouvert la porte de notre chambre brusquement et m’avait réveillée en sursaut pour me dire « Lady Di est morte ! » On  laissait de longues et tristes plages de silence pour la mort de Serrault♥♥♥ et Noiret♥♥♥…
Quand l’un de nous apprend le décès d’un artiste, il téléphone à l’autre pour lui faire deviner le nom… Je sais, c’est un jeu morbide, mais vous savez que j’adore les quiz…

Ca n’a donc pas loupé jeudi. Mon frère me téléphone :
"- T’as vu qui est mort ?
A son ton chagriné je comprends que c’est un artiste qu’on appréciait. (J’ai employé le même récemment pour Davy Jones des Monkees, et lui pour m’apprendre le décès de Gérard Rinaldi.)
- Non ! Un Français ?
-Oui.
- Un acteur ?
-Non. (ouf, Jean Rochefort♥♥♥ y a échappé)
- Un réalisateur ?
-Oui.
- Encore un ! Alain Resnais ? (Il a 89 ans…)
-Non, plus jeune… 70 ans
-Oh non, pas Claude Miller quand même ?!
-Si… »

Dans ses films, Claude Miller dévoilait à merveille la complexité des sentiments et rapports humains. Il excellait dans les duels psychologiques, comme avec La meilleure façon de marcher ou Garde à vue. Il s’est aussi attaché à démontrer les affres de l’enfance tourmentée et solitaire, à travers des films comme L’effrontée ou La classe de neige. A part le dernier, je les ai tous vus, et je les appréciais tous :

1976 : La Meilleure Façon de marcher
1977 : Dites-lui que je l'aime
1981 : Garde à vue
1983 : Mortelle randonnée
1985 : L'Effrontée
1988 : La Petite Voleuse
1992 : L'Accompagnatrice
1994 : Le Sourire
1998 : La Classe de neige
2001 : Betty Fisher et autres histoires
2003 : La Petite Lili
2007 : Un secret
2009 : Je suis heureux que ma mère soit vivante
2011 : Voyez comme ils dansent
2012 : Thérèse D

la_meilleure_facon_de_marcher.jpgSon premier long métrage est un de mes préférés, une vraie claque quand je l’ai découvert. Dans une colonie de vacances des années 60, un moniteur, Patrick Dewaere♥♥♥, surprend un collègue (Patrick Bouchitey) déguisé en femme. Dès lors, détenteur du secret qui lui accorde un moyen de pression et de supériorité, mais également troublé, il n’a de cesse de provoquer et d’humilier son collègue. Ce dernier est fiancé à la délicate Christine Pascal (qui comme Dewaere s’est suicidée). Un film perturbant, la scène du bal est d’anthologie. La meilleure façon de marcher est programmé ce soir à 20h30 sur France 2, ne le ratez pas.

J’apprécie beaucoup le deuxième film du cinéaste, qui n’a cependant pas trouvé le succès.  Il est adapté de Patricia Highsmith (L’inconnu du Nord Express, Plein soleil). Gérard Depardieu y incarne un homme qui sombre par dépit amoureux dans la folie meurtrière. J’ai découvert Dites-lui que je l’aime alors que j’étudiais les chapitres de la passion et du désir en philosophie, et je trouve que le film en est une bonne illustration.

garde-a-vue.jpgAvec Garde à vue, Miller  reçoit à la fois un succès critique et public, et une foule de récompenses (césar du meilleur scénario, meilleur acteur pour Serrault). Deux grands du cinéma s’affrontent en huis clos le soir du 31 décembre : Lino Ventura le commissaire, tentant de faire avouer Michel Serrault le supposé meurtrier, pendant que la femme de ce dernier, Romy Schneider, l’attend… Arte le diffuse ce soir.

Dans Mortelle randonnée, Michel Serrault interprète un détective qui a perdu la trace de sa fille (emmenée par son épouse). Il se prend d’affection pour une meurtrière (Isabelle Adjani) qu’il suit dans son périple et protège, comme si elle était sa propre fille… A noter que Serrault et Audiard le scénariste ont tous deux perdu un enfant dans des accidents de voiture avant le tournage (la fille de Serrault, à 19 ans, en 1977, et le fils d’Audiard en 75 –son deuxième fils n’est autre que le réalisateur d’Un prophète.) Paris première diffuse Mortelle randonnée à 22h40.

effrontée.jpgMiller poursuit son exploration des tourments de l’âme avec ce magnifique portrait d’adolescente, qui a marqué nombre d’entre nous : L’effrontée, lançant la carrière de Charlotte Gainsbourg. Une fille un peu sauvage, à part, s’ennuie dans sa campagne. Elle découvre un monde de rêve avec une belle pianiste de son âge en vacances dans la région. Elle imagine que sa nouvelle « meilleure amie » va la sauver de sa condition et l’emporter loin…

Avec La petite voleuse, on retrouve Charlotte Gainsbourg dans un personnage de campagnarde tout aussi effronté et voulant s’émanciper. Cette fois-ci, l’adolescente rebelle devient femme.

Romane Bohringer remplace Charlotte Gainsbourg dans le rôle de la fille idéalisant une amie, et confrontée à un monde différent. Dans L’accompagnatrice, pendant la seconde guerre mondiale, une pianiste timide suit une célèbre cantatrice dans son exil londonien.

Le sourire est un film mineur dans la carrière de Claude Miller, mais les éternels rapports ambigus s’y retrouvent, entre Richard Bohringer et Jean-Pierre Marielle♥♥♥ attiré par la troublante Emmanuelle Seigner.

Avec La classe de neige, adapté du roman d’Emmanuel Carrère (D’autres vies que la mienne, L'adversaire) le réalisateur dépeint encore un jeune tourmenté qui se plaît à raconter ses pensées sombres à son meilleur ami...
Dans Betty Fisher, cette fois-ci trois femmes adultes s’affrontent : une modeste serveuse (Mathilde Seigner), une écrivain talentueuse (Sandrine Kiberlain). La mère de cette dernière va provoquer la rencontre de ces univers différents, à travers le destin tragique de leurs enfants… TV5 monde le programme lundi.

petite_lili.jpgDans La petite Lili, librement inspirée de La mouette de Tchekhov, un jeune homme naïf qui rêve de devenir cinéaste (Robinson Stevenin) s’éprend d’une belle jeune fille de son âge, (Ludivine Sagnier). Mais l’ambitieuse prend à la place dans ses filets un cinéaste reconnu et plus âgé, Bernard Giraudeau♥♥♥. 5 ans plus tard, devenue célèbre, la jeune femme apprend que son ancien amoureux transi est enfin réalisateur et tourne un film inspiré de leur histoire, où il révèle la vraie personnalité de l’actrice… Un drame sentimental sur l’ambition, les rêves et illusions perdues…

un secret.jpgClaude Miller livre encore un film bouleversant avec Un secret, tiré du livre autobiographique de Philippe Grimbert (qui est devenu psychanalyste, on comprend pourquoi il a eu besoin d’explorer l’âme humaine, après le terrible secret de famille qu’il a découvert). Si vous ne connaissez pas l’histoire, je ne veux rien vous en révéler pour ne pas gâcher l’émotion qui ne manquera pas de vous submerger. 

Je suis heureux que ma mère soit vivante met encore en scène un adolescent mal dans sa peau. Il part à la recherche de sa mère qui l’a abandonné. Le film est adapté d’un faits-divers relaté par Emmanuel Carrère. Nouvelle révélation, Vincent Rottiers et son regard bleu acier, nommé mais qui ne remportera pas comme Charlotte Gainsbourg le césar du meilleur espoir. France 3 le programme ce soir à 22h45.

Je n’ai pas vu encore Voyez comme ils dansent, et le dernier film de Claude Miller sortira en octobre, il s’inspire du célèbre roman de François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, avec Audrey Tautou dans le rôle titre.


Encore une grande figure du cinéma français qui s’en va…

Et vous, quel est le film de Claude Miller que vous préférez ?

18/03/2012

La rubrique nécrologique et les films de la semaine : Michel Duchaussoy, L'emmerdeur, Le lauréat

duchaussoy.jpgDans la rubrique nécrologique de la semaine, l’acteur Michel Duchaussoy est mort le 13 mars d’un arrêt cardiaque, à l’âge de 73 ans. Sociétaire de la comédie française, il jouait surtout au théâtre, recevant principalement des seconds rôles au cinéma.

duchaussoy que la bete meure.jpgChabrol lui donne ses meilleurs personnages, le plus réussi selon moi est celui du père meurtri de Que la bête meure (la bête étant Jean Yanne♥♥♥). L’année suivante, en 1970, Duchaussoy incarne l’inspecteur dans La femme infidèle, du  même réalisateur. L’acteur joue avec les plus grands noms du cinéma français : Louis Malle et son Milou en mai, où il interprète le frère de Milou alias Michel Piccoli♥♥, Bertrand Tavernier et La vie et rien d’autre, où il joue un général, Amen de Costa-Gavras où il tient le rôle du cardinal, T’aime de Patrick Sébastien… (ah non, film dispensable). Vous pourrez l’observer une dernière fois au cinéma en Abraracourcix dans le prochain Astérix.

crabe tambour.jpgAlors qu’en ce moment on ne cesse de parler de la guerre d’Algérie, Pierre Schœndœrffer, journaliste, réalisateur et écrivain grand témoin des conflits armés, est décédé le 14 mars à 82 ans.
Voulant devenir réalisateur, il s’engage dans le service cinématographique de l’armée et part en Indochine. Il est fait prisonnier et cette expérience est retranscrite dans ses films La 317 ème section, prix du scénario au festival de Cannes en 1965, et Diên Biên Phu en 1992. Il est journaliste pendant la guerre d’Algérie. Il réalise au Vietnam La section Anderson, qui reçoit l’oscar du meilleur documentaire. Son œuvre inspire Coppola pour écrire Apocalypse Now, et Oliver Stone pour Platoon. Schœndœrffer porte à l’écran son roman Le crabe tambour, toujours inspiré de son expérience durant les guerres coloniales. Ce film sera diffusé en hommage ce soir à 20h40 sur Arte, avec Jean Rochefort♥♥♥ césar du meilleur acteur pour le rôle du commandant. La relève Schœndœrffer est assurée par le fils Frédéric, également réalisateur, notamment de la série Braquo sur canal+ ou des films comme Scènes de crimes (avec Berling et Dussolier) ou Agents secrets (avec Cassel et Bellucci)

emmerdeur.jpgA la télé cette semaine, outre Le crabe tambour sur Arte, direct 8 rediffuse ce soir l’excellente comédie d’Edouard Molinaro, L’emmerdeur, avec Jacques Brel et Lino Ventura. Le scénario signé Francis Véber inaugure la série des François Pignon (ou Perrin) cet être maladroit (comme Pierre Richard dans Les compères, Jacques Villeret dans Le dîner de cons) qui se retrouve associé à son contraire, un homme imposant et plutôt antipathique (Lino Ventura, Depardieu...)
Je connais les dialogues de l’emmerdeur par cœur : « Ce qu’il lui faut, c’est un peu de chaleur humaine, je m’en occupe. » « Elle a pas voulu venir… » "C'est toujours comme ça : le malade est sur le divan, et le docteur est à côté dans son fauteuil. Normalement, c'est comme ça que ça se passe, chez un psychiatre. Et bien là pas du tout ! Hop, tout le monde sur le divan ! Et moi, je payais 60 francs de l'heure.""De quel droit tutoyez-vous ma femme ? -Parce que c'est la mienne." Les acteurs sont grandioses, un grand fou rire. Cliquez sur la bande annonce très originale récitée par Claude Piéplu.

laureat.jpgJeudi à 22h50 sur France3, ne ratez pas l’irrésistible Le Lauréat de Mike Nichols, avec le jeune Dustin Hoffman (30 ans mais en paraît 20). Il incarne un jeune homme timide qui ne sait pas quoi faire de sa vie, qui se fait draguer malgré lui par la « vieille » Mrs Robinson (celle de la chanson) avant d’être séduit par la fille. Un film romantique, une grande bouffée d’air frais. La B.O signée Simon and Garfunkel renforce le sentiment de rêve : The Sound of silence. (cliquez sur les liens). Le film est en VF, mais le héros est doublé par mon chouchou Patriiiick Dewaere♥♥♥.

Pour les abonnés canal+, ne ratez pas Nous nous sommes tant aimés d’Ettore Scola, The people vs George Lucas, Même la pluie, Virgin Suicides, et le troublant Caché de Michael Hanneke, avec Daniel Auteuil et Juliette Binoche, où un animateur célèbre reçoit des vidéos anonymes et se voit confronté à son passé obscur.

Côté documentaire, j’espère que vous n’avez pas raté cette semaine le terrifiant « dénoncer sous l’occupation » où des délateurs apparaissent à l’écran « ben j’ai fait ce qu’il fallait à l’époque ». On veut se débarrasser de son mari ? Hop on l’accuse faussement d’être un résistant. Du boulanger rival ? Hop on le dénonce pour avoir donné du pain à un maquisard, et il est fusillé par Klaus barbie devant ses quatre enfants…
Mardi France 2 diffuse le troisième volet de La vie moderne de Raymond Depardon, sur les paysans de ma région (Depardon est né à Villefranche sur Saône).
Arte aborde encore mon thème préféré, le monde stressant du travail, avec « mon boulot, quelle galère » (bien vrai !) et « détresse psychologique au travail, le tabou ». Personnellement pour supporter mon travail pourri, je chante, comme vous le savez.

Et vous, qu’avez-vous vu cette semaine ? Appréciez-vous ces films ?