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20/09/2015

Guy Béart, il n'y a plus d'après

Guy-Beart-et-sa-fille-Emmanuelle.jpgGuy Béart est décédé mercredi 16 septembre, à 85 ans, d’une crise cardiaque en pleine rue, alors qu’il se rendait chez le coiffeur.
Je l’ai toujours dit : ces individus sont dangereusement stressants. Ma question existentielle du jour était justement « vais-je chez le coiffeur ou pas ?  Il va encore me mettre le moral à zéro : « han ! Mais que vos cheveux sont fins !  j’ai jamais vu ça, de vrais cheveux de bébés ! (donc très doux pourtant !)
Je suis sûre que le coiffeur de Guy Béart était aussi peu diplomate et que le chanteur angoissait avant de le voir. Oui, le coiffeur l’a tué.
Ma chanson a dit la vérité, vous allez m’exécuter.

J’aimais bien la tendresse des chansons de Guy Béart et sa bonne bouille de père tranquille. Ma mère chante souvent en cuisinant, et ça m’a rappelé quand elle préparait son fameux gâteau au chocolat en chantant « Je voudrais changer les couleurs du temps, changer les couleurs du monde… » Attirée par le bruit du fouet (à gâteaux hein, je suis pas maso) je me tenais tapie dans l’ombre, attendant qu'elle aille chercher son plat pour plonger une grosse cuillère dans la pâte, avant que ma mère se retourne en rouspétant (pourtant le mélange œufs-sucre cru est bien meilleur que le gâteau en lui-même, non ?)

manon des sources.jpgDe Guy Béart, ma chanson préférée reste l’eau vive. Elle m’évoque le Manon des sources de Claude Berri, gros choc de ma jeunesse, avec Emmanuelle Béart, la fille du chanteur. Comme un présage, le musicien a composé L’eau vive en 1958, cinq ans avant la naissance de son enfant, et 18 ans avant le film emblématique qui a popularisé Emmanuelle Béart. Comme dans Manon des sources, la chanson parle d’une fille très belle et sauvage, qui mène son troupeau de chèvres et les hommes à la baguette : ils en tombent amoureux mais elle garde sa liberté. 
Quand j’ai vu Emmanuelle Béart pour la première fois, j'ai pensé comme Ugolin (Daniel Auteuil) : voici la plus belle femme du monde ! (Avant qu’elle ne décide de se massacrer en transformant ses lèvres délicates en bec de canard w.c.) Et si libre, si gaie ! Pauvre Ugolin, gentil, simple, éperdument amoureux de la femme inaccessible ! Comme je compatissais ! Il ne faisait pas le poids face au jeune et bel instituteur Hyppolyte Girardot, sûr de lui et de son intelligence. Mais je me consolais en apprenant que dans la vie réelle, le vilain canard avait triomphé : Daniel Auteuil a épousé Emmanuelle Béart.

Ma petite est comme l’eau, elle est comme l’eau vive
Elle court comme un ruisseau, que les enfants poursuivent
Courez, courez, vite si vous le pouvez
Jamais, jamais, vous ne la rattraperez.

Guy Béart a repris de vieilles chansons françaises, qui plaisent aux vieux comme ma mère :
« Mon amant me délaisse, o gué vive la rose ! Je ne sais pas pourquoi, vive la rose et le lilas, il va en voir une autre, o gué, vive la rose ! Ne sais s’il reviendra, vive la rose et le lilas. »
« Sur le pont de Nantes, un bal y est donné, la belle Hélène voudrait bien y aller, ma mère, m’y laisserez-vous y aller ? Non non ma fille, vous n’irez point danser »

Les enfants apprécient aussi les chansons de Guy Béart pour leur aspect conte d’apprentissage. On leur apprend souvent à l’école, ou en colo, au coin du feu. Comme par exemple : les souliers que j’aimais bien chanter :
« Dans la neige, il y avait deux souliers, deux souliers, dans la neige, qui étaient oubliés. Passe un homme, qui marche à grands pas, à grands pas, passe un homme qui ne les voit pas. Une femme qui regarde mieux, une femme n’en croit pas ses yeux. Combien d’hommes qui passent sans voir ? Combien d’hommes qui n’ont pas d’espoir ? Quelle chance, je suis arrivé ! Quelle chance, je les ai trouvés ! J’ai couru nu-pieds tant de chemins, j’ai couru, je les prends dans ma main. Je les chauffe, ils sont encore froids, je les chauffe, je les garde sur moi. Ô miracle, les petits souliers, ô miracle, sont juste à mon pied ! Dans la neige, ils m’étaient promis, dans la neige, je cherche une amie. »

En apprenant le décès de Guy Béart, j’ai envoyé le traditionnel sms à mon frère :
« T’as vu qui est mort ?
- Oui, je ne passerai pas voir la mère aujourd’hui, elle va me chanter tout le répertoire… »

Ce que je me suis empressée de faire jeudi à mon collègue des chansons :
«  Viens ! C’est la fête en semaine, viens ! Je t’attends tu ne sais plus rien ! Plus rien ne nous sépare, viens !
- Justement je suis bien content de quitter ce boulot ! Plus de chansons à subir ! Oh oui « c’est l’espérance folle ! »
- Maintenant que tu vis, à l’autre bout de Paris, quand tu veux changer d’âge, tu t’offres un long voyage, tu viens me dire bonjour au coin de la rue du four, tu viens me visiter, à saint Germain des prés
- Ah mais Il n'y a plus d'après !! Je suis pas maso !!!
- Petit à petit tout s’effiloche, tout finit, je ne reçois plus que des taloches de la vie
- oui, c’est ça !
- Mais demain je recommence ! mais demain je vais retrouver ma chance, c’est certain, j’ai gardé comme une flamme, qui éclaire un peu mon âme, j’ai craqué une allumette dans ma tête !
- C’est sûr t’es bien cramée !! »

Il rouspète mais je sais très bien que mes chansons vont lui manquer. Comme manquera Guy Béart à la chanson française :
La mort c’est une blague
La même vague nous baigne toujours
Et cet oiseau qui passe porte la trace d’étranges amours.

Quiz On connaît la chanson, retrouvez 9 titres dans le texte.

 

01/02/2015

La rubrique nécrologique de la semaine : Demis Roussos

demis roussos.jpgJ’envoie mon sms devinette traditionnel à mon frère.
« - T’as vu qui est mort ?
- Non, qui ?
- Un chanteur.
- Français ? Anglais ?
- Grec
- Nana Mouskouri ?!
- T’es fou la mère va encore nous beugler version opéra : « quand tu chantes, je chante avec toi, libertééé ! » Non, c’est un homme. Enfin, un homme… « Comment appelle-t-on l’animal poilu qui se rapproche le plus de l’homme ? »
- Demis Roussos !!! »

 Lorsque j’ai appris la nouvelle, j’ai aussi imité la voix de Didier Bourdon dans Télé magouille : « Demis Roussos ? » (à 5 mn 30 sur le lien)
Le chanteur est décédé le 25 janvier, à 68 ans. Il avait un cancer de l’estomac diagnostiqué un an auparavant. Sa famille « connaissant sa peur panique concernant la maladie et la mort, a décidé de ne rien lui dire ».
Mais…  il ne se rendait pas compte ?
« - J’ai mal au bide…
- C’est rien chéri, t’as trop mangé, prends un Gaviscon ! » (Ou la méthode de ma mère, bien plus efficace : une cuillère à café pure de pastis. Même quand j’étais gamine. Comment devenir poivrot)

Selon sa page wikipédia (oui, je vais pas chercher loin, mais j’ai des problèmes de connexion Internet) «attiré par le paranormal, Demis Roussos déclare en 1976 être la réincarnation d’Alexandre le Grand, et dit en 1987 descendre des pharaons ».
Ça devait être sympa, les années 70, le LSD toussa…
Alex le grand, les pharaons ? Rien que ça ? Je pense plutôt être la réincarnation d’un chat. Je passe mon temps à dormir aux endroits les plus chauds et moelleux, comme le lit ou à côté du poêle (dès que je me lève, le chat me pique la place). Comme un chat,  je grignote toute la journée, je ronronne quand on me donne à manger et je grogne quand on me contrarie…

A noël dernier, mon frère qui a des goûts douteux (on se demande de qui je tiens) a acheté le best of d’Aphrodite’s Child, dont Demis Roussos était le chanteur. Ben en fait, quand on enlève ces hululements de castrat, c’est pas si mal : du rock de la fin des années 60, un peu psychédélique : Babylon, The four horsemen

 J’arrive au boulot. Enfin, à la machine à café (on bosse dur)
- Vous avez vu qui est mort ? Demis Roussos !
- C’est qui ?
- Han ! Tu connais pas, malheureux ! Quel grave manque à ta culture ! Ne t’inquiète pas, je vais te faire découvrir ! »

Les autres collègues qui connaissent le chanteur, et me connaissent surtout, s’empressent de finir leur café pour se barrer vite fait. Trop tard, j’entame :
« Rain and tears, are the same !
But in the sun
You’ve got to play the game ! »

Curieusement, il pleut et neige depuis, c’est d’ailleurs sûrement pour ça que j’ai des problèmes de réseau.
Devant son air dubitatif (je ne comprends pas, pourtant je chante très bien) j’ajoute :
- Non mais c’est mieux si je te fais écouter…
Le dernier collègue survivant meurt étouffé par son expresso.

Toute la journée, les pauvres ont dû subir à fond sur mon ordi les chansons de Demis Roussos :
« Loin des yeux, loin du cœur, ça n’existe pas !
Loin des yeux, loin du cœur, moi je pense à toi !! »

Collègue « - Tain mais qu’il se casse oui et je t’assure qu’on pensera plus à lui ! S’il est pas mort, je vais l’achever moi ça va pas traîner !
Moi : - Mais c’est un hommage, tu comprends rien ! Allez, pour la peine, je t'en remets une autre : 
Ever and ever forever and ever you'll be the one ! »

Curieusement, le collègue qui ne connaissait pas Demis Roussos a apprécié. Il m’a même demandé, comme il n’est pas français : "tu peux me faire découvrir des chansons françaises que tu aimes bien ?"

Suite demain…

 

 

18/08/2014

Robin Williams : pourquoi t'as fait ça ?!

robin williams.jpgMardi 12, j’allume mon téléphone portable. J’ai reçu un sms :« Robin Williams est mort ! »
Habituellement j’apprends les tristes nouvelles par Twitter, mais là je suis dans mon trou perdu sans Internet. Je pense : « Mort de quoi ? Dans ce milieu, sûrement la drogue, le suicide… car il était jeune, 40 ans… » Puis l’angoisse m’étreint, j’ai un doute,  je relis le message… Non, ce n’est pas possible, j’avais mal vu ! Ce n’est pas Robbie Williams qui est mort, mais Robin, l’acteur ! (je vérifie sur le net : certains internautes ont confondu les deux et rendu hommage au chanteur).

Trop tard, chansonnite aigue oblige, je garderai en boucle toute la journée les paroles de la chanson Feel de Robbie Williams, qui correspondent peut-être aussi à l’état de Robin. Mais je remplace malgré moi real love par "life" :

robin will hunting.jpgI just wanna feel
Real love feel the home that I live in
Cause I got too much life
Running through my veins
Going to waste

I don't wanna die
But I ain't keen on living either
Before I fall in love
I'm preparing to leave her

Scare myself to death
That's why I keep on running
Before I've arrived
I can see myself coming

Je dois aller au marché. Je croise les vieilles commères du coin, qui connaissent tout le monde et colportent tous les potins (on les surnomme « les baboles » dans mon patelin). L’une d’elles achète des fleurs (pour fleurir la tombe de Robin ?)
Elle me voit : « Te fais une de ces têtes ! » (elle espère sans doute un nouveau ragot, mais oui, je suis en deuil !!) 
Moi, voix étranglée : - Robin Williams est mort !
Les vieilles, en chœur : - Qui dont ?
Ah, les péquenaudes ! Paysannes incultes, on voit que vous vous couchez à 20h comme les poules et que vous n’avez jamais regardé un film de votre vie ! (je rappelle que le seul film que ma grand-mère avait vu au cinéma était La vache et le prisonnier, en 1959…)
Moi : - Mais si, un grand acteur Américain…
- Oh ben moi l’Amérique, c’est loin ! (L’Amérique, l’Amérique, je veux pas l’avoir, et je l’aurai pas.)

robin williams vietnam.jpgJe passe vite mon chemin et retourne chez moi, voir la seule source d’information disponible : les journaux télévisés. Je peux donc regarder en boucle les mêmes extraits : de films (« Goooood Morning Vietnaaaaam ! ») Lorsque Robin Williams reçoit l’oscar du meilleur second rôle pour Will Hunting : « Je veux remercier mon père, là-haut. Quand je lui ai dit que je voulais être acteur, il a répondu : « magnifique. Apprends quand même un deuxième métier au cas où, comme soudeur »

Difficile de parler de Robin Williams sans donner des évidences : un grand acteur, capable de faire rire comme d’émouvoir. Un clown triste. Un homme trop sensible, qui restait un grand enfant (Hook où il incarnait Peter Pan).
Je tombe dans le travers de l’identifier à ses rôles oui, mais chaque acteur montre forcément une part de lui-même dans ses personnages. Je n’imaginerais pas les solides Robert de Niro ou Lino Ventura incarner Peter Pan ou Madame Doubtfire… 

Le choc est encore plus terrible lorsque j’apprends que Robin Williams s’est suicidé. M’enfin ! Pourquoi ! Tout le monde l’aimait ! Je ressasse la question et la pose à tout mon entourage.
« Il était dépressif, accro à la drogue et à l’alcool ». Oui mais pourquoi ? Encore un cliché, mais j’imagine qu’il se sentait dépassé par son succès, que le public l’identifiait à ses rôles de gentil comique, et qu’il pensait ne pas mériter tant de marque d’affection, car évidemment, personne n’est tout noir ou tout blanc, il avait une face cachée, il n’était pas que le mec cool de service… 
Je suppose qu’il ne supportait pas le décalage entre la vie idéalisée de ses films et la réalité, qu’il ne supportait plus la pression et surveillance des médias, la perte de son anonymat, qu’il sentait que les gens projetaient et attendaient beaucoup de lui, et qu’il ne se sentait pas capable de supporter un poids si lourd…

Comme la plupart des comiques, son humour servait à masquer sa trop grande sensibilité, son anxiété. Robin Williams était paraît-il un homme profond, cultivé, généreux, sensible aux malheurs du monde, qu’il portait sur ses épaules.
Comme la plupart des célébrités, il devait être seul au fond, à penser que les gens le côtoyait uniquement pour la gloire et les avantages qu’il représentait, et non pour ce qu’il était réellement… J’ai toujours les paroles de Feel en tête : 

robin williams docteur.jpgI just wanna feel
Real love and the love ever after
There's a hole in my soul
You can see it in my face
It's a real big place

Come and hold my hand
I wanna contact the living
Not sure I understand
This role I've been given

Mais Robin Williams sentait au contraire sa carrière décliner, avec des rôles moins intéressants, plus espacés, ou répétitifs : son dernier grand succès est Will Hunting en 1997, pour lequel il a reçu son unique oscar (du meilleur second rôle) puis  Photo obsession et Insomnia en 2002, deux films où il casse son image de gentil en incarnant des sociopathes. Il voyait la confiance des producteurs de cinéma, l’affection du public ou de ses proches s’éloigner. Mais  aussi la vieillesse et son déclin arriver (il avait 63 ans et un début de Parkinson). Ce sont des poncifs, mais malheureusement ils sont souvent vrais. Les gens ne se suicident jamais pour une seule raison, et c’est parfois un événement paraissant mineur qui fait déborder le vase… 

robin williams fisher king.jpgPeut-être s’identifiait-il trop à ses rôles… Comme dans Le roi pêcheur, qui recherche le Saint Graal puis le perd, où il prononce ce beau discours (voir en lien) : « C'est à toi que je vais confier le Saint Graal, afin qu'il puisse guérir le cœur de l'homme. Mais l'enfant était aveuglé par d'autres visions, le rêve d'une vie de pouvoir, de gloire et de beauté (...) Le jeune enfant grandit, et sa blessure grandit en même temps. Jusqu’au jour où il n’a plus de raison de vivre. Il n’a plus foi en l’homme, pas même en lui-même. Il ne peut aimer, ni se sentir aimé. Il est las de la vie ici-bas. Il se laisse mourir. »

On ne saura jamais vraiment pourquoi il a fait ça. Il laisse un vide immense.
robin williams cercle.jpgComme beaucoup, je l’ai adoré dans Le cercle des poètes disparus, où il incarne le prof qu’on aimerait tous avoir. Comme j’aurais aimé qu’un prof me dise : « À présent dans cette classe, vous apprendrez à penser par vous-même, vous apprendrez à savourer les mots et le langage ! » Proche de ses élèves, compréhensifs, il les encourage à développer leurs capacités, sans se soucier du conformisme : "Je ne vis pas pour être un esclave mais le souverain de mon existence." « C’est dans ses rêves que l’homme trouve la liberté. Cela fut, est et restera la vérité. » 

Son personnage dans Will Hunting est assez proche : cette fois-ci, un psychologue qui guide un jeune homme tourmenté, surdoué qui se trompe de chemin. (Matt Damon, auteur du scénario avec son ami Ben Affleck, pour lequel ils recevront un oscar).

robin williams mme doubtfire.jpgRobin Williams interprétait souvent des rôles proches du monde de l'enfance : Madame Doubtfire, où il se déguise en vieille nourrice pour voir ses gosses dont il n’a plus la garde. Jumanji, où il est prisonnier d’un jeu dont des enfants le libèrent (Kirsten Dunst, à 13 ans). L’acteur incarnait souvent de grands enfants : Hook de Steven Spielberg, où il joue Peter Pan. Jack de Coppola, un enfant dans un corps d’adulte. Le baron de Munchausen de Terry Gilliam, où il est le roi de la lune. J’aime aussi Robin Williams dans ses rôles de rêveur décalé , comme dans Le monde selon Garp, où il est écrivain.

Avec la littérature, l’enfance, l’imagination ; la dépression était un thème récurrent de son œuvre : Au-delà de nos rêves, adapté d’une nouvelle de Richard Matheson, où il plonge en enfer pour sortir sa femme coincée par la dépression. Le roi pêcheur, où il interprète encore un prof de lettres, qui a sombré dans la folie et vit dans un monde imaginaire depuis la mort de sa femme. Docteur Patch, inspiré de l’histoire vraie d’un docteur sorti d’une dépression grâce au rire, et développe cette méthode…

Dépression qui aura raison de Robin Williams, lundi 11 août 2014. Il restera éternellement l’homme qui nous a fait rire, émus, et encouragé à croire en nos rêves : « Peu importe ce qu’on pourra vous dire, les mots et les idées peuvent changer le monde ». Les films et les acteurs aussi.

 

16/03/2014

La rubrique nécrologique et les films de la semaine : Alain Resnais, Le nouveau monde, la balade sauvage, Le secret de Brokeback Mountain...

alain resnais.jpgJe suis encore partie dans mon trou perdu sans Internet, mais en programmant des billets pendant mon absence : « Haha, grâce aux articles toujours réguliers, mon départ va passer inaperçu ! »
J’avais juste oublié ces légers détails : les César et Oscar. Des milliers de lecteurs (quatre) m’ont demandé « Bah alors, tu tiens plus les paris sur les films primés ? » « T’es plus la seule sur Twitter à 4 heures du matin pour commenter en direct la cérémonie des oscars diffusée sur Canal + ? »
Sans compter Alain Resnais qui profite de mon absence pour clamser : « Et ta rubrique nécrologique hebdomadaire ? »

Je n’ai pas appris sa mort en quasi direct sur Twitter comme d’habitude, mais au journal télévisé de 13 heures. Je ne regarde jamais ce JT, mais il est la seule source d’information disponible dans le trou perdu (jusqu’aux années 2000, on ne captait que les trois premières chaînes : après on se demande pourquoi les paysans sont toujours rivés sur TF1, la chaîne de la culture.)
Je faisais une salutation au soleil devant la télé (non, je ne suis pas devenue branchée, on a conseillé le yoga à mémé pour son dos et ses articulations) (maintenant, je peux toucher mes pieds en pliant les genoux). J’apprends la triste nouvelle. Étant en famille, pas la peine d’envoyer un sms pour poser la question habituelle. Je me dirige vers la cuisine où ils prennent l’apéro :
Moi, chagrinée : « Devinez qui est mort ?
Ma mère, d’un ton anodin, tout en buvant une gorgée de Pineau des Charentes : - Rochefort, Marielle ?
- QUOI ?! Mais pourquoi pas McCartney tant que tu y es !
- Ben je sais pas, vu ta tête !
- Mais si c’était eux, j’aurais sorti mon masque de tragédienne et je me serais roulée par terre de douleur ! (Évidemment McCartney est hors compétition, chacun sait qu’il est immortel, enfin voyons). Oui c’est pas bien, mais j’ai forcément des préférences. Le jour où il arrive malheur à Marielle la-plus-belle-voix-du-monde, je porte le deuil. D’ailleurs le vieux a bientôt 82 ans, et je m’empresse d’aller le voir au théâtre vendredi dans Love letters (je roucoule d’avance à l’idée de l’avoir en face de moi).

- Non, c’est un réalisateur  français... vieux… 91 ans.
- Encore un ?! Mais il va plus en rester ! Déjà Lautner et Molinaro
- Il a réalisé des films intellos : Hiroshima mon amour, L’année dernière à Marienbad… Avec plein d’acteurs, des destinées qui se croisent. Des films comiques et plus populaires aussi : Smoking/ No smoking, Cœurs… Avec des chansons : Pas sur la bouche, et bien sûr, mon préféré, mon hymne : On connaît la chanson. Il faisait toujours tourner sa femme, Sabine Azéma, et les mêmes acteurs, Pierre Arditi, André Dussollier, Lambert Wilson… Jaoui et Bacri aussi.
- Alain Resnais ?! Je préfère Nuit et brouillard, quel choc ce documentaire sur les camps de concentration !!"
Coincés dans le trou perdu sans Internet, on n’a même pas su quels films la télé diffusait en hommage. En voulant regarder The housemaid, on a juste vu qu’il était déprogrammé au profit de Mon oncle d’Amérique.

nouveau monde.jpgSi aucun cinéaste ne meurt encore ce soir, demain sur Arte, soirée Terrence Malick (tiens, il a déjà 70 ans, je dis ça, je dis rien…) La chaîne propose deux films emblématiques du lyrisme du réalisateur, qui célèbre la beauté de la nature : Le nouveau monde, avec Colin Farrell et Christian Bale, inspiré de l’histoire vraie de Pocahontas. Une plongée dans l’époque des colons et des Indiens du 17ème siècle. Le film est suivi d’une autre épopée magnifique et romantique, qui rappelle cette fois-ci Bonnie and Clyde : La balade sauvage, avec Martin Sheen et Sissy Spacek.

Mercredi sur France 4, Je vais bien, ne t’en fais pas, film que je n’ai toujours pas eu l’occasion de voir. Quand j’ai voulu le faire, on m’a spoilé au bout de 10 minutes : "je ne me doutais pas de la fin". Du coup je l’ai devinée et ça ne m’a plus donné envie. Je vérifierai si j’avais raison.

télé,cinéma,filmographie d'alain resnais,jean-pierre marielle la plus belle voix du monde,documentaires à la télé,le printemps du cinémaJeudi soir sur chérie 25, Le secret de Brokeback Mountain d’Ang Lee. On retrouve la délicatesse, le romantisme et la poésie de Raisons et sentiments, Tigre et dragon ou de Lust, Caution, du même réalisateur.  Ne ratez pas cette histoire sensible d’un amour impossible entre deux cow-boys. Avec Jake Gyllenhaal et le regretté Heath Ledger, mort à 28 ans, oscar du meilleur second rôle pour son interprétation d’un Joker halluciné dans Batman.

Pas beaucoup d’autres films cette semaine à la télé, mais des documentaires :
Ce soir sur France 5, spécial consommation : Grande distribution, promos, prix cassés, qui paie l’addition ? » Puis : « Cartes de fidélité, fidèle un jour, fidèle toujours » (j’en ai marre que le même caissier me demande inlassablement chaque semaine si j’ai une carte de fidélité et si j’en veux une. Nan je n’ai pas changé d’avis tu sais où tu peux te la mettre ta carte de f..)

Documentaires sur la guerre, toujours : mardi sur France 2, Apocalypse, la première guerre mondiale, avec des images colorisées. Je conseille toujours vivement aux Parisiens l’exposition gratuite sur les fusillés pour l’exemple.
Vendredi sur France 3 à 23h10, la seconde guerre mondiale avec Mussolini-Hitler, l’opéra des assassins.
Documentaire sur la guerre au cinéma, ce soir à 22h25 sur france5, suite de La guerre d’Hollywood.
Cinéma encore, jeudi à 21h40 sur France 5, un  Duel  Delon-Belmondo.

Documentaire sur la santé, avec sur Arte vendredi à 22h35 : Contrôler le génome (pour trouver le gêne de l’intelligence). On se croirait dans Le meilleur des mondes ou Bienvenue à Gattaca…
Mardi Sur France 5, des films sur les bipolaires puis les schizophrènes.

Enfin des documentaires plus gais, avec lundi sur France 3 : Tous bénévoles ! Au bonheur des autres, et surtout mercredi sur Canal+ : Made in France, l’année où j’ai vécu 100 % français.

N’oubliez pas le printemps du cinéma jusqu’à mardi soir, avec les places à 3,50 euros.

Et vous, avez-vous vu ces films ? Quel est votre film d’Alain Resnais préféré ?