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16/04/2014

Bilan ciné mars : Her, Les gazelles, Monuments Men...


- Her de Spike Jonze
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Dans un futur proche, les hommes sont reliés entre eux par leur ordinateur et internet omniprésents, pourtant ils ont du mal à communiquer vraiment, parler de sentiments. Un homme sensible et solitaire (Joaquin Phoenix) les aide en étant écrivain public : il imagine pour les autres des lettres, surtout d'amour. Il suit le parcours de ses clients au fil des années et vit à travers eux. Il se remet mal de l'échec de son mariage. Un soir, il télécharge un programme pour l'aider à remettre de l'ordre dans son ordinateur, qui remettra en fait aussi de l'ordre dans sa vie sentimentale et sociale. Cette intelligence artificielle s'adapte à la personnalité de son utilisateur et évolue rapidement, jusqu'à éprouver des sentiments...

Une histoire d'amour entre un homme et un système informatique, incarné par une voix ? (celle de la sensuelle Scarlett Johansson). Et pourtant on y croit. On imagine presque l'actrice enlacer le personnage en lui susurrant des mots doux. Le film n'est pas réservé aux geeks, mémé nulle en nouvelles technologies a pu s'identifier aux états d'âme des personnages. Joaquin Phoenix qui joue souvent des rôles de nerveux ou de petite frappe (The immigrant, The yards) est ici étonnamment doux et sensible, avec ses grands yeux verts larmoyants. Le Los Angeles du futur est très crédible. Mais les gens vont-ils vraiment s'habiller comme des clochards et des clowns ? (Mention spéciale à Amy Adams, particulièrement enlaidie) Il fallait bien l'imagination débordante de l'auteur du génial Dans la peau de John Malkovitch pour trouver une idée pareille (oscar mérité du meilleur scénario). Un très bon film.

- Diplomatie de Volker Schlöndorff  

voir ma critique en lien.

- Les gazelles de Mona Achache 

gazelles.jpgJe craignais de me retrouver devant un film pour pétasses décérébrées, mais l'affiche dessinée par l'irrésistible Marion Montaigne m'a rassurée (cliquez sur son animation "Quelle gazelle êtes-vous ?"). En couple depuis 14 ans, une trentenaire est prise de doute lors de l'achat de son appartement, pour lequel le couple s'endette sur 30 ans. Marie regarde d'un nouvel œil ses amis, englués dans les soucis mornes du quotidien (les enfants, les grossesses, les problèmes d'argent). Elle se rend compte qu'elle s'ennuie et ne veut pas de cette vie toute tracée. Elle plaque tout pour retrouver sa liberté. Elle rencontre des copines déjantées qui font la fête tous les soirs. Avec elles, Marie revit des folies d'adolescente (qu'elle n'a pas vécues?). Que vaut-il mieux faire ? Subir son destin pour faire comme tout le monde, ou choisir ce qu'on veut vraiment, au risque d'être mal jugée (une femme célibataire est suspecte, mieux vaut être mal accompagnée que seule etc..) ? Le gros point positif du film est qu'il sent le vécu : les scénaristes se sont inspirées de leurs expériences. Il pose un regard juste et tendrement amer sur les trentenaires d'aujourd'hui. Sous ses airs légers, cette comédie est ancrée dans un certain malaise social (les personnages travaillent au Pôle emploi...)

- Nebraska d’Alexander Payne, sortie le 2 avril

J'ai écrit la moitié de la critique, puis mon ordinateur a rendu l'âme... J'essaie de la poursuivre bientôt.

- Monuments Men de George Clooney

monuments_men.jpgLe film promettait beaucoup. Un casting du tonnerre (Georges Clooney, Matt Damon, Bill Murray et le Français Jean Dujardin) Inspiré d'une histoire vraie passionnante : pendant la seconde guerre mondiale, des spécialistes de l'art ont parcouru l'Europe à la recherche des œuvres volées par les Nazis. Pourtant, ça ne fonctionne pas : on est en pleine guerre, mais on se sent dans une comédie légère, on voit à peine les batailles. On n'a pas peur pour les personnages, peu de suspense, on s'ennuie vite et se désintéresse de l'histoire. Et pourquoi faire jouer une Française par Cate Blanchett  ? On n'a pas assez d'actrices bankables en France ? Seule trouvaille hilarante : Matt Damon et son accent à couper au couteau. Même la bande originale signée par Alexandre Desplats est décevante : on se croirait dans la 7ème compagnie... Décidément, Clooney choisit toujours de bons sujets pour ses films, mais il est meilleur acteur que metteur en scène. (Confessions d'un homme dangereux ou Good night and good luck manquent de punch par exemple)

 

- Un voyage de Samuel Benchetrit sortie le 23 avril

voyage benchetrit.jpgLe synopsis évoquait des amoureux qui partent en week-end... Le cinéaste ayant réalisé des comédies décalées (Janis et John, J'ai toujours rêvé d'être un gangster) je m'attendais à une comédie romantique légère et loufoque. C'est tout le contraire. Le couple part en fait en Suisse pour que la femme, atteinte d'une maladie incurable, puisse bénéficier de l'aide au suicide... Un film terriblement éprouvant, dérangeant. Les personnages pleurent, crient, se battent, ont des réactions étranges voire malsaines (une scène où ils miment des singes en pleine montagne : logique). Ils rencontrent la formidable Céline Sallette (lueur d'espoir ?) mais son personnage est vite abandonné... On ne comprend pas trop où Benchetrit veut en venir et pourquoi il nous fait subir tout ça... Et pourquoi ces longs plans inutiles, comme filmer en temps réel et caméra à l'épaule (je vous déconseille de manger avant la séance) les personnages qui marchent jusqu'à un lac...

 

Prochain film prévu : Tom à la ferme de Xavier Dolan, sortie le 16 avril (voir ma critique en lien)

Demain, la suite du bilan "Je suis culturée" de mars, avec les films à la télé et les documentaires.

15/04/2014

Tom (et Papillote) à la ferme

tom a la ferme.jpgTom, un jeune publicitaire branché, se rend dans un coin de campagne isolé pour assister aux funérailles de son amant. Il rencontre la mère du défunt, une veuve esseulée de longue date. Mais il découvre aussi avec étonnement l'existence du frère de son ami, Francis. Ce dernier est un homme brutal, qui s'est sacrifié pour s'occuper de sa mère et de la ferme, pendant que son frère menait la vie de ses rêves en ville. Francis a caché l'homosexualité de son frère à sa mère, lui faisant croire qu'il sortait avec une collègue. Il demande à Tom de « jouer le jeu » pour faire plaisir à la mère, mais aussi de l'aider dans son travail, en remplaçant ce frère défunt qui a fait défection. C'est ainsi que Tom se retrouve à la ferme, en quelque sorte enfermé au grand air dans une relation malsaine... (voir bande annonce en lien)

Tom à la ferme, ce n'est pas vraiment Martine en vacances, gambadant joyeusement dans les prés au milieu des vaches. Le film est un thriller psychologique, où la tension, les révélations vont  grandissant. On se laisse happer par le suspense « Que va t-il se passer encore ? Non, il ne va pas aller jusque là ?! Tom va bien se défendre ? Cours, Forrest, cours !! » On est fasciné par la relation qui s'installe entre les personnages, la finesse et la complexité des situations et sentiments. Comment peut-on se laisser faire comme ça ? Le réalisateur Xavier Dolan qui incarne le personnage principal l'explique ainsi : (ne lisez pas le paragraphe suivant si vous souhaitez découvrir par vous-même en regardant le film)

« Il m'a fallu du temps pour comprendre Tom. (…) Il voit en Francis son amant décédé et puise dans la brutalité de ce frère jusqu'alors inconnu la seule violence supérieure à celle de la peine qui l'accable. Il trouve dans le travail de la terre la virilité qu'il se reproche de ne pas avoir eue (…) Il cherche la rédemption d'une mort pour laquelle il s'accuse ; son amitié indéfectible envers Francis, sa présence pour Agathe (la mère) sont autant de façons tordues de vivre son deuil et d'acheter son ciel. Tom part à la campagne remplacer l'irremplaçable. De quoi devenir fou... »

Le film pose cette question : toute vérité est-elle bonne à dire ? Tom doit-il avouer la véritable relation qui le liait au défunt, au risque de fortement perturber le souvenir et l'idée que s'en faisait sa mère, de heurter sa sensibilité et ses convictions ? Vaut-il mieux la laisser dans ses illusions, son aveuglement, ses préjugés, au risque de ne rien changer ?

Évidemment Papillote répond par la négative, spécialiste des pieds dans le plat et du questionnement infini, comme les enfants « Mais pourquoi tu dis ça ? Ça veut dire quoi en fait ? Au fond tu penses plutôt ça ? - Tu m'emmerdes avec toutes tes questions ! - Mais pourquoi ? Qu'est ce que ça cache au fond ? - T'es lourde ! - J'essaie simplement de comprendre, pour rendre la relation plus légère ! - Tu vas prendre mon poing dans la gueule tu vas voir si il est léger ! » (bien sûr je précise que ce dialogue est inventé et exagéré !)

Avec Papillote dans le rôle principal, le film aurait pris une toute autre tournure. Lorsque la mère découvre cet inconnu chez elle : « Vous êtes qui ? - Tom, le mec de votre fils. Vous saviez pas ? Et il a un frère ? Il me l'avait pas dit ! Pas étonnant vu le taré qu'il est ! Attends, tu crois tout de même pas que je vais bosser dans ta ferme ? Ouais on dirait que ça me gêne de marcher dans la boue, on dirait que ça me gêne de dîner avec vous. D'ailleurs je vais retourner dans ma ville parce que ça manque d'attractions par ici, ya même pas de cinéma, qu'est ce qu'on s'ennuie ! »

Je caricature encore évidemment, vous savez que je suis à moitié originaire de la cambrousse. Le film ne fait pas l'erreur de la caricature pleine d'arrogance, d'opposer la ville civilisée et les bouseux incultes, même si j'en connais d'aussi obtus ou isolés que les personnages du film. Mes grands parents maternels ne quittaient pas leur village, leur plus grand voyage a été de se rendre dans ma ville à une heure de route de là pour assister justement à des funérailles... le chemin inverse de celui du film.

J'ai été surprise d'apprendre que Tom à la ferme était tiré d'une pièce, car il ne fait pas du tout théâtre filmé. Malgré l'enfermement mental des personnages, l'histoire se déroule au grand air, dans l'immensité des champs. On sent la liberté possible, proche, mais l'horizon lointain. Le héros à la possibilité de s'enfuir, il rencontre des gens compréhensifs et qui l'alarment des dangers, dans un bar, chez le médecin, mais il reste.

En évitant l'écueil du huis-clos, on constate encore la virtuosité du jeune réalisateur, sa mise en scène stylisée, sophistiquée, originale, qu'on peut voir dès la bande annonce.

Xavier Dolan a réalisé son premier film a seulement 20 ans, Comment j'ai tué ma mère. On y trouvait déjà son désir de montrer les relations conflictuelles, de les pousser à bout pour en faire sortir leur vérité. Cette quête se retrouve dans le plus léger Les amours imaginaires, et dans son troisième film, Laurence Anyways, où le personnage incarné par Melvil Poupaud décide de changer de sexe, tout en conservant sa relation avec sa femme. Si certains critiquent parfois le style trop sophistiqué de Xavier Dolan, on ne peut pas nier son talent, son originalité et sa maîtrise de la réalisation. Je vous conseille l'étonnant Tom à la ferme, en salles demain. 

Petit Quiz On connaît la chanson...

 

07/04/2014

A la télé cette semaine : Le mépris, Barbara, Requiem for a dream...

mepris.jpgCe soir, suite de l’hommage pour le centième anniversaire de la naissance de Marguerite Duras, avec Un barrage contre le pacifique sur France Ô. Comme dans L’amant diffusé hier sur Arte, on retrouve le riche Chinois tombant amoureux d’une fille désargentée, et la famille qui tente d’en tirer profit. Mais ici, Marguerite Duras ne se concentre plus sur la relation passionnelle, mais sur son histoire familiale, ses rapports avec sa mère et ses frères. Isabelle Huppert incarne la mère de l’auteure. Elle se bat en vain contre les flots et les personnes qui l’ont ruinée en lui vendant des terres inondables.

Sur Arte, soirée crise conjugale. Tout d’abord avec Le mépris de Jean-Luc Godard, où l’on entend la sublime musique de Georges Delerue. On y retrouve la réplique célèbre : «  Et mes fesses ? Tu les aimes mes fesses ? » qui confirma le mythe Brigitte Bardot. Le film parle de cinéma (il se déroule sur un tournage, sous le soleil de Capri) mais surtout des malentendus et quiproquos au sein d’un couple. Michel Piccoli, méprisé par B.B. Capri, c’est fini.
La soirée se poursuit sur Arte avec un autre classique : Voyage en Italie de Roberto Rossellini. Cette fois-ci, ce sont Ingrid Bergman et George Sanders qui ne se comprennent plus. Le mari ne pense qu’à son travail, la femme à ses rêves perdus…

Quand-harry-rencontre-sally-152216_L.jpgLe couple va mieux mardi sur Numéro 23, avec la comédie romantique Quand Harry rencontre Sally. Ils se connaissent depuis la fac, se croisent régulièrement pendant 10 ans, mais passent toujours à côté l’un de l’autre. Pourtant ils sont faits pour s’entendre… Avec Billy Crystal et Meg Ryan dans la fameuse scène du restaurant.

Barbara-.jpgMercredi, couple possible sur Arte, avec Barbara de Christian Petzold. Je l’avais regardé par hasard sur Canal+, en m’attendant à un petit film, mais j’ai été envoûtée par l’héroïne mystérieuse, l’atmosphère oppressante, la profondeur et la mélancolie du propos et des personnages. En 1980, en Allemagne de l’est, une femme médecin de Berlin, soupçonnée de vouloir passer à l’ouest, est mutée dans un petit bled perdu. Elle se renferme dans un silence triste et mystérieux, mais un médecin jovial tente de percer sa carapace… Magnifique.
Barbara est suivi d’un autre film du même réalisateur, Contrôle d’identité, mais je ne l’ai pas encore vu pour pouvoir le conseiller.

black swan.jpgSur France4, soirée Darren Aronofsky, avec Black Swan et Requiem for a dream. Dans le premier, Natalie Portman interprète une danseuse étoile obtenant le rôle de sa vie dans le lac des cygnes. Elle travaille dur, la compétition est rude, surtout avec sa rivale (Mila Kunis) qui incarne son opposé : sensualité et rébellion. Un rôle intense pour Natalie Portman. Elle en sera récompensée par l’oscar de la meilleure actrice en 2011, et en épousant son entraîneur de danse, Benjamin Millepied (le bien nommé).

La soirée se poursuit avec un film encore plus sombre et dérangeant : Requiem for a dream. On connaît tous la célèbre musique (voir en lien). Je ne sais pas si j’aurais le courage de le revoir. Quel personnage subit le pire destin ? La petite vieille ? Je vote pour celui de Jennifer Connelly... Ce film est la meilleure pub de prévention anti drogues. Cauchemardesque.

Jeudi sur D8, The american d’Anton Corbjin. George Clooney incarne un tueur à gages vieillissant, désabusé, parti pour une ultime mission en Italie. Dans un paysage de carte postale, il retrouve goût à la vie et à l’amour. Un film plaisant, mais je préfère nettement le précédent du même réalisateur : Control, sur Ian Curtis, le chanteur de Joy Division qui s’est suicidé à 23 ans.

Et vous, aimez-vous ces films ? Qu’allez vous regarder cette semaine ?


06/04/2014

A la télé ce soir : L'amant, Walk the line, La couleur des sentiments...

amant annaud.jpgA la télé ce soir sur Arte, hommage à Marguerite Duras pour le centième anniversaire de sa naissance. La chaîne programme L’amant, puis Hiroshima mon amour, et deux documentaires de Benoît Jacquot (Les adieux à la reine).
Télérama donne la plus mauvaise note au film de Jean-Jacques Annaud : « sage quand on l’aurait voulu passionnée, décorative quand on l’aurait voulue étouffante. Oubliable et oubliée ». Je pense tout le contraire… A ma décharge, j’ai vu L’amant à 14 ans sans avoir lu le livre auparavant, et pas revu depuis. J’étais jeune et je n’avais encore jamais vu de film aussi érotique et troublant (à part La leçon de piano ; mais il est plus pervers que troublant). Je m’en souviens parfaitement : c’était l’été, il faisait chaud, je le regardais sur la minuscule télé de la maison de campagne installée dans la cuisine, avec ma mère à côté qui repassait tranquillement le linge. J’avais les yeux écarquillés devant la scène de la première fois, très gênée que ma mère soit derrière moi (« M’enfin ?! elle a vu ce film, elle me laisse regarder ça ?! et si elle se retourne, qu’est ce que je fais ? »). Jane March était sublime avec son air de Blanche neige, teint de porcelaine, yeux noirs et lèvres cerise. Je trouvais qu’elle avait carrément la classe accoudée au bastingage du bateau, je voulais le même chapeau qu’elle. Je regarderai ce film ce soir et je vérifierai s’il me fait toujours le même effet…

A la même heure sur D8, autre film qu’on m’a laissé regarder beaucoup trop jeune : Les valseuses de Bertrand Blier, avec mon acteur préféré Patrick Dewaere, Depardieu et Miou-Miou. Mes frères ne me répondaient pas quand je leur demandais ce que pouvait bien désigner le titre…

Autre film troublant sur HD1, le dernier de Stanley Kubrick, Eyes Wide shut. Un homme qui remet en question son couple (Tom Cruise et Nicole Kidman, alors mariés). Il erre dans New York la nuit à la recherche de nouvelles sensations. La scène où les masques tombent fait froid dans le dos…

walk the line.jpgSur Numéro 23, une très bonne biographie du chanteur country Johnny Cash : Walk the line. Ce n’est pourtant pas ma chanson favorite, je lui préfère Ring of fire, co-écrite par sa femme June Carter. Leur magnifique histoire d’amour et leur parcours sont passionnants. La pétillante Reese Witherspoon a reçu l’oscar amplement mérité de la meilleure actrice. Son partenaire Joaquin Phoenix (qu’on peut voir actuellement en salles dans le sensible Her) est parfait lui aussi. J’admets avoir préféré ce film au livre autobiographique du chanteur, Cash/Cash.

couleur des sentiments robe.jpgFrance 2 diffuse un film qui se déroule à la même époque, La couleur des sentiments. Dans le Mississippi des années 60, une jeune fille de bonne famille, voulant devenir journaliste, décide d’écrire un livre donnant enfin la parole aux domestiques Noires. La ségrégation étant d’actualité, elle doit le faire clandestinement. Ce livre chamboulera le quotidien de cette petite ville tranquille, où les apparences sont reines.
 
La couleur des sentiments offre un formidable témoignage sur cette époque et sur la ségrégation, rarement évoquée au cinéma (La couleur pourpre, Le secret de Lily Owens, Loin du paradis…) L’émotion est de mise avec le récit tragique de ces domestiques. Pourtant le film évite avec finesse l’écueil du mélo ou de la dénonciation rageuse, en privilégiant l’humour et le recul : l’astuce pour  se venger de la loi sur les wc séparés que tente d’imposer une pétasse « bien sous tout rapport » ne manque pas de piquant. La pimbêche manipulatrice est incarnée avec délectation par Bryce Dallas Howard.
Le film mise beaucoup sur l’aspect visuel. L'atmosphère et la mode des années 60 sont parfaitement restituées. Par ce souci du détail, ses robes colorées à frous-frous et ses choucroutes, le film rappelle la série audacieuse Mad Men.
La jeune héroïne interprétée par Emma Stone refuse une vie classique de mère au foyer, passant ses journées à jouer au bridge et à colporter les cancans. Elle ne pense pas au mariage, veut travailler, réfléchir par elle-même et se rebeller contre l’ordre établi, ce qui déplait fortement à son prétendant…
Par son goût de l’esthétique, son côté féministe et sa description parfaite d’un univers féminin rempli de langues de vipères, le film plaira beaucoup aux fans de Desperate Housewives. J'ai un faible pour Célia, interprétée par Jessica Chastain, jeune femme issue d'un milieu modeste, naïve et spontanée, inadaptée à ce monde d'apparence et qui en est rejetée.

Autre évocation de la séparation entre Noirs et Blancs, l’allégorie sur l’apartheid en Afrique du sud à travers un film de SF : le très bon District 9 sur France 4. Cette fois-ci, ce sont des extra terrestres qui sont écartés de la société…

Sur NRJ 12, Hellboy. Une créature étrange, sorte de diablotin gentil, collabore avec le FBI pour empêcher Raspoutine ressuscité et de vilains nazis de libérer un démon guerrier. Malgré ce pitch qui laissait présager le pire, ce film fantastique est vraiment bien ficelé. Le réalisateur, Guillermo del Toro, aurait dû me mettre la puce à l’oreille : il est l’auteur de l’excellent Labyrinthe de Pan, qui fait partie de mon top 50.

Et vous, qu'allez-vous regarder ce soir, appréciez-vous ces films ?