12/10/2010
Se foutre de la gueule du monde, ça n'a pas de prix...
En trois mois de chômage, je n’ai obtenu qu’un seul entretien et deux réponses négatives par mail.
Pourquoi, quand on répond à des offres d’embauche, les employeurs ne prennent pas la peine de nous répondre ?
Je souhaiterais juste un mail pré-écrit, envoyé aux 2596 candidats non retenus : « nous avons bien reçu votre lettre de motivation. Malheureusement, le poste est déjà pourvu. Nous espérons que vous trouverez prochainement. Cordialement, entreprise gentille ».
J’ai reçu une réponse 10 minutes après l’envoi de la lettre que j’avais mis trois heures à rédiger : « votre candidature n’a pas été retenue, cordialement ». (réponse sèche que l’on peut traduire par : « t’as vu ton C.V ? On demande 25 ans d’expérience, tu sais pas lire ? Va te faire, mais cordialement quand même »
Enfin, je suppose que le destinataire n’a même pas lu ma lettre. Quelqu’un m’a raconté avoir reçu une réponse négative 5 minutes après l’envoi de son mail, un samedi à 2 heures du matin… on doute que l’employeur bossait à cette heure-là…
Je sais bien que les DRH reçoivent des tonnes de lettres de motivation, mais ça prend deux minutes de renvoyer un mail type. Alors que nous, chômeurs, on attend fébrilement pendant une semaine que le téléphone sonne. (Quand c’est le cas, c’est toujours ma mère qui me demande si j’ai trouvé du travail et si le pôle emploi m’a enfin versé mon chômage.)
Avant, quand je n’avais pas de réponse au bout d’une semaine, je téléphonais aux employeurs. Dorénavant, ces derniers ont trouvé la parade : sur l’annonce n’apparaît aucun nom, numéro de téléphone, mail, ni même le nom de la société ! On ne sait même pas pour qui on postule !
« Journal cherche collaborateur pour rédiger des brèves… »
Dans quel domaine ? La culture, la politique, la réalisation de plantes en pot ? Je pourrais postuler pour Charlie Hebdo ou Minute, je n’en saurai rien ! Remarquez, que le nom de la société ne soit pas mentionné, ça m’évite l’habituel paragraphe lèche bottes : « Cafetière magazine est un journal que j’admire pour ses enquêtes chocs et ses révélations. Depuis l’enfance, la cafetière est une passion. Cet objet qui a changé ma vie, que dis-je, qui a changé la face du monde… »
Ce que je préfère, ce sont quand même les trois annonces exigeant « une orthographe irréprochable, de grandes qualités rédactionnelles, un esprit de synthèse » mais qui contiennent des fôtes d’orthograffe et des répétitions. («l’organisme souhaiterais » « anglais recomandé » « votre anglais irrépochable »)
J’apprécie aussi celle-ci : « expérience de 7 à DIX ans exigée » Pourquoi pas 28 aussi. Au moins, l’employeur ne rechignera peut-être pas à embaucher un « senior » (jusqu’à 67 ans).
Je trouve des annonces originales :
Mettre des livres aux enchères sur le site d’e-bay : paie : 1 euro par livre…
Inventer des questions pour un jeu de société : paie : 25 centimes par questions !
Pour parodier une pub actuelle : "se foutre de la gueule du monde : ça n’a pas de prix…"
Je vous laisse, je vais encore chercher des offres d’emploi…
Suite des annonces les plus saugrenues demain
Et vous, quelle est la pire annonce que vous ayez vue ?
18:06 Publié dans Toujours, je suis au chômedu | Lien permanent | Commentaires (32) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note
| Tags : pôle emploi, travail, chômage |
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10/10/2010
Le drame du week-end
Ce dimanche, pas de programme télé ni de rubrique nécrologique. Enfin si : mon magazine télé est décédé. Je l’ai sûrement perdu en allant au Pôle emploi . Comme il faut attendre des heures j’emmène de la lecture : je portais aussi le tome 3 de l’autobiographie de Simone de Beauvoir, 725 pages. Faut prévoir une longue attente avec l’ANPE.
Vous vous rendez compte que j’ai passé tout le week-end sans mon programme télé ? Sans ma bible, le livre que je lis le plus fidèlement, que j’ouvre religieusement plusieurs fois par jour pour voir ce que diffuse mes chaînes favorites ? Je pense à mon pauvre petit journal perdu tout seul sur un siège du pôle emploi, feuilleté négligemment, ses pages froissées et arrachées, maltraité, piétiné, puis abandonné dans une poubelle… J’imagine les indispensables films et documentaires que j’ai ratés : la première diffusion depuis 35 ans d’un film muet de 1906, un documentaire sur un serial killer de chats sévissant dans la région.... Le drame.
Bon bien sûr j’aurai pu regarder le programme sur Internet, mais les sites sont mal fichus : ils mettent en premier TF1, puis la 2, alors que je n’ouvre jamais mon programme sur ces chaînes là et me dirige directement sur la 4 et la 5. Ils pourraient faire une sélection exprès pour moi quand même, avec simplement Arte et toutes les chaînes de Canal… Je vais tenter de survivre jusqu’à demain et l’ouverture du magasin de journaux, mais ce sera dur, je vous préviens. (J’ai dégainé mon excuse n°8 : "je mange du chocolat pour me consoler"). Si j’ai survécu, je remplirai peut-être ma rubrique télé demain.
Et vous, qu’avez-vous vu ce week end que j’aurai raté ?
19:47 Publié dans Je suis culturée | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : télé, cinéma |
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08/10/2010
Comment j'ai raté ma vocation
Quand j’étais petite on (Jacques Martin) me posait la question habituelle : « qu’est ce que tu veux faire quand tu seras grande ? »La première fois, j’ai répondu à ma nourrice, en bon estomac sur pattes, « je veux faire des gâteaux ». Ma mère qui était présente m’a tout de suite coupé l'envie : « Il faut se lever très tôt pour être pâtissier ! Au milieu de la nuit ! Puis il faut faire beaucoup de gâteaux et ils ne sont pas pour toi ! »
Me lever au milieu de la nuit ? Moi qui étais en retard tous les matins à l’école et passais par la sortie de secours, parce que ma mère et moi on ne parvenait pas à se lever à 8 heures ? Ça va pas non !
Après, j’ai voulu faire vétérinaire puisque j’adore les gentils n’animaux, mais cette fois c'est mon frère qui m’a traumatisé : « Pour soigner les animaux, faut parfois les découper, il y a du sang et les bêtes peuvent mourir, c’est horrible. Puis de tout façon faut être fort en maths »
Je ne pensais pas forcément être véto, mais le seul autre métier qui me venait à l’idée était de travailler dans un zoo. Mon frère m’a encore découragé en me remémorant les odeurs et la saleté (je ne suis pas spécialement obsédée par l’hygiène, mais j’ai toujours détesté avoir les mains sales.)J’ai recueilli plein d’oisillons tombés du nid (je suppose que mon tortionnaire de chat devait les aider). Je leur donnais des vers de terre que je piochais dans le jardin, ils ouvraient le bec comme dans la pub Esso.
Je possédais la carte d’abonnée de la Hulotte, le journal le plus lu dans les terriers, qui me permettait de téléphoner à ma chouette préférée pour lui demander des conseils. (Je suis toujours abonnée). Pourtant aucun oisillon ne survivait.
Maintenant j’apprend qu’au Japon, il existe des établissements où les employés stressés se détendent en caressant des chats (cliquer sur le lien). Les gens paient pour se reposer sur des coussins moelleux, étendus autour de chats qui ronronnent. Je trouve le concept génial, mais je n’ai certainement pas le courage de monter le projet en France, chercher le financement, le local... Par contre, trouver 20 chats, je veux bien, pas de souci (Choupinounet serait ravi de les héberger dans nos 20 mètres carrés).
Pour les maths, en CM2 j’ai tout de même réussi à triplé ma moyenne en « activité logique » (les problèmes de trains qui se croisent) : je suis passée de 0,5/20 le premier trimestre à 1,5/20 à la fin de l’année, c’est bien non ?
A partir de là, comme l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt et aux matheux (parle t’on toujours de supprimer la section littéraire ?) ma mère a décrété que j’étais un cas désespéré : « qu’est ce qu’on va faire de toi ? » (aujourd’hui son discours s’est modifié en « qu’est ce qu’on va faire de vous, les jeunes en général, dans une société qui n’a pas de travail à vous offrir ?»)
Comme la plupart des petites filles je jouais aussi à la maîtresse. J’alignais mes poupées et peluches et je faisais « la pelle » c’est à dire l’appel des élèves présents. Kiki, le vrai, le Kiki de tous les kiki séchait souvent les cours d’ailleurs. Ensuite je suis rentrée au collège, où de voir des profs stressés ou démotivés face à leurs élèves m’a complètement passé l’envie de faire carrière dans l’enseignement. Pourtant on me dit encore souvent : « mais pourquoi tu fais pas prof ? ». Je ne supportais déjà pas mes camarades quand j’avais leur âge, alors aujourd’hui, mon seuil de tolérance a fortement diminué…
Je voulais aussi écrire des scénario de films ou des livres, mais j’ai déjà raconté ici comment mon frère m’a refroidi en se moquant de mes écrits…
Ensuite j’ai voulu faire critique, mais les gens m’affirmaient que « les journalistes étaient des personnes aigries qui se rabattent sur la critique parce qu’ils n’ont pas le talent ni la force de produire eux-mêmes des œuvres » Ce qui n’est pas totalement faux.
Du coup, aujourd’hui je ne fais rien.
Mais si quelqu’un veut m’embaucher pour regarder des films, lire, écrire, manger des gâteaux ou caresser des chats, je suis partante.
Merci à Catherine qui m’a involontairement donnée aujourd’hui l’idée d’écrire ce texte.
Ce texte correspond aussi au concours de Virginie. (Quant à Chocoladdict, elle demande ce qu’on rêverait de porter si on était enfant, je lui répondrai demain)
Et vous, que vouliez-vous faire quand vous étiez petits ?
19:27 Publié dans Les gentils n'animaux | Lien permanent | Commentaires (30) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : la hulotte, l'école des fans, travail, pôle emploi |
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05/10/2010
Nous, c'est une illusion qui meurt
Non, Choupinounet, rassure toi, je ne parle pas de toi... L'attitude du pôle emploi renforce ma maladie : la chansonnite aigue. Après l'excellente "you never give me your money" j'atteins un nouveau stade, beaucoup plus grave, celui de la chanson kitsch. J'ai des doutes sur ma guérison. Vous verrez, ce morceau est toujours bien adapté à la situation (cliquez sur le lien rose pour l'écouter)
"Nous,
C'est une illusion qui meurt
D'un éclat de rire en plein cœur
Une histoire de rien du tout
Comme il en existe beaucoup
Mais, pourquoi, pourquoi, pourquoi, POURQUOI
Pourquoi le silence ?
pourquoi, pourquoi, pourquoi, POURQUOI
Pourquoi ce grand vide quand je pense à nous ?
Nous,
C'est un cri arraché au ciel !
Un rayon qui manque au soleil !
Quatre lettres (A.N.P.E !!!!!) me rendent fou !
Et dans ton oubli tu t'en fous !!
Je suis seul à nos rendez vous !
Mais parfois dans mes rêves flous
Une voix de je ne sais où
Me parle d'espoir et de nous
Nous, c'est une illusion qui meurt
D'un éclat de rire en plein cœur
C'est la fin du premier amour
Ma vie qui appelle au secours"
Je devrais m'inventer un diplôme en détournement de chanson.
N’empêche que "Nous" a permis à beaucoup d’emballer les filles pendant les boums de 1980 (ou bien on disait surprise party à l’époque ?). Les slows, rien de tel pour séduire. (Je ne comprends vraiment pas pourquoi Choupinounet refuse de danser avec moi sur cette chanson, non vraiment…)
Le mot « reviens !» me fait aussi chanter très souvent cette autre chanson d’Hervé Vilard. (cliquez sur le lien) Je fais toujours un flop auprès des jeunes de mon âge quand je beugle « reviens ! On va vivre la main dans la main ! c'est écrit sur les murs de la vie !» Les jeunes ne connaissent pas le chanteur : comment est-ce possible ? ce monument de la chanson française...
Heureusement, le mot « Capri » n’intervient pas aussi souvent dans les conversations courantes que les termes «nous » « pourquoi » et « reviens ». Sinon, je chanterai aussi Capri c’est fini et dire que c'était la ville de mon premier amour ! toute la journée.
Ah, Hervé Vilard, mon mentor... (vous voyez à quel point ma situation est désespérée)
Maintenant vous avez ces chansons dans la tête pour toute la journée. Vous pouvez me remercier.
P.S : dimanche dans mon programe télé de la semaine j'ai oublié de mentionner le super "documenteur" que diffuse arte jeudi soir : "opération lune" : un faux documentaire qui nous fait croire qu'on nous a manipulé, que personne n'a jamais marché sur la Lune. Tout ça pour prouver le pouvoir de manipulation des images et de la télé... excellent.
16:54 Publié dans On connaît la chanson | Lien permanent | Commentaires (23) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : chanson française, hervé vilard, capri c'est fini, pôle emploi, travail |
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