23/07/2014
A la télé cette semaine : Chacun cherche son chat, OSS 117, Rio ne répond plus...
Ce soir sur Arte, Chacun cherche son chat de Cédric Klapisch. En cherchant Gris-Gris, son matou noir qui s’est fait la malle, une jeune femme timide et solitaire rencontre enfin ses voisins du 11ème arrondissement de Paris. Les habitants les plus emblématiques du quartier (la gouailleuse Mme Renée) jouent leurs propres rôles. Une rafraîchissante comédie sentimentale et sociale, qui m’avait ravie quand j’étais ado.
Autre comédie sur France 4, après Marche à l’ombre la semaine dernière, on retrouve Michel Blanc dans son rôle de loser geignard avec Viens chez moi, j’habite chez une copine. Cette fois-ci, il met le bazar dans l’appartement et la vie rangée d’un couple (Thérèse Liotard et Bernard Giraudeau, très beau). On retrouve également la musique de Renaud : Sur les bords, au milieu, c’est vrai qu’il craint un peu. Irrésistible.
Jeudi sur M6, OSS, Rio ne répond plus de Michel Hazanavicius. Film que j'adore évidemment, car il parodie Le magnifique et d'autres films cultes. Après Le Caire nid d’espions, le réalisateur va encore plus loin dans l’humour irrévérencieux. On sent qu’il était l’un des auteurs des Nuls, et le réalisateur du film pour cinéphiles, La classe américaine. En 1967, Hubert Bonisseur de La Bath, agent secret calamiteux, est envoyé à Rio pour traquer les nazis. Il se pointe à l’accueil d’un grand hôtel : « Vous avez bien une amicale d’anciens nazis ? Un club ? Une association peut-être ? » Quelques citations :
Hubert (à un groupe de hippies) : "Changer le monde, vous êtes bien sympathiques mais faudrait déjà vous lever le matin. Parce que je ne sais pas si vous êtes au courant, mais le monde, il ne vous attend pas. Il bouge et il bouge vite. Vous n’allez pas tarder à rester sur le carreau, j'vous le dis, hein. Parce que là vous êtes en vacances, très bien. Mais à la rentrée...
Un hippie : On n'est pas en vacances.
Hubert : OK, admettons. Vous avez pris une année sabbatique, très bien. Mais l'année prochaine, vous y avez pensé à ça ? C'est pas le monde qui va se plier à vos désirs, les enfants. C'est pas « 68 année de la jeunesse ». C'est pas comme ça que ça se passe. C'est le vrai monde dehors. Et le vrai monde, il va chez le coiffeur, déjà. Alors gna gna gna la guitare, les troubadours, tout ça c'est fini. (Un hippie lui tend un joint) Non merci j'ai les miennes." (Il sort son paquet de cigarettes)
- "Finalement, cette bande de hippies est plutôt sympathique, une fois passée la barrière de l'hygiène s'entend. Enfin, que voulez-vous, c'est la jeunesse. Tôt ou tard, la vie se chargera de leur couper les cheveux."
Carlotta (réveillant volontairement Hubert avec de l'eau au bord de la piscine) : "Oh pardon, je suis affreusement maladroite. Apparemment je vous ai éclaboussé.
Hubert : - Mais je vous en prie. D'ailleurs ne dit-on pas qu'une femme qui éclabousse un homme, c'est un peu comme la rosée d'une matinée de printemps ? C'est la promesse d'une belle journée et la perspective d'une soirée enflammée.
Carlotta : Quel réveil !
Hubert : Ah, je n'y suis pour rien. C'est l'inexpugnable arrogance de votre beauté qui m'asperge.
Si vous voulez en découvrir plus, regardez le film…


19:00 Publié dans A la télé cette semaine | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : télé, cinéma, oss 117 | |
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21/07/2014
Le conte de la princesse Kaguya
Énorme coup de cœur pour ce film de Takahata. Il est l’adaptation d’un conte japonais du Xe siècle. Un modeste paysan trouve une enfant et un trésor dans un bambou. Il se persuade que le bébé est une princesse qu’il faut élever comme telle. La famille quitte alors la montagne, les amis avec lesquels la petite a grandi, pour rejoindre la ville et les codes très rigides de l’éducation d’une princesse. Mais Kaguya reste nostalgique de son enfance, de la nature, la simplicité et l’amour perdu… (voir la bande annonce en lien)
A priori l’histoire ne me disait rien et la longueur (plus de 2 heures) me rebutait. Mais je n’ai pas vu le temps passer, et le sujet touche à l’universel : est-ce la peine de sacrifier ses rêves et désirs profonds pour se conformer à ce que les autres et la société attendent de nous ? Peut-on passer à côté de sa vie ?
Le dessin est d’une beauté époustouflante. Il varie d’une scène à l’autre, rappelle les estampes japonaises, l’aquarelle, le pastel… L’histoire qui frôle avec le fantastique est magique, belle et terriblement émouvante. J’ai vu le film pendant la fête du cinéma et durant un match de la France au mondial. On était qu’une vingtaine dans la salle, majoritairement des femmes (et quelques rares compagnons qui les accompagnaient). On est TOUS restés jusqu’à la fin du générique, sonnés. J’entendais renifler et j’ai vu plusieurs personnes les larmes aux yeux.
Sacré Takahata. Il peut se vanter d’être le premier à m’avoir fait chouiner devant un film, qui reste toujours pour moi le plus traumatisant de tous : Le tombeau des lucioles. J’ai pourtant écrit mon mémoire de fin d’études sur Miyazaki, mais je retourne ma veste aujourd’hui. Je crois que je préfère Takahata, son style si changeant, de dessins et d’histoires, passant du pur mélo à la comédie loufoque, du quotidien d'une famille à la vie d'animaux imaginaires luttant contre l'accroissement urbain : Mes voisins les Yamada, Pompoko… Contrairement à Takahata, je trouve que Miyazaki ne se renouvelle pas. Le vent se lève m’a ennuyée : faire une scène entière sur des boulons d’avions ou un truc dans le genre, il était temps que pépé arrête le cinéma.
A plus de 70 ans, les deux géants de l’animation japonaise ont annoncé leur retraite. Quel dommage, mais Takahata finit sur un chef d’œuvre. Ne le ratez surtout pas.


22:26 Publié dans On connaît le film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, takahata, miyazaki | |
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20/07/2014
A la télé cette semaine : Basic Instinct, Les rois du désert, Les promesses de l'ombre...
A la télé ce soir sur France 2, Le gamin au vélo. Les frères Dardenne filment toujours la misère sociale (Rosetta et L’enfant, deux palmes d’or). Mais ici, avec plus de tendresse et d’espoir. Un enfant difficile, abandonné par son père, traîne avec des petits voyous. Il est recueilli par une coiffeuse au grand cœur (Cécile de France, toujours charismatique, fraîche et naturelle).Va-t-il suivre le bon chemin?
Sur Arte, Basic Instinct de mon chouchou Paul Verhoeven. On connaît tous la fameuse scène de l’interrogatoire de Sharon Stone… et sa parodie par Les nuls « Vous allez me coffrer pour mangeage de choucroute prohibée ? » Un thriller sulfureux, troublant, une relation perverse et machiavélique entre Sharon Stone et Michael Douglas. Avec l'envoûtante musique de Jerry Goldsmith. A revoir.
Sur France 4, Les ripoux, une bonne comédie populaire à la française, fonctionnant sur un duo décalé. Noiret♥ incarne un vieux flic désabusé, dont le travail principal est de ramasser des pots de vin, assister aux courses hippiques et manger à l’œil au restaurant. Bref, glander. Le petit bonhomme de vie du ripou se retrouve perturbé par l’arrivée d’un jeune inspecteur, Thierry Lhermitte♥, pétri de principes et ravi de passer à l’action…
En deuxième partie de soirée, rediffusion de Marche à l’ombre de Michel Blanc.
Lundi sur TMC, La traversée de Paris, de Claude Autant-Lara, d’après une nouvelle de Marcel Aymé. Durant l’occupation, un chômeur (Bourvil) transporte des denrées au marché noir, de nuit, à l’autre bout de Paris. Il est aidé par un homme incontrôlable (Jean Gabin). Avec Louis de Funès dans le rôle qui le fera connaître, celui de « Jaaaaambiiier !!!! Je veux deux milles francs ! » (voir extrait). « Salauds de pauvres ! »
On retrouve Bourvil sur Arte, dans un film du satirique Jean-Pierre Mocky, Un drôle de paroissien.
A 23h, ne ratez pas une autre comédie sarcastique sur France 3, Les rois du désert de David O Russell (American Bluff, Happiness Therapy) avec George Clooney et Mark Wahlberg. Après la guerre du golfe, 4 soldats recherchent le trésor de Saddam Hussein. Une comédie noire et jubilatoire.
Mardi, à 22h35 sur France 2, ne loupez pas non plus Les promesses de l’ombre, de mon autre chouchou David Cronenberg (Dead zone, La mouche). Une jeune fille meurt pendant son accouchement. La sage-femme (excellente Naomi Watts) tente de retrouver son identité à travers le journal intime de la défunte, écrit en russe. Son enquête l’amène dans un restaurant, qui est en fait tenu par un redoutable mafieux. Un homme de main (Viggo Mortensen, le roi du Seigneur des anneaux) tente de protéger la courageuse sage-femme. Une histoire d’amour impossible, un thriller au scénario redoutable, au suspense et à la violence intenses (la scène du hammam). Le personnage de Viggo est éminemment complexe : peut-on changer, échapper à son destin ? A la sortie du film, j’ai pu rencontrer David Cronenberg et lui serrer la main. Je ne l’ai pas lavée depuis 2007.
Côté documentaire, à 20h50 sur Arte, l’excellent Evasion fiscale, le hold-up du siècle de Xavier Harel. 30 000 milliards de dollars seraient cachés dans des paradis fiscaux, ce qui représente les 2/3 de la dette mondiale !
La semaine prochaine, suite des films de la semaine


20:45 Publié dans A la télé cette semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : télé, cinéma | |
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18/07/2014
Dragons 2, laissez-vous transporter
Dans le premier film, Harold est un jeune viking qui peine à trouver sa place : son peuple chasse ardemment les dragons, vus comme des animaux sanguinaires. Mais l’adolescent réussi à apprivoiser le plus mystérieux de l’espèce : un furie nocturne. Dans ce film qui peut être vu indépendamment du premier, les vikings ont compris que les dragons ne sont pas leurs ennemis.
Dans Dragons 2, Harold atteint maintenant l’âge adulte. Il doit reprendre la place de chef de clan tenue jusque-là par son père. Mais le jeune homme doute de ses capacités. Il préfère l’insouciance et la liberté de la jeunesse, voler avec son ami dragon pour explorer des terres inconnues. Jusqu’à sa découverte d’une île cachée peuplée de dragons protégés par un curieux personnage. Car les animaux sont convoités par un homme dangereux, qui s’en sert comme arme de guerre… Harold doit alors prendre des responsabilités : sauver son peuple et les dragons. (voir bande annonce en lien)
On retrouve dans ce deuxième film les mêmes thèmes : le passage à l’âge adulte, l’importance de l’amitié, l’union qui fait la force, privilégier la parole à la violence, se mettre à la place de l’autre pour le comprendre, ne pas juger sur l’apparence : « oui, les dragons ont l’air méchant avec leur sale gueule de cracheur de feu ! Mais en fait ils sont cool, ne les tuez pas ! Et pourquoi la guerre ? But all we are saying, is give peace a chance ! »
Bon Harold ne chante pas du Lennon, mais vous avez compris son message. Qu’apporte le deuxième film au premier ? Une histoire familiale émouvante, des choix difficiles à prendre, l’importance de la transmission. Et surtout, un point indiscutable : une mise en scène 3 D époustouflante ! L’équipe a inventé un nouveau logiciel qui permet des mouvements plus naturels. Dragons 2 a été conçu pour être vu en 3d et non converti après réalisation comme le premier film. J’ai préféré ce deuxième opus, sans doute parce que j’ai vu le premier sur une simple télé. Ici, j’étais bouche bée : on assiste à un véritable spectacle qui rend euphorique. On a l’impression de voler nous aussi à dos de dragon. I believe I can fly, I believe I can touch de sky.
Et que dire de la beauté et de l’originalité des couleurs de ces bestioles, tous différents et saugrenus ? Même si mon préféré reste celui qui est en apparence le plus simple, uniquement noir : le furie nocturne. Il me rappelle mon chat adoré de ma photo de profil… moi aussi j’en veux un ! Krokmou a en fait comme modèle un véritable chat, celui du superviseur de l’animation. Habitué à être dans le studio avec les animateurs afin qu’ils étudient son comportement, le chat s’est mis à préférer les plateaux de cinéma à la maison de son maître…
La modélisation des dragons s’inspirent du comportement des chats, mais aussi des chiens, car l’équipe était divisée entre les amoureux des félins et ceux qui préfèrent les chiens, dont le réalisateur fait partie (comment ?!) C’est pourquoi, pour faire plaisir à Dean Dubois, Krokmou possède des caractéristiques canines (c’est donc pour ça qu’il se met à lécher le visage de son maître et lui baver dessus, ce truc dégueulasse que font les clébards?)
Le film s’adresse autant aux enfants qu’à leurs parents, grâce à son humour et ses messages. Il n’est pas gnangnan ni bêtement positif (à la fin du premier film, le héros perd quand même une jambe !) Dragons 2 est aussi drôle qu’émouvant. Les personnages sont attachants. Je regrette juste un détail : comme Harold ne voulait pas être chef, je voyais à sa place sa fiancée à fort caractère. Je n'aime pas trop l'idée de la "destinée".
Si vous n’avez pas vu le premier film, ne vous retenez pas pour celui-ci : on s’adapte immédiatement à cet univers, le film débutant sur un ahurissant match aérien qui rappelle le quidditch d’Harry Potter. Sauf qu’ici, les magiciens sont remplacés par des vikings, les balles par des moutons, et les balais par des dragons. On comprend et accepte tout ça sans broncher, comme si c’était habituel ! Ben quoi, vous n’avez pas un dragon chez vous ?


16:16 Publié dans On connaît le film | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : cinéma, dragons 2 | |
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