Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/04/2021

Allen vs Farrow

allen farrow.jpgEn 1992, Woody Allen est accusé de viol sur la fillette de 7 ans qu'il a adoptée avec Mia Farrow
Un documentaire de presque 4 heures, très fouillé, avec de nombreuses images d'archives et témoignages : psys qui ont suivi et interrogé la petite, juge en charge de l'affaire, proches, mais surtout, le témoignage de la victime Dylan, filmée à l'époque, puis adulte, et de celui de sa mère, Mia. Je craignais un documentaire racoleur, difficile, mais j'ai trouvé que les témoignages restaient fins et pudiques. Je tente un résumé ici.

Allen et les femmes

allen famille.jpgMia Farrow et Woody Allen ont vécu 12 ans ensemble. Mia avait déjà adopté de nombreux enfants, et Woody, d'abord réticent, accepte une nouvelle adoption à condition qu'il choisisse lui-même la petite selon des critères physiques : blonde aux yeux bleus. Le cinéaste devient très proche de cette enfant, Dylan, et Mia se réjouit de ce soudain instinct paternel. Mais il est justement trop proche, la fillette se plaint de gestes déplacés. Confiée à des psys, ces derniers confirment que le cinéaste se comporte bizarrement et qu'il ne faut jamais le laisser seul avec la petite. Dylan échappe pourtant à la vigilance de ses baby-sitters, et Allen en aurait profité pour l'agresser. Les jours suivants, la petite ressasse ce qu'elle a subi et sa mère la filme. Les vidéos apparaissent dans le documentaire, ainsi que de nombreux enregistrements des conversations téléphoniques entre Mia et Allen.
On y découvre un Woody Allen à l'antipode de l'image de brave gars pataud comique qu'il se donne dans les films : il se montre glacial, détaché, sans émotion. Mia pleure, bouleversée, lui demande pourquoi il a fait ça, et il se contente de répondre "tu sauras quand le moment sera venu".

On pourrait reprocher au documentaire d'être à charge : il ne donne la parole qu'à Mia Farrow et à ses défenseurs (les proches, les témoins, les psys, le juge...) Mais le cinéaste a refusé d'être interviewé. Woody Allen est néanmoins souvent entendu dans le documentaire : à travers les enregistrements de ses conversations téléphoniques avec Mia Farrow, d'anciennes interviews, et surtout son autobiographie qu'il récite en livre audio, où il décrit sa relation avec la fillette, puis sa future femme, Soon yi, l'autre fille de Mia. 

Allen et la petite Dylan

Il explique ainsi qu'il adorait Dylan et accédait à ses moindres désirs : elle oublie son doudou, il réserve une place en première dans un avion pour aller le chercher. Elle regarde Le magicien d'Oz et aime les chaussures de l'héroïne, il lui fait fabriquer la réplique le jour même pour qu'elle trouve la paire sur son lit le soir. Il raconte ces détails pour se discréditer, mais à l'inverse, cela démontre son obsession pour la fillette, ce ne sont pas des agissements normaux.
Dylan devenue adulte, mais aussi l'entourage, témoignent longuement de son comportement ambigu (lui faire sucer son pouce et d'autres détails scabreux que je vous épargne). Les parents d'élèves et professeurs révèlent que Woody passait des heures devant l'école à observer la petite derrière la fenêtre de sa classe par exemple. 

Allen et Soon yi

allen soon.jpgUn autre comportement de Woody dérange, avec une autre fille adoptée par Mia, Soon yi. Peu avant l'agression de Dylan, Mia découvre des photos pornographiques de Soon yi prises par Woody Allen. La jeune fille est âgée de 21 ans à l'époque, lui 56. Il la connaît depuis son adoption, une dizaine d'années auparavant.
Ce dernier ne peut qu'avouer devant les preuves, en se justifiant : "ce n'est qu'une passade"
. Les portiers de son immeuble, ses femmes de ménage qui trouvaient les préservatifs usagés après le passage de l’adolescente chez le cinéaste, estiment que la relation dure en réalité depuis des années, la fille était encore mineure, au lycée.
C'est une enfant renfermée, qui n'a jamais eu de petit ami avant Woody. Pour la sortir de sa coquille, Mia demande à Allen de l'emmener à des matchs de basket et des séances de ciné. Le réalisateur confirme dans son autobiographie que leur relation a débuté ainsi, parce que Mia lui demandait de s'occuper de sa fille : comme si c'est Mia qui l'avait voulu et provoqué. Pourtant elle lui demandait juste de la sortir, pas de coucher avec...

Lorsque Mia porte plainte après le viol de la petite Dylan, Allen change de stratégie : finalement, il ne vit plus une passade avec Soon-yi, mais une vraie histoire d'amour. Il convoque les médias et se justifie ainsi : il n'a pas pu violer sa fille adoptive Dylan, puisqu'il est amoureux d'une autre de ses filles, Soon yi. Mia est jalouse, elle invente le viol pour se venger.
à suivre demain

31/03/2021

Bilan je suis culturée de mars : les documentaires

damnés commune.jpgCoups de cœur, à voir absolument :

- Les damnés de la commune , arte.tv, jusqu'au 20 mai
Un documentaire passionnant, très émouvant. Il est constitué à partir des mémoires d'une survivante, lues par Yolande Moreau, et illustré de gravures de l'époque.

- Allen vs Farrow, sur OCS
Woody Allen est accusé de viol sur la fille qu'il a adoptée avec Mia Farrow. Pour se défendre, il détourne l'attention : non il n'a pas violé la fillette de 7 ans de sa compagne, puisqu'il est amoureux d'une autre fille qu'il élève depuis 10 ans avec elle, et qui est désormais majeure, 21 ans (il en a à l'époque 56, 35 de + qu'elle). Mia Farrow serait tout simplement jalouse et aurait inventé cette histoire pour le discréditer...
Je craignais que le documentaire soit racoleur, mais non. Les témoignages (victimes, juges, psy qui ont suivi la fillette) sont très pertinents. A voir pour comprendre les mécanismes d'emprise, de culpabilité...

- Tout peut changer : et si les femmes comptaient à Hollywood, Mycanal

Société :

allen farrow.jpgPas mal :
- Quand les femmes s'émancipent (2 parties), Arte 
- One of us, la communauté juive ultra, Netflix
La fabrique du mensonge : fake news sur ordonnance, France5

Enquêtes criminelles :
Pas mal :
- Trahison chez les mormons, sur Netflix
- Team Foxcatcher, Netflix
- Meurtre en Finlande, Arte

Cinéma :
Pas mal :
- Lana Turner, l'indétrônable, France5, disponible jusqu'au 3 avril
- Mae West, une star sulfureuse, jusqu'au 5 avril sur Arte.tv

Animaux :
Pas mal :
- Pas si bêtes ! Les chèvres savantes, jusqu'au 6 mai sur Arte.tv
- Au rythme des saisons : la renaissance et les beaux jours, France 5

Santé :
Bien :
- L'hygiène à travers les âges, arte.tv, disponible jusqu'au 17 juin
Le mystère Cléopâtre, sciences grand format, France5

- Marat/Robespierre, les malades de la révolution, sciences grand format, France5
- Descartes, autopsie d'un génie, sciences grand format, France5

 

09/02/2021

Titanic, la dernière preuve

titanic coule.jpgPlus de 100 ans après la tragédie, le carnet de notes de Lord Mersey, qui a dirigé l'enquête après le naufrage, est découvert dans un coffre poussiéreux...
Fascinée par l'histoire du Titanic, j'ai vu de nombreux documentaires sur le sujet. Celui-ci n'apporte pas grand chose de neuf, mais il résume et confirme les thèses : le naufrage improbable du paquebot le plus grand, le plus luxueux de son époque, considéré comme insubmersible mais qui a sombré lors de son voyage inaugural, est dû à une série de manquements, de mauvaises décisions, et à l'arrogance, à la cupidité et recherche de célébrité des personnes responsables. Ces dernières voulaient entrer dans la postérité grâce au paquebot, elles ont réussi, mais pas pour les bonnes raisons !

titanic commandant.jpgLe trajet en première classe coûtait plusieurs années de salaire d'un ouvrier. Pour attirer les millionnaires et célébrités de l'époque, la compagnie du Titanic a fait appel au capitaine Smith, le "commandant des millionnaires" car proche d'eux, mais aussi proche de la retraite et plus très efficace. Pour épater la riche clientèle, l'accent a été mis sur le paraître, le luxe de la vaisselle, des décors, au détriment de la sécurité : des rivets de mauvaise qualité ont accentué le déchirement de la coque.
Pour faire la une des journaux et prouver à quel point le Titanic était efficace, son propriétaire a ordonné de le faire arriver au port de New-York un jour en avance, donc en accélérant la cadence et en passant dans une zone dangereuse remplie d'icebergs. Plusieurs bateaux alentour ont prévenu le Titanic du danger par télégraphe, mais le service de messagerie était géré par une société privée qui se consacrait essentiellement à la diffusion des messages des aristocrates présents sur le bateau : les alertes ont ainsi été ignorées !

L'accumulation d'erreurs mène au désastre : même pas de jumelles au poste de vigie, l'iceberg est donc vu trop tard. La proue était plus solide que les flancs : si le navire avait abordé de front l’iceberg plutôt que de tenter de le détourner, il n'aurait pas coulé. Au lieu d'arrêter immédiatement le navire touché, le capitaine l'a laissé encore avancer à vive allure pendant 30 minutes, ce qui a accéléré considérablement le naufrage puisque l’eau a pénétré plus facilement.... De mauvaises coordonnées ont été envoyées aux paquebots alentour qui auraient pu secourir le Titanic. Le navire ne possédait même pas de fusées de détresse.
Les exercices de sécurité et d'évacuation avaient été annulés par le capitaine, donc le personnel n'a pas su gérer l'évacuation, et ne savait même pas se servir des engins libérant les canots de sauvetage. Ceux-ci étaient trop peu nombreux, ils sont partis à moitié vides et les survivants ont refusé de retourner chercher les naufragés... etc.

Et voilà comment la fierté de l’Angleterre de 1912, le bateau le plus onéreux, le plus gigantesque, le plus élaboré, le plus moderne, le plus sûr de son époque, a coulé lamentablement en 3 heures, 4 jours après sa mise en service, entraînant la mort de 1500 passagers.

 

16/01/2021

Les documentaires de la semaine

documentaires , animauxLa vie secrète du zoo

Je suis tombée plusieurs fois sur l'émission française, une saison au zoo, qui ne m'a pas convaincue. Je ne sais pas si j'ai changé d'avis ou si la version anglaise est plus pertinente et drôle (le fameux humour british, d'ailleurs ce sont les Anglais qui ont inventé le mot, je l'ai appris dans l'excellent Ridicule) mais je me suis prise de passion pour la vie des habitants du zoo de Chester (voir les vidéos en lien).
Du mignon (les bébés animaux) de l'amour, partagé (le couple de vieux manchots) ou non (la souris et le lézard qui refusent de se reproduire) de l'entraide (chez les fourmis, les lycaons...) Des trahisons (la femelle rhinocéros qui ne veut plus jouer avec son partenaire, alors il devient copain avec... un cerf) Des duels, des groupes qui se lient contre le tyran (les femelles zèbres contre le mâle). Des luttes pour obtenir le pouvoir (deux reines qui s'affrontent chez les rats taupes nus) des rebelles qui ne veulent pas rentrer dans le rang (l'oiseau qui veut s'enfuir). Mais aussi des drames, des deuils (la mort du petit éléphant, et son copain qui le secoue pour qu'il se réveille : déchirant), des jalousies (les ados envieux des petits frères). Tout cela sous les commentaires mordants des soigneurs. Bref, du Shakespeare ! 

La reine Victoria et ses 9 enfants 

documentaires , animauxLa reine adorait son mari le prince Albert, mais détestait les enfants et les grossesses.
Son époux lui reprochait : "Il est dommage que tu ne trouves aucune consolation dans la compagnie des enfants. La racine du mal est ta notion, absolument fausse, que la fonction d’une mère est toujours de corriger, gronder, donner des ordres."
Elle a écrit à sa fille : "Crois-moi, les enfants sont une terrible inquiétude, et le chagrin qu’ils causent est beaucoup plus grand que les joies qu’ils apportent."
Lorsque son époux décède alors qu'ils n'ont tous les deux que 42 ans, la reine se laisse sombrer dans la dépression et martyrise ses enfants, qu'elle tolérait uniquement jusque-là par égard pour son mari.
Un documentaire en 3 épisodes, des scandales dignes de The crown et la meilleure publicité pour la contraception !

Ovnis, les dossiers déclassifiés américains

documentaires , animauxLes images des ovnis rendues publiques par le Pentagone ont fait le tour du monde, grâce à l'ancien directeur du programme de la défense chargé d’évaluer les menaces aériennes. Il s'inquiète de ces mystères qui ne sont pas pris au sérieux. Il divulgue les rapports, démissionne, et se consacre à interroger les témoins d'ovnis dans cette série documentaire....
Je n'ai tenu qu'un épisode : les doublages effectués par-dessus les témoignages, la mise en scène mélodramatique, les nombreuses répétitions (comme si on pouvait oublier ce qu'on vient d'entendre 3 minutes plus tôt -sans doute dû aux coupures pub de la diffusion américaine-) donnent l'impression d'être dans une mauvaise téléréalité à sensation. Sur le même sujet, je vous conseille le plus sérieux et passionnant "ovnis une affaire d'état.