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31/03/2020

Kedi, le royaume des chats

kedi.jpgEn ces temps de confinement, je vous invite à revoir ce documentaire, ode à la liberté. On suit le parcours de 7 chats qui vont où bon leur semble dans Istanbul, font ce qu'ils veulent, et sont vénérés comme il se doit par les personnes qui les côtoient.

Grizou le gentleman tape à la vitre d'un restaurant quand il a décidé que c'était l'heure de manger. Les serveurs s'empressent de lui ramener son plat préféré. Psychopathe, la "mégère pas apprivoisée du tout" défonce la tête de son partenaire dès qu'il s'approche d'une autre chatte et terrorise même les chiens du quartier.
Le film est aussi émouvant que drôle. On est touché de voir qu'un dépressif retrouve une raison de vivre et de la tendresse en nourrissant les êtres abandonnés comme lui, ou que des gens modestes dépensent leur maigre paie dans les soins vétérinaires.

Plus qu'un simple documentaire sur les félins et Istanbul, Kedi interroge la relation quasi mystique entre chats et humains, et dévoile en filigrane un art de vivre ensemble (ce que ne connaissent pas mes voisins qui font de la corde à sauter à faire trembler les murs et le sol). On se réjouit de voir des types bourrus donner le biberon à des petits chatons abandonnés et à leur contact, devenir plus tendres, plus tolérants, en somme, plus humains.
Kedi est aussi une ode à la liberté, avec ces hommes qui admirent l'indépendance de ces chats errants. Il n'est pas anodin qu'à plusieurs reprises, les bestioles soient filmées devant des graffitis "erdo-gone".  
Le royaume des rats n'aurait pas été aussi vendeur et attendrissant, forcément : "plongeons dans les égouts d'Istanbul à travers le portrait de Raclure, qui se délecte de déchets, de Ramassis, qui transporte la rage"... 

Kedi le royaume des chats de Ceyda Torun, à voir en lien.

 

05/03/2020

Comment devenir un génie ? Suite

lagaffe génie.jpgLire le début ici.
Le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est con, on est con ? Les découvertes récentes en neurosciences contredisent Brassens. Grâce à la plasticité cérébrale, le cerveau s'améliore toute la vie. S'il subit des lésions, il s'adapte et connecte de nouvelles zones. Il produit aussi de nouveaux neurones.
Comme le souligne un chercheur, "l'intelligence ce n'est pas ce que je sais, mais ce que je ne connais pas. C'est lorsque je suis confronté à quelque chose d'inconnu et que je ne peux pas appliquer mes automatismes. Je dois trouver une solution. Quand on expérimente, on devient créatif, et quand on est créatif, on est + intelligent."

Les ennemis de la créativité seraient donc les pensées automatiques, mais aussi "les codes sociaux, qui baissent les capacités du cerveau". Si c'est le cas, je peux vous dire que Lucy/Scarlett Johansson, c'est moi l'ourse misanthrope ! Au boulot, je ne fais pas semblant de m'intéresser aux problèmes gastriques du chef pour rentrer dans ses bonnes grâces. Quand je dois côtoyer des collègues qui ne comprennent pas ce que je dis par manque de second degré et culture, je ne m'abaisse pas à leur niveau : j'arrête de discuter avec eux et je sors mon bouquin.  

audiard cons.jpgComme disait Audiard :"Je parle pas aux cons, ça les instruit." Le documentaire donne au contraire des pistes pour devenir plus intelligent en améliorant sa créativité. Astuces qui peuvent sembler loufoques : se prendre virtuellement pour notre génie favori stimulerait la confiance en soi et les capacités du cerveau. (A votre avis quel poster trône dans mon salon ? Celui de Gaston !)
Les
émotions positives augmenteraient la créativité et les associations d'idées (le départ de la fouteuse de merde du boulot me remplit d'une joie immense et me donne plein d'idées pour son pot d'adieu : boisson au laxatif, space cake, discours : "je lève mon verre au tas d'ordures qui m'entoure, et ya de quoi remplir une sacrée poubelle".

Un environnement et une décoration inspirants favorisent aussi les idées originales, ce qui me paraît évident. Le vide appelle le vide, dans un bureau trop rangé, je me sens anesthésiée comme dans un hôpital. Mes photos, mes livres éparpillés partout me motivent. J'entretiens savamment ce qu'une obsessionnelle du contrôle comme Marie Kondo nommerait bordel. Einstein estimait : "Si un bureau encombré est le signe d'un esprit encombré, alors que devons-nous penser d'un bureau vide ?"

La concentration et les capacités du cerveau seraient aussi augmentées grâce à la méditation de pleine conscience, ce que démontre cet étonnant documentaire d'Arte en lien. 15 minutes par jour où l'on ferme les yeux et se focalise sur sa respiration, et où on visualise un environnement apaisant :
"Véritable gymnastique cérébrale, la méditation réduirait les effets toxiques engendrés par les hormones du stress et aurait ainsi une action bénéfique sur les inflammations chroniques, les défenses immunitaires ou la dégradation de nos cellules. Sa pratique aurait également le pouvoir de modifier l'anatomie du cerveau, qui reste plastique tout au long de la vie, et contribuerait à freiner le vieillissement cérébral. Les découvertes récentes des psychiatres, neurologues et biologistes moléculaires ont permis de faire entrer des techniques de méditation dans les hôpitaux, où elles sont utilisées en accompagnement thérapeutique, pour réduire notamment les douleurs chroniques et le stress."

Curieuse comme un chat, le doc m'a donné l'envie de tester la méditation, et justement, on m'a proposé de participer à un cours collectif...
à suivre...

03/03/2020

Comment avoir une idée de génie ?

gaston eureka.jpgC'est simple : il suffit de me demander ! Ou à mon mentor : Gaston Lagaffe.
Ce documentaire montre que les tests de Q.I, comme ceux de logique, ne sont pas vraiment efficaces pour mesurer l'intelligence, car ils n'exigent qu'une seule bonne réponse. C'est ce que l'on nomme la pensée "convergente", celle qu'on nous apprend à l'école pour être un bon mouton.

La clé du génie serait au contraire la pensée divergente, la créativité. La plupart des solutions viennent en dehors d'un bureau, quand l'esprit est reposé et peut vagabonder, en faisant des associations créatives nouvelles. Beaucoup de chercheurs et d'artistes trouvent leur éclair de génie en se promenant dans la nature, ou en prenant un bain comme Archimède. (D'après ce documentaire, 72 % de nos meilleures idées viendraient sous la douche ! C'est pour ça que je milite contre le travail de bureau ! Recevons les clients à poil sous l'eau, ils seront ravis !)
Mieux : les idées nous viennent aussi en rêve dans notre sommeil : Paul McCartney a rêvé de la mélodie de Yesterday et l'a notée à son réveil, et pour Let it be, il a rêvé de sa mère décédée qui apparaissait auprès de son lit (
Mother Mary comes to me, speaking words of wisdom :  Let it be...") Je le constate à mon maigre niveau : si je bute sur une phrase, il suffit que j'aille me promener dans le parc ou fasse du sport pour que les mots se remettent à couler tout seul. Mes meilleures blagues me viennent toujours la nuit, lorsque je suis couchée et que mon esprit s'évade. Aux débuts du blog je me relevais pour les noter et ne pas les oublier, mais après je ne pouvais plus me rendormir, alors j'ai arrêté. Désormais, il faut me croire sur paroles : je suis toujours drôle, mais la nuit sans témoin, comme c'est pratique.

documentairesInventer rime avec incuber. Perdre son temps n'est pas perdre du temps. Il faut beaucoup d'expériences inutiles pour trouver les solutions. C'est pour ça que Gaston Lagaffe a toujours été mon modèle : on a l'impression qu'il dort, qu'il glande, mais il imagine des outils pour améliorer son espace de travail ! S'il foire ses inventions, c'est pour mieux les réussir plus tard ! Eh ben c'est pareil pour moi. Je peux rester des heures à fixer la fenêtre, au boulot on me considère "dans la lune" et certains esprits limités me prennent même pour une neuneu, alors que je suis tout simplement en train de révolutionner le monde du travail par mes idées de génie ! Si si. Bon en réalité, je me pose plutôt des questions dignes d'un enfant de 5 ans ("pourquoi le ciel est-il bleu ?" "Si j'arrête de manger du chocolat, à partir de combien de minutes le manque va t-il provoquer un déficit en magnésium, sérotonine, antioxydant et donc la mort ?")

Un chercheur a suivi le parcours sur 30 ans de 650 enfants avec des QI supérieurs à 140, pour savoir combien allaient révolutionner le monde. Le type est mort avant le résultat de son étude : sur les 650 gosses, aucun génie. En revanche, sur deux enfants recalés car ne possédant pas de quotients de surdoués : 2 prix nobel. Einstein avait un cerveau + petit que la moyenne. Ce n'est pas la taille qui compte...

Une autre étude met des participants face à une bouteille en verre vide et leur demande de trouver le plus d'utilisations possibles de cet objet. Le genre de jeu qui met mon cerveau en ébullition, j'ai immédiatement lâché mes haltères pour participer (j'aime bien faire du sport en regardant des documentaires, je m'ennuie moins et je trouve que les mouvements permettent de mieux retenir ce que je vois. D'ailleurs c'est une aberration totale qu'on demande à des gosses de rester assis sans bouger à l'école : on devrait leur mettre un pédalier sous leur bureau, non seulement ça les calmerait, ils retiendraient mieux les leçons, mais en + ils produiraient de l'électricité !) En 3 minutes de test, j'ai noté une trentaine idées : se servir de la bouteille comme vase, bougeoir, rouleau à pâtisserie, loupe, support de dessin pour faire des cercles comme le spirograph, instrument de meurtre pour assommer et découper mon collègue... Bref seule sur une île déserte comme Tom Hanks, j'utilise la bouteille comme messager à la mer, puis quand les secours viennent me chercher 5 ans après : "ah déjà ? J'ai pas vu le temps passer ! Je m'amusais bien avec mon pote le ballon et..."

Juste avant de faire ce test, on a demandé aux participants : soit d'effectuer une tâche exigeante, soit de ne rien faire, soit de faire deux fois la même chose, soi de faire une tâche simple. Ce sont ces derniers qui ont obtenu les meilleurs résultats, car l'activité facile permettait au cerveau de se reposer.
C'est exactement pour ça, qu'à défaut de ne plus trouver d'emploi dans mon métier de base, journaliste cinéma, je me suis rabattue sur un boulot de rêve, très simple, qui me laisse l'esprit et le temps libre pour écrire et penser. Dans son livre "l'adulte surdoué, trop intelligent pour être heureux", Jeanne Siaud-Facchin montre que beaucoup de personnes intelligentes, si leur capacités restent mal exploitées, se retrouvent à faire des petits boulots de magasinage par exemple car ils leur permettent de reposer leur cerveau. (En revanche, un métier qui nécessite d'être au taquet comme serveur, c'est plus compliqué).

Le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est con, on est con ? Les découvertes récentes en neurosciences contredisent Brassens...
à suivre

28/02/2020

Ni juge ni soumise

documentaire,cinémaJ'étais fan de Strip-tease la série doc, très drôle, qui montrait souvent des illuminés (l'épisode des elfes dans la forêt, de la soucoupe volante...) On a reproché à l'émission de se moquer de la misère sociale, mais elle dénonce plutôt les beaufs et les cons, et la connerie atteint toutes les classes sociales. Les bourgeois guindés qui croient que tout leur est dû ne sont pas en reste : "parfaites" (les riches oisives) "Évelyne, reine d'Afrique" "le beau n'est jamais cher" et la conférence de presse du magazine féminin où les femmes "journalistes" se prennent très au sérieux et conseillent à leurs lectrices de paraître gourdes pour plaire aux hommes (c'est pas du chiqué, je l'ai vécu).
Les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît : ils se laissent filmer par Strip-tease.
Pour ses 25 ans, la série télé sort sur grand écran. Le film suit une juge atypique, qui ne mâche pas ses mots, dit tout ce qui lui passe par la tête et parle sur le même ton de photos de meurtres et de pâtisseries. (Voir la bande annonce en lien). Le moment où la magistrate demande avec candeur à une femme de décrire son métier de maîtresse sadomaso en est un bon exemple : ça pourrait être glauque, scabreux et ridicule, mais c'est en réalité drôle, touchant et instructif ! Quand la juge reçoit des hommes violents qui ont frappé leurs femmes (elle osait sortir de la maison seule ! elle cherchait aussi !), devant tant de bêtises, on est affligé, énervé, mais la juge réussit à recadrer et à garder son humour.
Il faut rire de tout de peur d'être obligé d'en pleurer, la devise de Beaumarchais s'applique à strip-tease et à ce film. Vivement le prochain !