30/04/2010

La malédiction du jour férié

gaston dort.jpgDemain, samedi, c’est le premier mai.
La fête du muguet, la fête du travail.
Mais pourquoi, POURQUOI POURQUOIIIIIIIAAAAAHHHH les jours fériés tombent toujours les week-end ou les vacances ?

Quand je commence un nouveau boulot, je compte, comme les prisonniers, le nombre de jours qui me séparent de ma libération. Je ne sais pas pourquoi, je le fais tout le temps, même quand le travail est intéressant (quand j’ai bossé dans un journal par exemple). Je me suis améliorée, je ne comptabilise plus que les semaines maintenant. (Plus que 10).
Ces trois dernières années, j’ai fait fort, j’ai réussi à bosser dans des domaines en lien avec l’éducation. Je ne bossais donc pas les mercredis et les vacances.

Je regarde toujours à l’avance les jours fériés. Je misais bien sur le mois de mai, le mois « à trous ». Et que vois-je ?
Le 1er mai, fête du travail. Quand tombe t-il ? Bam, un samedi !
Le 8 mai, fête de la fin de la seconde guerre mondiale. Vlan, un samedi !
Le 13 mai, l’ascension. Paf, un jeudi, le jour où je ne travaille pas !
Pour le lundi de Pentecôte, heureusement le gouvernement a abandonné cette idée de « jour de la solidarité » et le lundi est redevenu férié. Pourtant c’est le jour de la semaine où je ne travaille que 5 heures et j’effectue le boulot le plus cool. Je propose donc à la place le « vendredi de Pentecôte », car je bosse ce jour-là dix heures avec ma collègue timbrée.

Aussi loin que je remonte, les jours fériés sont souvent tombés au mauvais moment. Mon premier CDD de cette année scolaire par exemple, de septembre à mars :
Le 1er novembre : boum ! Un dimanche !
Le 11 novembre : schlack ! Un mercredi, jour où je ne bossais pas !
Le 25 décembre, le 1er janvier et le lundi de Pâques : sclouc! (je suis à court d’onomatopées), pendant les vacances ! (Où je n’étais pas payée)

Alors, aujourd’hui, je me révolte. Je lance une pétition, un appel à la manifestation :
« Pour que les jours fériés tombent toujours en semaine »
Cette année, le 1er mai sera le 3, le 8 mai le 10, le lundi de pentecôte vendredi, et le 15 août lundi 16.

Je pense qu’on est tous d’accord. Il y aura donc du monde demain dans les rues. Juste pour ma pétition (et pas du tout parce que le premier mai, on organise déjà des manifestations, hein)

Au fait, vous avez vu ? Je parle d’un évènement avant qu’il n’arrive et pas trois plombes après ! Enfin !

23/04/2010

L'habit ne fait pas le moine

natacha.jpgAprès le boulot, une collègue fait un pot pour fêter son anniversaire.
Elle nous parle de la personne qu’elle vient de recevoir :
Collègue : « Un militaire. Il en a vraiment la tête. Les cheveux ras bien sûr, mais aussi un air hyper strict, carré, bref, militaire.
Collègue n°2 : - Oui, c’est étonnant, les gens ont souvent « la gueule de l’emploi ». Regarde la cuisinière de la cantine, elle est obèse ! D’ailleurs on va bientôt tous l’être si elle continue à nous faire des plats aussi gras !
Et moi, tu dirais que je fais quel boulot en me voyant pour la première fois ?
Collègue n°1 : - Toi ? Avec ta grande gueule et ta langue de vipère, je dirais… concierge ou poissonnière !
Collègue n°3 : - Hihi.. et pour moi ?
Collègue n°1 : - Avec ta carrure, je dirai bûcheron ou déménageur !
Le patron : - Quand j’embauche les gens j’essaie de faire abstraction de leur physique, de se qui se dégage de leur allure ou de leur visage. L’habit ne fait pas le moine !
Tout en disant ces mots, il me regarde, moi, la nouvelle recrue. Il s’adresse alors à la collègue numéro 1 :
- Et de mademoiselle Papillote, que diriez-vous ?

Ah non, mais je ne m’étais pas mêlée à la conversation moi ! Je ne veux pas de révélation qui tue, laissez-moi m’empiffrer discrètement de petits fours…
Pendant que tous les regards sont braqués sur moi en attendant le verdict, j’ai le temps de prier « pourvu qu’elle me donne un métier d’intello »
Je me serai contentée d’un sobre éloge : « avec son regard plein de vivacité et d’intelligence, je dirai bien évidemment que Papillote est une grande philosophe / chercheuse / journaliste / scénariste / écrivain (cochez la mention la plus flatteuse) témoin de notre société actuelle…
Bref, un commentaire fort à propos et d’une évidence totale bien entendu.
Pourtant la collègue « physionomiste » ne répond pas du tout à mes attentes :
« La première fois que j’ai vu Papillote, j’ai pensé à une hôtesse de l’air »

Elle  n’a pas su expliquer pourquoi.
Il est vrai que je suis le sosie de Natacha, l’hôtesse de l’air héroïne de BD. Une grande blonde aux yeux bleus, hyper sexy avec sa mini jupe et son décolleté pigeonnant.... Je corresponds tout à fait au modèle avec mes 12 couches de vêtements pour affronter la Sibérie parisienne (et je ne parle même pas des chaussons tricotés par ma mère!)
A moins que, justement, j’ai l’air tellement austère qu’on a l’impression que je porte un uniforme, comme une hôtesse de l’air ?

Bon, faut chercher ailleurs. Une hôtesse de l’air est un peu une aventurière (toujours comme Natacha. J’y peux rien, elle est mon unique référence dans ce domaine). Elle voyage dans le monde entier et subit en permanence des horaires décalés.
Encore tout à fait moi. Je vous rappelle que j’ai une véritable phobie de l’avion, je n’en n’ai jamais pris un seul et je ne pense pas malheureusement que ce soit possible un jour. Je suis une mémé attachée à mon train-train quotidien. Je peste contre la moindre sortie tardive qui perturbe mes horaires et mon sommeil pendant des jours.
A moins que j’ai une gueule d’hôtesse de l’air car j’ai constamment l’air de planer ?

Non, non, décidément, je n’y peux rien. Je corresponds beaucoup plus au profil philosophe/chercheuse/journaliste/scénariste/écrivain.
Si, si.

09/04/2010

Papillote libérée

DeGaulle39-45.jpgA la fin de mon CDD j’ai enchaîné avec un autre boulot, à une heure de chez moi.
Le patron me donne mes horaires : 8h-14h.
Interpellée et très inquiète, je demande : « euh… il y a une pause quand même ?
- Non, la pause est légale à partir de 6 heures de travail en continu. Vous aurez tout de même le droit d’aller aux toilettes…
Extrêmement perturbée par la nouvelle, je n’ai pas pu m’empêcher de révéler la véritable raison de mon désarroi :
- Non, mais... c’est parce qu’il faut que je mange…si je me lève à 6h30 et que je rentre chez moi à 15 h, je vais mourir de faim ! »

J’ai révélé ma véritable identité d’estomac sur pattes en moins de 10 minutes d’entretien. Le directeur était très étonné par ma demande (ce n’est pas un bon vivant, il est maigre comme un clou).
En sortant de l’entretien, je croise une future collègue. Je lui expose immédiatement mes griefs :
Collègue : « Ah oui, c’est très embêtant ! Je me suis fait engueuler parce que j’ai grignoté au bureau ! On m’a dit que j’allais salir les documents ou que je n’allais pas pouvoir répondre au téléphone la bouche pleine ! »

Je n’en ai pas dormi de la nuit. Je me retournais sur le matelas, essayant de trouver des solutions à ce drame. Emmener mon orange habituelle pour la manger discrètement à 10 heures ? L’odeur me trahirait. Emmener du pain ? Trop salissant. Je peux toujours avaler en deux secondes une des papillotes que j’ai toujours dans ma poche, mais j’ai fini mon dernier paquet. (En même temps, c’est un chocolat de noël et on est en avril).

Papillote enchaînée à son bureau, interdite de manger. L’horreur, le cauchemar.
C’était impossible. Dès le deuxième jour, mourrant de faim, j’ai avalé une pomme, une banane et deux morceaux de chocolats emballés dans du papier d’alu. (mis par la marmotte). J’ai pris soin de ne rien salir et de manger très vite (sacrilège!) J’ai fait de la résistance.

« Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions l'émotion qui nous étreint tous, hommes et femmes, qui sommes ici, chez nous, dans Paris debout pour se libérer et qui a su le faire de ses mains. Non ! Nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a là des minutes qui dépassent chacune de nos pauvres vies.
Papillote ! Papillote outragée ! Papillote brisée ! Papillote martyrisée ! Mais Papillote rassasiée ! »

Deux références (qui n’ont pas les mêmes valeurs Bordeaux Chesnel) se sont glissées dans ce texte. Saurez-vous les retrouver ?

29/03/2010

Papillote empoisonnée à la mort aux rats

poison.jpgEn arrivant au travail, mes pieds heurtent une petite boîte, placée sous mon bureau. Je me penche et lis ces informations fort accueillantes : "ATTENTION SOURICIDE. Ne pas toucher ou déplacer. En cas d’urgence appeler le centre anti-poison"

Ça va, j’ai compris le message. On veut me tuer ! Avec de la mort-aux-rats, moi, un chat ! Un comble, une insulte !
Puis je ne veux pas que Mickey ou Jerry agonisent sur mes pieds ! (Quoique… ils m’ont toujours énervée. Je préfère Picsou et Tom le chat)

Après, les collègues vont encore me reprocher d’empuantir la salle avec mon poisson, alors que ce sera le cadavre putréfié de la souris qui schlinguera.
On a une super ambiance au bureau.

J’ai mis le superbe film La poison en photo, car l’horrible mégère qui donne son nom au titre ressemble à s’y méprendre à une nouvelle collègue. Dans le film de Guitry, la poison verse de la mort aux rats dans le verre de son mari Michel Simon…