18/02/2019
Mes chers voisins
Mémé Papillote est toute chamboulée dans son quotidien. Comme tous les vieux croûtons, j’apprécie la tranquillité et le silence. Je déteste le bruit des autres, il est normal que je n’en fasse pas non plus : pas de musique forte, pas de grosses soirées organisées dans l’appart. J’étais très contente d’avoir un vieux veuf comme voisin : silence complet chez lui. L’inconvénient, c’est qu’on ne réalise pas le bruit qu’on produit... Quand le pépé a reçu une visite, on s’est rendu compte qu’on entendait toute la conversation, donc qu’en échange les voisins devaient aussi nous écouter… (j’ai arrêté de parler pendant trois heures suite à cette révélation ! Mon frère était content.)
L’autre inconvénient des vieux, c’est qu’ils meurent… L’appartement d’à côté s'est libéré, le défilé des prétendants à la location a commencé. Mémé Papillote a entrepris le sabotage.
Une jeune divorcée avec son bébé me demande son avis sur le studio libre (le mien est identique).
Quoi ! Un merdeux qui va hurler tout le temps ! J’ai déjà les nerfs en pelote car je dors très mal, ça va pas non !
Je réponds à la jeune mère : "L’appart est trop petit pour un enfant… il a besoin d’espace... pour s’épanouir…"( Je ne mens pas, 23 mètres carrés)
Un autre jeune me questionne.
Celui-ci a l’air dragueur… je ne veux pas qu’il ramène des conquêtes tous les soirs et qu’il me réveille avec des bruits pas catholiques comme disait ma grand-mère.
Le jeune : « Le quartier est bien ? Il a de bons endroits pour sortir ? »
S’il fait la fête dehors, ça ne me dérange pas, mais il va sûrement faire des soirées chez lui aussi, donc du bruit !
Moi : « - Le coin est tranquille, la population plutôt âgée. Pas de bars dans les environs…Faut plutôt habiter du côté des facs pour en trouver ! »
Je croise ensuite la propriétaire :
Moi : - L’idéal, c’est une personne seule. Un petit vieux qui ne fait pas de bruit me convient très bien ! »
J’ai parlé sur le ton de la plaisanterie, la femme a rigolé, mais entre nous, vous saviez que j’étais sérieuse…
J’aurai dû caresser la proprio dans le sens du poil :
« Puis les vieux ne font pas de dégâts, ils n’ont pas la force de faire des trous dans le mur pour poser une étagère… Alors que les jeunes, ils osent tout ! Ils mettent des posters, ne font pas le ménage… Ils dégradent l’appartement ! Les personnes âgées ont plus le sens de la propreté et des convenances ! De mon temps… »
La propriétaire n’a pas tenu compte de mes suggestions. Hier soir, j’ai croisé mes nouveaux voisins. Un couple, de 25 ans environ. Horreur, infamie.
Avec un peu de chance, ils n’ont pas d’amis et leur relation ne va pas durer. Un seul restera dans l’appartement, tellement déprimé qu’il restera au lit toute la journée, sans faire de bruit.
Pourvu qu’ils ne pendent pas la crémaillère.
Je vous mets le lien sur la chanson rigolote de Polnareff, Pipelette :
"Si un soir, vous écoutez cette chanson
Un peu trop fort et qu'au plafond
On tape, tape, tape, tape !
Ne demandez pas qui fait tout ce bruit là ... Oh non…
C’est la pipelette, c'est la pipelette
C'est la pipelette qui vous dit d'arrêter
C'est la pipelette, c’'est la pipelette
C'est la pipelette qui vous dit de baisser"
Une prochaine fois, je vous raconterai mon sabotage pour empêcher de nouveaux venus de fréquenter ma salle de sport (j'aime garder les appareils pour moi toute seule).


15:51 Publié dans Oh ? y a des gens autour ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : comment supporter ses voisins | |
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15/02/2019
Tout ce que vous aimeriez écrire à un recruteur sans oser poster la lettre
Corinne Maier est l'auteur du désormais culte "Bonjour paresse : de l'art et de la nécessité d'en faire le moins possible en entreprise". Elle y décrit le monde du travail d'aujourd'hui : les - compétents, les + lèche bottes qui atteignent le sommet, l'absence de solidarité... Son employeur de l'époque, EDF, n'a pas apprécié le pamphlet. Il l'a sanctionnée et deux mois après la sortie du livre en 2005, l'auteure découvre une offre d'emploi dans le journal, correspondant à sa fiche de poste. Elle apprend ainsi qu'elle va être remplacée et virée. Elle a alors ce trait de génie : elle et ses amis rédigent de fausses lettres de candidatures et inondent les RH de EDF. Puis elle publie le résultat dans un recueil, Ceci n'est pas une lettre de candidature. Les traits d'esprit sont hilarants et je vous invite grandement à les lire. En aperçu, un extrait de l'introduction, à propos du "potentiel" :
"Taillables et malléables à merci, nous devons « gérer » des relations à court terme, tout en « migrant » sans cesse d’une tâche à l’autre. La fixité, la solidité, la permanence, pouacre ! Toujours plus mobiles, c’est ce que la société attend que nous soyons (...) Aussi les personnes les mieux adaptées sont celles qui ne croient absolument en rien, car ce serait préjudiciable à leur intérêt et à leur carrière. L’idéal est d’être totalement cynique, mais tout le monde n’y parvient pas si facilement. + On est creux, + on va haut, c’est le principe du dirigeable.
Il ne suffit pas d’un diplôme pour travailler, tout le monde en a, et la machine économique tourne avec un nombre assez réduit de personnes instruites et talentueuses - elle n’a pas besoin de toi. Donc, ce qui compte pour trouver un emploi, c’est le « potentiel », pas ce que tu sais faire, parce que tes compétences seront de toute manière périmées dans quelques années. Le potentiel, c’est ta capacité à zapper sans t’investir. C’est ton aptitude à circuler, à faire circuler les autres.
Le « potentiel », marque de fabrique en creux du salarié sans qualité, c’est l’inverse du désir.
Le désir, c’est poursuivre inlassablement un rêve singulier, et ce rêve tisse le fil rouge d’une existence, c’est ce qui lui donne son sens et son poids. Ce n’est pas aspirer à une niche dans un organigramme, à un bureau chauffé avec une fontaine à eau pas trop loin, à une maisonnette en banlieue avec une foultitude de gadgets dedans. Ce n’est pas aspirer à être heureux, car le bonheur est la trahison du désir. Les gens qui tirent des conséquences de leur désir sont soient des barjots (car ils suivent des chemins qu’ils sont seuls à voir) soit des héros (parce qu’ils vont jusqu’au bout) parfois les deux. Les poètes, les résistants font partie de ce club, qui rassemble la véritable aristocratie de ce monde sans espoir.
Toi aussi lecteur, tu peux y entrer, à condition de savoir ce que tu veux, et d’y aller le cœur vaillant, ce qui signifie renoncer à rechercher les recettes du bien-être dans Psychologie magazine. Le désir est la seule force capable de mettre en échec le « potentiel » : que la force soit avec toi."
A suivre : extraits de Bonjour paresse et No kid du même auteure.


15:46 Publié dans Parfois, je travaille | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : travail, chômage, corinne maier | |
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13/02/2019
Les films de genre de janvier
- Veronica de Paco Plaza, 2017
Je voulais voir ce film car son auteur a aussi réalisé Rec, qui m'avait terrifiée, et parce qu'il est tiré d'une histoire vraie : le seul témoignage surnaturel relaté dans un rapport de police en Espagne, le dossier Vallecas. Grosse déception : moi qui avais longtemps cherché sur le net le procès verbal et les documentaires, et les avait traduit laborieusement, le film s'en éloigne beaucoup. Comme dans la vraie histoire, il débute avec un groupe de lycéennes qui s'essaie au spiritisme, casse par inadvertance la planche et le verre de oui-ja, dont une fumée noire s'échappe et est inhalée par Véronica (Estefania de son vrai prénom). Mais le film bifurque ensuite de l'histoire telle qu'elle a été rapportée par les témoins.
Dans le film, c'est Veronica qui subit les phénomène étranges dans le logement familial. Dans la réelle histoire, ce sont les parents qui vivent l'expérience surnaturelle après le décès inexpliqué de leur fille : Estefania a entendu des bruits effrayants et vu des ombres inquiétantes qui la poursuivaient, mais prise de convulsions très fortes, elle a été internée pendant plus d'un an, jusqu'à sa mort d'origine inconnue. C'est seulement après sa mort que les phénomènes surnaturels sont apparus dans l'appartement, et ce sont les parents qui ont appelé la police en pleine nuit, permettant les photos de l'habitation saccagée et le procès verbal.
Concentré sur un seul personnage et un lieu quasi unique, sans grand enjeu, le film met du temps à démarrer et n'effraie pas autant qu'il pourrait le faire.
- 300 de Zack Snyder, 2006
Pas fana des purs films d'action, j'étais passée à côté de ce film devenu culte (je connaissais néanmoins le meme "this is Sparta !") J'ai été agréablement surprise par l'esthétisme ultra soigné, les couleurs sombres et saturées qui montrent bien que le film est tiré d'une BD (de Franck Miller, auteur de l'aussi sombre Sin city). J'ai été aussi amusée par tous ses hommes en slip et sandales (spartiates quoi) ultra musclés, la peau huilée et parfois maquillés, qui adorent le corps à corps, se parler à 3 cm du visage comme s'ils allaient se rouler des pelles. Une seule femme dans ce film : l'horrible Lena Headey, la terrible Cersei de Game of thrones, déjà reine impitoyable avec sa tête de méchante (son regard inquisiteur, ses yeux enfoncés, ses gros sourcils et son rictus insupportable.)
- La compagnie des loups de Neil jordan, 1985
En plusieurs scénettes, une grand-mère raconte à sa petite fille des histoires de loups hantant un village médiéval. Un bon film mais que j'aurais dû voir à l'âge de l'héroïne, car il m'aurait subjuguée, comme les films d'heroïc fantasy de l'époque, avec les mêmes effets spéciaux et univers : Labyrinthe, L'histoire sans fin, Dark Crystal...


17:33 Publié dans On connaît le film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma | |
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11/02/2019
Les thrillers de janvier
La mule de Clint Eastwood
Voir ma critique ici.
- Gran Torino de Clint Eastwood, 2008
Gros choc à la sortie ciné, au point que je n'osais plus le revoir : traumatisée par l'histoire et aussi par peur de ne plus l'apprécier autant, comme il m'arrive souvent à la deuxième vision. Ce n'est pas le cas ici, Gran Torino est toujours un chef d’œuvre, et sa musique mélancolique si prenante accompagne mes pensées quasi quotidiennement depuis une décennie.
- La fille du train de Tate Taylor, 2016
J'avais hâte de découvrir ce thriller car j'en avais lu beaucoup de bien sur les réseaux sociaux. J'en attendais peut-être trop, car même si le film est agréable à regarder, si on réfléchit un peu, on devine vite qui est le coupable vu le peu de personnages (une chance sur 5...). Le livre dont il est tiré est certainement plus complexe. En revanche, totale compassion pour l'héroïne interprétée par Emily blunt, qui s'est fait plaquer et virer de chez elle car incapable de tomber enceinte, et remplacée par une jeunette qui occupe maintenant sa maison. De quoi devenir alcoolo effectivement.
- Prête à tout de Gus Van Sant, 1995
Film déjà vu plusieurs fois, mais comme mémé a Alzheimer, je ne m'en souvenais pas. Nicole Kidman obtient son premier grand rôle avec ce personnage de femme machiavélique prête à tout pour être célèbre. Le tout jeune Joaquin Phoenix est également épatant dans son rôle d'ado demeuré manipulé. Une bonne satire de la société du paraître et des médias.
A suivre : les films SF


16:31 Publié dans On connaît le film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, thriller | |
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