11/03/2012
La rubrique nécrologique et le film de ce soir : Gran Torino, Moebius, Pierre Tornade...
Une rubrique nécrologique encore bien chargée cette semaine. Quelle bonne idée de l’écrire le dimanche soir, moment de déprime avant de reprendre le boulot le lendemain, non ?
Pierre Tornade est décédé le 7 mars des suites d’une chute, à l’âge de 82 ans. Il était surtout connu pour sa voix particulière, doublant Obélix et Abraracourcix. A propos de voix chaudes et magnifiques, je rappelle que Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle, qui ont le même âge, ont la formelle interdiction de décéder. (Yann Barthès et sa belle voix grave aussi, mais à 37 ans il a encore de la marge normalement, à moins que Bayrou et Sarkozy ne se vengent de ses piques et l’achèvent en direct la semaine prochaine quand ils seront au Petit journal).
Pierre Tornade jouait des seconds rôles dans la 7ème compagnie et la série Nestor Burma, mais mon personnage préféré parmi sa filmographie reste celui du père meurtri dans Dupont-Lajoie, réalisé par Yves Boisset (où l’on retrouve la jeune Isabelle Huppert, tuée accidentellement par Jean Carmet, et les deux autres formidables acteurs que sont Marielle♥♥♥ et Jean Bouise♥♥♥.)
Autre décès, le dessinateur Jean Giraud, alias Moebius. J’avoue que je ne suis pas très sensible à ses dessins et son univers de science fiction, que je juge trop sombres. Il a participé à la conception graphique du 5ème élément (on retrouve bien ses personnages), mais aussi d’Abyss, Alien et Willow. Sa fille tient la série d’animation Minuscule diffusée sur france5.
Des dessins animés d’un univers différent, le compositeur des musiques de Walt Disney, Robert B Sherman, est décédé à 86 ans. La presse cite étonnamment cette oeuvre, qui peut pourtant sans peine concourir comme LA PIRE CHANSON DE L’UNIVERS, j’ai nommé l’horrible « it’s a small small word ». 3 ans après ma visite à Disneyland, j’ai encore cette mélodie affreuse en tête. Toutes ces poupées qui braillent, un vrai film d’horreur. Chucky c’est Bambi à côté. Je citerais plutôt les musiques des Aristochats, parce que tout le monde veut devenir un cat, parce qu’un chat quand il est cat retombe sur ses pattes, et le livre de la jungle, parce qu’il en faut peu pour être heureux, il faut se satisfaire du nécessaire. Je n’étais pas très fan du Supercalifragilisticexpialidocius, mais je suis particulièrement fière de me souvenir encore du mot ! (Je l’avais appris en jouant au trivial pursuit junior).
Encore un décès parmi les compositeurs de films, Ravi Shankar Sharma, auteur de la BO Slumdog millionnaire (je n’aime pas trop ce film). Au début j’ai cru que c’était Ravi Shankar « tout court » comme dirait les Inconnus, celui qui a appris à jouer du sitar à George Harrison, mais il s’agit d’un homonyme.
A la télé ce soir, ne ratez pas l’excellent Gran Torino de Clint Eastwood, même si TF1 « la chaîne de la culture » n’a toujours pas compris l’intérêt de la diffusion multilingue et qu’il sera en VF. Un vétéran de la guerre de Corée, ronchon et raciste, devient du jour au lendemain le héros de ses voisins asiatiques. Il se prend d’affection pour des gamins résistant à l’appel des gangs. La scène du repas est d’anthologie, j’étais pliée et scotchée sur mon fauteuil de cinéma en entendant les réflexions du vieux réac, mais certains spectateurs bien pensants et sans humour poussaient des « oh ! » d’indignation. On rit mais on pleure aussi, préparez encore les mouchoirs… Ne ratez pas ce film, à la trame qu’on peut juger classique, mais vraiment bien fait et bouleversant.
Le reste de la semaine tv… la semaine prochaine. (le film va commencer !)
Et vous, quel décès vous a le plus touché cette semaine ? Que pensez-vous de Gran Torino ?
20:48 Publié dans A la télé cette semaine, La rubrique nécrologique, On connaît la chanson | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : télé, cinéma, le petit journal de yann barthès, yann barthès, gran torino, pierre tornade, moebius |
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08/03/2012
Merci patron, quel plaisir de travailler pour vous
On est heureux comme des fous!
Dans mon boulot inintéressant, je dois enregistrer à la chaîne des données, et le nom des gens auxquels elles sont rattachées.
Dans l’open space (m’a tuer), le bruit des ordinateurs est parfois interrompu par quelques soupirs de collègues désespérés, comptant les minutes passer.
Très vite, ma maladie incurable se manifeste.
Atteinte au plus haut degré, je ne m’en rends pas compte immédiatement. Je ne comprends pas d’où proviennent les symptômes, pourquoi ils persistent au fil des heures.
Les signes empirent les jours suivants, toujours sans m’en apercevoir. Cette fois, ils sont visibles pour mes collègues. Ou plutôt audibles.
Mes compagnons de misère commencent à me jeter des regards fugaces et étonnés. Une fille pouffe.
Et je saisis enfin. Me savoir victime de la maladie ne me donne pas envie de la combattre. Je le répète : je suis trop atteinte pour lutter.
Il vaut mieux parler ouvertement de ses problèmes. Alors, comme aux alcooliques anonymes, je fais mon mea culpa. Ma collègue m’explique que ce n’est pas une tare, au contraire.
Me voyant encouragée, je ne cherche plus à cacher ma maladie, je la laisse se développer, au plus grand plaisir de ma collègue compréhensive et bon public.
Tout a commencé par une pensée persistante, obsédante : « oh, fini, fini pour moi ».
Ce boulot me déprime t-il tant ? Ou alors j’espère simplement la fin de la journée ?
Les symptômes se poursuivent par : « Moi j’attendais la récré pour aller au café boire un chocolat »
Oui ça doit être ça, j’ai besoin d’une pause dans ce travail répétitif.
« Je voudrais partir avec vous tout au bout du ciel, sur vos ailes »
La récré est vraiment nécessaire, je ne vais pas bien.
« De vague à l’âme en terrain vague, tu divagues ! »
Oui, je divague complètement. Mais que m’arrive-t-il ?
Je laisse s’échapper des sons bizarres, incompréhensibles. Des marmonnements, des plaintes, des murmures de souffrance ? Le volume est de plus en plus audible, mon voisin me regarde bizarrement. Je comprends, j’en parle, ma collègue m’encourage.
Ma chansonnite aigue atteint son apogée. Tous ces prénoms inscrits sur ces dossiers me rappellent des mélodies, qui me restent en tête et que je sifflote pendant des heures. Une maladie incurable, mais pas bien grave. « Ca vaut mieux que d’attraper la scarlatine, ça vaut mieux que d’avaler de la mort aux rats. » Ma collègue se prend au jeu et tente de deviner les airs que je fredonne :
« Dis-moi, Céline, les années ont passé, pourquoi n’as-tu jamais songé à te marier ? »
« La place rouge était vide, devant moi marchait Nathalie ! Elle avait des cheveux blonds mon guide, Nathalie !! »
« Céciiiiiiiileuh, ma filleuuuuh »
« C’était bien, chez Laurette, quand on faisait la fête, elle venait vers nous, Laurette ! »
« Oui, Jérôme, c’est moi, non je n’ai pas changé, je suis, toujours, celui qui t’a aimé ! »
« Mais Nicolas, il veut pas qu’on l’embête, tout ce qu’il a dans la tête, c’est qu’il veut rentrer chez lui… J’veux pas rester ici » (en cette période électorale, une chanson que j’ai chaque jour en mémoire en lisant les magazines ou en regardant le Petit journal… Je l’apprécie beaucoup, parce que je la chante à mon neveu quand il séjourne chez sa grand-mère pendant les vacances scolaires)
Ma collègue tente de me poser des colles :
« Je te donne des noms et tu dois chercher des chansons !
- « Chercher le garçon ? Trouver son nom ? »
-Mais j’ai pas encore commencé !
- « Je cherchais des prénoms : « Matthieu, Cécile ? » en regardant courir vers 10 heures, dans l’école des filles et des garçons »
-Tu me fais trop rire !
-« Rire et… chan-sons !!! »
- T’es vraiment dingue !
- Je suis MA LA DEUHHHHH, complètement MA LA DEUHHHHHHH ! »
-« Tiens Papillote, tu as une chanson avec le prénom Eric ?
-Tes états d’âme, sont pour moi Eric, comme les Etats d’Amérique ! Je les visite un par un Eric, dans leur ordre alphabétique ! »
- Lucile ?
« Partout, au soleil, sous la pluie, quand ils voient s’avancer les grands yeux de Lucile, partout les garçons se bousculent et la rue un instant prend un air de folie ! »
- Sarah ?
-Princesse ! Princesse ! Tu es bien jolie !!!
-Ah là tu vas pas trouver ! Gilbert ! Pas un prénom pour une chanson ça !
- Gigi ! O Gigi, personne ne sait d’où tu viens, tu nous crées un monde angélique, où tout devient féerique…
-Oh ! Tu triches ! Puis tu ne vas pas nous sortir que des chansons de dessins animés !
-A-rri-va… Gigi l’amoroso !
Un collègue nous interrompt :
-Oh c’est fini Dalida !
-Laissez-moi chanter ! Laissez-moi… Laissez-moi danser, chanter en liberté… »
Je ne sais pas si ça a un lien, mais quelques jours plus tard le chef m’a changé de bureau. A la place de mon fan club, je me retrouve avec un vieux type aussi sympa qu’une porte de prison. Ce n’est pas avec lui que je vais développer mon répertoire radio nostalgie. Mais aujourd’hui, mes vieux démons ont repris le dessus et je n’ai pas pu m’empêcher de fredonner…
Je conclurai par :
« Ris-en si tu veux, il faudra bien y croire !
C’est comme dans un vieux rock n’roll
J’ai dans la tête un transistor qui fredonne
Comme dans un très vieux rock n’roll
Serre la main d’un fou, que rien ne raisonne ! »
Quiz On connaît la chanson : quelles sont toutes les chansons citées et leurs interprètes ? N’oubliez pas de trouver les prénoms cachés dans le 4ème paragraphe, débutant avec « oh, fini, fini pour moi ». Il y a 20 chansons en tout (+ celle du titre)…
A vous de jouer ! Réponses bientôt
21:01 Publié dans A vous de jouer ! Les quiz, Parfois, je travaille | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : travail, merci patron, les charlots, chanson française, musique, petit journal de yann barthès |
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