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03/12/2009

Le dentiste, mon meilleur ami

dentiste 2.jpg15 jours après, je retourne chez le dentiste pour me faire enlever les dents de sagesse.
On ne m’a jamais arraché de dents, je n’ai pas peur du tout.
Moi : « ça va faire mal ?
Dentiste : - Non, puisque je vais vous endormir. »
Et là il me sort une aiguille longue comme le bras.
Je déteste les piqûres. Tétanisée sur mon siège, je serre les dents. J’y peux rien, c’est un réflexe de survie en voyant les instruments de torture.
Dentiste : « Mais ouvrez la bouche enfin ! »
Je lève les sourcils, j’écarquille les yeux au maximum, mais la bouche, non.
Bien entendu, comme les dents de sagesse sont situées au fond de la mâchoire, elles sont très difficiles à atteindre (surtout quand on n’ouvre pas la bouche)
Le bourreau doit s’y reprendre à deux fois pour me piquer au bon endroit. Ca fait pas mal qu’il disait. On la sent bien la piqûre, s’enfoncer très lentement dans la gencive. Nazi.
En revanche, après, comme la bouche est endormie, on ne sent plus rien :
« oh é biza e, e en us ien ! »
- Oui c’est normal, évitez de parler quand même »
On ne sent plus rien, mais on entend TOUT. Et quand on a de l’imagination, je crois que c’est encore pire que la douleur. Trois ans après, je me souviens encore très précisément des horribles craquements des dents arrachées.

Pour rajouter au calvaire, je pisse le sang :
« C’est normal, si ça continue dans deux heures, vous m’appelez »
5 heures après, toujours pareil, je téléphone.
Ca énerve beaucoup le dentiste d’être dérangé : « je vous ai dit que c’était normal ! »
La nuit, je dors très mal, car je me réveille toutes les heures en sursaut en train de m’étouffer dans mon sang.
Puis, comme si ça ne suffisait pas, ma bouche se couvre d’aphtes, aux endroits les plus douillets bien évidemment (frein de la langue, etc…)

Quand je retourne chez le dentiste, je lui parle des aphtes, et je constate encore qu’il ne m’écoute pas.
Il m’ausculte et s’exclame tout de suite :
« Han ! Mais vous êtes pleine d’aphtes ! Ca doit vous faire atrocement mal ! Je ne peux pas vous enlever les deux autres dents, faut que la bouche soit saine, fallait me prévenir !
- Mais je vous l’ai dit ! »
Apparemment, pour qu’un docteur me croie, faut que je me roule par terre en hurlant.
- Bon, faudra quand même enlever ces dents. Vaut mieux le faire dans la foulée, ne tardez pas trop. »

Bien sûr, j’ai hâte de me refaire charcuter, surtout par quelqu’un qui ne m’écoute pas. J’attends comme d’habitude. Trois ans après, la douleur devient vraiment pénible. Lundi, j’ai franchi le pas…
Je vais chez un nouveau dentiste à côté de chez moi (celui d'avant était à côté de mon ancien boulot). 

Moi : "J'ai encore deux dents de sagesse à enlever, une me fait mal...
Dentiste : "Effectivement, elle vous blesse la joue. Bon, allez, c'est parti !"
Moi (pleine d'espoir) : - peux partir ?!" Mais il me sort encore sa seringue avec son aiguille de 2 mètres de long.
Moi : - C'est obligé, ça ? (le sabre de 4 mètres)
Dentiste, solennel : - Sinon, j'ai une autre solution pour éviter la piqûre
Moi, re-pleine d'espoir : - Ah oui ! quoi ?
Dentiste : - La bonne vieille méthode pour vous endormir : Boire d'un coup un litre de rhum.
Moi : - ah ben je me tâte !"
Le dentiste ne planquant pas de la gnôle sous son bureau (c'est étonnant) il m'arrache la dent comme la dernière fois, avec une pince, dans de grands bruits de craquements. Il met plus de 35 minutes. "désolé, je comprends pas, c'est pas si long d'habitude, vos racines sont vraiment profondes"

A la fin de l'interminable séance de torture :
Moi : - Et la dernière dent  ?
Dentiste : - elle n'a pas encore assez poussé, ce serait encore plus long... La prochaine fois."
Je n'ai jamais enlevée ma quatrième dent de sagesse.

01/12/2009

J'ai du mal à parler, j'ai les dents qui poussent

dentiste.jpgAu secours, je dois aller chez le dentiste.
J’ai les dents qui poussent. (j’ai 5 ans)
J’ai les dents de sagesse qui poussent (je suis sage).

Quand j’étais petite, ma mère m’emmenait chez un dentiste que ma famille surnommait du doux nom évocateur : « le boucher de Lyon ». Il nous faisait atrocement mal, mais ma mère certifiait que c’était normal et que ce docteur était très compétent. Comme dans toutes les BD et films, le passage chez le dentiste était décrit comme douloureux, j’étais persuadée que tous ces praticiens étaient des bourreaux.
Quand le dentiste-boucher m’a signalé qu’il fallait m’arracher une dent pour cause de mâchoire minuscule, j’ai chougné « non pitié surtout pas, je préfère avoir les dents tordues et ne plus jamais sourire »
Ce que j’ai fait. On est un peu con à 10 ans.
Je n’ai plus mis les pieds et les dents chez un dentiste jusqu’à mes 20 ans.
Et là, incroyable, je n’ai pas eu mal ! Tous les dentistes n’étaient pas tortionnaires !

J’indique à ce nouveau dentiste :
- Est-ce que j’ai des dents de sagesse ? Parce que le premier (bourreau) a dit que si c’était le cas, il faudrait les enlever.
- Mais non, c’est une mode idiote. Les dents de sagesse sont un don de la nature, il faut les garder. Si vous voulez, on peut faire une radio »
Les images confirment que j’ai gagné le gros lot : les QUATRE dents de sagesse poussent dans une diagonale parfaite.
Moi : " Elles sont tordues là… elles vont bouger les dents devant elles !
- Mais non ! C’est une impression ! "

Un an après, je vais chez un autre dentiste. Je lui redis mes craintes, et il me ressort exactement la même expression : «les dents de sagesse sont un don de la nature »
Je soupçonne ces deux illuminés de faire partie de la secte des adorateurs de molaires.
Bon, ben, ce sont les dentistes les experts, on va leur faire confiance.

Pendant des années, à intervalles réguliers, comme Michel Blanc dans Marche à l’ombre « j’ai du mal à parler parce que j’ai les dents qui poussent ». (Comme je suis très gentille, je vous mets le lien vers cette scène culte : « j’ai été attaqué par des renards tout à l’heure - C’est normal, c’est la saison»)

Un jour, au réveil, j’ai encore plus mal que d’habitude. Je me regarde dans la glace et me trouve un peu rouge et enflée. Je me pointe au journal où je bossais à l’époque et mes collègues me dévisagent, effrayés : « Han ! Mais qu’est ce qu’y t’arrives ! T’es toute gonflée ! »
Je m’imagine avoir la gueule de Coluche piqué par les moustiques dans Banzaï (regardez le lien, c’est la journée film comique français aujourd’hui)
J’ai juste la joue qui a triplé de volume.
Collègue : « c’est un abcès ça ! Va chez un dentiste tout de suite ! »
Rater quelques heures de travail, je me fais pas prier.

Le dentiste m’engueule :
« Pourquoi avoir attendu ? Vous voyez bien que vos dents poussent complètement tordues ! Vous avez un gros abcès maintenant !
- Mais ce sont vos collègues qui m’ont dit que les dents de sagesse étaient un don de la nature !
- HEIN ?! Avec tout ça la mâchoire est très infectée, je peux pas vous enlever les dents maintenant, faut revenir dans 15 jours… »
Suite demain