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09/12/2019

J'ai dans la tête un transistor qui fredonne

chanson française, travail, comment supporter ses collèguesLa dernière manifestation de ma maladie incurable au travail (relire ici) me fait penser à ce billet initialement publié en 2012, concernant un autre job, mais toujours d'actualité :
"Dans mon boulot inintéressant, je dois enregistrer à la chaîne des données, et le nom des gens auxquels elles sont rattachées. (actualisation 2019 : contrairement à l'ancien taf où je trimais sans interruption, dans ce dernier je suis relativement libre. Le boulot en lui-même n'est pas passionnant mais il a l'immense mérite de me laisser du temps pour des activités intéressantes : lire, écrire, dormir). 
Dans l’open space (m’a tuer), le bruit des ordinateurs est parfois interrompu par des soupirs de collègues désabusés, comptant les minutes passer. (2019 : certains collègues soufflent toujours d'ennui : ils ne profitent pas des temps morts, ils attendent les bras ballants qu'une mission leur tombe dessus.)

Très vite, ma maladie incurable se manifeste.
Atteinte au plus haut degré, je ne m’en rends pas compte immédiatement. Je ne comprends pas d’où proviennent les symptômes, pourquoi ils persistent au fil des heures.
Les signes empirent les jours suivants. Cette fois, ils sont visibles pour mes collègues. Ou plutôt audibles.
Mes compagnons de misère commencent à me jeter des regards fugaces et étonnés. Une fille pouffe.
Et je saisis enfin.
Il vaut mieux parler ouvertement de ses problèmes. Alors, comme aux alcooliques anonymes, je fais mon mea culpa. Ma collègue m’explique que ce n’est pas une tare, au contraire. (Actualisation 2019 : mes nouveaux collègues, esprits chagrins, n'apprécient pas.)
Me voyant encouragée, je ne cherche plus à cacher mon infirmité, je la laisse se développer, au plus grand plaisir de ma collègue compréhensive et bon public. (En 2019, mise au rebut par ma maladie, je m'isole.)

Tout a commencé par une pensée persistante : « oh, fini, fini pour moi ».
Ce boulot me déprime t-il tant ? Ou alors j’espère simplement la fin de la journée ?
Les symptômes se poursuivent avec : « Moi j’attendais la récré pour aller au café boire un chocolat »
Oui ça doit être ça, j’ai besoin d’une pause dans ce travail répétitif.
« Je voudrais partir avec vous tout au bout du ciel, sur vos ailes »
La récré est vraiment nécessaire, je ne vais pas bien.
« De vague à l’âme en terrain vague, tu divagues ! »
Oui, je divague complètement. Mais que m’arrive-t-il ?

Je laisse s’échapper des sons bizarres, incompréhensibles. Des marmonnements, des plaintes, des murmures de souffrance face à ce travail ingrat ? 
Non : ma chansonnite aiguë atteint son apogée. Tous ces prénoms inscrits sur les dossiers me rappellent des mélodies, qui me restent en tête et que je sifflote pendant des heures. Une maladie incurable, mais pas bien grave. « Ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine, ça vaut mieux que d’avaler de la mort aux rats. »

Actualisation 2019 : Une cliente régulière répond au doux nom de Lisa, et chaque fois que je l'entends j'ai envie de chanter "saute moi au cou ! Cherche moi des poux !" Pire, un collègue se prénomme Étienne et j'ai toujours envie de lui gueuler "oh tiens le bien !"

Ma collègue se prend au jeu et tente de deviner les airs que je fredonne :
« Dis-moi, Bidule, les années ont passé, pourquoi n’as-tu jamais songé à te marier ? »
« La place rouge était vide, devant moi marchait bip-bip ! Elle avait des cheveux blonds mon guide, Bip-bip !! »
 « machineuh, ma filleuuuuh »
 « C’était bien, chez Machin chouette, quand on faisait la fête, elle venait vers nous, Machin-chouette ! »
« Ya qu'un cheveu sur la tête à neuneu, il n'y a qu'une dent, il n'y a qu'une dent ! »
« Mais Tartempion, il veut pas qu’on l’embête, tout ce qu’il a dans la tête, c’est qu’il veut rentrer chez lui… J’veux pas rester ici » 

Ma collègue me pose des colles :
« Je te donne des noms et tu dois chercher des chansons !
- « Chercher le garçon ? Trouver son nom ? »
- Mais j’ai pas encore commencé !
- « Je cherchais des prénoms : « Matthieu, Cécile ? » en regardant courir vers 10 heures dans l’école des filles et des garçons »
-Tu me fais trop rire !
Rire et… chan-sons !!! »
- T’es vraiment dingue !
- Je suis MA LA DEUHHHHH, complètement MA LA DEUHHHHHHH ! »

-« Tu as une chanson avec le prénom Lucile ?
« Partout, au soleil, sous la pluie, quand ils voient s’avancer les grands yeux de Lucile, partout les garçons se bousculent et la rue un instant prend un air de folie ! »
- Sarah ?
- Princesse ! Princesse ! Tu es bien jolie !
-Ah là tu ne vas pas trouver ! Gilbert ! Pas un prénom pour une chanson !
- Gigi ! O Gigi, personne ne sait d’où tu viens, tu nous crées un monde angélique, où tout devient féerique…
-Tu ne vas pas nous sortir que des chansons de dessins animés !
-A-rri-va… Gigi l’amoroso !
Un collègue nous interrompt :
- Oh c’est fini Dalida !
-Laissez-moi chanter ! Laissez-moi… Laissez-moi danser, chanter en liberté… »

Je conclurai par :
« Ris-en si tu veux, il faudra bien y croire !
C’est comme dans un vieux rock n’roll
J’ai dans la tête un transistor qui fredonne
Comme dans un très vieux rock n’roll
Serre la main d’un fou, que rien ne raisonne ! »

Quiz On connaît la chanson : quelles sont  les chansons citées et leurs interprètes ? Les prénoms cachés débutent avec « oh, fini, fini pour moi ». Il y a 22 chansons en tout… Vous pouvez m'envoyer vos réponses par mail, et un gagnant recevra le cadeau inestimable avant noël : un paquet de papillotes !

A vous de jouer ! 

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