Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30/05/2009

C'estsuiquidiquiyest, ou comment trouver la bonne réplique

jack nicholson,vol au-dessus d'un nid de coucou,shining,bibliothèque de parisMercredi, j’étais à la bibliothèque. J’ai rendu Shining de Stephen King. Ca m’a donné l’idée de lire Vol au-dessus d’un nid de coucou, car Nicholson joue dans les adaptations cinématographiques des deux livres.
Je cherche le bouquin dans le catalogue de la bibliothèque, et je remarque qu'il est visiblement mal répertorié. Sa côte indique des chiffres, ce qui correspond au classement des livres psy. Or, c’est un roman.
Je vais voir le documentaliste pour lui signaler :

Moi, timidement : « euh…bonjour…je cherche Vol au-dessus d’un nid de coucou, mais euh, je comprend pas, y’a des chiffres… »
Documentaliste, hautain et condescendant : -Vous êtes déjà rentré dans une bibliothèque ? »
J’aurais dû répliquer sur un ton froid et poli qui n’admet pas la polémique : « oui, je viens ici toutes les semaines. » Mais l’attitude sèche et méprisante du bibliothécaire m’a prise au dépourvu. J’ai donc répondu avec des yeux exorbités et une voix aiguë « ben, oui ! ». Mon attitude traduisait mon étonnement, mais mon interlocuteur l’a interprété comme la preuve que j’étais effectivement neuneu.

Ensuite, je me suis reprise, j’ai exposé plus clairement le problème, mais le documentaliste s’était fait son opinion. Il ne s’est pas excusé, et a juste clos la discussion par un désinvolte « ah, ouais, c’est mal rangé ».  Puis il a vaqué à ses occupations sans régler le problème. Le livre restera donc perdu, et mon ego atteint.

Le lendemain je raconte l’anecdote à une collègue. Elle me donne sa solution :
« Moi, quand c’est comme ça, je demande carrément : « vous avez un responsable ? Je veux lui parler, votre attitude est inadmissible ! »
Faut pas pousser, on va pas sortir la kalachnikov non plus ! Ca fait le revanchard : « Tiens, prends ça ! Tu vas payer pour Gustave Machintruc qui s’est moqué de ma jupe à fleurs en 6 ème B ! »

On pourrait aussi toujours avoir sur soi un carnet de répliques cinglantes à sortir en chaque occasion délicate : boss critiquant notre travail, ami soi-disant bienveillant qui donne des conseils foireux et condescendants…
Exemple, attaque de dragueur : « eh, mademoiselle, vous êtes charmante ! Viens faire un tour !
Moi : - Attend, je sors mon carnet ! Alors voilà… « c’est celui qui dit qui y est » ah non, je me suis trompée, c’est la rubrique « réponse aux insultes ».

Je peaufine mon sens de la répartie, et dès que j’ai trouvé une bonne réplique, je vous le fais savoir. Je vous donne donc rendez-vous à la saint glinglin. Faut que je prenne des cours sur bash.fr. Vous pouvez m’aider aussi, ça ira plus vite.

 

27/05/2009

Hostile, la nature

La semaine dernière, j’étais dans ma cambrousse. En pleine nature hostile. J’ai mené un combat sans merci contre…le troglodyte.

TroglodytesTroglodytes.jpg

L’oiseau le plus minuscule d’Europe après le roitelet. Taille inversement proportionnelle à son chant, aussi puissant qu’une bande de soiffards au PMU du coin. (C’est poétique comme image, hein ?)
Je bouquine tranquillement  Au-delà du mal , « l’un des plus grands romans jamais écrits sur le mal absolu » selon Stephen King. Je suis sur ma chaise longue, sous le prunus, il fait beau, les oiseaux chantent. Enfin, gueulent : « qu’est ce que c’est que ce truc qui me vrille les tympans ? Je peux pas me concentrer sur le meurtre de la page 191…Ah, c’est toi Trotro ? Quoi, j’suis à côté de ton nid ? Tu sais bien qu’on est copains, est ce que j’ai une tête de corneille ? »
Parfaitement, je parle aux animaux. Je leur donne aussi des petits noms (les hérissons du jardin s’appellent Kissifrott et Sipique).
Trotro veut pas en démordre. Je dois céder et déménager.

Une heure plus tard, rebelote. Trotro couine. Cette fois, c’est Papillote le chat qui lui pose problème. La brave bête est affalée de tout son long sous le nid de l’oiseau. Faut dire que le chat trouve toujours les meilleurs coins pour se coucher : le linge propre, les salades fraîchement plantées…Papillote veut juste se reposer d’une journée exténuante (dormir, manger, dormir…) mais l’oiseau ne l’entend pas de cette oreille :
Trotro, révolté : « CUI CUI CUI ! CUI CUI ! (Va t’en de là ! C’est chez moi !)
Papillote, sèchement : « Minh, minh minh …(roh…ça va hein !)
Vous voyez, non seulement je parle aux animaux, mais en plus je les comprends. Non, je suis pas gaga du tout.
C’est pas que le chat est pacifiste, mais pour qu’il arrive à bouger ses sept kilos, sauter pour attraper l’oiseau…Les poules auront des dents…En plus, ces cons d’oiseaux ne comprennent pas qu’en criant pour faire fuir le chat, ils se font au contraire repérer.
Le pauvre chat Papillote est contraint lui aussi de partir, non sans remuer la queue d’énervement.

Une heure plus tard, re-rebelote. Trotro hurle. Il vole autour du filet qui protège les fraises des attaques du merle. (Ce dernier mange les fruits les plus mûrs. J’adore les animaux, mais me piquer ma bouffe, c’est pas possible !)
A bien regarder le filet, j’aperçois un truc coincé dedans.
Moi : « Trottinette est coincée dans le filet ! Au secours ! »
Trottinette, c’est le petit de Trotro. Apparemment, si l’oiseau insistait tant pour nous déloger, c’est parce que ses petits préparaient leur envol. Envol terminé par un crash.

Pin-pon, Pin-pon, opération de sauvetage lancée :
" Passe moi les ciseaux, vite ! Non, ils sont trop gros, je vais lui découper les ailes !"
Sauvetage compliqué par les gants que l’on porte pour que le bébé ne garde pas notre odeur (ses parents le rejetteraient)
Finalement on libère l’oiseau grâce à des ciseaux à ongles. Il a l’air sonné. On lui donne une coupelle d’eau, il boit. On le pose sur une branche et on attend, cachés. Rien.
On s’impatiente. On s’absente 2 minutes. A notre retour, plus personne. Les parents ont récupéré leurs petits ? Sûrement.

Du coup, comme j’ai sauvé son fiston, j’espère que dorénavant le troglodyte va me laisser lire sous le prunus. Faut monnayer avec la nature hostile.

Avec tout ça, maintenant j'ai le générique du dessin animé qui me trotte (hihi) dans la tête : "L'âne Trotro, l'âne Trotro ! Trop trop rigolo !"