20/07/2012

The dictator

dictator.jpgLors des interviews, Aladeen précise : « si vous écrivez de bonnes critiques, vos familles seront relâchées ». Je vais donc vous expliquer pourquoi The dictator est un film à voir, car comme le dit Kim Jong-Il : « c’est de la bombe ! » 

L’acteur Sacha Baron Cohen et son complice le réalisateur Larry Charles explorent toujours le choc des cultures et provoquent leurs contemporains, à travers des personnages grotesques et des situations hilarantes. Dans Borat, grimé en reporter Kazakh naïf transporté dans l’Amérique pudibonde, l’acteur interviewait des passants outrés. Dans Bruno, il jouait une icône de mode gay.
Dans ce film, l’acteur interprète Aladeen, dictateur de la république (imaginaire ?) du Wadya, « nommé Leader suprême à l’âge de 6 ans, après la mort prématurée de son père, tué dans un accident de chasse par 97 balles perdues et une grenade ». Sa mère est censée être morte en couches, mais on la voit se faire étouffer par un coussin immédiatement après l’accouchement, lors de l’incroyable scène d’introduction présentant le dictateur. On observe ensuite Aladeen gagner une course… après avoir tiré sur les autres concurrents, et d’autres illustrations délirantes dans ce genre. (voir bande annonce en lien)
Le dictateur se rend à New York pour répondre aux questions de l’ONU. Il échappe de peu à un attentat et devient anonyme dans la ville, recueilli par Zoey, une pasionaria qui ne soupçonne pas sa réelle identité …

L’humour culotté, provoc et outrancier de Sacha Baron Cohen se retrouve dans ce nouveau film, mais avec une différence de taille : cette fois, l’aspect réel et pseudo documentaire disparaît, Cohen prend pour victimes de vrais acteurs. Ceci enlève forcément un peu de piquant, mais les gags restent toujours aussi hilarants. Le côté spontané est préservé, comme le précise l’actrice Anna Faris qui joue le rôle de Zoey : « on a fait énormément d’improvisations. Il y avait un script, et je dirais qu’on le suivait dans 10 % des cas. »

 Je déplore toujours les passages avec humour en dessous de la ceinture, mais les sketches sont si outranciers qu’ils en sont drôles, on rit nerveusement, malgré soi, en détournant la tête (« Han ! Nan il n’a pas osé ! »). Lors de la projection, toute la salle s’esclaffait, par exemple pendant la scène de l’accouchement, ou du vol en hélicoptère, avec le quiproquo et dénouement d’autant plus drôles qu’on le voit venir gros comme une maison. J’ai apprécié les piques comme celle-ci, lorsque que le dictateur apprend la grossesse de sa femme : « c’est un garçon ou un avortement ? ».
Pendant son discours à l’ONU, Aladeen décrit certains éléments d’une dictature, qui correspond en fait à l’Amérique : « Imaginez une dictature en Amérique : on pourrait truquer les élections, on pourrait mentir pour faire la guerre ! ». Ce passage m’a fait penser à la réplique d’OSS 117, Rio ne répond plus : « Et comment appelez-vous un pays qui a comme président un militaire avec les pleins pouvoirs, une police secrète, une seule chaîne de télévision et dont toute l’information est contrôlée par l’Etat ? –J’appelle ça la France mademoiselle. Et pas n’importe laquelle : la France du général de Gaulle. »

dictator tapis rouge.jpgLe choix des acteurs est judicieux, avec le toujours stoïque et inquiétant Ben Kingsley (La liste de Schindler, Shutter Island…) La déjantée Anna Faris (Scary movie, Lost in translation) convient parfaitement au rôle de baba cool : « Zoey se fiche de son apparence. J’adore mon allure dans le film. Je me sentais indépendante et certainement pas vaniteuse, c’était très drôle ! Même mes poils aux aisselles sont authentiques. J’ai dû les faire pousser pendant trois mois et demi et je ne veux pas qu’on puisse penser qu’ils sont faux ! »

Pour assurer la promotion du film et faire parler de lui, Sacha Baron Cohen est resté dans la peau de son personnage lors des interviews. Celle donnée à canal + sortait des promos rasoirs habituelles, leurs questions convenues et réponses attendues ( « Vous aimez la France ? « Oh yes, I looove Paris… » etc.)  Le pauvre Laurent Weil ne savait pas comment réagir et Cohen/Aladeen a eu la bonne idée de faire référence à la politique actuelle du pays (En faisant croire qu’il a financé la campagne de François Hollande par ex.) Après la menace d'en être exclu (voir lien) l'’acteur a également osé débarquer sur le prestigieux et solennel tapis rouge des Oscar déguisé en dictateur, avec toute son armada. Bref, Sacha Baron Cohen n’a pas fini de nous secouer et nous faire rire avec ses provocations.


C’est bon, j’ai écrit une bonne critique ? Aladeen, rendez-moi mon chat maintenant !

Et vous, avez-vous vu ce film, qu'en pensez-vous ?